Projet d’arrêté relatif à la capture de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques et projet d’arrêté relatif au nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes et de pantières dans les mêmes départements.
La chasse des pigeons ramiers (Columba palumbus) et des pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques est une pratique traditionnelle ancrée dans plusieurs départements du Sud-Ouest de la France. Les deux projets d’arrêtés visent à définir un cadre strict pour ces pratiques cynégétiques conformément aux dispositions de l’article 9 de la directive "oiseaux". Ces arrêtés ont été soumis pour avis au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage le 23 juin 2023 et ont recueilli un avis majoritairement favorable.
Consultation du 07/09/2026 au 28/09/2026 - 9337 contributions
Note de présentation commune
Projet d’arrêté relatif à la capture de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques
Projet d’arrêté relatif au nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques
Introduction :
La chasse des pigeons ramiers (Columba palumbus) et des pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques est une pratique traditionnelle ancrée dans plusieurs départements du Sud-Ouest de la France.
Ces méthodes, transmises sur plusieurs générations, font partie du patrimoine cynégétique local. La pratique de la capture des pigeons ramiers (Columba palumbus) et des pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de filets (pantes et pantières) doit s’inscrire dans les dérogations prévues par l’article 9 de la directive européenne « Oiseaux ».
Ces arrêtés ont été soumis pour avis au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage le 23 juin 2023 et ont recueilli un avis majoritairement favorable.
Contexte :
Le 12 février 2025, la Commission européenne avait envisagé de saisir la Cour de justice de l’Union européenne d’un recours contre la France pour non-respect de la directive « Oiseaux ».
Comme le rappelait la Commission européenne, la France autorise l’utilisation de filets horizontaux et verticaux dans cinq départements (Gers, Lot-et-Garonne, Gironde, Pyrénées-Atlantiques et Landes) pour la capture de deux espèces d’oiseaux de la famille des colombidés, au moyen de cinq actes réglementaires de 2006, 2007 et 2009.
Or, si la directive « Oiseaux » autorise la chasse de ces espèces, elle interdit néanmoins les moyens, installations ou méthodes de capture massive ou non sélective en raison de leur incidence sur la biodiversité, étant donné que ces pratiques risquent de causer un préjudice important à des oiseaux non ciblés, ou de les tuer. L’utilisation de filets pour la capture d’oiseaux est interdite, à moins que les États membres ne remplissent les critères stricts de dérogation autorisés par la directive, mais la France ne démontrait pas suffisamment que les filets litigieux satisfaisaient à ces critères.
Par la suite de nombreux échanges constructifs ont eu lieu avec les services de la Commission européenne. Il en ressort que la Commission européenne a souhaité que la France modernise son dispositif et mette en conformité ces chasses avec les dispositions de l’article 9 de la directive « Oiseaux ». L’objet de cet arrêté répond à cette attente.
La mise en œuvre de cette dérogation s’appuie sur des éléments scientifiques et techniques permettant de démontrer le respect des conditions prévues à l’article 9 de la directive 2009/147/CE concernant la conservation des oiseaux sauvages.
Les deux espèces visées disposent de statuts de conservation favorables dans les listes rouges de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Les travaux conduits par l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) sur la sélectivité de ces modes de capture ont mis en évidence l’absence de capture accidentelle d’espèces non ciblées.
Le dispositif proposé repose sur un encadrement strict des conditions d’exercice de ces pratiques traditionnelles, au travers notamment d’un régime d’autorisation préalable, de prescriptions techniques précises, d’obligations de suivi des captures et de contrôles réalisés par les services compétents.
Les plafonds de captures proposés ont été définis de manière à garantir que les prélèvements demeurent limités à de petites quantités au sens de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne.
Le quota de 80 000 pigeons ramiers (Columba palumbus) demeure ainsi inférieur au seuil de référence correspondant à 1 % de la mortalité annuelle moyenne de l’espèce, estimé à environ 300 000 individus. De même, le quota de 5 000 pigeons colombins (Columba oenas) demeure inférieur au seuil de 1 % de la mortalité annuelle moyenne de cette espèce.
Ces plafonds permettent ainsi de garantir que les prélèvements autorisés restent compatibles avec le maintien des populations concernées dans un état de conservation favorable. La capture de spécimens destinés à être bagués pour améliorer la connaissance de ces deux espèces.
Contenu des arrêtés :
Sur le projet d’arrêté relatif à la capture de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques :
L’article 1er :
• Précise le cadre spatio-temporel de ces chasses.
L’article 2 :
• Rappelle l’exigence de sélectivité de ces chasses.
L’article 3 :
• Liste des prérequis pour pratiquer la capture de pigeons ramiers et de pigeons colombins à l’aide de pantes ou de pantières
L’article 4 :
• Prévoit un régime d’autorisation préalable pour la capture des pigeons ramiers et des pigeons colombins à l’aide de pantes ou de pantières.
L’article 5 :
• Fixe le cadre technique de la capture des pigeons ramiers et des pigeons colombins à l’aide de pantes.
L’article 6 :
• Fixe le cadre technique de la capture de pigeons ramiers et des pigeons colombins à l’aide de pantières.
L’article 7 :
• Concerne l’enregistrement des captures et les formalités à accomplir.
L’article 8 :
• Précise le cadre des contrôles et de la remise d’un rapport par les agents de l’OFB.
L’article 9 :
• Rappelle que l’interdiction de la commercialisation des pigeons colombins.
L’article 10 :
• Il renvoie à un arrêté quota le soin de préciser le nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes et de pantières dans les départements. En outre, cet arrêté peut fixer un nombre d’oiseaux capturés pouvant être relâchés munis d’un dispositif de marquage ou de suivi.
L’article 11 abroge plusieurs textes relatifs à l’encadrement de la chasse aux colombidés et à la palombe dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques :
Sont ainsi abrogés :
• L’arrêté du 11 août 2006 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département du Gers ;
• L’arrêté du 11 août 2006 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département de la Gironde ;
• L’arrêté du 11 août 2006 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département du Lot et Garonne ;
• L’arrêté du 10 septembre 2007 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département des Pyrénées Atlantiques ;
• L’arrêté du 3 août 2009 relatif aux conditions de chasse de la palombe dans le département des Landes ;
• L’arrêté du 3 août 2009 relatif aux conditions de chasse de la palombe dans le département de Lot-et-Garonne.
Sur le projet d’arrêté relatif au nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques :
L’article 1er fixe :
• Le nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) pouvant être capturées, lors de chaque saison cynégétique, à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques. Ce nombre est fixé à 80 000.
• Le nombre maximum de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturées, lors de chaque saison cynégétique, à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques. Ce nombre est fixé à 5000.
L’article 2 prévoit que :
Dans chacun des départements mentionnés à l’article 1er de l’arrêté, 1 % des pigeons ramiers et des pigeons colombins capturées à l’aide de pantes ou de pantières peuvent être relâchées avec un dispositif de marquage ou de suivi posé par des personnes autorisées conformément à la réglementation en vigueur.
Consultations obligatoires :
Le projet d’arrêté nécessitait un examen par le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Ce dernier a rendu un avis favorable à ces projets d’arrêtés le 23 juin dernier.
Le texte présente un d’impact sur l’environnement et nécessite donc à ce titre une consultation publique conformément aux dispositions de l’article L.123-19-1 du code de l’environnement.
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Commentaires
Avis très favorable car pour avis personnel c’est une pratique de chasse traditionnelle, sélective et porteuse de connaissances scientifiques
Je suis très favorable au maintien de cette pratique de chasse traditionnelle, car elle présente, à mes yeux, plusieurs dimensions importantes qui méritent d’être prises en considération, au-delà des seuls aspects cynégétiques.
Tout d’abord, il existe une **dimension culturelle et patrimoniale**. Cette pratique est ancienne et fait partie de l’histoire et de la culture de nombreux territoires ruraux. Elle constitue un héritage transmis entre générations et représente un rapport particulier à la forêt, aux saisons, aux migrations et à la faune sauvage.
La chasse n’est d’ailleurs pas ici uniquement un acte de prélèvement. Elle est également un **moment d’observation et de partage**. Lorsque l’on attend le passage des oiseaux, on prend le temps d’observer l’ensemble de l’environnement et les nombreuses autres espèces présentes dans la forêt. C’est un moment où plusieurs générations peuvent se retrouver, échanger leurs connaissances et simplement passer du temps ensemble.
Cette dimension sociale est essentielle. Ces journées permettent de créer des moments de convivialité simples, loin du rythme quotidien. Pendant quelques heures, les préoccupations habituelles passent au second plan : **la vie semble véritablement suspendue**. Pour beaucoup de pratiquants, cette relation à la nature et cette transmission entre générations constituent une partie essentielle de la valeur de cette pratique.
### Une méthode de capture particulièrement sélective
Il faut également considérer les caractéristiques techniques de cette chasse.
L’utilisation de filets à maille adaptée constitue un **mode de capture qui ne fonctionne pas de la même manière qu’une arme à feu**. La taille des mailles limite mécaniquement les oiseaux susceptibles d’être retenus et les individus qui ne correspondent pas à l’espèce recherchée peuvent être identifiés et relâchés.
Cette possibilité de libération constitue un élément important lorsqu’on parle de sélectivité. Elle permet notamment de remettre en liberté les oiseaux capturés accidentellement et ne correspondant pas à l’objectif recherché.
Cette pratique doit donc être considérée non seulement sous l’angle du prélèvement, mais également sous celui de la **maîtrise de la capture et de la possibilité de contrôle de l’individu capturé**.
### Une pratique qui peut également contribuer à la connaissance scientifique
Un autre aspect particulièrement intéressant est la possibilité d’utiliser ces captures dans le cadre de programmes scientifiques.
Le **Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux (CRBPO) du Muséum national d’Histoire naturelle** coordonne notamment des programmes de baguage permettant d’étudier les déplacements et la dynamique des populations d’oiseaux. Le programme « GIBIER » du CRBPO inclut notamment le Pigeon ramier parmi les espèces suivies.
Les captures peuvent ainsi contribuer, lorsqu’elles sont réalisées dans le cadre des protocoles autorisés, à recueillir des données sur les déplacements, la dispersion, les taux de survie et les migrations. Le programme national consacré aux colombidés s’appuie également sur le baguage, les recaptures et, dans certains cas, sur le suivi par balises de géolocalisation.
Il existe d’ailleurs un historique concret de collaboration entre le monde cynégétique et la recherche scientifique. Des programmes de baguage du Pigeon ramier ont notamment utilisé des captures réalisées selon les méthodes traditionnelles afin d’étudier la biologie et les déplacements migratoires de l’espèce.
Cette dimension scientifique montre qu’une pratique traditionnelle peut également devenir un **outil d’observation et d’acquisition de connaissances**, à condition que les captures soient intégrées à des protocoles scientifiques rigoureux.
### Une pratique qui s’inscrit dans la connaissance des migrations européennes
Le Pigeon ramier (*Columba palumbus*) est une espèce largement répandue en Europe. Il présente des comportements migratoires différents selon les populations : certaines sont essentiellement sédentaires, tandis que d’autres, notamment celles d’Europe du Nord et de l’Est, migrent vers leurs zones d’hivernage, une partie de ces oiseaux traversant la France.
Les données disponibles montrent notamment qu’un flux important de pigeons ramiers traverse les Pyrénées à l’automne, avec une estimation de l’ordre de **1,5 à 3 millions d’oiseaux par automne** pour le flux transpyrénéen.
À l’échelle européenne, l’espèce dispose par ailleurs d’une population nicheuse très importante, estimée à **plus de 9 millions de couples**, et elle est considérée comme largement répandue et globalement sécurisée à l’échelle européenne dans les données disponibles.
En France également, les suivis de l’Office français de la biodiversité montrent une **forte progression des populations nicheuses de Pigeon ramier**, notamment dans le quart nord-ouest du pays.
Cela ne signifie évidemment pas que toute population ou tout flux migratoire doit être considéré comme inépuisable. La gestion d’une espèce migratrice doit au contraire reposer sur des données scientifiques régulièrement actualisées, à l’échelle de l’ensemble de son aire de répartition.
### Une pratique silencieuse et peu perturbatrice
Il faut enfin prendre en compte la nature même de cette chasse **silencieuse et statique**.
Le temps passé sur le site permet également d’observer la faune et d’appréhender la forêt dans son ensemble. Le chasseur devient alors un observateur attentif des migrations, des comportements des oiseaux et des évolutions de son environnement.
Cette relation à la nature mérite d’être reconnue comme une forme de connaissance empirique du milieu, particulièrement lorsqu’elle est associée aux données issues des suivis scientifiques.
### Un débat qui mérite de reposer sur des faits
Il me paraît donc dommage que cette pratique soit parfois jugée uniquement à partir d’images sorties de leur contexte, de témoignages indirects ou de représentations caricaturales.
On peut naturellement débattre de la chasse, de ses modalités et de son encadrement. Mais ce débat devrait être conduit **sur la base de faits, de données scientifiques et d’une connaissance réelle de la pratique**, plutôt que par opposition entre monde rural et monde urbain car tel est le cas actuellement et devient politique.
Comprendre une pratique ne signifie pas nécessairement être d’accord avec elle. Mais avant de vouloir la condamner ou la faire disparaître, il est nécessaire d’en connaître précisément le fonctionnement, son histoire, ses règles, sa sélectivité et les éventuelles contributions qu’elle peut apporter à la connaissance des populations animales.
Cette chasse traditionnelle représente ainsi bien davantage qu’un simple prélèvement : elle constitue à la fois **un héritage culturel, un moment de transmission entre générations, une occasion d’observation de la nature, une méthode de capture pouvant être sélective et, lorsqu’elle est intégrée à des protocoles appropriés, un support potentiel pour la recherche scientifique**.
C’est précisément pour toutes ces raisons qu’elle mérite d’être étudiée objectivement et considérée avec nuance, plutôt que réduite à une simple opposition entre chasseurs et protecteurs de la nature.
- très peu impactante sur la démographie des pigeons ramiers
- pratique qui permet l’apprentissage de la faune et flore locale. Elle demande une écoute permanente de l’environnement, au point de devoir se confondre avec les éléments, et accepter d’être absorbé. Pratique très peu impactante en terme sonore, nullement dangereuse pour quiconque.
- totalement sélective puisque l’oiseau non pigeon ramier capturé par inadvertance peut être relâché dans la foulée
- les mots « pratique traditionnelle » ne rime généralement pas avec barbare !
- cette pratique est un trait d’union entre les générations : ce qui nous relie idéologiquement à nos aïeux, qui perpétue aussi leur souvenir. Un héritage.
FAVORABLE.
La chasse au pigeons ramier représente bien plus que la capture de l’oiseau. Cette capture qui est minime au vue du nombre d’oiseaux toujours plus nombreux d’année en année. Joint a ça, les dégâts commis sur les cultures, devient une réelle problématique.
A côté de ça, c’est une chasse culturelle et très ancrées dans nos régions, qui lies toutes générations.
Qui apprend dès le plus jeune âge, le respect de la nature, sa connaissance et ces règles.
Ces moments apprennent aussi a discuter, échanger, ce qui ce perd petit a petit, remplacé par les écrans et le virtuel.