Projet de décret inscrivant le silure sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques

Consultation du 14/02/2026 au 16/03/2026 - 3170 contributions

Le silure glane, originaire d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, s’est propagé sur la quasi-totalité du réseau hydrographique de la France métropolitaine.

L’impact du silure sur les poissons migrateurs amphihalins, c’est-à-dire vivant alternativement dans les eaux douces et dans les eaux salées, est désormais incontestable au vu des études scientifiques. Des constats similaires sont dressés dans les autres pays d’Europe où le silure a été introduit.

Des pêches visant à réduire la prédation exercée par le silure à l’encontre des poissons migrateurs sont réalisées dans les bassins de la Garonne et de la Dordogne depuis 2021. Elles sont recommandées à proximité des obstacles à la migration, ainsi qu’à proximité des frayères à aloses, car le mode de reproduction particulier de ces espèces (« bulls ») les rend alors particulièrement vulnérables aux attaques de silures. Elles ont permis de conclure que trois engins sont à la fois efficaces pour capturer des silures et suffisamment sélectifs, c’est-à-dire qu’ils permettent d’éviter suffisamment les prises accessoires ou les mortalités : le filet tramail à mailles carrées de 135 mm de côté, le piège de type « verveux » à mailles carrées de 27 mm minimum de côté et la ligne de fond (ou « cordeau »). Les trois engins sont également complémentaires, chacun étant adapté à un contexte particulier (salinité, courant, etc.)

La stratégie de réduction des impacts de la prédation du silure sur les populations de poissons migrateurs repose notamment sur une évolution du statut réglementaire de l’espèce silure, dans les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne dans un premier temps.

Le silure doit y être classé comme « espèce susceptible de causer des déséquilibres biologiques » en application de l’article L. 432-10 (1°) du code de l’environnement, ce qui formalisera, au point de vue juridique, la nécessité de lutter contre sa propagation et rendra plus lisible l’action de l’Etat.

La consultation du public a lieu du samedi 14 février au lundi 16 mars 2026.

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Commentaires

  •  Pour son classement , le 2 mars 2026 à 12h58
    Je suis pour classer le silure en espèce nuisible trop de dégâts
  •  Nuisibles , le 2 mars 2026 à 12h36
    Le silure est nuisible pour les autres poissons comme le gardon, la brème, etc…..mais aussi pour les oiseaux par exemple les canetons, ect….
  •  Mauvaise cible , le 2 mars 2026 à 12h15
    Le problème ne vient pas de l’adaptation du silure à la un milieu transformé par l’homme. Il faudrait déjà faciliter le passage des migrateurs pour éviter une prédation facilitée. De plus, le traitement des cadavres des silures de grande taille posera problème. Sans compter qu’en supprimant les grands sujets il y aura une explosion démographique des petits sujets augmentant la prédation sur les proies des carnassiers autochtones ou implantés depuis de plus nombreuses années.
  •  Avis défavorable., le 2 mars 2026 à 12h04

    Je soussigné, Mehdi DAD, membre du COPERE, émet un avis défavorable au projet de décret visant à inscrire le silure (Silurus glanis) sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques prévue à l’article R.432-5 du code de l’environnement, pour les raisons suivantes :

    1. Une mesure qui ne repose pas sur une démonstration scientifique hiérarchisée des causes

    À ce jour, aucune étude n’a formellement établi que le silure constitue la cause principale du déclin des espèces amphihalines dans les bassins concernés.

    La littérature scientifique et les rapports d’expertise de l’Office Français de la Biodiversité rappellent que la dégradation de l’état de conservation des migrateurs résulte de pressions multiples et anciennes : rupture de la continuité écologique, obstacles à la migration, altération des habitats, pollutions, pression de pêche et changement climatique.

    La prédation par le silure s’inscrit dans un contexte artificiellement créé par l’aménagement des cours d’eau. La concentration des migrateurs au pied des ouvrages accroît mécaniquement leur vulnérabilité. Le silure exploite une situation structurelle ; il n’en est pas l’origine.

    Le projet de décret ne démontre pas en quoi son classement constituerait une mesure prioritaire, proportionnée et efficace au regard des causes structurelles identifiées.

    2. Une efficacité non démontrée des expérimentations de régulation

    Des expérimentations de régulation ont été conduites sur certains axes fluviaux. À ce stade, elles n’ont pas objectivement démontré une amélioration significative et durable des populations de migrateurs corrélée aux prélèvements de silures.

    Classer une espèce à l’échelle de bassins entiers sur la base d’expérimentations localisées dont l’efficacité reste incertaine constitue une décision disproportionnée et insuffisamment instruite.

    3. Une absence manifeste d’étude d’impact économique et sociale

    Le projet soumis à consultation ne comporte aucune étude d’impact sérieuse intégrant la dimension économique rapportée à la pêche de loisir.

    Le silure représente pourtant un segment structurant de la pêche de loisir en France : tourisme halieutique, retombées locales, matériel spécialisé, activité des moniteurs guides professionnels.

    Cette carence d’instruction constitue une insuffisance manifeste dans l’élaboration du projet.

    4. Une rupture d’égalité et un déséquilibre manifeste des intérêts pris en compte

    Le projet répond principalement aux préoccupations exprimées par certains acteurs économiques liés à la pêche professionnelle en eau douce.

    En revanche, les intérêts :

    • des pêcheurs à la ligne,

    • des structures associatives,

    • des professionnels diplômés encadrant la pêche de loisir,

    ne semblent pas avoir été examinés avec le même degré d’attention.

    L’administration ne peut légalement fonder une mesure réglementaire sur la satisfaction des intérêts économiques d’une catégorie d’usagers au détriment d’une autre, sans analyse objective et comparée des impacts.

    5. Une mesure symbolique masquant les responsabilités structurelles

    Désigner le silure comme espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques revient à privilégier une réponse visible mais dérisoire, plutôt qu’à traiter les causes structurelles du déclin des migrateurs :

    • Continuité écologique,

    • Gestion des ouvrages,

    • Pollutions,

    • Pression maritime et estuarienne.

    Une telle orientation entretient l’illusion d’une action rapide sans s’attaquer aux causes majeures identifiés par la communauté scientifique.

    En conclusion

    Ce projet de décret apparaît insuffisamment motivé, disproportionné et juridiquement peu soutenu (Insuffisance d’étude d’impact, défaut de prise en compte des intérêts économiques, erreur d’appréciation, disproportion manifeste, rupture d’égalité).

    Il constitue une mesure générale et permanente alors que les problématiques identifiées sont localisées et liées à des configurations spécifiques d’ouvrages.

    L’administration ne démontre pas que le classement constitue une mesure nécessaire, c’est-à-dire qu’aucune autre mesure moins attentatoire aux intérêts économiques et professionnels n’aurait permis d’atteindre l’objectif poursuivi.

    Je demande en conséquence son retrait en l’état.

    À défaut, je me réserve la possibilité de soutenir toute action visant à faire contrôler la légalité de ce texte devant la juridiction administrative compétente.

  •  Avis de la Fédération de Pêche de l’Allier, le 2 mars 2026 à 10h17
    Même si certaines études scientifiques ont mis en évidence des phénomènes de prédation du silure sur certaines espèces de poissons migrateurs, il n’est pas démontré que le classement du silure en ESPDB permettrait d’améliorer de façon significative la situation de ces espèces. En effet, de nombreux facteurs fragilisent durablement ces populations comme la fragmentation des milieux, les obstacles à la continuité écologique, le réchauffement climatique ou encore la pêcherie professionnelle. Il ne faut pas qu’une telle mesure détourne l’attention des enjeux majeurs en matière de protection et de gestion des milieux aquatiques. La Fédération rappelle que les phénomènes de prédation par le silure, lorsqu’ils existent, sont essentiellement localisés à proximité d’ouvrages transversaux qui concentrent artificiellement les poissons et que seule l’amélioration de la continuité au droit de ces ouvrages permettra de limiter l’impact du silure sur ces espèces. Sur les grands cours d’eau comme l’Allier, où le silure est présent depuis plusieurs décennies, l’analyse des inventaires piscicoles disponibles depuis plus de 25 ans ne met pas en évidence d’évolution significative des peuplements en quantité ou en diversité imputable spécifiquement à cette espèce. Les variations d’abondance constatées sur certaines espèces résultent principalement de facteurs environnementaux tels que l’hydrologie, la disponibilité des frayères, la qualité des habitats et les épisodes d’étiage de plus en plus fréquents. Les peuplements restent structurés et fonctionnels. A l’inverse, la régulation naturelle des populations de silures s’exerce notamment par des phénomènes de cannibalisme et de compétition intra-spécifique et des prélèvements non-ciblés de grands individus pourrait avoir l’effet inverse et favoriser une dynamique de la population. Enfin, la Fédération s’interroge sur la cohérence d’une politique qui envisagerait le classement du silure glane en ESPDB en l’absence d’éléments scientifiques démontrant des impacts généralisés, alors que d’autres espèces, bénéficiant d’un statut de protection spécifique, ont des impacts avérés sur les peuplements piscicoles avec des possibilités de régulation de plus en plus contraignantes. En l’état actuel des connaissances, la Fédération de Pêche de l’Allier se donc positionne en faveur :
    -  d’un suivi scientifique renforcé et territorialisé,
    -  d’une gestion adaptative fondée sur les spécificités locales notamment dans les secteurs ou les impacts sont avérés (aval immédiat des ouvrages ou petits milieux)
    -  et surtout d’une approche globale intégrant en priorité la restauration des habitats, la continuité écologique et la qualité de l’eau. et reste défavorable à un classement généralisé du silure en ESPDB, mesure qui a d’ailleurs montré son inefficacité depuis des décennies pour la régulation et la gestion d’autres espèces piscicoles considérées comme "nuisibles". La Fédération demeure attachée au maintien d’une pratique responsable et durable de la pêche de loisir sous toutes ses formes. Le Président de la FDPPMA03 L. GAILLARD
  •  Opposition au classement du silure (Silurus glanis) comme espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques, le 2 mars 2026 à 10h08

    Notre structure reconnaît pleinement l’enjeu prioritaire que représente la préservation des poissons migrateurs amphihalins. Leur vulnérabilité, notamment au droit des ouvrages de franchissement, justifie une vigilance particulière et la mise en œuvre d’actions adaptées lorsque des phénomènes de prédation localisée sont objectivement établis.

    Toutefois, le classement du silure à l’échelle de deux grands bassins hydrographiques (Adour-Garonne et Loire-Bretagne) apparaît disproportionné au regard de la diversité des contextes écologiques concernés.

    Les travaux scientifiques disponibles identifient des situations spécifiques de prédation concentrée à proximité immédiate de certains ouvrages. Ils ne démontrent pas un déséquilibre généralisé à l’échelle de l’ensemble des hydrosystèmes des bassins concernés. Dans de larges portions de ces territoires, les enjeux migrateurs sont inexistants ou marginaux.

    Par ailleurs, le déclin des migrateurs s’inscrit dans un contexte multifactoriel largement documenté : fragmentation des cours d’eau, altérations hydromorphologiques, modification des régimes hydrologiques, prélèvements d’eau, dégradation des habitats, effets du changement climatique, pollutions et pressions halieutiques. Focaliser l’action réglementaire sur une seule espèce prédatrice ne saurait constituer, à elle seule, une réponse structurelle à ces enjeux complexes.

    Dans notre département, le silure est présent de longue date et constitue une composante installée des peuplements piscicoles. Le classement proposé n’aurait pas d’effet mesurable sur la protection des migrateurs à l’échelle de notre territoire.

    En revanche, il pourrait générer des conséquences opérationnelles concrètes. La Fédération intervient régulièrement pour des opérations de sauvetage piscicole dans le cadre de travaux, d’assecs ou d’incidents ponctuels. Une part significative de ces interventions concerne des secteurs fortement artificialisés, notamment les canaux de navigation dépourvus d’enjeux migrateurs.

    Dans ces situations, le classement en ESPDB interdirait le transfert des individus capturés et conduirait à leur destruction systématique sur la partie du bassin Loire-Bretagne concernée, sans bénéfice écologique identifiable. Cette disposition introduirait des contraintes techniques, administratives et financières supplémentaires pour les structures agréées chargées de missions d’intérêt général.

    En outre, notre département se situe à l’interface de deux grands bassins hydrographiques : Loire-Bretagne, concerné par le projet de classement, et Rhône-Saône, qui ne l’est pas. Or, les canaux de navigation assurent une continuité fonctionnelle entre ces bassins au moyen d’ouvrages tels que les écluses.

    Dans ce contexte, l’application du classement sur une partie seulement du territoire créerait une dissymétrie réglementaire au sein d’un même réseau hydraulique interconnecté. Une telle situation soulève des interrogations quant à la cohérence et à l’efficacité réelle de la mesure, s’agissant d’une espèce mobile évoluant dans des milieux physiquement continus.

    La Fédération considère qu’une gestion pertinente des interactions entre silure et migrateurs doit reposer sur des mesures ciblées, localisées aux secteurs réellement problématiques et fondées sur des données scientifiques objectivées. Les outils réglementaires existants permettent déjà de mettre en œuvre ce type d’approche lorsque cela s’avère nécessaire.

    En conséquence, le classement généralisé du silure à l’échelle de l’ensemble des bassins concernés ne constitue pas, selon nous, une réponse proportionnée ni réellement efficace au regard des enjeux de conservation des poissons migrateurs.
    Considérant que le projet de décret ne constitue pas une réponse adaptée à la situation, La Fédération pour la Pêche et la Protection du Milieu aquatique de Saône-et-Loire émet donc un avis défavorable.

  •  Avis favorable au projet de décret (Régulation du silure - Bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne), le 2 mars 2026 à 10h02
    En tant que pêcheur de truite sauvage au toc en 1ère catégorie, je soutiens fermement ce projet de décret. Mon constat de terrain est sans appel : sur mes secteurs de pêche, je capture régulièrement des tacons issus des plans de réintroduction. Comment peut-on qualifier ce projet d’ "utopique" pour la protection des migrateurs alors que l’État et les agences de l’eau investissent des dizaines de millions d’euros depuis 30 ans (plans PLAGEPOMI) pour déverser des millions de saumons et tenter de sauver l’alose ? Affirmer que la régulation du silure ne servira à rien, c’est admettre que l’on finance sciemment un "garde-manger" géant avec l’argent des contribuables et des pêcheurs. Le silure n’est pas un signe de santé des cours d’eau, c’est un opportuniste qui profite de la dégradation des milieux et de la concentration artificielle des migrateurs aux obstacles. Il est temps d’arrêter de sacrifier l’authenticité de nos rivières au profit d’un folklore de "pêche spectacle" et d’une économie de guidage basée sur une espèce invasive. Le silure est devenu le poisson de confort pour ceux qui préfèrent la quantité et le poids à la technicité et à la lecture fine de l’eau que demande une pêche de métier comme le toc. On ne peut pas accepter de subir des lâchers de truites de bassines en amont à cause de milieux dégradés, tout en protégeant des prédateurs géants en aval sous prétexte qu’ils amusent une communauté. La régulation du silure est une question de cohérence écologique et de respect pour les investissements colossaux consentis depuis des décennies.
  •  Avis favorable au projet de décret (Régulation du silure - Bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne), le 2 mars 2026 à 10h01
    En tant que pêcheur de truite sauvage au toc en 1ère catégorie, je soutiens fermement ce projet de décret. Mon constat de terrain est sans appel : sur mes secteurs de pêche, je capture régulièrement des tacons issus des plans de réintroduction. Comment peut-on qualifier ce projet d’ "utopique" pour la protection des migrateurs alors que l’État et les agences de l’eau investissent des dizaines de millions d’euros depuis 30 ans (plans PLAGEPOMI) pour déverser des millions de saumons et tenter de sauver l’alose ? Affirmer que la régulation du silure ne servira à rien, c’est admettre que l’on finance sciemment un "garde-manger" géant avec l’argent des contribuables et des pêcheurs. Le silure n’est pas un signe de santé des cours d’eau, c’est un opportuniste qui profite de la dégradation des milieux et de la concentration artificielle des migrateurs aux obstacles. Il est temps d’arrêter de sacrifier l’authenticité de nos rivières au profit d’un folklore de "pêche spectacle" et d’une économie de guidage basée sur une espèce invasive. Le silure est devenu le poisson de confort pour ceux qui préfèrent la quantité et le poids à la technicité et à la lecture fine de l’eau que demande une pêche de métier comme le toc. On ne peut pas accepter de subir des lâchers de truites de bassines en amont à cause de milieux dégradés, tout en protégeant des prédateurs géants en aval sous prétexte qu’ils amusent une communauté. La régulation du silure est une question de cohérence écologique et de respect pour les investissements colossaux consentis depuis des décennies.
  •  Le silure est bien un nuisible au, le 2 mars 2026 à 09h52
    Il faut classer sur le silure comme nuisible et éviter qu’il provoque un déséquilibre dans nos fleuves et nos rivières
  •  Silure , le 2 mars 2026 à 09h45
    Il faut classer le silure nuisible.
  •  Avis défavorable, le 2 mars 2026 à 09h28
    Il convient de rappeler que cette espèce est native sur le bassin Rhin-Meuse, un classement en espèce exotique envahissante, classement de portée nationale, est impossible. Quoiqu’il en soit, ces deux outils réglementaires visent principalement à prévenir et lutter contre la propagation d’une espèce. Dans les faits, les limites de ces classements ont été largement démontrées pour d’autres espèces et ne répondent pas aux objectifs que l’on veut leur assigner. Chacun sait et les retours d’expérience sont là pour en attester, les mesures de régulation pour être potentiellement efficaces, doivent être mises en place dès le constat des premières présences. Si tel ne peut être le cas, les constats d’échec trop nombreux sont là pour nous le rappeler. Dans les faits ces outils ne sont pas adaptés à la régulation d’une espèce déjà naturalisée à grande échelle. De plus, les actions visant à réduire la prédation sont recommandées sur des sites très précis (obstacles à la migration, proximité de frayères). Le constat d’une présence répandue et de la nécessité d’agir très ponctuellement rend particulièrement difficile l’évaluation de l’efficacité de la modification réglementaire proposée. Par ailleurs, il convient de s’interroge sur la stratégie de réduction des impacts de la prédation du silure dans laquelle il est précisé que cette action s’inscrit. Cette stratégie repose sur l’intervention des pêcheurs professionnels. La profession a su développer une filière de transformation du silure dans certains départements alors que dans d’autres, elle est peu structurée ou en difficulté au regard de critères sanitaires (bioaccumulation de polluant). Un classement en espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques ne peut que renvoyer une image négative du produit et fragiliser une filière dont au contraire, il semblerait recherché sa contribution. Sans structuration économique, une action ne reposant que sur des fonds publics ne pourrait être pérenne et serait régulièrement questionnée sur son rapport coût/efficacité. Considérant que le projet de décret ne constitue pas une réponse adaptée à la situation, j’y émet un avis défavorable.
  •  silures, le 2 mars 2026 à 09h15
    il faut classer les silures comme nuisibles les silures dévorent toutes les sortes de poissons sur la zone et en plus ils se reproduisent très vite et infestent un étangs en qq années cdlt
  •  Classement silure glane, le 2 mars 2026 à 07h20
    Il faudrait classer le silure glané afin de diminuer l’impact qu’il a sur la faune.
  •  NON au classement du silure en nuisible, le 2 mars 2026 à 07h06
    Pêcheur depuis 40 ans, je n’ai noté aucune diminution des populations piscicoles, causée par le silure. La pêche évolue, elle se complique, mais j’observe toujours autant de poissons (carpes, carnassiers, poissons blancs ..) De nombreuses études démontrent que le 1er prédateur du silure, c’est le silure lui-même, qui se régule très bien par cannibalisme. Pour preuves, regardez les résultats du dernier championnat du monde de pêche au coup (manche), qui s’est tenu à Mequinenza en 2024, la "capitale" du silure. Les scores n’ont jamais été aussi variés en termes d’espèces sorties, et les résultats en termes de poids de chaque compétiteur ont atteint des records. Je pêchais début des années 2000 le Glane à Mequi, et je peux assurer qu’on n’avait aucune difficultés à faire nos vifs au feeder (carpeaux), ni à se faire en 30 mn 60 ou 80 ablettes pour l’apéro (à 2). Et je ne parle pas des pêches de sandres et brochets que l’on faisait pour passer le temps… Ces idées reçues et ses préjugés nous conduisent à la situation actuelle où le silure est braconné pour être tué puis abandonné sur les berges… Par des personnes qui ne le connaissent pas. Les seuls poissons pouvant souffrir de la présence du silure sont les poissons migrateurs, que les silures attendent au pied des barrages puisqu’ils sont bloqués… Barrages construits par l’homme. Encore faut-il, pour arriver au barrage, qu’ils échappent aux filets des pêcheurs PRO, qui eux, n’ont aucun sentiment (ni quotas, car ils ne les respectent pas et vendent sous le manteau. EX le saumon, et ne parlons pas de l’anguille dont la pêche des civelles fait bien plus de mal que le silure, les cormorans…). Voilà Voilà 😊. Ah, dernière chose, le sandre a subi la même vindicte populaire dans les années 80… Regardez où il en est aujourd’hui… 😉
  •  Nuisible, le 1er mars 2026 à 22h28
    Les scientifiques sont clairs à ce sujet. Le silure n a rien à faire dans nos eaux. C’est clairement un nuisible, au même titre que le poisson chat.
  •  le silure nuisible, le 1er mars 2026 à 21h34
    Il faut classer le silure comme nuisible,au primtemps il mange une quantite de poissons lors du fraie quand ceux ci sont regroupes
  •  Avis défavorable au projet de décret relatif à l’inscription du silure (Silurus glanis) sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques, le 1er mars 2026 à 21h13

    Je soussigné(e) DESSAINT Luc, membre du COPERE, émet un avis défavorable circonstancié au projet de décret visant à inscrire le silure (Silurus glanis) sur la liste prévue à l’article R.432-5 du code de l’environnement, pour les motifs suivants :

    1. Défaut de base scientifique et inversion des causalités
    Le projet ne repose sur aucune démonstration scientifique hiérarchisée. Si la prédation du silure sur les espèces amphihalines est documentée, elle n’est en aucun cas identifiée comme la cause primaire de leur déclin.

    L’Office Français de la Biodiversité (OFB) et la littérature scientifique s’accordent à désigner des facteurs structurels majeurs : rupture de la continuité écologique, dégradation chimique des eaux, obstacles physiques à la migration et changement climatique.

    La vulnérabilité des migrateurs est exacerbée par les aménagements humains (barrages, seuils) qui créent des zones de blocage. Le silure n’est qu’un opportuniste de ces dysfonctionnements ; le classer comme responsable revient à traiter le symptôme plutôt que la pathologie du milieu.

    2. Absence de preuve quant à l’efficacité des mesures de régulation
    Les expérimentations de prélèvements massifs menées sur certains axes n’ont apporté aucune preuve d’une amélioration durable et significative de l’état des populations de migrateurs.

    Généraliser à l’échelle de bassins entiers une mesure dont l’efficacité locale est, au mieux, incertaine, constitue une réponse disproportionnée au regard des enjeux de conservation.

    3. Carence d’étude d’impact socio-économique
    L’administration a manifestement omis d’évaluer l’impact de ce décret sur la filière économique de la pêche de loisir.

    Le silure soutient aujourd’hui un segment majeur de l’économie halieutique française : guidage professionnel, tourisme spécialisé, vente de matériel spécifique et dynamisme des structures associatives.

    L’absence d’analyse chiffrée de ces retombées constitue une insuffisance d’instruction flagrante dans l’élaboration de la norme.

    4. Rupture d’égalité et partialité de la mesure
    Ce projet semble répondre exclusivement aux revendications de certains acteurs de la pêche professionnelle, au mépris des intérêts des centaines de milliers de pêcheurs de loisir et des professionnels diplômés (guides de pêche).

    Le principe d’impartialité de l’action administrative est ici mis à mal : l’État ne peut arbitrer en faveur d’un groupe d’usagers sans une analyse comparative objective des impacts économiques et sociaux pour l’ensemble des parties prenantes.

    5. Une mesure de "diversion" masquant les responsabilités structurelles
    En désignant le silure comme bouc émissaire des déséquilibres biologiques, le décret dispense les autorités d’engager les réformes structurelles nécessaires (effacement des ouvrages, lutte contre les pollutions, gestion de la pression de pêche en estuaire). Cette approche simpliste entretient l’illusion d’une gestion active tout en ignorant les véritables leviers de restauration de la biodiversité.

    Conclusion et réserves juridiques
    En l’état, ce projet de décret est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation et d’un défaut de proportionnalité. Il s’agit d’une mesure générale et permanente pour répondre à des problématiques localisées, sans que la nécessité de la mesure ne soit démontrée par rapport à des alternatives moins attentatoires aux libertés et aux intérêts économiques.

    En conséquence, je demande le retrait pur et simple de ce projet.

    À défaut, je me réserve le droit, aux côtés du COPERE, de soutenir toute action contentieuse devant la juridiction administrative afin de faire sanctionner l’illégalité de ce texte.

  •  Avis défavorable , le 1er mars 2026 à 21h12

    Je soussigné ROZIER Romain, membre du COPERE, émet un avis défavorable au projet de décret visant à inscrire le silure (Silurus glanis) sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques prévue à l’article R.432-5 du code de l’environnement, pour les raisons suivantes :

    1. Une mesure qui ne repose pas sur une démonstration scientifique hiérarchisée des causes

    À ce jour, aucune étude n’a formellement établi que le silure constitue la cause principale du déclin des espèces amphihalines dans les bassins concernés.

    La littérature scientifique et les rapports d’expertise de l’Office Français de la Biodiversité rappellent que la dégradation de l’état de conservation des migrateurs résulte de pressions multiples et anciennes : rupture de la continuité écologique, obstacles à la migration, altération des habitats, pollutions, pression de pêche et changement climatique.

    La prédation par le silure s’inscrit dans un contexte artificiellement créé par l’aménagement des cours d’eau. La concentration des migrateurs au pied des ouvrages accroît mécaniquement leur vulnérabilité. Le silure exploite une situation structurelle ; il n’en est pas l’origine.

    Le projet de décret ne démontre pas en quoi son classement constituerait une mesure prioritaire, proportionnée et efficace au regard des causes structurelles identifiées.

    2. Une efficacité non démontrée des expérimentations de régulation

    Des expérimentations de régulation ont été conduites sur certains axes fluviaux. À ce stade, elles n’ont pas objectivement démontré une amélioration significative et durable des populations de migrateurs corrélée aux prélèvements de silures.

    Classer une espèce à l’échelle de bassins entiers sur la base d’expérimentations localisées dont l’efficacité reste incertaine constitue une décision disproportionnée et insuffisamment instruite.

    3. Une absence manifeste d’étude d’impact économique et sociale

    Le projet soumis à consultation ne comporte aucune étude d’impact sérieuse intégrant la dimension économique rapportée à la pêche de loisir.

    Le silure représente pourtant un segment structurant de la pêche de loisir en France : tourisme halieutique, retombées locales, matériel spécialisé, activité des moniteurs guides professionnels.

    Cette carence d’instruction constitue une insuffisance manifeste dans l’élaboration du projet.

    4. Une rupture d’égalité et un déséquilibre manifeste des intérêts pris en compte

    Le projet répond principalement aux préoccupations exprimées par certains acteurs économiques liés à la pêche professionnelle en eau douce.

    En revanche, les intérêts :

    • des pêcheurs à la ligne,

    • des structures associatives,

    • des professionnels diplômés encadrant la pêche de loisir,

    ne semblent pas avoir été examinés avec le même degré d’attention.

    L’administration ne peut légalement fonder une mesure réglementaire sur la satisfaction des intérêts économiques d’une catégorie d’usagers au détriment d’une autre, sans analyse objective et comparée des impacts.

    5. Une mesure symbolique masquant les responsabilités structurelles

    Désigner le silure comme espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques revient à privilégier une réponse visible mais dérisoire, plutôt qu’à traiter les causes structurelles du déclin des migrateurs :

    • Continuité écologique,

    • Gestion des ouvrages,

    • Pollutions,

    • Pression maritime et estuarienne.

    Une telle orientation entretient l’illusion d’une action rapide sans s’attaquer aux causes majeures identifiés par la communauté scientifique.

    En conclusion

    Ce projet de décret apparaît insuffisamment motivé, disproportionné et juridiquement peu soutenu (Insuffisance d’étude d’impact, défaut de prise en compte des intérêts économiques, erreur d’appréciation, disproportion manifeste, rupture d’égalité).

    Il constitue une mesure générale et permanente alors que les problématiques identifiées sont localisées et liées à des configurations spécifiques d’ouvrages.

    L’administration ne démontre pas que le classement constitue une mesure nécessaire, c’est-à-dire qu’aucune autre mesure moins attentatoire aux intérêts économiques et professionnels n’aurait permis d’atteindre l’objectif poursuivi.

    Je demande en conséquence son retrait en l’état.

    À défaut, je me réserve la possibilité de soutenir toute action visant à faire contrôler la légalité de ce texte devant la juridiction administrative compétente.

  •  Didier nord de France , le 1er mars 2026 à 20h52
    Il faut classer le silure nuisible Marre de se faire bouffer nos canards
  •  Le silure doit être classé comme espèce envahissante et nuisible, le 1er mars 2026 à 20h39
    N’en déplaise à certaines associations de pécheurs, le silure provoque depuis longtemps déjà des déséquilibres biologiques dans nos rivières