Projet d’arrêté fixant la typologie de haies utilisée pour l’application du régime unique de la haie
Cet arrêté est pris en application du 2° de l’article L. 412-27 du code de l’environnement, issu de l’article 37 de la loi n°2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture.
Consultation du 16/01/2026 au 06/02/2026 - 2048 contributions
Commentaires
Plusieurs points appellent à commentaires :
- cette consultation intervient sans que les intentions de l’Etat, suite aux remarques et réserves adressées dans le cadre de la consultation de décembre dernier sur le projet de décret relatif à la destruction des haies, ne soient connues
- l’avis du Conseil national de protection de la nature sur ce projet d’arrêté aurait été utile, malheureusement il n’est pas porté à la connaissance du public.
- la typologie est réduite à trois catégories de haies à l’échelle nationale pour un pays concerné par quatre zones biogéographiques et de nombreuses variétés d’aménagement et d’entretien
- il est très difficile en l’état d’apprécier la notion de ripisylve sui est un écosystème complexe qui va au-dela de l’assimilation à une "simple" haie
AVIS DEFAVORABLE en raison du caractère trop simpliste et du manque de détail des informations communiquées et qui serviraient de base à la prise de décisions qui nécessitent pourtant des études plus poussées (précision sur la typologie, besoin d’inventaire faune/flore, étude d’impact, etc…)
Je m’oppose fermement à ce projet de la typologie des haies et au régime unique de la haie, parce que :
- Il ne devrait pas avoir la possibilité de "demande allégée de dérogation d’Espèces protégées". Quand des espèces de faune et de flore sont protégées, c’est à respecter ! Elles ont le même droit de vivre que nous ; les déloger est égal à les détruire. Alléger les demandes pour accélérer des projets impactant les espaces naturels et agricoles, c’est ouvrir le chemin à plus de destruction encore au lieu de les protéger !
- "déterminer des cortèges-type d’espèces protégées adaptés à chaque département " : Cataloguer les haies au niveau d’un département, c’est méconnaître la diversité géologique, hydraulique, météorologique, faunistique et floristique des espaces naturels et agricoles au sein même d’un seul département. La nature n’est pas classifiable, la biodiversité se joue souvent dans des espaces très restreints, il y a une biodiversité et des symbioses propres à chaque mètre carré.
- "taux de replantation obligatoire pour compenser toute destruction" :
Logiquement, il est impossible de recréer le même espace de vie, en l’occurrence une haie, ailleurs, parfois même loin de l’endroit détruit. Toutes les espèces d’animaux, de plantes, de champignons, de lichens et mousses, ainsi que le microbiote du sol présents dans une haie ne peuvent ni vivre ailleurs, ni migrer vers un endroit semblable lointain, parce qu’il ne leur convient pas parfaitement et est déjà occupée par d’autres êtres vivants.
Avant d’arracher une haie et replanter une autre ailleurs, il faudrait préserver l’existant et de replanter même davantage de haies là où on les avait arrachées suite au remembrement, aux constructions autoroutières et ferroviaires, à l’urbanisation.
L’utilité des haies pour les agriculteurs et éleveurs est démontrée depuis des années.
- Que vaut une étude "sur la base de travaux non publiés de l’Office français de la biodiversité (OFB), en s’appuyant sur les travaux d’une étude naturaliste, principalement bibliographique" ? ! Ce n’est que sur le terrain, au cas par cas, qu’une décision de modification, destruction et replantation d’une haie devrait être prise, avec comme but premier la préservation de la haie existante !
- "l’automatisation partielle du traitement des dossiers" :
La nature est d’une telle diversité et richesse et aussi d’une grande importance pour les humains, que toute forme d’automatisation et de simplification de sa modification amènera à sa destruction.
Nous vous remercions de nous consulter.
L’évaluation de l’intérêt d’une haie vis à vis de ses fonctions ne peut se faire sans intégrer une vision plus large de sa connexion à un réseau.
L’efficacité, ses valeurs, ses rôles sont grandement dépendants de ces liaisons. Les ruptures dans des continuum (même par suppression d’une haie d’une richesse biologique plus faible) conduira à une fragilisation de la durabilité de la biodiversité globale de l’ensemble des haies de ce réseau.
Il ne faut donc pas, à notre avis, évaluer l’intérêt d’une haie que sur ses composantes mais plus largement sur sa participation aux différentes fonctions dans le paysage (agronomiques, hydrologiques, économiques, de biodiversité, d’identité…) tant sur ses intérêts actuels que sur ses rôles et fonctions encore plus nécessaires pour demain (climatologie des parcelles, aggradation des sols, augmentation de réserve utile en eau, renforcement de la protection biologique des productions, alimentation des animaux pâturant en période sèche…).
C’est donc à la fois faire perdurer des éléments paysagers identitaires au titre du patrimoine tout en leurs confiant des fonctions modernes d’intérêt général et déterminantes pour les parcelles sur leurs capacités productives de demain.
En conséquence, Arbor & Science propose que le réglement impose une démarche d’analyse globale multicritères, partagée par des visions d’intérêts variés (agriculteurs, environnementalistes, géographes, historiens locaux…)
Patrice Pasquier
Président association Arbor & Science
Je m’oppose à ce projet d’arrêté fixant une typologie des haies telle que définie.
Cet arrêté se base sur une étude de l’OFB, non publiée.
Comment peut on s’en référer à une étude dont on n’a pas les éléments …
Un bureau d’étude, dont on ne connait rien (de qui dépend il ?) fixe donc des éléments de haies type.
Il faut arrêter de simplifier ainsi les choses, une haie doit être bien plus diversifiée afin de permettre une biodiversité plus étendue ; en limitant les espèces de cette manière, on limite celles des espèces qui y nicheront ; nous sommes en campagnes, la majorité des espèces a disparu à cause de l’agriculture intensive, et en agissant ainsi d’autres disparaitront.
De plus, cet arrêté vise à simplifier encore davantage les demandes d’autorisation pour espèces protégées … on sait bien ce que cela signifie.
La nature ce n’est pas une autoroute ou un bâtiment, cessez un peu de mettre des normes aussi restrictives, la nature sait très bien ce qu’il lui faut.
Que cette dernière reprenne ses droits sans normes constantes.
Personne n’est dupe quant à ce genre d’arrêté …
C’est NON
Tant de haies ont été détruites, on ne voit plus que des parcelles infinies qui ne retiennent plus l’eau parce qu’il n’y a plus aucune haie, plus d’arbre.
Aujourd’hui on constate l’appauvrissement des forêts française de par ses quasi monoculture et on voudrait aller dans ce sens avec les haies …
Cessez de marcher sur la tête !
Présenté comme une mesure de simplification administrative, ce projet d’arrêté établissant une typologie des haies soulève, dans son état actuel, plusieurs préoccupations écologiques. Pour ces raisons, POLLINIS émet un avis défavorable.
Notre principale préoccupation est le caractère très réducteur de cette typologie. Elle ne tient compte que de critères structurels et morphologiques tels que la hauteur, les strates ou la présence d’arbres, tout en ignorant d’autres facteurs importants comme l’âge, la diversité des espèces, la diversité multi-strates ou même la position topographique. Tous ces éléments contribuent à la fonction écologique des haies et ont été identifiés comme essentiels par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN).
Les haies matures risquent d’être sous-évaluées, tandis que les haies récemment plantées, qui ont la même morphologie mais pas la même fonctionnalité, risquent d’être surévaluées. Les haies sont des structures écologiques fortement dépendantes du contexte. Se baser uniquement sur la typologie pour automatiser les décisions, comme le propose ce décret, pourrait avoir de graves conséquences. Les haies nouvellement plantées ne peuvent tout simplement pas remplacer les fonctions écologiques des haies matures avant plusieurs décennies.
Nous sommes aussi préoccupés par le manque de transparence scientifique. Le présent projet d’arrêté s’appuie sur des sources auxquelles le public n’a pas accès. Les études utilisées pour soutenir les mesures réglementaires devraient pouvoir être consultées.
Pour conclure, ce projet d’arrêté nous fait courir le risque collectif d’une dégradation de l’écosystème français des haies qui entraînerait une perte supplémentaire de biodiversité, notamment en raison d’une compensation insuffisante de haies matures.
Nous suggérons donc de compléter la typologie par des critères écologiques tels que l’âge, la fonctionnalité et la connectivité. Pour des informations plus détaillées sur la composition idéale des haies, notre guide gratuit est librement accessible ici : https://www.pollinis.org/nos-projets/restaurer-les-paysages/nos-guides-pour-planter-des-haies-pour-pollinisateurs/.
Plutôt que de se fier à des coefficients basés sur la typologie, nous suggérons également que les sites soient évalués par des experts afin d’apprécier objectivement chaque cas individuel et de définir des mesures compensatoires (en privilégiant, dans la mesure du possible, l’absence totale de destruction).