EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Plan national d’actions 2021-2031 en faveur des Harttiella et des Anomaloglossus de Guyane

Du 26/09/2022 au 23/10/2022 - 1 commentaire

Dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité, la France consacre un effort particulier à la préservation des espèces les plus menacées présentes sur son territoire.

Pour ces espèces, le ministère de la Transition écologique établit des plans d’actions, qui sont complémentaires au dispositif législatif et réglementaire les protégeant. Ces plans visent à coordonner les actions de sauvegarde des espèces végétales et animales les plus vulnérables pour lesquelles la France a une responsabilité patrimoniale.

Les Harttiella sont des poissons de petites tailles (environ 5 cm), présents uniquement sur le plateau des Guyanes. 7 espèces ont été décrites et 2 sont en cours de description. En dehors d’Harttiella crassicauda, présente uniquement au Suriname, l’intégralité des espèces sont endémiques de la Guyane française. Les 6 espèces décrites sur le territoire sont toutes menacées au titre de la liste rouge nationale, dont une majorité en danger critique.
Anomaloglossus est un genre d’amphibiens de petite taille (moins de 2 cm), présent uniquement sur le plateau des Guyanes. La plupart des espèces de ce genre présentent des répartitions réduites. En Guyane française, 6 Anomaloglossus sont décrits, 3 d’entre eux étant strictement endémiques : A. blanci, A. dewynteri, A. degranvillei. Ces 3 espèces ont été évaluées comme étant en danger ou en danger critique d’extinction dans les listes rouges nationale et internationale.
Bien que différents, ces deux groupes présentent plusieurs points communs. Ils occupent par exemple le même type d’habitats, à savoir des petits cours d’eau forestiers généralement liés aux reliefs. Comme la plupart des espèces ont des répartitions restreintes, certaines étant micro-endémiques d’un massif, leur répartition se juxtapose. Elles sont par conséquent sujettes à des menaces communes, leur habitat étant soumis aux mêmes pressions anthropiques (orpaillage, création de piste…).
La loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016 prévoit la mise en place de Plans nationaux d’actions (PNA) pour les espèces endémiques de faune ou de flore particulièrement menacées. Considérant les points communs entre les deux groupes et dans le but de mutualiser les moyens, un PNA en faveur des Harttiella et des Anomaloglossus de Guyane a été rédigé. Il vise à :
• améliorer la connaissance sur la répartition des différentes espèces ;
• assurer leur préservation par les outils réglementaires et leur prise en compte dans l’aménagement du territoire ;
• assurer le suivi des populations connues pour évaluer leur évolution sur le long terme.
Pour répondre à ces grands enjeux, le PNA propose 7 actions orientées sur l’amélioration des connaissances, la protection, la conservation et la sensibilisation.
Vu la nécessaire acquisition de connaissances préalables à la préservation des espèces et la mise en place d’actions sur le long terme (par exemple, suivis des populations), une durée de 10 ans a été définie.
Afin de tenir compte de l’avis du CNPN, la priorisation des actions a été affinée à l’axe de travail, permettant de cibler plus précisément des points d’avancement nécessaires au succès de la mise en œuvre du PNA. Le PNA fera également l’objet, en complément du suivi annuel par le comité de pilotage, d’un bilan à mi-parcours. Ce bilan détaillera la progression de la réalisation des actions et précisera les difficultés rencontrées, permettant si besoin un réajustement des actions du PNA.
Le PNA est piloté par la Direction Générale des Territoires et de la Mer (DGTM) de Guyane.


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