Projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 4 mai 2023 relatif à la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux

Consultation du 08/06/2026 au 29/06/2026 - 2626 contributions

La présente consultation porte sur un projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 4 mai 2023 encadrant les opérations d’effarouchement simple et renforcé de l’ours brun pour prévenir les dommages aux troupeaux. Il vise principalement à rétablir une disposition permettant que des intervenants extérieurs à l’Office français de la biodiversité (OFB) réalisent des opérations d’effarouchement renforcé, ainsi que le prévoyaient les textes cadres qui ont précédé l’arrêté du 4 mai 2023. Les éleveurs, membres d’un groupement pastoral, gestionnaires d’estive, bergers et lieutenants de louveteries pourront donc réaliser des opérations en complément de l’OFB, afin de réduire les délais d’intervention et de gagner en efficacité. Le projet d’arrêté apporte des garanties pour une mise en œuvre de ces opérations sécurisée : obligation de formation, intervention validée par le préfet, compte-rendu transmis dans les 72 heures suivant les opérations. Par ailleurs, le texte prévoit également quelques modifications et précisions dans l’article 4 encadrant les opérations d’effarouchement renforcé.

1. Contexte général

Ce projet d’arrêté s’inscrit dans le cadre du plan d’action ours brun 2018-2028, publié le 9 mai 2018. Ce dernier s’inscrit lui-même dans la Stratégie Pyrénéenne de Valorisation de la biodiversité.

L’ours (Ursus arctos) est une espèce strictement protégée au niveau international (Convention de Berne), communautaire (directive dite « Habitat Faune Flore ») et français (code de l’environnement). À ce titre, toute perturbation intentionnelle des spécimens d’ours est interdite, mais des dérogations sont possibles pour prévenir les dommages importants aux troupeaux domestiques, à condition qu’il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes et que les opérations ne nuisent pas au maintien du bon état de conservation de la population.

L’effarouchement comprend une série de dispositifs pouvant être utilisés pour éloigner l’ours des troupeaux quand les mesures de protection sont insuffisantes. Une mesure d’effarouchement est assimilée à une perturbation intentionnelle et ne peut donc être mise en place que sur la base d’une dérogation. Le projet d’arrêté a pour objet de fixer les conditions et limites dans lesquelles ces dérogations peuvent être accordées par les préfets, lorsqu’elles visent la prévention des dommages aux troupeaux domestiques par prédation.

En juin 2019, a été publié un premier arrêté permettant la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux lors de la saison d’estive 2019. Il prévoyait la mise en œuvre de mesures graduées pour répondre aux attaques d’ours : effarouchement simple via des moyens sonores, olfactifs, lumineux, puis effarouchement renforcé par tirs de cartouches à double détonation ou en caoutchouc. Le dispositif a été reconduit en 2020 puis en 2021, également de manière expérimentale. Des modifications significatives ont été apportées à l’arrêté de 2021 par rapport à celui de 2020, notamment pour renforcer les exigences en matière de formation pour les personnes habilitées à pratiquer l’effarouchement renforcé, apporter des précisions sur les conditions de réalisation des tirs, et réserver l’usage des munitions en caoutchouc aux situations où l’ours représente un risque en raison d’un comportement menaçant. En 2022, après 3 années de mise en œuvre expérimentale et après analyse des bilans annuels et du bilan triennal produits, il a été décidé de mettre en place ces mesures de manière pérenne, en introduisant toutefois de nouvelles évolutions, dont l’interdiction de mener des opérations d’effarouchement renforcé dans le cœur du Parc national des Pyrénées. Un nouvel arrêté-cadre a donc été publié le 21 juin 2022 (arrêté du 20 juin 2022 relatif à la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux).

Cependant, en raison de l’annulation, par décision du 31 octobre 2022 du Conseil d’Etat, des dispositions relatives à l’effarouchement renforcé figurant dans l’arrêté ministériel relatif à la mise en place à titre expérimental de mesures d’effarouchement pour l’année 2021, il est apparu nécessaire de renforcer l’encadrement de l’effarouchement renforcé au moyen d’un nouvel arrêté. La décision du Conseil d’État en date du 31 octobre 2022 motivait l’annulation par l’absence « de mécanisme encadrant la mise en œuvre du dispositif d’effarouchement renforcé auprès des femelles en gestation et suitées ». L’arrêté-cadre du 4 mai 2023 a donc apporté des modifications supplémentaires susceptibles de répondre aux griefs du Conseil d’Etat, tout en confortant les opérations d’effarouchement de nature à faciliter la cohabitation entre l’ours et les activités humaines, et notamment l’élevage. Néanmoins, alors que l’arrêté du 20 juin 2022 était similaire à celui du 31 mai 2021 concernant les conditions de mise en œuvre des mesures d’effarouchement renforcé, le Conseil d’Etat, convaincu par les nouveaux éléments de l’administration concernant l’absence d’effets sur les femelles gestantes et suitées, a rejeté les requêtes demandant l’annulation de l’arrêté du 20 juin 2022 dans ses décisions du 10 juillet 2023 et du 18 avril 2024. Dans l’intervalle, dans l’hypothèse d’une annulation de l’arrêté du 20 juin 2022 par le Conseil d’Etat, afin d’apporter des garanties nouvelles, l’arrêté du 4 mai 2023, avait notamment introduit la restriction aux seuls agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) de la possibilité de mettre en œuvre les mesures d’effarouchement renforcé.

2. Bilan de la mise en œuvre des mesures d’effarouchement renforcé depuis 2019

Les bilans annuels et pluriannuels des opérations d’effarouchement témoignent, d’une part, de l’absence d’effets négatifs apparents sur la population ursine et sa répartition, et d’autre part, d’une efficacité concernant l’évitement de la déprédation, particulièrement s’agissant de l’effarouchement renforcé. L’effarouchement renforcé a mis en fuite tous les ours observés, avec échec de la tentative d’approche du troupeau dès mise en œuvre de tirs à effet sonore (parfois répétés pour conduire à la fuite du prédateur). Les opérations ont ainsi eu pour conséquence l’absence de déprédation constatée sur les troupeaux regroupés sous la protection des effaroucheurs. Aucun ours n’a manifesté de comportement agressif, aucun ourson n’a été séparé de sa mère et il n’a jamais été besoin de recourir aux balles en caoutchouc (prévues en ultime recours en cas de risque pour les opérateurs). Par ailleurs, le déploiement des effarouchements s’est accompagné d’une évolution importante de la mise en place des mesures de protection, condition nécessaire à la réalisation des effarouchements. En outre, pour les éleveurs et les bergers, les effarouchements, en particulier renforcés, sont considérés comme une mesure complémentaire aux mesures de protection, dont ils contribuent indirectement au déploiement.

Depuis la première année d’expérimentation, le bilan de la mise en œuvre des mesures d’effarouchement renforcé (principalement mis en œuvre en Ariège) est le suivant :

-  en 2019, sur 15 nuits d’intervention, 5 ont vu un contact avec l’ours ;
-  en 2020, 34 opérations programmées ont donné lieu à 70 nuits d’effarouchement dont 13 ont fait l’objet d’au moins un contact avec un ours ; ainsi, 13 opérations ont donné lieu à l’effarouchement d’au moins un ours au moyen de cartouches à effet sonore ;
-  en 2021, 47 opérations ont été réalisées, totalisant plus de 93 nuits d’intervention ; au cours de 18 opérations, un effarouchement (d’un ou plusieurs individus) a été pratiqué à l’aide de munitions à double détonation ;
-  en 2022, 20 opérations ont été réalisées, totalisant 40 nuits d’intervention ; au cours de 6 opérations, un effarouchement (d’un ou plusieurs individus) ;
-  en 2023, 19 opérations ont été réalisées, pour un total de 38 nuits ; 13 opérations ont donné lieu à un effarouchement ;
-  en 2024, 9 missions ont été conduites, totalisant 21 nuits ; aucune opération n’a donné lieu à un effarouchement ;
-  en 2025, 23 opérations ont été réalisées, durant 59 nuits et 2 journées ; un effarouchement a été pratiqué lors de 4 missions.

Pour réaliser les effarouchements, l’OFB a créé en 2020 une brigade de 6 personnes, rattachée à la Brigade Mobile Grands Prédateurs, dont l’effectif n’a cessé d’augmenter afin de répondre aux besoins : en 2025, 14 agents dont 7 titulaires ont participé aux opérations.

On rappelle que, d’après le dernier bilan annuel du Réseau Ours Brun, portant sur l’année 2025, la population pyrénéenne d’ours brun poursuit son augmentation. L’effectif minimum détecté est de 108 individus, contre 96 l’année précédente, avec au moins 6 portées totalisant 8 oursons de l’année. Le taux d’accroissement moyen annuel entre 2006 et 2024 est ainsi estimé à +11,53%.

Malgré l’augmentation de la population ursine, les dommages sur l’ensemble du massif continuent à diminuer depuis plusieurs années. En 2025, 510 ovins ont été prédatés (contre 554 en 2024, 552 en 2023, 592 en 2022, 575 en 2021, 658 en 2020 et 1173 en 2019). En 2025, on a ainsi recensé 289 attaques d’ours (classées « prédation ours non écartée ») sur bétail et 2 attaques sur ruchers. Il est à noter que les dommages ne sont plus uniquement concentrés en Ariège, mais que la Haute-Garonne, et dans une moindre mesure les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques, connaissent des dégâts, même si 75% des prédations ont lieu en Ariège. Le déploiement progressif des mesures de protection sur le massif, et principalement en Ariège, ainsi que le recours aux effarouchements simples et renforcés, déployés depuis 2019, peuvent être considérés comme les principales causes de cette diminution.

3. Enjeu de la modification de l’arrêté du 4 mai 2023 envisagée

En 2026, le groupement pastoral d’Arreau a effectué une demande de dérogation espèce protégée afin de mettre en place de manière expérimentale des effarouchements par tirs non létaux réalisés par les éleveurs et bergers pour prévenir les dommages aux troupeaux. Une telle demande avait pour objectif de mener des interventions rapidement après le dernier épisode de prédation rencontré, avant que l’OFB n’effectue des opérations ou en lieu et place des interventions de l’OFB.

Afin d’apporter un cadre juridique sécurisé à la dérogation envisagée pour l’estive d’Arreau, il a été décidé de procéder à la modification de l’arrêté-cadre du 4 mai 2023 qui régit la mise en place des mesures d’effarouchement de l’ours brun. L’ambition est ainsi d’ouvrir à nouveau la participation d’intervenants extérieurs aux opérations d’effarouchement, en apportant des garanties particulières afin de sécuriser la mise en œuvre des mesures par ces opérateurs. A la différence des agents de l’OFB, les éleveurs/bergers/lieutenants de louveterie ne pourront pas faire usage des cartouches à munitions en caoutchouc qui pourraient présenter un risque d’accident : en cas de comportement menaçant de l’ours effarouché, ils pourront utiliser les bombes à poivre dont ils peuvent à présent être dotés. De même, les opérations effectuées par des intervenants extérieurs devront être préalablement validées par le préfet et les conditions de transmission des comptes-rendus exigeantes devront permettre de s’assurer que les dérogations sont réalisées dans les conditions requises et seront suspendues en cas de difficulté.

Les arrêtés préfectoraux autorisant les effarouchements renforcés qui seront délivrés en application de l’arrêté du 4 mai 2023 modifié seront dispensés des consultations obligatoires (l’arrêté-cadre y ayant été soumis), afin de permettre une meilleure réactivité par rapport aux besoins. Toutefois, les conditions exigeantes de mise en œuvre de ces mesures ne sont pas assouplies afin que l’effarouchement reste uniquement un recours alternatif si les moyens de protections s’avèrent insuffisants à prévenir les attaques : seuls les troupeaux pouvant attester d’une mise en œuvre effective et proportionnée des moyens de protection du troupeau et de la survenue de dommages malgré la mise en place de dispositifs d’effarouchement simple, pourront bénéficier des effarouchements renforcés.

4. Contenu du texte

Le présent projet vise donc principalement à rétablir une disposition permettant que des intervenants extérieurs à l’OFB puissent réaliser des opérations d’effarouchement renforcé, ainsi que le prévoyaient les textes antérieurs à l’arrêté du 4 mai 2023. Le Conseil d’Etat n’avait en effet pas condamné la participation d’intervenants extérieurs, l’arrêté du 20 juin 2022 ayant été jugé légal. En outre, l’intégration d’une formation dispensée par les agents de l’OFB, la validation préalable des opérations par le préfet et la transmission des comptes-rendus des opérations menées par les bergers/éleveurs/louvetiers dans un délai contraint apportent un cadre de nature à assurer la garantie attendue par le Conseil d’Etat.

L’ambition est que la réalisation des effarouchements renforcés puisse correspondre au mieux aux besoins, d’une part afin d’être en mesure de répondre aux estives sollicitant la mise en œuvre d’opérations postérieurement à des attaques, d’autre part en réduisant le délai d’intervention par rapport aux opérations réalisées par l’OFB pour un gain d’efficacité. Les interventions effectuées par les éleveurs/bergers ont donc vocation à compléter celles de l’OFB (interventions dans l’attente de celles de l’OFB) ou bien à les remplacer.

Les « considérant » apportent des précisions nouvelles sur la mise en œuvre des effarouchements renforcés depuis 2019 (nombre d’opérations, absence d’utilisation de cartouches en caoutchouc depuis le début des missions, absence de dommages auditifs et de séparation mère/ourson, impossibilité pour l’OFB de répondre à tous les besoins dans un court délai), ainsi que sur l’évolution de la population ursine, les chiffres de la prédation et l’amélioration de la mise en œuvre de la protection.

L’article 1 modifie le III de l’article 4 pour introduire de nouvelles conditions à la réalisation des effarouchements renforcés :

-  Au 1°, il est désormais écrit, par souci de clarification, que l’extension des opérations est possible « aux périodes crépusculaires et matinales » et non plus « aux périodes crépusculaires ou matinales »
-  Au 6°, est élargie à toutes les situations la restriction des interventions au cas où l’ours est dans une tentative manifeste de prédation (cette obligation était auparavant restreinte aux opérations où l’ours en situation de prédater était une femelle suitée)
-  Au 9°, est ajoutée la possibilité pour les éleveurs, membres de groupement pastoral, gestionnaires d’estives, bergers et lieutenants de louveterie, titulaires du permis de chasser, d’effectuer des effarouchements renforcés, comme le permettaient les arrêtés qui ont précédé l’arrêté du 4 mai 2023. Cette autorisation est conditionnée à l’obligation de suivre une formation préalable dispensée par l’Office français de la biodiversité afin de garantir la réalisation des opérations dans des conditions de sécurité. La formation comportera un volet théorique et un volet pratique.
-  Au 10°, est adaptée la rédaction en conséquence des modifications qui sont intervenues au 6°. Est ajouté une mention précisant qu’en cas d’effarouchement renforcé réalisé sur une femelle suitée, il convient de vérifier que les oursons partent dans la même direction que leur mère.
-  Le contenu des comptes-rendus d’effarouchement est actualisé : des précisions doivent désormais être apportées sur la localisation du troupeau et des intervenants et la localisation et la trajectoire des ours.
-  Pour les éleveurs/bergers/lieutenants de louveterie, il est précisé que les opérations doivent être préalablement validées par le préfet et qu’un compte-rendu de chaque opération doit être transmis dans les 72 heures qui la suivent. En cas de non transmission, la dérogation sera suspendue.

L’article 2 est un article d’exécution.

Consultations obligatoires :

-  Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) est consulté le 17 juin 2026.
-  La consultation du public est ouverte du 8 au 29 juin 2026 inclus. En application du dernier alinéa du II. de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.

Pièces jointes :

-  Le projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 4 mai 2023 relatif à la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux
-  L’arrêté du 4 mai 2023 relatif à la mise en place de mesures d’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux
-  Le bilan 2025 et pluriannuel des mesures d’effarouchement renforcé de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux

Merci de préciser, en intitulé de vos observations, votre positionnement sur le texte (FAVORABLE ou DÉFAVORABLE).

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Commentaires

  •  Avis défavorable, le 10 juin 2026 à 15h40
    Les tirs d’effarouchement ne doivent pas être assouplis ni même autorisés. Les ours sont protégés et nécessaires à l’équilibre de la biodiversité. D’autres mesures préventives et non dangereuses pour les ours peuvent être mises en place, et montrent déjà d’excellents résultats. Il est primordial d’assurer une bonne cohabitation des espèces, et cela en laissant les ours tranquilles !
  •  AVIS TRES TRES TRES TRES TRES DEFAVORABLE !!!, le 10 juin 2026 à 15h38
    L’ours brun est une espèce protégée, l’état montre encore qu’il est à la solde des lobbyistes. Nous devons plutôt les protéger et surtout ne pas utiliser des moyens tels que les tirs qui détruisent leur tympans et de ce fait, mettent en danger la survie des oursons. Comment faisaient nos Aïeuls ? Nous devons cohabiter avec les animaux, leur laisser leur territoire. Chacun a sa place dans ce monde. Qui sommes-nous pour imposer nos règles aux animaux et plus largement à la nature qui étaient présents bien avant nous sur cette terre !!!
  •  Avis très défavorable , le 10 juin 2026 à 15h37
    L’ours brun est une espèce strictement protégée dont la perturbation intentionnelle est par principe interdite par la loi. En assouplissant sans justification véritable les mesures d’effarouchement renforcé du grand plantigrade, l’Etat abuse clairement des dérogations réglementaires et ouvre la voie à de dangereuses dérives. Alors que le nombre d’ours augmente dans les Pyrénées (environ 11 % chaque année), les dommages aux troupeaux sont en baisse (510 animaux déprédatés en 2025, contre 552 en 2024… et 1 173 en 2019). L’État reconnaît lui-même, dans sa note de présentation, que cette baisse est directement liée au “déploiement progressif des mesures de protection sur le massif”. Si les mesures d’effarouchement peuvent également contribuer à faire diminuer les attaques, elles ne devraient en aucun cas être systématisées et mises au même niveau que les mesures de protection élémentaires nettement moins perturbantes pour l’ours, à savoir le triptyque chiens de protection, bergers et parcs de regroupement nocturnes. Contrairement aux agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), les bergers, les éleveurs, les gestionnaires d’estives, les membres des groupements pastoraux et les lieutenants de louveterie ne sont pas des acteurs neutres. Si certains sont favorables à la cohabitation avec les ours, d’autres sont farouchement opposés à leur présence. Or les tirs d’effarouchement vont pouvoir s’effectuer sans contrôle de la part des autorités. Quand personne n’est sur place pour vérifier, les comptes-rendus obligatoires, envoyés sous 72h après chaque opération, peuvent facilement s’arranger avec la réalité… Les périodes pendant lesquelles les effarouchements renforcés peuvent être autorisés sont floues. Si les tirs sont censés n’être autorisés que de nuit, le texte parle “d’extension possible aux périodes crépusculaires et matinales”. Pris au pied de la lettre, le texte tolère donc des tirs jusqu’à midi… Les conditions de déclenchement des tirs sont également floues et sujettes à libre interprétation sur le terrain : alors que le paragraphe 6° de l’article 1 précise que les opérateurs “veilleront à intervenir uniquement lorsque le prédateur se dirige sans ambiguïté vers le troupeau dans une attitude de prédation”, le paragraphe 1° se contente d’expliquer qu’il suffit qu’un ours soit “repéré à proximité immédiate” d’un troupeau regroupé pour la nuit pour que les opérateurs entrent en action. Comment être certain qu’il se déplace véritablement dans une “attitude de prédation” ? L’ours évolue sur de grands territoires et se déplace beaucoup : s’il s’approche d’un troupeau ce n’est pas forcément pour l’attaquer, il peut simplement vouloir passer d’un point A à un point B… L’effarouchement renforcé présente des risques de séparation importantes pour les ourses accompagnées de leurs oursons. Si, sur les 59 tirs effectivement réalisés entre 2019 et 2025, le bilan officiel fait état d’un “faible nombre de femelles suitées détectées”, l’Etat ne peut raisonnablement pas se baser sur ce “faible nombre” (combien, le Ministère ne nous le dit pas !), pour évacuer tout risque que l’ourse n’abandonne ses petits… En aucun cas les tirs d’effarouchement devraient être autorisés contre des femelles suitées !
  •  AVIS TRÈS DÉFAVORABLE, le 10 juin 2026 à 15h20
    Toutes les études démontre que les attaques diminuent ! Les éleveurs ne peuvent être juge et parti, il faut laisser les effarouchements aux agents de l’OFB. Renforcez plutôt les mesures de gardiennage des troupeaux ROMEO Xavier
  •  Très défavorable , le 10 juin 2026 à 15h15
    L’ours brun est une espèce strictement protégée dont la perturbation intentionnelle est par principe interdite par la loi.
  •  Ahier rodérique , le 10 juin 2026 à 15h02
    Défavorable ! Cette pratique n’apporte rien scientifiquement parlant , laissez les ours tranquilles.
  •  Defavorable, le 10 juin 2026 à 14h38
    L’ours brun est une espèce strictement protégée dont la perturbation intentionnelle est par principe interdite par la loi. En assouplissant sans justification véritable les mesures d’effarouchement renforcé du grand plantigrade, l’Etat abuse clairement des dérogations réglementaires et ouvre la voie à de dangereuses dérives.
  •  Avis TRÈS DÉFAVORABLE , le 10 juin 2026 à 14h36
    L’ours brun est une espèce protégée, l’état montre encore sa faiblesse fasse aux lobbyistes. C’est l’animal qui est toujours sacrifié pour satisfaire un petit nombre. Nous devons plutôt les protéger et surtout ne pas utiliser des moyens tels que les tirs qui détruisent leur tympans et de ce fait, mettent en danger la survie des oursons. Il existe d’autres moyens qui fonctionnent bien, des bergers en permanence avec leur troupeaux, des chiens. Comment faisaient nos Aïeuls ? Nous devons cohabiter avec les animaux, leur laisser leur territoire au lieu de pratiquer la déforestation. Chacun a sa place dans ce monde.
  •  AVIS DEFAVORABLE, le 10 juin 2026 à 14h06
    L’ours brun est une espèce strictement protégée dont la perturbation intentionnelle est par principe interdite par la loi. En assouplissant sans justification véritable les mesures d’effarouchement renforcé du grand plantigrade, l’Etat abuse clairement des dérogations réglementaires et ouvre la voie à de dangereuses dérives.
  •  Totalement défavorable, le 10 juin 2026 à 13h54
    L’ours brun est une espèce strictement protégée dont la perturbation intentionnelle est par principe interdite par la loi. En assouplissant sans justification véritable les mesures d’effarouchement renforcé du grand plantigrade, l’Etat abuse clairement des dérogations réglementaires et ouvre la voie à de dangereuses dérives. De plus, contrairement aux agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), les bergers, les éleveurs, les gestionnaires d’estives, les membres des groupements pastoraux et les lieutenants de louveterie ne sont pas des acteurs neutres. Si certains sont favorables à la cohabitation avec les ours, d’autres sont farouchement opposés à leur présence. Or les tirs d’effarouchement vont pouvoir s’effectuer sans contrôle de la part des autorités. Quand personne n’est sur place pour vérifier, les comptes-rendus obligatoires, envoyés sous 72h après chaque opération, peuvent facilement s’arranger avec la réalité…
  •  Stop à l’effarouchement des ours ! , le 10 juin 2026 à 13h43
    Quand les hommes apprendront à cohabiter avec la faune ? ! Arrêtez le massacre 🔴
  •  Avis très défavorable, le 10 juin 2026 à 13h43
    Une fois de plus le laxisme des représentants de l’état face aux lobbys des syndicats d’agriculteurs est insupportable. Jusqu’au dernier jour de ce gouvernement il faudra supporter sans rien espérer pour satisfaire une minorité incapable d’évoluer dans une monde en plein bouleversement. La consternation est sans limite.
  •  Très défavorable , le 10 juin 2026 à 13h40
    A l’heure de l’effondrement de la biodiversité, ça suffit les décisions prises contre tous les avis scientifiques dans le seul but de répondre aux lobbys qui ne respectent rien.
  •  Avis très défavorable , le 10 juin 2026 à 13h36
    Je ne pense pas qu’il faille élargir ce type de mesure. Les populations de grand prédateurs demeurent extrêmement fragile dans notre pays. Ce type de tir ne devrait être réservé qu’aux agents de l’ofb les seuls vraiment formés sur sur ces sujets et en lien direct avec les scientifiques, ils sont donc les plus à même de pouvoir décider. Ils seraient également bien plus intéressant de généraliser d’autres mesures de prévention sur les troupeaux vulnérables. (Clôture, gardiennage, chiens,…)
  •  Avis défavorable , le 10 juin 2026 à 13h35
    L’ours est une espèce protégée et jusqu’à maintenant les tirs à blanc étaient réservés à l’OFB . Les éleveurs ne sont pas neutres et comment repérer si il y aura des dérives. Protégeons les troupeaux Laissons la faune sauvage tranquille Nous en avons besoin pour notre survie Caty D
  •  défavorable à ce texte, le 10 juin 2026 à 13h32

    Cet arrêté concernant les moyens de protection devant être mis en place opérationnellement passe à coté des bonnes manières de protéger les troupeaux et des humains qui circulent dans nos montagnes. plus de 80 % des troupeaux bénéficiant des effarouchements ces dernières années passent à coté des bonnes mesures, les parcs de regroupement nocturnes électrifiés, pourtant reconnus par des chercheurs (rapport Bégou), moyen le plus pertinent pour diminuer les prédations de l’ours, et alors que leur utilisation est généralisée dans les Alpes contre le loup, ce qui permettrait de trouver des mesures communes ours et loup qui se multiplie aussi dans les Pyrénées. cette mesure est aussi pratiquée depuis longtemps dans le Béarn où les attaques sont moindres. Cet arrêté ne peut surement pas affirmer qu’il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes.
    il serait mieux de changer nos pratiques : de revenir à des pratiques de production laitières ou d’élevage en circuit plus court, avec plus de valeur ajoutée pour les éleveurs et les gens des vallées. on pourrait produire du fromage avec du lait local, les troupeaux seraient regroupés le soir pour des raisons de pratiques pastorales. Laissons les hauts des montagnes pour la forêt qui a besoin de progresser en altitudes pour survivre. gardons des poches d’estives à proximités des pistes. il faut tout revoir ! et non pas armer.
    il y en a assez des patous dans les estives alors n’y ajoutons pas les armes. l’agressivité attise l’agressivité !
    l’absence de preuve de non impact des effarouchements renforcés ne permet pas de prendre de telle mesures contrairement aux affirmations de l’État.
    La puissance sonore (120 dB) des cartouches à double détonation est au seuil de la douleur pour l’espèce humaine alors pour les animaux n’en parlons pas ! il y a d’autres espèces fragiles dans ces zones qui vont aussi devoir décamper, alors qu’elle se réfugient déjà en montagnes pour échapper au brouhaha des hommes.

    Le Conseil d’État avait déjà annulé la possibilité des effarouchements renforcés par les éleveurs et bergers sans présence de l’OFB, pour des questions de conservation de l’espèce. il se trouve et ne l’oublions pas qu’un ours a été tué illégalement par balles dans une estive du Couserans en juin 2020, dans un espace protégé, et que des armes prohibées ont été saisies en 2025 dans une autre estive ariégeoise et leurs propriétaires condamnés.
    Cet arrêté présente un risque de multiplication des armes à feu en estive, où d’autres personnes circulent pour la science, le tourisme (pas que des parisiens aussi des gens des vallées), la production forestière, et ajoute une faille supplémentaire dans le statut de protection d’une espèce menacée.

  •  Avis très défavorable , le 10 juin 2026 à 13h24
    L ours est une espèce strictement protégée et il est très dangereux d élargir les autorisations de tir à des personnes qui sont clairement contre la survie de l espèce dans son milieu naturel
  •  Défavorable, le 10 juin 2026 à 13h20

    L’ours brun est une espèce protégée ! Ce projet constitue une dérive non justifiée, qui s’inscrit dans une politique déjà hostile au monde sauvage.

    Les attaques d’ours contre les troupeaux sont moins nombreuses chaque année.

    L’effarouchement ne doit pas être systématisé, d’autres mesures de protection existent, moins perturbantes : chiens de protection, bergers et parcs de regroupement nocturnes.

  •  Favorable , le 10 juin 2026 à 12h34
    C’est une action non létale.
  •  Avis défavorable, le 10 juin 2026 à 12h26

    Le projet d’arrêté présente un certain nombre de points problématiques. Tout d’abord, il convient de rappeler que l’ours brun est une espèce strictement protégée, dont les populations sont certes en hausse mais demeurent faibles et fragiles. Dans un contexte de population en hausse, les attaques avérées de l’ours sur des troupeaux de bétail sont en baisse. L’effarouchement devrait demeurer une exception, dans des cas précis, et reste secondaire derrière la mise en place des chiens de protection, du gardiennage physique par les bergers et des parcs de protection nocturne.

    Le projet présenté a des contours flous, avec des éléments sujets à interprétation, qui présentnt des risques d’abus et de surutilisation de ses tirs. La possibilité d’effaroucher des femelles suitées, avec des garanties faibles et difficlement contrôlables, représente une réelle inquiétude.

    Mais le point le plus problématique à mon sens demeure la volonté d’élargir la liste des acteurs capables de réaliser les tirs. Ces tirs sont aujourd’hui réservés aux seuls agents de l’OFB, fonctionnaires professionnels de la biodiversité exerçant la responsabilité de la police de l’environnement, garants d’une forme de neutralité dans les conflits existants autour de l’ours. Donner la possibilité aux éleveurs, bergers, membres des groupements pastoraux, gestionnaires d’estives et lieutenants de louveterie de réaliser ces tirs alors que ces acteurs ne sont pas du tout neutres dans la controverse autour de l’ours, c’ets ouvrir une porte dangereuse sur de potentiels abus.