Arrêté modifiant la liste des oiseaux représentés et protégées dans les collectivités de la Guadeloupe, de Saint-Martin, de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon

Consultation du 01/07/2026 au 22/07/2026 - 1013 contributions

Le projet d’arrêté concerne trois espèces d’oiseaux : La Barge hudsonienne (Limosa haemastica), le Courlis hudsonien (Numenius hudsonicus) et le Petit chevalier (Tringa flavipes).

S’agissant plus particulièrement du Courlis hudsonien, il convient de préciser que l’espèce était considérée jusqu’à très récemment comme une sous-espèce du Courlis corlieu. Des différences génétiques et de plumage ont amené les spécialistes à élever au rang d’espèce le Courlis hudsonien, jusque-là sous-espèce américaine du Courlis corlieu. Cela explique la différence de taxonomie dans les listes des espèces chassables « anciennes » applicables dans les collectivités de la Guadeloupe, de Saint-Martin, de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon où l’ancienne appellation (Courlis corlieu) n’a pas été modifiée.

Il convient également de préciser que la chasse des espèces concernées était jusqu’à très récemment interdite en Guadeloupe (article 3 de l’arrêté général pour la saison 2025-2026), en Martinique (article 3 de l’arrêté général pour la saison 2025-2026), à Saint-Martin (article 3 de l’arrêté général pour la saison 2025-2026) ou faisait l’objet d’un quota restreint à Saint-Pierre-et-Miquelon (article 1er de l’arrêté général pour la saison 2025-2026 pour deux des trois espèces concernées, la troisième étant déjà protégées dans cette collectivité : la Barge hudsonienne).

La Barge hudsonienne, le Courlis hudsonien et le Petit chevalier sont des oiseaux qui appartiennent à la famille des Scolopacidés. Dans l’ordre des Charadriiformes, les Scolopacidés constituent avec les Charadriidés et d’autres petites familles, un groupe d’oiseaux appelés limicoles, c’est à dire littéralement "oiseaux fréquentant les bords vaseux des eaux". Les Scolopacidés sont majoritairement des oiseaux migrateurs de l’hémisphère nord présent sur la majorité des continents.

Ces trois espèces de limicoles américains connaissent un déclin important en raison des dégradations des habitats de reproduction, d’hivernage ainsi que de l’ensemble des activités humaines en interaction avec ces espèces.

La barge hudsonienne a décliné de 95 % entre 1980 et 2019, avec une accélération de ce taux au cours des trois générations les plus récentes (Smith et al., 2023). La taille actuelle de la population de la barge hudsonienne est estimée à environ 87 000 individus (García-Walther et al., 2017  ; Faria et al., 2025).

Selon les estimations les plus récentes, le courlis hudsonien compte 40 000 individus dans la sous-population de la voie migratoire du Pacifique et 40 000 individus dans les sous-populations de la voie migratoire de l’Atlantique (Andres et al., 2012). Outre la petite taille de la population, on estime que la population de courlis hudsoniens a diminué d’environ 70 % au cours des trois dernières générations (Smith et al., 2023).

La population de Petit chevalier a diminué d’environ 60 % au cours des trois dernières générations (Smith et al. 2023). Le taux de déclin est plus prononcé ces dernières années, et on estime que les populations ont diminué de 77 % depuis 1980.

Le projet d’arrêté concerne uniquement quatre collectivités : le département de la Guadeloupe, la collectivité unique de la Martinique et les collectivités d’outre-mer de Saint-Martin et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Contexte :

Du 23 au 29 mars, s’est tenue la 15ème conférence des parties sur les espèces migratrices, à Campo Grande, au Brésil. Cette « COP a permis d’ajouter 40 espèces, sous-espèces et populations aux annexes de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS).

La moitié d’entre elles ont été ajoutées à l’annexe I, qui répertorie les espèces migratrices menacées d’extinction sur l’ensemble ou une partie importante de leur aire de répartition.

Parmi les nouvelles espèces répertoriées, on retrouve : le courlis hudsonien, la barge hudsonienne et le petit chevalier.
Objectifs du texte :

Le projet d’arrêté, soumis à l’avis du CNCFS, a pour objet d’une part, d’inscrire le courlis hudsonien, la barge hudsonienne et le petit chevalier sur la liste des espèces protégées et, d’autre part, de retirer ces mêmes espèces de la liste des espèces chassables dans les collectivités de la Guadeloupe, de Saint-Martin, de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Ces modifications tirent les conséquences de l’inscription de ces trois espèces en annexe 1 de la Convention sur les espèces migratrices qui s’impose en droit français. A noter, l’Union européenne est également partie à la CMS, ce qui oblige l’Etat en tant que partie à la CMS et membre de l’Union européenne à prendre ces mesures de protection.

Contenu du texte :

• L’article 1er procède, dans les collectivités de la Guadeloupe, de Saint-Martin, de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon, au classement en espèces protégées des espèces suivantes :

 Courlis hudsonien ;
 Barge hudsonienne ;
 Petit chevalier.

L’article 1er modifie en conséquence les quatre arrêtés suivants :

 Arrêté du 17 février 1989 fixant des mesures de protection des oiseaux représentés dans le « département » de la Martinique (ajout des trois espèces) ;
 Arrêté du 7 mars 2025 fixant la liste des oiseaux représentés dans le département de la Guadeloupe protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection (ajout des trois espèces) ;
 Arrêté du 7 mars 2025 fixant la liste des oiseaux représentés dans la collectivité de Saint-Martin sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection (ajout des trois espèces) ;
 Arrêté du 7 mars 2025 fixant la liste des oiseaux représentés dans la collectivité de Saint-Pierre-et-Miquelon protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection (ajout de deux espèces, la Barge hudsonienne étant déjà protégée sur ce territoire).

• L’article 2 opère, par coordination, en modifiant les arrêtés ministériels concernés, un retrait de la liste des espèces dont la chasse est autorisée dans les collectivités de la Guadeloupe (arrêté commun avec Saint-Martin), de Saint-Martin (arrêté commun avec la Guadeloupe), de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon :

 Arrêté du 27 juin 1985 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon ;
 Arrêté du 17 février 1989 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée sur le territoire du département de la Guadeloupe (dont Saint-Martin) ;
 Arrêté du 17 février 1989 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée sur le territoire du « département » de la Martinique.

Consultations obligatoires :

Le projet d’arrêté nécessite un examen par le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. En effet, l’article L. 421-1 A du code de l’environnement dispose que : « Le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage exerce une fonction consultative auprès des ministres chargés respectivement de la chasse et de l’agriculture. Il se prononce sur l’ensemble des textes relatifs à l’exercice de la chasse et la gestion de la faune sauvage, et à la protection de la nature lorsqu’ils ont une incidence directe ou indirecte sur l’exercice de la chasse ». Le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage a donné un avis défavorable à ce projet d’arrêté lors de la séance du 23 juin 2026.

Le projet d’arrêté modifiant la liste des oiseaux représentés et protégées dans les collectivités de la Guadeloupe, de Saint-Martin, de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon nécessite en conséquence une consultation du Conseil National de la Protection de la Nature conformément aux articles L. 134-2 et R. 134-20 du code de l’environnement. Cette instance a donné un avis favorable à ce projet d’arrêté lors de la séance du 17 juin 2026.

Le texte présente également un d’impact sur l’environnement et nécessite donc à ce titre une consultation du public conformément aux dispositions de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement.

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Commentaires

  •  Favorable, le 22 juillet 2026 à 19h37
    Pour la protection de ces espèces et pour qu’elles soient enlevées de la liste des espèces chassables.
  •  Défavorable. Une mesure sans effet réel sur la conservation des espèces , le 22 juillet 2026 à 19h05
    Le retrait de ces espèces de la liste des espèces chassables ne répond pas à un enjeu de conservation identifié dans les collectivités concernées. La pression cynégétique y est aujourd’hui extrêmement faible Dans ces conditions, l’interdiction totale de la chasse de ces espèces n’apporterait aucun bénéfice significatif à leur état de conservation.
  •  Avis favorable , le 22 juillet 2026 à 18h50
    Les effectifs des espèces concernées par cet arrêté sont en chute drastique. Il est nécessaire de réduire un maximum les pressions exercées pour permettre une augmentation des populations. Je suis donc favorable au classement en tant qu’espèces protégées.
  •  avis defavorable, le 22 juillet 2026 à 18h36
    la plus part des oiseaux reparte avant l ouverture chasse adaotative
  •  Avis défavorable Courlis, le 22 juillet 2026 à 18h15
    Une interdiction sans bénéfice réel pour la conservation • La pression de chasse sur ces espèces est aujourd’hui très faible dans les territoires concernés. • Leur protection totale n’apporterait aucun gain significatif pour leur conservation. 2. Une décision qui ne tient pas compte des réalités locales • Le projet s’appuie sur des données internationales, sans considérer les observations de terrain. • Le Courlis hudsonien est régulièrement observé à Saint-Pierre-et- Miquelon, avec des effectifs stables voire en augmentation ces dernières années. • La plupart des oiseaux repartent avant l’ouverture de la chasse, et les prélèvements sont très limités. • La Barge hudsonienne est très rarement prélevée. • Le Petit chevalier est peu ou pas chassé. 3. Une réglementation déjà renforcée • Des restrictions importantes existent déjà. • Pour le Courlis hudsonien, un quota journalier de 5 oiseaux a été instauré récemment.
  •  Avis favorable au retrait de la liste des espèces chassables, le 22 juillet 2026 à 18h02
    Le statut d’« espèce protégée » est conféré à des animaux ou des végétaux dont l’état de conservation est défavorable. Les législations afférentes ont pour fonction d’orienter le travail d’élaboration des normes à venir par le législateur et le pouvoir réglementaire. Or, il est indéniable, vu la taille des populations de la Barge hudsonienne, du Courlis hudsonien et du Petit Chevalier en France ultramarine, que la modification de la réglementation nationale qui autorisait la destruction de spécimens évitera un appauvrissement génétique de ces espèces, voire à leur disparition.
  •  Avis défavorable, le 22 juillet 2026 à 17h40
    Des outils de gestion adaptative existent, et doivent justement être utilisés pour adapter les modalités de chasse à l’évolution des connaissances scientifiques. La protection n’est donc nullement nécessaire.
  •  Avis défavorable, le 22 juillet 2026 à 17h14
    Le contrôle et la gestion des chasseurs ne mettent nullement en péril ces espéces
  •  favorable, le 22 juillet 2026 à 16h47
    Ces trois espèces connaissent des déclins majeurs, estimés entre 60 et 95 % selon les espèces et les périodes considérées, Leur inscription à l’Annexe I de la Convention sur les espèces migratrices (CMS) reconnaît leur situation de menace et implique une protection stricte par les États Parties, dont la France, Il est indispensable de retirer définitivement ces espèces des listes d’oiseaux • chassables dans les territoires français concernés, Il est regrettable d’avoir attendu des déclins aussi importants et leur classement parmi les espèces migratrices les plus menacées au monde pour adapter la réglementation française, Plus largement, la situation de nombreux limicoles de la voie de migration Ouest-Atlantique justifie de réexaminer les listes d’espèces chassables sans attendre de nouveaux effondrements de populations
  •  avis favorable à la modification de la liste des espèces protégées, le 22 juillet 2026 à 16h32
    avis favorable à la modification de la liste des espèces protégées en y ajoutant les 3 espèces sus-nommées.
  •  avis FAVORABLE au retrait définitif du Barge hudsonienne, du Courlis hudsonien et du Petit Chevalier de la liste des oiseaux chassables, le 22 juillet 2026 à 16h29
    Il faut protéger ces espèces de ces pratiques mettant en péril leur sauvegarde et leur bien être
  •  AVIS FAVORABLE, le 22 juillet 2026 à 16h20
    Pour la protection des limicoles d’outre-mer avant qu’il ne soit trop tard.
  •  défavorable, le 22 juillet 2026 à 16h00
    il n’est pas nécessaire de les retirer de la liste des espèces chassables , adaptons nos prélèvements , mettons des quotas en place via chassadapt ,et s’il faut un moratoire, pourquoi pas?
  •  Favorable, le 22 juillet 2026 à 16h00
    Favorable à la mise en protection de ces espèces de limicoles dont les effectifs sont en déclin.
  •  avis defavorable, le 22 juillet 2026 à 15h49
    la gestion adaptative (quota, moratoire) me parait préférable en ce sens qu’elle permet des ajustements en fonction de l’évolution des populations au lieu de bloquer définitivement la situation
  •  Arrêté modifiant la liste des oiseaux représentés et protégés dans les collectivités de la Guadeloupe, de St Martin, de la Martinique, rt de St Pierre et Miquelon, le 22 juillet 2026 à 15h40
    Avis favorable au projet d’arrêté protégeant la barge hudsonienne, le courlis hudsonien, le petit chevalier. Ces 3 espèces sont en fort déclin et pourtant chassées….Plus pour longtemps j’espère.
  •  favorable, le 22 juillet 2026 à 15h25
    Je suis favorable pour retirer de la liste des espèces chassables la Barge hudsonienne, le Courlis hudsonien et le Petit Chevalier, qui sont trois espèces de limicoles très sensibles et à protéger.
  •  Avis défavorable , le 22 juillet 2026 à 15h24
    Le projet d’arrêté s’appuie sur le mauvais état de conservation des populations à l’échelle internationale sans tenir compte de la situation observée dans les îles concernées.
  •  FAVORABLE, le 22 juillet 2026 à 14h57
    Favorable à la mise en protection de ces espèces de limicoles dont les effectifs sont en déclin
  •  Avis favorable, le 22 juillet 2026 à 14h04

    Ces trois espèces migratrices, comme tous les oiseaux, sont sentients. Il est temps de prendre en compte le fait que ces animaux ont des expériences vécues positives ou négatives, qu’ils vivent leur vie subjectivement et que ce qui leur arrive leur importe : ce sont des faits scientifiques établis qui font consensus dans chez les chercheurs et les chercheuses spécialistes de ce domaine. Les courlis, les barges et les petits chevaliers ont donc des intérêts propres, parmi lesquels ceux de ne pas être chassés et abattus par des humains qui n’en ont pas besoin pour vivre. Nous devons tenir compte de leurs intérêts et ils devraient être une raison suffisante pour prendre cette arrêté classant ces espèces comme protégées.

    Ensuite, ces espèces subissent un déclin significatif. Toute pression humaine qui peut être facilement supprimée devrait l’être, peu importe que cette pression soit la pression la plus forte ou pas. Le poids relatif de chaque pression est à prendre en compte, mais les chasseurs oublient dans leur argumentaire de prendre également en compte la facilité avec laquelle telle ou telle pression peut être levée. Arrêter une chasse dont personne n’a besoin pour vivre, et qui ne constitue qu’un loisir, est une mesure facile à mettre en œuvre et aux effets immédiats (d’autant plus si, comme l’affirment les chasseurs, "les prélèvements sur ces espèces sont faibles"). Par ailleurs, il n’est pas nécessaire d’avoir un fusil entre les mains et d’abattre des oiseaux pour entretenir les zones humides, prairies humides et étangs de mangrove, si c’était la conservation de ces milieux qui les intéressaient en soi, les chasseurs pourront continuer à assurer ce rôle sans chasser (on sait bien en réalité qu’ils ont une vision utilitaire et que ce qui les intéresse c’est de préserver un milieu tant qu’il leur permet d’abattre des oiseaux).
    Cette mesure fondamentale d’arrêt de la chasse devra bien sûr être ensuite accompagnée d’autres mesures efficaces de lutte contre les autres facteurs de déclin de ces espèces.