Projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 24 septembre 2021 relatif à la teneur en plastique maximale autorisée dans les gobelets en plastique à usage unique
Le projet de texte peut être consulté et faire l’objet d’observations, via le lien « déposer votre commentaire » en bas de page, du 1er au 22 décembre 2025 inclus.
Consultation du 01/12/2025 au 22/12/2025 - 17 contributions
La directive (UE) 2019/904 du 5 juin 2019 relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement (directive SUP) impose aux États membres de diminuer la consommation de plusieurs produits plastiques à usage unique, dont les gobelets, d’ici 2026 par référence à 2022. Pour atteindre cet objectif, elle autorise la mise en place de mesures de restriction à la commercialisation. La France a retenu cette possibilité dans le cadre de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, qui interdit l’ensemble des gobelets plastiques à usage unique, qu’ils soient entièrement ou partiellement composés de plastique, à l’exception des gobelets en papier-carton dont la teneur en plastique est strictement encadrée.
Concernant ces derniers, l’arrêté du 24 septembre 2021 a établi une trajectoire de réduction progressive de la teneur en plastique, fondée sur un seuil exprimé en poids total du gobelet et applicable à l’ensemble de ses composants, y compris les revêtements barrière, afin de converger vers des gobelets sans plastique.
Le présent arrêté ajuste cette trajectoire, notamment s’agissant de l’échéance à partir de laquelle les gobelets à usage unique ne devront plus contenir de plastique. Initialement fixée au 1er janvier 2026, cette échéance est désormais reportée au 1er janvier 2030, afin de tenir compte des conclusions du bilan d’étape réalisé en 2025 et portant sur la faisabilité technique d’une absence de plastique dans les gobelets restant autorisés à l’échéance initiale de 2026. Ce bilan prévu par l’arrêté du 24 septembre 2021 est joint à la présente consultation. Un bilan sera réalisé en 2028 pour s’assurer que des technologies sans plastique seront disponibles pour le marché national à horizon 2030. Un délai d’écoulement des stocks pour les gobelets fabriqués ou importés est prévu à compter de la nouvelle échéance du 1er janvier 2030.
Commentaires
L’industrie fait beaucoup d’efforts pour innover afin de réduire, voire supprimer, le plastique dans les gobelets. Toute innovation nécessite du temps, le challenge est ardu.
Une chose est sûre :
* le gobelet carton à usage unique répond à de nombreux types de consommation
* le gobelet carton à usage unique contient beaucoup moins de plastique que le gobelet en plastique réutilisable
Et voilà, nous y sommes encore à repousser la date butoir d’une interdiction en faveur de l’environnement et, accessoirement, de la santé car, oui, le plastique est aussi nocif pour notre santé !! Les microplastiques nous envahissent.
Quand est-ce que nous serons forts face à des lobbies avides de profits pécuniers sur le dos de leurs acheteurs et autres.
N’y a-t-il pas assez d’études scientifiques sur l’effet néfaste et dévastateur du plastique ?
Regardez les poussins albatros mourant nourris au plastique.
Plus parlant pour l’humain égoïste, regardez les études sur les microplastiques qui se nichent dans les organes (tous, y compris votre cerveau), peuvent passer au fœtus.
Et puis c’est sympa pour les acteurs qui ont déjà anticipé cette interdiction en changeant leur système.
Il faut vraiment arrêter d’être niais et aveugles.
Nous devrions interdire tout bonnement le plastique, un peu à la méthode radicale qui semble revenir concernant le loup…
Je formule un avis défavorable concernant ce projet d’arrêté, qui prévoit une nouvelle fois de repousser l’échéance d’interdiction du plastique dans les gobelets à usage unique.
Il est tout de même étonnant — pour ne pas dire préoccupant — de constater qu’à chaque fois qu’un produit problématique pour l’environnement doit être progressivement retiré de l’industrie, une date butoir est fixée… puis systématiquement repoussée sous la pression des lobbys industriels. Ce report de 2026 à 2030 s’inscrit dans une tendance devenue presque routinière : dès qu’une mesure écologique doit entrer en vigueur, elle se heurte à des arguments de « faisabilité technique » toujours invoqués au dernier moment, alors même que les acteurs concernés connaissent la trajectoire réglementaire depuis des années.
À l’inverse, lorsqu’il s’agit d’autoriser l’usage ou la mise sur le marché de produits potentiellement dangereux, les procédures semblent souvent beaucoup plus rapides et souples. On l’a vu, par exemple, avec l’autorisation accélérée de certains pesticides ou additifs controversés, validés malgré l’existence d’incertitudes ou de risques déjà identifiés. Il devient difficile pour les citoyens de comprendre pourquoi les exigences écologiques nécessitent des décennies d’ajustements successifs, alors que l’introduction de substances problématiques bénéficie d’une étonnante célérité.
Repousser encore l’échéance affaiblit la crédibilité de la loi anti-gaspillage, nuit aux efforts des acteurs qui ont investi dans des solutions réellement sans plastique, et envoie un signal contradictoire au moment où l’urgence écologique nécessite au contraire de la cohérence, de la constance et du courage politique.
Pour ces raisons, je m’oppose à ce nouveau report et recommande de maintenir la date initiale, ou à défaut, de raccourcir significativement le délai proposé
Ce report met en lumière une réalité accablante : le lobbying intense et incessant mené par l’industrie du plastique a manifestement triomphé ces dernières années.
Bien que des solutions alternatives existent et soient reconnues, les industriels ont choisi de défendre bec et ongles leur modèle économique actuel. Plutôt que de faire évoluer leurs machines et leurs matériaux, ils ont privilégié la conservation de leurs engagements et de leurs clients, ignorant totalement les impératifs écologiques et environnementaux.
C’est scandaleux et tout simplement inacceptable ! Pire, sous couvert de considérations environnementales, la France démontre une nouvelle fois son incapacité à concrétiser les propositions qu’elle avait elle-même émises.