Consultation publique portant sur le projet d’arrêté modifiant le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité relatif au diagnostic de performance énergétique
Consultation du 09/07/2026 au 06/08/2026 -
108 contributions
Le projet d’arrêté vise à modifier le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité.
Depuis sa réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2021, le
DPE repose sur une méthode de calcul conventionnelle, intégrant notamment un facteur de conversion entre l’énergie finale consommée par le bâtiment et l’énergie primaire, dit « PEF ». L’audit énergétique réglementaire s’appuie sur la même méthode de calcul.
Dans ce cadre, l’électricité bénéficie depuis le 1er janvier 2026 d’un facteur de conversion fixé à 1,9.
Dans le cadre du plan d’électrification, le gouvernement souhaite accélérer la sortie des énergies fossiles, électrifier les usages et faire du mix électrique décarboné français le socle de notre compétitivité, de notre souveraineté et de notre réindustrialisation.
Cette nouvelle réforme, qui consiste à fixer la valeur du PEF à 1,7, vise donc à soutenir l’électrification des usages dans le secteur du bâtiment, en cohérence avec l’axe 1 du plan d’électrification.
La modification du PEF pour l’électricité affecte la consommation énergétique de l’ensemble des DPE et audits énergétiques réalisés depuis le 1er juillet 2021.
Pour les personnes disposant déjà d’un DPE à la date du 1er janvier 2027, il ne sera pas nécessaire de faire réaliser un nouveau DPE pour bénéficier de cette mise à jour. En effet, à compter du 1er janvier 2027, il sera possible de télécharger gratuitement une attestation officielle de nouvelle étiquette DPE sur l’Observatoire DPE-Audit de l’
ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr) en entrant le numéro du DPE (qui se trouve en haut à droite du rapport DPE). Cette étiquette viendra remplacer l’étiquette du DPE, et pourra être utilisée notamment lors de transactions immobilières ou de mises en location. Une attestation similaire pourra être téléchargée sur le même site internet pour les audits énergétiques réalisés et être utilisée notamment dans les dossiers MaPrimeRénov’ déposés à compter du 1er janvier 2027.
Commentaires
A l’heure actuelle, on parle des data-centers de masse, de la pyrodéforestation également de masse pour l’installation de panneaux photovoltaïques (avec un bon bilan CO2 évidemment), et on ajoute une PAC-isation de tous les ménages d’ici 2050…
Exit donc les autres sources d’énergie. Nous ne sommes plus à l’heure ni de la sobriété énergétique ni de l’autonomie énergétique et économique, mais de la dépendance énergétique, au monde du all-in-grid, sachant que les PAC sont vendu avec des COP de 3-4 et que le prix de l’électricité va potentiellement suivre le même ratio…. Les radiateurs d’hier sont les PAC de demain… Où est l’économie ? Certainement pas au niveau des consommateurs…
Quid des petits équipements de chauffage à la biomasse ? Déjà que MPR disparait peu à peu sur les postes biomasses, voir totalement d’ici septembre 2026…
Fuyez pauvres fous qu’il disait… On y vient…
Je loue un petit appartement utilisant l’électricité classé en G au DPE en 2024 (mais en C en ce qui concerne les gaz à effet de serre GES). L’appartement était équipé avant 2024 d’une VMC.
L’Assemblée des Copropriétaires a décidé d’isoler sérieusement le bâtiment et après travaux, assez couteux, le DPE donne un classement en E (et B en ce qui concerne les gaz à effet de serre) en Avril 26. Il faudra améliorer le DPE pour atteindre D au minimum.
La question c’est comment améliorer ? Un ballon thermodynamique ne rentre pas (trop volumineux). Une pompe à chaleur ? Où mettre l’unité extérieure ? Sur le toit le syndic n’y tient pas. Un climatiseur réversible sans unité extérieure ? Peut être mais encore faut-il un emplacement sur un mur donnant sur l’extérieur et obtenir l’autorisation de l’Assemblée des Copropriétaires pour faire deux carottages nécessaires au fonctionnement de l’appareil ce qui n’est pas acquis…
Il y a la question de l’élimination des condensats…Au final installer un climatiseur sans unité extérieur ce n’est pas du tout acquis juridiquement et techniquement c’est difficile.
Pour améliorer reste divers mesures comme changer un ballon d’eau chaude un peu ancien par un modèle récent a priori plus performant, améliorer une fenêtre ancienne etc.…Une fois fait est-ce que j’obtiendrai la lettre D ?
Tous ces coûts sont plus ou moins répercutables sur le loyer sachant que l’encadrement des loyers complique les hausses de loyer.
Pour résumer l’Etat demande aux bailleurs des améliorations mais celles-ci sont difficiles, dans certains cas impossibles ou très difficiles, et il n’y a aucune certitude de pouvoir atteindre la classe D (un minimum à partir duquel le propriétaire peut louer sans avoir de contraintes de DPE)….
Je pourrais ajouter, dans certains cas, l’âge des propriétaires qui peuvent se sentir dépassés face à cette problématique nouvelle et quelquefois à court des ressources financières nécessaires.
Cette situation, en décourageant les propriétaires bailleurs et en faisant se détourner les investisseurs est l’une des causes de la crise du logement qui a une ampleur séculaire et dont souffrent notamment les jeunes.
La baisse du coefficient de 1,9 à 1,7 apporterait aux copropriétaires en difficulté un peu d’aide et d’encouragements bien utiles après leur avoir imposé tant de contraintes.
Si l’on compare un logement qui utilise l’électricité et le même logement qui utilise le gaz, ce dernier sera mieux noté en terme énergétique (énergie primaire = énergie finale pour le gaz) qu’un logement qui utilise l’électricité. Certes le DPE tient compte des GES dont la note est plus mauvaise si une énergie fossile est utilisée mais peut être pas au point de compromettre significativement un bien meilleur le classement au DPE en terme énergétique.
Il y a là un avantage aux énergies fossiles comparativement à l’électricité, alors que ce sont les GES qui sont responsables du réchauffement climatique, pas directement la consommation énergétique.
Le passage à 1,7 irait dans le sens de la correction de cette ineptie inhérente au DPE.
De même le passage à 1,7 serait un encouragement à utiliser l’électricité selon les souhaits du Gouvernement (il y a une cohérence politique).
La réforme est donc vraiment souhaitable.
Pour finir une idée : Pourquoi ne pas autoriser les propriétaires en difficultés à acheter une sorte de "permis de louer sans DPE", à préciser et à créer, qui leur permettrait de ne plus être soumis au DPE moyennant finance revenant à l’Etat. Avec cet argent l’Etat pourrait par exemple planter des arbres (notamment ceux qui brulent en ce moment) pour absorber le CO2 émis en excès par les propriétaires détenteur du "permis de louer sans DPE" ?
Cela permettrait d’éviter les possibles impasses dont il a été question plus haut.
Madame, Monsieur,
Je viens de lire l’ensemble de la consultation ainsi que tous les commentaires.
Comme à chaque consultation les avis divergent mais bien argumentés dans l’ensemble…
Personnellement je suis favorable à la baisse du CEP en donnant un exemple très simple sur le terrain : un chalet ossature bois en Savoie construit en 2000 avec un chauffage électrique + appoint bois est en général classé E : quel intérêt de réaliser un audit énergétique sur ce type de bien ?
Je reste également favorable (en théorie) sur le passage à un coefficient en énergie finale où tout le monde parlerait le même langage.. néanmoins en pratique le DPE s’en trouverait une nouvelle fois discrédité avec toutes ces modifications apportées depuis 2021.
Je reste bien conscient que la profession n’y est pas favorable.. difficile de concilier des avis opposés.
Cordialement
HT Diagnostiqueur immobilier indépendant
Constituée en octobre 2014, l’association Coénove rassemble des acteurs majeurs de l’efficacité énergétique dans le bâtiment, énergéticiens, industriels et organisations professionnelles.
En phase avec les ambitions de la France et de l’Europe en matière d’énergie et de climat, Coénove se mobilise pour faire de la baisse des consommations une réalité, en oeuvrant sur la sobriété, l’efficacité énergétique et la massification de la rénovation énergétique. Le développement des énergies renouvelables et plus particulièrement du gaz vert ainsi que des solutions gaz hybrides font également partie des piliers de l’association.
Dans le cadre du plan d’électrification des usages annoncé en avril 2026, le Gouvernement propose une nouvelle baisse de la valeur réglementaire du Coefficient d’Énergie Primaire (CEP ou PEF) de l’électricité, de 1,9 à 1,7.
Or ce coefficient, qui est censé traduire une réalité physique, a été stable pendant 45 ans, de 1976 à 2021, avant de connaître de multiples modifications contestables depuis quelques années : de 2,58 à 2,3 en 2021, puis de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, et demain potentiellement de 1,9 à 1,7. En cinq ans, il aura ainsi été ajusté et modifié plusieurs fois. Ce rythme suffit à révéler un basculement majeur, fortement déstabilisateur pour l’ensemble de la filière bâtiment et hautement critiquable sur le principe : le coefficient Ep/Ef n’est plus traité comme un indicateur scientifique d’efficacité énergétique, mais comme un levier politique destiné à reclasser artificiellement des logements sans améliorer leur performance réelle.
Outre le dévoiement d’un indicateur scientifique à des fins politiques, ce sont les conséquences économiques, sociales et énergétiques, qui suscitent défiance et inquiétude.
Une nouvelle modification du coefficient Ep/Ef de l’électricité dans le DPE (Diagnostic de Performance Energétique) serait une très mauvaise mesure pour de nombreuses raisons :
1. Une mesure sans fondement scientifique
Cette évolution est présentée, dans le projet d’arrêté, comme un instrument destiné à favoriser l’électrification des usages dans le secteur du bâtiment. Or c’est un dévoiement caractérisé de l’indicateur scientifique que constitue le coefficient Ep/Ef. Ce dernier a vocation à traduire une réalité physique relative à la production et au transport de l’énergie afin de rendre compte, sur une base comparable, des flux physiques, des pertes et des performances énergétiques des logements. Dans son rapport de juin 2025 (Rapport de la Cour des comptes sur le Diagnostic de Performance Energétique (DPE) : un rapport qui conforte le plan d’action de la ministre chargée du Logement | Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement), la Cour des Comptes rappelle que :
o « Les coefficients de conversion en énergie primaire font régulièrement l’objet de débats, notamment au motif qu’ils pénaliseraient les logements utilisant un mode de chauffage électrique par rapport à d’autres énergies (comme le gaz).
o La production d’électricité, qui a lieu majoritairement par combustion ou réaction nucléaire, offre en effet des rendements très faibles : pour produire 1 kWh d’électricité, il faut environ 3 kWh d’énergie primaire, avec 2 kWh de chaleur générés évacués directement dans la nature. De fait, à l’inverse du gaz ou du fioul, il n’est pas possible de se chauffer directement avec de l’énergie nucléaire. L’existence d’un coefficient de conversion en énergie primaire plus défavorable pour l’électricité est donc le reflet de principes thermodynamiques. Le calcul de sa valeur précise dépend du rendement des différents modes de production d’électricité et de leur part dans le mix énergétique national (centrales thermiques, nucléaires, énergies renouvelables, etc.).
o Il convient en outre de rappeler que le DPE, depuis sa réforme de 2021, intègre les émissions de CO2 à travers l’étiquette énergétique, et prend donc en compte le fait que l’électricité est une source d’énergie moins émettrice que le fioul ou le gaz. »
Selon les calculs fondés sur le mix électrique français de 2026, une actualisation scientifique conduirait plutôt à une valeur supérieure à 2,5, et non à une diminution vers 1,7. La valeur actuelle de 1,9 constitue déjà une valeur particulièrement favorable au vecteur électrique au regard des pertes réelles de conversion.
Ainsi, Coénove demande en quoi le choix de la valeur de 1,7 correspond à une actualisation scientifique du calcul du coefficient Ep/Ef, plutôt qu’à une orientation de politique énergétique poursuivie au moyen d’un indicateur dont la finalité première est l’évaluation de la performance des bâtiments ?
Quelles sont les éléments de calculs qui permettent de proposer la valeur actualisée à 1,7 retenue dans l’arrêté ?
2. Un risque de non-conformité avec les principes européens
Coénove s’intérroge sur la conformité de cette mesure par rapport au cadre européen actuellement applicable. Le règlement délégué (UE) 2023/807 de la Commission du 15 décembre 2022 fixe un coefficient par défaut de 1,9 pour les pays qui ne souhaitent pas le calculer, tout en permettant aux États membres d’adopter une valeur différente « à condition de pouvoir la justifier ». Ce même règlement précise que cette justification doit reposer sur des critères « objectifs, vérifiables et non discriminatoires ».
Par ailleurs, le Diagnostic de Performance Energétique (DPE) est un outil relevant de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments, qui repose sur une évaluation des consommations en énergie primaire selon le principe "Energy Efficiency First".
Ainsi, Coénove demande sur quels éléments objectifs, vérifiables et non discriminatoires le Gouvernement fonde la justification d’une valeur de 1,7 au regard des exigences du règlement délégué (UE) 2023/807, et en quoi cette évolution demeure conforme aux principes de la directive sur la performance énergétique des bâtiments, notamment au principe "Energy Efficiency First".
Pourquoi raccrocher l’évolution souhaitée à l’article 31 de la directive efficacité énergétique, qui a pour objet la conversion des économies d’énergie en énergie primaire et la comparabilité des économies d’énergie, et non la fixation discrétionnaire d’un paramètre normatif d’un instrument relevant de la directive bâtiments ?
3. Un reclassement administratif sans amélioration réelle des logements pour les occupants
La baisse du coefficient Ep/Ef ne modifie ni les caractéristiques thermiques des bâtiments, ni leurs consommations réelles, ni les dépenses énergétiques supportées par les ménages.
Le précédent abaissement de 2,3 à 1,9, intervenu au 1er janvier 2026, a conduit à la sortie d’environ 700 000 logements de la catégorie des passoires énergétiques (F et G dans le DPE) sans qu’aucun travaux de rénovation n’ait été réalisé.
Selon les estimations disponibles, un passage à 1,7 entraînerait le reclassement d’environ 260 000 à 300 000 logements supplémentaires.
Ces logements apparaîtraient donc artificiellement plus performants alors que :
- leur consommation d’énergie resterait identique
- leur facture énergétique demeurerait inchangée
- le confort des occupants ne serait pas amélioré
- les situations de précarité énergétique resteraient inchangées.
Une telle évolution risque également de réduire l’incitation à engager des travaux de rénovations performantes, en donnant l’illusion d’une amélioration qui ne repose sur aucune transformation physique des bâtiments et en sortant artificiellement des logements de la catégorie des « passoires thermiques » qui font l’objet des besoins les plus significatifs.
Ainsi, Coénove demande comment le Gouvernement justifie un reclassement massif de plusieurs centaines de milliers de logements alors qu’aucune amélioration de leur performance énergétique réelle, de leur consommation, de leur facture ou du confort des occupants n’est constatée.
Comment, dans ces circonstances et en lien avec nos obligations européennes de réduction des consommations, comptez-vous comptabiliser correctement et sincèrement les économies d’énergie réelles réalisées par le secteur des bâtiments ?
4. Des effets potentiellement contre-productifs sur la transition énergétique
L’abaissement du coefficient Ep/Ef favoriserait mécaniquement les équipements électriques les moins performants, notamment les systèmes de chauffage à effet Joule, au détriment des approches privilégiant d’abord la sobriété énergétique et la qualité de l’enveloppe des bâtiments.
Cette évolution pourrait conduire à une électrification accrue d’un parc immobilier encore insuffisamment rénové et fortement thermosensible.
Une telle trajectoire comporte plusieurs risques :
- augmentation des pointes hivernales de consommation
- renforcement des tensions sur la sécurité d’approvisionnement lors des épisodes de froid ou des indisponibilités du parc de production électrique
- recours accru aux moyens de production de pointe, souvent fortement carbonés, notamment dans les pays voisins, ce qui pourrait conduire paradoxalement à une augmentation des émissions de CO₂ à l’échelle européenne (cf. étude Artelys Coénove de novembre 2025 : https://www.coenove.fr/travaux/etudes/decarbonation-batiment-mix-energetique-equilibre/).
Cette orientation apparaît ainsi susceptible de produire des effets contraires aux objectifs poursuivis de décarbonation.
Ainsi, Coénove demande quelles analyses prospectives le Gouvernement a réalisées concernant l’impact de cette mesure sur les pointes électriques hivernales, la sécurité d’approvisionnement, le dimensionnement du système électrique et les émissions de CO₂ induites.
5. Une décision nécessitant un débat public approfondi
Compte tenu de ses conséquences économiques, sociales, énergétiques et environnementales, toute évolution du coefficient Ep/Ef devrait a minima systématiquement faire l’objet d’un large débat politique (y compris devant le Parlement), d’une consultation de l’ensemble de la filière et d’une simulation précise des éventuelles conséquences sur les scénarios prospectifs de rénovation des bâtiments, d’électrification des usages et de pointe électrique hivernale à gérer en cas d’aléas climatiques, technologiques ou géopolitiques.
Cette exigence de transparence est d’autant plus nécessaire que la précédente consultation relative à la baisse au 1er janvier 2026 du coefficient Ep/Ef de 2,3 à 1,9 avait révélé une opposition largement critique. De surcroît, les pertes liées à la conversion d’énergie primaire en électricité, notamment au niveau des centrales nucléaires, engendrent des conséquences très palpables comme le réchauffement de certains cours d’eau et l’arrêt obligé de plusieurs réacteurs. Il serait donc incompréhensible que les alertes des ONG, des professionnels du secteur et des associations de consommateurs ne soient, une fois encore, pas prises en compte et que les évolutions à la baisse soient arbitrairement décidées, au risque d’affaiblir totalement la crédibilité du DPE et les exigences de performance énergétique.
Ainsi, Coénove demande pourquoi une nouvelle évolution du coefficient Ep/Ef est engagée sans qu’aient été publiées les études d’impact, les simulations énergétiques et les évaluations socio-économiques permettant d’en apprécier les conséquences, ni les enseignements tirés de la consultation menée avant la précédente réforme.
En conclusion
Au-delà de ces interrogations juridiques, scientifiques et politiques, Coénove rappelle qu’une nouvelle modification du coefficient Ep/Ef de l’électricité dans le DPE serait un très mauvais signal avec un risque de décrédibilisation supplémentaire du DPE et de nombreuses conséquences préjudiciables détaillées dans la note disponible à l’adresse suivante : https://www.coenove.fr/travaux/contributions/note-coeff-ep-ef-2026/
Le Gouvernement propose un arrêté visant à abaisser le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité de 1,9 à 1,7.
France gaz rappelle que le Gouvernement avait déjà abaissé ce coefficient de 2,3 à 1,9 à l’été 2025. Ce nouveau projet s’ajoute ainsi à une récente réforme dont aucun bilan n’a été fait tant en matière de performance que d’impact sur les ménages en situation de précarité énergétique.
Dans un contexte marqué par la multiplication des vagues de chaleur et par des enjeux croissants de confort d’été, France gaz considère que cette nouvelle évolution risque d’affaiblir la portée du diagnostic de performance énergétique. En améliorant artificiellement la classification de nombreux logements, notamment des passoires énergétiques et des bouilloires thermiques, sans qu’aucun travaux ne soient réalisés, cette mesure réduirait les incitations à engager des rénovations réellement performantes.
France gaz rappelle également qu’en 2025, le Gouvernement avait lui-même reconnu, dans son communiqué du 9 juillet, que l’abaissement du coefficient d’énergie primaire de l’électricité diminuait « l’incitation réglementaire à rénover ». Cette première réforme devait permettre, selon les estimations gouvernementales, de faire sortir environ 850 000 logements du statut de passoire énergétique sans modification de leurs caractéristiques physiques ni de leurs consommations réelles. Plus d’un an après son entrée en vigueur, France gaz estime indispensable que le Gouvernement publie un retour d’expérience documenté afin d’évaluer les effets concrets de cette mesure avant d’engager une nouvelle évolution du coefficient.
Par ailleurs, si le droit européen autorise les États membres à retenir un facteur de conversion inférieur à 1,9, l’article 31 de la directive relative à l’efficacité énergétique prévoit qu’une telle décision doit être fondée sur des circonstances nationales dûment justifiées. Or, France gaz constate que ni le projet d’arrêté ni son étude d’impact ne présentent d’éléments techniques ou méthodologiques permettant de justifier ce nouvel abaissement, notamment au regard des caractéristiques du système énergétique français.
Dans ces conditions, France gaz ne peut soutenir un projet d’arrêté qui modifie une nouvelle fois les règles de calcul du DPE sans apporter d’amélioration concrète aux performances énergétiques des logements, au confort des ménages ou à la maîtrise de leurs dépenses énergétiques.
Diagnostiqueur immobilier depuis 18ans gérant une TPE.
A force de modifier tout le temps les critères ce diagnostic n a plus aucune crédibilité auprès des acquéreurs , locataires, notaires et agents immobiliers. Et je les comprend. On se retrouve avec des biens sans isolation et des notes en E très fréquemment. Il faut que ce dpe soit totalement arrêté et supprimer. Et mettre en place un nouveau diagnostic ( nouveau nom) avec des algorithmes plus intelligents et proches de la réalité du terrain. Aujourd’hui un dpe ne permet pas de savoir si le bien possède une bonne enveloppe thermique.
On peut être mal noté avec une bonne enveloppe et l inverse. Donc ce n’est pas normal. 99% des gens interrogés à mon niveau sont persuadés que l étiquette dpe affiché permet de connaître la performance de l’isolatiln du bien mais ce n est pas du tout le cas.
Il faut tout changer. SVP
Nous sommes prêts à vous recevoir sur le terrain même plusieurs jours si il le faut !!
1. La DGEC soumet à consultation publique le projet d’arrêté abaissant le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité de 1,9 à 1,7.
Cette réforme « aura pour effet mécanique d’améliorer la note DPE [diagnostic de performance énergétique, ndlr] d’un nombre significatif de logements, avec une réduction de 14 % du nombre de passoires [énergétiques] dans le parc locatif privé, soit 125 000 logements », reconnait l’étude d’impact annexée au projet de texte.
2. L’APREN rappelle que le gouvernement avait déjà abaissé ce coefficient de 2,3 à 1,9 à l’été 2025 et il avait annoncé son intention de l’abaisser autour de 1,7 dans le cadre du plan d’électrification des usages.
3. Alors même que la France connait des vagues de chaleur à répétition et que ce phénomène ne peut que se confirmer et s’accentuer dans le futur, L’APREN considère que la nouvelle baisse envisagée risquerait d’aggraver la précarité énergétique en améliorant artificiellement les étiquettes de nombreux logements, majoritairement les passoires énergétiques et bouilloires thermiques, sans travaux, sans baisse des consommations d’énergie et sans amélioration du confort ou des factures des ménages.
4. L’APREN rappelle qu’en 2025, le gouvernement avait lui-même reconnu, le 9 juillet que la diminution de ce coefficient réduisait « l’incitation réglementaire à rénover ». La réduction, à l’époque de 2,3 à 1,9 du coefficient d’énergie primaire de l’électricité devait permettre de sortir « environ 850 000 logements » du statut de passoire énergétique selon les estimations du gouvernement sans rien changer aux factures énergétiques des ménages. L’APREN serait désireuse de disposer d’un premier retour d’expérience de cette mesure après un an d’application.
5. Si le droit européen permet d’abaisser ce facteur de conversion jusqu’à environ 1,7, la directive sur l’efficacité énergétique (art. 31) dispose que, pour calculer les économies d’énergie, les États membres appliquent un coefficient de 1,9 par défaut, mais qu’ils peuvent définir un autre coefficient « en fonction de circonstances nationales justifiées ». Or l’APREN observe que le Gouvernement n’avance aucune justification technique pour justifier, notamment auprès de l’Union européenne, un nouvel abaissement.
6. Dans ces conditions, l’APREN ne saurait souscrire au projet du Gouvernement de baisser une nouvelle fois ce coefficient sans aucun bénéfice pour les Français ni en terme de confort ni en terme de facture énergétique.
La présente mesure a pour réelle motivation de répondre à la problématique de l’interdiction de location des logements G, F puis E. Une solution alternative aurait été de ne pas interdire à la location, mais d’appliquer un plafonnement des loyers significatif en fonction de l’étiquette DPE qui incite fortement à rénover : cela aurait l’avantage de ne pas sortir des logements du marché de la location tout en contraignant les propriétaires à rénover, et en soutenant les locataires sur leurs dépenses mensuelles.
Je suis plutôt favorable à une valorisation de l’électrification dans le résidentiel, mais la mesure proposée nuit à la crédibilité du DPE en envoyant le message que ce n’est qu’une histoire de paramètres qu’on peut choisir sans considérer la réalité physique (même s’il est toujours possible de choisir des hypothèses permettant d’aboutir à un PEF de 1,7).
Par ailleurs si on doit rester en énergie primaire, il me semblerait logique que ça reflète réellement ce que ça signifie : quelle quantité d’énergie à été extraite de l’environnement pour produire un kWh d’énergie finale? dans ce cas, les renouvelables doivent avoir un PEF de 0, le nucléaire un PEF de 3, et il faudrait prendre en compte les pertes réseau et de transformation pour les énergies fossiles (combien de pétrole brut est extrait de l’environnement pour 1000 L de fioul domestique? quelle quantité de gaz est sortie de sa réserve naturelle pour alimenter une chaudière gaz?). Il est nécessaire d’argumenter clairement le calcul et les hypothèses pour le PEF. Par ailleurs, y a-t-il un enjeu sur la ressource en uranium? (vrai question, je n’ai pas d’élément) car cela expliquerait pourquoi il est capital de comptabiliser la quantité d’uranium extraite. Cependant, l’enjeu prioritaire semble plutôt être la réduction des émissions de GES.
Quel est l’objectif principal et prioritaire? réduire les émissions de GES.
Le DPE doit donc prendre en compte d’avantage les émissions de GES avec des seuils plus contraignants pour le gaz à partir de l’étiquette D (aujourd’hui, les logements gaz ne sont pas contraints en GES mais en Cep). Si la stratégie de décarbonation repose sur l’électrification, il serait logique d’avoir un DPE en énergie finale (interdit par l’Europe certes). C’est la stratégie affichée pour l’électrification du transport, pour lequel la notation des consommations se fait en énergie finale, et en émissions en exploitation (et non en ACV).
L’argument qui consiste à défendre le DPE en énergie primaire pour mieux refléter la facture n’a pas de sens : si c’était l’objectif, alors il faudrait un coefficient de conversion en facture (impossible à faire puisqu’il faudrait des cas différenciés selon chaque énergie)
En résumé : il faut un DPE en énergie finale, avec des seuils GES plus contraignants, et des garde-fous sur le niveau d’isolation et le confort d’été passif (par exemple on ne pourrait pas être en étiquettes A ou B si l’isolation du logement ou si l’indicateur de confort d’été est insuffisant). Le tout accompagné d’un plafonnement des loyers pour les logements les moins bien classés.
Si l’électricité est produite à 95% de source décarbonnée, il est encore anormal que le coefficient soit de 1,7 contre 1 pour le gaz ou le fioul…
Le meilleur coefficient serait donc de 1/0.95, soit 1.05
Par ailleurs, il est illogique qu’un bien étiqueté F ou G
- ne puisse pas héberger un occupant locataire…
- … mais puisse héberger un occupant propriétaire
Jusqu’à preuve du contraire, un occupant est un être humain (locataire ou propriétaire).
Donc, sans vouloir polémiquer, on pourrait aussi interdire d’occupants (locataire ou propriétaire) tous les logements F ou G… ou bien juste arrêter cette usine à gaz bureaucratique.
A la base, l’étiquette a été créée pour donner une indication (donc un "accessoire"), et non pour être une vérité (qui est avant toute chose de "loger les gens").
L’électricité produite en France est décarbonée à 95% (nucleaire et hydraulique). Par la réduction du PEF à 1,7 au 1/1/2027, M. les ministres concernés montrent une voie claire et ambitieuse pour pénaliser un peu moins le chauffage à l’électricité et ainsi diminuer les émissions de CO2 des bâtiments.
Encourageons les à continuer dans cette direction pour atteindre un coefficient inférieur à 1,0 dès 2030.
C’est le meilleur moyen de diminuer les émissions de gaz à effet de serre issus du chauffage des logements et autres locaux.