Consultation publique sur la démarche d’étude d’impact selon l’approche équilibrée de l’aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle
Consultation du 23/12/2024 au 18/03/2025 - 2367 contributions
Contexte
L’aéroport de Paris-CDG est situé sur 3 départements : Le Val d’Oise, la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis.
En 2023, il est le 1er aéroport de l’union européenne en termes de passagers et de tonnage de fret et le 10ème aéroport mondial pour le trafic passagers.
Il occupe par ailleurs une place singulière et centrale parmi les aéroports français puisqu’il représente, en France métropolitaine, plus d’1/3 du trafic passagers et plus de 80% du fret avionné.
Du fait de l’orientation des deux doublets de piste et des vents dominants, les zones les plus touchées par le bruit de l’aéroport sont des zones particulièrement peuplées du territoire du département du Val d’Oise. Ainsi, 90 % de la population comprise dans la carte stratégique de bruit du PPBE en vigueur est sur le territoire du Val d’Oise.
La plateforme est d’ores et déjà soumise à un certain nombre de restrictions afin de limiter les nuisances environnementales. Elles datent pour la plupart de 2003 :
- Applicables 24h/24
- Interdiction des aéronefs de chapitre 2
- Interdiction des aéronefs de chapitre 3 avec une marge cumulée < 5 EPNdB
- Applicable sur la plage de nuit (22h – 06h) : Interdiction des aéronefs de chapitre 3 avec une marge cumulée < 10 EPNdB
- Applicables sur le "cœur de nuit"
- 00h30 – 05h30 : Interdiction des arrivées avec niveau de bruit certifié à l’approche > 104,5 EPNdB
- 00h00 – 05h00 : Interdiction des départs avec niveau de bruit certifié en survol > 99 EPNdB
Sur le cœur de nuit s’applique également un plafonnement des créneaux horaires de 00h00 à 05h30.
Malgré ces restrictions, il convient d’étudier les moyens de diminuer la forte gêne sonore.
Ainsi, afin d’améliorer la situation environnementale autour de l’aéroport dans le respect de la réglementation (Règlement (UE) n° 598/2014 du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 relatif à l’établissement de règles et de procédures concernant l’introduction de restrictions d’exploitation liées au bruit dans les aéroports de l’Union, dans le cadre d’une approche équilibrée, et abrogeant la directive 2002/30/CE), une étude d’impact selon l’approche équilibrée (EIAE) a été lancée sur Paris-CDG, sous l’autorité du préfet du Val d’Oise.
L’état d’avancement de la démarche a été présenté, lors d’une réunion à la préfecture du Val d’Oise le 17 décembre 2024, à différentes parties prenantes, membres de la commission consultative de l’environnement (CCE) de la plateforme aéroportuaire, représentants des entreprises et élus.
Lors de cette réunion, les objectifs de réduction de bruit ont été exposés. Ils s’entendent avec un intervalle de tolérance de 5 points (± 5 %), à la hausse comme à la baisse, compte-tenu de la précision des modèles retenus, à savoir :
- Sur la journée complète : par rapport à 2019, réduire d’un tiers la population fortement gênée mesurée par l’indicateur HA55. L’objectif de réduction de bruit sera considéré comme atteint si la diminution de l’indicateur HA55 est comprise dans l’intervalle [-28% à -38%].
- Sur la nuit (22h-06h) : par rapport à 2019, réduire de moitié la population fortement perturbée dans son sommeil mesurée par l’indicateur HSD50. L’objectif de réduction de bruit sera considéré comme atteint si la diminution de l’indicateur HSD50 est comprise dans l’intervalle [-45% à -55%].
La projection du trafic à horizon 2030, incorporant le recours aux mesures des trois premiers piliers mentionnés dans le règlement 598/2014 sans nouvelle restriction d’exploitation, montre que l’amélioration des performances acoustiques des flottes et la prise en compte de mesures opérationnelles optimisées ne suffisent pas à atteindre les objectifs de réduction de bruit.
1. Objet de la consultation du public
Compte tenu de l’avancement de l’EIAE, il convient désormais de bâtir des scénarios de restriction basés sur une amélioration accélérée des performances acoustiques des avions opérant sur la plateforme d’ici le 1er janvier 2030.
Aussi il est proposé aux participants d’apporter leurs contributions au regard des questions suivantes :
- concernant les mesures du 3ème pilier, voyez-vous d’autres mesures opérationnelles qui pourraient être ajoutées et permettraient de réduire davantage les nuisances sonores ?
- concernant les mesures de restriction à retenir pour favoriser une accélération du renouvellement des flottes d’avions opérant sur l’aéroport,
* Faut-il mettre en place une restriction sur les avions de marge acoustique cumulée <11 EPNdB ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les avions de marge acoustique <12 EPNdB ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les avions de marge acoustique <13 EPNdB ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les avions de marge acoustique <14 EPNdB ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les avions de marge acoustique <15 EPNdB ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les avions de marge acoustique <16 EPNdB ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les avions de marge acoustique <17 EPNdB ?
* Cette restriction sur les performances acoustiques des avions en deçà d’une certaine marge acoustique doit-elle s’appliquer sur toute la journée ? Sur la nuit ? Sur une plage horaire particulière ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les niveaux de bruit certifiés à l’approche ?
Sur quelle plage horaire ?
À quel niveau entre 104,5 EPNdB (situation actuelle sur le coeur de nuit) et 97 EPNdB ?
* Faut-il mettre en place une restriction sur les niveaux de bruit certifiés en survol ?
Sur quelle plage horaire ?
À quel niveau entre 99 EPNdB (situation actuelle sur le coeur de nuit) et 90 EPNdB ?
2. Consultations et étapes suivantes
Cette consultation vise à mieux apprécier la capacité des compagnies aériennes à satisfaire les nouvelles mesures opérationnelles envisagées et à recueillir les observations des parties prenantes sur ces nouvelles mesures opérationnelles.
Elle vise également à bien calibrer les différents types de restrictions visant à inciter les compagnies à accélérer l’amélioration de leur flotte, afin d’atteindre l’objectif de réduction de bruit.
Cette consultation durera 2 mois. Elle fera l’objet d’une synthèse qui sera publiée sur ce site, avec l’ensemble des contributions reçues.
Elle pourra conduire à l’élaboration de scénarios de restrictions dont les conséquences sur le bruit seront évaluées ainsi que le rapport coût-efficacité.
A l’issue de ces travaux, un rapport de synthèse de l’étude d’impact de l’approche équilibrée sera transmis par le préfet du Val-d’Oise aux ministères chargés des transports et de la transition écologique.
Si l’autorité réglementaire envisage des mesures de restriction d’exploitation, ces dernières seront elles-mêmes soumises à un processus de consultation, durant au moins 3 mois, conformément aux dispositions de l’article 6 du règlement (UE) n° 598/2014.
Le texte sera, en parallèle, présenté aux membres de CCE de l’aéroport, pour avis.
Le projet d’arrêté, éventuellement modifié pour tenir compte des consultations, pourra ensuite être transmis pour avis à l’ACNUSA puis à la Commission européenne.
La ou les restrictions d’exploitation, qui seront éventuellement envisagées, entreront en vigueur après application du délai de prévenance prévu à l’article 8.1 du règlement (UE) n° 598/2014.
Commentaires
Comme l’écrivait le géographe Frétigny, dans nos sociétés modernes, l’aéroport est le vecteur par excellence de la circulation humaine.
Au-delà même de l’imaginaire de voyage qu’il procure, il permet à chaque citoyen de relier le monde entier, quasiment depuis le pas de sa porte.
La plateforme de Charles de Gaulle est, à l’aune de sa taille et de son niveau de connectivité tant domestique qu’international, un facteur de puissance nationale et d’attractivité mondial.
Nombreuses sont les études qui rappellent et documentent le poids économique de Paris- CDG et ses impacts directs ou indirects pour la région
1. Stimulation du tourisme : En facilitant les déplacements, Paris-CDG favorise le tourisme et l’industrie hôtelière, créant ainsi de nouvelles opportunités économiques pour les commerces et attractions locales.
2. Attraction d’investissements : Paris-CDG attire des investissements internationaux, créant ainsi un dynamisme économique autour de l’aéroport et favorisant l’émergence de nouveaux pôles économiques
3. Compétitivité et connectivité internationale : Paris-CDG joue un rôle clé dans la connectivité mondiale, facilitant les échanges commerciaux, mais aussi culturels et académiques. Cette connectivité renforce la compétitivité de notre région et stimule l’innovation
Enfin, et c’est le point sur lequel, en tant qu’employeur de la plateforme, je vais un peu plus m’attarder, Paris-CDG est un écosystème complet qui irrigue le marché du travail, de manière massive et souvent insoupçonnée.
a) L’activité de Paris-CDG constitue un levier économique majeur, soutenant directement et indirectement plus de 100 000 emplois liés à l’activité aérienne et aéroportuaire. (Ce rôle central est amplifié par la présence du Groupe Air France-KLM, dont les activités représentaient en 2023 plus de 3 % du PIB de la région Île-de-France).
On estime par ailleurs que le secteur aérien soutient en moyenne 3 emplois pour 1 000 passagers transportés, soulignant l’effet multiplicateur de l’activité aéroportuaire sur l’emploi.
b) Au-delà du volume majeur d’emplois lié à cet écosystème, la variété des secteurs d’activités impliqués est considérable (plus d’une centaine répertoriée par certaines études). Nous parlons ici des secteurs économiques :
a. De l’aérien (compagnies aériennes, activité de maintenance des aéronefs,
b. Du fret et de la logistique, (Affrètement, transports routiers liées, Entreposage, Messagerie
c. Des infrastructures aéroportuaires (Services auxiliaires et notamment les assistants en escale ou encore les sociétés de sureté ou de sécurité, administration, gestion des aéroports…)
d. Des services marchands aux voyageurs (restauration, location de voiture, hôtellerie…)
e. Liés à la connaissances (Services informatiques, ingénierie, énergie, …)
Je ne saurais être complètement exhaustif dans cet inventaire mais il démontre les formidables opportunités et potentialités pour un marché de l’emploi local étendu sur un large territoire autour de l’aéroport.
Surtout, cet écosystème génère des activités totalement INDELOCALISABLES.
c) L’aéroport de Paris-CDG est également un moteur puissant d’intégration sociale et d’emplois inclusifs.
a. Une grande palette de métiers de l’aéroport sont accessibles sans diplôme (agents de piste, bagagistes, nettoyage, restauration, sécurité) permettant à de nombreuses personnes ayant potentiellement des difficultés d’accès à l’emploi de s’intégrer socialement.
b. De nombreux chantiers d’insertions sont actifs permettant aux personnes en grandes précarités (notamment titulaires du RSA) de rejoindre les différentes activités.
c. Ces recrutements bénéficient directement aux habitants de Seine-Saint-Denis, du Val-d’Oise et de Seine-et-Marne, qui sont des départements fortement touchés par le chômage
d. Les populations les plus jeunes sans qualification ont accès à des écoles de formations qui leur donneront les bagages nécessaires
e. Ces opportunités se doublent de programmes de formations massives en liaison avec France Travail et le corps social associatif local.
f. Les entreprises locales ont multiplié ces dernières années les initiatives pour favoriser le recrutement et l’insertion professionnel. Nous pouvons citer :
i. Initiative Aérowork : plateforme innovante de recrutement spécifique à la zone aéroportuaire, facilitant la mise en relation entre demandeurs d’emploi locaux et entreprises du site
ii. AIRH (Aviation Impact Ressources Humaines) : dispositif spécialisé dans l’accompagnement et l’insertion professionnelle pour les métiers aéroportuaires, offrant un suivi personnalisé et des formations adaptées aux besoins spécifiques du secteur aérien
g. Enfin, porté par l’accueil des Jeux Paralympiques, le secteur a fortement travaillé à l’accueil bien sûr, mais aussi à l’intégration des personnes en situation de handicap (sensibilisation des collaborateurs, modification des postes de travail, travaux d’accessibilité, accompagnement personnalisé,)
L’aéroport CDG constitue ainsi un véritable levier d’insertion sociale en offrant une porte d’entrée vers l’emploi aux publics exclus, contribuant directement à la cohésion sociale et à la lutte contre le chômage dans des territoires en difficulté.
Bien évidemment, cette infrastructure doit s’intégrer de la meilleure manière possible dans son environnement géographique.
C’est tout l’enjeu de promouvoir une approche équilibrée qui a vocation à prendre en compte à la fois les mesures de réduction du bruit et les externalités positives sociales et économiques de l’activité aérienne avant d’éventuelles restrictions d’exploitation.
Notre position en tant qu’employeur est claire : si des mesures de restriction supplémentaires s’avèrent impérativement et absolument nécessaires, elles doivent être les moins contraignantes possible tout en permettant d’atteindre les objectifs fixés par le préfet.
Nous recommandons donc :
• Une marge acoustique cumulée <11 EPNdB
• Un niveau de bruit certifié en approche à 103,5 EPNdB
• Un niveau de bruit certifié en survol à 98 EPNdB
Cette approche pragmatique garantit une limitation des impacts sur l’activité aérienne tout en respectant les objectifs de réduction du bruit fixés.
Depuis des années, le secteur aéroportuaire est un moteur d’insertion sociale, en offrant des opportunités concrètes à des jeunes en difficulté, des demandeurs d’emploi, des personnes en reconversion. Qui va leur donner une chance si on supprime ces emplois ?
Des initiatives telles que le GEIQ AERO visent à former et insérer durablement des talents. Réduire drastiquement le nombre de vols, c’est affaiblir ces dispositifs et condamner une génération à la précarité.
L’aéroport est l’un des seuls secteurs où l’on peut démarrer sans diplôme et évoluer rapidement. C’est une voie de réinsertion pour des centaines de personnes chaque année. Si on réduit l’activité, on ferme cette porte et on aggrave encore l’exclusion sociale.
On veut moins de bruit ? Très bien, continuons à investir dans des avions plus silencieux et des solutions durables. Mais supprimer des vols, c’est supprimer des emplois, et ce sont toujours les plus fragiles qui en paieront le prix.
Si nous réduisons le nombre de vols, ou mettons trop de contraintes sur CDG, c’est tout un pan de l’économie que nous allons, une fois de plus, transférer en dehors de l’Europe où la règlementation est plus souple ou inexistante (hub de Istambul, hub de Dubaï) . Turkish Airlines a annoncé en mai 2023 son intention d’acquérir environ 600 nouveaux avions sur une période de 10 ans. Limiter le nombre de vols sur CDG, c’est laisser à d’autres, la liberté de croître et de prendre nos emplois, sans être assujettis aux réglementations Européennes qui garantissent une éthique environnementale et sociale.
Paris est la ville la plus attractive du monde et génère un formidable développement économique pour notre pays. Bloquer CDG, c’est prendre le risque d’étouffer économiquement notre pays.
Ne faudrait il pas plutôt limiter les vols FEDEX ? Pourquoi les avons-nous laissés s’implanter sur l’aéroport Paris-Charles de Gaulle (CDG) en 1985 et développer un nouveau hub en 1999, puis son agrandissement en 2019 ? Ne serait il pas préférable de construire des activités logistiques loin des habitats et sur des aéroports secondaires tel que Beauvais ?
La politique engagée par ADP et les compagnies dites passagers est tout à fait encourageante. Les progrès sont notables, la transparence s’est bien développée. Je pense qu’on peut travailler sur un programme raisonnable, qui ne nuise pas à l’économie du pays, ni aux riverains.
Je suis d’accord bien sur pour limiter les vols de nuit. Attention toutefois à l’effet contre productif de bloquer les arrivées avant 6h du matin, qui entrainent plus de nuisances qu’autre chose. En effet les avions peuvent être amenés à tourner au dessus de l’aéroport et lorsque celui ci est ouvert, générer un bruit continu et insupportable lié aux atterrissages successifs. Je ne peux m’empêcher de penser au confinement que nous avons vécu où 30mn avant l’heure du confinement, les transport en commun étaient bondés, créant de fait, un pic de promiscuité !
Bref le bruit est une affaire d’expert (est il préférable d’avoir un bruit continu ou un pic de bruit beaucoup plus important ?). Il est important de le mesurer, de surveiller le type d’avions qui atterrissent sur CDG en privilégiant les avions les moins bruyants, de publier les résultats comme cela est fait actuellement, de donner facilement accès aux solutions d’insonorisation ( actuellement, les dossiers prennent 4 à 5 ans pour déclencher une subvention pour changer ses fenêtres - de quoi décourager beaucoup de riverains dont nous qui habitons Enghien Les Bains). Mais imposer des mesures de restrictions d’activité est vraiment une mesure simpliste, non viable économiquement et délétère pour notre pays et ses habitants.
Réduire les nuisances sonores ne passe pas par une limitation brutale de l’activité, mais bien par des investissements massifs dans l’innovation. Et cette mutation est déjà en cours.
En effet les efforts se multiplient grâce à :
Des avions de nouvelle génération 50 % moins bruyants
Des engins de piste électriques pour limiter les nuisances au sol
Des procédures optimisées pour réduire le bruit en phase d’atterrissage
Mais cette transition nécessite du temps et des moyens. Restreindre l’activité de CDG aujourd’hui, c’est ralentir ces progrès et empêcher des avancées concrètes.
Si l’objectif est vraiment de réduire les nuisances, alors il faut accompagner ces évolutions, et non casser la dynamique aéroportuaire au détriment des entreprises et des emplois.
L’assistance en escale, c’est l’infrastructure invisible qui permet aux avions de décoller et d’atterrir dans les meilleures conditions. Derrière chaque vol opéré à CDG, des milliers de professionnels assurent la logistique, la gestion des passagers, la maintenance et le fret.
Le Groupe 3S Alyzia est un acteur central de cette dynamique, présent sur l’aéroport depuis 1948 et garantissant des services essentiels aux compagnies aériennes. Réduire l’activité aéroportuaire, c’est attaquer de front notre métier et celui de toutes les entreprises qui font fonctionner CDG. Avec des créneaux restreints, c’est moins de vols traités, donc moins de travail, et inévitablement des suppressions de postes.
Une réduction d’activité signifierait une précarisation accrue, en particulier pour les jeunes en insertion. Or, nous avons fait du GEIQ AERO, et de l’Excellence Academy, deux piliers d’intégration professionnelle. Si CDG devient moins attractif pour l’emploi, ces dispositifs perdront leur efficacité.
Plutôt que de casser un équilibre fragile, poursuivons les efforts déjà engagés et soutenons les acteurs qui modernisent la plateforme.
Depuis des décennies, Paris-CDG est un moteur économique et social majeur pour l’Île-de-France et la France tout entière. Pourtant, sous couvert de lutte contre les nuisances sonores, certaines propositions veulent réduire drastiquement son activité, sans mesurer les effets collatéraux sur l’emploi, l’économie et la compétitivité nationale.
Limiter les créneaux de vols reviendrait à freiner l’activité des entreprises d’assistance en escale, intervennant sur l’ensemble des opérations aéroportuaires. Ce serait une fragilisation massive de l’emploi, avec des salariés privés de leurs heures de travail, des contrats précaires multipliés et des investissements remis en question.
Nous ne sommes pas dans l’immobilisme. Le secteur aérien a engagé des efforts massifs pour réduire les nuisances, en investissant dans des flottes moins bruyantes, en optimisant les procédures d’approche et en limitant l’impact des vols nocturnes. Pourquoi, alors, ajouter des restrictions excessives qui ne feront qu’affaiblir un hub essentiel à la France ?
L’objectif ne doit pas être de freiner l’activité, mais de continuer à accompagner les innovations technologiques pour répondre aux enjeux environnementaux sans condamner des milliers d’emplois et des centaines d’entreprises.
CDG ne se limite pas au transport de passagers : c’est aussi le premier aéroport cargo de France. Chaque année, près de 2 millions de tonnes de marchandises transitent par ses infrastructures, assurant l’acheminement de produits médicaux, technologiques et alimentaires essentiels. L’activité de fret repose sur un fonctionnement 24h/24 et 7j/7, car de nombreux flux doivent être traités en dehors des heures de pointe passagers.
Chez Alyzia Cargo Handling (ACH), filiale dédiée au fret, nous constatons au quotidien l’importance de cette logistique pour l’économie nationale et internationale. Réduire les créneaux de vol reviendrait à ralentir les chaînes d’approvisionnement, augmenter les coûts et fragiliser la compétitivité de CDG face à d’autres plateformes européennes. Plutôt que d’imposer des restrictions arbitraires, il faut investir dans des solutions innovantes, comme l’optimisation des procédures de manutention et l’amélioration des infrastructures aéroportuaires pour réduire les nuisances sonores.
L’activité d’assistance en escale est au cœur du fonctionnement de CDG. Sans les agents de piste, les équipes de trafic, les opérateurs de logistique et les services aux passagers, aucun vol ne peut être accueilli efficacement. Pourtant, les restrictions envisagées sur les horaires et les niveaux sonores risquent de fragiliser toute cette chaîne opérationnelle.
Les créneaux nocturnes, par exemple, sont indispensables pour le bon déroulement des opérations aéroportuaires. Une réduction drastique de ces vols limiterait le nombre d’appareils pouvant être traités, augmentant ainsi les temps d’escale et pénalisant les compagnies aériennes. En conséquence, ces compagnies pourraient réduire leurs opérations à CDG au profit d’autres hubs européens comme Francfort ou Amsterdam.
Chez Alyzia, nous avons investi massivement dans l’amélioration de nos services et dans des équipements électriques et moins bruyants, afin de contribuer activement à la transition environnementale. Mais pour continuer dans cette voie, nous avons besoin de stabilité et de visibilité sur l’avenir. Affaiblir l’aéroport, c’est menacer tout un écosystème d’entreprises locales qui en dépendent.
- Une interdiction des aéronefs avec des marges cumulées <17EPN dB
- Un plafonnement des mouvements à 440.000/an
- La suppression des avions les plus bruyants
- Un couvre feu nocturne en conformité avec les recommandations de l’OMS
Dans le cadre de la consultation publique relative à l’étude d’impact selon l’approche équilibrée (EIAE) de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, la Chambre Syndicale de l’Assistance en Escale (CSAE) souhaite rappeler le rôle stratégique du secteur de l’assistance aéroportuaire dans le fonctionnement de la plateforme et son impact économique majeur.
Les entreprises de l’assistance en escale assurent des services indispensables aux compagnies aériennes et aux passagers, garantissant la fluidité et l’efficacité des opérations. Toute restriction excessive de l’activité aurait des répercussions directes sur la compétitivité du secteur, en augmentant les coûts d’exploitation et en fragilisant la capacité des entreprises à investir, recruter et pérenniser leurs activités.
Il est impératif que les décisions prises dans le cadre de cette consultation s’appuient sur une approche pragmatique et équilibrée, afin de préserver la dynamique du hub aéroportuaire, qui constitue un levier essentiel pour l’économie nationale et les échanges internationaux.
1. Un secteur vital pour la compétitivité et la connectivité de Paris-CDG
L’aéroport de Paris-CDG représente un pôle économique clé pour la France, avec plus de 90 000 emplois directs et 250 000 emplois indirects. Il constitue une plateforme essentielle pour la connectivité du pays et un levier de croissance pour de nombreux secteurs, notamment le fret, le tourisme et les services.
Les entreprises de l’assistance en escale jouent un rôle central dans cette dynamique. Elles opèrent dans un environnement ultra-compétitif et doivent continuellement s’adapter aux exigences des compagnies aériennes et aux réglementations internationales.
Toute mesure venant restreindre leur activité entraînerait une augmentation des coûts, une baisse de la rentabilité et une fragilisation des investissements nécessaires à l’innovation et à la transition écologique du secteur.
Le secteur de l’assistance en escale repose sur des emplois qualifiés et adaptés aux exigences du transport aérien. La flexibilité des horaires, y compris les services de nuit, est un facteur structurant permettant d’offrir des contrats à temps plein et de garantir un équilibre économique pour les salariés. Une restriction des horaires ou une réduction d’activité aurait pour conséquence directe une précarisation des contrats et une limitation des opportunités d’emploi pour les travailleurs locaux.
Le maintien d’une plateforme compétitive est un enjeu stratégique. Une régulation trop contraignante pourrait affaiblir CDG face aux autres hubs européens, poussant une partie du trafic vers des aéroports concurrents sans pour autant apporter de bénéfices environnementaux significatifs.
2. Des efforts concrets déjà engagés pour la réduction des nuisances sonores
Les acteurs de la plateforme, y compris les entreprises de l’assistance en escale, participent depuis plusieurs années aux initiatives visant à réduire l’impact sonore des opérations aéroportuaires.
Les résultats sont déjà visibles :
• Une réduction de 24 % du nombre de personnes exposées à une gêne sonore importante en journée et de 30 % des perturbations nocturnes depuis 2019.
• Des trajectoires de moindre bruit régulièrement optimisées en concertation avec la DGAC.
• Un encadrement strict des vols de nuit, avec des restrictions sur les avions les plus bruyants.
• Un déploiement croissant d’équipements de piste électriques, réduisant le bruit et les émissions polluantes.
Plutôt que d’imposer de nouvelles restrictions qui risqueraient d’affecter la viabilité économique des entreprises du secteur, la priorité doit être donnée à l’accélération des mesures déjà engagées et à l’innovation technologique.
3. Une régulation équilibrée pour préserver l’attractivité de Paris-CDG
L’approche équilibrée doit prendre en compte les enjeux économiques et industriels liés au maintien de Paris-CDG comme hub stratégique de premier plan.
Des décisions trop restrictives en matière d’exploitation auraient des effets négatifs sur l’ensemble de la chaîne aéroportuaire, en limitant les capacités d’investissement, la flexibilité opérationnelle et la compétitivité des acteurs du secteur.
Afin de garantir la pérennité des entreprises de l’assistance en escale et préserver l’attractivité de CDG, la CSAE recommande :
• Une approche pragmatique et proportionnée, évitant des restrictions excessives qui pourraient déséquilibrer l’activité du hub.
• Un soutien renforcé aux solutions technologiques et aux bonnes pratiques, plutôt qu’une limitation punitive des opérations.
• Une concertation continue avec les acteurs économiques, afin d’anticiper les évolutions réglementaires et leurs impacts réels sur la filière.
Monsieur le Ministre,
c’est vraiment de pire en pire alors qu’il est prévu bien plus d’avions au dessus de chez nous en 2030. Les horaires ne sont pas toujours respectées, les vols de nuit qui doivent commencer à 6h alors que nos vitres tremblent parfois à 5h. En été dormir avec les fenêtres ouvertes devient un vrai casse-tête., les avions sont tellement bas …
Afin de nous garantir une vie comme nous avions dans nos belles régions, il y a encore 3 ans, il faut vraiment le plafonnement à 440 000 mouvements d’avions tout le temps ainsi que pour les vols nocturnes à 30 000 mouvements d’avions entre 22h et 6h en 2025 puis réduction progressive des vols de nuit pour un couvre-feu en 2031 (cela serait tellement FORMIDABLE).
Ho aussi d’effectuer un retrait des avions les plus bruyants de marge inférieure à 17 EPNdB de jour comme de nuit dès 2025 (je vous assure, on finit par reconnaître les compagnies et on les déteste). Des chants des oiseaux nous sommes passés aux moteurs des avions … SUPER !
Je voudrais aussi vous préciser que je suis assistante maternelle depuis 2005 et je n’ai jamais eu autant d’enfants avec des problèmes respiratoires, asthme, yeux rouges comme des lapins albinos, je suis outrée que le point de vue des riverains ne soit pas entendu.
Le Préfet du Val d’Oise est en charge du dossier, mais désolée de ce mot SAPERLIPOPETTE, j’ai acheté avec mon mari à Conflans Sainte Honorine - OUTCH à chaque fois, ça fait mal car le nom de ma ville parle à toute la France - notre pavillon et notre secteur des Yvelines n’a même pas été cité, la blagounette ! Il y a de quoi être agacée avec tout ce que l’on paye à GPSO et même eux, CHUT, pas de vagues, pas un mot sur le sujet !
En fait voilà, ma requête est simple, une altitude de survol plus élevée, la mise en place de la descente continue généralisée H24, l’augmentation de l’angle d’atterrissage, le décollage en seuil de piste, l’équilibrage du trafic aérien entre les deux doublets sur l’ensemble des 24h, par diminution du nombre de vols sans report sur le doublet nord et j’en passe …
J’aime la vie, rigoler, travaillant avec des enfants, comment ne pas faire le clown ? Mes petits les nomment parfois les oiseaux de fer, ARGH, je leurs explique que bien au contraire d’un être à plume ceux en acier nous rendent malade !
Bonne soirée, j’espère qu’un jour nous aurons gain de cause pour la santé des gens et non l’argent ! Cordialement.
Estelle Lust
Je suis gérante d’une société de catering sur Roissy CDG et qui existe depuis maintenant 17 ans. Nous sommes une structure familiale, de 19 salariés aujourd’hui et qui s’occupe d’approvisionner les compagnies aériennes de fret uniquement.
La majorité des vols de nos clients opèrent la nuit, entre 1h00 et 6h00 du matin. Ce qui représente 85% de notre chiffre d’affaires. Les heures de nuit sont majorées à 50% chez nous ce qui est un avantage important sur les salaires de mes salariés.
Nous comprenons et respectons les préoccupations environnementales et les efforts visant à réduire les nuisances sonores. Toutefois, il est crucial de trouver un équilibre entre ces objectifs et la préservation de l’écosystème économique de CDG, qui repose en grande partie sur les activités nocturnes, notamment celles du fret aérien.
Dans le cadre de la réflexion sur les mesures de restriction acoustique et leur impact sur l’activité aéroportuaire, il me semble important de pouvoir répondre à mon niveau aux questions posées.
Actuellement membre de l’association CSAE (Chambre Syndicale des sociétés d’Assistance en Escale), je soutiens activement toutes les mesures opérationnelles qui peuvent être ajoutées et qui permettraient de réduire davantage les nuisances sonores.
Pour favoriser une accélération du renouvellement des flottes d’avion opérant sur l’aéroport, les restrictions doivent être les plus faibles possibles. Elles doivent s’appliquer à minima voire nulle.
Une restriction trop stricte pourrait entraîner une réduction significative des vols cargo et des vols long-courriers utilisant encore des appareils concernés, impactant directement les activités connexes telles que le catering.
Une restriction trop sévère sur les vols de nuit entrainerait des conséquences dramatiques en mettant en péril des entreprises comme la nôtre, qui dépendent de ces opérations pour maintenir leur activité et leurs emplois.
La modernisation des flottes est une démarche souhaitable, mais elle doit être progressive et accompagnée de mesures d’incitation plutôt que de restrictions brutales.
Je recommande que toute restriction tienne compte de la nécessité de maintenir une activité économique viable à CDG, notamment pour les services liés aux opérations nocturnes. Un dialogue avec les acteurs concernés, y compris les caterers et autres prestataires de services, serait essentiel pour trouver des solutions équilibrées.