Projet d’arrêté pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts

Consultation du 09/07/2026 au 30/07/2026 - 69443 contributions

Note de présentation :

Le projet d’arrêté soumis à la consultation du public est pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts.

Introduction :

En application du 2° du I de l’article R. 427-6 du code de l’environnement, il revient au ministre chargé de la chasse de fixer par un arrêté la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) dites « du groupe 2 ».

Il existe trois groupes d’ESOD définis par l’article R. 427-6 du code de l’environnement. Le premier et le troisième groupe concernent respectivement les espèces non indigènes classées sur l’ensemble du territoire métropolitain par un arrêté ministériel pérenne (Le chien viverrin, le vison d’Amérique, le raton laveur, le ragondin, le rat musqué et la bernache du Canada) et une liste complémentaire définie par un arrêté préfectoral annuel (le sanglier, le lapin de garenne et le pigeon ramier).

Selon ce même article, une espèce peut être classée ESOD pour au moins l’un des quatre motifs suivants :

1° Dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques ;
2° Pour assurer la protection de la flore et de la faune ;
3° Pour prévenir des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles ;
4° Pour prévenir les dommages importants à d’autres formes de propriété. Le 4° ne s’applique pas aux espèces d’oiseaux.

La liste des ESOD du groupe 2 est fixée pour 3 ans par arrêté ministériel (courant du 1er juillet de la première année au 30 juin de la troisième année). Cet arrêté ministériel est pris sur proposition des préfets de département après avis de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) réunie en formation spécialisée sur les ESOD.

Une note technique datée du 8 septembre 2025 a été diffusée aux directions départementales des territoires et de la mer) en vue de l’élaboration des dossiers de demandes préfectorales de classement ministériel d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) du deuxième groupe.

Contexte :

Le précédent arrêté triennal du 3 août 2023 établissant la liste des ESOD du groupe 2 est arrivé à son terme le 1er juillet et doit, à ce titre, être renouvelé à compter de l’entrée en vigueur du présent projet d’arrêté. Il s’agit de la cinquième période de renouvellement des ESOD du 2e groupe : 2012-2015, 2015-2019, 2019-2023, 2023-2026, 2026-2029.

Il n’existe pas de liste prédéterminée d’espèces pouvant être classées ESOD dans le groupe 2, cependant seules des espèces chassables peuvent l’être.

La situation du putois et de la martre des pins a toutefois évolué ces dernières années suite à plusieurs décisions du Conseil d’État.

• S’agissant du putois, celui-ci a été retiré de la liste des ESOD du groupe 2 par la décision n° 432485 du 7 juillet 2021. Cette décision a été confirmée en 2025 par la décision n° 488730 du 7 juillet 2025.

• S’agissant de la martre des pins, cette espèce a été retirée de la liste des ESOD du groupe 2 par une décision n° 480617 du 13 mai 2025. Ces retraits résultent du non-respect des exigences de la directive « Habitats, faune, flore », notamment en raison de l’absence de données de suivi de l’espèce.

Le classement n’a pas pour but d’éradiquer les espèces concernées, qui jouent un rôle important dans leur écosystème, mais de prévenir et de réduire les dégâts que certains individus peuvent occasionner localement, notamment lorsqu’ils provoquent des perturbations des écosystèmes, des dommages aux activités agricoles ou des atteintes aux propriétés privées.

Lorsqu’une espèce est classée ESOD, les modalités et périodes de destruction sont renforcées, permettant notamment sa destruction à tir ou par piégeage en dehors des périodes d’ouvertures de la chasse, pour la protection des intérêts ayant conduit à son classement (ex : classement du renard pour la protection des élevages avicoles).

Le projet d’arrêté précise les modes de prélèvement autorisés pour chaque espèce et, en annexe, la liste des espèces classées dans chaque département : ce classement peut être partiel et limité à une partie du département, notamment à certains cantons ou à certaines communes, ou peut se porter sur l’ensemble du département.

Le classement d’une espèce dans la catégorie des ESOD du groupe 2 peut se justifier selon deux critères, rappelés par le Conseil d’Etat dans l’ensemble de ses décisions sur ce sujet :

-  Le premier critère dispose que l’espèce porte atteinte de façon significative à l’un des quatre motifs de l’article R. 427-6 du code de l’environnement. Le seuil de montant de dégâts au-delà duquel il est établi que l’atteinte est significative est apprécié à environ 10 000 € sur la période de triennal par le Conseil d’État.

-  Le second critère est une condition cumulative : l’espèce est répandue de façon significative et, compte tenu des caractéristiques géographiques, économiques et humaines du département, sa présence est susceptible de porter atteintes aux intérêts protégés par l’article R. 427-6 du code de l’environnement. Le seuil d’abondance à partir duquel il est établi que l’espèce est répandue de façon significative dans le territoire est apprécié à environ 500 prélèvements par an par le Conseil d’État.

L’analyse des demandes de classement a conduit à porter une attention particulière à l’état de conservation des espèces concernées, celui-ci constituant un élément d’appréciation au regard des exigences issues du droit applicable et de la jurisprudence. Cette analyse a été réalisée à partir des données disponibles issues des dispositifs nationaux de suivi, des derniers rapportages scientifiques, ainsi que des évaluations de référence, notamment les listes rouges établies aux différentes échelles pertinentes, permettant une appréciation particulière de la situation des espèces selon les territoires.

À ce titre, s’agissant de la martre des pins, et dans le prolongement de la décision du Conseil d’État n° 480617 du 13 mai 2025, les éléments de suivi ont été actualisés, notamment au regard du dernier rapportage réalisé au titre de la directive « Habitats, faune, flore ». Ceux-ci font apparaître un état de conservation favorable de l’espèce à l’échelle des grands domaines biogéographiques. Dans ce contexte, il en résulte que le classement de la martre des pins est retenu dans quatorze départements répondant aux critères dégagés par la jurisprudence récente, conciliant ainsi la prise en compte de son état de conservation favorable avec la nécessité de prévenir et limiter localement les atteintes significatives constatées.

S’agissant du corbeau freux, les éléments relatifs à son état de conservation mettent en évidence une situation hétérogène selon les territoires et les sources de données mobilisées. Les dispositifs nationaux de suivi, notamment le STOC (suivi temporel des oiseaux communs), ainsi que les rapportages les plus récents, font apparaître des tendances de déclin dans certaines régions, sans que celles-ci puissent être considérées comme homogènes à l’échelle nationale. Les évaluations issues des listes rouges disponibles classent l’espèce en « préoccupation mineure » à l’échelle nationale, tandis qu’un statut de vulnérabilité est retenu à l’échelle européenne.

Contenu du texte :

L’article 1 précise que la liste des ESOD est présentée département par département, en annexe du projet d’arrêté.

L’article 2 présente les modalités et les périodes de destruction des espèces habituellement classées ESOD. Toutes les espèces peuvent être détruites à tir ou par piégeage, hormis le renard qui peut également être déterré.

L’article 3 autorise la destruction des animaux classés ESOD au moyen de rapaces utilisés pour la chasse au vol, sous réserve du respect des dispositions réglementaires applicables.

L’article 4 prévoit que par dérogation à l’article 2, des conditions limitatives de destruction peuvent être précisées en annexe. En effet, dans leur demande, certains préfets ont souhaité limiter les modalités de destruction autorisées pour une ou plusieurs espèces dans leur département.

L’article 5 précise qu’en cas de capture accidentelle d’un animal non classé ESOD, celui-ci doit être immédiatement relâché.

L’article 6 abroge l’arrêté du 3 août 2023.

L’article 7 précise que les préfets de départements sont chargés de l’exécution de l’arrêté.

Consultations obligatoires :

Le projet d’arrêté, ayant une incidence directe sur l’exercice de la chasse, a été soumis pour avis au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage conformément à l’article L. 421-1 A du code de l’environnement, lequel a rendu son avis le 12 mai dernier.

Le projet d’arrêté présente un impact sur l’environnement et nécessite à ce titre une consultation du public conformément aux dispositions de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement.

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Commentaires

  •  Avis défavorable , le 29 juillet 2026 à 22h20
    J’emets un avis défavorable. On en a marre des lobbys. Vous pouvez vraiment vous regarder dans le miroir ?
  •  Avis profondément défavorable , le 29 juillet 2026 à 22h20
    Nous sommes à l’heure où il est vital pour nous humains de préserver le vivant qui nous rend un grand service et que nous massacrons. Les dits nuisibles contribuent d’autant plus à la préservation de ce que nous détruisons Arrêtons nous d’être des nuisibles.
  •  DEFAVORABLE, le 29 juillet 2026 à 22h19
    La biodiversite a tant souffert, les incendies, la pollution, la présence humaine irrespectueuse et prétentieuse !JUSQU’OÙ LA DESTRUCTION?? La faune meure bien assez, laissez la vivre et elle nous sauvera peut être.
  •  Avis défavorable, le 29 juillet 2026 à 22h19
    Entre ça et d’autres mesures catastrophiques pour l’environnement et nous, il serait temps d’arrêter !
  •  Avis défavorable , le 29 juillet 2026 à 22h19
    Cette liste autorisant la destruction d’espèces animales ne fait pas consensus scientifique et répond largement à des enjeux agricoles alors même que certaines espèces présentent des vertus
  •  avis défavorable à cet arrêté, le 29 juillet 2026 à 22h19
    éliminer ces animaux est une hérésie scientifique. A chaque renard assassiné, c’est autant de campagnols qui viennent ravager nos cultures. La bonne solution serait d’interdire définitivement la chasse et tout acte de sadisme du type déterrage.
  •  Avis défavorable , le 29 juillet 2026 à 22h19
    C’est inutile, les espèces n’ont pas attendues l’homme pour s’auto régulées, chacune des espèces de cette liste est aussi la proie ou le prédateur d’autres espèces, chaque intervention humaine dans ce cycle désorganise le cycle naturel des espèces. Par exemple les renard s’auto régulent entre eux, ils ont chacun leur périmètre, il y en aura donc toujours autant. Si on les tue, il y en aura rapidement autant qu’avant. C’est inutile, coûteux, et inhumain.
  •  Avis défavorable au projet d’arrêté 2026-2029, le 29 juillet 2026 à 22h19
    Il est affligeant de constater que la France continue de ne pas écouter les scientifiques (par exemple le rapport IGEDD de février 2025, ou l’étude publiée par le Museum d’Histoire Naturelle en mars 2026 qui recommande d’abandonner les ESOD). Le Museum met en avant qu’il n’y a pas de preuve de bénéfice de la destruction des espèces, notamment parceque chaque espèce a un rôle important - prédation des rongeurs, ou dispersion des graines. Et cerise sur le gateau, la destruction des espèces coûte beaucoup plus cher que les dégats causés !!!! Il serait temps que soient entendus les scientifiques, dont les avis sont ignorés pour répondre aux demandes du lobby de la chasse !!!
  •  Défavorable, le 29 juillet 2026 à 22h19
    Pourquoi détruire est la seule solution trouvée par les membres du gouvernement, plutôt que de réfléchir et de lire (enfin) les conclusions des différentes études. Vous comparez régulièrement la France aux autres pays pour justifier certaines décisions, pourquoi ne pas le faire dans ce cas ? Les dégâts ne représentent pas une somme plus élevée que la destruction d’êtres vivants et du maintien de la biodiversité. Merci de tenir compte des avis des français qui votent pour élire leurs représentants pour une fois.
  •  Défavorable , le 29 juillet 2026 à 22h19
    Cessons de faire croire que la chasse régule quelque chose Ce n’est pas à nous de réguler quoique ce soit La réintroduction des espèces que nous avons décimées doit être un devoir
  •  Avis défavorable, le 29 juillet 2026 à 22h19
    Nous devons privilégier les alternatives à la destruction massive et non-ciblée de ces espèces. De nombreux pays européens privilégient les mesures de prévention et de protection avant toute destruction d’animaux, et ciblent davantage les interventions. Ces approches obtiennent souvent de meilleurs résultats, tout en limitant les impacts sur la faune sauvage. De plus la LPO avait obtenu le retrait de la martre du précédent arrêté triennal ESOD par une décision du Conseil d’Etat en mai 2025, et elle réapparaît aujourd’hui dans 14 départements, sans aucune justification suffisante, et en contradiction avec la “Stratégie nationale Biodiversité” 2030. Il est temps de se conformer à la décision du Conseil d’Etat.
  •  Avis defavorable, le 29 juillet 2026 à 22h19
    Pourquoi l’humain s’octroye le droit de décider quelle espece doit vivre ou non.Nous.ne sommes pas supérieurs aux animaux. Depuis le début ce sont les interventions humaines qui engendrent des déséquilibres dans la gestion des espèces. Il y a certainement d’autres moyens que l’élimination qui ne réglera pas le problème de manière durable. Je souhaite soutenir cette cause et porter la voix animal qui n’a pas elle la possibilité de s’exprimer.
  •  Quelle honte !, le 29 juillet 2026 à 22h18
    Cette proposition est tout à fait scandaleuse !!! Le gouvernement va t’il encore s’obstiner longtemps à contribuer à massacrer la faune et la flore ? Avec tous ces incendies, veut-on achever le monde sauvage?
  •  Avis Défavorable, le 29 juillet 2026 à 22h18
    Cette liste d’ESOD est un non sens écologique et traduit la non compréhension du rôle important de chaque espèce dans le milieu naturel. La biodiversité bien malmenée par l’être humain mérite un autre regard. Certains lobbies (fnsea, chasseurs) sortiraient grandis s’ils acceptaient de vivre avec la nature et non pas contre la nature : cela serait un grand progrès pour la vie sur terre.
  •  Je m’oppose à ce projet, le 29 juillet 2026 à 22h18
    Tous ces animaux ne sont pas nuisibles mais utiles qui ont leur place. Chacun permet un équilibre au cœur de nos forêts, notre environnement. Éliminer une espèce dérégle le système.
  •  AVIS DEFAVORABLE. GERER AUTREMENT QUE PAR LA MORT LES CONFLITS AVEC LA FAUNE SAUVAGE., le 29 juillet 2026 à 22h17
    Je suis résolument CONTRE l’arrêté de classement ESOD. D’après une étude du MNHN (Jiguet et al, mars 2026), le coût de destruction de ces ESOD est 5 à 6 fois supérieur aux dégâts déclarés. Même l’efficacité de la méthode a été remise en question par les scientifiques. Visiblement, la destruction n’est pas une solution aux problèmes posés par certaines espèces. Donc il faut en trouver une autre. Pour ce qui est du renard et de la fouine, ils limitent fortement la prolifération des rongeurs, responsables eux-mêmes de la propagation de la maladie de Lyme (entre autres) et de dégâts importants dans les vergers, potagers et cultures. Le renard est un rempart indéniable, avec les 3 000 à 6 000 rongeurs qu’il tue chaque année (mulots et campagnols). Or les cas de maladie de Lyme en France ont une tendance à la hausse et tournent autour de 50 000 par an (source : institut Pasteur). Toute prolifération des rongeurs a un coût non négligeable pour les maraîchers et agriculteurs… et pour la Sécurité sociale. Oui, le renard et la fouine s’attaquent aux poulaillers. Mais n’oublions pas que c’est l’homme qui colonise peu à peu tous les espaces vitaux, qui réduit les biotopes. Il est naturel que ces petits carnivores fassent ce qu’ils peuvent pour survivre. On réduit leur territoire comme peau de chagrin et voilà qu’on leur reproche d’exister et de venir contrecarrer nos petits projets personnels et nos intérêts privés ! Les chasseurs reprochent aussi au renard de « se servir » lors des lâchers de faisans et perdrix destinés à être chassés. Voilà qu’il faudrait détruire une espèce au rôle écologique majeur (on a déjà détruit tous les grands prédateurs) pour protéger du gibier artificiellement introduit et voué à être abattu, pour manger du faisan ce dimanche ! Idem pour la martre et la belette… Elles limitent les dégâts agricoles et les risques sanitaires en régulant les populations de rongeurs. Protégeons nos poulaillers avant de crier au voleur, à l’assassin ! Des portes à fermeture automatique, des grillages adaptés, électrifiés, bien des solutions existent, cherchons d’abord, comme dans d’autres pays européens, des moyens de protection non létaux (clôture, effarouchement, protection des élevages). En ce qui concerne la fouine, oui, elle peut être responsable de dégâts importants sur les câbles et durites de véhicules ou autres, ceux qui sont fabriqués dans un plastique d’origine végétale. Certains constructeurs automobiles proposent des gainages spéciaux de protection (plastique dur et flexible, qui résiste aux dents des petits carnivores). Il existe aussi des dispositifs spécifiques anti-fouine à base d’ultrasons. Que ces solutions soient généralisées avant d’envisager une destruction massive. Par ailleurs, chaque déclaration de dégâts est-elle contrôlée de près ? A-t-on systématiquement prouvé la culpabilité de l’espèce incriminée ou fait-on confiance au déclarant, histoire de gagner du temps ? Des chiens aussi peuvent vider un poulailler… J’ai lu à différents endroits que les déclarations de dégâts étaient souvent mal documentées, et peu contrôlées. Cela devrait faire l’objet de directives envoyées à chaque préfet. Un contrôle sérieux et systématique coûtera moins cher que toute une campagne de piégeage et de tir. Le principe de précaution prend tout son sens ici : plutôt que de généraliser à tout un département des mesures de destruction susceptibles d’affecter durablement la faune sauvage, privilégions des solutions préventives et non létales autant que possible (c’est le cas dans différents pays européens). Et quand localement, le problème est réellement d’importance, alors que le préfet prenne des dispositions locales (et uniquement locales) après avoir fait dûment vérifier les déclarations de dégâts. Que les interventions soient ciblées, et bien proportionnées. L’autorisation de mesures de destruction sur de vastes territoires, à une trop grande échelle, et le classement décidé pour tout un département n’ont aucun sens et vont à l’encontre de la Stratégie nationale de biodiversité 2030. De même, le piégeage ou le tir toute l’année est difficilement acceptable : la période de reproduction et d’élevage des jeunes se doit d’être respectée. Il s’agit là de ne pas être responsable de la lente agonie de portées entières sans parent nourricier. Quant aux oiseaux (Pie bavarde, Geai des chênes, Corneille noire, Corbeau freux, Étourneau sansonnet), leur élimination pour réduire leur impact sur nos cultures n’est pas une solution acceptable. Je voudrais ici faire quelques petits rappels : le Geai des chênes joue un rôle déterminant dans la dispersion des chênes sur de longues distances et dans la résilience des forêts. Il enfouit plusieurs dizaines de milliers de glands par an et permet la régénération forestière à large échelle. Par les temps qui courent, où la plantation d’arbres est largement encouragée, il est aberrant de le chasser. On reproche à la pie de piller les nids d’autres oiseaux et de consommer les semences à la période où elle a un comportement grégaire. Idem pour les autres corvidés grégaires : mais de tout temps, les corvidés ont exercé une pression de prédateur sur les petits passereaux. Si ces derniers sont en déclin, c’est plutôt pour des raisons anthropiques : destruction des haies, pelouses stériles, appauvrissement des milieux de vie… D’autres espèces se sont mieux adaptées, dont les Corvidés, oiseaux éminemment intelligents. Pour ce qui est des semences, rappelons que les Corvidés ne sont pas des granivores stricts. Pour quelques grains consommés, ils mangent un nombre important d’insectes potentiellement ravageurs, et aussi des limaces, des escargots, de petits rongeurs ! Et ce sont des équarrisseurs naturels, qui font disparaître tous les cadavres dus aux collisions routières entre autres. Les détruire massivement fragilise encore les équilibres des écosystèmes et appauvrit la biodiversité. Les besoins des corvidés sont simples : des arbres de grande taille avec de grands espaces autour, pour qu’ils se sentent en sécurité. Les conflits que nous connaissons actuellement sont dus à NOTRE GESTION IRREFLECHIE DES MILIEUX. Les solutions à envisager : Il faut favoriser au contraire les bosquets et les haies en bordure des champs et des villages, pour recréer cette mosaïque d’habitats qui servent d’abris à leurs prédateurs naturels. Pour l’agriculture, la planification des périodes de semailles est à revoir : choisir des semences à levée rapide pour les graines les plus menacées. Le labourage et le hersage font sortir nombre de vers et de d’insectes qui attirent les corvidés. Attendre quelques jours avant de semer est judicieux. Si aucune solution n’est efficace, il restera la campagne d ‘effarouchement (mais elle impacte toutes les espèces, ce qui est dommageable pour la biodiversité) et, en dernier recours, l’élagage des arbres en automne (le site leur sera moins protecteur). Bref, des solutions sont possibles. Ce sont des préjugés qui font jeter l’opprobre sur les Corvidés, qui nous empêchent de réaliser que les services sanitaires qu’ils rendent à l’homme compensent largement leurs nuisances, qui nous empêche de comprendre l’importance des Corvidés dans l’équilibre des écosystèmes. Ce sont les transformations rurales et urbaines irréfléchies qui sont la source de tous les problèmes de cohabitation que nous connaissons avec la faune sauvage. Il nous faut repenser totalement notre manière d’impacter notre environnement. Et non pas éliminer le problème le plus rapidement possible par la mort de celui qui nous gêne. Quand on voit qu’on laisse faire la destruction des abeilles et autres pollinisateurs pour ces mêmes cultures (néonicotinoïdes !), et qu’on envisage de les remplacer par des microrobots pour polliniser, je me dis que l’homme n’a vraiment, vraiment rien compris à la nature. Même si l’homme affirme faire partie de la nature, ses actes (et ses projets d’arrêtés, d’ailleurs) traduisent une soif de contrôle et de domination. Le bilan des catastrophes écologiques dues à Homo sapiens est dramatique : nous avons créé des polluants éternels, rempli de plastique les océans, envoyé les déchets de la conquête spatiale en orbite dans l’espace, modifié le climat et engendré la 6e extinction massive de l’histoire de la Terre, inédite par sa rapidité. Nous sommes près d’un « effondrement systémique des conditions d’habitabilité de notre planète » (Aurélien Barrau). Alors, ce n’est pas grand-chose, de laisser la vie à des renards, des petits carnivores et quelques corvidés un peu trop gourmands. Mais c’est déjà un premier geste. C’est choisir de ne pas contrôler la vie autour de nous en donnant la mort. C’est choisir de la préserver, de protéger autrement nos cultures et nos poulaillers, de rétablir des haies, de planter des arbres, de rendre la nature à la nature, d’arrêter d’artificialiser des sols (alors que les friches industrielles occupent déjà des centaines d’hectares) pour laisser de la place à nos colocataires. Dans le but de protéger la biodiversité et les milieux vivants, de mieux lutter contre le réchauffement climatique. Et tant pis si on ne mange pas du faisan ou de la perdrix ce dimanche. Choisissons, choisissez de ne plus être une espèce extrêmement envahissante et une espèce susceptible d’occasionner des (les pires) dégâts. Et par les temps qui courent, avec ces incendies dramatiques qui frappent la France, avec des pertes extrêmement importantes pour notre faune, il serait incohérent d’autoriser une destruction supplémentaire. Les rares animaux survivants se déploient tant bien que mal sur des territoires déjà occupés, aux ressources limitées. Choisissez de les laisser vivre. Choisissez de repenser totalement votre manière d’impacter votre environnement.
  •  Défavorable, le 29 juillet 2026 à 22h17
    Rien de rationnel ne justifie l’abattage de ces animaux.
  •  Non à cette liste, le 29 juillet 2026 à 22h16
    Je n’ai rien à rajouter à ce qui a été dit sur le fait que cette liste est inacceptable pour de multiples raisons. De quel droit l’homme se placent au-dessus de ces êtres qui ont autant le droit à la vie. Et avec tout ce qui se passe actuellement ça suffit.
  •  Défavorable , le 29 juillet 2026 à 22h16
    Avis défavorable au projet d’arrêté pris pour l’application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) – Consultation publique 2026-2029, le 29 juillet 2026 à 22h13 Je suis défavorable à ce projet d’arrêté concernant toutes les espèces soit disant nuisible. La nature se régule elle-même. Pas besoin de d’idiots en manque d’activité qui chasse soit disant pour nous protéger alors que ce n’est qu’un loisir pour assouvir des pulsions diverses
  •  DÉFAVORABLE , le 29 juillet 2026 à 22h16
    Un récent retour du MNHN démontre que ces politiques ne conduisent pas à moins de dégâts. Donc stop