Projet de décret inscrivant le silure sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques

Consultation du 14/02/2026 au 16/03/2026 - 3170 contributions

Le silure glane, originaire d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, s’est propagé sur la quasi-totalité du réseau hydrographique de la France métropolitaine.

L’impact du silure sur les poissons migrateurs amphihalins, c’est-à-dire vivant alternativement dans les eaux douces et dans les eaux salées, est désormais incontestable au vu des études scientifiques. Des constats similaires sont dressés dans les autres pays d’Europe où le silure a été introduit.

Des pêches visant à réduire la prédation exercée par le silure à l’encontre des poissons migrateurs sont réalisées dans les bassins de la Garonne et de la Dordogne depuis 2021. Elles sont recommandées à proximité des obstacles à la migration, ainsi qu’à proximité des frayères à aloses, car le mode de reproduction particulier de ces espèces (« bulls ») les rend alors particulièrement vulnérables aux attaques de silures. Elles ont permis de conclure que trois engins sont à la fois efficaces pour capturer des silures et suffisamment sélectifs, c’est-à-dire qu’ils permettent d’éviter suffisamment les prises accessoires ou les mortalités : le filet tramail à mailles carrées de 135 mm de côté, le piège de type « verveux » à mailles carrées de 27 mm minimum de côté et la ligne de fond (ou « cordeau »). Les trois engins sont également complémentaires, chacun étant adapté à un contexte particulier (salinité, courant, etc.)

La stratégie de réduction des impacts de la prédation du silure sur les populations de poissons migrateurs repose notamment sur une évolution du statut réglementaire de l’espèce silure, dans les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne dans un premier temps.

Le silure doit y être classé comme « espèce susceptible de causer des déséquilibres biologiques » en application de l’article L. 432-10 (1°) du code de l’environnement, ce qui formalisera, au point de vue juridique, la nécessité de lutter contre sa propagation et rendra plus lisible l’action de l’Etat.

La consultation du public a lieu du samedi 14 février au lundi 16 mars 2026.

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Commentaires

  •  Le silure, le 14 mars 2026 à 19h39
    Bonjour, Le silure est une espèce présente dans les cours d’eau depuis plusieurs décennies. Il y a eu une explosion lors de son arrivée mais la population c’est vite régulée et aujourd’hui, il n’est plus un problème. Je peux comprendre que dans certains cours d’eau, il consomme des poissons migrateurs mais nous ne pouvons pas tout lui mettre sur le dos. Le milieu a beaucoup évolué et deviens de moins en moins favorable. Que dire aussi de l’eau, le prélèvement des pêcheurs est aujourd’hui un réel problème. La pêche professionnelle a très largement contribué à ce problème. Pour preuve, les chiffres des migrateurs, l’année du COVID, où nous étions tous chez nous. Les chiffres etaient remontés de façon drastique. L’Annee suivante, un catastrophe. Ce poisson est mal aimé pour tout un tas de raisons, mais le classement en espèce nuisible n’est pas la bonne solution. Nous avons déjà essayé cette méthode sur beaucoup d’espèces et aujourd’hui, elles sont toujours présentes dans nos milieux. Alors s’il vous plait, laisser le silure tranquille
  •  Contre le classement du silure de la sorte , le 14 mars 2026 à 19h36
    Le silure ne doit pas être tenu responsable de la disparition des migrateurs, en effet les causes sont multiple premièrement dès que ces poissons ont franchis les estuaires ils doivent affronter les engins des pêcheurs professionnels qui « raflent » sans gènes ces migrateurs tentant de se reproduire ou de vivre pour les anguilles. Je n’ai rien contre eux c’est leur métier et leur gagne pain mais ce que je leur reproche c’est de tenir le silure responsable alors que c’est eux mêmes qui pillent les rivières à tendre leur filet et y piéger tout ce qu’il passe. Deuxièmement l’état des cours d’eau avec toute la « merde » qu’on y rejette, ne doit pas du tout être en bonne faveur pour la remontée des migrateurs. Ensuite les obstacles que ce soit seuils de pont ou barrages cela représente pour moi un des plus gros problèmes en effet si la prédation des silures sur les migrateurs semblent se confirmer, celle ci est présente uniquement sous les obstacles que rencontre les migrateurs, c’est à dire que le silure est opportuniste, il profite d’une situation, le fait que les migrateurs peine à trouver leur chemin sous les obstacles attire leur prédation mais l’origine du problème est du coup les barrages en eux mêmes, ils ne seraient pas en travers des rivières le silure n’en profiterai pas. Il faut refuser ce décret qui va juste semer le désarrois dans nos rivières et fleuves. N’oublions pas que le silure s’est auto régulé. En les supprimant nous allons faire machine arrière en recréant une explosion de population (un gros sujet prend la place de plusieurs petit sujet).
  •  Non nuisible , le 14 mars 2026 à 19h32
    Pour moi ceux décret et trop facile de classer le silure nuisible,depuis la nuit des temps on a introduite des espèces nuisible pour la bio diversité,on a rien fait ,je n suis pas scientifique ,le silures ceux régule tout seul pas besoin de l’homme ,l’état et un pourvoieur de chômeur ,toute les lois mette a chaque fois des gens sur le carreaux
  •  Opposition au classement du silure , le 14 mars 2026 à 19h06
    Je suis contre le classement du silure en espèce invasive pouvant créer un déséquilibre biologique. Il a largement sa place dans nos rivières et ce n’est pas en voulant les supprimer que cela changera les choses sur les migrateurs,et autres espèces de nos eaux douces. Il y a les problèmes de qualité d’eau,réchauffement,niveau d’eau très bas l’été causant de la mortalité sur certaines espèces , les barrages,sans oublier la pêche professionnelle qui a un bel impact.
  •  Opposition au classement du silure , le 14 mars 2026 à 19h05
    Je suis contre le classement du silure en espèce invasive pouvant créer un déséquilibre biologique. Il a largement sa place dans nos rivières et ce n’est pas en voulant les supprimer que cela changera les choses sur les migrateurs,et autres espèces de nos eaux douces. Il y a les problèmes de qualité d’eau,réchauffement,niveau d’eau très bas l’été causant de la mortalité sur certaines espèces , les barrages,sans oublier la pêche professionnelle qui a un bel impact.
  •  Contre ce décret de classement du silure en espèce nuisible , le 14 mars 2026 à 19h05
    C’est une très grosse erreur de classer le silure en nuisible. Regardez plutôt les dégâts des cormorans qui sont un fléau. Cordialement
  •  Aberrations , le 14 mars 2026 à 19h01
    Encore une fois, l’état réfléchit du mauvais côté Surpêche, barrage… Bref plutôt que réfléchi en terme de protection, on va exterminer le sciure qui s’autorégule lui même puis qu’il est cannibale. Pêcher les plus gros spécimens entraînera juste la prolifération…
  •  vieux pecheur , le 14 mars 2026 à 18h55
    bonjour Je péche dans le Lot et ses affluents depuis 60 ans. Il y avait tous les carnassiers du black bass, truites, perches, sandre et brochets en nombre. depuis l’apparition du silure, au début pas très gros puis maintenant énormes, au fil du temps plus de perche, plus de black, plus de truites, pratiquement plus de sandres et peu de brochet même s’ils y a eu des tentatives de rempoissonnement. Sans parler des canards sauvages qui ont disparus bouffés par ces prédateurs. j’ai retiré plusieurs carcasses dans l’estomac des silures qui dépassent maintenant les 50 kg. Il y a par contre quantité de ’blanc’, brêmes, gardons, cabots, ablettes et même des goujons, preuve qu’ils préfèrent détruire leurs concurrents. Il faut réguler ces monstres en interdisant la remise à l’eau comme pour certaines écrevisses. La mode a créer des pécheurs sportifs (tu parles ! avec sondeur, radar, bateaux motorisés, etc) et des moniteurs de pêche friands de ces grosses pièces pour leur client. Évidemment ils les remettent à l’eau au lieu de les cuisiner et ils deviennent encore plus gros et dévorent toujours plus !
  •  Avis défavorable de l’association silurus glanis association au projet de décret, le 14 mars 2026 à 16h18

    Silurus glanis association s’oppose au décret visant à classer le silure comme espèce pouvant provoquer des déséquilibres biologiques pour les raisons suivantes :

    Préambule et synthèse de l’avis de SGA silurus glanis association

    Nous émettons un AVIS DEFAVORABLE concernant le projet de décret
    visant à inscrire le silure sur la liste des espèces susceptibles de
    provoquer des déséquilibres biologiques (ESPDB), soumis à la
    consultation du public du 14/02/2026 au 16/03/2026.

    En effet, il ne s’agit certes pas ici d’un classement en Espèce
    Exotique Envahissante (EEE), mais cette proposition de classement en ESPDB
    repose tout de même sur un certain nombre d’affirmations erronées que
    les différents rapports rédigés par l’Office Français de la
    Biodiversité, et notamment le dernier en date du 13/01/2026, viennent
    contredire.
    Par ailleurs, il est précisé que cette proposition d’évolution du
    statut réglementaire de l’espèce silure concerne « les bassins
    Adour-Garonne et Loire-Bretagne dans un premier temps ». Ainsi, par le
    principe général de l’inscription du silure à la liste ESPDB d’une
    part, et d’autre part au travers de cette volonté d’extension
    géographique ultérieure du classement, SGA est fondée à émettre
    un avis sur ce projet.

    SGA Silurus glanis association ne peut accepter un classement en ESPDB du Silure, qui
    validerait en l’état son statut de « bouc émissaire » quant à la
    diminution des stocks de poissons migrateurs.
    Au-delà du risque que ce classement pourrait faire peser sur l’espèce
    Silure et sur l’équilibre des écosystèmes aquatiques, le risque serait
    également de détourner l’attention des principales pressions exercées
    les migrateurs (changement climatique, obstacles à la continuité
    écologique, dégradation des habitats, pollutions, surpêche en eau douce
    et en domaine maritime, oiseaux piscivores…).

    Le présent avis reprend ci-après les principaux éléments de
    connaissance scientifique démontrant l’incohérence de ce projet de
    classement.

    Statut biogéographique et historique du Silure : une espèce native en
    France

    Le silure est natif dans les bassins du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut,
    comme en attestent des preuves archéologiques et historiques datant de
    l’âge du Bronze et de l’Antiquité (Borvon, 2019 ; Putelat et al.,
    2021). Selon le référentiel TAXREF (Gargominy et al., 2024), le silure
    est donc considéré comme indigène à l’échelle de la France
    hexagonale, même si son implantation dans certains bassins est plus
    récente. Son statut de « natif » à l’échelle nationale doit être
    pris en compte dans toute décision réglementaire.
    Il est fait dès lors une erreur manifeste dès les propos introductifs de
    la présentation du projet de décret, où il est sous-entendu que le
    Silure glane est uniquement « originaire d’Europe de l’Est et d’Asie
    centrale ». Par ailleurs, contrairement à ce qui est affirmé, il ne
    s’est pas « propagé sur la quasi-totalité du réseau hydrographique de
    la France métropolitaine ».

    Prédation sur les migrateurs amphihalins : absence de preuve d’un impact
    systématique et généralisé

    Il est affirmé dans la présentation du projet de décret que l’impact
    du silure sur les poissons migrateurs amphihalins « est désormais
    incontestable au vu des études scientifiques » et que des « constats
    similaires sont dressés dans les autres pays d’Europe où le silure a
    été introduit ». Il s’agit là de raccourcis simplistes que les
    études scientifiques nuancent très largement voire contredisent.

    Tout d’abord, il convient de rappeler que La dégradation de l’état de
    conservation des migrateurs amphihalins est antérieure à l’explosion
    démographique du silure : d’autres pressions sont historiquement et
    toujours aujourd’hui à l’œuvre (notamment barrages, pollutions,
    surpêche) encore aggravées aujourd’hui par le changement climatique, à
    la fois en milieu marin et en eau douce continentale (Etat des
    connaissances et positionnement de l’OFB concernant le Silure,
    15/06/2023).

    Par ailleurs, dans des conditions naturelles de fonctionnement du milieu,
    la prédation n’implique pas nécessairement un impact négatif sur les
    populations de proie, la prédation faisant partie des forces naturelles
    structurant les écosystèmes. Lorsqu’elles sont en bonne santé, les
    populations de proies développent des réponses démographiques a la
    pression de prédation et parviennent a maintenir un taux de croissance
    stable ou positif (p. ex. Reznick et al., 1997). Il est donc nécessaire
    d’aller au-delà de la présence ou de l’abondance de proies dans les
    contenus stomacaux pour étudier l’impact du silure à l’échelle des
    populations de proies.

    Les études françaises montrent que la prédation du silure sur les
    migrateurs amphihalins (saumon, alose, lamproie marine) est variable selon
    les sites et les conditions environnementales (Boulêtreau et al., 2020 ;
    Trancart et al., 2023). Sur la Garonne et la Dordogne, les taux de
    prédation observés sur les lamproies marines et les aloses sont fortement
    liés à la présence d’obstacles (barrages, passes à poissons)
    couplées aux conditions hydrologiques défavorables, qui concentrent les
    proies et les rendent plus vulnérables (Bouletreau et al., 2020,
    Verdeyroux, 2022).

    Aucune étude ne prouve un impact significatif du silure sur les
    populations d’anguilles (Musseau et al., 2024 ; Guillerault et al.,
    2015a).

    Les attaques sur les frayères d’aloses sont ponctuelles et ne remettent
    pas en cause la reproduction de ces espèces (Davitoglu et al., 2025). En
    effet, 1 à 5 % des bulls d’aloses (Groupe Migrateurs Dordogne, 2022 et
    2024) seraient attaqués sans que l’on puisse toutefois confirmer
    qu’une prédation a bien eu lieu. Par ailleurs, la plupart des bulls
    attaqués sont situés sur des frayères forcées ou dites de substitution,
    la plupart du temps à l’aval d’ouvrages qui n’assurent pas
    efficacement la continuité.

    Ainsi, l’activité de frai a lieu sur des zones potentiellement
    défavorables au développement des œufs, et le dérangement des aloses
    par des attaques de silure sur ces zones n’a donc qu’un effet très
    limité.

    Pour ce qui concerne la lamproie marine, sur le bassin
    Rhône-Méditerranée, la présence anecdotique de l’espèce limite à un
    risque quasi nul les possibilités de prédation par le Silure. En effet,
    malgré un effort significatif d’enquête et de prospection, les
    observations sont très rares sur les deux dernières décennies : seules
    quatre observations de lamproies marines ont été recensées en mer et en
    rivière entre 2019 et 2022, et les résultats des prélèvements ADNe
    n’ont pas permis de détecter la présence de l’espèce (Audran et al.,
    2023).

    Sur d’autres bassins, si certaines études en France (qui par ailleurs
    posent certain nombre d’interrogations sur un plan méthodologique)
    semblent montrer des taux de prédation importants sur la lamproie marine
    (Bouletreau et al., 2020), aucune n’a démontré un impact avéré sur
    les stocks de cette espèce à une échelle globale.

    L’évolution des captures moyennes de lamproies marines par sortie pour
    les pêcheurs professionnels en eau douce de Gironde, entre 2000 et 2020,
    montre au contraire une augmentation des CPUE en aval des grands ouvrages
    (Plan de Gestion des Poissons Migrateurs 2022-2027
    Garonne-Dordogne-Charente-Seudre-Leyre, 2021), pouvant laisser
    sous-entendre une bonne tenue du stock global.

    Par ailleurs, il convient de rappeler que cette espèce n’est à
    l’heure actuelle pas menacée d’extinction à l’échelle mondiale
    d’après la liste rouge de l’UICN, qui précise notamment que les
    menaces observées pour cette espèce résultent des activités
    anthropiques comme les barrages, le recalibrage des cours d’eau, le
    dragage des fonds entraînant une dégradation des cours d’eau et de la
    continuité, et non d’une prédation par le silure.
    Enfin, sur certains bassins, d’autres facteurs peuvent expliquer de
    fortes variations d’effectifs observés sur les aloses et les lamproies
    marines. Cela a pu être constaté notamment sur la Loire en 2020, avec une
    augmentation notable des remontées en lien avec des conditions
    hydrographiques favorables et une diminution de la pression de pêche
    professionnelle durant le confinement (Baizez et al., 2020).

    Le Silure est par ailleurs une espèce largement répandue en Europe
    centrale et en Europe de l’Est (cf Les poissons d’eau douce de France,
    2012). Il fait partie d’écosystèmes regroupant près de 100 espèces
    piscicoles, dont presque toutes celles qui sont présentes en France, y
    compris plusieurs espèces de poissons migrateurs, avec qui il évolue
    depuis des milliers d’années.

    Compétition interspécifique limitée entre le Silure et les autres
    prédateurs

    Les études isotopiques montrent que le silure partage partiellement sa
    niche trophique avec d’autres prédateurs (brochet, sandre, lote), mais
    sans preuve d’un impact négatif sur leurs populations (Guillerault et
    al., 2015b ; Vagnon et al., 2022). Au contraire, il exploite des ressources
    hors de portée des autres prédateurs en allant chercher notamment les
    grands cyprinidés, impasses trophiques dans la chaîne alimentaire
    piscicole et parfois sources de déséquilibres écologiques
    (ichtyoeutrophisation).

    Le silure consomme également des espèces exotiques envahissantes, pour
    certaines à l’origine d’impacts avérés sur les écosystèmes
    (écrevisses américaines, corbicules, poissons-chats), ce qui peut
    participer à leur régulation (Faure & Tanzilli, 2016).

    Dynamique de population du Silure

    La seule étude globale ayant abordé la dynamique des populations de
    Silure est celle réalisée sur le bassin du Rhône (Faure & Tanzilli,
    2016). Elle couple des approches scientifiques par pêche à
    l’électricité, pêche à la ligne et analyse de contenus stomacaux.
    Parmi les bassins français où le Silure a été introduit, c’est celui
    où l’on dispose le plus d’antériorité et de données.

    Or, cette étude a démontré qu’après une première phase
    d’expansion, la population de Silure s’est nettement réduite puis
    s’est stabilisée. En effet, il a été observé un phénomène de
    cannibalisme au sein de la population de Silure, les plus gros spécimen
    consommant régulièrement leurs congénères de taille plus modeste,
    induisant de fait une capacité d’autorégulation de l’espèce.

    Efficacité limitée, incertaine voire même contre-productive des mesures
    de régulation

    Les modélisations montrent qu’un prélèvement annuel de 3 000 individus
    (de taille > 100 cm) sur 20 ans serait nécessaire pour avoir un impact
    significatif sur la population de silures en Garonne, avec toutefois un
    effet réversible dès l’arrêt des prélèvements (Santoul, 2023). Une
    tentative de régulation de masse durable à large échelle, en plus de ne
    pas être souhaitable sur un plan écologique, serait donc totalement
    irréaliste, ni fondé économiquement.

    En pratique, les expérimentations de pêche ciblées (2020-2023) n’ont
    pas non plus montré de baisse significative des effectifs de silures, ni
    d’amélioration des populations de migrateurs (Verdeyroux, 2024).

    Les méthodes de régulation comportent également des risques
    collatéraux, en particulier selon les engins de pêche (filets, verveux)
    qui capturent aussi des espèces non ciblées, dont des migrateurs
    amphihalins.

    Enfin, le prélèvement de gros sujets risquerait de limiter la capacité
    d’autorégulation de l’espèce et de redynamiser la population de
    Silure, allant ainsi à l’encontre de l’effet recherché par ces
    mesures.

    Risques sanitaires et réglementaires liés à la commercialisation des
    silures pêchés

    Le silure, en tant qu’espèce en bout de chaîne trophique, opportuniste,
    longévive (> 20 ans), benthique, et à chair musculaire grasse, présente
    toutes les caractéristiques d’une espèce très fortement
    bioaccumulatrice des micropolluants présents dans les milieux aquatiques.

    Différents travaux réalisés en Italie et en Espagne mettent en évidence
    des dépassements fréquents et significatifs des teneurs maximales à
    respecter dans les poissons concernant le mercure, le plomb, le cadmium et
    les PCB (Carrasco Llamas et al., 2011 ; Squadrone et al., 2013a, 2013b). En
    France, des résultats similaires ont été rencontrés sur le Rhône dans
    le Vaucluse et, pour ce qui concerne spécifiquement les PCB, plus
    globalement à l’échelle du territoire national (cf base de données
    micropolluants du programme PCB).

    Ces éléments rendent totalement inopérantes les perspectives de
    valorisation commerciale du Silure sur le plan alimentaire en France.
    Ainsi, le rapport OFB du 13/01/2026 précise que seulement 6% des 80 tonnes
    de silures capturés dans le cadre du protocole cadre Garonne-Dordogne
    2020-2023 ont fait l’objet d’une valorisation locale, et que la très
    grande majorité des individus (94%) ont été vendus vivants à des
    importateurs venant des pays de l’Est. Le Silure est en effet très
    largement consommé dans ces pays, mais cette valorisation à
    l’exportation pose également la question des responsabilités liées aux
    risques sanitaires que font porter ces opérations pour les consommateurs
    finaux de ces pays.

    Priorité aux solutions alternatives

    La règlementation actuelle permet d’ores et déjà de mettre en place
    des solutions alternatives et ciblées, dès lors que les enjeux le
    nécessitent, au droit des ouvrages notamment.

    Améliorer la franchissabilité des obstacles pour les migrateurs
    amphihalins constitue l’une des mesures principales permettant de
    réduire leur vulnérabilité face à la prédation (Groupe Migrateurs
    Garonne, 2022). Le dernier rapport d’expertise de l’OFB rappelle que,
    dans le cadre du Protocole Cadre Garonne-Dordogne, le silure ne cible pas
    nécessairement les amphihalins mais les espèces les plus accessibles
    (p12). Des dispositifs de grilles à l’entrée et la sortie des passes à
    poissons peuvent par ailleurs être envisagés sur certains sites, afin de
    laisser passer les migrateurs mais pas les silures et éviter les
    phénomènes de prédation au sein des passes à poissons.

    D’autre part, les zones critiques (aval des barrages, frayères) peuvent
    faire l’objet de mesures ponctuelles et adaptées (effarouchement
    temporaire, pêche sélective) plutôt qu’une régulation généralisée. De plus il serait nécessaire de reprendre les travaux d’expérimentation sur des effarouchements magnétique ou chimique sachant que ce genre de travaux ont déjà été envisagés par le passé.

    Ce type de mesure fait d’ailleurs déjà l’objet d’un déploiement
    sur les différents bassins, sans avoir eu nécessité de procéder à un
    classement du Silure. Sur le Bassin Rhône-méditerranée, un groupe de
    travail piloté par l’OFB a ainsi été mis en place dans le cadre du
    PLAGEPOMI afin de réaliser un diagnostic partagé et mettre en place si
    nécessaire des opérations expérimentales des gestion au droit des
    ouvrages.
    Les solutions devant s’envisager de manière ponctuelle et à une
    échelle très localisée, un classement du silure en ESPDB à l’échelle
    de grands bassins hydrographiques enverrait un signal totalement
    contre-productif en termes de gestion de l’espèce, avec des
    conséquences non maîtrisées.

    En effet, ce type de mesure risquerait de pousser de nombreux pêcheurs à
    tuer leurs prises et les abandonner au bord ou dans l’eau. Cela
    renverrait une image très négative du loisir pêche avec qui plus est un
    risque non négligeable de contentieux (art. R634-2 du code pénal), des
    risques sanitaires liés à la décomposition des cadavres de silure ainsi
    que la responsabilité pour les maires de leur évacuation (art. R226-12 du
    code rural).
    Les conséquences de ce classement seraient également négatives sur le
    plan socio-économique, le Silure représentant, au travers de la pêche de
    loisir, une source d’attractivité importante dans certains territoires,
    ainsi qu’un poids économique et social important puisqu’un certain
    nombre d’activités en bénéficient ou en dépendent (tourisme,
    hébergement, matériel, professionnels guides de pêche…).

    SGA

  •  Pat, le 14 mars 2026 à 16h11
    Je souhaite, par la présente, exprimer mon opposition au projet de classement du Silure glane (Silurus glanis) comme espèce nuisible. 1. Une espèce déjà intégrée aux écosystèmes Introduit en France il y a plusieurs décennies, le silure est désormais pleinement intégré dans de nombreux milieux aquatiques. Sa présence ancienne dans des bassins comme celui de la Rhône ou de la Loire démontre qu’il fait aujourd’hui partie de l’équilibre écologique de ces cours d’eau. Aucun consensus scientifique clair ne démontre qu’il provoque, à lui seul, un déséquilibre généralisé des écosystèmes. 2. Absence de preuves scientifiques solides justifiant un classement nuisible Le classement en espèce nuisible devrait reposer sur des données scientifiques robustes et actualisées démontrant un impact écologique significatif et avéré. Or, les études disponibles montrent que le silure est un prédateur opportuniste, dont le régime alimentaire varie selon les ressources disponibles. Il participe ainsi à la régulation naturelle des populations, y compris d’espèces surabondantes ou affaiblies. La stigmatisation du silure détourne l’attention des véritables causes de dégradation des milieux aquatiques : pollution, artificialisation des cours d’eau, fragmentation écologique, réchauffement climatique et surexploitation des ressources. 3. Un intérêt halieutique et socio-économique Le silure représente également un intérêt majeur pour la pêche de loisir. Il attire de nombreux pêcheurs, y compris étrangers, générant des retombées économiques locales significatives (tourisme, hébergement, commerce d’articles de pêche). Son classement en nuisible enverrait un signal négatif et pourrait fragiliser cette dynamique. 4. Une approche de gestion plus équilibrée Plutôt qu’un classement généralisé en espèce nuisible, une gestion adaptée, fondée sur des données scientifiques locales et différenciées selon les bassins, serait plus pertinente. La gestion des milieux aquatiques doit rester mesurée, proportionnée et basée sur l’expertise scientifique, non sur des perceptions ou des inquiétudes non objectivées. En conclusion, au regard des éléments scientifiques disponibles, de son intégration ancienne dans nos écosystèmes et de son importance socio-économique, le classement du silure en espèce nuisible ne me paraît ni justifié ni proportionné.
  •  Projet de décret inscrivant le silure sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques | Consultations publiques, le 14 mars 2026 à 16h03
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  •  Silure, le 14 mars 2026 à 16h03
    Je souhaite, par la présente, exprimer mon opposition au projet de classement du Silure glane (Silurus glanis) comme espèce nuisible. 1. Une espèce déjà intégrée aux écosystèmes Introduit en France il y a plusieurs décennies, le silure est désormais pleinement intégré dans de nombreux milieux aquatiques. Sa présence ancienne dans des bassins comme celui de la Rhône ou de la Loire démontre qu’il fait aujourd’hui partie de l’équilibre écologique de ces cours d’eau. Aucun consensus scientifique clair ne démontre qu’il provoque, à lui seul, un déséquilibre généralisé des écosystèmes. 2. Absence de preuves scientifiques solides justifiant un classement nuisible Le classement en espèce nuisible devrait reposer sur des données scientifiques robustes et actualisées démontrant un impact écologique significatif et avéré. Or, les études disponibles montrent que le silure est un prédateur opportuniste, dont le régime alimentaire varie selon les ressources disponibles. Il participe ainsi à la régulation naturelle des populations, y compris d’espèces surabondantes ou affaiblies. La stigmatisation du silure détourne l’attention des véritables causes de dégradation des milieux aquatiques : pollution, artificialisation des cours d’eau, fragmentation écologique, réchauffement climatique et surexploitation des ressources. 3. Un intérêt halieutique et socio-économique Le silure représente également un intérêt majeur pour la pêche de loisir. Il attire de nombreux pêcheurs, y compris étrangers, générant des retombées économiques locales significatives (tourisme, hébergement, commerce d’articles de pêche). Son classement en nuisible enverrait un signal négatif et pourrait fragiliser cette dynamique. 4. Une approche de gestion plus équilibrée Plutôt qu’un classement généralisé en espèce nuisible, une gestion adaptée, fondée sur des données scientifiques locales et différenciées selon les bassins, serait plus pertinente. La gestion des milieux aquatiques doit rester mesurée, proportionnée et basée sur l’expertise scientifique, non sur des perceptions ou des inquiétudes non objectivées. En conclusion, au regard des éléments scientifiques disponibles, de son intégration ancienne dans nos écosystèmes et de son importance socio-économique, le classement du silure en espèce nuisible ne me paraît ni justifié ni proportionné.
  •  Projet de décret inscrivant le silure sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques | Consultations publiques, le 14 mars 2026 à 16h03
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  •  Pour le classement du silure glane comme nuisible, le 14 mars 2026 à 14h38
    Nos bassins hydrographiques ne sont pas adaptés à un poisson comme le silure glane. Moi-même pêcheur en Loire et dans le Cher, j’ai constaté, sur 20 ans, une baisse très importante des populations de gros poissons blancs, notamment brèmes et gardons, et une baisse significative des populations de brochets et sandres. Je ne suis pas compétent sur les poissons migrateurs mais les études faites sur ces poissons sont sans appel, le silure glane les ravage. La prolifération de ce gros poisson est une catastrophe pour l’équilibre piscicole de nos fleuves et rivières. Il est protégé par un lobby de pêcheurs auto-proclamés sportifs et les fabricants et vendeurs des matériels pour sa pêche. Le projet de décret actuel est un minimum, il devrait être classé comme nuisible. D’autres espèces importées le sont, qui commettent beaucoup moins de dégâts sur la faune indigène.
  •  Silure, le 14 mars 2026 à 13h54
    Avant de dire que le silure est la cause de la perte de certains migrateurs il faudrait se pencher sur le réchauffement de l’eau les passes à poissons plus ou tres mal adapté car petit rappel ds les années 70 on parlais en mal du sandre et aujourd hui il est tjs la est à sa place parmis les autres poissons aujourd hui.parmpns plutôt des pollutions du réchauffement de l eau avant toutes choses et de plus le silure depuis plusieurs année s est réglé seul.
  •  Protection du silure , le 14 mars 2026 à 13h53
    En mettant le silure nuisible , vous ferez juste une pollution au bord des rivières, lac et étangs. Car tout le monde les laissera pourrir sur la berge et qui va encore en pâtir ??? Nous les pêcheurs. Commencer par le cormoran.
  •  Thibault ,je suis contre le décret qui accuse le silure de provoquer des déséquilibres biologiques , le 14 mars 2026 à 13h49
    Je souhaite, par la présente, exprimer mon opposition au projet de classement du Silure glane (Silurus glanis) comme espèce nuisible. 1. Une espèce déjà intégrée aux écosystèmes Introduit en France il y a plusieurs décennies, le silure est désormais pleinement intégré dans de nombreux milieux aquatiques. Sa présence ancienne dans des bassins comme celui de la Rhône ou de la Loire démontre qu’il fait aujourd’hui partie de l’équilibre écologique de ces cours d’eau. Aucun consensus scientifique clair ne démontre qu’il provoque, à lui seul, un déséquilibre généralisé des écosystèmes. 2. Absence de preuves scientifiques solides justifiant un classement nuisible Le classement en espèce nuisible devrait reposer sur des données scientifiques robustes et actualisées démontrant un impact écologique significatif et avéré. Or, les études disponibles montrent que le silure est un prédateur opportuniste, dont le régime alimentaire varie selon les ressources disponibles. Il participe ainsi à la régulation naturelle des populations, y compris d’espèces surabondantes ou affaiblies. La stigmatisation du silure détourne l’attention des véritables causes de dégradation des milieux aquatiques : pollution, artificialisation des cours d’eau, fragmentation écologique, réchauffement climatique et surexploitation des ressources. 3. Un intérêt halieutique et socio-économique Le silure représente également un intérêt majeur pour la pêche de loisir. Il attire de nombreux pêcheurs, y compris étrangers, générant des retombées économiques locales significatives (tourisme, hébergement, commerce d’articles de pêche). Son classement en nuisible enverrait un signal négatif et pourrait fragiliser cette dynamique. 4. Une approche de gestion plus équilibrée Plutôt qu’un classement généralisé en espèce nuisible, une gestion adaptée, fondée sur des données scientifiques locales et différenciées selon les bassins, serait plus pertinente. La gestion des milieux aquatiques doit rester mesurée, proportionnée et basée sur l’expertise scientifique, non sur des perceptions ou des inquiétudes non objectivées. En conclusion, au regard des éléments scientifiques disponibles, de son intégration ancienne dans nos écosystèmes et de son importance socio-économique, le classement du silure en espèce nuisible ne me paraît ni justifié ni proportionné.
  •  Oui pour un classement nuisible , le 14 mars 2026 à 13h38
    Depuis que le silure est présent, les autres espèces ne cessent de diminuer !! Il n’est pas possible qu’un poisson de cette taille soit adapté à nos rivières et plan d’eau français !! Dans le Danube ok
  •  Quel avenir pour nos cours d’eau et plan d’eau ?, le 14 mars 2026 à 13h21
    Bonjour, Les espèces endémiques satisfaisaient largement la pratique halieutique. Pourquoi accepter un poisson prédateur de taille respectable et non endémique de nos biotopes sinon pour satisfaire des pêcheurs en recherche de prises plus exceptionnelles en taille et poids ? Il ne s’agit en aucun cas d’une évolution mais de flatter de l’ego. Si sa prédation est une menace pour nos espèces endémiques et nos migrateurs, aucun contre argument n’est acceptable. Le classement du silure rejoindra les combats qui sont menés pour la sauvegarde et la préservation des cours d’eau.
  •  DEFAVORABLE au Projet de décret inscrivant le silure sur la liste des espèces ESOD, le 14 mars 2026 à 13h21

    Mon commentaire du 8 mars étant invisible, je me permets donc de le redéposer.. en signalant la suspicion de censure (des posts de mars 2026) de votre Ministère.
    https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr
    au sujet de la consultation Projet de décret inscrivant le silure sur la
    liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres
    biologiques

    Date et heure du dépôt : le 08/03/2026 à 12:52
    Titre de votre commentaire : DEFAVORABLE au Projet de décret inscrivant
    le silure sur la liste des espèces ESOD
    Votre commentaire :
    Quelle solution de facilité ! Etant donné que ce poisson fait déjà l
    ’objet de pêche "sportive" , donc accessible à ,tout un chacun dans le
    cadre légal de la pêche de loisir, (Occitanie par exemple) je ne vois
    pas
    la nécessité de l’inscrire au Fichier ESOD des espèces à massacrer
    - sans discernement- comme pour d ’autres espèces marines ou terrestres.
    (renard, blaireau) . Il me parait donc opportun, de gérer localement la
    population des silures, en fonction de la qualité des eaux , du danger
    réel de prédation sur les diverses espèces marines, et après
    consultation locale ou régionale, via des ressources scientifiques
    réelles (OFB, LPO , FNE ou Associations équivalentes) , et non pas des
    approximations au doigt levé, à la demande des sociétés de Peche, qui
    sont souvent très pressées d "émettre des demandes d "extermination
    systématiques. Simple constat. (une citoyenne rurale d ’Occitanie)