Projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction

La présente consultation, fondée sur l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, porte sur un projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction.

Consultation du 27/11/2025 au 19/12/2025 - 32384 contributions

Le projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction :

  • Remplacera et abrogera l’arrêté du 21 février 2024 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus) ;
  • Modifiera l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection pour en retirer la mention du loup (Canis lupus) ;
  • Est pris en transposition de la directive (UE) 2025/1237 du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2025 modifiant la directive 92/43/CEE du Conseil en ce qui concerne le statut de protection du loup (Canis lupus).

I. Contexte

Le projet d’arrêté soumis à consultation du public s’inscrit dans le cadre du reclassement du loup à la Convention de Berne le 06 décembre 2024 et à la Directive Habitats Faune Flore (DHFF) le 17 juin 2025. Ainsi, le loup ne relève plus de l’article 12 de la DHFF, définissant les mesures nécessaires pour instaurer un système de protection stricte, mais de l’article 14, listant les mesures de gestion possible pour que le prélèvement dans la nature de spécimens, ainsi que leur exploitation, soit compatible avec leur maintien dans un état de conservation favorable.

Ce changement d’annexe emporte deux conséquences majeures en matière de destruction. En effet, cela ouvre la possibilité de prélever des loups sans nécessairement démontrer l’épuisement d’autres solutions alternatives satisfaisantes au prélèvement ni le risque de dommages importants aux élevages. En revanche, l’article 14 de la DHFF dispose que les mesures de gestion mises en œuvre soient compatibles avec le maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable.

II. Objectifs poursuivis

L’objectif du projet d’arrêté est de traduire au niveau national le reclassement du loup en définissant le nouveau cadre réglementaire applicable à cette espèce : il vise tant à définir le statut de protection du loup, qu’à préciser les conditions et les limites de sa destruction.

III. Contenu du projet d’arrêté

Le projet d’arrêté maintient le loup comme espèce protégée en reprenant une partie des dispositions de l’arrêté du 23 avril 2007. Un certain nombre de nouvelles dispositions visent à faciliter l’aspect procédural de la destruction des loups, excluant ces-dernières du champ des interdictions applicables aux espèces protégées, conformément aux assouplissements permis par le reclassement. Néanmoins, toute destruction intentionnelle en dehors du cadre défini dans le projet d’arrêté demeurera considérée comme illégale et punie des peines actuellement encourues (3 ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende).

A) Procédure de tir : distinction des régimes selon le zonage caractérisant la pression de prédation (cercles 0 à 3), les types de troupeaux et l’existence de mesures de protection

Dès lors que le loup n’est plus considéré comme une espèce nécessitant une protection stricte en application de l’article 12 et de l’annexe IV de la DHFF, les mesures de destruction qui lui sont applicables peuvent ne plus nécessiter de dérogations au sens de l’article L.411-2, 4° du Code de l’environnement. Le projet d’arrêté dispose ainsi que des destructions de loups pourront se faire en l’absence d’autorisation individuelle, sur simple déclaration préalable auprès de la préfecture. Cette possibilité ne sera toutefois pas ouverte à l’ensemble des cercles (article 13) :
-  Cercles 0, 1, 2 : destruction possible sur déclaration ;
-  Cercle 3 : destruction possible sur autorisation individuelle à condition d’avoir mis en œuvre des tirs d’effarouchement et apporté des éléments permettant d’apprécier la pression de prédation.

Les tirs létaux seront désormais possibles en l’absence de mesures de protection (chien, clôture électrifiée ou gardiennage) pour l’ensemble des zones (cercles 0 à 3). Cependant, la mise en œuvre des mesures de protection reste encouragée. En particulier, le déploiement de ces mesures de protection bénéficiera, au-delà des effets directs de réduction de la prédation, aux éleveurs de troupeaux d’ovins ou caprins qui auront :
-  la possibilité d’une intervention des lieutenants de louveterie ou de la brigade mobile d’intervention en défense du troupeau (article 5) ;
-  la possibilité d’un tir de prélèvement si des dommages exceptionnels continuent d’être constatés malgré la mise en œuvre de tirs de défense (article 20) ;
-  une durée de validité de la déclaration portée à 3 ans (hors cercle 3) contre un an pour les autres éleveurs (article 16) ;
-  l’indemnisation des pertes au-delà de la deuxième attaque (hors cercle 3*).

Les troupeaux bovins et équins continueront, quelle que soit la zone (cercle) où ils pâturent, de relever d’un régime d’autorisation individuelle conformément à l’article 47 de la loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture. Cette autorisation restera valable un an et sera conditionnée à la mise en œuvre de mesures de réduction de la vulnérabilité, telles que listées aujourd’hui dans l’arrêté du 21 février 2024 (article 13)**. Le déploiement de telles mesures ouvrira également la possibilité d’une intervention des lieutenants de louveterie ou de la brigade mobile d’intervention de l’OFB en défense du troupeau (article 5).

Les dispositions particulières, applicables en réserves naturelles nationales constituées pour des motifs incluant la conservation de la faune sauvage et en cœur des parcs nationaux demeurent inchangées (articles 10, 13, 14 et 18).

L’utilisation du matériel de tirs à visée thermique demeure strictement réservée aux lieutenants de louveterie et agents de l’OFB (articles 14 et 22).

* Cette disposition n’apparaît pas dans ce projet d’arrêté mais sera traduite dans un décret simple modifiant le décret n° 2019-722 du 9 juillet 2019 relatif à l’indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup, l’ours et le lynx.

** Il est toutefois prévu, à terme, une harmonisation des règles entre les différents troupeaux (ovins/caprins et bovins/équins). Cette évolution nécessitant la modification du cadre législatif ne peut faire l’objet d’une disposition dans le projet d’arrêté.

B) Modalités de gestion du plafond de tir

Le plafond annuel pour la destruction de loups fait l’objet d’un arrêté dédié (arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année) et n’entre donc pas dans le champ du présent projet d’arrêté. Ce plafond sera maintenu à 19% (+2%) de la population totale estimée en 2026, selon la méthode capture-marquage-recapture. Toutefois, bien que le volume de destruction autorisé demeure inchangé, les modalités de gestion de ces destructions ont été prévues dans l’optique de réserver les tirs aux territoires où la prévention ou la diminution de dommages importants aux troupeaux domestiques est prioritaire.

Ainsi, le préfet coordonnateur aura la possibilité, si le niveau de consommation s’avérait trop précoce et avant l’atteinte du plafond, de suspendre temporairement ou jusqu’à la fin de l’année les déclarations et autorisations de tir sur les territoires qu’il détermine (article 4). Dans ces conditions, les tirs pourraient, sur accord du préfet coordonnateur, continuer d’être mis en œuvre seulement par les lieutenants de louveterie ou la brigade mobile d’intervention (article 5) afin de conserver une meilleure maîtrise de consommation du plafond.

C) Modifications et nouvelles dispositions

Un certain nombre de modifications et de nouvelles dispositions ont été introduites à l’occasion de ce projet d’arrêté. Ainsi :
-  La perturbation intentionnelle, la capture, l’enlèvement, le transport de spécimens de loups sera possible aux fins de recherche scientifique pour le Muséum d’Histoire Naturelle, l’Office Français de la Biodiversité et le Centre National de la Recherche Scientifique sans qu’une dérogation au titre des espèces protégées soit nécessaire (article 1er et article 27) ;
-  Les modalités de mise en œuvre des tirs ainsi que le matériel de tir autorisé ont été précisés (article 14) ;
-  Les tirs de défense simple et de défense renforcée ont été fusionnés en un unique « tir de défense » dont le nombre de tireurs par lot ne peut excéder deux (ou trois par dérogation) (article 17) ;
-  Les modalités applicables aux troupeaux protégés ont été étendues (article 5) aux troupeaux ou lots d’animaux considérés comme non-protégeables (article 8) ainsi qu’aux troupeaux situés dans certaines zones d’expansion (zone difficilement protégeable) (article 26) ;
-  Les tirs de prélèvement sont possibles après accord du préfet coordonnateur à partir du 1er juillet (article 18), pour les élevages protégés ou situés en zone difficilement protégeable, si des dommages exceptionnels continuent d’être constatés malgré la mise en œuvre de tirs de défense (article 20) ;
- Les tirs de prélèvement seront mis en œuvre sous la responsabilité des lieutenants de louveterie ou l’OFB avec l’appui de chasseurs.

Un tableau récapitulatif des différentes évolutions du protocole de tir est présenté dans le rapport de présentation joint.

Merci de préciser, en intitulé de vos observations, votre positionnement sur le texte (FAVORABLE ou DÉFAVORABLE).

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Commentaires

  •  Avis défavorable, le 19 décembre 2025 à 18h08
    On ne peut pas privilégier les tirs létaux sur le loup pour remplacer d’autres moyens efficaces de sécurité des troupeaux comme les clôtures, les chiens de garde, le gardiennage qui ne mettent pas en danger la conservation du loup en France tout en protégeant les troupeaux de la prédation. On ne peut pas reculer. Cette espèce est déjà affaiblie par un taux de prélèvement élevé de 19 % pour une population nationale qui stagne à environ 1000 individus. On a d’ailleurs aucune preuve scientifique que les tirs ont un réel impact sur le nombre d’attaque des troupeaux et même bien au contraire la fragmentation de la meute augmenterait les attaque.
  •  Avis défavorable , le 19 décembre 2025 à 18h08
    Contre ce projet
  •  Le loup, réduisons sa présence., le 19 décembre 2025 à 18h07
    Bonjour amis des villes qui veulent régir le monde de la campagne. Sachez qu’au delà de vos états d’âmes, il existe une autre vie qui a des obligations envers le monde rural. Je pourrais croire que certaines personnes impactées directement auraient pouvoir de décision, mais a priori la démocratie donne la parole a tout le monde, ce qui est normal. Cependant, amis des villes, que savez vous des aléas du monde rural, bien peu de choses, si ce n’ est qu’un petit séjour d’une semaine parmi nous. Trois petits tours et puis s’en vont. Réfléchissez, nous avons pu vivre sans, maintenant vivre avec nous coûte une fortune, cet argent inutilement dépensé serait bien utile pour d’autres projets, par exemple pour la précarité de certaines personnes. Il est là, réduisons son impact envers les métiers qui sont touchés. Ne nous laissons pas dépasser par des décisions fantasques.
  •  Avis défavorable, le 19 décembre 2025 à 18h07
    L’état de conservation du loup n’est pas favorable en France (cf. dernier avis OFB/MNHN) et si les tirs doivent rester une possibilité, seules les mesures de protection sont efficaces sur le long terme (clôture, présence humaine et chiens de protection). De plus, le tir d’effarouchement traumatique (et l’apprentissage qui en découle) semble mieux adapté et plus efficace. Autre point, le passage à un régime déclaratif risque d’envoyer un signal symbolique néfaste, pouvant engendrer une augmentation des cas de braconnage.
  •  Avis DEFAVORABLE, le 19 décembre 2025 à 18h06

    Je suis CONTRE ce projet d’arrêté pour plusieurs raisons.

    1) Aucune étude n’a prouvé que les abattages de loups ont permis de faire baisser les dommages sur les troupeaux. Au contraire, ils semblent aggraver les problèmes.  Tuer un loup peut déstructurer une meute surtout s’il fait partie du couple alpha. Ce n’est pas une solution, bien au contraire, car cela provoque un éparpillement des meutes et la conquête de nouveaux territoires. Cela peut déstabiliser la hiérarchie des meutes et favoriser le report de la prédation sur les troupeaux, plus faciles à attaquer lorsque les loups sont moins nombreux (ou solitaires).

    2) Les grands prédateurs sont indispensables aux écosystèmes. En chassant ils éliminent les animaux les plus faibles (et ceux qui sont malades, les loups empêchent donc la propagation de maladies). Ils permettent aux plus forts de se reproduire et de transmettre leurs gènes de résistance à leur descendance.
    De plus les loups participent à la régénération de la forêt. La prolifération des sangliers, des chevreuils et des cerfs, exerce une forte pression sur les forêts (les cervidés broutent les jeunes pousses des arbres) Sous la menace du loup, ils se dispersent, ce qui éparpille leur consommation laissant ainsi le temps à la forêt de se régénérer.

    3) L’Etat confond le seuil de viabilité démographique (500 loups au minimum) et le seuil de viabilité génétique, qui détermine la capacité de préserver un potentiel génétique suffisant pour que loup s’adapte à des conditions d’environnement changeantes, soit 2500 individus adultes.
    - Le nombre de loups n’augmente plus en France (il a même un peu diminué), l’assouplissement de la politique d’abattage constitue une grande menace pour sa conservation.
    De plus, il serait très difficile de contrôler le respect du nombre maximal de loups pouvant être tués (environ19%), le nombre de loup pourrait donc s’effondrer en France.

    - Les tirs de loups pourraient avoir lieu toute l’année, y compris pendant la période de reproduction, alors que le loup reste une espèce protégée. C’est inenvisageable !

    4) Les études scientifiques sont claires : les moyens d’effarouchement sont à privilégier. Quand il y a prédation malgré une bonne protection des troupeaux (parcs, chiens, présence humaine) les tirs d’effarouchement sont beaucoup plus efficaces car les loups associent alors la présence d’animaux domestiques à une présence humaine potentiellement dangereuse et chercheront à l’éviter.

    Mais ici il n’est même pas prévu pour l’éleveur de justifier de l’existence d’attaques sur son troupeau !

    5) La déclaration préalable est très brève et ne fait pas allusion aux moyens de protection. Il n’est plus nécessaire pour les éleveurs de prouver leur mise en œuvre pour obtenir le droit de tuer un loup. Cela risquerait fort d’anéantir 30 ans de travail pour le soutien au déploiement de moyens de protection (financé par l’Etat), moyens qui ont démontré l’efficacité de l’ensemble « présence humaine + clôtures + chien de protection ».

    - Certains troupeaux seraient considérés comme « ne pouvant être protégés ».
    C’est le cas des troupeaux bovins et équins pour lesquels, parmi 10 mesures « valant réduction de la vulnérabilité », l’application d’UNE SEULE d’entre elles permet l’autorisation de tir. Or, seules 5 mesures permettent effectivement de réduire la vulnérabilité des troupeaux, les 5 autres (les colliers GPS et les pièges photos permettent juste d’alerter, la présence de bovins à cornes, les clôtures des barres rocheuses, le regroupement pour avoir des troupeaux plus importants en nombre, les visites quotidiennes) ne réduisent pas la vulnérabilité des troupeaux. Il est à craindre que nombre d’éleveurs choisissent la mesure la plus facile à mettre en œuvre, au détriment de l’efficacité.

    Des moyens de protection des troupeaux bovins sont utilisés dans d’autres pays européens et se montrent efficaces. Les services de l’Etat le savent puisqu’ils en font part eux-mêmes dans le rapport publié en 2023 par l’IGEDD et le CGAAER. Ce rapport recommande aux ministères chargés de l’agriculture et de l’écologie d’ « abandonner la disposition relative à la “non-protégeabilité” des bovins  ». Comment l’Etat français peut-il écarter les recommandations et constats de ses propres services ?

    6) La possibilité pour les louvetiers de déplacer les cadavres des loups abattus est inacceptable. Jusqu’à maintenant, seuls les agents de l’OFB pouvaient déplacer ces loups et coordonner la recherche des loups blessés, permettant un contrôle du respect des modalités de tirs prévues par la réglementation, ce qui évite tout conflit d’intérêts.
    Si le cadavre du loup est déplacé par les louvetiers, l’OFB n’est alors plus en mesure de contrôler la légalité de la mise en œuvre du tir. Cette disposition risque d’accroître les abus, abus déjà constatés par le passé. Les louvetiers sont certes assermentés, mais ce sont des bénévoles au contact des éleveurs et chasseurs locaux, ils pourraient subir des pressions.

    7) Conclusion
    Les difficultés des éleveurs d’ovins et de caprins étaient présentes avant le retour du loup. Quand bien même tous les loups en France seraient éliminés , aucun des problèmes de l’élevage et du pastoralisme ne serait résolu. Une espèce protégée ne peut pas servir de caution pour faire oublier les difficultés de fond d’une filière agricole !
    Les loups ne mettent pas l’élevage en péril, les éleveurs sont subventionnés (ou devraient l’être pour les éleveurs de bovins et d’équins) pour les dégâts provoqués. Il faut que les éleveurs repensent leur méthode de garde et de protection des troupeaux. Trop nombreux sont ceux qui ne font rien pour protéger leurs animaux et ce projet d’arrêté ne peut que les inciter à poursuivre dans cette voie.

    En matière de gestion de la présence de l’espèce loup, ce projet d’arrêté repose principalement sur les tirs, qui pourraient être réalisés :
    - toute l’année
    - après simple déclaration préalable pour les troupeaux ovins et caprins
    - sans obligation de mise en place de moyens de protection des troupeaux
    - sans prise en compte ni du niveau de dommages sur les élevages concernés ni de la réalité des attaques
    - et sans possibilité réelle de contrôler que les destructions de loups ne dépasseront pas le « plafond » autorisé pour l’année.

    Le loup est une espèce classée “protégée” qui, en France, n’est pas en « bon état de conservation” (voir § 3),
    s’il est adopté ce projet d’arrêté « fixant les conditions et limites de la destruction » du loup portera bien son nom !

  •  AVIS DEFAVORABLE AU DECLASSEMENT DU LOUP, le 19 décembre 2025 à 18h06

    Plus de la moitié des fermes en zones à loups ne subissent aucune attaque, 80 % des élevages effectivement attaqués en subissent une ou deux et seules 6,4 % des exploitations plus de six, selon les chiffres du ministère de la transition écologique.

    En facilitant partout et sans discernement la mise à mort, l’acceptabilité sociale de l’espèce est sapée, même là où la prédation reste marginale. Les études récentes le confirment : pris comme mesure unique, les tirs n’ont pas d’effets durables. Ils peuvent même accroître la prédation en désorganisant les meutes et détournent l’attention des transformations nécessaires des pratiques d’élevage en présence de loups.

  •  CHASSEUR, le 19 décembre 2025 à 18h05
    AVIS FAVORABLE car le Loup est en train de détruire le grand gibier et sera un danger à terme pour l’homme. Sa présence près des zones urbaines est déjà importante et un drame ne va pas tarder à survenir !
  •  Avis défavorable, le 19 décembre 2025 à 18h05

    1. Statut d’espèce protégée au niveau européen
    Le loup (Canis lupus) est classé espèce strictement protégée par la directive habitats (Directive 92/43/CEE) de l’Union européenne. Il bénéficie également de la Convention de Berne (Annexe II) et de la Convention de Washington (CITES). Sa protection est donc un engagement juridique international.

    Source : Directive habitats UE, Convention de Berne, Ministère de la Transition écologique (France)

    🌿 2. Rôle écologique essentiel (prédateur apex)
    Le loup régule naturellement les populations d’herbivores (cerfs, sangliers, chevreuils), ce qui :

    Limite la surpopulation et les dégâts forestiers.
    Favorise la biodiversité en permettant la régénération de la végétation.
    Réduit les risques de collisions routières avec les grands ongulés.
    Source : ONCFS (Office Français de la Biodiversité), études écologiques (ex. : Yellowstone, Alpes)

    🧭 3. Coexistence possible avec les élevages
    Des mesures de prévention efficaces existent et sont financées par l’État :

    Chiens de garde (patous, mastiffs).
    Clôtures électriques.
    Présence humaine renforcée (bergers, éleveurs itinérants).
    Systèmes d’alerte et de suivi des loups.
    Source : Ministère de l’Agriculture, ONCFS, Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)

    💰 4. Compensation des dégâts
    Les éleveurs touchés par des attaques de loups peuvent bénéficier :

    D’une indemnisation intégrale des pertes (moutons tués ou blessés).
    De subventions pour l’installation de protections (clôtures, chiens de garde).
    D’un accompagnement technique par les services de l’État.
    Source : Ministère de l’Agriculture, Fonds national de garantie agricole (FGA)

    📈 5. Taux d’attaque très faible
    Moins de 0,5 % des troupeaux ovins en France sont touchés par le loup, malgré sa présence dans 70 départements. La majorité des dégâts sont concentrés dans quelques zones (Alpes, Massif central).

    Source : ONCFS, bilan 2023-2024

    🌍 6. Éthique et image de la France
    La France s’est engagée dans la Convention de Berne et la Stratégie nationale pour la biodiversité. Réduire la protection du loup irait à l’encontre de ses engagements internationaux et nuirait à son image de pays respectueux de la nature.

    Source : Ministère de la Transition écologique, UICN

    ⚖️ 7. Alternative : gestion adaptée, pas réduction de la protection
    Au lieu de réduire la protection, il est possible de :

    Autoriser des tirs de régulation dans des cas précis (sous contrôle strict).
    Renforcer les zones de cohabitation.
    Mettre en place des zones de refuge pour le loup.
    Source : ONCFS, Conseil national de la protection de la nature (CNPN)

    ✅ Conclusion
    Protéger le loup ne signifie pas ignorer les difficultés des éleveurs, mais mettre en œuvre une gestion équilibrée, fondée sur la science, la prévention et la compensation. La protection du loup est un enjeu écologique, juridique et éthique, compatible avec une agriculture durable.

  •  Protection du Loup , le 19 décembre 2025 à 18h03
    La question de la protection du loup est au cœur de débats passionnés. Protéger ce grand prédateur ne relève pas seulement d’un choix éthique, mais repose sur des arguments scientifiques, écologiques et même économiques solides. Voici les principaux arguments en faveur de la protection du loup : 1. Un rôle de "gardien" des écosystèmes Le loup est considéré comme une espèce clé de voûte. Sa présence modifie le comportement des herbivores (cerfs, chevreuils, chamois), ce qui entraîne une réaction en chaîne positive appelée "cascade trophique" : Régénération des forêts : En empêchant le surpâturage des jeunes pousses par les herbivores dans certaines zones, le loup permet aux forêts de se régénérer naturellement. Amélioration de la biodiversité : Une forêt plus dense et plus variée offre de nouveaux habitats pour les oiseaux, les insectes et les petits mammifères. Sélection naturelle : En chassant prioritairement les animaux malades, vieux ou faibles, le loup contribue à maintenir des populations de gibier en bonne santé et limite la propagation de maladies. 2. Une régulation naturelle et gratuite Le loup aide à réguler les populations de grands ongulés (cerfs, sangliers) dont la surpopulation cause des dégâts importants : Dégâts agricoles et forestiers : Les sangliers et cervidés coûtent des millions d’euros chaque année en indemnisations pour les cultures détruites. Le loup participe gratuitement à cette régulation là où les chasseurs ne suffisent pas toujours. Sécurité routière : Certaines études montrent que la présence du loup réduit le nombre de collisions entre véhicules et grands gibiers, car ces derniers évitent les zones de passage des prédateurs. 3. Un atout pour l’écotourisme Le loup possède une image forte qui fascine. Dans plusieurs régions du monde (Yellowstone aux USA, Abruzzes en Italie, ou Mercantour en France), il devient un moteur économique : Il attire des passionnés de nature et de photographie, générant des revenus non délocalisables pour l’hôtellerie, la restauration et les guides locaux. Il renforce l’identité sauvage et attractive d’un territoire. 4. Des arguments éthiques et juridiques Droit à l’existence : D’un point de vue moral, beaucoup considèrent que le loup a sa place dans la nature au même titre que l’homme et qu’il est de notre responsabilité de ne pas éradiquer une espèce pour notre seul confort. Protection légale : Le loup est une espèce strictement protégée par la Convention de Berne (1979) et la Directive Habitats de l’Union européenne. Son retour est un signe de la réussite des politiques de conservation de la biodiversité.
  •  Avis très très défavorable , le 19 décembre 2025 à 18h02
    Le loup a sa place dans l’échelle des espèces au même titre que l’homme qui ne supporte pas d’autres grands prédateurs que lui. J’ai gardé des moutons un temps et je peux vous affirmer que les chiens errants sont une plaie bien plus grave que les loups. Mais le loup depuis des siècles fait peur de façon déraisonnée. Les bergers européens autres que les Français vivent avec les loups, pourquoi pas les Français ???
  •  Protection , le 19 décembre 2025 à 18h02
    Le loup est important pour l’équilibre de l’environnement, il faut continuer à le préserver.Il ne s’est implanté que depuis quelques décennies.
  •  Avis défavorable, le 19 décembre 2025 à 18h01
    Avis défavorable au « Projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction". Extrait de l’avis de CNPN : « Pour l’ensemble des raisons évoquées à l’examen du projet d’arrêté, le CNPN émet un avis défavorable à l’unanimité par 21 voix. A l’occasion de l’analyse de ce nouveau texte, les membres du CNPN s’inquiètent vivement de l’évolution actuelle de la politique nationale envers cette espèce, qui vient de connaître un déclassement de son statut de protection à l’échelle de la Communauté européenne. En déclassant partiellement le loup de la liste des espèces strictement protégées au nom de la défense des troupeaux, les bénéfices écologiques associés à la présence du loup sont laissés totalement de côté en particulier la régulation des populations d’Ongulés, de même qu’est laissé de côté le constat attesté d’une stabilisation des attaques dans un contexte encore récent d’un accroissement de la population de loups, signe que les mesures de protection sont efficaces. Une partie des mesures annoncées laissent supposer une volonté de limiter, ou même de réduire la population de loups présente sur le territoire national, d’en limiter la dispersion naturelle et aussi de restreindre les populations fonctionnelles au seul territoire alpin. Cette évolution est contraire à la volonté de notre pays de développer une politique ambitieuse en faveur de la biodiversité, au travers de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité. Les membres du CNPN invitent solennellement le ministère en charge de la protection de la biodiversité à revoir une telle stratégie, au bénéfice d’une protection renforcée des espèces, de la reconquête de la biodiversité et du rétablissement du fonctionnement écologique des milieux. » Malgré une mise à jour depuis du Projet d’arrêté, les mesures et justifications ne sont toujours pas convaincantes pour l’accepter en l’état.
  •  FAVORABLE, le 19 décembre 2025 à 18h01
    Cet arrêté me paraît très équilibré et répondre aux enjeux qui se pose à l’élevage et au pastoralisme face à l’extension tant démographique que géographique de Canis Lupus.
  •  Défavorable, le 19 décembre 2025 à 18h00

    Viabilité de l’espèce menacée : Selon une expertise scientifique (OFB/CNRS/MNHN, septembre 2025), maintenir le taux de prélèvement annuel à 19 % (environ 200 loups) expose la population à un risque de déclin de 56 %.

    Les tirs, contre-productifs face à la prédation : Abattre des loups, en particulier les individus dominants, désorganise la structure sociale des meutes. Les jeunes loups restants, moins efficaces pour chasser le gibier sauvage, se tournent alors plus souvent vers le bétail, augmentant in fine les attaques au lieu de les réduire.

    Rôle écologique crucial : Le loup est un prédateur sommet indispensable à la santé des écosystèmes. Il régule naturellement les populations de grands herbivores (cerfs, sangliers), limitant ainsi les dégâts sur les forêts et l’agriculture.

    Décision politique contestée : De nombreuses organisations de protection de la nature (WWF, LPO, ASPAS) estiment que la décision de réduire la protection est motivée par la pression politique plutôt que par des preuves scientifiques solides, et appellent à privilégier le renforcement des mesures de protection des troupeaux.

  •  Favorable , le 19 décembre 2025 à 18h00
    Le harcèlement que vivent les éleveurs et leur famille doit être pris en compte. Les loups doivent avoir peur des hommes et cesser de se nourrir dans les troupeaux improtegeables sur les grands espaces. La présence des loups signe la fin de l’agro-pastoralisme. Les éleveurs veulent vivre et demandent à être protégés. Quel est ce mythe qui fait croire qu’un prédateur n’est pas dangereux?
  •  Défavorable, le 19 décembre 2025 à 17h59
    Ces dispositions qui privilégient les possibilités de destruction sur l’usage des moyens de protection, y compris dans les zones de présence nouvelle du loup, tendent de fait à contenir géographiquement le loup dans l’arc alpin et vont directement à l’encontre de l’atteinte du bon état de conservation de l’espèce. A l’heure où la biodiversité s’écroule, mettant notre avenir et celui de nos enfants en péril, il est impératif de trouver des solutions pour cohabiter avec la faune sauvage qui est indispensable à l’équilibre de nos écosystème. Le loups est l’un des prédateurs naturel de notre pays, il faut le protéger et apprendre à vivre avec lui.
  •  Avis Défavorable, le 19 décembre 2025 à 17h58

    Les populations de loup gris se portent mal en France avec moins de 1000 individus recensés Son aire de répartition est très restreinte et a un potentiel limité, sans parler de l’état de conservation de ses habitats.

    Il vaudrait mieux se pencher davantage sur les solutions d’effarouchement ou de défense des éleveurs plutôt que favoriser les tirs d’abattage qui sont inefficaces. De plus, l’élevage espagnol et italien n’a jamais était remis en cause du fait de la présence du loup gris, il serait probablement intéressant de se pencher sur leur cas afin de s’en inspirer.

    Les éleveurs sont essentiels pour notre souveraineté alimentaire et pour leur rôle socio-économique, il est donc prioritaire de les protéger. Cependant, le loup démontre un rôle écologique de prédateur qui est nécessaire à la reconquête de la naturalité en France et fournit de nombreux services écosystémiques (sanitaire, régulation des ongulés, protection des forêts…).

  •  AVIS DEFAVORABLE AU DECLASSEMENT DU LOUP, le 19 décembre 2025 à 17h55
    Le loup joue un rôle écologique de régulation naturelle des ongulés (chevreuils, sangliers , cerfs ..) . La faune sauvage constitue son régime alimentaire à plus de 90%. Il est l’une des solutions naturelles de régulation des populations animales et de restauration forestière alors que nous assistons à une crise des écosystèmes
  •  Avis défavorable, le 19 décembre 2025 à 17h55
    Nous devons trouver les moyens de laisser le loup vivre et que les éleveurs puissent protéger leurs bêtes sans massacres.
  •  Non à la libéralisation des tirs létaux, le 19 décembre 2025 à 17h55
    • Les dispositions prévues viennent libéraliser outrageusement les tirs alors même que les estimations de la population en France pour les dernières années indiquent une stagnation du nombre de loups. Voir l’étude du 25 septembre 2025 (OFB/Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive), publiée avant ce projet d’arrêté, conclut à un risque net de baisse de la population si le niveau de destructions se maintient au niveau actuel. On peut donc redouter a fortiori une baisse effective de la population des loups avec une libéralisation insuffisamment encadrée des tirs. • Les dispositions prévues mettent les services déconcentrés de l’Etat dans l’incapacité de contrôler les tirs, ni d’en piloter le rythme et leur priorisation sur l’ensemble des territoires pastoraux concernés : le respect du plafond maximal de loups qu’il serait possible d’abattre sera dans les faits impossible à surveiller. Sans ces possibilités de contrôle, la France ne pourra garantir le maintien de l’état de conservation favorable de la population (à part en zone alpine). • Ces dispositions qui privilégient les possibilités de destruction sur l’usage des moyens de protection, y compris dans les zones de présence nouvelle du loup, tendent de fait à contenir géographiquement le loup dans l’arc alpin et vont directement à l’encontre de l’atteinte du bon état de conservation de l’espèce. • Les tirs du loup, espèce protégée, sont autorisés toute l’année, même en période de reproduction et d’élevage des petits, ce qui est extrêmement choquant alors que c’est pourtant interdit pour les espèces chassables. • Afin de respecter les dispositions de la directive Habitats, l’arrêté devrait prévoir l’interdiction du tir de nuit puisqu’avec le passage du loup à l’annexe V, un certain nombre de moyens de destruction sont dorénavant interdits. • Au regard des faiblesses, imprécisions et des manquements relevés dans l’avis du Conseil national de protection de la nature, nous demandons à ce que le ministère en charge de la protection de la biodiversité revoit sa stratégie, au bénéfice d’une protection renforcée des espèces, du vivant, de la reconquête de la biodiversité et du rétablissement du fonctionnement écologique des milieux. • Enfin, nous demandons compte tenu de la multitude des projets de parcs photovoltaïques au sol réalisés et/ou en projet, de tenir compte des surfaces protégées puisqu’elles sont clôturés avec des grillages de 2 m de hauteur ou plus, vont être une véritable protection pour les troupeaux ovins et/ou de vaches. Donc, cet arrêté nous paraît déconnecté des réalités (de terrain) : nous pensons au contraire qu’il faut réduire le nombre de tirs létaux et apprendre à vivre avec le loup. Pour l’association Yonne Nature Environnement 89400 MIGENNES Catherine Schmitt, présidente