Projet d’arrêté relatif à la fermeture anticipée de la pêche de loisir en eau douce de l’anguille d’Europe pour la saison 2025-2026
Consultation du 19/05/2026 au 09/06/2026 - 183 contributions
L’anguille européenne est un poisson grand migrateur qui grossit en eau douce et se reproduit en mer. Après une phase larvaire de migration depuis la mer des Sargasses vers l’Europe, les anguilles connaîtront au cours de leur vie trois stades de développement : le stade juvénile appelé « civelle » (qui correspond aux anguilles mesurant moins de 12 cm), le stade « anguille jaune », au cours duquel les anguilles colonisent les eaux douces et enfin, le stade « anguille argentée », au cours duquel les reproducteurs retournent en mer des Sargasses.
La pêche de l’anguille intéresse, en eau salée et en eau douce, à la fois les pêcheurs professionnels et les pêcheurs de loisir.
Face à la dégradation de l’état de la population d’anguilles, le règlement (UE) n° 1100/2007 du 18 septembre 2007 a institué des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes. Un plan national de gestion de l’anguille a été élaboré par la France et approuvé par la décision de la Commission européenne C(2010)947 du 15 février 2010.
Des restrictions supplémentaires des activités de pêche figurent dans les règlements annuels adoptés pour l’application du règlement (UE) n° 1380/2013 du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche.
En application de ces règlements, la pêche de loisir aux stades « civelle » et « anguille argentée » est interdite, en eau douce et en mer, depuis le décret n° 2010-1110 du 22 septembre 2010.
Ensuite, le règlement (UE) 2023/194 du 30 janvier 2023 et le règlement (UE) 2024/259 du 10 janvier 2024 ont directement interdit la pêche de loisir de l’anguille jaune en mer, sur tout le territoire de l’Union européenne, ainsi que la pêche de loisir de l’anguille jaune dans les eaux douces des bassins hydrographiques méditerranéens.
En France, sauf dans les bassins Rhône-Méditerranée et Corse, la pêche de loisir de l’anguille jaune demeure donc autorisée en eau douce.
Depuis l’instauration du plan de gestion français de l’anguille, une seule estimation des prélèvements d’anguilles jaunes par les pêcheurs de loisir en eau douce est disponible, réalisée au moyen d’une enquête statistique : elle démontre que ces prélèvements ne sont pas négligeables.
1°) Il est opportun de renforcer le suivi des captures d’anguilles par les pêcheurs de loisir.
Une déclaration obligatoire des captures est déjà prescrite par l’article 3 de l’arrêté ministériel du 22 octobre 2010, mais elle ne s’applique qu’aux pêcheurs de loisir aux engins et aux filets.
Le présent projet d’arrêté crée une obligation similaire pour les pêcheurs de loisir aux lignes.
2°) En outre, en raison de l’état de conservation défavorable de l’espèce, l’arrêté instaure une fermeture anticipée de la pêche de loisir de l’anguille en 2026 : la pêche fermera le 31 juillet, partout où elle ne l’est pas déjà.
La consultation du public a lieu du mardi 19 mai au mardi 9 juin 2026.
Mise à jour du 11 juin 2026 : publication de la synthèse des observations et propositions du public
Commentaires
COMMISSION
SYNDICALE DE
GRANDE
BRIEREMOTTIERE
Ministère de la Transition Ecologique
Et de la Cohésion des Territoires
Hôtel de Roquelaure
246 boulevard Saint Germain
75007 PARIS
A Saint Joachim,
Le 8 Juin 2026
Monsieur Le Ministre ,
Un arrêté visant à raccourcir dès cet été la période de la pêche de loisirs à l’anguille est en projet, pour lequel vous avez d’ailleurs lancé une consultation qui a lieu du 19 mai au 9 juin 2026.
Face à la dégradation de la population d’anguilles, nous sommes parfaitement conscients de la nécessité de protéger l’espèce au niveau national et européen, et des mesures doivent s’imposer, mais nous ne pouvons que déplorer celles prévues dans le projet d’arrêté qui ciblent la pêche de loisirs et ne s’attaquent pas aux vraies causes de cette dégradation.
Depuis des générations, la pêche à l’anguille fait partie intégrante de l’identité de la Grande Brière Mottière. Bien plus qu’un loisir, elle représente un savoir-faire traditionnel transmis au fil du temps et profondément ancré dans le territoire et sa culture. Les pêcheurs briérons ont toujours été conscients de la fragilité du milieu naturel dans lequel ils évoluent et sont restés actifs face aux enjeux environnementaux.
Rappelons que l’Association des pêcheurs de Grande Brière Mottière (APGBM), partenaire de notre Commission syndicale, a été pionnière dans le secteur sur les question de continuité écologiques en militant il y a de nombreuses années pour l’installation de dispositifs favorisant la circulation des poissons migrateurs. Ajoutons aussi que depuis deux ans, les pêcheurs de Brière participent en étroite collaboration avec le muséum d’histoire naturel et le parc naturel et régional de Brière à une étude sur les populations d’anguilles de Brière. La commission syndicale de GBM soutient pleinement cette étude et suit avec attention son évolution. La Brière joue localement très bien son rôle en répondant parfaitement aux exigences de l’anguille pour qu’elle grandisse et arrive à maturité sexuelle. Les déclarations de prélèvement en Brière sont là pour témoigner d’une population en bon état.
Cette pêche traditionnelle de l’anguille, pratiquée à petite échelle par des pêcheurs de loisirs et dans le respect du territoire ne peut être comparée à des formes de prélèvements intensifs que nous dénonçons. S’il est indispensable de protéger l’anguille, encore faut-il agir là où les mesures sont réellement efficaces, parmi lesquelles .
L’instauration d’un moratoire pour la pêche professionnelle aux civelles, leur permettant de rejoindre les cours d’eau et marais continentaux dans de bonnes conditions ;
Une amélioration de la qualité des milieux humides et de l’eau, qui agissent sur l’évolution de l’espèce (Notre commission syndicale y travaille en lien avec les partenaires du territoire) Une réduction des polluants qui imprègnent nos eaux douces ;
Une régulation du Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo), grand consommateur de poissons et particulièrement de l’anguille. Le Grand Cormoran prolifère de plus en plus dans les zones d’eaux douces.
A l’inverse, fermer la pêche traditionnelle de Brière un mois plus tôt avant ne règlera en rien le problème de fond. Cette mesure fera simplement disparaitre une pratique ancestrale et un remarquable savoir-faire local. Cette mesure n’apportera aucun bénéfice concret pour l’espèce et nombre de pêcheurs briérons la jugeront injuste tant que les véritables enjeux ne seront pas (ou insuffisamment) traités.
C’est pourquoi la Commission Syndicale de la Grande Brière Mottière demande une dérogation sur le territoire de la Brière afin que la fermeture de la pêche de loisirs à l’anguille soit maintenue au 31 août.
Nous vous remercions par avance pour l’intérêt que vous accorderez à notre requête, et vous prions d’agréer, Monsieur Le Ministre, à l’expression de nos sentiments distingués.
Madame la Présidente de la Commission Syndicale de
Grande Brière Mottière
Madame Marie Antoinette GUEDES
COMMISSION SYNDICALE DE GRANDE BRIERE MOTTIERE
214 rue du Chef de L’Ile - Fédrun - 44720 SAINT JOACHIM
Tèl : 02.28.54.90.06 — e-mail : csgbm@orange.fr
La Fédération de Pêche des Landes s’oppose aux mesures proposées dans le cadre de cette consultation.
Si nous partageons pleinement l’objectif de restauration du stock d’anguille européenne, nous constatons une nouvelle fois que les restrictions envisagées concernent principalement la pêche de loisir, sans qu’une approche globale, cohérente et équilibrée soit mise en œuvre à l’échelle de l’ensemble des pressions exercées sur l’espèce.
Concernant la déclaration obligatoire des captures, la Fédération est favorable à l’amélioration des connaissances scientifiques dès lors que les dispositifs proposés sont simples, proportionnés et permettent de disposer de données fiables. Cependant, cette mesure ne doit pas constituer un préalable à de nouvelles restrictions ciblant exclusivement les pêcheurs amateurs.
S’agissant de la fermeture anticipée de la pêche de l’anguille jaune au 31 juillet, nous estimons que cette proposition n’est pas suffisamment justifiée au regard des données présentées. Le document reconnaît lui-même que les connaissances relatives aux prélèvements de la pêche de loisir demeurent limitées et qu’une seule estimation a été réalisée depuis la mise en œuvre du plan de gestion de l’anguille.
Par ailleurs, le déclin de l’anguille résulte d’un ensemble de facteurs largement identifiés : obstacles à la continuité écologique, mortalité liée aux ouvrages hydrauliques, dégradation des habitats, qualité de l’eau, prédation, changement climatique et autres pressions environnementales. Dans ce contexte, il apparaît injustifié que les efforts de gestion reposent une nouvelle fois principalement sur les pêcheurs de loisir.
La Fédération s’interroge également sur la cohérence globale des mesures de gestion mises en œuvre à l’échelle européenne. Si l’objectif est réellement de favoriser la reconstitution du stock d’anguille européenne, il apparaît indispensable de s’attaquer prioritairement aux causes majeures de mortalité et de limiter les prélèvements sur les stades les plus sensibles du cycle biologique de l’espèce. Il est difficilement compréhensible de continuer à autoriser la capture de juvéniles tout en multipliant les restrictions à destination des pêcheurs de loisir en eau douce. Si la reconstitution du stock constitue réellement la priorité, les mesures de gestion doivent avant tout viser à préserver les jeunes stades de l’espèce afin de permettre à un plus grand nombre d’individus d’atteindre leur maturité et de participer au renouvellement naturel de la population.
La Fédération rappelle qu’elle avait déjà défendu cette position lors des discussions relatives à un éventuel moratoire sur la pêche de l’anguille. Si de nouvelles mesures de gestion doivent être envisagées, elles doivent s’inscrire dans une stratégie globale, cohérente et équitable, mobilisant l’ensemble des acteurs et traitant l’ensemble des causes de mortalité affectant l’espèce. Les efforts demandés doivent être partagés par tous les usagers et toutes les activités ayant un impact sur l’anguille, et non reposer essentiellement sur les pêcheurs de loisir.
La restauration durable du stock d’anguille européenne ne pourra être obtenue que par une approche équilibrée, ambitieuse et partagée, fondée sur la protection des habitats, la restauration de la continuité écologique, la réduction des mortalités à tous les stades de vie de l’espèce et une répartition équitable des efforts de gestion entre l’ensemble des acteurs concernés.
André LESAGE Président
Avis de la Fédération de Loire-Atlantique pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique représentant 30 000 pêcheurs. Déposé le 09/06/2026
Incidences d’une réduction d’un mois de la période de pêche pour les pêcheurs de loisir sur la protection de l’anguille européenne sur la saison 2025-2026 :
Les pêcheurs de loisir ne sont autorisés à ce jour à pêcher uniquement l’anguille jaune sur une période de 5 mois (du 1er Avril au 31 Aout). Le présent projet aurait pour effet de réduire d’un mois cette période de pêche et d’imposer la déclaration des captures réalisées.
Considérant le statut de l’espèce classé en « Danger Critique d’Extinction » et l’état des stocks actuels, l’objectif affiché de renforcement de la protection de l’anguille par réduction des mortalités par pêche par ce projet d’arrêté ne sera pas atteint par cette seule restriction de la pêche de loisir en eau douce.
Tant que l’Etat français fera le choix de maintenir une exploitation de cette espèce par la pêcherie professionnelle sur ses 3 stades biologiques (civelle, anguille jaune et argentée), le renforcement recherché de la protection de cette espèce ne sera pas atteint. A l’inverse, la reconstitution de ses stocks sera fortement limitée par ces choix de gestion qui sont contraires aux préconisations du CIEM qui propose un moratoire sur toutes les pêches et sur tous les stades.
Une contribution déjà forte à la réduction des mortalités par la pêche de loisir :
Le Plan National de Gestion de l’Anguille, adopté en 2009, a fortement limité la pêche de loisir en eau douce concernant l’anguille, par l’interdiction totale de prélèvements des civelles et des anguilles argentées, et l’encadrement de la pêche des anguilles jaunes par une période réduite à 5 mois (au lieu de 12 mois) et une limitation des modes et procédés de pêche autorisés. Ainsi, les pêcheurs de loisir contribuent très largement à la réduction de la mortalité par pêche depuis 16 ans alors que l’Etat français autorise toujours l’exploitation des 3 stades de l’anguille par la pêcherie professionnelle. Ces incohérences ne peuvent que contribuées au résultat que l’on constate à ce jour, à savoir une population d’anguilles toujours en déclin au niveau national.
S’il s’avère nécessaire de poursuivre les efforts et de réduire à nouveau la mortalité par pêche, il est inacceptable que la pêche de loisir serve à nouveau de variable d’ajustement pour protéger les seuls intérêts de la pêche professionnelle. A ce titre, la réduction de période de pêche d’un mois imposée aux seuls pêcheurs amateurs par ce projet ne pourra être acceptée.
Un besoin de connaissance des captures de toutes les catégories de pêcheurs pour définir des mesures de gestion cohérentes et adaptées aux enjeux de protection de l’anguille :
L’obligation de déclaration des captures d’anguilles par les pêcheurs de loisir proposée par ce projet d’arrêté apparait nécessaire et indispensable. En effet, il convient d’actualiser les estimations des captures d’anguilles réalisées par les pêcheurs de loisir afin d’évaluer au plus juste son impact réel, ce dernier ayant fortement diminué depuis les dernières estimations datant de 2005 suite à la mise en œuvre des différentes restrictions en 2009. Elles ne peuvent donc plus servir de référence en l’état pour évaluer l’impact des prélèvements réalisés par la pêche de loisir.
Cependant, l’approche méthodologique du système de déclaration se doit d’être partagée avec nos fédérations de Pêche afin de s’assurer de la faisabilité technique et de l’acceptabilité pour nos adhérents. Par ailleurs, ces déclarations pourront difficilement se mettre en application de façon efficace dans le délai prévu par ce projet d’arrêté et pour la saison de pêche 2025-2026. En effet, cette démarche va nécessiter une communication organisée et ciblée auprès nos adhérents et un travail de pédagogie important. Ce dernier sera d’autant plus difficile à conduire que nos adhérents sont dans l’incompréhension et l’inacceptation d’une situation constatée depuis 15 ans et défendue par les ministères, à savoir une privatisation de la ressource anguille au seul profit de la pêche professionnelle qui continue à exploiter notamment les stades biologiques les plus stratégiques (civelles et anguilles argentées).
En conséquence la Fédération de Loire-Atlantique pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique formule un avis défavorable à ce projet d’arrêté relatif à la fermeture anticipée de la pêche de loisir en eau douce de l’anguille pour la saison 2025-2026 mais souligne cependant la nécessité de mettre en œuvre la déclaration des captures d’anguilles pour les pêcheurs de loisir à partir de la saison de pêche 2026-2027.
La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) a pris connaissance de la consultation en cours portant sur la fermeture anticipée de la pêche de loisir en eau douce de l’Anguille d’Europe pour la saison 2025-2026.
L’anguille européenne (Anguilla anguilla) a vu ses effectifs s’effondrer à partir des années 70, d’où son classement « en danger critique d’extinction » par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) au niveau mondial et français depuis 2008. Elle est également classée à l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Le règlement UE n°1100/2007 et le plan de gestion français qui en découle visent à réduire ses causes de mortalités d’origine anthropique. Cependant, malgré les efforts consentis jusqu’à présent, dans son avis de 2025, le Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) évalue que l’objectif européen d’échappement d’anguilles mâtures (40% de la biomasse pristine) n’est pas atteint pour la France malgré 15 ans de mesures de gestion. Ainsi, il préconise une minimisation des pressions anthropiques sur l’anguille européenne depuis 2001 et depuis 2022, l’absence de toutes pressions dont la pêche, incluant le repeuplement et l’élevage.
Face à ce constat et dans la cadre de la présente consultation, la LPO :
- Félicite la mise en place d’une obligation déclarative des captures pour tous les pêcheurs de loisir, afin d’améliorer le suivi des débarquements et mettre à jour l’estimation de 2007 qui ne reflète plus la réalité d’aujourd’hui. Cet outil devrait permettre une déclaration en temps réel à l’image de ce qui existe pour la chasse (chassAdapt), et être homogénéisé entre tous les pêcheurs de loisir.
- Est favorable à la réduction de la période de pêche à l’anguille jaune pour les pêcheurs de loisir, afin de réduire l’effort de pêche sur cette espèce en danger critique d’extinction.
- Considère néanmoins, au regard de préconisations scientifiques, que de telles mesures sont insuffisantes et demande un arrêt des captures de cette espèce au sein des espaces protégées, notamment la réserve naturelle nationale de la baie de l’Aiguillon (où 10 % du quota national est encore pêché chaque année), ainsi que la mise en place d’un moratoire national sur la pêche à l’anguille pour l’ensemble des activités de pêche, professionnelle et récréative, à tous les stades et tant dans le domaine maritime que continental.
- Demande que les mesures annoncées, telles qu’un plan de sortie de flotte ambitieux, la lutte renforcée contre le braconnage et une restauration ambitieuse de la continuité écologique des cours d’eau, soient rapidement mises en œuvre.
En conséquence, la LPO est favorable à ce projet d’arrêté relatif à la fermeture anticipée de la pêche de loisir en eau douce à l’anguille d’Europe pour la saison 2025-2026 mais considère les mesures très largement insuffisantes : la situation critique de l’anguille demande de prendre des mesures de gestion ambitieuses, en instaurant un moratoire de la pêche à tous les stades, cumulé à une réduction des autres pressions anthropiques, afin de respecter les obligations de la France (objectifs du règlement européen et de la DCSMM).
L’anguille est une espèce classée en danger critique d’extinction sur la Liste rouge des poissons des Hauts-de-France. À ce titre, la période de fermeture fixée jusqu’au 31 juillet constitue une mesure de protection bénéfique pour l’espèce.
Des carnets de capture doivent déjà être renseignés afin de fournir des données sur les captures d’individus, dans le but d’adapter la gestion de l’espèce.
Sur le principe, la Fédération est favorable à cette démarche. Toutefois, dans la pratique, le format, l’accès à ces documents, et leur transmission aux services compétents, s’avèrent difficiles pour de nombreux pêcheurs. Certains ne maîtrisent pas suffisamment les outils informatiques pour effectuer leurs déclarations de captures sur le site « Démarches numériques ». Cette situation risque de limiter la pertinence de cet outil, qui nécessite donc d’être amélioré afin de gagner en efficacité.
La Fédération tient à rappeler que la pêche de loisir ne constitue pas la principale cause du déclin des populations d’anguilles. La plupart des individus sont remis à l’eau après capture.
La pêche professionnelle de la civelle, ainsi que le trafic illégal qui en découle, doivent demeurer les principaux axes de travail pour assurer la préservation et la sauvegarde de cette espèce. À cet égard, les quotas de pêche professionnelle de civelles apparaissent aujourd’hui disproportionnés au regard de l’état de conservation de l’espèce et ne sont pas en adéquation avec les recommandations scientifiques visant à garantir la sauvegarde de l’espèce.
Il est également nécessaire de poursuivre les actions de restauration de la continuité écologique et des habitats aquatiques, afin de permettre aux individus de coloniser nos cours d’eau et de s’y maintenir durablement.
La Fédération de l’Oise pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.
Lettre ouverte au Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins
Madame, Monsieur,
Je viens de prendre connaissance de l’article de Sud-Ouest du 4 février 2016, concernant le déversement de 800 kg de pibales dans la Charente entre Taillebourg et Chaniers, pour un montant de 350 000€.
Pêcheur amateur, je souhaite vous manifester mon plus profond mécontentement et mon indignation devant une telle absurdité et un tel scandale si les chiffres annoncés sont bien réels.
Payer 350 000€ aux mareyeurs avec l’argent, probablement des pêcheurs et à coup sûr des contribuables, relève d’une politique digne du Sapeur Camembert si on considère son efficacité du point de vue économique, environnemental et halieutique.
Les pibales se raréfient à cause notamment d’une pêche intensive (4 000 t/an dans les années 1978-1979, contre 110 tonnes seulement en 2010), les cours sont au plus haut (de nouveaux marchés sont ouverts avec les pays asiatiques qui demandent des civelles vivantes pour l’élevage et auprès desquels nous rachetons des anguilles adultes), on maintient cette pêche d’alevins alors qu’il est strictement interdit de pêcher les alevins de toute autre espèce non nuisible.
C’est une triple peine qui touche les pêcheurs amateurs et professionnels de l’anguille,
- On a limité les dates et heures de pêche à l’anguille.
- On impose au pêcheur de renseigner un carnet dès la première anguille pêchée sous peine de sanction, (date, lieu de capture, taille, nombre, poids, etc, il ne manque que le nom du père et de la mère). On impose au pêcheur d’avoir ce carnet en sa possession en action de pêche, pour être présenté à tout contrôle, ce qui suppose d’être équipé, en plus de son matériel de pêche classique, de matériel de mesure, de pesage, d’écriture et en plus d’avoir des mains relativement propres pour conserver un carnet lisible jusqu’à la fin de la saison. Le législateur n’a certainement jamais pêché l’anguille sans quoi il aurait rapidement compris les difficultés de mise en œuvre sur le terrain.
- On a supprimé l’autorisation de pêcher l’anguille à la vermée jusqu’à minuit alors que cette pêche traditionnelle est une pêche sélective qui permet de relâcher une anguille sans aucune blessure. Comme chacun sait, l’anguille ne mord à la vermée principalement qu’après le coucher du soleil.
Paradoxalement, des cours de pêche à la vermée sont dispensés aux touristes en plein jour pour tenter de perpétuer tant bien que mal cette tradition qui va vite tomber dans l’oubli par désintérêt ou qui laissera croire à son efficacité uniquement le 1er avril.
Pendant ce temps, on dépense des sommes faramineuses sous couvert de suivis scientifiques et sanitaires pour repeupler les fleuves et rivières dans leurs parties amont et leurs affluents.
Si on interdisait définitivement les dérogations accordées aux pêcheurs de civelles en bateaux dans les estuaires - qui massacrent sans discernement les alevins d’autres espèces pris dans les tamis - les civelles remonteraient les rivières gratuitement et en nombre comme elles savent le faire depuis des millions d’années dans nos rivières et ruisseaux, pour le plus grand bonheur des pêcheurs d’anguilles, amateurs et professionnels.
Si les chiffres annoncés sont exacts, cette opération ramène le kilo de pibales lâché à 437,5€ et à 875€ le kilo efficace si on considère une mortalité de 50% au bout de 3 ans. J’ajouterais que la mortalité étant principalement due aux prédateurs, on peut considérer que les poissons et les oiseaux sont nourris avec notre bénédiction au prix de 437,5€ le kg.
Du point de vue économique toujours, si on considère qu’un kilo de pibale contient environ 2900 individus, ce même kilo à raison d’un poids moyen adulte commercialisable de 400gr produirait 1160 kg d’anguilles, qui valorisés à la vente au détail à raison de 20€ le kilo, généreraient un marché de l’ordre de 23 000€. C’est donc une absurdité économique total qui est mise en œuvre.
Dans la forme actuelle de ce repeuplement, tous les intervenants ont préféré agir sur les effets alors que la raison commande d’agir sur les causes pour trouver une solution pérenne. La surpêche de la pibale dans les estuaires restant la cause principale de la raréfaction de l’anguille.
Pour ce qui me concerne, je tenais à vous informer que je ne me soumettrai pas aux obligations de remplissage du carnet anguilles tant que les pêcheurs de pibales n’auront pas les mêmes obligations, à l’unité près.
J’ai pris le parti de dénoncer cette politique scandaleuse auprès de mes amis pêcheurs, afin qu’elle soit relayée via les médias, les réseaux sociaux ou les élus.
J’ai obtenu à ce jour, le soutien du Président de la Fédération de la Charente-Maritime pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique ainsi que celui du Président de l’AAPPMA, "La Gaule Charentaise" qui déplorent être mis devant le fait accompli sans pouvoir exprimer le moindre avis. Ils sont, m’ont-ils dit dans cette affaire, "le pot de terre contre le pot de fer".
J’ai conscience de désobéir à la Loi, mais je reste fidèle à l’esprit de l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793 :“Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoir”, fidèle aussi à la pensée de Stéphane Hessel lorsqu’il dit :“La pire des attitudes est l’indifférence”.
Je vous remercie pour l’attention que vous porterez à ma lettre et je vous demande de transmettre mon mécontentement aux instances supérieures de La Pêche, ainsi qu’auprès du Ministère concerné.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations halieutiques.
Michel ROUX
Citoyen Indigné, pêcheur amateur,
Initié à la pêche par son instituteur à l’âge de 10 ans, soit environ 50 années de pratique de la pêche de loisir.
Éducateur de ses enfants, passeur de mémoire pour ses petits enfants pour la découverte de la pêche de loisir et la protection du milieu aquatique.
Numéro d’adhérent : w7mber
AAPPMA Gaule Charentaise 17350 TAILLEBOURG
Accessoirement, Maire de SAINT-VAIZE Domicilié 27, route des roches 17100 SAINT-VAIZE
Un arrêté visant à raccourcir dès cet été la période de la pêche de loisirs à l’anguille est en projet, pour lequel vous avez d’ailleurs lancé une consultation qui a lieu du 19 mai au 9 juin 2026.
Face à la dégradation de la population d’anguilles, nous sommes parfaitement conscients de la nécessité de protéger l’espèce au niveau national et européen, et des mesures doivent s’imposer, mais nous ne pouvons que déplorer celles prévues dans le projet d’arrêté qui ciblent la pêche de loisirs et ne s’attaquent pas aux vraies causes de cette dégradation.
Depuis des générations, la pêche à l’anguille fait partie intégrante de l’identité de la Grande Brière Mottière. Bien plus qu’un loisir, elle représente un savoir-faire traditionnel transmis au fil du temps et profondément ancré dans le territoire et sa culture. Les pêcheurs briérons ont toujours été conscients de la fragilité du milieu naturel dans lequel ilS évoluent et sont restés actifs face aux enjeux environnementaux.
Rappelons que l’Association des pêcheurs de Grande Brière Mottière (APGBM), partenaire de notre Commission syndicale, a été pionnière dans le secteur sur les question de continuité écologiques en militant il y a de nombreuses années pour l’installation de dispositifs favorisant la circulation des poissons migrateurs. Ajoutons aussi que depuis deux ans, les pêcheurs de Brière participent en étroite collaboration avec le muséum d’histoire naturel et le parc naturel et régional de Brière à une étude sur les populations d’anguilles de Brière. La commission syndicale de GBM soutien pleinement cette étude et suit avec attention son évolution. La Brière joue localement très bien son rôle en répondant parfaitement aux exigences de l’anguille pour qu’elle grandisse et arrive à maturité sexuelle. Les déclarations de prélèvement en Brière sont là pour témoigner d’une population en bon état.
Cette pêche traditionnelle de l’anguille, pratiquée à petite échelle par des pêcheurs de loisirs et dans le respect du territoire ne peut être comparée à des formes de prélèvements intensifs que nous dénonçons. S’il est indispensable de protéger l’anguille, encore faut-il agir là où les mesures sont réellement efficaces, parmi lesquelles :
- L’instauration d’un moratoire pour la pêche professionnelle aux civelles, leur permettant de rejoindre les cours d’eau et marais continentaux dans de bonnes conditions ;
- Une amélioration de la qualité des milieux humides et de l’eau, qui agissent sur l’évolution de l’espèce (Notre commission syndicale y travaille en lien avec les partenaires du territoire)
- Une réduction des polluants qui imprègnent nos eaux douces ;
- Une régulation du Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo), grand consommateur de poissons et particulièrement de l’anguille. Le Grand Cormoran prolifère de plus en plus dans les zones d’eaux douces.
A l’inverse, fermer la pêche traditionnelle de Brière un mois plus tôt avant ne règlera en rien le problème de fond. Cette mesure fera simplement disparaitre une pratique ancestrale et un remarquable savoir-faire local. Cette mesure n’apportera aucun bénéfice concret pour l’espèce et nombre de pêcheurs briérons la jugeront injuste tant que les véritables enjeux ne seront pas (ou insuffisamment) traités.
C’est pourquoi la Commission Syndicale de la Grande Brière Mottière demande une dérogation sur le territoire de la Brière afin que la fermeture de la pêche de loisirs à l’anguille soit maintenue au 31 août en 2026.