Projet de décret portant moratoire sur la pêche de loisir en eau douce de l’anguille d’Europe

Consultation du 03/10/2025 au 27/10/2025 - 895 contributions

L’anguille européenne est un poisson grand migrateur qui grossit en eau douce et se reproduit en mer. Après une phase larvaire de migration depuis la mer des Sargasses vers l’Europe, les anguilles connaîtront au cours de leur vie trois stades de développement : le stade juvénile appelé « civelle » (qui correspond aux anguilles mesurant moins de 12 cm), le stade « anguille jaune », au cours duquel les anguilles colonisent les eaux douces et enfin, le stade « anguille argentée », au cours duquel les reproducteurs retournent en mer des Sargasses.

La pêche de l’anguille intéresse, en eau salée et en eau douce, à la fois les pêcheurs professionnels et les pêcheurs de loisir.

Face à la dégradation de l’état de la population d’anguilles, le règlement (UE) n° 1100/2007 du 18 septembre 2007 a institué des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes. Des restrictions supplémentaires des activités de pêche figurent dans les règlements annuels adoptés pour l’application du règlement (UE) n° 1380/2013 du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche.

En application de ces règlements, la pêche de loisir aux stades civelle et anguille argentée est interdite, en eau douce et en mer, depuis le décret n° 2010-1110 du 22 septembre 2010.

Ensuite, le règlement (UE) 2023/194 du 30 janvier 2023 et le règlement (UE) 2024/259 du 10 janvier 2024 ont directement interdit la pêche de loisir de l’anguille jaune en mer, sur tout le territoire de l’Union européenne, ainsi que la pêche de loisir de l’anguille jaune dans les eaux douces des bassins hydrographiques méditerranéens.

En France, sauf dans les bassins Rhône-Méditerranée et Corse, la pêche de loisir de l’anguille jaune demeure donc autorisée en eau douce.

Pour autant, les prélèvements d’anguilles jaunes par les pêcheurs de loisir en eau douce ne sont pas négligeables. Selon la seule estimation disponible, environ 700 tonnes d’anguilles jaunes étaient prélevées chaque année en eau douce par les pêcheurs de loisir (source : Rapport de mise en œuvre du Plan français de gestion de l’anguille, juin 2024, p. 81), c’est-à-dire presque le triple des prélèvements opérés à la fois en mer et en eau douce par les pêcheurs professionnels.

Il apparaît donc nécessaire d’adopter, partout en France métropolitaine, un moratoire sur la pêche de loisir de l’anguille.

La consultation du public a lieu du vendredi 3 octobre au lundi 27 octobre 2025.

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Commentaires

  •  Pêche de l’anguille jaune, le 19 octobre 2025 à 14h59
    Laisser un niveau d’eau correct dans les marais pour le développement de l’anguille
  •  peche a l’ anguille, le 19 octobre 2025 à 13h19
    il faut que la peche a l’ anguille soit suspendue pour tout le monde (amateurs et professionnels). lorsque l’ on fait des concessions pour arranger les choses, cela doit venir de tout le monde, que ce soit de grès ou de force.
  •  Moratoire sur la pêche à l’anguille, le 19 octobre 2025 à 11h51
    C’est bien de suspendre la pêche de loisir de l’angulle, mais compte tenu des risques de disparition de l’espèce, c’est toute la pêche mondiale qu’il faut interdire le plus rapidement possible. C’est un bon début, mais ce ne sera pas suffisant !
  •  Avis négatif, contre un texte qui ne garantit pas la survie de l’espèce, le 19 octobre 2025 à 10h39
    Ce texte sanctionnera les pêcheurs amateurs, relativement rares, d’anguilles, alors que le vrai problème est la pêche professionnelle de cette espèce, avec des quotas importants (excessifs) de pêche d’une espèce en réel danger d’extinction. Les chiffres de tonnages affichés ne paraissent pas cohérents avec la réalité (d’après les associations de terrain). Quid d’une vraie évaluation des populations par bassin, et donc une adaptation de la pêche professionnelle et des quotas octroyés par cours d’eau ? En plus de cela, le braconnage est un fléau et il faudrait également mettre des moyens plus importants de contrôle et surtout des sanctions largement dissuasives. Enfin, il est aujourd’hui urgent d’axer les politiques publiques, aux niveaux national et territorial, en faveur de la restauration des milieux aquatiques et la préservation de la qualité de l’eau, en redonnant les moyens financiers aux Agences de l’Eau sur tout le cycle de l’eau (petit et grand cycles) et surtout en donnant de vrais moyens de contrôle et de sanction à l’Office Français de la Biodiversité, notre seule "arme" sur le terrain. Les associations qui agissent en faveur des migrateurs devraient elles aussi être bien plus présentes (moyens humains et financiers) et avec des relais vers des moyens répressifs. Ce texte ne garantit en rien la survie de l’espèce. D’autres mesures paraissent bien plus importantes et urgentes.
  •  peche de loisir, le 19 octobre 2025 à 10h31
    pour refaire la population des anguilles il faudrait arréter de pécher massivement les civelles en faisant des controles sur les braconniers et aussi les proféssionelles surtout que la plupart des civelles sont destinées a la chine
  •  l’anguille, tout le monde est concerné, le 19 octobre 2025 à 10h22
    J’ai l’impression que l’on oublie qu’avant d’être jaune l’anguille est une civelle. Donc un bébé d’anguille qu’il faudrait protéger et non pêcher, manger, exporter vers des pays qui pour certains ne se gênent pas pour venir racler nos fonds marins au ras de nos côtes avec leurs gros chalutiers.. Vous voulez protéger les pêcheurs professionnels d’accord mais ils ne vivent pas simplement que des civelles, si oui et bien je comprends leur détermination. Combien sont-ils? Certainement pas aussi nombreux que les employés des multiples entreprises ou usines qui ont fermées, délocalisées. Alors, messieurs les responsables, s’il vous plait, interdisez la pêche des civelles, ce sera une étape de franchie pour que notre anguille ne disparaisse pas et en grattant les fonds de tiroirs vous trouverez, j’en suis persuadé, de quoi indemniser les personnes concernées.
  •  Luc l’Ancien, le 19 octobre 2025 à 09h58
    Ancien pêcheur amateur qui a remisé ses cannes depuis longtemps, j’ai eu l’occasion de prendre des anguilles en mer et en eau douce. Des captures accidentelles dans la majorité des cas qui conduisent les lignes à la case poubelle. Mais bon cela nous éloigne du texte présenté. Il est une fois de plus déplorable de voir les pêcheurs amateurs accusés de la mise en danger des espèces quand on laisse perdurer des pratiques bien plus destructives. 700 tonnes de capture attribués aux pêcheurs amateurs soit une moyenne de 2000/kg par jour !!! L’anguille serait elle la panacée anti-bredouille de la sortie du WE ? Soyons sérieux sur les chiffres. Que l’espèce soit en voie de régression nombre de spécialistes le constatent et une action doit se faire à tous les niveaux. Particuliers ET professionnels. En particulier en commençant par arrêter la pêche des civelles car pas d’alevins pas d’adultes. Quelques juvéniles capturés par les amateurs ne font que réduire de façon infime les futurs adultes du fait du faible nombre d’œufs arrivant au stade reproducteur. Ce texte veut protéger la pêche professionnelle utilisant des moyens beaucoup plus destructeurs mais pourquoi ? A t on la même politique de protection avec la disparition des boulangers, des petits commerces et services de quartier ? NON Alors c’est regrettable pour eux mais la seule solution est un ARRÊT TOTAL POUR TOUS. Ceci n’excluant pas une AIDE SIMILAIRE POUR TOUS et pas aux lobbys les plus bruyants. Et en parallèle une véritable action contre les autres sources de diminution. Les espèces invasives dont les cormorans qui sont de redoutables prédateurs de la faune aquatique (je n’ai pas encore vu d’étude sur des cormorans végan), la pollution chimique des cours d’eau perturbant le cycle reproducteur des espèces, la réduction des zones humides indispensables à la survie des anguilles. Politiques, ouvrez les yeux.
  •  Avis favorable, le 19 octobre 2025 à 09h50

    Je réclame l’arrêt immédiat de la pêche à l’anguille, à toutes ses phases de vie, en France.

    Aucune capture ne doit être permise tant que l’espèce n’est pas sauvée de la menace d’extinction !

  •  Civelle , le 19 octobre 2025 à 07h39
    Il faut interdire la pêche à la civelle pour les professionnels. Il y tellement de braconnage, les professionnels passent au tribunal et s en sortent avec des peines ridicules et donc recommencent …. Il faut simplement interdire cette pêche et ainsi laisser vivre l anguille.
  •  Civelle , le 19 octobre 2025 à 07h38
    Il faut interdire la pêche à la civelle pour les professionnels. Il y tellement de braconnage, les professionnels passent au tribunal et s en sortent avec des peines ridicules et donc recommencent …. Il faut simplement interdire cette pêche et ainsi laisser vivre l anguille.
  •  moratoire sur la pêche de loisir en eau douce de l’anguille d’Europe, le 18 octobre 2025 à 23h02
    Les chiffres annoncés sur la présentation de la consultation semblent totalement aberrants, l’anguille jaune n’est que très peu pêchée par les pêcheurs de loisirs en France métropolitaine. Le bien fondé de ce rapport est donc mis à défaut : pour prendre de des décisions éclairées, il faut s’appuyer sur des bases solides : les fédérations de pêche de loisirs peuvent tout à fait fournir des chiffres reflets de la réalité. Qui plus est, les quotas de pêche de civelles autorisées aux pêcheurs professionnels sont déjà trop élevés, les pêcheurs de loisirs constatent la décroissance de la population d’anguilles dans nous cours d’eau, il est important d’intervenir urgemment.
  •  Anguille , le 18 octobre 2025 à 22h17
    Ne serait il pas plus judicieux d’interdire la pêche des civelles par les professionnels ou tout du moins la restreindre très très fortement, plutôt que encore une fois sans prendre à la pêche de loisir. Une fois de plus nos décideurs sont un peu à côté des bonnes décisions.
  •  Ok pour ce moratoire, le 18 octobre 2025 à 22h10
    Une bonne mesure pour aller dans le sens du sauvetage de l’espèce dont la population s’est effondrée Il serait d’ailleurs nécessaire d’étendre ce moratoire à toutes formes de prélèvement ( loisir et professionnel) et tous stades de développement de l’anguille ( civelle , anguille jaune , anguille argentée) .
  •  Anguille, le 18 octobre 2025 à 21h45

    Je suis pour que les pêcheurs dit loisir continu de pêcher l anguille jaune .
    Il faut savoir que l anguille peux mordre sur des vers mais aussi sur des petits vifs

    Remettre à l eau un poisson qui a eu un
    Hameçon dans sa bouche voir avalé beaucoup plus profond n est judicieux ce poisson va mourir donc autant le laisser aux pêcheurs

  •  Anguille, le 18 octobre 2025 à 21h44

    Je suis pour que les pêcheurs dit loisir continu de pêcher l anguille jaune .
    Il faut savoir que l anguille peux mordre sur des vers mais aussi sur des petits vifs

    Remettre à l eau un poisson qui a eu un
    Hameçon dans sa bouche voir avalé beaucoup plus profond n est judicieux ce poisson va mourir donc autant le laisser aux pêcheurs

  •  Moratoire temporaire oui, MAIS POUR TOUTES LES PECHES, le 18 octobre 2025 à 19h48
    La situation alarmante de l’anguille justifie la mise en place de ce moratoire temporaire MAIS POUR TOUTES LES PECHES (loisir, pêcheurs professionnels en eau douce et aux marins pêcheurs professionnels) et à tous les stades de vie (y compris la civelle). Ces mesures doivent être accompagnées d’un plan de sortie de flotte pour que les pêcheurs professionnels puissent dignement arrêter cette activité et, le cas échéant, assurer leur reconversion.
  •  Moratoire temporaire ou, MAIS POUR TOUTES LES PECHES, le 18 octobre 2025 à 19h48
    La situation alarmante de l’anguille justifie la mise en place de ce moratoire temporaire MAIS POUR TOUTES LES PECHES (loisir, pêcheurs professionnels en eau douce et aux marins pêcheurs professionnels) et à tous les stades de vie (y compris la civelle). Ces mesures doivent être accompagnées d’un plan de sortie de flotte pour que les pêcheurs professionnels puissent dignement arrêter cette activité et, le cas échéant, assurer leur reconversion.
  •  Arrêté anguille , le 18 octobre 2025 à 19h08
    Je m’oppose à ce projet ministériel. L’anguille est une espèce en voie d’extinction le minimum c’est d’interdire même pour les professionnels la pêche à la civelle
  •  Le mauvais combat, le 18 octobre 2025 à 18h25
    Bonjour, je pense qu’en france on se trompe de combat, interdire la pêche de l’anguille ne résoudra jamais le problème de cette espèces en danger d’extinction. Le problème se situe a la base, a savoir le prélèvement des civelles pour le marché asiatique et autres. En plus d’être une aberration écologique ( transport provoquant des émanation de gaz a effet de serre) le prélèvement de ces civelles impact fortement la chance de ces poissons de pouvoir grandir et d’augmenter ainsi la présence de ces individus sur nos cours d’eaux. Ces lois qui soi-disant doivent protéger la faune et la flore sont a l’image du gouvernement depuis quelques temps, c’est a dire inexistante, perdue a la dérive. Il serait peut-être temps de se réveiller en france de se mauvais cauchemar et de mettre les deux pied et les deux mains dans la merde comme on dit par chez moi ( Auvernat, pêcheur passionné et fier de l’être. Aux armes citoyens !!!
  •  Contribution à la consultation sur la pêche aux anguilles – Pour une approche globale et équilibrée, le 18 octobre 2025 à 17h54

    Madame, Monsieur,

    Pêcheur amateur aux engins depuis de nombreuses années, je tiens à apporter ma contribution à cette consultation sur la régulation de la pêche aux anguilles. Bien que je n’aie jamais pratiqué la pêche à l’anguille (ou « dongui »), je suis profondément préoccupé par le déclin de cette espèce emblématique. Cependant, avant d’envisager une interdiction définitive de sa pêche, il me semble essentiel de **remonter aux causes réelles de sa disparition** et de **valoriser le rôle des pêcheurs comme acteurs de la préservation**.

    **1. Les pêcheurs amateurs aux engins : des sentinelles de la rivière**
    Les pêcheurs amateurs, et notamment ceux qui pratiquent aux engins, sont **les premiers témoins des changements dans les écosystèmes aquatiques**. Nous passons des heures au bord de l’eau, observons les milieux, et sommes souvent les premiers à **alerter sur les pollutions, les mortalités de poissons ou la dégradation des habitats**. Par exemple, j’ai moi-même signalé à plusieurs reprises des rejets suspects ou des perturbations liées à des travaux en rivière.

    Notre connaissance fine des milieux pourrait être **mobilisée pour le repeuplement et la protection des anguilles** :
    - **Surveillance des frayères** : nous pouvons repérer les zones de reproduction et alerter en cas de menace.
    - **Participation à des programmes de sciences participatives** : comme le suivi des migrations de civelles ou la pose de passes à anguilles.
    - **Sensibilisation locale** : nous sommes des relais idéaux pour informer le grand public sur les enjeux de préservation.

    **2. Un déclin multifactoriel**
    Les études montrent que la disparition de l’anguille est liée à :
    - **La dégradation des habitats** (barrages, artificialisation, pollution chimique et plastique).
    - **Les activités industrielles** (rejets toxiques, perturbations par les centrales hydroélectriques).
    - **Le changement climatique** (modification des courants et des températures).
    - **Les maladies et parasites**, favorisés par la dégradation de la qualité de l’eau.

    La pêche, qu’elle soit professionnelle ou amateur, n’est plus le facteur principal du déclin actuel. **Une interdiction totale, sans analyse approfondie des autres causes, risquerait d’être inefficace et injuste** pour les pêcheurs qui respectent déjà des règles strictes.

    **3. Propositions pour une gestion durable et collaborative**
    Plutôt qu’une interdiction immédiate, je propose :
    - **Un moratoire ciblé** dans les zones critiques, accompagné d’un **renforcement des études scientifiques** pour identifier les causes précises du déclin.
    - **La restauration des milieux** : assainissement des cours d’eau, suppression des obstacles à la migration, et sanctions contre les rejets industriels illégaux.
    - **L’implication des pêcheurs** dans des programmes de **repeuplement et de suivi**, en partenariat avec les scientifiques et les gestionnaires de rivière.
    - **Un dialogue permanent** avec les pêcheurs, professionnels et amateurs, pour co-construire des solutions adaptées.

    **4. Une transition juste et responsable**
    Si des restrictions supplémentaires s’avèrent nécessaires, elles doivent s’accompagner de **mesures d’accompagnement** pour les pêcheurs (reconversion, indemnisation) et de **campagnes de sensibilisation** pour les amateurs. Les pêcheurs aux engins, en particulier, pourraient devenir des **ambassadeurs de la protection de l’anguille**, à condition d’être associés à la réflexion.

    **Conclusion**
    Je suis convaincu que la protection de l’anguille passe par une **approche globale et collaborative**, intégrant les pêcheurs comme partenaires plutôt que comme cibles. Je vous invite à considérer ces pistes avant toute décision définitive, et reste à votre disposition pour échanger sur ce sujet crucial.

    Cordialement,
    Guillaume Pouyes