Projet d’arrêté relatif à la fermeture anticipée de la pêche de loisir en eau douce de l’anguille d’Europe pour la saison 2025-2026

Consultation du 19/05/2026 au 09/06/2026 - 183 contributions

L’anguille européenne est un poisson grand migrateur qui grossit en eau douce et se reproduit en mer. Après une phase larvaire de migration depuis la mer des Sargasses vers l’Europe, les anguilles connaîtront au cours de leur vie trois stades de développement : le stade juvénile appelé « civelle » (qui correspond aux anguilles mesurant moins de 12 cm), le stade « anguille jaune », au cours duquel les anguilles colonisent les eaux douces et enfin, le stade « anguille argentée », au cours duquel les reproducteurs retournent en mer des Sargasses.

La pêche de l’anguille intéresse, en eau salée et en eau douce, à la fois les pêcheurs professionnels et les pêcheurs de loisir.

Face à la dégradation de l’état de la population d’anguilles, le règlement (UE) n° 1100/2007 du 18 septembre 2007 a institué des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes. Un plan national de gestion de l’anguille a été élaboré par la France et approuvé par la décision de la Commission européenne C(2010)947 du 15 février 2010.

Des restrictions supplémentaires des activités de pêche figurent dans les règlements annuels adoptés pour l’application du règlement (UE) n° 1380/2013 du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche.

En application de ces règlements, la pêche de loisir aux stades « civelle » et « anguille argentée » est interdite, en eau douce et en mer, depuis le décret n° 2010-1110 du 22 septembre 2010.

Ensuite, le règlement (UE) 2023/194 du 30 janvier 2023 et le règlement (UE) 2024/259 du 10 janvier 2024 ont directement interdit la pêche de loisir de l’anguille jaune en mer, sur tout le territoire de l’Union européenne, ainsi que la pêche de loisir de l’anguille jaune dans les eaux douces des bassins hydrographiques méditerranéens.

En France, sauf dans les bassins Rhône-Méditerranée et Corse, la pêche de loisir de l’anguille jaune demeure donc autorisée en eau douce.

Depuis l’instauration du plan de gestion français de l’anguille, une seule estimation des prélèvements d’anguilles jaunes par les pêcheurs de loisir en eau douce est disponible, réalisée au moyen d’une enquête statistique : elle démontre que ces prélèvements ne sont pas négligeables.

1°) Il est opportun de renforcer le suivi des captures d’anguilles par les pêcheurs de loisir.
Une déclaration obligatoire des captures est déjà prescrite par l’article 3 de l’arrêté ministériel du 22 octobre 2010, mais elle ne s’applique qu’aux pêcheurs de loisir aux engins et aux filets.
Le présent projet d’arrêté crée une obligation similaire pour les pêcheurs de loisir aux lignes.

2°) En outre, en raison de l’état de conservation défavorable de l’espèce, l’arrêté instaure une fermeture anticipée de la pêche de loisir de l’anguille en 2026 : la pêche fermera le 31 juillet, partout où elle ne l’est pas déjà.

La consultation du public a lieu du mardi 19 mai au mardi 9 juin 2026.

Mise à jour du 11 juin 2026 : publication de la synthèse des observations et propositions du public

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Commentaires

  •  Pour une interdiction totale et limitée dans le temps, le 5 juin 2026 à 22h34
    Bonjour. Il est grand temps de prendre conscience de la disparition progressive de l’anguille. Il serait sans effet d’interdire la pêche de l’anguille jaune par les pêcheurs de loisir, sans interdire également la pêche de la civelle par les professionnels. Quand on a pris des mesures draconiennes pour le thon rouge, on a pu mesurer ensuite les bons résultats. Ayons le courage nécessaire pour en faire autant avec l’anguille, la mesure sera d’autant bien acceptée par les pêcheurs de loisir qu’elle sera juste et concernera également la pêche pro. Un moratoire de 5 ans devrait suffir pour reconstituer des stocks suffisants. Cordialement. Freddy Roux, Pdt d’AAPPMA
  •  Contre la pêche des civelles., le 5 juin 2026 à 21h25
    La diminution du nombre d’anguille peuplant nos cours d’eau est devenu une évidence au fil des années qui ont suivies l’autorisation du dragage des civelles par des bateaux qui pêchait à l’époque non stop et qui ont rapidement dévastée la ressource. Quelques mesures pour restreindre leur impact ont été prises depuis mais le mal perdure et une interdiction totale de cette pêche serait absolument nécessaire, malheureusement les lois économiques font que cela ne se produit pas !!! Dommage !!!
  •  Protection de l’anguille, le 5 juin 2026 à 21h24
    Je suis favorable à un arrêt de tout prélèvement. On ne sauve pas une espèce en faisant les choses à moitié. Et arrêtons de dire que l’économie est plus important que la biodiversité.
  •  Contre cette proposition , le 5 juin 2026 à 20h46
    Stop à la pêche commerciale exportée pour une minorité de consommateurs étrangers. Les pêcheurs de loisir résidant en France ont aussi et surtout, je pense, le droit de profiter de ce poisson qui fait partie des traditions. A tout vendre et tout exporter, en gros on a juste le droit de se contenter des restes, quand on ne nous les interdit pas… Non , non et non. Les pondeurs de lois telles que ça n’ont qu’à limiter la pêche professionnelle ! La pêche de loisir aussi a un coût, et si on ne doit payer que pour pêcher ce qui reste ou n’intéresse pas les autres, alors que l’on paie en mesure de ce que l’on prend ! C’est déjà bien assez cher au vu de l’état de nos bords de rivière et je ne parle pas de la gestion de l’eau qui est une catastrophe, et des multiples interdictions dues aux contraintes ‘bobo des villes’. Que l’on rende la nature à ceux qui savent l’apprécier !!!
  •  scandaleux, le 5 juin 2026 à 20h35
    Pour information, je vous informe que si un paysan ne sème pas de graines dans son champ, il ne pourra pas faire de récolte ….. Donc, le principe et la finalité sont identiques pour tous les êtres vivants. CONCLUSION : ARRETEZ LE PRELEVEMENT DES CIVELLES !!!!!
  •  Protection de l’anguille , le 5 juin 2026 à 20h25
    Il y a plusieurs problématiques au développement de l’anguille sur notre territoire, d’une part la pêche professionnelle des civelles qui aurait dû être fermée depuis bien longtemps, d’autre part la mauvaise gestion du niveau d’eau dans nos rivières et canaux, à partir du moment où l’agriculture intensive a commencée dans les marais et l’arrosage des maïs depuis les années 80 ont empêché la migration des anguilles et des civelles par manque d’eau. J’ai constaté une mortalité des anguilles dans les années 90 sur la boutomne par manque d’oxygène et aussi par la pollution de l’agriculture intensive. Les truites sauvages ont disparues, tout comme les lamproies,les truites de mer,les barbeaux,etc…si vous ne faites rien au niveau gouvernemental, il n’y aura aucun changement sur le point de vue aquatique. Les marais sont trop secs pour subvenir à la reproduction naturelle des poissons. Voici mon adresse mail, laurentloizeau68@gmail.com
  •  Stop pêche professionnelle , le 5 juin 2026 à 20h23
    3000 piballes par kg ! Combien de tonnes sont pêchées par an ? C’est la pêche de la piballe qui doit être carrément supprimée ,les pêcheurs amateurs d’ anguilles ne sont pas responsables de leur disparition .des
  •  Stop à la pêche professionnelle de la civelle pendant 10 ans !, le 5 juin 2026 à 20h09
    Habitant en Charente-maritime, j’assiste au spectacle de la pêche de la civelle par des bateaux professionnels tous les ans dans l’estuaire de la Charente ! Consommateur de poisson et assidu sur les marchés locaux, je ne vois pas le fruit de cette pêche sur nos étals de poissons ! Cette pêche va au Japon, en Chine et en Espagne ! On se moque des Japonais qui chassent la baleine, mais les pêcheurs pro français exterminent les anguilles. Pêcheur de loisir, il m’arrive de pêcher une à deux anguilles par an …. maigre butin. Je paye un permis de pêche à 110 € qui contribue à l’entretien des cours d’eau par mon APPMA. Il faut traiter le problème à la source…..pêche professionnelle, pollution des cours d’eau, pesticides et plastiques, changement climatique qui tue les rivières ! Le petit pêcheur de loisir n’est pas la cause du problème ! Quelques braconniers sont à punir également mais pour les attraper il faut des agents d’état en nombre ! Les effectifs sont faibles. Il faut une police de l’eau et de l’environnement efficace, avec des effectifs suffisant.
  •  Fermeture anticipée anguille, le 5 juin 2026 à 19h29
    Je suis contre la fermeture anticipée de l’anguille pour la saison 2025/2026. Pour la sauvegarde de l’espèce, il vaudrait mieux réduire d’avantage les quotas des pêcheurs professionnels. Ce sont eux qui affaiblissent la ressource.
  •  Encore une restriction pour les pêcheurs de Loisirs, le 5 juin 2026 à 19h04
    Depuis de nombreuses années des restrictions ont été faites sur les possibilités de pêche des pêcheurs amateurs de loisirs, période réduite, horaires réduits, moyens de pêche réduits….. C’est une nouvelle restriction de période qui se profile ….. Pendant ce temps là les pêcheurs professionnels détiennent toujours des dérogations et des quotas de pêche de la civelle à la fois pour la consommation mais aussi pour du repeuplement !! Incompréhensible ! On demande aux pêcheurs de Loisirs de regarder les professionnels continuer pour de l’argent piller la ressource de juvéniles sans pouvoir eux prendre quelques anguilles …. Si la ressource est en danger le moratoire doit être pour tout le monde et en même temps …. aucun passe droit ! Il y va de la logique, du respect de tous les acteurs face a une espèce en voie de disparition.
  •  Favorable à l’interdiction de la pêche des civelles., le 5 juin 2026 à 18h38
    Bonjour Pour d’autres espèces, la capture est autorisée au-delà d’une certaine taille, qui a permis à l’individu de s’être reproduit au moins deux fois dans sa vie. Donc pourquoi on ne le fait pas pour l’anguille !? Au moins pendant quelques années pour permettre au stock de se renouveler.
  •  Fermeture de la pêche a l’anguille en Brière , le 5 juin 2026 à 17h03
    Encore une décision des écolos en cols blancs, avec l’Europe, qui n’y connait rien, et surtout ne connaisse même pas la Brière !
  •  Positionnement des pêcheurs amateurs aux engins et aux filets de la Loire-Atlantique, le 5 juin 2026 à 15h28
    Le projet d’arrêté se réfère, entre autres, à l’avis de la fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu aquatique. Or, la position de la FNPF soulève une réelle question de cohérence dans la gestion des espèces. Après avoir proposé un moratoire total sur la pêche de l’anguille, qui ne concerne qu’un nombre très restreint de pêcheurs de cette espèce, elle soutient désormais une fermeture anticipée au 31 juillet, réduisant encore une période qui avait déjà été tronquée, passant de 12 à 5 mois, pour la limiter maintenant à 4 mois. Dans le même temps, aucun positionnement n’est pris sur la suppression du no-kill du silure, y compris sur des secteurs à enjeux majeurs pour les migrateurs. Sur le tronçon ligérien de Loire-Atlantique passage obligatoire pour 100% des migrateurs du bassin, cette pratique du no-kill contribue directement au maintien d’une pression prédatrice élevée. Le silure, espèce allochtone longévive, exerce une prédation continue sur des populations déjà en situation critique. Introduite dans les années 1970, cette espèce a proliféré et est devenue l’espèce majoritaire dans le fleuve Loire. Le no-kill empêche toute régulation effective, en contradiction manifeste avec les objectifs du PLAGEPOMI et les efforts importants imposés aux autres usagers. Dans ce contexte, l’absence d’interdiction de remise à l’eau du silure dans l’arrêté 2026 en Loire-Atlantique constitue une incohérence majeure de gestion piscicole. L’interdiction du no-kill sur ce secteur stratégique représente une mesure simple, ciblée, immédiatement applicable et pleinement justifiée au regard des enjeux de conservation. Enfin, cette situation met en évidence un déséquilibre évident : il est manifestement plus facile de restreindre une pratique marginale, portée par un faible effectif de pêcheurs, que de remettre en cause une pratique largement répandue consistant à capturer puis relâcher des grands poissons « trophée » pour permettre leur recapture, au détriment des équilibres écologiques. La gestion financière importerait-elle plus que la gestion écologique ?? C’est la raison pour laquelle les pêcheurs amateurs aux engins et aux filets de la Loire-Atlantique sont opposés à la fermeture de l’anguille au 31 juillet, sans avoir au préalable expérimenté la mesure simple de non remise à l’eau des silures capturés. Gilles CHOSSON, président de l’Association Départementale Agréée des Pêcheurs Amateurs aux Engins et aux Filets de la Loire-Atlantique
  •  Avis défavorable , le 5 juin 2026 à 15h27
    Les ressources sont bonnes aucune raison d’anticiper la fermeture
  •  Pêche à l’anguille , le 5 juin 2026 à 13h04
    La pêche de nuit à l’anguille fait partie de nos traditions et de notre patrimoine halieutique. Cette pratique rassemble des passionnés dans le respect de la réglementation et de l’environnement. Son interdiction prive de nombreux pêcheurs d’une activité qu’ils exercent de manière responsable depuis des années. La préservation de l’anguille est essentielle, mais une gestion équilibrée basée sur le dialogue, le suivi des populations et des mesures adaptées serait préférable à une interdiction totale. Les pêcheurs sont aussi des acteurs de la protection des milieux aquatiques et souhaitent contribuer à la sauvegarde de cette espèce tout en conservant la possibilité de pratiquer leur passion.
  •  Avis favorable, le 5 juin 2026 à 12h52
    Et arrêter le braconnage serait une bonne idée aussi…
  •  Il est grand temps d’agir !, le 5 juin 2026 à 10h44
    Très présente dans l’estuaire de la Loire il y a encore quelques décennies, l’anguille européenne a vu sa population décliner de manière alarmante. Elle est classée depuis 2008 en danger critique d’extinction par l’Union internationale de la conservation de la Nature (UICN). Il existe malheureusement encore aujourd’hui des droits de pêche sur cette espèce (par les professionnels et les particuliers). Il est impératif d’agir vite et de protéger de manière forte cette espèce patrimoniale. Je profite également de cette publication pour alerter sur les pratiques illégales de pêche réalisées sur les marais de Brière, premier marais d’eau douce présent sur l’estuaire de la Loire et site majeur de développement pour l’espèce. Des prélèvements importants et réguliers y sont réalisés, sans parler du braconnage qui s’y développe sans aucun contrôle.
  •  Avis favorable de l’Union des fédérations de pêche du Bassin Seine Normandie, le 5 juin 2026 à 09h59

    Etant donné l’état des stocks de l’Anguille européenne,
    Nous sommes favorables
    - à la fermeture anticipée de la pêche de loisir de l’anguille au 31 juillet 2026 là où elle ne l’est pas déjà.
    - ainsi qu’à la mise en place d’un suivi de déclaration obligatoire de capture par les pêcheurs de loisir (simple et dématérialisé pour faciliter l’analyse des données) afin de connaitre réellement les prélèvements réalisés par cette activité (la dernière estimation, toujours avancée datant de 2006).

    Il nous semble cependant impératif d’agir sur d’autres leviers que la pêche de loisir pour assurer le rétablissement de l’espèce :
    -  Le respect de l’avis du comité scientifique sur les quotas de prélèvement de civelles par la pêche professionnelle. Les quotas autorisés étant bien au-dessus de ceux recommandés ce qui empêche l’atteinte des objectifs de conservation de l’espèce
    -  La mise en place d’actions efficaces pour le rétablissement de la continuité écologique, pour lutter contre la détérioration des habitats des Anguilles ou encore contre le braconnage

    La conservation de cette espèce nécessite des actions fortes et partagées par tous les acteurs concernés.

  •  Favorable à l’arrêté, le 5 juin 2026 à 09h15
    Favorable aussi à une interdiction complète de la pêche à l’anguille (espèce en voie de disparition). Et pitié, stop aux propos de ceux, qui sous couvert de sauvegarder certaines traditions folkloriques pittoresques, s’accaparent le marais de Brière et entretiennent sa dégradation. Des contrôles devraient être réalisés dans cette zone de non-droits pour limiter le braconnage et des pratiques d’un autre temps.
  •  Favorable - Une petite pause seraient une bonne choses, le 5 juin 2026 à 08h45

    Suite à l’épisode récent de botulisme, il apparaît essentiel de laisser le temps aux milieux naturels de se régénérer. Dans cette optique, mettre en place une pause temporaire de la chasse et de la pêche, d’une durée de 1 à 2 ans (à l’exception des espèces nuisibles), pourrait constituer une mesure bénéfique pour favoriser le rééquilibrage des écosystèmes.
    Cette période permettrait d’accompagner efficacement les actions déjà nécessaires, telles que :
    - les programmes d’élevage et de réintroduction,
    - le suivi des populations (comptage),
    - l’entretien et la restauration des milieux naturels,
    - ainsi que la régulation ciblée des espèces nuisibles.

    Les chasseurs et pêcheurs ont un rôle clé à jouer dans cette démarche. Leur engagement dans des actions de terrain et de sensibilisation serait précieux pour préparer un retour durable et responsable à leurs activités.
    Il est important de préciser que cette proposition ne vise pas à restreindre durablement la liberté de chasse ou de pêche. Au contraire, elle a pour objectif de préserver ces pratiques sur le long terme, en protégeant les ressources et les territoires dont elles dépendent.
    Même si cette mesure peut être difficile à accepter, notamment lorsqu’elle résulte de facteurs extérieurs, il est essentiel de rappeler que chaque action, même à petite échelle, contribue à la reconstruction des milieux naturels. C’est un investissement collectif pour garantir l’avenir de la biodiversité… et des activités qui y sont liées.