Projet de décret portant moratoire sur la pêche de loisir en eau douce de l’anguille d’Europe
Consultation du 03/10/2025 au 27/10/2025 - 895 contributions
L’anguille européenne est un poisson grand migrateur qui grossit en eau douce et se reproduit en mer. Après une phase larvaire de migration depuis la mer des Sargasses vers l’Europe, les anguilles connaîtront au cours de leur vie trois stades de développement : le stade juvénile appelé « civelle » (qui correspond aux anguilles mesurant moins de 12 cm), le stade « anguille jaune », au cours duquel les anguilles colonisent les eaux douces et enfin, le stade « anguille argentée », au cours duquel les reproducteurs retournent en mer des Sargasses.
La pêche de l’anguille intéresse, en eau salée et en eau douce, à la fois les pêcheurs professionnels et les pêcheurs de loisir.
Face à la dégradation de l’état de la population d’anguilles, le règlement (UE) n° 1100/2007 du 18 septembre 2007 a institué des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes. Des restrictions supplémentaires des activités de pêche figurent dans les règlements annuels adoptés pour l’application du règlement (UE) n° 1380/2013 du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche.
En application de ces règlements, la pêche de loisir aux stades civelle et anguille argentée est interdite, en eau douce et en mer, depuis le décret n° 2010-1110 du 22 septembre 2010.
Ensuite, le règlement (UE) 2023/194 du 30 janvier 2023 et le règlement (UE) 2024/259 du 10 janvier 2024 ont directement interdit la pêche de loisir de l’anguille jaune en mer, sur tout le territoire de l’Union européenne, ainsi que la pêche de loisir de l’anguille jaune dans les eaux douces des bassins hydrographiques méditerranéens.
En France, sauf dans les bassins Rhône-Méditerranée et Corse, la pêche de loisir de l’anguille jaune demeure donc autorisée en eau douce.
Pour autant, les prélèvements d’anguilles jaunes par les pêcheurs de loisir en eau douce ne sont pas négligeables. Selon la seule estimation disponible, environ 700 tonnes d’anguilles jaunes étaient prélevées chaque année en eau douce par les pêcheurs de loisir (source : Rapport de mise en œuvre du Plan français de gestion de l’anguille, juin 2024, p. 81), c’est-à-dire presque le triple des prélèvements opérés à la fois en mer et en eau douce par les pêcheurs professionnels.
Il apparaît donc nécessaire d’adopter, partout en France métropolitaine, un moratoire sur la pêche de loisir de l’anguille.
La consultation du public a lieu du vendredi 3 octobre au lundi 27 octobre 2025.
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2 décembre 2025
Commentaires
La disparition progressive de l’anguille européenne (Anguilla anguilla) dans les cours d’eau en France, comme dans le reste de l’Europe, est due à une combinaison complexe de facteurs qui affectent l’espèce à différentes étapes de son cycle de vie :
Les obstacles à la migration :
Les aménagements hydrauliques (barrages, écluses, seuils de moulins, centrales hydroélectriques) constituent des obstacles majeurs. Ils empêchent les jeunes anguilles (civelles et anguilles jaunes) de remonter vers les zones d’engraissement en amont, et les anguilles argentées (adultes reproductrices) de redescendre vers la mer pour leur migration de reproduction dans la mer des Sargasses.
Les turbines des centrales hydroélectriques peuvent également causer une mortalité importante des anguilles argentées lors de la dévalaison.
La dégradation des habitats et la pollution :
La dégradation de la qualité de l’eau due aux pollutions (produits chimiques, pesticides, métaux lourds comme le plomb de chasse) affecte leur santé et leur survie.
La disparition des zones humides (marais, prairies inondables, lagunes littorales) qui servent d’habitats d’accueil et de croissance aux anguilles jaunes est un facteur important.
La surpêche et le braconnage :
La pêche excessive de la civelle (alevin d’anguille) à son arrivée sur les côtes, bien que réglementée, a un impact direct sur le recrutement des populations futures.
Le braconnage et le trafic international illégal de civelles vers l’Asie est une menace majeure et très lucrative.
La pêche de l’anguille jaune (stade de croissance) et de l’anguille argentée (stade migratoire) contribue aussi à réduire le stock de reproducteurs.
Les maladies et les parasites :
L’introduction d’un nématode parasite (ver) invasif, Anguillicola crassus, originaire d’Asie, affaiblit l’anguille européenne et pourrait compromettre sa capacité à réaliser sa migration de reproduction transocéanique.
Le changement climatique :
Les modifications des courants océaniques pourraient perturber la migration des larves et des anguilles adultes vers et depuis la mer des Sargasses.
Les changements de régime des fleuves et rivières (sécheresses, températures élevées) affectent leur croissance et leur habitat en eau douce.
Ces menaces multiples et cumulatives expliquent pourquoi l’anguille européenne est aujourd’hui classée comme "en danger critique d’extinction" par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
L’anguille européenne est en danger critique d’extinction et il est fondamental de prévoir des mesures fortes pour tenter de sauver cette espèce fascinante.
Néanmoins, les causes de son déclin sont multiples. La pêche amateur ne représente qu’une partie des pressions qui s’exercent sur cette espèce. Et plutôt que d’interdire la seule pêche amateur, il serait plus pertinent de réduire l’ensemble des quotas de capture au niveau national - tant par les pêcheurs professionnels (mer/fleuve/lagune) que par les pêcheurs amateurs à la ligne et aux engins.
Dans le même temps, il est impératif de maintenir les efforts de restauration des continuités piscicoles ainsi que de préservation et de restauration des habitats favorables à cette espèce. Les aides dédiées à accompagner les gestionnaires d’ouvrages contribuant à des services sociétaux (hydroélectricité, soutien des nappes phréatiques, régulation des débits) souhaitant mettre en place des dispositifs de franchissement doivent aussi être maintenues.
Cependant, la cause principale qui affecte actuellement cette espèce concerne la pollution des eaux. Les anguilles grossissent moins vite, repartent plus tard en mer, avec des niveaux de fertilité bien plus faibles et des réserves énergétiques très faibles aussi.
Cet article scientifique de 2022 - https://www.mdpi.com/2410-3888/7/5/274 - explique très bien la situation que l’on peut résumer ainsi :
L’étude sur la contamination des anguilles européennes vise à comprendre comment la contamination par des éléments traces et des polluants organiques affecte les traits d’histoire de vie (croissance, reproduction, migration) de l’anguille européenne, une espèce déjà en déclin.
Effets dominants de la pollution :
Les polluants ont un impact plus fort que les différences géographiques sur les caractéristiques biologiques des anguilles.
Réallocation de l’énergie :
L’énergie normalement utilisée pour la croissance et la reproduction est détournée vers la détoxification, ce qui :
• ralentit la croissance,
• diminue les réserves lipidiques,
• réduit l’investissement reproductif.
Comportement compensatoire :
Les anguilles restent plus longtemps dans les rivières pour compenser leur déficit énergétique, ce qui les expose davantage aux polluants persistants (métaux lourds, POPs).
Migration perturbée :
La contamination déclenche des signaux physiologiques de migration prématurée, avant que les anguilles ne soient prêtes biologiquement.
Transfert de polluants aux gonades :
Pour limiter les effets toxiques, les anguilles transfèrent les polluants vers les tissus reproducteurs, ce qui pourrait nuire à la qualité des œufs et à la survie des embryons.
Toxicité pendant la migration :
Lors de la migration transocéanique, les polluants stockés sont relâchés, provoquant une toxicité secondaire.
Conséquences écologiques
La pollution compromet la reproduction et la survie des anguilles.
Elle pourrait expliquer une part importante du déclin de l’espèce, au-delà de la surpêche.
Ces effets sublétaux sont également observés chez d’autres espèces marines.
Conclusion et enjeux
• La contamination est probablement un facteur majeur de la perte de biodiversité.
• Réduire la pollution est un enjeu crucial de conservation, mais cela implique des coûts politiques, sociaux et économiques importants.
• La question centrale reste : peut-on réellement agir sur cette contamination dans le cadre de la transition écologique pour sauver les populations d’anguille européenne ?
Comme pour le saumon, l’anguille est en danger.
La pèche d’anguille par les professionnels doit être arrêté tout comme celle de loisir tant que le stock ne sera pas revenu à un niveau permettant d’assurer la pérennité de l’espèces.
La pèche pour repeuplement est en fait de la pèche commerciale déguisé car une partie des anguilles parte hors de France et serve en réalité a la commercialisation d’anguille vers les pays asiatique.
Stop à la pèche de l’anguille par les professionnels et les amateurs.
Commentaire de la fédération de la Corrèze pour la Pêche et la protection des milieux aquatiques. L’association représente 30000 pêcheurs sur 5 années glissantes.
Le projet de décret porté par la consultation prévoit qu’au titre des effectifs des populations d’anguille en France, la pêche de l’anguille jaune en eau douce soit supprimée, comme l’est déjà la pêche de l’anguille argentée et de la civelle.
Tout d’abord, le chiffre avancé dans la notice de consultation de 700 t de capture pour l’anguille jaune paraît peu crédible, compte tenu qu’il s’appuie sur des évaluations assez anciennes. Ensuite, il convient de considérer que l’anguille jaune, présente en rivière représente, pour notre département, des enjeux en matière d’effectifs relativement modestes, attendu du fait que l’espèce est déjà devenue majoritairement absente du territoire. Cette fermeture de la pêche de l’anguille jaune apparaît dommageable pour les pêcheurs, mais il est peu probable qu’elle induise un effet significatif, sur notre territoire, en matière de restauration de l’espèce.
De fait, la situation de l’espèce la place en danger critique d’extinction (CR), que ce soit au niveau national ou au niveau régional (liste régionale des espèces piscicoles du Limousin). Ce classement implique une réponse politique qui soit à la mesure de l’enjeu. Rappelons qu’en Limousin, l’anguille européenne a perdu 80% de son aire de répartition !
Ainsi, la Fédération de la Corrèze pour la pêche et la protection des milieux aquatiques ne s’oppose pas à l’interdiction de pêche de l’anguille jaune… Ceci étant dit, le maintien d’autorisations et de quotas pour la pêche professionnelle n’est clairement pas à la hauteur de l’enjeu, ni même en lien avec l’idée de moratoire. Il est nécessaire d’interdire TOUTE FORME DE PECHE DE L’ANGUILLE !
Nous proposons donc une réécriture du texte de l’article 1er dans son § 2 :
2° L’article R. 436-65-4 est remplacé par les dispositions suivantes : « Art. R. 436-65-4. I. – Il est instauré un moratoire sur la pêche de loisir de l’anguille jaune en eau douce. II. – La pêche de l’anguille jaune peut être autorisée aux membres des associations départementales ou interdépartementales agréées des pêcheurs professionnels en eau douce et aux marins pêcheurs professionnels pendant les périodes et dans des conditions fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de la pêche en eau douce et du ministre chargé de la pêche maritime
Proposition : " la pêche de l’anguille jaune est strictement interdite pendant une période de 5 ans. La pêche de la civelle et de l’anguille argentée sont interdites".
Pour ce qui est de la Corrèze, l’enjeu en matière de préservation de l’anguille réside plutôt dans les très faibles remontées de civelles et d’anguillettes que dans la préservation des anguilles jaunes, et c’est pourquoi nous nous opposerons également au projet de décret proposant des quotas de pêche de l’anguille de moins de 12 cm qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.
Le Ministère de la transition écologique s’appuie sur le chiffre de 700 tonnes de captures d’anguilles jaunes par les pêcheurs de loisir, alors qu’il est tout à fait obsolète. Cette donnée est intellectuellement douteuse.
Concernant l’anguille jaune, le rapportage de 2024 sur la mise en œuvre du Plan de Gestion de l’Anguille reproduit des chiffres issus d’une évaluation faite en 2005, faute d’analyse des carnets de capture des pêcheurs aux lignes (qui est pourtant de la responsabilité même du Ministère de la transition écologique. En revanche, il dispose des données de captures d’anguilles jaunes par les pêcheurs amateurs aux engins et filets et indique une baisse constante des captures passant de 17 t en 2004-2008 à moins de 2 t en 2022. Ces données sont plus conformes avec la pêche résiduelle exercée par les pêcheurs de loisirs depuis 2010.
Le Conseil d’Etat a jugé en décembre dernier que « cette estimation de 700 tonnes repose sur des données remontant à l’année 2005, alors qu’il n’est pas sérieusement contesté que le nombre de pêcheurs amateurs en zone fluviale, aux lignes ou avec des engins ou des filets, a baissé de manière significative depuis 2009, et que les données disponibles plus récentes et non sérieusement contestées relatives à l’UGA " Bretagne " attestent corrélativement d’une réduction conséquente du volume de captures pour cette UGA » (CE, 18 décembre 2024, 475158).
Si l’on prend encore un peu plus de recul, il apparait que la pêche de l’anguille jaune n’est pas la plus impactante. Le Plan national de Gestion de l’Anguille indique en effet que la principale source de mortalité en « équivalents anguilles argentées » est la pêche de la civelle. Au regard du Règlement UE 1100/2007 instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes, la cible de gestion est mesurée par l’échappement en anguilles argentées. La pêche de l’anguille jaune vient en 3ème position, avec une incidence bien moindre que la pêche de la civelle.
On peut quantifier le nombre de civelles autorisés au prélèvement pour la pêche professionnelle à environ 192 000 000 d’individus de civelles !!
Un moratoire sur la pêche de l’anguille jaune pour les pêcheurs de loisir ne garantit en rien la survie de l’espèce au contraire : nous soulignons que le réseau des structures associatives de pêche de loisir est largement investi dans la protection des poissons migrateurs et notamment de l’anguille. Il a créé et finance des associations de protection « migrateurs », au nombre de huit sur tout le territoire, qui réalisent des actions de restauration des stocks et des milieux, des études sur les stocks poissons migrateurs et les pressions qu’ils subissent, ainsi que des actions de sensibilisation. Son réseau est en outre le principal investi sur le terrain dans la protection des poissons migrateurs contre des pressions importantes qu’ils subissent, qu’il s’agisse de pollutions, de braconnage, de dégradation des habitats ou de ruptures de la continuité écologique des rivières.
Concernant les quotas autorisés pour la pêche professionnelle sur la civelle : un moratoire de 5 ans accompagné d’un plan de sortie de flotte à moyen terme est le préalable indispensable à la survie de l’anguille européenne ! »
Le Ministère de la transition écologique s’appuie sur le chiffre de 700 tonnes de captures d’anguilles jaunes par les pêcheurs de loisir, alors qu’il est tout à fait obsolète. Cette donnée est intellectuellement douteuse.
Concernant l’anguille jaune, le rapportage de 2024 sur la mise en œuvre du Plan de Gestion de l’Anguille reproduit des chiffres issus d’une évaluation faite en 2005, faute d’analyse des carnets de capture des pêcheurs aux lignes (qui est pourtant de la responsabilité même du Ministère de la transition écologique. En revanche, il dispose des données de captures d’anguilles jaunes par les pêcheurs amateurs aux engins et filets et indique une baisse constante des captures passant de 17 t en 2004-2008 à moins de 2 t en 2022. Ces données sont plus conformes avec la pêche résiduelle exercée par les pêcheurs de loisirs depuis 2010.
Le Conseil d’Etat a jugé en décembre dernier que « cette estimation de 700 tonnes repose sur des données remontant à l’année 2005, alors qu’il n’est pas sérieusement contesté que le nombre de pêcheurs amateurs en zone fluviale, aux lignes ou avec des engins ou des filets, a baissé de manière significative depuis 2009, et que les données disponibles plus récentes et non sérieusement contestées relatives à l’UGA " Bretagne " attestent corrélativement d’une réduction conséquente du volume de captures pour cette UGA » (CE, 18 décembre 2024, 475158).
Si l’on prend encore un peu plus de recul, il apparait que la pêche de l’anguille jaune n’est pas la plus impactante. Le Plan national de Gestion de l’Anguille indique en effet que la principale source de mortalité en « équivalents anguilles argentées » est la pêche de la civelle. Au regard du Règlement UE 1100/2007 instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes, la cible de gestion est mesurée par l’échappement en anguilles argentées. La pêche de l’anguille jaune vient en 3ème position, avec une incidence bien moindre que la pêche de la civelle.
On peut quantifier le nombre de civelles autorisés au prélèvement pour la pêche professionnelle à environ 192 000 000 d’individus de civelles !!
Un moratoire sur la pêche de l’anguille jaune pour les pêcheurs de loisir ne garantit en rien la survie de l’espèce au contraire : nous soulignons que le réseau des structures associatives de pêche de loisir est largement investi dans la protection des poissons migrateurs et notamment de l’anguille. Il a créé et finance des associations de protection « migrateurs », au nombre de huit sur tout le territoire, qui réalisent des actions de restauration des stocks et des milieux, des études sur les stocks poissons migrateurs et les pressions qu’ils subissent, ainsi que des actions de sensibilisation. Son réseau est en outre le principal investi sur le terrain dans la protection des poissons migrateurs contre des pressions importantes qu’ils subissent, qu’il s’agisse de pollutions, de braconnage, de dégradation des habitats ou de ruptures de la continuité écologique des rivières.
Concernant les quotas autorisés pour la pêche professionnelle sur la civelle : un moratoire de 5 ans accompagné d’un plan de sortie de flotte à moyen terme est le préalable indispensable à la survie de l’anguille européenne ! »
Avis contre le moratoire d’interdiction de la pêche à la ligne :
Les argumentaires de ce moratoire basés sur 700 T d’anguilles prélevés par an par la pêche de loisir en 2005 est un argumentaire ridicule qui n’est pas audible à ce niveau de décision. Il est inconcevable d’utiliser des données obsolètes pour des sujets aussi sérieux gérés par des finances publiques.
La pêche de loisir constitue une pression extrêmement limitée sur les milieux qui est fortement compensée par les moyens et l’argent qu’elle y réinjecte à 100% par l’argent des cartes de pêche ( même les subventions agence de l’eau sont celles de la RMA des cartes de pêche) :
- L’éducation et la sensibilisation au bon fonctionnement des milieux aquatiques,
- Le conseil et l’accompagnement des organismes GEMAPI et services police de l’eau des DDT dans la réalisation des travaux en rivières de tous types,
- La surveillance des milieux par les agents fédéraux en échanges avec les agents de l’OFB, les gardes particuliers et les bénévoles des AAPPMA ainsi que les pêcheurs.
- Des investissements en fonds propres aux études et actions de connaissances et de restaurations des milieux.
Aucune association de loisir investit autant dans une mission d’intérêt public. La question à se poser est la suivante : Qui œuvrera en ce sens et avec quels moyens si la pêche de loisir n’est pas préservée ?
Rappelons pour finir qu’aucune étude ne montre que la pratique de la pêche à la ligne est à l’origine du déclin ou de la régulation d’une espèce… Seulement des aprioris !
OK POUR MORATOIRE (3 a 5 ans)
Mais pour tout le secteur pêche
pêcheurs des AAPPMA (amateurs)
pêcheurs professionnels
TOUT LE MONDE DANS LE MEME PANIER
OK POUR MORATOIRE (3 a 5 ans)
Mais pour tout le secteur pêche
pêcheurs des AAPPMA (amateurs)
pêcheurs professionnels
TOUT LE MONDE DANS LE MEME PANIER
La Fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique de la Mayenne présente un avis défavorable sur ce projet d’arrêté en se basant sur l’argumentaire et l’expertise de la FNPF qui suit :
Le projet d’arrêté concernant la pêche professionnelle maritime propose un quota de pêche global de civelles dégressif sur 2 années, à 55 tonnes pour 2025-2026 puis à 43 tonnes pour 2026-2027.
Le projet d’arrêté concernant la pêche professionnelle de civelles en eau douce fixe un sous-quota à 7 150 kilogrammes, dont 2 860 kilogrammes destinés à la consommation en 2025-2026, puis à 5 590 kilogrammes, dont 2 236 kilogrammes destinés à la consommation en 2026-2027, avec les proportions de 60 % du prélèvement destiné au repeuplement et 40 % du prélèvement destiné à la consommation.
En connaissance des 15 campagnes de pêche entre la première campagne datant de 2010-2011 jusqu’ la dernière campagne 2024-2025, il est mis en évidence que les quotas totaux (destination consommation et destination prélèvement) restent similaires sur toute cette période. Ces quotas ont été initiés lors de la mise en œuvre du plan de gestion anguille en France (approbation en date du 15 Février 2010). Il faut juste considérer que malgré ses quotas instaurés pendant toute cette période, aucune amélioration du stock d’anguille n’a été constatée, ce qui démontre que la situation de l’anguille ne s’est pas améliorée selon ces recommandations.
Les informations délivrées par ces données ne peuvent que révélées un status quo sur les quotas : ils sont dans la moyenne des quotas entre 2010 et 2025 et le quota prévu sur la période 2026-2027 est similaire à celui de 2010 (de 44,66 t). Il est dès lors difficile de ne pas conclure à une quasi-stabilité des captures de civelles par les pêcheurs professionnels alors que la situation de l’espèce continue de se détériorer.
Sur les propositions techniques de la FNPF, l’acceptabilité d’un quota de prélèvement sur l’espèce Anguille européenne, espèce en danger critique d’extinction au niveau mondial et en France d’après l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), pourrait être fixé à 26.1 tonnes, ce qui correspond à un niveau de probabilité la plus haute (75 %) d’atteinte de l’objectif parmi les quotas proposés par le comité scientifique. (Référence : Estimations des possibilités de captures totales d’anguilles de moins de 12 cm pour la saison 2025-2026, Avis du comité scientifique (INRAE, OFB, MNHN, CNRS, IRD) , juillet 2025.
Il y a réellement une incompréhension de nos instances scientifiques alors que tous les avis convergent sur la situation d’urgence absolue de l’espèce mais aussi sur la nécessité de limiter les causes de mortalité dont celles liées à la pêche au stade le plus sensible du recrutement naturel, la FNPF constate, déplore et dénonce l’attribution d’un quota total 2025-2026 de 55 t.
Les quotas proposés pour 2025-2026, s’ils sont atteints, aboutissent à un dépassement du taux d’exploitation, au-delà de la cible de gestion définie dans le Plan national anguille. Ces dépassements sont systématiques depuis la saison 2014-2015. Ce dépassement avait pourtant été identifié dès l’avis du comité scientifique 2015-2016. Il est une nouvelle fois confirmé dans l’avis du comité scientifique 2025.
Enfin, ces choix de gestion sont en contradiction avec la situation toujours alarmante du stock, les recommandations de gestion des instances scientifiques selon le principe de précaution et une pression de l’exploitation illicite toujours forte.L’état du stock d’anguille demeure toujours très bas. Les indicateurs disponibles ne montrent pas d’amélioration notable. La FNPF insiste donc sur l’objectif de rétablissement global de l’anguille sur l’ensemble de son cycle et donc sur la nécessité d’une gestion prudente et rigoureuse, tant que les objectifs en termes d’anguilles argentées et que l’ensemble des indices montrant un rétablissement certain de la population n’auront pas été atteints.
L’acharnement étatique à autoriser la pêche des civelles pendant les périodes principales de migration, en totale infraction avec la réglementation européenne, et des quotas fixés au détriment des exigences biologiques de l’espèce, traduisent la véritable ambition des mesures : elles sont justifiées par des motifs économiques.
Depuis plusieurs années, la FNPF relaie les risques de dépassement des cibles de gestion du Plan national anguille en termes de taux d’exploitation. Les résultats des dernières années confirment ces dépassements malgré des captures qui ne dépassent pas les quotas. Des quotas obstinément choisis parmi les valeurs hautes proposées sur la base de recrutements fragiles conduisent à une sortie systématique des objectifs du plan. Le quota 2025-2026 proposé présente un risque fort de sortie d’objectif au regard d’un recrutement toujours faible.
Ces quotas, y compris celui proposé dans l’arrêté pour la saison 2025-2026, sont loin des valeurs dictées par une approche de précaution et par les engagements de la France.
En raison de trop nombreuses et fortes incertitudes, identifiées et rappelées par le comité scientifique et le CIEM sur l’avenir de l’anguille et des certitudes sur son mauvais état actuel, la FNPF :
Réitère à titre principal sa demande initiale d’un moratoire de 5 ans sur toutes les pêches et tous les stades de l’anguille.
A titre subsidiaire, demande que le quota total pour la pêche de la civelle soit basé sur le principe de responsabilité et fixé de manière à atteindre la cible de gestion avec la plus forte probabilité, soit 26,1 t.
Ces projets de texte ont été motivés par des objectifs économiques et de communication et non de sauvegarde de l’espèce : les seules restrictions apportées à l’activité des pêcheurs de loisir ne sauveront pas l’anguille.
Sa survie passe par :
Un moratoire temporaire toutes pêches, tous stades et tous milieux,
Un plan de sortie de flotte ouvert aux pêcheurs professionnels pour leur permettre de dignement entamer une reconversion,
Le réarmement du plan de restauration de la continuité écologique au bénéfice de l’anguille mais également de tous les poissons migrateurs dans leur majorité en déclin ou en danger,
La fin du repeuplement en civelles,
Un plan anti-braconnage associant l’OFB et le CESAN.
En conclusion, la FDPPMA53, comme la FNPF, s’oppose fermement aux quotas de capture de civelles projetés.
Avis défavorable :
Le Ministère de la transition écologique s’appuie sur le chiffre de 700 tonnes de captures d’anguilles jaunes par les pêcheurs de loisir, alors qu’il est tout à fait obsolète. Cette donnée est intellectuellement douteuse.
Concernant l’anguille jaune, le rapportage de 2024 sur la mise en œuvre du Plan de Gestion de l’Anguille reproduit des chiffres issus d’une évaluation faite en 2005, faute d’analyse des carnets de capture des pêcheurs aux lignes (qui est pourtant de la responsabilité même du Ministère de la transition écologique. En revanche, il dispose des données de captures d’anguilles jaunes par les pêcheurs amateurs aux engins et filets et indique une baisse constante des captures passant de 17 t en 2004-2008 à moins de 2 t en 2022. Ces données sont plus conformes avec la pêche résiduelle exercée par les pêcheurs de loisirs depuis 2010.
Le Conseil d’Etat a jugé en décembre dernier que « cette estimation de 700 tonnes repose sur des données remontant à l’année 2005, alors qu’il n’est pas sérieusement contesté que le nombre de pêcheurs amateurs en zone fluviale, aux lignes ou avec des engins ou des filets, a baissé de manière significative depuis 2009, et que les données disponibles plus récentes et non sérieusement contestées relatives à l’UGA " Bretagne " attestent corrélativement d’une réduction conséquente du volume de captures pour cette UGA » (CE, 18 décembre 2024, 475158).
Si l’on prend encore un peu plus de recul, il apparait que la pêche de l’anguille jaune n’est pas la plus impactante. Le Plan national de Gestion de l’Anguille indique en effet que la principale source de mortalité en « équivalents anguilles argentées » est la pêche de la civelle. Au regard du Règlement UE 1100/2007 instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes, la cible de gestion est mesurée par l’échappement en anguilles argentées. La pêche de l’anguille jaune vient en 3ème position, avec une incidence bien moindre que la pêche de la civelle.
On peut quantifier le nombre de civelles autorisés au prélèvement pour la pêche professionnelle à environ 192 000 000 d’individus de civelles !!
Un moratoire sur la pêche de l’anguille jaune pour les pêcheurs de loisir ne garantit en rien la survie de l’espèce au contraire : nous soulignons que le réseau des structures associatives de pêche de loisir est largement investi dans la protection des poissons migrateurs et notamment de l’anguille. Il a créé et finance des associations de protection « migrateurs », au nombre de huit sur tout le territoire, qui réalisent des actions de restauration des stocks et des milieux, des études sur les stocks poissons migrateurs et les pressions qu’ils subissent, ainsi que des actions de sensibilisation. Son réseau est en outre le principal investi sur le terrain dans la protection des poissons migrateurs contre des pressions importantes qu’ils subissent, qu’il s’agisse de pollutions, de braconnage, de dégradation des habitats ou de ruptures de la continuité écologique des rivières.
Concernant les quotas autorisés pour la pêche professionnelle sur la civelle : un moratoire de 5 ans accompagné d’un plan de sortie de flotte à moyen terme est le préalable indispensable à la survie de l’anguille européenne ! »