Concertation continue "Agir pour restaurer la nature"
L’espace de la concertation continue sur le plan national "agir pour restaurer la nature" est ouvert pour recueillir vos commentaires, propositions et questions sur les travaux en cours. Cette concertation continue prend la suite de la concertation préalable réalisée entre le 23 mai et le 23 août 2025.
Consultation du 02/03/2026 au 30/09/2026 - 49 contributions
Vous pouvez contribuer :
- sous forme de réaction aux propositions du gouvernement mentionnées dans le « dossier de maîtrise d’ouvrage » que vous pouvez télécharger au bas de cette page, ainsi que d’avis et de propositions que vous souhaiteriez soumettre (bouton "Déposer votre commentaire" plus bas sur cette page) ;
- sous forme de questions, qui seront reprises dans la foire aux questions :
- Pour poser des questions, vous pouvez soit les mettre dans le dépôt de commentaires ci-dessous, soit les adresser à (concertation.agir-pour-restaurer-la-nature@developpement-durable.gouv.fr) ;
- Les réponses seront postées directement dans la partie "FAQ" de cette page, dans les meilleurs délais possibles ;
- Les réponses ne pouvant être personnalisées, merci de consulter la FAQ en préalable de tout dépôt de question pour voir si la réponse ne s’y trouve pas déjà.
- en regardant un webinaire interactif organisé au printemps (Accéder au Webianire "Élaboration du plan national - Restauration de la nature") ;
- Un atelier dédié aux citoyens est organisé le 7 juillet 2026 à l’Arche de la Défense. Inscrivez-vous !
- pour les personnes morales (collectivités locales, associations, chambres consulaires, syndicats professionnels, organismes publics, para-publics ou privés), le dépôt de cahiers d’acteurs est désormais possible sur la plateforme (en ajoutant un document directement via le commentaire).
Le cahier d’acteur est une contribution libre et volontaire qui permet à toute personne morale d’exprimer son positionnement argumenté sur un sujet de la concertation. C’est une opportunité pour exprimer une position, sous la forme d’une argumentation développée enrichissant le débat public.
- Les cahiers d’acteurs de la précédente concertation préalable et ceux de la concertation continue sont accessibles dans les documents en bas de page.
Règles de fonctionnement
Afin de pouvoir en utiliser au mieux le propos, il est nécessaire que vos contributions ne recèlent pas des opinions (oui/non ; pour/contre), mais des positionnements argumentés (quel est votre avis et pourquoi).
Dans le cadre de cette concertation, il est rappelé que toute contribution contenant des propos à caractère illégal (insultes, diffamation notamment) sera dépubliée dans son intégralité. Il en sera de même pour les propos sans rapport direct avec l’objet de la concertation, à savoir le plan de restauration de la nature.
Les éléments recueillis permettront de nourrir la rédaction du plan, qui doit respecter le format défini dans le Règlement européen pour la restauration de la nature.
Foire aux questions
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Non, la Commission nationale du débat public (CNDP) est une autorité administrative indépendante qui garantit le droit du public à l’information et à la participation sur les projets à impacts environnementaux. Elle ne se prononce pas sur l’opportunité du plan mais veille à la sincérité du débat de manière neutre et impartiale. Pour la restauration de la nature, deux garantes de la CNDP encadrent la concertation pilotée par le ministère. Leur mission est d’assurer la clarté des informations, de définir les modalités de participation et de restituer fidèlement la parole citoyenne. À l’issue de la démarche, ils publieront un bilan public détaillant l’ensemble des arguments et propositions exprimés par les participants.
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La restauration de la nature dynamise l’économie locale. Elle génère des emplois non délocalisables dans la gestion des zones humides, la plantation de haies et l’entretien des cours d’eau par exemple, et en protégeant les services écosystémiques comme la pollinisation, les solutions de restauration de la nature sécurisent les métiers qui dépendent de la santé du vivant.
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Le coût de l’inaction face aux inondations ou à l’épuisement des sols est plus lourd pour les finances publiques que les actions de prévention. Par ailleurs, le recours à des solutions naturelles sous la forme de la restauration des écosystèmes se révèle moins onéreux, lorsque cela est possible, que les solutions grises (par exemple, la restauration de zones humides présente de multiples bénéfices à moindre coût au regard du recours à des infrastructures lourdes). À l’échelle européenne, la dégradation des sols coûte déjà 50 milliards d’euros par an. Les bénéfices de la restauration sont estimés à 1 860 milliards d’euros, pour un coût d’investissement de seulement 154 milliards. Chaque euro investi rapporte ainsi en moyenne 12 euros !
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La restauration écologique, ou restauration des écosystèmes, consiste à remettre en bon état de fonctionnement des milieux naturels qui ont été dégradés, endommagés ou détruits. Il s’agit d’une démarche volontaire visant à rétablir les fonctions écologiques essentielles d’un milieu — circulation de l’eau, fertilité des sols, accueil de la biodiversité, stockage du carbone — afin qu’il retrouve sa capacité à fonctionner durablement et à s’adapter aux changements futurs. La restauration écologique, ce n’est donc pas revenir à un état de nature antérieur mais à un état de référence qui permet le bon fonctionnement de l’écosystème, et son maintien sur le long terme.
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Les haies ne font pas l’objet d’un régime de protection propre, mais elles bénéficient d’une protection en application de plusieurs réglementations complémentaires limitant les opérations de destruction. Selon les situations, ces opérations peuvent être encadrées ou interdites au titre de la politique agricole commune, de la réglementation environnementale (protection des espèces ou des points de captage d’eau potable par exemple), des documents d’urbanisme ou encore de dispositifs locaux de protection du paysage. Afin de mieux articuler l’ensemble de ces procédures, la loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture a institué un nouveau régime unique de la haie, prévoyant notamment une obligation de déclaration des destructions des haies (au sens de la loi), ainsi qu’une obligation minimale de compensation de ces destructions par replantation d’un linéaire au moins égal à celui détruit. Un décret d’application précisant les modalités de mise en œuvre de ce nouveau régime juridique est en cours de finalisation.
L’intérêt des haies pour l’environnement est bien étayé, du point de vue de la biodiversité (habitat de nombreuses espèces), de la qualité de l’eau et des sols et de la résilience face au changement climatique (atténuation des inondations pendant les épisodes pluvieux violents par exemple). C’est pourquoi, à ces dispositifs de protection s’ajoutent des mesures incitatives, notamment via le Pacte en faveur de la haie. Il a été élaboré conjointement par le ministère chargé de l’agriculture et le ministère chargé de la transition écologique, et vise à encourager la plantation de haie et à améliorer les pratiques d’entretien et la valorisation des haies, pour inverser la tendance actuelle de diminution des kilomètres de haies. -
Investir dans la restauration de la nature, c’est investir dans notre économie, notre santé et notre qualité de vie. Les écosystèmes en bon état fournissent de nombreux services indispensables : production alimentaire, qualité de l’eau, fertilité des sols, stockage du carbone, protection contre certaines catastrophes naturelles ou encore activités économiques liées à la biodiversité. Aujourd’hui on estime que 50% du PIB mondial repose sur la biodiversité, et qu’au moins 50000 emplois en France reposent sur son bon état. Un euro investi dans la préservation d’un écosystème en bonne santé ou la restauration d’un écosystème dégradé, rapporte plus de 7 euros de bénéfices annuels, à travers des retombées directes ou indirectes, à moyen ou long terme pour la société.
Pourtant la biodiversité continue de se dégrader en France, comme dans le reste de l’Europe. Le plan national pour la restauration de la nature répond aux enjeux d’effondrement de la biodiversité auquel la France, comme tous les Etats de l’Union européenne, fait face.
Ses actions ont vocation à stabiliser, puis inverser cette trajectoire. Pour cela, il s’appuie sur des politiques publiques déjà engagées, en particulier la Stratégie Nationale Biodiversité, qu’il complète et renforce de manière ciblée afin d’atteindre les objectifs fixés au niveau européen. -
La protection forte constitue le niveau de protection le plus élevé des espaces naturels. Elle vise à préserver durablement les secteurs les plus remarquables pour la biodiversité en limitant fortement les activités susceptibles de les dégrader.
La France s’est dotée d’une Stratégie nationale des Aires Protégées en 2021. Son bilan à mi-parcours, réalisé en 2025, a mis en évidence des disparités entre territoires, notamment entre les outre-mer et l’hexagone, ainsi qu’entre les espaces terrestres et maritimes. Afin de mieux répartir l’effort de protection, de nouvelles cibles ont été fixées pour 2030. D’ici 2030 la France vise à :
• au moins 10% des espaces terrestres sous protection forte
• dont au moins 3% des espaces terrestres hexagonaux
• au moins 5% du territoire maritime hexagonal sous protection forte.
En France hexagonale près de 2% du territoire terrestre bénéficie aujourd’hui d’une protection forte. L’objectif est donc d’étendre ce réseau d’environ 800 000 hectares supplémentaires d’ici 2030, en ciblant les espaces présentant les enjeux écologiques les plus importants.
Commentaires
La France prépare aujourd’hui son plan national « Agir pour restaurer la nature ». L’ambition est nécessaire : restaurer des écosystèmes fonctionnels, réparer des milieux dégradés, adapter les territoires au changement climatique et redonner une place réelle au vivant. Mais une question demeure : avec qui entend-on réellement conduire cette restauration ?
Le métier de Paysagiste Concepteur Diplômé d’État (D.E.) reste encore trop mal compris. Il ne s’agit pas de prétendre être expert en tout : hydrologie, écologie, botanique, urbanisme, architecture, sols, usages sociaux. Il s’agit plutôt de savoir articuler ces connaissances, de les mettre en dialogue, de comprendre leurs conflits, leurs temporalités et leurs effets dans l’espace. Le paysagiste concepteur D.E est à la fois un chef d’orchestre et un généraliste du projet territorial : il rend possible une vision d’ensemble là où les politiques publiques fonctionnent trop souvent par silos.
C’est précisément pour cela que ce métier devrait être pleinement mobilisé dans les politiques de restauration de la nature. Le titre de paysagiste concepteur D.E est reconnu par l’État depuis la loi de 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Le diplôme d’État de paysagiste forme des professionnels capables de penser les paysages urbains, ruraux et naturels dans leur complexité. Et ceci de manière multi-échelle, du simple pavé jusqu’au fleuve. Pourtant, sur le terrain, le décalage est brutal.
Je ne parle pas seulement d’un cas personnel. Dans ma promotion d’une cinquantaine d’étudiants, une dizaine est aujourd’hui sans emploi après deux ans, soit environ 20 %. Au moins 10 % ont déjà quitté le domaine du paysage ou s’apprêtent à le faire. Ce ne sont pas des chiffres nationaux, mais c’est un signal. Et ce signal interroge. Comment peut-on présenter ces métiers comme essentiels à la transition écologique, tout en laissant de jeunes diplômés formés à ces enjeux dans une telle instabilité économique ?
La restauration de la nature ne peut pas dépendre uniquement des cycles électoraux, des arbitrages budgétaires de court terme ou des à-coups de la commande publique. On ne restaure pas un sol, une continuité écologique, une trame humide ou un paysage vivant au rythme d’un mandat municipal. Même lorsque l’on parle de projets à 50 ou 100 ans, on reste encore dans une échelle humaine. Certains écosystèmes, notamment forestiers, se reconstituent sur plusieurs siècles : sols vivants, bois mort, strates végétales, équilibres biologiques, relations entre espèces. Le temps du vivant dépasse largement le temps politique.
C’est là que se situe l’incohérence. On affiche des objectifs de restauration à long terme, mais on fragilise les métiers capables de les porter. On forme des professionnels pendant cinq ans, on reconnaît leur titre, puis on les laisse en marge des dispositifs qui devraient précisément avoir besoin d’eux. Si la restauration de la nature est réellement une priorité nationale, alors les compétences qui la rendent possible ne devraient pas être une variable d’ajustement.
Restaurer la nature, ce n’est pas seulement planter, renaturer ou compenser. C’est concevoir dans la durée. C’est comprendre les sols, l’eau, les usages, les milieux, les habitants, les conflits et les héritages. C’est accepter que le vivant ne se pilote pas à court terme. Et c’est reconnaître que les paysagistes concepteurs D.E ont toute leur place dans cette ambition, non pas en périphérie, mais au cœur des politiques publiques de restauration.
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La restauration de la nature passe avant tout par la réduction des pressions humaines. En ce sens, la libre évolution des milieux est une solution qu’il convient de prendre en compte.
Cette approche renforce la résilience des écosystèmes, favorise les processus naturels et préserve durablement la biodiversité. Elle appelle à faire évoluer les pratiques forestières, agricoles, cynégétiques et la gestion des milieux aquatiques vers des modèles plus respectueux du vivant.
La protection des espaces encore fonctionnels doit être privilégiée, complétée par des actions ciblées lorsque les milieux sont déjà dégradés.
La libre évolution constitue une solution efficace, durable et peu coûteuse pour restaurer les écosystèmes tout en renforçant les services qu’ils rendent à la société.
- Arrêter l’artificialisation des sols qui détruit les terres agricoles et les espaces naturels.
- Arrêter le développement des zones commerciales et artisanales qui sont déjà trop répandues dans les périphéries de toutes les villes de France, qui empiètent sur les terres agricoles et zones naturelles, défigurent nos villes et vident nos centres-villes.
- Créer davantage de zones naturelles protégées sans leur accorder de dérogations pour des projets industriels, commerciaux ou agricoles.
- Reforestation avec des espèces variées de feuillus et résineux qui résisteront au changement climatique afin de favoriser un développement de la biodiversité animale et végétale.
- Reforestation massive sur les terres en friche en ville comme dans les campagnes, considérant la biomasse comme la seule solution pour stocker durablement le carbone en excès dans l’atmosphère, responsable du changement climatique.
- Protéger les insectes polinisateurs qui rendent un service considérable et gratuit à l’agriculture et donc à la population, permettant la sécurité alimentaire.
- Cesser de considérer la nature comme une ressource à exploiter plutôt que comme un bien commun d’une valeur inestimable à protéger pour nous et pour les générations futures.
- Réduire et interdire les pollutions chimiques issues de l’industrie, du transport et de l’agriculture qui détruisent ou affaiblissent les écosystèmes (Pesticides, déversements d’effluents chimiques dans l’air ou dans les eaux) et représentent un grave danger de santé publique (développement des maladies telles que cancers, ou affections dues aux perturbateurs endocriniens).
- Réduire considérablement notre empreinte carbone en réduisant notre utilisation des énergies fossiles dans tous les domaines : transport, industrie, agriculture, chauffage, climatisation, production électrique …
- interdire la fréquentation de certains lieux totalement, je pense notamment à certaines falaises, circuits de randonnée, espaces sauvages pour permettre à la nature de vivre. Ces espaces devraient être protégées de toute intervention humaine : le métier de garde forestier prendrait tout son sens puisqu’aucune activité humaine ne serait tolérée dans ces espaces si ce n’est la surveillance par les dits garde forestier (qui auraient également une mission d’observation et de recueil de données). Ainsi on retrouverait des espaces vierges. Dans l’idéal des études de où situer et encadrer ces espaces en France devraient être réalisée.
- interdire la fréquentation de certains endroits par période : 5 ans par exemple, le temps que la nature puisse se restaurer et ensuite les ré ouvrir (idem pour les espaces maritimes)
- Conditionner la fréquentation des espaces naturels en période touristique à des jauges comme l’expérience a pu être faite sur les calanques de Marseille. Pour éviter la surfréquentation.
- Accentuer l’achat par l’état, le ministère du développement durable et des rassemblements d’association des terres laissées à l’abandon pour permettre la création d’espaces naturels continue
- Aménager sur toutes les autoroutes des ponts/tunnels pour le passage des animaux !!
- Créer des espaces naturels en Ville autre que des parcs épars : de vrais zones vertes dans lesquelles les animaux peuvent circuler librement. Des zones qui communiquent avec des espaces naturels hors de la Ville et se prolongeraient dedans - avec des aménagements pour la fréquentation humaine. Dans l’idéal en reliant plusieurs parcs et zones naturelles on arriverait à recréer des "bandes" naturelles qui traversent et entourent nos villes.
- Pour que ces bandes soient créées cela nécessite moins de bitume, moins de recours à construire de nouveaux immeubles/maisons : et pour cela il faudrait déjà régler la crise du logement en France…. (Toujours pareil rénover les logements vides, être plus strict sur les permis de construire, réaliser des études de biodiversité avant de construire, encourager et aménager correctement les aires pour les personnes en nomadisme et ainsi encourager les personnes à changer d’endroit - notamment en fonction des saisons etc).
- Fermer certains axes routiers en Ville pour créer de l’espace et replanter des arbres en Ville d’espèces variées… (et donc créer des pistes cyclables, des parkings relais, des vrais pôle de location de transports variés, encourager les taxis vélos et le cargo vélo).
- Définir des actions spécifiques pour les milieux alpins dans chacune des cibles pertinentes du PNRN ;
- Inclure des mesures de soutien des initiatives de gouvernance locale et des mesures d’incitation aux projets transfrontaliers ;
- Porter un regard prospectif et d’action pour alléger les pressions existantes et éviter les pressions à venir sur les milieux particulièrement alpins (et leur rôle de refuge climatique) du point de vue de l’aménagement du territoire et de la continuité écologique ;
- Prioriser la restauration passive ;
- Prioriser la protection et la restauration des milieux humides et aquatiques, et par là-même les glaciers ;
- Initier de manière synchrone les premières actions de restauration, tout en continuant les missions de cartographie et de collecte d’information sur les habitats ;
- Prioriser des financements publics pour financer les mesures du PNRN
Préserver la nature plutôt que réparer nos erreurs : pour une politique de restauration qui commence par l’évitement**
La restauration de la nature est devenue un objectif majeur de nos politiques publiques. C’est une nécessité face à l’effondrement de la biodiversité, à l’artificialisation des sols, au dérèglement climatique et à la dégradation des écosystèmes. Mais il faut rappeler une évidence : **la meilleure restauration reste celle que nous n’avons jamais à faire**.
Un arbre centenaire abattu ne se remplace pas par un jeune plant. Une zone humide détruite ne retrouve pas en quelques années les fonctions écologiques qu’elle assurait depuis des siècles. Une espèce disparue d’un territoire ne revient pas simplement parce qu’un programme de compensation a été financé. La nature n’est pas un stock que l’on peut détruire ici et recréer ailleurs à l’identique.
La première politique de restauration de la nature est donc une politique de **préservation**.
La première mesure écologique est l’**évitement**.
La première responsabilité publique est de **ne pas dégrader**.
En matière d’environnement, comme en santé, il vaut mieux prévenir que guérir. Il vaut mieux conserver un écosystème fonctionnel que mobiliser ensuite des moyens considérables pour tenter de réparer les dommages causés. La logique « éviter, réduire, compenser » ne doit pas devenir une simple mécanique administrative où la compensation finirait par justifier la destruction. L’évitement doit rester la priorité absolue.
Pourtant, une tendance inquiétante apparaît : celle d’une régression environnementale assumée, où les protections de la nature sont parfois présentées comme des obstacles au développement. Cette vision est dangereuse. Elle oublie une réalité fondamentale : **la biodiversité n’est pas une contrainte extérieure à nos sociétés ; elle est le socle même sur lequel reposent nos activités humaines**.
L’agriculture dépend des sols vivants, de l’eau, des pollinisateurs. L’industrie dépend des ressources naturelles, de l’énergie, des services rendus par les écosystèmes. Nos villes dépendent des capacités de régulation du climat, des îlots de fraîcheur, des espaces naturels. Dégrader la nature, c’est fragiliser les fondations de notre propre économie et de notre qualité de vie.
À ce titre, il est profondément préoccupant de voir apparaître dans des documents de politique publique l’idée que les avis de l’Autorité environnementale ou les procédures de dérogation espèces protégées seraient des « irritants » à lever. Ces outils ne sont pas des obstacles. Ils sont les garde-fous d’un État de droit environnemental. Ils garantissent que les décisions publiques prennent en compte les conséquences irréversibles de certains choix.
Réduire ces exigences pour accélérer des projets d’aménagement ou industriels revient à opposer artificiellement économie et écologie. Or il n’y aura pas d’économie durable sur une planète appauvrie. Il n’y aura pas de prospérité durable sans eau, sans sols fertiles, sans climat stable, sans vivant.
La vraie modernité politique n’est pas de simplifier les règles qui protègent la nature. C’est de concevoir des projets qui s’inscrivent dans les limites écologiques. C’est de considérer qu’un arbre existant vaut davantage qu’un arbre replanté, qu’une rivière vivante vaut davantage qu’une rivière restaurée après destruction, qu’un écosystème préservé vaut mieux qu’un écosystème compensé.
Restaurer la nature est indispensable. Mais restaurer ne doit jamais devenir le prétexte pour continuer à détruire.
L’enjeu de notre époque est clair : passer d’une logique de réparation permanente à une culture de la responsabilité. **La nature n’a pas besoin seulement d’être restaurée. Elle a d’abord besoin d’être respectée et protégée.**
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Je l’ai volontairement formulé sans viser une personne ou un ministère en particulier, mais avec un angle politique fort et publiable.
- Forêts : Protéger les forêts existantes et interdire les coupes rases et les destructions d’arbres et d’habitats pour la faune sauvage. Mettre en place une surveillance massive des forêts, des amendes fortement dissuasives, des moyens humains et techniques pour une surveillance accrue. Mettre en place un plan d’action ambitieux pour replanter des arbres que ce soit dans les espaces de nature mais aussi dans les milieux urbains.
- Circulation de la faune sauvage : Mettre en place des corridors de nature permettant à la faune sauvage de circuler sur le territoire, de ne pas rester cantonnée en un endroit. Créer des ponts au-dessus des routes, autoroutes permettant à la faune sauvage de les traverser en toute sécurité. Inciter / soutenir les collectivités dans ces réalisations.
- Eaux : Restaurer la qualité des eaux. Intensifier les contrôles en sorties des usines, des stations d’épurations, … et mettre en place des contrôles et des amendes très fortement dissuasives. Donner les moyens humains et techniques pour le faire.
- Sols : Réduire drastiquement l’usage des pesticides et engrais qui polluent les sols et les cours d’eaux. Encourager fortement le développement du bio pour le bénéfice de tous, humains comme nature. Protéger les pollinisateurs, les insectes et les oiseaux.
- Enclos de chasse : Interdire de tels enclos où les bêtes sont prisonnières, n’ont aucune chance de s’échapper. Interdire également les croisements entre animaux sauvages et domestiques, tels les cochons et les sangliers, croisements menés à seule fin de faire se reproduire plus intensément les animaux. Revoir la classification des "nuisibles" lesquels sont en fait de précieux auxiliaires pour l’agriculture (exemple des renards qui mangent les mulots lesquels détruisent les grains) Il n’y a pas d’animaux nuisibles, chacun a son utilité dans la biodiversité.