Projets de textes (un décret et deux arrêtés ministériels) pour encadrer la production industrielle d’hydrogène par électrolyse de l’eau

Les projets de texte, qui seront soumis au Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT) du 15 septembre 2026, sont disponibles. Vous pouvez les consulter et faire part de vos observations, via le lien en bas de page « Déposer votre commentaire », du 17 août au 6 septembre 2026 inclus. Cette consultation du public est réalisée en application de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement pour la mise en œuvre du principe de participation du public aux décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement prévu à l’article 7 de la Charte de l’environnement.

Consultation du 17/08/2026 au 07/09/2026 - 7 contributions

Le contexte :

L’hydrogène est de plus en plus utilisé dans l’industrie comme un vecteur clé de décarbonation. Il permet notamment de substituer les combustibles fossiles dans les procédés thermiques à haute température (au-delà de 1 000 °C) nécessaires à certaines industries (sidérurgie, verreries, cimenteries etc).
L’objectif national français vise une réduction de 81% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à 2015 avec l’hydrogène décarboné comme pilier indispensable de cette stratégie de décarbonation industrielle.
L’hydrogène décarboné est de l’hydrogène produit par électrolyse de l’eau en utilisant uniquement de l’électricité issue de sources d’énergies décarbonés ou renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), ce qui rend sa production très faiblement émettrice de CO2.
La massification de la production d’hydrogène décarboné permettra d’en réduire les coûts.
Il représente une alternative écologique à l’hydrogène conventionnel (« gris » ou « bleu ») produit à partir d’énergies fossiles, et constitue un vecteur énergétique prometteur pour la transition énergétique dans les transports lourds et l’industrie.
Les besoins de production de ce gaz par électrolyse de l’eau sont donc en forte augmentation.
Dans ce contexte, et compte tenu des risques que présentent par ailleurs ces installations pour l’environnement, il est nécessaire d’instaurer un cadre réglementaire unifié et proportionné aux enjeux conciliant le développement des filières décarbonées et la maitrise des risques.

Les objectifs :

À partir d’une capacité de 50 tonnes d’hydrogène par jour, les électrolyseurs sont soumis à une directive européenne portant sur les émissions industrielles. Il est proposé, en complément, un cadre règlementaire pour les installations produisant entre 500 kg par jour et 50 tonnes d’hydrogène par jour afin de prévenir les risques accidentels et d’encadrer les consommations d’eau. Les installations de production d’hydrogène par d’autres procédés que l’électrolyse de l’eau ne sont pas concernés par ces textes.
Trois régimes règlementaires sont proposés (déclaration, enregistrement et autorisation), chaque régime étant proportionnel aux enjeux vis-à-vis de l’environnement et des risques pour les tiers.

Les dispositions :

La DGPR a préparé un projet d’arrêté de prescriptions générales relatif à la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau pour chacun des deux régimes de la déclaration et de l’enregistrement.
Le procédé de fabrication d’hydrogène par électrolyse de l’eau ne présente pas de risque chronique particulier, si ce n’est le volume d’eau consommée, qu’il est proposé d’encadrer par les arrêtés soumis à consultation. Concernant les émissions, dans l’air et dans l’eau, les arrêtés imposent le respect des prescriptions d’un arrêté générique relatif aux émissions de toute nature.
L’hydrogène est un gaz hautement explosible. Aussi les risques accidentels sont pris en compte par des exigences telles que la présence de détecteurs de fuite de gaz, d’évents pour évacuer les surpressions et de dispositifs d’arrêts d’urgence. Une distance minimale d’éloignement par rapport à d’autres infrastructures est imposée, tout comme la mise en place de tuyauteries adaptées à l’hydrogène. Par ailleurs, l’industriel doit recenser les zones à risques pour l’environnement et la sécurité publique et seuls des équipements compatibles avec une atmosphère explosible sont autorisés. Un suivi des appareils à pression et des installations électriques est également exigé. Enfin, le personnel doit être compétent et convenablement formé.
Les arrêtés prévoient par ailleurs des exigences de conception, d’implantation, de documentation, de consignes d’exploitation (surveillances, contrôles de sécurité…), de contrôle des rejets aqueux et de bruit.

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Commentaires

  •  Projets de textes (un décret et deux arrêtés ministériels) pour encadrer la production industrielle d’hydrogène par électrolyse de l’eau, le 1er septembre 2026 à 09h12
    Voilà encore un bel exemple de la sur-interprétation française d’une directive européenne : la directive est déjà trop contraignante. La réglementation française se plaît à complexifier encore le développement de la production d’hydrogène, sans doute pour obéir au souhait de simplification administrative ? Laissons donc la filière se développer, les administrateurs proposerons un texte dans vingt ans, il sera bien alors temps d’y réfléchir. Thiéry PIERRE, Physicien Docteur d’Etat ès Sciences Physiques, Directeur de Recherches au CNRS.
  •  Projets de textes (un décret et deux arrêtés ministériels) pour encadrer la production industrielle d’hydrogène par électrolyse de l’eau, le 30 août 2026 à 21h15
    Avis favorable à l’extension des mesures de sécurité aux petites productions d’H2, notamment les dispositions d’éloignement de ces installations par rapport aux autres infrastructures et aux habitations.
  •  Prise en compte de la biodiversité aquatique pour les prélèvements, le 27 août 2026 à 21h45
    Ajouter des prescriptions pour s’assurer que les installations de prélèvement ou de pompage d’eau dans le milieu naturel nécessaire à la production d’hydrogène n’affectent pas négativement la faune aquatique en tuant ou en blessant des poissons (et autres organismes vivants).
  •  Projets de textes (un décret et deux arrêtés ministériels) pour encadrer la production industrielle d’hydrogène par électrolyse de l’eau, le 24 août 2026 à 13h48

    Je ne saurais trop vous conseiller la lecture de l’*Enquête de la revue scientifique EPSILOON* sur l’ Hydrogène intitulée : *La fin d’un rêve industriel ( https://www.epsiloon.com/tous-les-numeros/n55/hydrogene_la_fin_d_un_reve_industriel/ )*.

    On ne peut que faire le rapprochement avec le projet qui a été présenté entre avril et juillet 2025 pour l’électrolyseur de Villeneuve et récemment à Valensole en juin 2026.
    Cordialement
    Claude TESTANIERE

  •  H2-bas carbone utilisant électricité d’origine nucléaire…, le 18 août 2026 à 15h02

    Les centrales nucléaires (difficiles à "moduler" pour effacer les surproductions intermittentes des ENR) consomment de l’eau (i.e. refroidissement) et produisent quantité d’électricité "propre"…

    Quid de coupler ces centrales nucléaires avec une batterie d’électrolyseurs qui produiraient de l’H2-bas-carbone (pour ne pas dire H2-vert) avec l’excédent ponctuel d’électricité ET la vapeur d’eau résultant du refroidissement de la centrale ?

    Tout comme les remontées des centrales hydroélectriques, il s’agirait de stocker de l’énergie sous forme d’hydrogène et de ce fait, outre les électrolyseurs, il faudrait se doter de moyens de stockage H2 permettant d’assurer la continuité d’H2 à une structure de distribution d’H2…

    Néanmoins, cet H2-propre (possiblement à bas coût) pourrait viabiliser économiquement les projets cherchant à remplacer les énergies fossiles par de l’H2-propre pour décarboner les "activités humaines" productrices de GES telles que la sidérurgie, les verreries, les cimenteries, etc.

    S’agissant d’évacuer l’ "énergie fatale" (i.e. chaleur) résultant des centrales nucléaires, quid d’utiliser la Géothermie pour stocker cette énergie-chaleur ?

    Le sous-sol des centrales nucléaires étant sélectionné pertinemment pour résister aux séismes, des puits géothermiques ne pourraient-ils pas servir à enfouir la chaleur dégagée par le processus de la centrale ?

    Pour déstocker ladite chaleur, une batterie de pompes à chaleur (PAC) pourrait être utilisée pour produire de l’électricité… Alternativement, ou en complément, cette chaleur pourrait alimenter un réseau urbain de chauffage/climatisation…

    Vous l’aurez compris, j’ai l’impression qu’il faut faire preuve d’imagination pour conjuguer diverses techniques / technologies pour adapter nos activités afin d’en réduire les émissions de GES.

    Je ne suis pas assez expert pour évaluer la soutenabilité technique & économique de telles idées…

    Des experts devraient pouvoir apporter des réponses en considérant, qu’au-delà des investissements initiaux, c’est un système local de production/stockage/distribution de différentes formes d’énergie (i.e. électricité/H2/chaleur) qu’il s’agirait d’optimiser afin de réduire globalement notre empreinte carbone…

    Cordialement,
    Gérard FARIA

  •  Projet d’AMPG et de rubrique 2611, le 17 août 2026 à 12h43
    Il est étonnant que les installations classées sous la rub 1416 soient exclues de la rub 2611 et considérées couvertes par l’AMPG 1416 alors que l’AMPG 1416 réglemente spécifiquement la distribution et non la production d’hydrogène et ne comporte donc rien sur les électrolyseurs. Par exemple les prescriptions "Des dispositifs indépendants et adaptés permettent de détecter tout transfert anormal d’hydrogène vers le circuit oxygène ou d’oxygène vers le circuit hydrogène ainsi que tout déséquilibre de pression entre les compartiments. Cette détection repose sur au moins deux paramètres de sécurité complémentaires, tels que l’analyse de la composition des gaz, la mesure de la pression différentielle entre les compartiments de l’électrolyseur ou le suivi de la température de l’oxydateur catalytique" qui figurent dans l’AMPG 2611 n’ont pas leur équivalent dans l’AMPG 1416. L’article relatif à l’interdiction des rejets en nappe serait à revoir les 3 phrases qui le composent apparaissant redondantes. Dès lors que tous les rejets d’effluents industriels sont interdits (1° phrase), la deuxième phrase sur l’interdiction de certaines substances apparait sans objet. Comme dans bcp de textes, les notion d’effluents et d’effluents industriels seraient à préciser vis-à-vis notamment des eaux pluviales
  •  Avis de soutien texte de renouvellement, le 17 août 2026 à 10h34
    Ces aides publics sont d’une grande aide, voir nécessaire, pour adapter nos forêts, les replanter correctement. Les forêts sont indispensables pour notre planète, notre bien être et une économie. Aider à les pérenniser dans ce contexte changeant est nécessaire