Projet de décret fixant les règles et procédures applicables à la destruction de haies
Consultation du 25/11/2025 au 16/12/2025 - 12022 contributions
Ce projet de décret est pris en application de la loi n°2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations futures (dite loi « OSARGA »). L’article 37 de cette loi a introduit dans le code de l’environnement un dispositif de protection et de gestion durable des haies codifié aux articles L. 412-21 à L. 412-27.
Afin de renforcer la préservation des haies et de maintenir le linéaire planté, l’objectif de ce dispositif est de simplifier et unifier les procédures administratives applicables aux projets de destruction de haies, en créant une déclaration unique préalable (ou, le cas échéant, une autorisation unique), avec une compensation systématique et au moins équivalente.
Commentaires
Bonjour,
Je suis totalement ébahie par la tournure que prend votre projet de décret relatif à la destruction de haies. Une fois de plus, l’État semble résolu à faire machine arrière, et à ne plus respecter ses engagements envers les territoires ruraux et la biodiversité qu’ils hébergent.
Vous demandez à des citoyens "lambda" qui n’y connaissent pas grand chose de se prononcer sur ce décret, comme si vous vouliez noyer le débat. Pourquoi ne pas consulter, avant tout, de véritables experts des haies, comme le "Réseau Haies France" qui pourraient vous proposer des solutions concrètes et déjà éprouvées ? D’ailleurs, je ne comprends toujours pas que le "Label Haies" ne soit pas plus répandu en France. Par exemple, la SCIC Maine et Loire Bois Énergie, qui s’approvisionne à 63 % en bois bocager, et qui livre la ville d’Angers, ne bénéficie pas de ce label. Aberrant, non ? Est-ce normal d’après vous de faire passer les aspects économiques de court terme avant les aspects écologiques de moyen et long termes ? Vos 2 ministères (agriculture et transition écologique) se sont engagés à soutenir le "Réseau Haies France" et l’"ADEME". Alors prouvez à ces 2 institutions, dont le travail est remarquable, que votre engagement n’est pas factice, en faisant enfin appliquer leurs directives de terrain, et non celles de bureaucrates peu éclairés, corrompus par les lobbies agricoles.
Restant à votre entière disposition pour en discuter,
Cordialement,
Delphine Pottier.
- L’utilisation de la cartographie automatique n’est vraiment pas bienvenue pour instruire les demandes. Elle doit rester ce qu’elle est : un outil d’observation, non de décision.
- Il semblerait vraiment une bonne idée d’intégrer explicitement la séquence "Éviter - Réduire - Compenser" et, par conséquent, rendre obligatoire l’accompagnement par un technicien agréé.
- Les espèces protégées doivent bénéficier de tout notre soutien. Il conviendrait donc de supprimer les seuils de linéaire les concernant. Nous avons des outils scientifiques sur lesquels nous appuyer (ex : Grain Bocager – INRAE)
- Un point est totalement oublié : celui de la nécessité de clarifier les responsabilités juridiques et les obligations bailleur/preneur.
- Il serait vraiment judicieux de mieux encadrer les compensations en fonction de la qualité écologique, de la localisation, de la connectivité.
Les haies sont indispensables pour la terre donc l’agriculture, la biodiversité, l’eau, le climat…
Cette réforme propose :
- le traitement semi-automatisé des demandes basé sur une cartographie non fiable qui doit rester un outil accentuerait la destruction.
- l’absence quasi-totale de la séquence “Éviter – Réduire – Compenser” (ERC) ne gardant que compenser avec une compensation insuffisante.
- un flou juridique sur les responsabilités en cas de destruction.
- une protection des espèces fragilisée (impact "non caractérisé").
Le Réseau Haies France (RHF) et le Comité National de Protection de la Nature (CNPN) ont donné un avis défavorable, je pense qu’ils connaissent bien le sujet et je leur fais confiance.
Je demande la révision du projet de décret fixant les règles et procédures applicables à la destruction de haies, qui en l’état affaiblit fortement leur protection alors que les haies sont essentielles pour l’agriculture, les sols, l’eau, l’élevage et la biodiversité.
Je refuse la définition administrative qui exclut les “trouées” de plus de 5 mètres : ces trouées font partie intégrante de la haie. Leur retrait réduit artificiellement le linéaire reconnu, diminue la protection réglementaire et encouragera des dégradations volontaires.
Je demande également que la cartographie semi-automatique ne serve pas de base aux décisions : elle comporte trop d’erreurs et doit rester un outil d’observation.
Le décret doit intégrer clairement la séquence “Éviter – Réduire – Compenser”, ainsi que l’accompagnement obligatoire par un technicien agréé, comme le prévoit la loi. Orienter le dispositif directement vers la compensation est contraire au droit de l’environnement.
Je demande une clarification du cadre juridique en cas de fermage, et la prise en compte des responsabilités du bailleur comme du preneur.
Enfin, les critères de non-caractérisation des impacts sur les espèces protégées sont scientifiquement fragiles et risquent d’autoriser des destructions non conformes au droit européen. Aucun seuil de linéaire ne doit exonérer de cette réglementation.
Pour toutes ces raisons, je demande une réécriture du décret afin de garantir une protection efficace des haies et la cohérence des politiques agricoles et environnementales.
La proposition de définition de la haie et des modalités d’application de la réglementation présente des lacunes majeures, qui risquent de faciliter la destruction des haies et d’affaiblir leur protection écologique et paysagère. Voici les points critiques à corriger impérativement :
1. Refus de l’abandon de la notion de « trouées » dans le calcul du linéaire
L’abandon de la notion de trouées pour le calcul du linéaire de haie permettrait de contourner les protections réglementaires et de fragmenter davantage les habitats. Il est essentiel de maintenir cette notion pour :
- garantir une application pertinente de la réglementation sur les espèces protégées ;
- assurer une compensation réelle de l’ensemble de l’espace dédié à la haie, et non seulement de segments isolés.
2. Prise en compte obligatoire des cumuls de projets de destruction
Il est inacceptable que des projets simultanés ou étalés dans le temps permettent de passer sous les seuils réglementaires. La réglementation doit explicitement :
- interdire le découpage artificiel des projets pour détruire une haie par segments ;
- considérer l’impact cumulé de tous les projets de destruction sur un même territoire.
3. Rejet de l’utilisation d’une cartographie automatique erronée comme base réglementaire
La cartographie semi-automatique, bien qu’utile pour un observatoire des haies et la production de statistiques, comporte trop d’erreurs pour servir de base à l’instruction des dossiers de destruction. Il est impératif que :
- la cartographie reste un outil de connaissance et de suivi, alimenté par des données régionales et amélioré techniquement ;
- l’instruction des dossiers repose sur un accompagnement technique de terrain et un dossier complet, et non sur des contraintes techniques de cartographie.
4. Exigence d’un accompagnement technique et d’un dossier complet
Pour une application effective de la séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC), il faut :
- rendre obligatoire l’agrément de technicien.nes et la transmission de leur liste aux demandeurs et demandeuses, comme prévu par la loi d’orientation agricole ;
- intégrer explicitement dans chaque dossier un volet « Éviter-Réduire » et des exigences strictes sur la qualité de la compensation.
5. Application rigoureuse de la réglementation sur les espèces protégées
- Transmission systématique de tous les dossiers de destruction de haie au CSRPN, avec possibilité d’autosaisine pour garantir expertise et transparence.
- Utilisation obligatoire de l’outil INRAE Grain bocager pour analyser l’impact des destructions sur les habitats et corridors écologiques.
- Suppression de tout seuil de linéaire en dessous duquel la réglementation ne s’appliquerait pas.
- Validation scientifique des critères de connectivité, typologie et zonage, en associant le CNPN, les CSRPN et les parties prenantes.
Conclusion :
Cette proposition de définition et d’application de la réglementation sur les haies est insuffisante pour garantir leur protection. Elle doit être profondément révisée pour intégrer une approche scientifique, transparente et rigoureuse, centrée sur la préservation des écosystèmes et des paysages bocagers.