Projets de décret et d’arrêté ministériel modifiant les dispositions relatives à la filière à responsabilité élargie des producteurs des produits et matériaux de la construction du secteur du bâtiment

Vous pouvez consulter les projets de texte et faire part de vos observations, via le lien « déposer votre commentaire » en bas de page, jusqu’au 19 mai. Afin de faciliter la compréhension des modifications apportées, chaque projet de texte est présenté en version légistique et en version consolidée avec modifications apparentes.

Consultation du 23/04/2026 au 19/05/2026 - 1469 contributions

Contexte et objectifs :

La loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire a prévu la mise en place d’une filière à responsabilité élargie du producteur (REP) pour les produits ou les matériaux de construction du secteur du bâtiment (PMCB) destinés aux ménages ou aux professionnels.

La mise en œuvre opérationnelle de cette filière REP a commencé en 2023 suite à l’agrément délivré à quatre éco-organismes (ECOMINERO, ECOMOBILIER, VALOBAT et VALDELIA) en octobre 2022 pour répondre aux exigences du cahier des charges annexé à l’arrêté ministériel du 10 juin 2022. L’organisme coordonnateur (OCAB) a été agréé par arrêté du 17 février 2023 renouvelé le 30 juillet 2025. Depuis son lancement, la filière REP connait des difficultés : elle est jugée trop couteuse par les metteurs en marché et les détenteurs de déchets considèrent les services rendus insatisfaisants. C’est dans ce contexte que des travaux de refondation de cette filière ont été lancés en mars 2025.

Après près de 12 mois de concertation avec l’ensemble des parties prenantes (metteurs en marché, collectivités, distributeurs, professionnels du bâtiment, etc.), le Gouvernement propose une refondation de la filière pour corriger ses dysfonctionnements et renforcer son efficacité.

Les projets de décret en conseil d’état et d’arrêté ministériel modifiant les cahiers des charges des éco-organismes et des organismes coordonnateurs prévoient ainsi la mise en œuvre des orientations définies pour la refondation de la filière.

Contenu du projet de décret

Le projet de décret modifie les dispositions relatives à la filière REP PMCB pour tenir compte des orientations retenues pour la refondation de la filière notamment la révision des modalités de l’obligation de reprise des déchets de PMCB par les distributeurs, la définition du maillage par les conseils régionaux à l’échelle départementale, recentrer l’action des éco-organismes sur les déchets des produits ou matériaux dont la collecte et le traitement nécessitent d’être soutenus par la filière REP pour être développés, ainsi que des dispositions de clarification.

Le projet de décret comprend 13 articles.

L’article 1 modifie l’article R.541-160 du code de l’environnement pour faire porter l’obligation de reprise des déchets de PMCB par les distributeurs uniquement aux distributeurs inclus dans le maillage territorial défini à l’article R.543-290-5.

L’article 2 supprime les dispositions relatives aux possibilités de mutualisation avec un point de reprise situé à moins de cinq kilomètres pour les distributeurs définies à l’article R.541-161 du code de l’environnement, qui ne sont plus nécessaires compte-tenu des modifications induites par l’article 1.

L’article 3 précise à l’article R.543-289 du code de l’environnement, pour clarification, que les produits ou matériaux de construction relevant exclusivement du secteur des travaux publics sont exclus du champ d’application de la REP PMCB.

L’article 4 modifie l’article R.543-290-4 du code de l’environnement pour redéfinir les différents canaux de collecte des déchets et exclure la prise en charge par les éco-organismes des coûts de transport des déchets depuis les chantiers.

L’article 5 revoit les modalités relatives à la définition du maillage territorial pour les détenteurs de déchets professionnels prévues à l’article R.543-290-5 en confiant cette mission aux conseils régionaux. Cet article précise ce qui est attendu des installations incluses dans le maillage, à savoir la reprise de l’ensemble des déchets du bâtiment, et les critères que le maillage doit satisfaire (priorisation pour inclure les installations qui ne sont pas gérées par les collectivités territoriales, reprise des déchets dangereux et capacité de collecte correspondant à la quantité estimée de déchets de PMCB produit dans la zone). Le conseil régional définit le maillage à l’échelle départementale, en concertation avec les collectivités territoriales, les opérateurs de gestion de déchets, les représentants des entreprises du bâtiment et les distributeurs de PMCB. L’article prévoit qu’en l’absence de définition d’un maillage territorial par le conseil régional, l’éco-organisme propose un projet de maillage qu’il doit soumettre à l’accord du conseil régional. Cet article prévoit également que le cahier des charges en précise les modalités d’application, notamment les conditions de déploiement progressif dans les zones blanches (zones en déficit de points de reprise pour les détenteurs professionnels). Il prévoit que le maillage des détenteurs ménagers repose sur les installations gérées par les collectivités territoriales et les distributeurs volontaires.

L’article 6 modifie l’article R.543-290-6 du code de l’environnement pour revoir les modalités d’intervention des éco-organismes et notamment la couverture des coûts des opérations de gestion des déchets de PMCB en différenciant les matériaux dont la collecte et le traitement ne nécessitent pas d’être soutenus par les éco-organismes pour être développés, dits « matures » et les matériaux « non matures », qui nécessitent le soutien des éco-organismes pour en améliorer la gestion. L’article prévoit que les matériaux matures sont définis dans le cahier des charges des éco-organismes.

L’article 7 modifie l’article R.543-290-7 qui précise les modalités d’intervention des éco-organismes lorsqu’ils opèrent en soutien financier. La distinction des matériaux non matures y est ajoutée pour les déchets collectés en mélange avec d’autres types de déchets dans le cadre du service public de gestion de déchets.

L’article 8 abroge l’article R.543-290-9 du code de l’environnement qui prévoyait de limiter la prise en charge des coûts de transport depuis les chantiers et les entrepôts à 80% des coûts. La prise en charge des déchets, avec la modification de l’article R.543-290-4, intervient désormais au premier point de massification, le transport depuis les chantiers est exclu, sauf dans le cadre du déploiement du maillage dans les zones blanches.

L’article 9 modifie l’article R.543-290-10 du code de l’environnement afin d’apporter une clarification sur le fait que les éco-organismes ont l’obligation de proposer le dispositif de réfaction prévu au troisième alinéa du I de l’article L541-10-23 du code de l’environnement.

L’article 10 modifie l’article R.543-290-12 du code de l’environnement sur les missions confiées à l’organisme coordonnateur pour le mettre en cohérence avec les modifications relatives au déploiement du maillage défini par les conseils régionaux prévues à l’article 5.

L’article 11 prévoit la possibilité de fixer dans le cahier des charges des éco-organismes des mesures de progressivité relatives à la prise en charge des déchets pour lesquels la collecte et le traitement ne nécessitent pas d’être soutenus et l’établissement par les éco-organismes du maillage territorial.

L’article 12 précise que le décret entre en vigueur au 1er septembre 2026.

L’article 13 est l’article d’exécution.

Contenu du projet d’arrêté ministériel

Le projet d’arrêté ministériel remplace les cahiers des charges des éco-organismes et des organismes coordonnateurs figurant aux annexes I et III de l’arrêté du 10 juin 2022.
Il prévoit également que les éco-organismes et l’organisme coordonnateur déposent un dossier de demande d’agrément dans un délai d’un mois après la publication de l’arrêté ministériel remplaçant les cahiers des charges, s’ils souhaitent poursuivre leur agrément à compter du 1er janvier 2027.

Le projet d’arrêté ministériel comprend 3 articles.

Le premier article dispose que les cahiers des charges des éco-organismes et des organismes coordonnateurs sont remplacés par les cahiers des charges annexés.

L’article 2 de l’arrêté prévoit que les éco-organismes qui souhaitent poursuivre leur agrément transmettent au plus tard un mois après la publication de l’arrêté un dossier de demande d’agrément.

L’article 3 précise la date d’entrée en vigueur de l’arrêté au 1er septembre 2026.

L’article 4 est l’article d’exécution.

  • L’annexe I modifie substantiellement le cahier des charges des éco-organismes et prévoit les principales mesures suivantes :

-  Le chapitre 1 relatif aux orientations générales précise les modalités d’intervention des éco-organismes (paragraphe 1.1) en introduisant la liste des matériaux appelés « matures » pour lesquels la collecte et le traitement ne nécessitent pas d’être soutenus par les éco-organismes pour être développés. Les matériaux « matures » sont les déchets de produits ou matériaux minéraux (déchets inertes principalement), de produits ou matériaux à base de métal et de bois et, à compter du 1er janvier 2027, sont ajoutés les déchets de produits ou matériaux à base de plâtre.
Les éco-organismes agréés sont tenus de mettre en œuvre les actions pour le développement de l’éco-conception et du réemploi, contribuent à la résorption des dépôts sauvages et établissent le maillage territorial défini par les conseils régionaux.
En dehors des territoires d’outre-mer, les éco-organismes pourvoient ou couvrent les coûts de la collecte séparée et du traitement des déchets non matures et versent un soutien financier forfaitaire fixé à 2€/t pour les opérations de tri et de traçabilité pour les déchets matures.
Dans les territoires d’outre-mer, les éco-organismes pourvoient ou couvrent les coûts de la collecte séparée et du traitement pour l’ensemble des déchets du bâtiment.
Les modalités relatives aux contributions financières et aux soutiens pour la gestion de déchets sont précisées dans ce chapitre. Des délais de prévenance de 9 mois sont prévus pour les éco-organismes entre la publication et la mise en application de leurs barèmes d’éco-contributions, ainsi que pour l’information des opérateurs concernant la modification des barèmes de soutien pour la gestion des déchets. L’affichage du montant des soutiens perçus par les opérateurs de gestion de déchets doit être réalisé sur les factures fournies aux détenteurs de déchets.
Un observatoire environnemental et économique est mis en place et confié à l’ADEME.

- Le chapitre 2 relatif à l’éco-conception est modifié pour prévoir la mise en place d’un groupe de travail dédié et mettre à jour les échéances de rendu de l’étude dédiée à la déconstruction sélective.

- Le chapitre 3 concernant les dispositions relatives à la collecte et à la valorisation des déchets de PMCB est modifié pour réviser les objectifs de collecte, rendus opposables et ciblés sur les déchets non matures, et introduire des objectifs pour les territoires d’outre-mer. En ce qui concerne les objectifs de recyclage et de valorisation, les objectifs pour les matériaux non matures sont fixés pour 2027 et 2030 et une étude est demandée pour proposer une trajectoire permettant d’atteindre des objectifs équivalents en outre-mer. Enfin, des objectifs de recyclage et de valorisation spécifiques à certains flux de déchets non matures sont définis, ainsi que des objectifs indicatifs de recyclage sur le territoire national. Une étude annuelle est prévue permettant d’évaluer les quantités de déchets matures collectés et valorisés.
En cas de non atteinte des objectifs, les éco-organismes doivent prévoir une enveloppe, appelée enveloppe à la performance, utilisée pour lever les freins à l’augmentation des performances. Le montant de cette enveloppe est calculé en fonction de l’écart constaté entre les performances et les objectifs fixés.

Les dispositions relatives au maillage sont revues pour prévoir les modalités de sa définition par les éco-organismes en cas d’absence de définition par les conseils régionaux, et préciser la hiérarchie à respecter entre les installations de collecte à inclure dans le maillage.

Pour les dispositions relatives à la prise en charge des déchets, il est prévu que les éco-organismes puissent limiter leur soutien aux points de maillage. Ils sont tenus de procéder à la signature des contrats avec les collectivités en charge du service public de gestion des déchets dans un délai ne pouvant excéder 3 mois à compter de la transmission de la demande. Ils peuvent limiter les soutiens aux déchets des ménages pris en charge au niveau des déchetteries publiques à compter du 1er janvier 2028 en l’absence de mesures prises par la collectivité visant à ne plus accepter les déchets des professionnels dans leurs installations.

Pour les déchets issus des catastrophes naturelles ou accidentelles, les éco-organismes reprennent sans frais les déchets de PMCB, y compris les déchets matures.

Les échéances définies pour les études non réalisées à date et pour la mise en œuvre des outils sont mises à jour, notamment l’étude sur le gisement de déchets et les outils uniques pour la traçabilité et à destination des détenteurs qui sont attendus pour le 1er janvier 2027. L’accord du comité technique opérationnel est par ailleurs demandé avant la mise en œuvre des outils.

- Le chapitre 4 relatif au réemploi et à la réutilisation des PMCB est révisé afin de demander un bilan intermédiaire évaluant les résultats des plans d’actions mis en œuvre. Il fixe également des objectifs globaux pour le réemploi pour 2027 et 2030 ainsi que des objectifs spécifiques pour des types de produits ou matériaux mentionnés. Enfin, les éco-organismes doivent soutenir les opérations de dépose sélective, de transport, de stockage et de reconditionnement à des fins de réemploi ou de réutilisation.

- Le chapitre 5 est modifié pour supprimer l’objectif de moyen relatif à l’information et à la sensibilisation, tout en conservant les objectifs de résultat.

- Le chapitre 6, consacré aux dispositions relatives à la progressivité de la mise en place de la filière REP prévoit des mesures pour le déploiement du maillage territorial notamment dans les zones blanches dans lesquelles les éco-organismes doivent établir des contrats de transition qui déterminent les modalités et le calendrier de déploiement de nouveaux points de reprise. Dans ces zones blanches, les éco-organismes sont tenus de proposer et mettre en œuvre des services de reprise de déchets de PMCB en tout point du territoire, auprès des entreprises du bâtiment qui massifient leurs déchets et de ne pas appliquer le plafond prévu pour les déchetteries publiques. Un bilan semestriel est demandé aux éco-organismes sur l’avancement de l’établissement du maillage.

La progressivité en ce qui concerne la distinction des matériaux matures et non matériaux prévoit que jusqu’au 31 décembre 2026, les déchets matures continuent d’être pris en charge au niveau des points d’apports de déchets.

  • L’annexe II modifie le cahier des charges des organismes coordonnateurs et prévoit les principales mesures suivantes :

En plus des missions déjà prévues, l’organisme coordonnateur est chargé du suivi du déploiement du maillage territorial. Il organise les travaux des éco-organismes afin que le maillage soit déployé pour le 31 décembre 2029 au plus tard. A ce titre, il désigne le ou les éco-organismes chargés de déployer le maillage dans les zones blanches et d’établir les contrats de transition.

La date du 30 juin est introduite dans le cahier des charges comme échéance annuelle pour la proposition pour accord aux ministres chargés de l’environnement et de l’économie du résultat provisoire de l’équilibrage.

Par cohérence avec le cahier des charges des éco-organismes, les échéances pour la mise en œuvre des outils de traçabilité et à destination des détenteurs pour simplifier l’accès aux points de reprise sont revues et l’accord du comité technique opérationnel est demandé.

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Commentaires

  •  Réponse de l’entreprise de plâtrerie / isolation PLATRELEC de 5 salariés, installée dans le département de l’ Aisne, le 7 mai 2026 à 10h46
    Mon entreprise artisanale du bâtiment a besoin de pratiques simples de gestion de mes déchets de chantier. C’est pourquoi je demande la pérennisation de la reprise sans frais de mes déchets triés dans la limite de 1,5 tonne dans tous les points de collecte de la REP PMCB (déchèteries professionnelles, distributeurs, déchèteries de collectivité). Je suis donc opposé à la disposition qui supprime cette reprise sans frais du 31 décembre 2026.
  •  Réponse de l’entreprise de rénovation énergétique ALLAIRE DU TEMPS de 12 salariés, installée dans le département 17, le 7 mai 2026 à 10h22

    Mon entreprise artisanale du bâtiment a besoin de pratiques simples de gestion de mes déchets de chantier. C’est pourquoi je demande la pérennisation de la reprise sans frais de mes déchets triés dans la limite de 1,5 tonne dans tous les points de collecte de la REP PMCB (déchèteries professionnelles, distributeurs, déchèteries de collectivité).

    Je suis donc opposé à la disposition qui supprime cette reprise sans frais du 31 décembre 2026.

  •  REPONSE DE L’ENTREPRISE DE SANITAIRE/CHAUFFAGE ETS ALAIN ALLIOT DANS LE DEPARTEMENT 02, le 7 mai 2026 à 09h44

    Mon entreprise artisanale du bâtiment a besoin de pratiques simples de gestion de mes déchets de chantier. C’est pourquoi je demande la pérennisation de la reprise sans frais de mes déchets triés dans la limite de 1,5 tonne dans tous les points de collecte de la REP PMCB (déchèteries professionnelles, distributeurs, déchèteries de collectivité).

    Je suis donc opposé à la disposition qui supprime cette reprise sans frais du 31 décembre 2026.

  •  Contribution du Syndicat Mixte Sud Rhône Environnement, le 6 mai 2026 à 13h39

    Projets de décret et d’arrêté ministériel portant le nouveau cahier des charges de la filière PMCB
    Contribution du Syndicat Mixte Sud Rhône Environnement
    Dans le cadre de la consultation publique du projet d’arrêté portant cahier des charges de la filière REP PMCB

    Ref : PRC/LF/MS - 04052026
    Objet : CONTRIBUTION À LA CONSULTATION PUBLIQUE Projet de décret et d’arrêté portant cahier des charges de la filière REP PMCB (Consultation ouverte jusqu’au 19 mai 2026)

     
    Identité du contributeur Le Syndicat Mixte Sud Rhône Environnement, collectivité compétente en matière de traitement des déchets ménagers et assimilés, intervenant en tant qu’opérateur du service public de gestion des déchets (SPGD) sur un territoire regroupant 71730 habitants sur 40 communes.
     
    Objet de la contribution La présente contribution porte sur les conséquences financières et opérationnelles directes que les arbitrages ministériels traduits dans les projets de textes soumis à consultation font peser sur les collectivités locales en charge du SPGD. Elle vise à alerter sur les risques structurels d’un cahier des charges qui, en l’état, fragilise les conditions d’exercice du service public et contredit l’objectif affiché d’une prise en charge intégrale des coûts nets de gestion par les éco-organismes.
     
    1. Un transfert de charges injustifié vers les collectivités Les projets de textes suppriment les soutiens à la collecte, à la réception, au traitement et les forfaits bennes pour les matériaux dits « matures » — déchets minéraux et inertes, métaux, bois — ainsi que, à compter de 2027, le plâtre. Cette catégorisation, fondée sur des hypothèses de maturité de marchés dont la réalité est contestable en déchèterie, transfère de fait la charge de gestion de ces flux vers les collectivités, sans compensation. Pour notre collectivité, ce transfert représente un coût supplémentaire annuel estimé à 373 000 €, se décomposant comme suit* : • Suppression du soutien à la collecte en déchetterie : 250 000 €/an • Suppression du soutien à la réception et au traitement 85 000 €/an • Suppression des forfaits bennes (bois, plâtre, inertes, métaux) : 38 000 €/an Ces charges non compensées pèseront directement sur le budget du SPGD, et donc sur la fiscalité locale ou les redevances acquittées par les usagers. *Estimations issues des données financières transmises par l’OCAB en 2023 appliquées aux tonnages consolidés de 2022.
     
    2. Des risques opérationnels graves pour la continuité du service public La fin programmée de la reprise garantie de certains flux — en particulier le bois et le plâtre — place les collectivités dans une situation d’incertitude contractuelle inacceptable. Ces matériaux constituent des flux importants en déchèterie. L’absence de filière de reprise structurée et financée par les éco-organismes contraint les collectivités à : • Engager des procédures de marchés publics sur des volumes et des débouchés incertains, sans visibilité suffisante sur les conditions économiques ; • Assumer seules le risque de défaillance ou de saturation des débouchés, faute de garantie de reprise ; • Faire face à des surcoûts de gestion en cas d’effondrement des cours ou de tension sur les filières de valorisation. La continuité et la qualité du SPGD ne peuvent être soumises aux aléas de marchés dont les collectivités ne maîtrisent ni les volumes ni les prix.
     
    3. Une filière réduite à la portion congrue, sans intérêt réel pour le SPGD Une filière REP PMCB recentrée sur les seuls plastiques, huisseries et laines minérales ne couvre qu’une fraction marginale des flux que les collectivités gèrent quotidiennement en déchèterie. Si cette orientation devait être confirmée, la filière perdrait l’essentiel de sa pertinence opérationnelle pour les collectivités gestionnaires du SPGD. Dans ce contexte, notre collectivité s’interroge sérieusement sur les conditions et l’intérêt de sa participation active à une filière REP dont le périmètre serait aussi étroit, et se réserve le droit de faire évoluer ses modalités d’engagement en conséquence.
     
    4. La nécessité d’un financement intégral et sécurisé, conformément aux textes européens Le principe de responsabilité élargie du producteur, tel qu’encadré par la directive-cadre déchets et ses révisions, impose une prise en charge intégrale des coûts nets de gestion des déchets relevant du périmètre de la filière. Les arbitrages actuels s’en écartent significativement pour les flux considérés comme « matures ». Nous demandons que le cahier des charges garantisse : • la couverture intégrale, par les éco-organismes, des coûts nets de gestion de la part des déchets ménagers et assimilés relevant du périmètre défini par les textes européens ; • un mécanisme de révision des soutiens indexé sur les coûts réels constatés par les collectivités, et non sur des hypothèses de maturité de marché déterminées unilatéralement ; • la pérennité des dispositifs de reprise pour les flux dont aucune alternative économique viable n’est disponible à court terme.
     
    5. Des relations contractuelles équilibrées entre éco-organismes et collectivités Le cahier des charges doit établir des relations contractuelles équilibrées, transparentes et opposables. À ce titre, nous demandons : • des clauses de renégociation régulières des barèmes de soutiens, sur la base de données de coûts partagées et auditables ; • des mécanismes de règlement des différends accessibles et indépendants ; • une gouvernance de la filière dans laquelle les collectivités disposent d’un droit de regard effectif sur l’utilisation des contributions.
     
    Conclusion Les projets de textes soumis à consultation opèrent, au détriment des collectivités locales, un transfert de charges que rien ne justifie ni financièrement ni juridiquement. Ils fragilisent la capacité des collectivités à assurer la continuité du service public de gestion des déchets, tout en réduisant la filière REP PMCB à un périmètre si étroit qu’il perd l’essentiel de sa valeur ajoutée pour les gestionnaires du SPGD. Nous appelons le ministère à réviser les arbitrages en cause et à garantir, dans la version définitive du cahier des charges, un financement intégral, sécurisé et équitable des charges nettes de gestion des déchets de produits et matériaux de construction du bâtiment.
     
    Beaucaire, le 4 mai 2026 Phillipe ROUVIER-COROUGE, Président du Syndicat SUD RHONE ENVIRONNEMENT
  •  Contribution du SNROC, le syndicat de la pierre naturelle française, le 5 mai 2026 à 17h55

    Eléments de contexte

    Le SNROC fédère les producteurs de pierres naturelles françaises, filière constituée de 600 à 700 entreprises, quasiment toutes de taille TPE ou PME. Il n’est pas possible pour le SNROC de connaître exactement le nombre de metteurs en marché de pierres naturelles, d’une part car tous les producteurs ne sont pas concernés par la REP PMCB, d’autre part du fait de l’existence d’importateurs -metteurs en marché.

    La pierre naturelle est un matériau durable s’il en est, nombre de villes, quartiers et ouvrages des siècles précédents en témoignent. C’est aussi un matériau qui se prête parfaitement au réemploi lorsque les ouvrages d’origine doivent être déconstruits.
    En 2025, le montant total des écocontributions collectées s’est élevé à 180 k€ environ. En regard, ce sont environ 210 k€ qui ont été utilisés pour la collecte de pierres et 90 k€ affectés à des opérations de réemploi, montrant un déséquilibre de la balance financière « Pierres naturelles ».

    Constat

    Tel qu’il est configuré, le système actuel représente une contrainte administrative très lourde pour les producteurs de type TPE-PME pour des sommes collectées, déclarées et reversées très faibles. Sur la base de 180 k€ collectés en 2025 par 600 entreprises, c’est une collecte annuelle moyenne de 300 € / entreprise, soit un process à mettre mensuellement en œuvre pour 25 € en moyenne !

    Quant aux opérations de réemploi accompagnées par les éco-organismes, il ne peut s’agir que de soutiens symboliques au regard du montant total des opérations dont on peut penser qu’elles se seraient réalisées même sans soutien par la volonté de maîtres d’ouvrage, surtout publics, conscients de leurs responsabilités.

    Le système tel qu’il est configuré s’agissant des pierres naturelles est ainsi déséquilibré aux plans administratif et financiers pour une valeur ajoutée qui reste à démontrer.

    Attentes et demandes

    Le SNROC demande ainsi que soient exclues les pierres naturelles du périmètre de la REP PMCB pour alléger autant la pression administrative sur les entreprises concernées que la pression financière sur le dispositif dans son ensemble.

    A défaut d’une exclusion de toutes les pierres naturelles, celles à destination des monuments historiques doivent être exclues car leur mise en œuvre se veut durable par nature. En effet, qui peut imaginer qu’on puisse être amené à remplacer d’ici 50 ans les pierres de Notre-Dame de Paris mises en place pour sa restauration ?

    Le projet d’arrêté et le projet de décret soumis à la consultation du public doivent ainsi être modifiés pour tenir compte de cette exclusion.

  •  Contribution de Calitom à la consultation publique relative aux projets de décret et d’arrêté ministériel modifiant les dispositions applicables à la filière REP PMCB, le 5 mai 2026 à 13h04

    1. Position générale de Calitom

    Calitom, syndicat public en charge de la prévention, de la collecte et du traitement des déchets ménagers et assimilés sur le territoire de la Charente, souhaite exprimer sa très forte opposition aux projets de décret et d’arrêté ministériel actuellement soumis à consultation publique.
    Ces textes, présentés comme une refondation de la filière REP PMCB, conduisent en réalité à un recul majeur du principe de responsabilité élargie du producteur et à un transfert de charges vers les collectivités territoriales, les usagers du service public et les contribuables locaux.
    La loi AGEC a créé la REP PMCB afin que les metteurs sur le marché assument la responsabilité financière et opérationnelle de la gestion des déchets issus des produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment. L’article L. 541-10-23 du code de l’environnement prévoit explicitement que les éco-organismes couvrent notamment les coûts supportés par toute personne assurant la reprise des déchets de construction et de démolition faisant l’objet d’une collecte séparée, et qu’ils pourvoient à cette reprise lorsque cela est nécessaire afin d’assurer le maillage territorial. Il prévoit également que les contributions des producteurs couvrent les coûts liés au ramassage et au traitement des déchets de construction abandonnés ou gérés irrégulièrement.
    Les projets soumis à consultation s’écartent de cette logique. Ils introduisent une distinction entre déchets dits « matures » et déchets nécessitant un soutien de la filière, distinction qui aboutirait à ne plus couvrir réellement les coûts supportés par les collectivités pour une part importante des flux accueillis en déchèteries publiques. Le projet d’arrêté prévoit notamment que les déchets de PMCB dits « matures » ne bénéficieraient plus que d’un soutien forfaitaire limité à 2 €/tonne pour les opérations de tri et de traçabilité.
    Pour Calitom, cette orientation est inacceptable.
    Elle revient à faire financer par le service public local des déchets des charges qui relèvent de la responsabilité des metteurs sur le marché.

    2. Un projet contraire à l’esprit et à la lettre de la loi AGEC

    La REP PMCB n’a pas été créée pour organiser une prise en charge sélective, minimale ou symbolique des déchets du bâtiment.
    Elle a été créée pour répondre à trois objectifs majeurs :
    1. améliorer la collecte et la valorisation des déchets du bâtiment ;
    2. réduire les dépôts sauvages ;
    3. faire contribuer les producteurs au coût réel de gestion des déchets issus des produits qu’ils mettent sur le marché.
    Or, le projet de réforme prévoit de recentrer l’action des éco-organismes sur les seuls déchets dont la collecte et le traitement seraient considérés comme nécessitant un soutien. La page de consultation précise que le projet vise notamment à « recentrer l’action des éco-organismes » sur ces déchets, à modifier l’obligation de reprise par les distributeurs et à faire définir le maillage par les conseils régionaux à l’échelle départementale.
    Cette approche appelle plusieurs objections majeures.
    D’abord, la loi ne conditionne pas la couverture des coûts par les éco-organismes au caractère prétendument « mature » ou « non mature » des flux. Elle vise les déchets de construction et de démolition faisant l’objet d’une collecte séparée.
    Ensuite, la maturité économique d’une filière ne signifie pas absence de coût pour les collectivités. Pour une collectivité gestionnaire de déchèteries publiques, accueillir, contrôler, trier, tracer, stocker, évacuer et traiter des déchets de PMCB mobilise du foncier, du personnel, des équipements, du transport, de la gestion administrative et des marchés publics. Ces coûts sont réels, même lorsque certains matériaux disposent de filières de valorisation existantes.
    Enfin, une telle distinction risque de désorganiser les dispositifs locaux de collecte. En réduisant les soutiens sur les flux les plus massifs, l’État fragilise l’équilibre économique des déchèteries publiques et incite mécaniquement les collectivités à réduire les services rendus, à répercuter les coûts sur les professionnels ou à renoncer à certaines collectes séparées.
    Ce résultat serait contraire aux objectifs de prévention, de valorisation et de lutte contre les dépôts sauvages.

    3. Un risque financier majeur pour Calitom et les habitants de la Charente

    Pour Calitom, le risque financier lié aux orientations proposées est estimé à environ 6 € par habitant.
    Rapporté aux 352 000 habitants de la Charente, ce risque représente :
    6 € × 352 000 habitants = 2 112 000 € par an
    Soit plus de 2,1 millions d’euros par an susceptibles d’être transférés vers le service public local de gestion des déchets.
    Un tel montant ne peut être considéré comme marginal. Il pèserait directement sur l’équilibre budgétaire du syndicat, sur les contributions des collectivités adhérentes et, in fine, sur les usagers et contribuables charentais.
    Calitom rappelle que les collectivités territoriales ne sont pas des variables d’ajustement de la soutenabilité économique de la filière pour les metteurs sur le marché.
    La REP repose sur le principe pollueur-payeur. Elle ne peut pas devenir un mécanisme dans lequel les producteurs conservent la maîtrise des charges qu’ils acceptent d’assumer, tandis que les collectivités supportent les coûts résiduels.

    4. Une reprise sans frais qui doit rester effective et opérationnelle

    La reprise sans frais constitue l’un des piliers de la REP PMCB.
    Elle permet d’éviter que les coûts de traitement des déchets du bâtiment ne soient reportés sur les détenteurs, les collectivités ou l’environnement. Elle est également indispensable pour prévenir les dépôts sauvages, notamment dans les territoires ruraux où les distances d’accès aux points de reprise peuvent constituer un frein majeur.
    Le projet de décret prévoit de revoir les modalités de l’obligation de reprise des déchets de PMCB par les distributeurs et de faire porter cette obligation uniquement sur les distributeurs inclus dans le maillage territorial défini à l’article R. 543-290-5.
    Calitom estime que cette orientation comporte un risque sérieux de recul du service rendu. Si le maillage territorial se traduit par une réduction du nombre de points de reprise réellement accessibles, ou par un report accru des flux vers les déchèteries publiques, alors la réforme produira l’effet inverse de celui recherché.
    La reprise sans frais ne doit pas être une garantie théorique. Elle doit être :
    • effective ;
    • lisible pour les usagers ;
    • accessible à une distance raisonnable ;
    • adaptée aux petits apports des ménages et des artisans ;
    • financée par les éco-organismes à hauteur des coûts réellement supportés.

    5. Le maillage territorial ne doit pas reposer par défaut sur les collectivités

    Calitom prend acte de la volonté de confier aux conseils régionaux la définition du maillage territorial à l’échelle départementale. Le projet de consultation indique que cette définition doit se faire en concertation avec les collectivités territoriales, les opérateurs de gestion des déchets, les représentants des entreprises du bâtiment et les distributeurs de PMCB.
    Cette concertation est nécessaire, mais elle ne suffit pas.
    Calitom demande que le maillage territorial repose prioritairement sur les acteurs économiques de la filière, les distributeurs, les plateformes professionnelles et les installations privées adaptées aux déchets du bâtiment.
    Les déchèteries publiques ne doivent pas devenir, par défaut, le principal exutoire des déchets de PMCB, en particulier pour les déchets professionnels.
    Les collectivités ont déjà mis à disposition un réseau de proximité au service des ménages. Elles ne peuvent pas être appelées à compenser les carences de maillage des éco-organismes ou des metteurs sur le marché sans couverture intégrale des coûts.
    Calitom demande donc que les textes prévoient explicitement :
    • la priorité donnée aux points de reprise professionnels pour les déchets professionnels ;
    • l’absence d’obligation pour les collectivités d’intégrer le maillage sans accord exprès ;
    • la couverture intégrale des coûts lorsqu’une collectivité accepte de participer au dispositif ;
    • une garantie de non-saturation des déchèteries publiques ;
    • une prise en compte spécifique des territoires ruraux.

    6. Le soutien de 2 €/tonne pour les déchets dits « matures » est manifestement insuffisant

    Le projet d’arrêté prévoit que les déchets dits « matures » feraient seulement l’objet d’un soutien forfaitaire de 2 €/tonne pour les opérations de tri et de traçabilité.
    Ce montant est manifestement déconnecté de la réalité des coûts supportés par les collectivités.
    Il ne couvre ni l’accueil des usagers, ni le gardiennage, ni le contrôle des apports, ni la gestion des erreurs de tri, ni la mise à disposition du foncier, ni l’entretien des quais et équipements, ni les coûts de bennes, ni les coûts administratifs et contractuels, ni les charges liées à la sécurité et à la traçabilité.
    Pour Calitom, ce soutien symbolique revient à faire reconnaître l’existence d’une responsabilité des éco-organismes tout en vidant cette responsabilité de sa portée financière.
    Calitom demande donc la suppression de cette disposition et son remplacement par un mécanisme de couverture des coûts réels, objectivé, contrôlable et opposable.

    7. Les dépôts sauvages doivent être pleinement pris en charge

    La lutte contre les dépôts sauvages a été l’un des arguments centraux de la création de la REP PMCB.
    Le code de l’environnement prévoit que les contributions financières des producteurs couvrent notamment les coûts liés au ramassage et au traitement des déchets de construction et de démolition abandonnés ou gérés contrairement aux prescriptions applicables.
    Calitom demande que les textes réglementaires garantissent une prise en charge effective, simple et complète des dépôts sauvages composés majoritairement de déchets de construction et de démolition.
    Cette prise en charge doit couvrir :
    • les opérations de caractérisation ;
    • le ramassage ;
    • le transport ;
    • le tri ;
    • le traitement ;
    • les coûts administratifs ;
    • les coûts supportés par les collectivités ou leurs groupements.
    À défaut, la réforme affaiblirait l’un des objectifs majeurs de la REP PMCB.

    8. Une réforme qui risque de fragiliser les objectifs environnementaux

    En réduisant les soutiens aux collectivités sur les flux les plus importants, la réforme risque de produire plusieurs effets négatifs :
    • diminution des collectes séparées ;
    • retour à des flux en mélange ;
    • renchérissement des tarifs appliqués aux professionnels ;
    • report vers les déchèteries publiques sans compensation ;
    • développement de dépôts sauvages ;
    • perte de traçabilité ;
    • baisse des performances de valorisation ;
    • défiance accrue des collectivités à l’égard des filières REP.
    Calitom alerte donc l’État sur le risque de contre-performance environnementale.
    Une filière REP ne peut être efficace que si elle repose sur un contrat clair : les producteurs financent la gestion des déchets issus de leurs produits, les collectivités participent lorsqu’elles le souhaitent et lorsqu’elles sont justement compensées, et les usagers bénéficient d’un service lisible et accessible.
    Le projet actuel rompt cet équilibre.

    9. Demandes de Calitom

    Calitom demande le retrait ou la modification substantielle des projets de décret et d’arrêté soumis à consultation.
    À titre principal, Calitom demande :
    1. le maintien d’une couverture effective des coûts supportés par toute personne assurant la reprise des déchets de construction et de démolition collectés séparément ;
    2. la suppression de la distinction opératoire entre déchets dits « matures » et « non matures » lorsqu’elle a pour effet de réduire la prise en charge des coûts supportés par les collectivités ;
    3. la suppression du soutien forfaitaire de 2 €/tonne pour les déchets dits « matures », manifestement insuffisant ;
    4. la garantie d’une reprise sans frais effective des petits apports des ménages et des artisans ;
    5. la couverture intégrale des coûts supportés par les collectivités lorsqu’elles accueillent des déchets relevant de la REP PMCB ;
    6. la priorité donnée aux points de reprise professionnels pour les déchets professionnels ;
    7. la non-intégration automatique des déchèteries publiques dans le maillage territorial sans accord exprès de la collectivité compétente ;
    8. la prise en compte spécifique des territoires ruraux et des contraintes de distance, de densité et de capacité d’accueil ;
    9. la prise en charge complète des dépôts sauvages composés majoritairement de déchets de construction et de démolition ;
    10. la mise en place d’un mécanisme de contrôle indépendant permettant de vérifier la réalité des coûts, la qualité du maillage et l’effectivité de la reprise sans frais.

    10. Conclusion

    Calitom considère que les projets de décret et d’arrêté soumis à consultation constituent un recul majeur pour la filière REP PMCB.
    Sous couvert de simplification et de soutenabilité économique, ils organisent un transfert de charges vers les collectivités territoriales et affaiblissent le principe pollueur-payeur.
    Pour la Charente, le risque financier est estimé à plus de 2,1 millions d’euros par an, soit environ 6 € par habitant. Ce transfert n’est ni acceptable financièrement, ni conforme à l’esprit de la loi AGEC, ni cohérent avec les objectifs de prévention, de valorisation et de lutte contre les dépôts sauvages.
    Calitom demande donc à l’État de revoir profondément ces projets de textes afin de garantir une REP PMCB réellement opérationnelle, équitable et conforme à la loi.
    À défaut, Calitom se réserve la possibilité, seul ou aux côtés d’autres collectivités et associations représentatives, d’engager tout recours utile contre les textes qui seraient adoptés et qui porteraient atteinte aux intérêts du service public local, des collectivités territoriales et des habitants de la Charente.

    Contribution défavorable aux projets de décret et d’arrêté en l’état.

  •  Contribution du Syndicat de la Construction Métallique de France (SCMF), le 29 avril 2026 à 10h10

    Contribution du Syndicat de la Construction Métallique de France (SCMF)

    Le SCMF partage l’objectif de simplification et d’amélioration de l’efficacité de la filière REP PMCB. Néanmoins, en l’état, le projet de décret et d’arrêté appelle des réserves majeures concernant le traitement des matériaux métalliques.

    1/ Une incohérence de fond : le métal n’est pas un déchet à soutenir, mais une ressource à valeur positive.

    Les produits et matériaux à base de métal présentent une spécificité économique et environnementale structurante :
    • Ils disposent d’une valeur résiduelle positive, reconnue et intégrée de longue date par les acteurs de la filière ;
    • Ils sont massivement recyclés sans soutien public, avec le taux le plus élevés de tous les matériaux de construction ;
    • Leur recyclage repose sur une logique de marché mature, efficace et autonome.

    Dans ce contexte, assimiler les métaux à des flux nécessitant un pilotage ou un soutien REP, même marginal (2€/t), revient à dénaturer profondément les principes économiques de la filière.

    2/ Un risque de distorsion et de contre-performance environnementale.

    L’intégration des métaux dans le périmètre opérationnel de la REP, même sous le statut de “matériaux matures”, crée plusieurs effets contre-productifs :
    • Désorganisation de filières existantes performantes, en introduisant des mécanismes administratifs là où le marché fonctionne ;
    • Risque de renchérissement artificiel des coûts pour les entreprises du bâtiment, sans bénéfice environnemental réel ;
    • Effet de péréquation injustifié, les matériaux à valeur positive pouvant contribuer indirectement au financement de flux déficitaires.

    3/ Une approche REP qui doit rester ciblée.

    Le SCMF soutient pleinement une REP recentrée sur les flux qui en ont réellement besoin, c’est-à-dire :
    • Les matériaux pour lesquels il existe un déficit de collecte, de tri ou de valorisation ;
    • Les flux pour lesquels un soutien financier est nécessaire pour structurer une filière.

    À l’inverse, maintenir les métaux dans le dispositif, même de manière partielle, brouille le signal économique et affaiblit la logique même de la REP.

    4/ Propositions du SCMF.

    Dans un souci de cohérence et d’efficacité :
    • Les matériaux métalliques devraient être exclus du périmètre opérationnel de la REP PMCB, à l’instar des déchets inertes ;
    • L’éco contribution appliquée au Métal doit couvrir principalement le support aux activités de Réemploi d’une filière déjà fortement en avance sur cette thématique ;
    • La REP doit être réorientée vers les flux réellement problématiques, afin d’en maximiser l’impact environnemental.

    5/ Conclusion.

    La construction métallique est pleinement engagée dans l’économie circulaire depuis des décennies. Le projet de réforme constitue une opportunité pour renforcer l’efficacité de la REP, à condition de ne pas fragiliser les filières qui fonctionnent déjà.

    Le SCMF appelle ainsi à une approche différenciée, fondée sur les réalités économiques et environnementales des matériaux, afin de garantir une réforme à la fois juste, efficace et soutenable.

  •  Commentaires lots matures, le 27 avril 2026 à 11h59
    Bonjour, nous avons la gestion de 16 déchèteries publiques pour lesquelles nous attendions avec impatience la mise en place de la REP PMCB, et les arbitrages prévus sur les lots matures ne sont pas en adéquation avec la réalité terrain. Pour la filière plâtre nous la benne de la REP si nous devons payer quoi que soit. notre filière actuelle est l’enfouissement pour du plâtre en mélange et le benne plâtre REP si bon plâtre. Dans ce cas nous ferons une seule benne et enfouissement et nous ferons payer les professionnels au tarif sorti par notre matrice des coûts. Pour la filière inerte, nous repercuterons l’absence de soutien de 19e sur le tarif pros (actuellement ces 19e ne couvrent pas le coût de la filère). Pour la filière bois, même chose que la filière inerte. Enfin les filières laine de verre, de roche, et menuiseries vitrées ne sont pas à la hauteur des quantités réceptionnées pour garantir une reprise convenables sur nos déchèteries.
  •  utilité des Eco organisme, le 24 avril 2026 à 14h32
    Bonjour je fais parti d’une entreprise de recyclage. Les eco organisme ne servent qu’à alourdir les process. Nous n’avons pas attendu les eco organisme pour recycler les matières. Les entreprise existent depuis longtemps, le maillage est peut être à repenser et dans ce cas oui un eco organisme, pas 3 ou 4 qui se font concurrences, peut aider voir structurer ce maillage. En aucun cas un eco organisme ne doit payer des locations d’emplacements à des distributeurs pour les inciter à reprendre les matériaux (de tout façon ce n’est le travail d’un distributeur de reprendre les déchets), surtout lorsque cela est une obligation de la loi. L’argent publique brasé en quantité doit être utilisé par les eco organismes pour creer des filiéres de recyclage et non servir à leur faire de la publicité dans les magazines ou dans des salons avec des stands indecessants et du personnel en nombre trop important pour leur utilité.