Plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes (Consultation terminée)
Consultation du 08/04/2026 au 29/04/2026 - 298 contributions
1. Contexte
Le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) est une espèce invasive originaire d’Asie du Sud-Est, introduite accidentellement en France en 2004 dans le Lot-et-Garonne. Une unique reine fécondée est à l’origine de sa diffusion progressive sur le territoire national, puis dans certains pays européens.
Depuis son introduction, l’espèce s’est rapidement propagée, jusqu’à atteindre la Hongrie en 2024. Elle est aujourd’hui présente dans l’ensemble des départements métropolitains.
La propagation rapide du frelon asiatique s’explique par plusieurs facteurs : une forte capacité de reproduction, un cycle biologique annuel produisant un grand nombre d’individus, des ressources alimentaires abondantes et l’absence de prédateurs naturels spécifiques.
Chaque colonie peut produire plusieurs centaines de fondatrices, contribuant à une progression estimée à environ 70 kilomètres par an, sur le territoire.
Prédateur opportuniste, le frelon asiatique s’attaque à une grande diversité d’insectes. En moyenne, près de 85 % de son alimentation est composée d’abeilles, de guêpes et de mouches, dont environ 40 % d’abeilles domestiques.
Compte tenu de son implantation désormais généralisée, l’éradication du frelon asiatique n’est plus envisageable avec les moyens actuels. La stratégie repose désormais sur la mise en place de moyens de lutte efficaces, afin de limiter ses impacts.
L’espèce est réglementée « espèce exotique envahissante » au niveau européen depuis 2016 ; des actions de gestion sont entreprises au regard de son expansion sur le territoire (piégeage des reines fondatrices et des ouvrières, destruction des nids, protection des ruches) et financées notamment par le Fonds Vert, ainsi que par certaines collectivités territoriales. Un plan de lutte a été mis en place en 2024 par les organismes à vocation sanitaire chargés de la santé végétale et de la santé animale (FREDON France et GDS France, regroupés en association – AFSE).
2. Contenu du plan
Pour amplifier l’action publique, conforter l’initiative précédente et coordonner les acteurs, le législateur a décidé, par la loi n°2025-237 du 14 mars 2025 (adoptée à l’unanimité) visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole, l’adoption d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique. Il s’agit du premier plan de lutte contre une espèce exotique envahissante prévu par la loi, signe de l’impact de cette espèce sur le territoire national. Cette loi prévoit également un dispositif d’indemnisation des apiculteurs, distinct du plan national.
D’une durée de 6 ans renouvelable, le plan qui vous est présenté est structuré en 3 axes majeurs :
1. Recherche et communication
2. Organisation de la lutte
3. Gouvernance
Ces axes regroupent 8 actions, notamment :
• la coordination des acteurs (action 7)
• des mesures de gestion (destruction des populations de frelons et protection des ruches) adaptées aux situations locales (action 5)
• le soutien et le développement de la recherche fondamentale et appliquée (actions 1 et 2)
• une classification des départements en fonction du niveau de présence du frelon et la réalisation des plans départementaux (actions 4 et 8)
• des actions de communication auprès de différents acteurs (action 3)
Ce plan sera décliné au niveau départemental dans les 6 mois après son adoption afin d’apporter des solutions au plus près des enjeux de chacun des territoires.
Le projet de plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes repose sur un financement structuré et partagé (action 6) entre l’État, les collectivités territoriales et les acteurs socio-économiques et sanitaires concernés, afin de garantir une réponse coordonnée répondant aux besoins des territoires.
3. Étapes de consultation
L’élaboration du plan a été réalisée en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés : ministère de l’agriculture, acteurs apicoles, organismes à vocation sanitaire, unités de recherche, …
Le plan est soumis, au regard des dispositions prévues dans le décret d’application de la loi du 14 mars 2025, à un avis simple du Conseil National de la Protection de la Nature (ministère en charge de la transition écologique) et du Conseil National d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale (ministère en charge de l’agriculture). La présente consultation du public est réalisée en parallèle.
Le plan sera adopté, ensuite, par publication au Journal Officiel, d’un arrêté interministériel, portant approbation du plan.
Commentaires
Bonjour : très bien : cependant comme indiqué ailleurs :
1) campagnes dont d’information et financement de destruction de nids primaires (personnellement je le fais … parce que je sais le faire et équipé pour (garde champêtre et mairies ayant payer ce matériel et OK) mais cela devrait être partout : en effet, soit un service public s’en charge ou/et une entreprise mais faire en sorte que cela soit gratuit pour les requérants.
2) de même certains "anciens nids" abritent encore des insectes "reproducteurs" … c’est rare mais cela arrive.
3) favoriser tout ce qui est non nocifs pour la Nature et … efficace ! que ce soit pour empêcher les frelons à pattes jaunes de venir, de s’installer, de se reproduire.
4) éviter les "à partir de telle date, on ne finance plus" .
5) faire des campagnes massives "sur les supers pièges inefficaces" et même destructeurs de biodiversité … que certains professionnels veulent utiliser, vendre, …
6) "détail" : veiller à ce que les mairies soient objectives quand aux choix des intervenants : efficacité, matériels, habilitations, proximité, respect de la nature …
Cordialement
- en diffusant une campagne de spots radio et tv (voire presse et internet) pour informer et sensibiliser la population sur une échelle nationale et demander aux collectivités territoriales de faire des actions d’informations dans leur domaine respectif avec l’aide des organismes (y compris les associations) qui gèrent l’apiculture en France.
- en mettant en place des pièges sélectifs sur le domaine public et en demandant à la population de signaler la présence de nids de frelons asiatiques .
- en proposant des pièges sélectifs à la population qui possède un espace vert (par le biais des communes ou des parcs régionaux etc…). Celui-ci un prix bas, voir plus… et accompagné d’un mode d’emploi simple.
- enfin expliquer qu’en l’absence de polinisateurs = plus beaucoup de fruits (par exemple) = moins de produits = prix plus importants = moins d’acheteurs = moins de revenus pour les producteurs . Montrer de manière simple les retombées écologiques, sanitaires et économiques sur notre société que risquer de produire par exemple la disparition des indispensables abeilles si importantes pour notre bien être !
En région Ile-de-France, le frelon asiatique à pattes jaunes est arrivé depuis 2014. Dès le début de l’invasion par cette EEE, les organismes à vocation sanitaire FREDON Ile de France et la section apicole du Groupement Régional de Défense Sanitaire d’Île-de-France, se sont organisés pour travailler conjointement et alerter les pouvoirs publics de la nécessité d’action. En 2016, le plan régional de lutte contre le frelon asiatique pour l’Île-de-France était présenté en CROPSAV à l’initiative des OVS, dans une logique One Health visant à protéger le cheptel apicole, mais également la biodiversité et la santé humaine, car le problème de la gestion des espèces invasives est global et la réponse doit l’être aussi. Nous saluons donc le fait que l’Etat prenne en considération cette problématique d’espèce invasive et cherche à y répondre.
Ce travail de coordination que nous menons jusqu’à présent pour définir des méthodes durables et fédérer des acteurs, s’en suit par un travail de terrain mené avec les apiculteurs, les collectivités qui forment leurs agents et avec les entreprises de désinsectisation pour cadrer les bonnes pratiques de piégeage et de destruction (avec la mise en place d’une charte qui rassemble aujourd’hui plus de 50 entreprises, qui en 2025 ont détruit plus de 7000 nids). Sur la base de la R&D, des éléments scientifiques et des retours terrain/métier, les méthodes de lutte ont été continuellement questionnées et adaptées pour cibler le meilleur ratio efficacité/moindre impacts ou risque pour la santé et l’environnement. Eviter que le piégeage soit réalisé à de mauvaises périodes, avec des pièges non sélectifs, de manière généralisée, avec des impacts économiques et écologiques conséquents, par des personnes non formées, éviter des solutions biocides aux impacts non évalués, non maitrisés sur de l’entomofaune non-cible, éviter des pratiques qui mettent en danger les opérateurs et le public : ces consensus de méthode sont le fruit de la coordination et de la concertation. C’est ce qui permet d’avoir une pragmatique.
Notre rôle dans la gestion de ce projet a également permis de mettre en place une surveillance, permettant de mesurer et localiser la présence du frelon asiatique. Les franciliens ont soutenu le développement d’outils, plateforme au service de l’information et de la surveillance. En lien avec l’action 4, nous prônons l’interopérabilité plutôt que remplacement des dispositifs en place : plutôt que de créer un nouveau guichet unique, le plan devrait privilégier l’interopérabilité technique (API) et la reconnaissance entre l’INPN et les outils de terrain.
Le travail d’information du grand public et de formation des collectivités se poursuit également grâce à l’engagement de ces dernières à nos côtés. Aujourd’hui les pouvoirs déconcentrés s’appuient sur FREDON pour apporter des réponses. Les acteurs identifiés dans le pilotage du plan en région ou en département se sont également réunis autour de ce plan à l’initiative des OVS, et une consolidation de l’existant est souhaitable aux fins d’efficience de l’action One Health.
La logique de déclinaison départementale a ses avantages mais présente des limites et des risques :
- Quid de la présence à l’échelle départementale des membres du comité de pilotage : les OVS, par exemple, existent à l’échelle régionale. Les OVS sont légitimes techniquement et suffisamment structurée/en mode gestion de projet/pilotage - à mettre en œuvre sur l’ensemble des territoires des départements que composent la région en indépendance et impartialité. Concernant le CROPSAV évoqué notamment dans l’action 8, dans une logique OneHealth, un CROPSAV plénier parait plus pertinent qu’un CROPSAV section apicole. Le fait qu’aucun financement soit identifié comme nécessaire pour réaliser ces actions est inquiétant.
- La structuration doit être pilotable : risque de perte d’énergie et de temps si tout en faisant des plans départementaux, il n’y a pas de synergie/coordination/reproductibilité entre les départements d’une même région permettant la remontée d’information du local vers le national, l’amélioration continue des plans et des pratiques. Cela pose également la question du financement qui se retrouve plus fragmenté, parfois pour des mêmes actions à accomplir, qui aurait été optimisé en considérant mieux l’échelle ou un fonctionnement régional.
Dans cette perspective, FREDON Ile-de-France réaffirme sa volonté de contribuer à une mise en œuvre opérationnelle, cohérente et durable du plan national, en s’appuyant sur les dynamiques déjà engagées avec les acteurs et partenaires locaux.
FREDON BFC salue l’initiative du MTE d’élaboration d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes. Nous partageons pleinement l’ambition de ce plan qui s’inscrit dans l’approche « Une seule santé », en conciliant la protection de l’apiculture, la préservation de la biodiversité et la santé humaine.
En région BFC, une démarche collective a déjà montré son intérêt avec la mise en place d’actions organisées et coordonnées. Depuis 2024, un plan de lutte collectif est copiloté par les 2 OVS régionaux (FREDON BFC/GDS BFC), avec une participation active des GDSA, DREAL, Préfectures et Conseils Départementaux.
Ce dispositif régional a notamment permis la production et la diffusion d’éléments de communication, l’accompagnement des pratiques de piégeage de printemps, la réalisation de sensibilisations auprès d’élus et du grand public, l’administration des signalements sur une plateforme partagée, l’accompagnement technique de référents de collectivités, la création et la gestion d’une charte de Bonnes Pratiques pour les désinsectiseurs, l’indemnisation financière des destructions de nids et l’expérimentation de matériel de détection précoce des nids.
De notre expérience plusieurs conditions essentielles à la réussite du futur plan national se dégagent :
- La coordination à l’échelle des territoires est déterminante, tant sur le plan organisationnel que financier. Elle permet d’optimiser les moyens, renforcer la cohérence des actions et accroître leur efficacité.
- La structuration choisie doit permettre d’assurer une remontée de données fiable du local vers le régional et le national. Elle doit être portée par des structures techniquement reconnues, indépendantes et impartiales, en capacité de gérer des financements publics et de déployer des actions de manière homogène sur l’ensemble des départements d’une région.
- Parce qu’il s’agit d’un plan national, cette organisation doit être reproductible pour favoriser les synergies, l’efficience et la cohérence des pratiques tout en restant au plus près des besoins spécifiques des territoires.
- Elle doit intégrer des dispositifs d’évaluation réguliers et pluriannuels pour mesurer l’efficacité des actions mises en œuvre.
À l’inverse, l’absence de coordination régionale ferait peser un risque réel de perte d’énergie, de temps et d’efficacité avec des plans départementaux isolés les uns des autres et une amélioration continue limitée. Une approche fragmentée ferait peser un risque important de non atteinte des résultats attendus à moyen et long terme.
FREDON BFC réaffirme ici sa volonté de contribuer à la mise en œuvre du plan national dans une logique opérationnelle, cohérente et durable, en s’appuyant sur la dynamique régionale existante tout en renforçant son articulation avec le national.
FREDON BFC
Contribution FDSEA de la Somme concernant le Plan Frelon
La FDSEA de la Somme dénonce fermement la manière dont le gouvernement a élaboré le plan Frelon asiatique. Les apiculteurs professionnels n’ont pas ou peu été concertés. Notre syndicat a envoyé des demandes et des propositions de la filière apicole via de nombreux écrits, qui sont restés sans réponse et n’ont été que très peu pris en compte.
Les agriculteurs sont une clé de voute dans la lutte contre le frelon, car ce sont des gestionnaires de territoire représentatifs, et car de nombreux nids de frelon se fixent sur des bâtiments agricoles. Pour une efficacité optimale, il est impossible de se passer des agriculteurs.
Nous déplorons l’ignorance du travail mené par la filière apicole depuis de nombreuses années. InterApi, GDS France et Fredon France ont proposé un plan national de prévention, de surveillance et de lutte contre le frelon. Ce plan a été ignoré, mis à part certains éléments des fiches actions et les fiches techniques. De la confusion va naitre du fait de ce manque de lien entre le plan de la filière et le plan du gouvernement.
Les financements que proposent ce plan frelon sont insuffisants. Il est nécessaire d’obtenir des financements plus élevés, concrets, à la hauteur de nos ambitions pour l’animation de ce plan à l’échelle nationale, régionale et départementale. Les actions de ce plan doivent être financées par les ministères de l’agriculture et de l’environnement.
En ce qui concerne la recherche, il faut se centrer sur la recherche appliquée, afin de renforcer les moyens de lutte contre le frelon. Cela doit se faire en lien avec l’ITSAP et les ADA.
Nous demandons également une concrétisation rapide du volet de la loi qui concerne l’indemnisation des pertes des apiculteurs professionnels. Toutes ces pertes liées au frelon doivent être indemnisées.
Pour terminer, nous demandons un renforcement des moyens de lutte, pour les apiculteurs professionnels, contre le frelon. Cela concerne notamment la ré-autorisation de l’usage de SO2 pour la destruction de nids de frelons. Pour renforcer l’autonomie de la filière, il est également nécessaire que les apiculteurs professionnels puissent être formés et habilités à la destruction d’un nid de frelon. Ils doivent avoir le droit d’utiliser les moyens les plus performants possible pour protéger leur cheptel, sans avoir à passer par un acteur qui fait commerce de cette lutte contre le frelon.
Nous vous remercions d’avance pour la compréhension de ce sujet majeur face auquel les agriculteurs sont les premiers impactés, et donc également les premiers à pouvoir et devoir agir face aux frelons. Des moyens forts et impactant doivent être mis à leur disposition.
Quelques points à mon avis sur ce plan
1/ l’implication des collectivités locales
C’est super de dire que c’est aux mairies de payer, mais ça reste de l’argent public, de l’argent du contribuable, et les budgets des mairies ne sont pas extensibles à l’infini. Certes, ça peut représenter des sommes très anecdotiques pour les grosses communes, mais la majorité des communes françaises sont petites, voir très petites. Dans mon secteur, la plupart des communes font autour d’une centaine d’habitants, et leur budget est tout petit : on ne peut pas leur demander d’ajouter cela, d’autant plus que quotidiennement, elles doivent déjà arbitrer entre les autres espèces exotiques envahissantes (buddléia, renouée, etc…). Pourquoi le frelon plus qu’une autre ?
2/ la sélectivité des pièges
L’immense majorité des pièges ne sont aujourd’hui pas sélectifs, et trop de monde ne voit que les frelons dedans, en oubliant tout le reste : mouches, moucherons, frelons européens, papillons, etc… Piéger à tout crin continue de vider le ciel de nos insectes volants, alors que la diminution de ces derniers depuis quelques décennies est glaçante ! Si le frelon asiatique s’installe si bien, c’est peut-être également parce que les milieux sont particulièrement perturbés… Donc tant que des pièges vraiment sélectifs ne sont pas au point, je pense qu’il faut lever très fortement le pied sur ce point.
3/ la recherche appliquée
Il faut poursuivre la recherche appliquée sur le frelon asiatique, de façon beaucoup plus importante. Et pourquoi pas rechercher comment attirer les fondatrices en début de saison, pour les pousser à s’installer dans un espace que l’on maîtrise, afin de supprimer les nids le moment voulu
4/ l’arrivée de nouvelles espaces susceptibles d’occasionner des dégâts
Le frelon asiatique n’est pas arrivé par ses petites ailes, mais bien par l’import massif de biens de consommation sans réels contrôles de biosécurité. Il faut renforcer très fortement ces contrôles à l’import, avec des recrutements massifs et la facturation aux clients et vendeurs. Outre les impacts sur la balance commerciale, ça peut également redonner de la pertinence à la production locale et enfin, protéger nos écosystèmes des arrivées massives d’ESOD et autres pathogènes
/ Ce plan est insuffisant au niveau de son budget lorsque l’on divise le montant par le nombre de départements la somme est ridicule.
2/ Il ne contient aucune proposition concernant l’aide aux apiculteurs pour la protection des ruchers.
3/ Il sera sans effet.
En Bretagne, depuis plus de quinze ans, les acteurs opérationnels départementaux (FDGDON et GDSA) luttent contre le frelon asiatique en lien étroit avec les collectivités locales. Notre région s’est dotée depuis d’une organisation opérationnelle solide et coordonnée pour faire face à la prolifération du frelon asiatique, reposant sur l’implication conjointe des Organismes à Vocation Sanitaire (OVS) :
- au niveau régional : FREDON Bretagne et GDS Bretagne ;
- au niveau départemental : les FDGDON et les GDSA.
Cette organisation, éprouvée dans la durée, s’appuie sur une mobilisation étroite des collectivités et des acteurs apicoles. Elle a permis de structurer une lutte cohérente et efficace à l’échelle d’une région.
FREDON Bretagne et ses quatre FDGDON se sont pleinement inscrits dans la stratégie de lutte contre le frelon asiatique élaborée et portée par GDS France et FREDON France depuis 2024, et saluent l’initiative du Ministère de la Transition Ecologique visant à élaborer un plan national de lutte. Fortes de leur expérience de terrain, elles se tiennent pleinement mobilisées pour contribuer activement à son déploiement.
Toutefois, le plan national de lutte élaboré par le Ministère de la Transition Ecologique devra s’appuyer sur les dispositifs régionaux et départementaux existants, qui ont démontré toute leur efficacité, sans remettre en cause les équilibres opérationnels construits localement depuis de longues dates.
Le plan national doit s’inscrire dans une approche « One Health », intégrant les enjeux de santé humaine, de préservation de la biodiversité et de protection de l’apiculture. La lutte contre le frelon asiatique constitue en effet un enjeu transversal qui nécessite une réponse globale, structurée et durable.
L’expérience bretonne illustre concrètement les bénéfices d’une telle organisation. En 2025, plus de 32000 nids ont été recensés et détruits grâce à une coordination territoriale efficace. Cette dynamique s’appuie sur :
- une coordination territoriale efficace et éprouvée au fil du temps pour la lutte,
- une relation de confiance établie au fil du temps et de l’expérience avec les collectivités locales
- une mobilisation pour favoriser une communication coordonnée et cohérente avec les préconisations du plan national
Et, plus récemment, sur des outils récents, tels qu’un site internet (www.frelonasiatique.bzh) dédié à l’information des publics et des collectivités qui présente notamment des outils de communication et une application (alertefrelon) qui permet :
- la remontée des données de piégeage de printemps.
- La possibilité de centraliser et d’analyser des données (piégeage, destruction de nids, etc.) au niveau départemental et régional pour ajuster chaque année les actions à mettre en œuvre.
- La recherche de solutions de financements tout en responsabilisant et sécurisant les collectivités et les partenaires de l’action
Plusieurs facteurs clés de réussite se dégagent :
- une gouvernance régionale légitime, structurée et indépendante, assurée par les deux OVS et leurs réseaux permettant une cohérence d’actions sur le territoire régional et une approche durable, intégrant l’évaluation pluriannuelle des actions et de leurs impacts sur l’apiculture et l’entomofaune ;
- une organisation pilotable au niveau régional et départemental, permettant la remontée et l’exploitation des données à toutes les échelles ;
- une capacité fédératrice, mobilisant l’ensemble des parties prenantes et facilitant la gestion de financements publics ;
- Une capacité à centraliser et analyser les données (piégeage, signalement, destruction de nids) pour faire évoluer les actions à conduire ;
- Des moyens humains financés pour assurer la coordination de tous les acteurs au niveau départemental et au niveau régional
- un lien étroit entre terrain et recherche scientifique, indispensable pour développer des solutions innovantes, opérationnelles et évaluées. Dans ce sens, une expérimentation cadrée scientifiquement, est actuellement en cours en Bretagne, pour tester l’attractivité et la sélectivité de nouveaux pièges.
- un modèle reproductible, adaptable aux spécificités territoriales tout en facilitant un déploiement à l’échelle nationale ;
À l’inverse, certains risques doivent être anticipés. Une remise en cause des organisations territoriales existantes ou une absence de coordination à l’échelle régionale et départementale entraîneraient inévitablement une perte d’efficacité, de cohérence, une dispersion des moyens et un affaiblissement des dynamiques collectives. Cela ne permettrait pas de répondre à l’ampleur de l’enjeu voire pourrait même risquer de générer des effets contraires à ceux recherchés comme par exemple l’impact sur des espèces non ciblées, l’impact financier en augmentation pour les collectivités précédant alors leur désengagement probable…
Ainsi, l’exemple breton démontre qu’une organisation qui a su se structurer, se coordonner et s’ancrer à l’échelon régional, départemental et local constitue un levier essentiel pour une lutte efficace et durable contre le frelon asiatique. Il apparaît donc indispensable que le futur plan national s’appuie sur ces dynamiques existantes pour en maximiser l’efficacité.
FREDON Bretagne et ses 4 FDGDON
En Bretagne, la lutte contre le frelon asiatique s’appuie sur une organisation régionale structurée et éprouvée, articulée entre les deux organismes à vocation sanitaire régionaux, GDS Bretagne et FREDON Bretagne, et les structures départementales que sont les GDSA et FDGDON. Cette architecture repose sur une gouvernance à deux échelons : un comité de pilotage régional réunissant la DRAAF, la DREAL, les OVS, les GDSA, les FDGDON, ainsi que des syndicats et associations, complété par des comités de pilotage départementaux dans chacun des quatre départements bretons. Ce dispositif garantit une coordination inter-départementale efficace et une mutualisation des outils, notamment via le site internet dédié frelonasiatique.bzh.
Sur le terrain, les résultats sont concrets et en forte progression : 849 pièges sélectifs ont été déployés en 2025, et 1 771 supplémentaires en 2026, accompagnés d’un suivi rigoureux des données de comptage. Dans le Morbihan (département pilote), nous travaillons directement avec les collectivités pour les accompagner dans la mise en œuvre du piégeage sélectif de printemps. Des formations sont également dispensées aux référents communaux sur la problématique du frelon à pattes jaunes et sur les protocoles de piégeage sélectif, constituant un réseau de compétences solide et ancré localement.
C’est pourquoi nous tenons à alerter sur le risque de rupture que ferait peser un changement d’organisation sur l’efficacité de ce dispositif. Le plan 2024 s’est structuré progressivement grâce à l’implication des réseaux GDS et FREDON, de référents techniques et d’expertises scientifiques reconnues. Reconfigurer aujourd’hui les circuits et les interlocuteurs créerait de la confusion sur le terrain, y compris pour les collectivités, et générerait des pertes d’efficience alors même que des financements ont déjà été engagés localement. Nous plaidons pour que le nouveau plan capitalise sur l’existant : réseau de référents, méthodes éprouvées, outils de saisie, liens établis avec les collectivités et consolide le dispositif plutôt que de le reconstruire.
Bonjour, voilà quelques années que je pratique l’apiculture et je remarque que malgré les destructions Dans dans les alentours des nids et la pose des nombreux pièges Ils sont toujours plus nombreux.
Je pense que c’est un désastre pour l’écologie et pour notre agriculture. À long terme il y aura de très gros ravages. Et il sera trop tard, il faut réagir maintenant et très fort. Aujourd’hui on parle De notre agriculture demain, on parlera de catastrophe sur l’humain Car oui, c’est aussi un danger Pour nous, et nos animaux également.
Merci de réagir très vite.