Projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction

La présente consultation, fondée sur l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, porte sur un projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction.

Consultation du 27/11/2025 au 19/12/2025 - 32384 contributions

Le projet d’arrêté définissant le statut de protection du loup (Canis lupus) et fixant les conditions et limites de sa destruction :

  • Remplacera et abrogera l’arrêté du 21 février 2024 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus) ;
  • Modifiera l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection pour en retirer la mention du loup (Canis lupus) ;
  • Est pris en transposition de la directive (UE) 2025/1237 du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2025 modifiant la directive 92/43/CEE du Conseil en ce qui concerne le statut de protection du loup (Canis lupus).

I. Contexte

Le projet d’arrêté soumis à consultation du public s’inscrit dans le cadre du reclassement du loup à la Convention de Berne le 06 décembre 2024 et à la Directive Habitats Faune Flore (DHFF) le 17 juin 2025. Ainsi, le loup ne relève plus de l’article 12 de la DHFF, définissant les mesures nécessaires pour instaurer un système de protection stricte, mais de l’article 14, listant les mesures de gestion possible pour que le prélèvement dans la nature de spécimens, ainsi que leur exploitation, soit compatible avec leur maintien dans un état de conservation favorable.

Ce changement d’annexe emporte deux conséquences majeures en matière de destruction. En effet, cela ouvre la possibilité de prélever des loups sans nécessairement démontrer l’épuisement d’autres solutions alternatives satisfaisantes au prélèvement ni le risque de dommages importants aux élevages. En revanche, l’article 14 de la DHFF dispose que les mesures de gestion mises en œuvre soient compatibles avec le maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable.

II. Objectifs poursuivis

L’objectif du projet d’arrêté est de traduire au niveau national le reclassement du loup en définissant le nouveau cadre réglementaire applicable à cette espèce : il vise tant à définir le statut de protection du loup, qu’à préciser les conditions et les limites de sa destruction.

III. Contenu du projet d’arrêté

Le projet d’arrêté maintient le loup comme espèce protégée en reprenant une partie des dispositions de l’arrêté du 23 avril 2007. Un certain nombre de nouvelles dispositions visent à faciliter l’aspect procédural de la destruction des loups, excluant ces-dernières du champ des interdictions applicables aux espèces protégées, conformément aux assouplissements permis par le reclassement. Néanmoins, toute destruction intentionnelle en dehors du cadre défini dans le projet d’arrêté demeurera considérée comme illégale et punie des peines actuellement encourues (3 ans d’emprisonnement et 150 000€ d’amende).

A) Procédure de tir : distinction des régimes selon le zonage caractérisant la pression de prédation (cercles 0 à 3), les types de troupeaux et l’existence de mesures de protection

Dès lors que le loup n’est plus considéré comme une espèce nécessitant une protection stricte en application de l’article 12 et de l’annexe IV de la DHFF, les mesures de destruction qui lui sont applicables peuvent ne plus nécessiter de dérogations au sens de l’article L.411-2, 4° du Code de l’environnement. Le projet d’arrêté dispose ainsi que des destructions de loups pourront se faire en l’absence d’autorisation individuelle, sur simple déclaration préalable auprès de la préfecture. Cette possibilité ne sera toutefois pas ouverte à l’ensemble des cercles (article 13) :
-  Cercles 0, 1, 2 : destruction possible sur déclaration ;
-  Cercle 3 : destruction possible sur autorisation individuelle à condition d’avoir mis en œuvre des tirs d’effarouchement et apporté des éléments permettant d’apprécier la pression de prédation.

Les tirs létaux seront désormais possibles en l’absence de mesures de protection (chien, clôture électrifiée ou gardiennage) pour l’ensemble des zones (cercles 0 à 3). Cependant, la mise en œuvre des mesures de protection reste encouragée. En particulier, le déploiement de ces mesures de protection bénéficiera, au-delà des effets directs de réduction de la prédation, aux éleveurs de troupeaux d’ovins ou caprins qui auront :
-  la possibilité d’une intervention des lieutenants de louveterie ou de la brigade mobile d’intervention en défense du troupeau (article 5) ;
-  la possibilité d’un tir de prélèvement si des dommages exceptionnels continuent d’être constatés malgré la mise en œuvre de tirs de défense (article 20) ;
-  une durée de validité de la déclaration portée à 3 ans (hors cercle 3) contre un an pour les autres éleveurs (article 16) ;
-  l’indemnisation des pertes au-delà de la deuxième attaque (hors cercle 3*).

Les troupeaux bovins et équins continueront, quelle que soit la zone (cercle) où ils pâturent, de relever d’un régime d’autorisation individuelle conformément à l’article 47 de la loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture. Cette autorisation restera valable un an et sera conditionnée à la mise en œuvre de mesures de réduction de la vulnérabilité, telles que listées aujourd’hui dans l’arrêté du 21 février 2024 (article 13)**. Le déploiement de telles mesures ouvrira également la possibilité d’une intervention des lieutenants de louveterie ou de la brigade mobile d’intervention de l’OFB en défense du troupeau (article 5).

Les dispositions particulières, applicables en réserves naturelles nationales constituées pour des motifs incluant la conservation de la faune sauvage et en cœur des parcs nationaux demeurent inchangées (articles 10, 13, 14 et 18).

L’utilisation du matériel de tirs à visée thermique demeure strictement réservée aux lieutenants de louveterie et agents de l’OFB (articles 14 et 22).

* Cette disposition n’apparaît pas dans ce projet d’arrêté mais sera traduite dans un décret simple modifiant le décret n° 2019-722 du 9 juillet 2019 relatif à l’indemnisation des dommages causés aux troupeaux domestiques par le loup, l’ours et le lynx.

** Il est toutefois prévu, à terme, une harmonisation des règles entre les différents troupeaux (ovins/caprins et bovins/équins). Cette évolution nécessitant la modification du cadre législatif ne peut faire l’objet d’une disposition dans le projet d’arrêté.

B) Modalités de gestion du plafond de tir

Le plafond annuel pour la destruction de loups fait l’objet d’un arrêté dédié (arrêté du 23 octobre 2020 fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année) et n’entre donc pas dans le champ du présent projet d’arrêté. Ce plafond sera maintenu à 19% (+2%) de la population totale estimée en 2026, selon la méthode capture-marquage-recapture. Toutefois, bien que le volume de destruction autorisé demeure inchangé, les modalités de gestion de ces destructions ont été prévues dans l’optique de réserver les tirs aux territoires où la prévention ou la diminution de dommages importants aux troupeaux domestiques est prioritaire.

Ainsi, le préfet coordonnateur aura la possibilité, si le niveau de consommation s’avérait trop précoce et avant l’atteinte du plafond, de suspendre temporairement ou jusqu’à la fin de l’année les déclarations et autorisations de tir sur les territoires qu’il détermine (article 4). Dans ces conditions, les tirs pourraient, sur accord du préfet coordonnateur, continuer d’être mis en œuvre seulement par les lieutenants de louveterie ou la brigade mobile d’intervention (article 5) afin de conserver une meilleure maîtrise de consommation du plafond.

C) Modifications et nouvelles dispositions

Un certain nombre de modifications et de nouvelles dispositions ont été introduites à l’occasion de ce projet d’arrêté. Ainsi :
-  La perturbation intentionnelle, la capture, l’enlèvement, le transport de spécimens de loups sera possible aux fins de recherche scientifique pour le Muséum d’Histoire Naturelle, l’Office Français de la Biodiversité et le Centre National de la Recherche Scientifique sans qu’une dérogation au titre des espèces protégées soit nécessaire (article 1er et article 27) ;
-  Les modalités de mise en œuvre des tirs ainsi que le matériel de tir autorisé ont été précisés (article 14) ;
-  Les tirs de défense simple et de défense renforcée ont été fusionnés en un unique « tir de défense » dont le nombre de tireurs par lot ne peut excéder deux (ou trois par dérogation) (article 17) ;
-  Les modalités applicables aux troupeaux protégés ont été étendues (article 5) aux troupeaux ou lots d’animaux considérés comme non-protégeables (article 8) ainsi qu’aux troupeaux situés dans certaines zones d’expansion (zone difficilement protégeable) (article 26) ;
-  Les tirs de prélèvement sont possibles après accord du préfet coordonnateur à partir du 1er juillet (article 18), pour les élevages protégés ou situés en zone difficilement protégeable, si des dommages exceptionnels continuent d’être constatés malgré la mise en œuvre de tirs de défense (article 20) ;
- Les tirs de prélèvement seront mis en œuvre sous la responsabilité des lieutenants de louveterie ou l’OFB avec l’appui de chasseurs.

Un tableau récapitulatif des différentes évolutions du protocole de tir est présenté dans le rapport de présentation joint.

Merci de préciser, en intitulé de vos observations, votre positionnement sur le texte (FAVORABLE ou DÉFAVORABLE).

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Commentaires

  •  Avis défavorable, le 18 décembre 2025 à 15h22

    Je suis fortement défavorable à ce projet d’arrêté.
    Il ne fait pas de sens d’autoriser l’abattage des loups alors que les troupeaux soient laissés sans mesures de protection en zone 0, 1 et 2.

    Par ailleurs, il est crucial de rapeller aux éleveurs que, dans le cas de meutes installées et stabilisées qui chassent la faune sauvage, la destruction d’un loup est succeptible de désorganiser la meute et de provoquer des attaques sur les animaux d’élevage.

  •  Il faut continuer à protéger le loup, le 18 décembre 2025 à 15h21
    Je pense que chacun peut trouver sa place dans notre beau pays. Il faut accompagner les éleveurs pour protéger leur troupeau de manière efficace pour éviter au maximum l’abattage.
  •  AVIS DEVAFORABLE, le 18 décembre 2025 à 15h21

    AVIS DEFAVORABLE

    Vivent les loups , la seule race à éradiquer c’est l’homme qui détruit tout ce qu’il touche

  •  Avis défavorable, le 18 décembre 2025 à 15h20
    Avis défavorable, il existe d’autres solutions ancestrales qui ont fait leurs preuves et qui sont plus respectueuses de la nature (berger, chiens, clôtures) pour protéger les troupeaux des loups. Pour le retour à un meilleur équilibre naturel, à une prédation raisonné et raisonnable entre espèces. Faisons preuve d’intelligence et de respect pour le vivant.
  •  Avis défavorable , le 18 décembre 2025 à 15h20
    Le loup participe à la santé du milieu qu’il occupe.
  •  AVIS DEFAVORABLE, le 18 décembre 2025 à 15h19
    La population de loup doit encore pouvoir augmenter, retrouver une place, c’est à nous, les hommes, d’accepter les transformations. C’est un cas d’école, où on va enfin faire différemment de ce qu’on a fait ces 50 dernières années dans notre "developpement" sans boussole :-) Tout ne doit pas être fait pour l’intérêt purement court terme de l’homme, car cela nuit à son interêt moyen et long terme … voir à son intérêt court terme aussi, je ne sais pas :-)
  •  Très défavorable, le 18 décembre 2025 à 15h19
    Quand considèrerons-nous enfin les animaux, quels qu’ils soient, comme constitutifs de l’écosystème qui permet à l’homme d’être ce qu’il est depuis des milliers d’années ? Le loup est nécessaire dans la chaîne alimentaire et les écosystèmes de nos campagnes. Permettre son abattage, c’est rompre une chaîne de prédation déjà fragile. Sans loups, les prochains "nuisibles" à exterminer seront ses proies. A la fin, il ne reste rien.
  •  Avis favorable , le 18 décembre 2025 à 15h19
    Pour aider les éleveurs , le loup ne fait que rajouter des problèmes et aucunes clôtures est vraiment efficace , les chasseurs peuvent participer aux tirs de défense pour protéger les troupeaux
  •  Avis totalement défavorable , le 18 décembre 2025 à 15h19

    La simple présence du loup peut être considérée à elle seule comme une source du conflit plus particulièrement avec les éleveurs/agriculteurs, parmi lesquels certains sont aussi chasseurs. Ces groupes, par nature, ne soutiennent pas, d’une façon générale (même s’il existe certainement des exceptions) la présence du loup et semblent bénéficier d’un soutien notable des autorités publiques. Les attaques, ou plus généralement les suspicions d’attaques de loup, surtout sur les troupeaux d’ovins, sont à l’origine des tensions entre humains et loups.

    Il convient de noter que cette problématique est récente pour les éleveurs, qui n’ont pas été confrontés à des prédateurs naturels depuis plusieurs générations.

    Le loup, un superprédateur sans prédateurs naturels, est en concurrence directe avec les chasseurs, qui craignent, pour la plupart, que l’expansion du loup rende la cohabitation impossible et voir la faune sauvage, qu’ils estiment être les seuls à pouvoir réguler, disparaître. Alors que des études montrent que les taux de survie des chamois et chevreuils sont similaires avec ou sans la présence de loups, sauf en cas de fort enneigement. Les tensions sont moindres d’ailleurs lorsque le loup chasse des proies sauvages.

    De ce fait, ce sujet englobe des dimensions fortement axées sur les défis rencontrés par le pastoralisme, avec des tensions économiques, écologiques, philosophiques, ainsi que politiques.

    1. Retour du loup et confrontation à l’élevage

    Le retour du loup (qui n’a pas été réintroduit pas l’humain) notamment depuis 2020 coïncide également le recul de la production ovine française amorcé en 2020 s’accentuant en 2023, avec une baisse de 6,4 % sur un an, après une baisse de 1,3 % en 2022. La production atteint 4, 01 millions de têtes, soit une perte de 275 000 têtes sur un an.

    Que ce soit au niveau départemental ou national, le pastoralisme est confronté à des défis majeurs. Cette filière est affectée par trois principaux obstacles : la crise générale de l’agriculture en France, en particulier dans le secteur de l’élevage ; les difficultés inhérentes à l’agriculture de montagne ; et les problèmes spécifiques à la filière ovine, qui offre peu de rentabilité par rapport au travail qu’elle nécessite.

    Jusqu’à son déclassement récent, le loup était une espèce strictement protégée par plusieurs conventions et directives européennes, notamment la Convention de Berne de 1979, la directive « Habitats » et la Convention de Washington (CITES). Ces régulations imposent aux pays signataires de prendre des mesures pour la conservation du loup, interdisant sa détention, capture, mise à mort intentionnelle et perturbation intentionnelle. Toutefois, des dérogations peuvent être accordées dans certaines circonstances.

    Le retour du loup et sa protection sont perçus par la plupart des éleveurs comme une menace pour leur profession et leur existence. Ils estiment que les autorités privilégient la protection des espèces animales au détriment de l’activité agricole.

    En France, en 2021, 6 992 000 millions d’ovins ont été élevés. Cette même année, 11 616 ovins ont été victimes des loups, soit 0,16 % du cheptel français, tandis qu’environ 500 000 ovins sont envoyés à l’équarrissage chaque année concernant des moutons qui n’entrent pas dans le circuit de consommation et 5 millions ont été conduits à l’abattoir, soit 71 % du cheptel français.

    Les bovins ne représentent qu’une faible part des proies des loups : moins de 3 % des attaques mortelles en 2021 d’après les données de la Dreal. Aussi, les dispositions relatives aux bovins et aux chevaux demeurent très contestables au regard du peu d’attaques des loups sur ces animaux. Un texte doit être pris dans un objectif d’intérêt général, aussi, en l’état c’est à peine 200 bêtes (même si c’est bien entendu malheureux pour ces animaux) qui sont prises en compte et ne constitue qu’un micro problème sur le territoire. Concernant les chevaux, il ne semble y avoir que des cas isolés et pas de réelles études sur les éventuelles attaques de loups contre des chevaux qui seraient d’ailleurs plus des poneys ou des poulains, le loup ne s’attaquant pas véritablement à ces grands animaux une fois adultes.

    2. Des propositions de résolution de conflit mises en œuvre de façon insuffisante

    Les mesures de protection des troupeaux, lorsqu’elles sont correctement mises en œuvre et complètes (clôture, chiens et berger), sont efficaces. Si elles n’éliminent pas complètement le risque d’attaque, elles en réduisent fortement le nombre.

    Les troupeaux qui ne sont pas ou insuffisamment protégés concentrent la plupart des attaques et des dommages. Certains de ces troupeaux sont attaqués régulièrement. L’effet de surprise de l’installation de loups sur de nouveaux territoires a sans doute pris de court certains éleveurs. S’il est relativement facile de se procurer des clôtures électriques, il est plus difficile de trouver de bons chiens de protection et surtout un berger compétent et stable pour les troupeaux d’ovins.

    Le retour nocturne des troupeaux à l’enclos, l’utilisation de chiens de garde et la présence de bergers sur les estives sont des mesures efficaces pour réduire les attaques de loups. Cependant, leur mise en œuvre souffre encore de réticences et de lourdeurs administratives. La préférence pour l’abattage des loups persiste malgré les compensations financières versées.

    Une étude a été réalisée en 2020 en Haute-Savoie, parmi 17 troupeaux, 5 ont été jugés comme correctement protégés et 12 sans protection ou avec une protection insuffisante. Les troupeaux laitiers, plus petits et nécessitant la présence quotidienne d’un berger, sont mieux protégés, car une brebis tuée affecte directement les revenus de lait. À l’inverse, les troupeaux pour la viande sont moins souvent bien protégés, car les pertes sont indemnisées à leur valeur marchande. Toutefois, l’exemple de Cordon montre qu’il est possible de protéger efficacement de grands troupeaux, même de 500 à 800 bêtes .

    Bien que le PNA 2018-2023 préconisait de collaborer avec les éleveurs pour évaluer la vulnérabilité de leurs troupeaux et recommander des solutions pour renforcer leur protection, cette mesure n’a semble-t-il pas été mise en pratique.

    L’absence de contrôle sur le terrain, des moyens de protection, leur financement public à 90 %, un confortable barème d’indemnisation et l’absence d’évaluation constituent des réalités qui bloquent l’espoir de mettre un terme à cette situation.

    Il est à noter que le plafond de « prélèvements » ou plutôt d’abattage autorisés chaque année en France a augmenté depuis le début de ce PNA (10 % de la population estimée jusqu’à 2019, puis 17 % puis 19 % fin 2020), et corrélativement le nombre de loups décomptés (incluant les prélèvements illégaux) a progressé .

    Des arrêtés d’abattage de loups ont de surcroît été annulés par la jurisprudence, ce qui montre que ces textes ne respectent pas le droit en vigueur et que la proposition d’arrêté ici en consultation va trop loin sans exploiter d’autres solutions qui existent pourtant.

    Nous sommes passés progressivement d’un paradigme de protection du loup à un objectif de destruction. Le seuil plafond d’équilibre de l’espèce n’est même pas atteint ! Contrairement à ce qui est souvent avancé, le seuil de viabilité démographique pour une population stable de loups n’est pas de 1 000 individus, mais d’au moins 2 500 loups sexuellement matures. Ce chiffre est crucial pour assurer la diversité génétique et la résilience de la population à long terme.

    L’efficacité des tirs létaux n’a fait l’objet d’aucune validation scientifique. Lorsqu’une "meute" ou plutôt une famille est éclatée après la perte de l’un de ses loups, les autres individus se dispersent. Vulnérables, désorganisés et inexpérimentés pour les plus jeunes, ils peuvent s’attaquer davantage aux troupeaux. Il est nécessaire d’insister sur l’impact sur les familles de loups : tuer des loups sans certitude qu’ils sont responsables des attaques sur les moutons peut avoir des conséquences dévastatrices sur leurs familles. Les loups vivent en meutes structurées où chaque membre joue un rôle crucial à l’instar du socle familial humain. La perte d’un ou plusieurs membres peut désorganiser la meute et nuire à sa survie. La cohésion au sein de la famille est essentielle pour leur survie et leur bien-être. C’est un peu comme si on décidait de tuer des personnes au hasard parce que d’autres ont commis des crimes.

    La délivrance d’autorisations de tirs dérogatoires létaux encourage aussi les éleveurs tentés par le laisser faire et décourage ceux qui se protègent efficacement. Le braconnage suit par ailleurs la tendance des "quotas" de tirs dérogatoires et a pour conséquence de se développer de manière inquiétante. L’étude de 2020 a également démontré qu’il n’y avait pas de corrélation entre le nombre d’attaques et la demande d’autorisation de tir de défense simple.

    Il est à noter que de nombreuses attaques attribuées aux loups ne leur sont pas nécessairement imputables, en raison du système de déclaration peu fiable (autodéclaration), de son ADN pastoral, du fort soutien des autorités publiques et du manque crucial de contrôles.

    Malgré toutes ces mesures, il manque des stratégies globales de gestion. Les efforts sont fragmentés et varient en efficacité, et il n’y a pratiquement aucune collaboration entre les pays partageant des populations de loups, la France, la Suisse et l’Italie. Une gestion limitée à des populations individuelles ne garantit pas la conservation à long terme dans les pays voisins.

    La connaissance du régime alimentaire des loups est d’un grand intérêt parce que ce qu’ils mangent est au cœur du conflit qui les oppose aux humains. Le loup est opportuniste et construit son régime alimentaire de façon à tirer parti de la vulnérabilité et de l’abondance de différents types de proies : agneaux de mouflon au printemps, chevreuils sur fort manteau neigeux, moutons lorsqu’ils sont à proximité. Lorsque les proies sauvages se raréfient, les loups peuvent intensifier leur chasse au bétail, en particulier si les mesures de protection contre les attaques sont insuffisantes, rendant ainsi les troupeaux plus vulnérables.

    Les loups tuent souvent plus de proies domestiques qu’ils ne peuvent en manger, surtout les moutons. Ces animaux, regroupés en grands troupeaux, paniquent facilement, ce qui mène à des morts par suffocation et des morsures excessives causées par l’agitation. Cette surmortalité donne l’impression que les loups tuent pour le plaisir, alimentant les attitudes négatives des éleveurs envers eux.
    Sans compter que les moutons ont été génétiquement modifiés et n’ont plus les bonnes réactions face aux attaques. Un exemple inspirant est celui des rennes et des Tozhu, un peuple de chasseurs-cueilleurs nomadisant en Sibérie, qui coexistent avec les loups sans les détruire.

    Le loup attaque parfois le bétail car il n’y a peut-être pas assez de proies sauvages, souvent tuées par les chasseurs (entre 25 et 38 millions d’animaux tués chaque année en France), ou qui disparaissent en raison des activités humaines et de la destruction des habitats. Cet état de fait pourrait, si l’on se place dans un champ inter-espèce, constituer un génocide du loup. C’est un peu comme si on disait qu’il y a trop d’humains et qu’on allait en "prélever" donc tuer au hasard parce que certains ont tué des gens. Les familles en seraient détruites, et c’est ce qui arrive au loup.

    Il est important de rappeler le rôle écologique : les loups jouent un rôle crucial dans les écosystèmes en régulant les populations de proies, ce qui aide à maintenir l’équilibre écologique. Leur présence peut favoriser la biodiversité et la santé des habitats naturels.

    Il est aussi primordial d’insister sur le fait que les loups attaquent très rarement les humains. Les attaques mortelles de loups envers les humains sont extrêmement rares, voire inexistantes. Le loup ne constitue donc pas un danger pour l’homme.

    3. Stratégies proposées
    - Poursuivre et élargir les mesures de protection initiées des troupeaux :
    Elargir les mesures de protection telles que les clôtures électrifiées, la présence de chien et de berger, avec retour à l’enclos la nuit qui ont démontré leur efficacité lorsqu’elles sont correctement mises en œuvre et complètes
    Mettre en place des procédures destinées à réduire la lourdeur administrative
    - Changer le message officiel pour reconnaître et valoriser les éleveurs qui protègent leurs troupeaux efficacement et cohabitent avec le loup
    Valoriser le travail de ces éleveurs notamment via les médias
    Tenter de faire dialoguer des biologistes, éthologues, avec les médias, les éleveurs en vue de combattre la peur du loup
    Réduire dans un second temps les subventions pour ceux qui ne prennent pas de mesures
    - Interdire les tirs létaux : Bannir ces tirs létaux qui n’ont fait l’objet d’aucune validation scientifique :
    Consulter les scientifiques et experts
    Mettre en place si besoin des travaux de recherches
    Organiser des échanges entre scientifiques et parties prenantes

    - Procéder à des tirs d’effarouchement :
    Réaliser des tirs d’effarouchement en cas de rapprochement trop prononcé des loups aux troupeaux
    Mettre en place une procédure pour délivrer ce type de permis
    - Effectuer un travail de recherche scientifique et de modification sémantique si besoin :
    Bannir l’utilisation du terme « prélèvement », invention politique et qui porte à confusion dans l’esprit de la population
    Avoir une meilleure connaissance scientifique de la « meute » qui est surtout au total une famille de loups
    - Informer les éleveurs sur le surplus killing et travailler à sa prévention :
    Atténuer l’incompréhension des éleveurs, souvent issus de générations qui n’ont pas connu le retour du loup, et leur peur face aux massacres non consommés par les loups
    - Mieux contrôler les dépenses :
    Analyser les fonds alloués aux équipements de protection et évaluer leur rapport coût-bénéfice
    Étudier les coûts des initiatives locales comme les bergers d’appui et leur efficacité
    Évaluer les formations pour les bergers et l’éducation des chiens de protection
    Une enquête de la Cour des comptes devrait être réalisée pour mesurer le problème
    - Réorienter les financements actuellement consacrés aux tirs :
    Réorienter les financements vers la recherche en éthologie et des actions de prévention des attaques, en s’appuyant sur des études de plus de 20 ans
    Comprendre précisément l’éthologie des loups et le comportement des éleveurs reste essentiel pour proposer des solutions adaptées
    - Mieux gérer l’habitat : mise en place de corridors :
    Établir des corridors pour faciliter les déplacements des loups et réduire les conflits avec les activités humaines entre les départements et les pays voisins (Italie et Suisse
    Permettre au loup la reconquête des territoires
    - Mettre en place des zones tampons :
    Créer des zones tampons entre les habitats des loups et les zones d’élevage intensif.

    Les éleveurs, les éthologues, les scientifiques, les élus et la population devraient s’entretenir ensemble afin de vivre avec cet animal fascinant au lieu de le détruire. Il s’agit bien ici de l’abattre et non de le "prélever", un terme qui devrait être à bannir. Il existe des solutions, et nous ne devrions pas nous limiter aux approches typiquement occidentales. Sinon, acceptons qu’il y ait des impondérables. L’animal d’élevage est souvent vu par beaucoup d’éleveurs comme un objet ayant juste un prix. S’il est attaqué, il perd de sa valeur. Cependant, certains éleveurs, même avec de grands troupeaux, parviennent à protéger leur troupeau, prouvant que c’est possible.

    Le prisme occidental n’est peut-être pas la seule source d’inspiration qui pourrait entraîner une meilleure cohabitation loup/humains (en particulier éleveurs). Le loup ne peut être tenu pour responsable du déclin économique. Le fait de l’abattre ne devrait pas être perçu comme une stratégie pour obtenir des voix lors des élections.

    Dans de nombreuses cultures animistes, le loup est souvent perçu comme un guide spirituel et un protecteur. Il est respecté pour sa force, son intelligence et son esprit communautaire. Par exemple, dans certaines traditions amérindiennes, le loup est considéré comme un enseignant et un symbole de loyauté et de courage.

    Conclusion
    D’un côté, le loup étant au cœur de préoccupations politiques depuis l’établissement de la première prime en Grèce au VIe siècle avant J.C. par Solon, un changement de paradigme pourrait prendre beaucoup de temps. Mais, l’espèce n’aura pas le temps d’attendre après ces éventuels changements exclusivement humains.
    D’un autre côté, le public en général est favorable au loup. Lors de la dernière consultation publique sur le sujet, 95% des participants étaient contre les propositions des politiques visant à faciliter l’abattage des loups. Il est crucial de cesser de prendre en compte le lobbying de certains éleveurs qui cause des dégâts importants. La voix du public et des experts doit être entendue pour trouver des solutions équilibrées et durables.

    Enfin, il ne faut pas seulement prendre en compte la lutte pour le climat si médiatisée, mais aussi toute la biodiversité et la Terre dans son ensemble. Si nous rétablissons le climat mais que nous perdons des espèces animales, notamment les loups, les écosystèmes en seront tout de même très affaiblis. La biodiversité est essentielle pour la stabilité et la résilience des écosystèmes.

    L’abattage des loups n’est pas la solution, je suis totalement contre ce projet d’arrêté et tous les autres textes de la même veine qui ne font qu’entretenir un climat délétère, de meurtre et de destruction d’une espèce pourtant protégée ! Comment est-il envisageable de protéger une espèce et de la détruire dans le même temps ?

  •  Défavorable , le 18 décembre 2025 à 15h18
    Ne tuer pas nos loups ! Ne tuer pas nos renards ! Laisser la nature et nos animaux tel qui sont ! Svp !!! Stop laisser une belle planète à nos futurs enfants et petit enfant !
  •  Avis favorable, le 18 décembre 2025 à 15h17
    Avis favorable pour le maintien de la faune sauvage
  •  avis défavorable, le 18 décembre 2025 à 15h17
    Le projet d’arrêté ouvre la porte à la dégradation de la cohabitation entre élevage et loups : les mesures de protection (chien, clôture électrifiée, gardiennage,…) ne sont plus que recommandées, les autorisations individuelles ne sont plus nécessaires, etc. Un dispositif qui a fait ses preuves et commençait à être généralisé va progressivement être marginalisé. Le risque est fort de fragiliser gravement une espèce qui a un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes (régulation des populations de cervidés et de sangliers, contrôle des zoonoses, …) ; ironiquement, l’abaissement des protections mettra à risque les élevages (avec comme conséquence probable, un renforcement des prélèvements…). Ce projet est un coup porté à la cohabitation entre monde domestique et monde sauvage, qui de toute façon finira par advenir mais il faudra pour cela faire le choix d’une certaine complexité et du dialogue. Au lieu de cela, le projet aborde le sujet en termes simplistes et bureaucratiques, il porte une vision à court terme, avec un positionnement rétrograde (et sans doute démagogique)
  •  Défavorable en l’état, le 18 décembre 2025 à 15h16

    En tant que citoyen attentif aux enjeux de biodiversité, de coexistence avec les activités agricoles et de respect des engagements européens de la France, je souhaite exprimer un avis réservé et critique sur le projet d’arrêté soumis à consultation.

    1. Une transposition qui va au-delà du cadre européen
    Je rejoins l’analyse du Conseil national de la protection de la nature (CNPN), qui souligne que le reclassement du loup au titre de la directive Habitats ne saurait justifier un affaiblissement aussi marqué de son régime de protection.
    L’article 14 de la directive impose toujours que les mesures de gestion soient compatibles avec le maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable, ce que le projet d’arrêté ne démontre pas de manière suffisamment étayée.

    2. Une généralisation des tirs létaux insuffisamment encadrée
    La possibilité de recourir à des tirs létaux :
    sans obligation préalable de mise en œuvre de mesures de protection,
    sans démonstration systématique de la pression de prédation,
    et, dans de nombreux cas, sur simple déclaration, constitue une rupture importante avec la hiérarchie de gestion historiquement fondée sur la prévention.
    Comme le souligne le CNPN, cette évolution risque de banaliser le recours à la destruction du loup, au détriment des solutions de coexistence pourtant reconnues comme efficaces dans de nombreux territoires.

    3. Un risque réel pour l’état de conservation du loup
    Le maintien d’un plafond de destruction élevé (environ 19 à 21 % de la population estimée), combiné :
    aux tirs de défense,
    aux tirs de prélèvement,
    à la mortalité illégale et accidentelle, fait peser un risque cumulatif insuffisamment pris en compte. Les incertitudes qui demeurent sur les estimations de population et sur la dynamique des meutes devraient conduire à une approche plus prudente, conformément au principe de précaution.

    4. Une prise en compte insuffisante de l’écologie de l’espèce
    Le projet d’arrêté ne tient pas suffisamment compte :
    de la structure sociale des meutes,
    des effets contre-productifs que peuvent avoir certains tirs (désorganisation des groupes, augmentation de la prédation), et le tir d’individus n’ayant jamais causés de problèmes. C’est comme punir une classe toute entière parceque 1 personne fait du bruit…
    ni de la nécessité d’un suivi écologique territorialisé renforcé.
    Or, une gestion efficace du loup ne peut se faire sans une base scientifique solide et indépendante, comme le rappelle le CNPN.

    5. Des zonages et catégories trop larges
    Les dispositifs de zonage (cercles 0 à 3, zones difficilement protégeables) apparaissent :
    insuffisamment définis, trop extensifs, et insuffisamment réévalués dans le temps.
    Ils risquent d’aboutir à une extension mécanique des possibilités de tir, sans lien direct avec une pression de prédation objectivée.

    Conclusion et demandes
    En conséquence, je demande que le projet d’arrêté soit profondément révisé, afin notamment de :
    Rétablir une hiérarchie claire des actions, donnant la priorité aux mesures de prévention et de protection des troupeaux ;
    Conditionner strictement les tirs létaux à la mise en œuvre effective de mesures de protection et à une évaluation objective de la prédation ;
    Réduire ou moduler le plafond de prélèvement, en tenant compte des réalités écologiques locales ;
    Renforcer le suivi scientifique indépendant, notamment sur la structure des meutes et les impacts des tirs ;
    Garantir une protection renforcée dans les espaces naturels protégés, en cohérence avec leurs objectifs de conservation.

    Une gestion équilibrée du loup est possible, mais elle ne peut se faire au détriment des engagements de conservation de la France ni de la biodiversité, qui constitue un patrimoine commun.

  •  DEFAVORABLE, le 18 décembre 2025 à 15h15

    Cercles 0, 1, 2 : destruction possible sur déclaration ;
    - Cercle 3 : destruction possible sur autorisation individuelle à condition d’avoir mis en œuvre des tirs d’effarouchement et apporté des éléments permettant d’apprécier la pression de prédation.

    Le projet dispose que "Les tirs létaux seront désormais possibles en l’absence de mesures de protection (chien, clôture électrifiée ou gardiennage) pour l’ensemble des zones (cercles 0 à 3). Cependant, la mise en œuvre des mesures de protection reste encouragée. En particulier, le déploiement de ces mesures de protection bénéficiera, au-delà des effets directs de réduction de la prédation, aux éleveurs de troupeaux d’ovins ou caprins qui auront :
    - la possibilité d’une intervention des lieutenants de louveterie ou de la brigade mobile d’intervention en défense du troupeau (article 5) ;
    - la possibilité d’un tir de prélèvement si des dommages exceptionnels continuent d’être constatés malgré la mise en œuvre de tirs de défense (article 20) ;"

    Or, il s’agit de ne pas inverser la situation et de préserver le loup dans l’écosystème. (Par quels critères statue-t-on que le loup devient prédateur(. Or la destruction possible sur déclaration est ouvrir la boite de Pandore. Les brigades ne pourront alors qu’acter des tirs abusifs. L’intervention des lieutenants de louveterie devrait être systématique pour réguler, constater, vérifier, contrôler, statuer de la régularité de l’ampleur de la prédation et des tirs réalisés.

    Sincèrement
    Laurence

  •  Chasseur, le 18 décembre 2025 à 15h14
    Suite à la lecture du texte je suis favorable
  •  Défavorable , le 18 décembre 2025 à 15h11
    L’humain doit réapprendre à vivre avec les autres animaux non humains et laisser une part belle et nécessaire au sauvage.
  •  Avis favorable pour cet arrête , le 18 décembre 2025 à 15h11
    Je suis chasseur et constate d’année en années l’impact considérable sur la faune sauvage mouflons chevreuil chamois cerfs
  •  DEFAFORABLE, le 18 décembre 2025 à 15h11
    Le loup appartient à une espèce ("strictement") protégée. Son mauvais état de conservation et son utilité comme régulateur des écosystèmes le justifient. On peut constater que sa destruction n’apporte aucun bénéfice ni à la sauvegarde des troupeaux ni aux éleveurs qui ont surtout besoin de de mesures EFFICACES de protection, par ailleurs subventionnées. Toute l’énergie doit être engagée dans cette voie. Des tirs aveugles toute l’année (y compris pendant les périodes de reproduction) ne peuvent qu’aggraver la vulnérabilité de l’espèce, désorganiser les éco-systèmes … peut-être juste satisfaire les chasseurs. De contrôles fréquents exercés par les agents de l’OFB sont indispensables pour éviter toute dérive. Le respect des engagements internationaux en faveur de la biodiversité doivent être fixés au plus haut niveau et ne pas être remis en cause à chaque incident.
  •  Avis défavorable , le 18 décembre 2025 à 15h11

    Avis défavorable à ce projet de décret, car :

    - Les dispositions prévues viennent libéraliser outrageusement les tirs alors même que les estimations de la population en France pour les dernières années indiquent une stagnation du nombre de loups. L’étude récente publiée avant ce projet d’arrêté, réalisée par le CNRS, le Muséum et l’Office français de la biodiversité conclut à un risque net de baisse de la population si le niveau de destructions se maintien au niveau actuel. On peut donc redouter une baisse effective de la population avec une libéralisation insuffisamment encadrée des tirs.
    - Les dispositions prévues mettent les service déconcentrés de l’État dans l’incapacité de contrôler les tirs, ou de piloter le rythme et la priorisation de ceux-ci sur l’ensemble des territoires pastoraux concernés : le respect du plafond maximal de loups qu’il est possible d’abattre sera dans les faits impossible à assurer. Sans ces possibilités de contrôle, la France ne pourra garantir le maintien de l’état de conservation favorable de la population. Pour l’heure, l’état de conservation favorable du loup n’est atteint que dans la zone alpine.
    - Ces dispositions qui privilégient les possibilités de destruction sur l’usage des moyens de protection, y compris dans les zones de présence nouvelle du loup, tendent de fait à contenir géographiquement le loup dans l’arc alpin et vont directement à l’encontre de l’atteinte du bon état de conservation de l’espèce.
    - Les tirs du loup, espèce protégée, sont autorisés toute l’année, même en période de reproduction et d’élevage des petits, ce qui est pourtant interdit, même pour les espèces chassables.

  •  Loup comme tableau de gibier , le 18 décembre 2025 à 15h10
    Ce sera une très bonne avancée si cela passe