Projet de décret fixant les règles et procédures applicables à la destruction de haies
Consultation du 25/11/2025 au 16/12/2025 - 249 contributions
Ce projet de décret est pris en application de la loi n°2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations futures (dite loi « OSARGA »). L’article 37 de cette loi a introduit dans le code de l’environnement un dispositif de protection et de gestion durable des haies codifié aux articles L. 412-21 à L. 412-27.
Afin de renforcer la préservation des haies et de maintenir le linéaire planté, l’objectif de ce dispositif est de simplifier et unifier les procédures administratives applicables aux projets de destruction de haies, en créant une déclaration unique préalable (ou, le cas échéant, une autorisation unique), avec une compensation systématique et au moins équivalente.
Commentaires
La notion de "trouée" pose problème :
- les strates basses de la haie ne sont pas bien identifiée par la photo aérienne, or ces strates basses jouent un rôle pour la biodiversité végétale et animale. Elles sont indispensables à la régénération de la haie même composées de ronces
- le linéaire complet de la haie doit être pris en considération, pour éviter les effets de seuil suite à un entretien exagéré
La notion de trouée doit être abandonnée.
Le traitement automatisé pose problèmes :
- la cartographie semi automatique trop imprécise
- un accompagnement par un technicien et un dossier de terrain sont indispensables et doivent précéder l’instruction par l’administration
Le traitement automatisé des demandes de destruction doit être abandonné au profit d’un accompagnement des agriculteurs et d’un dossier préalable de terrain.
La séquence ERC n’est pas intégrée dans le projet de décret.
Les impacts de destruction sur les espèces protégées sont insuffisamment caractérisés.
Non à une cartographie générée automatiquement et erronée :
Une application rigoureuse de la réglementation espèces protégées :
Dans le projet de décret la notion de "trouée" pose plusieurs problèmes :
- les photos aériennes ne détectent pas les strates basses de la haie, et les identifient comme des "trouées"
- ces strates basses jouent un rôle important pour la protection de la biodiversité végétale et animale
- elles sont indispensables à la régénération de la haie : "la ronce fait le nid de l’arbre"
- ces "trouées" peuvent aussi être le fait de pratiques d’entretien intensives et nuisibles à la haie : seuls ce qui est trop gros pour résister à l’épareuse reste en place. Mais le potentiel de régénération existe pour compenser ces pratiques nuisibles
- le linéaire complet de la haie doit être pris en considération, pour éviter les effets de seuil suite à un entretien exagéré
La notion de trouée pour calculer le linéaire de haie à détruire doit être abandonnée.
Le traitement automatisé des dossiers pose beaucoup de problèmes :
- la cartographie semi automatique trop imprécise ne permet pas d’identifier les strates basses des haies. Son imprécision en fait un outil trop approximatif pour l’instruction des dossiers de demande de destruction.
- un accompagnement par un technicien et un dossier de terrain complet doivent précéder les procédures d’instruction par l’administration
Le traitement automatisé des demandes de destruction doit être abandonné au profit d’un accompagnement des agriculteurs et d’un dossier préalable de terrain.
La séquence ERC n’est pas intégrée dans le projet de décret.
Le décret à venir doit intégrer, dans le dossier, des exigences ER, et exiger une qualité de la compensation.
Les impacts de destruction sur les espèces protégées sont insuffisamment caractérisés. Les quatre critères permettant de qualifier les impacts d’une destruction de "non caractérisés sont trop fragiles. Les outils ("Grain bocager" de l’INRAE) et les compétences disponibles (CNPN, CSRPN) doivent être mobilisés et associés à la définition de critères fiables et robustes.
Depuis 2015, et malgré un protection "théorique" des haies par les BCAE, plus de 20 000 km de haies disparaissent chaque année.
Le décret, en application de la LOA, ne doit pas fragiliser davantage la situation, mais protéger les haies dont le rôle, face aux bouleversements climatiques et à la perte de biodiversité et de fertilité des sols, n’est plus à démontrer
Les haies sont indispensables car elles remplissent différents rôles :
Favoriser la biodiversité : les haies offrent un habitat aux insectes pollinisateurs des cultures, mais également aux prédateurs des espèces considérées comme ravageurs : chauve-souris, souris, mulot…
Améliorer le bien-être animal en apportant de l’ombre et des surfaces de grattage aux troupeaux ;
Préserver la qualité de l’eau en jouant un rôle tampon vis-à vis des cours d’eaux (limitation du ruissellement, rétention de matières en suspension…).
Elles peuvent faire aussi office de brise vent, dans les régions particulièrement venteuses.
Les haies ont aussi de multiples valorisations. Lorsque la haie est arrivée en pleine production, il est possible de valoriser son bois en énergie à travers les traditionnelles chaudières à bois.
De nombreux arbres de haies bocagères arrivés à « maturité » ont un important potentiel de valorisation en bois d’œuvre, c’est-à-dire en bois utilisé comme matériau de construction.