Consultation sur le projet de décret portant mesures de simplification de l’action publique locale et des normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements
Cette consultation porte sur une mesure prévue dans le projet de décret portant mesures de simplification de l’action publique locale et des normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements visant à rehausser le seuil d’évaluation environnementale systématique des projets d’installations photovoltaïques de production d’électricité.
Consultation du 11/06/2026 au 02/07/2026 - 192 contributions
Ce projet de décret prévoit diverses mesures visant à simplifier certaines normes applicables aux collectivités territoriales et à leurs groupements.
L’article 17 du projet de décret, objet de la présente consultation, vise à modifier le seuil de soumission à évaluation environnementale systématique des projets photovoltaïques afin qu’il soit cohérent avec celui prévu pour les procédures d’autorisation d’urbanisme.
Le cadre juridique national relative à l’évaluation environnementale des projets est Cette modification s’inscrit dans le droit de l’évaluation environnementale des projets issu de la directive 2011/92/UE concernant l’évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l’environnement. Cette directive liste les projets susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement qui doivent faire l’objet d’une évaluation environnementale avant leur autorisation. Cette liste a été transposée dans un tableau annexé à l’article R. 122-2 du code de l’environnement et qui détermine, pour différentes catégories de projets, des seuils de soumission à évaluation environnementale systématique ou après examen au cas par cas.
Le présent projet de décret modifie la rubrique 30 de ce tableau qui concerne les projets photovoltaïques. Il est ainsi prévu d’aligner le seuil d’évaluation environnementale systématique de cette rubrique avec le seuil de soumission à permis de construire de ces projets au titre du code de l’urbanisme (articles R. 421-1 et R. 421-9).
Le seuil de soumission au-delà duquel une évaluation environnementale est obligatoirement requise sera rehaussé à 3 Mégawatts crête (actuellement de 1 Mégawatt crête).
Cette mesure vise à préserver la cohérence de deux procédures et donner plus de visibilité aux porteurs de projets.
Les projets d’une puissance inférieure à ce seuil de 3 Mégawatts crête seront soumis à un examen au cas par cas des incidences du projet sur l’environnement et la santé humaine par le Préfet de région, qui peut mener, en cas d’impacts significatifs sur l’environnement, à la soumission à évaluation environnementale.
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Commentaires
Les centrales photovoltaïques constituent une menace supplémentaire sur la biodiversité, sur des emprises où d’autres aménagements n’étaient pas possibles. De ce fait ces milieux étaient préservés. Désormais tous les milieux naturels et/ou agricoles peuvent faire l’objet d’aménagement de centrales photovoltaïques ce qui engendre des destructions d’habitats pour les espèces partout. L’objet de cette consultation est de réhausser le seuil de soumission à l’évaluation environnementale. Pour autant, ce n’est pas parce qu’un projet de petite puissance donc de plus petite taille supposée n’est pas susceptible d’avoir des impacts, notamment sur la biodiversité. En effet, des emprises de petite taille, souvent relictuelles peuvent faire l’objet de projets, et s’ils n’étaient pas soumis à évaluation environnementale permettraient de détruire plus facilement ces milieux spécifiques (prairies, coteaux calcaires, etc).
De plus, si ne pas soumettre ces projets à évaluation environnementale permettrait d’accélérer les procédures, cela augmentera le risque de contentieux. En effet, les porteurs de projet n’évalueront pas leurs impacts sur la biodiversité, ce qui ne permettra pas d’évaluer le besoin en dérogation espèces protégées. Les projets seraient alors autorisés et feraient l’objet de contentieux en l’absence de dérogation. Cela pénaliserait la biodiversité qui doit être préservée comme l’indiquent plusieurs articles du code de l’environnement, et plus largement l’environnement.
J’émets donc un avis très défavorable au sujet de ce projet de décret.
Valentin Condal
Administrateur de Picardie Nature
Je souhaite exprimer un avis pleinement favorable concernant ce projet de décret.
L’allègement de la charge normative et la simplification des procédures administratives constituent des attentes majeures et urgentes pour les collectivités territoriales et leurs groupements. En assouplissant les règles applicables, ce texte apporte des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes des élus locaux et des agents publics, souvent confrontés à une complexité réglementaire qui ralentit la mise en œuvre des projets locaux.
Ce décret permettra non seulement de libérer du temps administratif au profit de l’action de terrain, mais aussi d’optimiser l’utilisation des deniers publics en réduisant les coûts liés à l’ingénierie administrative.
Points forts particulièrement salués :
L’efficacité de l’action publique : Des procédures simplifiées se traduisent par des délais d’instruction et de réalisation plus courts pour les projets d’intérêt local (infrastructures, services aux citoyens).
L’autonomie locale renforcée : Moins de rigidité dans les normes permet une meilleure adaptation des politiques publiques aux spécificités et aux réalités de chaque territoire.
En conclusion, ce projet de décret va dans le sens d’une relation de confiance renouvelée entre l’État et les collectivités, et participe activement à la modernisation de notre action publique.