[Consultation terminée] - Projet d’arrêté relatif à la capture de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques et projet d’arrêté relatif au nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes et de pantières dans les mêmes départements.
La chasse des pigeons ramiers (Columba palumbus) et des pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques est une pratique traditionnelle ancrée dans plusieurs départements du Sud-Ouest de la France. Les deux projets d’arrêtés visent à définir un cadre strict pour ces pratiques cynégétiques conformément aux dispositions de l’article 9 de la directive "oiseaux". Ces arrêtés ont été soumis pour avis au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage le 23 juin 2023 et ont recueilli un avis majoritairement favorable.
Consultation du 07/09/2026 au 28/09/2026 - 10517 contributions
Note de présentation commune
Projet d’arrêté relatif à la capture de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques
Projet d’arrêté relatif au nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques
Introduction :
La chasse des pigeons ramiers (Columba palumbus) et des pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques est une pratique traditionnelle ancrée dans plusieurs départements du Sud-Ouest de la France.
Ces méthodes, transmises sur plusieurs générations, font partie du patrimoine cynégétique local. La pratique de la capture des pigeons ramiers (Columba palumbus) et des pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de filets (pantes et pantières) doit s’inscrire dans les dérogations prévues par l’article 9 de la directive européenne « Oiseaux ».
Ces arrêtés ont été soumis pour avis au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage le 23 juin 2023 et ont recueilli un avis majoritairement favorable.
Contexte :
Le 12 février 2025, la Commission européenne avait envisagé de saisir la Cour de justice de l’Union européenne d’un recours contre la France pour non-respect de la directive « Oiseaux ».
Comme le rappelait la Commission européenne, la France autorise l’utilisation de filets horizontaux et verticaux dans cinq départements (Gers, Lot-et-Garonne, Gironde, Pyrénées-Atlantiques et Landes) pour la capture de deux espèces d’oiseaux de la famille des colombidés, au moyen de cinq actes réglementaires de 2006, 2007 et 2009.
Or, si la directive « Oiseaux » autorise la chasse de ces espèces, elle interdit néanmoins les moyens, installations ou méthodes de capture massive ou non sélective en raison de leur incidence sur la biodiversité, étant donné que ces pratiques risquent de causer un préjudice important à des oiseaux non ciblés, ou de les tuer. L’utilisation de filets pour la capture d’oiseaux est interdite, à moins que les États membres ne remplissent les critères stricts de dérogation autorisés par la directive, mais la France ne démontrait pas suffisamment que les filets litigieux satisfaisaient à ces critères.
Par la suite de nombreux échanges constructifs ont eu lieu avec les services de la Commission européenne. Il en ressort que la Commission européenne a souhaité que la France modernise son dispositif et mette en conformité ces chasses avec les dispositions de l’article 9 de la directive « Oiseaux ». L’objet de cet arrêté répond à cette attente.
La mise en œuvre de cette dérogation s’appuie sur des éléments scientifiques et techniques permettant de démontrer le respect des conditions prévues à l’article 9 de la directive 2009/147/CE concernant la conservation des oiseaux sauvages.
Les deux espèces visées disposent de statuts de conservation favorables dans les listes rouges de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Les travaux conduits par l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) sur la sélectivité de ces modes de capture ont mis en évidence l’absence de capture accidentelle d’espèces non ciblées.
Le dispositif proposé repose sur un encadrement strict des conditions d’exercice de ces pratiques traditionnelles, au travers notamment d’un régime d’autorisation préalable, de prescriptions techniques précises, d’obligations de suivi des captures et de contrôles réalisés par les services compétents.
Les plafonds de captures proposés ont été définis de manière à garantir que les prélèvements demeurent limités à de petites quantités au sens de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne.
Le quota de 80 000 pigeons ramiers (Columba palumbus) demeure ainsi inférieur au seuil de référence correspondant à 1 % de la mortalité annuelle moyenne de l’espèce, estimé à environ 300 000 individus. De même, le quota de 5 000 pigeons colombins (Columba oenas) demeure inférieur au seuil de 1 % de la mortalité annuelle moyenne de cette espèce.
Ces plafonds permettent ainsi de garantir que les prélèvements autorisés restent compatibles avec le maintien des populations concernées dans un état de conservation favorable. La capture de spécimens destinés à être bagués pour améliorer la connaissance de ces deux espèces.
Contenu des arrêtés :
Sur le projet d’arrêté relatif à la capture de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques :
L’article 1er :
• Précise le cadre spatio-temporel de ces chasses.
L’article 2 :
• Rappelle l’exigence de sélectivité de ces chasses.
L’article 3 :
• Liste des prérequis pour pratiquer la capture de pigeons ramiers et de pigeons colombins à l’aide de pantes ou de pantières
L’article 4 :
• Prévoit un régime d’autorisation préalable pour la capture des pigeons ramiers et des pigeons colombins à l’aide de pantes ou de pantières.
L’article 5 :
• Fixe le cadre technique de la capture des pigeons ramiers et des pigeons colombins à l’aide de pantes.
L’article 6 :
• Fixe le cadre technique de la capture de pigeons ramiers et des pigeons colombins à l’aide de pantières.
L’article 7 :
• Concerne l’enregistrement des captures et les formalités à accomplir.
L’article 8 :
• Précise le cadre des contrôles et de la remise d’un rapport par les agents de l’OFB.
L’article 9 :
• Rappelle que l’interdiction de la commercialisation des pigeons colombins.
L’article 10 :
• Il renvoie à un arrêté quota le soin de préciser le nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes et de pantières dans les départements. En outre, cet arrêté peut fixer un nombre d’oiseaux capturés pouvant être relâchés munis d’un dispositif de marquage ou de suivi.
L’article 11 abroge plusieurs textes relatifs à l’encadrement de la chasse aux colombidés et à la palombe dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques :
Sont ainsi abrogés :
• L’arrêté du 11 août 2006 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département du Gers ;
• L’arrêté du 11 août 2006 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département de la Gironde ;
• L’arrêté du 11 août 2006 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département du Lot et Garonne ;
• L’arrêté du 10 septembre 2007 relatif à la chasse des colombidés au moyen de filets dans le département des Pyrénées Atlantiques ;
• L’arrêté du 3 août 2009 relatif aux conditions de chasse de la palombe dans le département des Landes ;
• L’arrêté du 3 août 2009 relatif aux conditions de chasse de la palombe dans le département de Lot-et-Garonne.
Sur le projet d’arrêté relatif au nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) et de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturés à l’aide de pantes dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques et de pantières dans le département des Pyrénées-Atlantiques :
L’article 1er fixe :
• Le nombre maximum de pigeons ramiers (Columba palumbus) pouvant être capturées, lors de chaque saison cynégétique, à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques. Ce nombre est fixé à 80 000.
• Le nombre maximum de pigeons colombins (Columba oenas) pouvant être capturées, lors de chaque saison cynégétique, à l’aide de pantes et de pantières dans les départements du Gers, de la Gironde, des Landes, de Lot-et-Garonne et des Pyrénées‑Atlantiques. Ce nombre est fixé à 5000.
L’article 2 prévoit que :
Dans chacun des départements mentionnés à l’article 1er de l’arrêté, 1 % des pigeons ramiers et des pigeons colombins capturées à l’aide de pantes ou de pantières peuvent être relâchées avec un dispositif de marquage ou de suivi posé par des personnes autorisées conformément à la réglementation en vigueur.
Consultations obligatoires :
Le projet d’arrêté nécessitait un examen par le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Ce dernier a rendu un avis favorable à ces projets d’arrêtés le 23 juin dernier.
Le texte présente un d’impact sur l’environnement et nécessite donc à ce titre une consultation publique conformément aux dispositions de l’article L.123-19-1 du code de l’environnement.
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11 septembre 2026
Commentaires
La gestion de la faune sauvage et de la biodiversité est un sujet complexe qui suscite de vifs débats en France. Pour construire une argumentation solide défendant le rôle des chasseurs comme gestionnaires indispensables de la nature, il convient de s’appuyer sur des arguments institutionnels, écologiques, économiques et réglementaires.
Voici les principaux axes pour étayer cette position :
La régulation des grands types de gibier et l’équilibre sylvo-cynégétique
La surpopulation du grand gibier : Les populations de sangliers, de cerfs et de chevreuils ont considérablement augmenté en raison de l’absence de grands prédateurs naturels et des modifications agricoles. Sans régulation, ces espèces causent des dégâts majeurs aux cultures agricoles et aux jeunes pousses dans les forêts (compromettant le renouvellement forestier).
Le plan de chasse obligatoire : Fixé par l’État (via le Préfet) après avis de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS), le plan de chasse impose aux chasseurs de prélever un nombre précis d’animaux. Il s’agit d’une mission de service public déléguée, indispensable pour maintenir l’équilibre entre la faune et la flore.
Le financement de l’indemnisation des dégâts agricoles
Un système autofinancé : Les chasseurs sont les seuls à indemniser financièrement les agriculteurs pour les dégâts causés à leurs cultures par le grand gibier. Ces indemnisations (qui se chiffrent en dizaines de millions d’euros par an) sont intégralement financées par les taxes de tir et les cotisations payées par les chasseurs eux-mêmes, sans peser sur les contribuables.
La responsabilité financière : Si la chasse venait à s’arrêter ou à être drastiquement réduite, la charge financière de ces dégâts ou le coût d’une régulation par des agents de l’État (louvetiers, gardes nationaux) basculeraient sur le budget public.
3. L’aménagement des milieux et le maintien de la biodiversité
La gestion des habitats : Les chasseurs entretiennent activement les territoires de manière concrète sur le terrain : plantation de haies, création de mares, entretien de jachères de faune sauvage ou de points d’eau. Ces aménagements profitent à l’ensemble de la microfaune (insectes, oiseaux non chassables, petits mammifères) et favorisent la biodiversité globale.
La lutte contre les espèces exotiques envahissantes : Les piégeurs agréés, souvent issus des rangs des chasseurs, régulent des espèces introduites qui menacent les écosystèmes locaux, comme le ragondin, le rat musqué ou le vison d’Amérique.
Une présence quotidienne et un réseau de surveillance (éco-citoyenneté)
La connaissance fine du terrain : Présents tout au long de l’année (et pas seulement pendant la période de chasse), les chasseurs possèdent une connaissance empirique et locale fine des dynamiques animales de leur secteur.
La veille sanitaire (Réseau SAGIR) : En collaboration avec l’Office Français de la Biodiversité (OFB), les chasseurs participent activement au suivi sanitaire de la faune sauvage (détection de maladies comme la peste porcine, la grippe aviaire ou la tularémie) en signalant et en collectant les cadavres d’animaux.
Nuances et points de vigilance pour une argumentation robuste
Pour que cette argumentation reste solide face à des contradicteurs, il est important d’anticiper les arguments opposés (souvent portés par les associations environnementales) afin de ne pas se laisser déstabiliser :
Argument des détracteurs Réponse ou contre-argumentaire
« La nature se régule seule. » L’argument est vrai dans des parcs naturels vierges de toute activité humaine. En Europe, les paysages sont artificialisés, fragmentés par les routes et intensifiés par l’agriculture. L’intervention humaine est donc devenue techniquement nécessaire pour maintenir les équilibres.
« Les chasseurs nourrissent les animaux (agrainage). » L’agrainage est strictement réglementé et sert principalement à maintenir les sangliers au cœur des forêts pour les dissuader de s’approcher des parcs agricoles et de détruire les récoltes.
« La chasse nuit à la biodiversité des espèces menacées. » Les espèces soumises aux quotas de chasse font l’objet d’un suivi scientifique rigoureux. Les prélèvements s’adaptent à l’état de conservation des espèces grâce aux systèmes d’enveloppes de prélèvement maximum. La défense des chasses traditionnelles dans le Sud-Ouest, en particulier celle du pigeon ramier (la célèbre palombe) au moyen des pantes et des pantières, repose sur une vision où le chasseur n’est pas un simple préleveur, mais un artisan de la biodiversité et le gardien d’un équilibre territorial. Pratiquée historiquement du 1er octobre au 20 novembre, cette quête passionnée s’appuie sur des arguments techniques et écologiques forts pour démontrer que les chasseurs en sont les gestionnaires légitimes.
Voici les axes d’une argumentation solide centrée sur les départements de la Gironde (33), du Gers (32), des Landes (40), du Lot-et-Garonne (47), des Pyrénées-Atlantiques (64) et des Hautes-Pyrénées (65) :
1. Une sélectivité absolue et scientifiquement prouvée
La taille des mailles : Contrairement aux idées reçues sur les filets de capture de masse, les pantes (horizontales au sol en plaine) et les pantières (verticales dans les cols pyrénéens) utilisent des mailles calibrées spécifiquement pour la taille de la palombe. Les petits oiseaux passent au travers sans encombre.
Le contrôle humain instantané : Le filet n’est jamais passif. Il est déclenché manuellement par le chasseur au moment précis où le vol ciblé est à portée. Si un oiseau d’une autre espèce s’égare, le filet n’est pas activé, ou l’oiseau est immédiatement relâché indemne.
Le constat de l’OFB : Les suivis de terrain menés par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) confirment qu’aucune prise accidentelle significative n’a été recensée sur les vingt dernières saisons de chasse. C’est la preuve d’une pratique 100 % sélective.
2. Un impact dérisoire sur une population en pleine expansion
Une espèce non menacée : Le pigeon ramier est dans un état de conservation exceptionnel en Europe. Ses populations ont doublé au cours des deux dernières décennies.
Prélèvements marginaux : La capture aux filets ne représente qu’environ 1 % de la mortalité naturelle de l’espèce. Ce mode de chasse n’a absolument aucun impact sur la viabilité ou la dynamique migratoire globale de la palombe.
3. Les chasseurs, veilleurs et protecteurs des espaces forestiers
Entretien des biotopes : Pour installer et maintenir une palombière, les chasseurs investissent des milliers d’heures bénévoles à entretenir la forêt de Gascogne, les bois de plaine et les cols de montagne. Sans cette présence active, de nombreux espaces forestiers ruraux seraient laissés à l’abandon ou dégradés.
Régulation indispensable face aux dégâts agricoles : Le pigeon ramier est de plus en plus classé comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD) dans de nombreuses plaines agricoles en raison de sa prolifération. En régulant les populations lors de leur passage, les paloumayres participent activement à la protection des cultures locales (notamment les semis de printemps et de céréales).
4. Une sentinelle face au changement climatique et aux migrations
Collecte de données : Les chasseurs du Sud-Ouest sont les premiers à documenter l’évolution des voies migratoires. Avec le réchauffement climatique, de plus en plus de palombes hivernent directement en France (notamment dans le grand Sud-Ouest) plutôt que de franchir les Pyrénées. Les observations quotidiennes dans les installations fournissent aux scientifiques des données précieuses sur le comportement d’adaptation des oiseaux.
Veille sanitaire constante : Les paloumayres surveillent en continu l’état sanitaire des oiseaux sauvages. Ils permettent une détection précoce des épizooties (telles que la grippe aviaire ou la trichomonose) qui pourraient décimer les populations aviaires ou menacer les élevages locaux.
Un argument de poids : La refonte réglementaire (Septembre 2026)
Le gouvernement français a mis en consultation publique de nouveaux projets d’arrêtés ministériels visant à pérenniser la capture des colombidés aux pantes et pantières dans les cinq départements historiques (32, 33, 40, 47, 64). Ces textes prévoient un encadrement encore plus strict pour répondre aux exigences juridiques européennes :
Des autorisations individuelles nominatives.
Une formation obligatoire renforcée pour les pratiquants.
Un suivi en temps réel des captures associé à des plafonds maximums de prélèvements.
Chasses éternelles
Cet encadrement moderne prouve que la chasse traditionnelle n’est pas une pratique anarchique, mais une activité hautement encadrée par l’État, gérée par des passionnés responsables et soucieux de la ressource.
La gestion de la faune sauvage et de la biodiversité est un sujet complexe qui suscite de vifs débats en France. Pour construire une argumentation solide défendant le rôle des chasseurs comme gestionnaires indispensables de la nature, il convient de s’appuyer sur des arguments institutionnels, écologiques, économiques et réglementaires.
Voici les principaux axes pour étayer cette position :
La régulation des grands types de gibier et l’équilibre sylvo-cynégétique
La surpopulation du grand gibier : Les populations de sangliers, de cerfs et de chevreuils ont considérablement augmenté en raison de l’absence de grands prédateurs naturels et des modifications agricoles. Sans régulation, ces espèces causent des dégâts majeurs aux cultures agricoles et aux jeunes pousses dans les forêts (compromettant le renouvellement forestier).
Le plan de chasse obligatoire : Fixé par l’État (via le Préfet) après avis de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS), le plan de chasse impose aux chasseurs de prélever un nombre précis d’animaux. Il s’agit d’une mission de service public déléguée, indispensable pour maintenir l’équilibre entre la faune et la flore.
Le financement de l’indemnisation des dégâts agricoles
Un système autofinancé : Les chasseurs sont les seuls à indemniser financièrement les agriculteurs pour les dégâts causés à leurs cultures par le grand gibier. Ces indemnisations (qui se chiffrent en dizaines de millions d’euros par an) sont intégralement financées par les taxes de tir et les cotisations payées par les chasseurs eux-mêmes, sans peser sur les contribuables.
La responsabilité financière : Si la chasse venait à s’arrêter ou à être drastiquement réduite, la charge financière de ces dégâts ou le coût d’une régulation par des agents de l’État (louvetiers, gardes nationaux) basculeraient sur le budget public.
3. L’aménagement des milieux et le maintien de la biodiversité
La gestion des habitats : Les chasseurs entretiennent activement les territoires de manière concrète sur le terrain : plantation de haies, création de mares, entretien de jachères de faune sauvage ou de points d’eau. Ces aménagements profitent à l’ensemble de la microfaune (insectes, oiseaux non chassables, petits mammifères) et favorisent la biodiversité globale.
La lutte contre les espèces exotiques envahissantes : Les piégeurs agréés, souvent issus des rangs des chasseurs, régulent des espèces introduites qui menacent les écosystèmes locaux, comme le ragondin, le rat musqué ou le vison d’Amérique.
Une présence quotidienne et un réseau de surveillance (éco-citoyenneté)
La connaissance fine du terrain : Présents tout au long de l’année (et pas seulement pendant la période de chasse), les chasseurs possèdent une connaissance empirique et locale fine des dynamiques animales de leur secteur.
La veille sanitaire (Réseau SAGIR) : En collaboration avec l’Office Français de la Biodiversité (OFB), les chasseurs participent activement au suivi sanitaire de la faune sauvage (détection de maladies comme la peste porcine, la grippe aviaire ou la tularémie) en signalant et en collectant les cadavres d’animaux.
Nuances et points de vigilance pour une argumentation robuste
Pour que cette argumentation reste solide face à des contradicteurs, il est important d’anticiper les arguments opposés (souvent portés par les associations environnementales) afin de ne pas se laisser déstabiliser :
Argument des détracteurs Réponse ou contre-argumentaire
« La nature se régule seule. » L’argument est vrai dans des parcs naturels vierges de toute activité humaine. En Europe, les paysages sont artificialisés, fragmentés par les routes et intensifiés par l’agriculture. L’intervention humaine est donc devenue techniquement nécessaire pour maintenir les équilibres.
« Les chasseurs nourrissent les animaux (agrainage). » L’agrainage est strictement réglementé et sert principalement à maintenir les sangliers au cœur des forêts pour les dissuader de s’approcher des parcs agricoles et de détruire les récoltes.
« La chasse nuit à la biodiversité des espèces menacées. » Les espèces soumises aux quotas de chasse font l’objet d’un suivi scientifique rigoureux. Les prélèvements s’adaptent à l’état de conservation des espèces grâce aux systèmes d’enveloppes de prélèvement maximum. La défense des chasses traditionnelles dans le Sud-Ouest, en particulier celle du pigeon ramier (la célèbre palombe) au moyen des pantes et des pantières, repose sur une vision où le chasseur n’est pas un simple préleveur, mais un artisan de la biodiversité et le gardien d’un équilibre territorial. Pratiquée historiquement du 1er octobre au 20 novembre, cette quête passionnée s’appuie sur des arguments techniques et écologiques forts pour démontrer que les chasseurs en sont les gestionnaires légitimes.
Voici les axes d’une argumentation solide centrée sur les départements de la Gironde (33), du Gers (32), des Landes (40), du Lot-et-Garonne (47), des Pyrénées-Atlantiques (64) et des Hautes-Pyrénées (65) :
1. Une sélectivité absolue et scientifiquement prouvée
La taille des mailles : Contrairement aux idées reçues sur les filets de capture de masse, les pantes (horizontales au sol en plaine) et les pantières (verticales dans les cols pyrénéens) utilisent des mailles calibrées spécifiquement pour la taille de la palombe. Les petits oiseaux passent au travers sans encombre.
Le contrôle humain instantané : Le filet n’est jamais passif. Il est déclenché manuellement par le chasseur au moment précis où le vol ciblé est à portée. Si un oiseau d’une autre espèce s’égare, le filet n’est pas activé, ou l’oiseau est immédiatement relâché indemne.
Le constat de l’OFB : Les suivis de terrain menés par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) confirment qu’aucune prise accidentelle significative n’a été recensée sur les vingt dernières saisons de chasse. C’est la preuve d’une pratique 100 % sélective.
2. Un impact dérisoire sur une population en pleine expansion
Une espèce non menacée : Le pigeon ramier est dans un état de conservation exceptionnel en Europe. Ses populations ont doublé au cours des deux dernières décennies.
Prélèvements marginaux : La capture aux filets ne représente qu’environ 1 % de la mortalité naturelle de l’espèce. Ce mode de chasse n’a absolument aucun impact sur la viabilité ou la dynamique migratoire globale de la palombe.
3. Les chasseurs, veilleurs et protecteurs des espaces forestiers
Entretien des biotopes : Pour installer et maintenir une palombière, les chasseurs investissent des milliers d’heures bénévoles à entretenir la forêt de Gascogne, les bois de plaine et les cols de montagne. Sans cette présence active, de nombreux espaces forestiers ruraux seraient laissés à l’abandon ou dégradés.
Régulation indispensable face aux dégâts agricoles : Le pigeon ramier est de plus en plus classé comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD) dans de nombreuses plaines agricoles en raison de sa prolifération. En régulant les populations lors de leur passage, les paloumayres participent activement à la protection des cultures locales (notamment les semis de printemps et de céréales).
4. Une sentinelle face au changement climatique et aux migrations
Collecte de données : Les chasseurs du Sud-Ouest sont les premiers à documenter l’évolution des voies migratoires. Avec le réchauffement climatique, de plus en plus de palombes hivernent directement en France (notamment dans le grand Sud-Ouest) plutôt que de franchir les Pyrénées. Les observations quotidiennes dans les installations fournissent aux scientifiques des données précieuses sur le comportement d’adaptation des oiseaux.
Veille sanitaire constante : Les paloumayres surveillent en continu l’état sanitaire des oiseaux sauvages. Ils permettent une détection précoce des épizooties (telles que la grippe aviaire ou la trichomonose) qui pourraient décimer les populations aviaires ou menacer les élevages locaux.
Un argument de poids : La refonte réglementaire (Septembre 2026)
Le gouvernement français a mis en consultation publique de nouveaux projets d’arrêtés ministériels visant à pérenniser la capture des colombidés aux pantes et pantières dans les cinq départements historiques (32, 33, 40, 47, 64). Ces textes prévoient un encadrement encore plus strict pour répondre aux exigences juridiques européennes :
Des autorisations individuelles nominatives.
Une formation obligatoire renforcée pour les pratiquants.
Un suivi en temps réel des captures associé à des plafonds maximums de prélèvements.
Chasses éternelles
Cet encadrement moderne prouve que la chasse traditionnelle n’est pas une pratique anarchique, mais une activité hautement encadrée par l’État, gérée par des passionnés responsables et soucieux de la ressource.
- Parce que parler de « petites quantités » lorsqu’il est question de 85 000 oiseaux par saison est scandaleux. Et surtout : une tradition ne justifie pas tous. La Cour de justice de l’Union européenne l’a déjà rappelé : le caractère traditionnel d’une méthode de capture ne suffit pas, à lui seul, à justifier une dérogation aux règles de protection des oiseaux. Les animaux sauvages ne sont pas des accessoires de loisirs que l’on peut capturer au filet simplement parce qu’« on l’a toujours fait ».