Consultation du public sur le projet de décret interdisant les publicités sur les énergies fossiles
Consultation du 31/07/2026 au 31/08/2026 - 89 contributions
Contexte et objectifs
Le projet de décret poursuit un objectif de protection de l’environnement et de lutte contre le changement climatique, en mettant en œuvre l’article 7 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets. Il vise à assurer l’effectivité de l’interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles, afin de contribuer à la réduction de leur consommation et à l’atteinte des objectifs nationaux et européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le projet de décret en Conseil d’Etat précise le champ d’application de cette interdiction ainsi que ses modalités de mise en œuvre. Il prévoit à cette fin de compléter la section 9 du chapitre IX du livre II du code de l’environnement par les dispositions suivantes :
• Une interdiction générale des publicités relatives à la commercialisation ou faisant la promotion des énergies fossiles, sur support numérique, télévisuel, radiophonique, papier ou en affichage extérieur.
La liste des énergies et produits concernés par cette interdiction est limitativement définie, incluant le pétrole et les produits énergétiques pétroliers, le gaz naturel, le charbon minier et les énergies issues de sa combustion, l’hydrogène carboné et la chaleur.
• Enfin, le projet de décret prévoit diverses mesures d’exemption et notamment, que l’interdiction ne s’applique pas :
- Aux énergies dont plus de la moitié du pouvoir calorifique est d’origine renouvelable,
- Aux carburants d’aviation durables dès lors que leur incorporation excède les objectifs fixés par la réglementation européenne,
- Aux obligations législatives et réglementaires des fournisseurs d’énergie,
- Aux opérations de mécénat, parrainage et démarchage,
- Aux publicités pour des produits financiers ou des objets consommateurs d’énergie fossile.
• Enfin le décret prévoit de confier la compétence de contrôle et de sanction au ministre chargé de l’environnement, le projet de décret étant introduit en application du code du même nom.
Cette consultation est ouverte du 31 juillet 2026 au 31 août 2026.
Commentaires
Aujourd’hui la France vie une période de transition et tout le monde en est bien conscient…
Mais arrêtons de toujours noircir le tableau et de rêver à l’impossible !!!
Le pays n’est pas qu’une grande agglomération !!!
Vous irez expliquer aux Français et Françaises qui se chauffer ou circuler en secteur rural deviendra demain un vrai challenge. Dans certaines régions la pompe à chaleur n’arrive pas à fournir de chaleur températures trop basses…) et que cela deviendra compliqué de se déplacer… (en dehors des autoroutes et des grands axes, le réseau n’est pas encore adapté à l’électrique)
Comme tout le monde, je suis en accord avec les besoins d’évolutions, mais arrêtons de dépenser de l’argent à donner des aides pour la transition énergétiques !!
Rappelons que les consommateurs paient des taxes de plus en plus importantes sur les énergies pour financer des aides ??? c’est n’importe quoi !!! on vous prend de l’argent pour vous dire après "on va vous aider à modifier vos installations !!!!"
Il serait plus simple d’aider les professionnels à développer les énergies de demain et à modifier les réseaux de distribution existants…
Surtout que toutes les énergies actuelles sont en pleine mutation : évolution et développement de produits devenant de vraies énergies renouvelables.
Il me semble que cela aurait plus de sens car le mixe énergétique restera l’avenir quoi que l’on dise…
Et bien sûr une foie que tout sera en place, alors oui on enlèvera les énergies fossiles !!!
Il est légitime de limiter la promotion des énergies fossiles conventionnelles. Toutefois, le projet de décret ne distingue pas suffisamment les combustibles en cours de décarbonation, notamment les combustibles liquides incorporant une part croissante d’énergie renouvelable.
Le biofioul constitue aujourd’hui une solution concrète de réduction des émissions pour les millions de logements équipés d’un chauffage liquide, sans nécessiter le remplacement complet des équipements existants.
En France, le biofioul incorpore une part croissante d’ester méthylique d’acide gras issu notamment du colza cultivé et transformé sur le territoire national.
Cette filière contribue simultanément à la réduction des émissions de CO₂, au maintien d’une activité agricole française et au renforcement de notre souveraineté énergétique en limitant le recours à des énergies importées.
Interdire la communication sur ces solutions risque de freiner la transition énergétique en privant les consommateurs d’informations sur les alternatives renouvelables disponibles.
Je recommande que les combustibles intégrant une part d’énergie renouvelable engagées dans la décarbonisation progressive puissent continuer à faire l’objet d’une communication, afin d’accompagner la transition plutôt que de la pénaliser.
Bonjour
Oui pour tout sauf pour l’exemption suivante :
"Aux publicités pour des produits financiers ou des objets consommateurs d’énergie fossile."
La pub pour les voitures hybride, c’est NON, ça devrait aussi être interdit !!!
Idem chaudière à gaz.
Je formule un avis défavorable sur ce projet de décret d’application pour les raisons suivantes :
La réalité de la dépendance énergétique actuelle : la France est encore aujourd’hui très loin de pouvoir se passer des énergies fossiles dans la vie quotidienne des ménages et le fonctionnement des entreprises (transports, chauffage, industrie). Interdire la promotion ou la communication sur ces énergies sans que des alternatives 100 % décarbonées et économiquement viables ne soient universellement accessibles revient à masquer la réalité du mix énergétique actuel et à culpabiliser les usagers.
Prendre en compte les avancées sur les énergies fossiles décarbonées et les éco combustibles : les recherches et innovations scientifiques progressent rapidement dans le domaine de la décarbonation des combustibles (carburants de synthèse, biocarburants et éco-combustibles). Le décret devrait encourager et autoriser explicitement la communication sur ces évolutions technologiques qui permettent aux consommateurs de faire évoluer progressivement leurs usages, plutôt que de figer le secteur sous le coup d’interdictions strictes.
Accompagner les consommateurs au lieu d’imposer des contraintes : la transition énergétique réussie doit être incitative et pédagogique. Pour orienter les utilisateurs vers le futur, l’État doit soutenir le développement des filières d’éco-combustibles et accompagner financièrement la conversion, plutôt que d’entraver l’information et la communication des acteurs économiques.
En conclusion, le champ de l’interdiction proposé est trop rigide et ne reflète pas le besoin d’une transition progressive et accompagnée. Il convient de revoir le décret pour intégrer davantage de souplesse en faveur des démarches de décarbonation des combustibles existants.
Ce décret illustre l’art dans lequel excelle notre gouvernement : la déconnexion.
Tout d’abord, il autoriserait la publicité pour les objets/biens utilisant des énergies fossiles mais interdirait la publicité pour les énergies fossiles. Concrètement, une publicité pour un véhicule thermique sera autorisée et une publicité pour les carburants sera interdite. Il s’agit d’un non-sens.
Sur le plan économique, il convient de rappeler factuellement certains chiffres.
Les recettes fiscales générées par les accises sur les énergies représentent la 4ème recette fiscale de la France (derrière la TVA, la CSG et l’IR) et s’élèvent à environ 42 milliards d’euros en 2025 dont 30 milliards provenant de l’accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE), soit 71%.
Ces 30 milliards sont ensuite redistribués à l’Etat pour 16,5 milliards (55%), nos Régions (20%), nos Départements (21%) et l’AFITF (7%). Cela permet donc à ces bénéficiaires de financer le RSA, la formation professionnelle, l’apprentissage, les transports en commun, de réhabiliter nos routes mais surtout et principalement de financer l’électrification de notre pays. Il faudra donc, un jour, expliquer aux Français, de quelle manière notre gouvernement souhaite financer l’électrification en supprimant les énergies fossiles. J’ai un début de réponse : forte augmentation de l’électricité pour les consommateurs (et oui, le bouclier tarifaire sur l’électricité n’est pas éternel) couplée à une forte augmentation de l’accise sur l’électricité.
Aussi, j’ajouterai que les carburants distribués à la pompe font l’objet d’une double imposition de TVA : TVA sur le produit en lui-même (matière première) et TVA sur l’accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE).
Cette double imposition de TVA couplée à l’accise sur les produits pétroliers fait grimper le taux de taxe sur les carburants à plus de 50%. Le reliquat étant composé du prix de la matière première (35%) et des coûts de distribution (15%).
Quand on sait que la TVA est la première recette fiscale de l’Etat, on peut imaginer ce qu’elle rapporte à notre Etat..