Plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes (Consultation terminée)
Consultation du 08/04/2026 au 29/04/2026 - 298 contributions
1. Contexte
Le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) est une espèce invasive originaire d’Asie du Sud-Est, introduite accidentellement en France en 2004 dans le Lot-et-Garonne. Une unique reine fécondée est à l’origine de sa diffusion progressive sur le territoire national, puis dans certains pays européens.
Depuis son introduction, l’espèce s’est rapidement propagée, jusqu’à atteindre la Hongrie en 2024. Elle est aujourd’hui présente dans l’ensemble des départements métropolitains.
La propagation rapide du frelon asiatique s’explique par plusieurs facteurs : une forte capacité de reproduction, un cycle biologique annuel produisant un grand nombre d’individus, des ressources alimentaires abondantes et l’absence de prédateurs naturels spécifiques.
Chaque colonie peut produire plusieurs centaines de fondatrices, contribuant à une progression estimée à environ 70 kilomètres par an, sur le territoire.
Prédateur opportuniste, le frelon asiatique s’attaque à une grande diversité d’insectes. En moyenne, près de 85 % de son alimentation est composée d’abeilles, de guêpes et de mouches, dont environ 40 % d’abeilles domestiques.
Compte tenu de son implantation désormais généralisée, l’éradication du frelon asiatique n’est plus envisageable avec les moyens actuels. La stratégie repose désormais sur la mise en place de moyens de lutte efficaces, afin de limiter ses impacts.
L’espèce est réglementée « espèce exotique envahissante » au niveau européen depuis 2016 ; des actions de gestion sont entreprises au regard de son expansion sur le territoire (piégeage des reines fondatrices et des ouvrières, destruction des nids, protection des ruches) et financées notamment par le Fonds Vert, ainsi que par certaines collectivités territoriales. Un plan de lutte a été mis en place en 2024 par les organismes à vocation sanitaire chargés de la santé végétale et de la santé animale (FREDON France et GDS France, regroupés en association – AFSE).
2. Contenu du plan
Pour amplifier l’action publique, conforter l’initiative précédente et coordonner les acteurs, le législateur a décidé, par la loi n°2025-237 du 14 mars 2025 (adoptée à l’unanimité) visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole, l’adoption d’un plan national de lutte contre le frelon asiatique. Il s’agit du premier plan de lutte contre une espèce exotique envahissante prévu par la loi, signe de l’impact de cette espèce sur le territoire national. Cette loi prévoit également un dispositif d’indemnisation des apiculteurs, distinct du plan national.
D’une durée de 6 ans renouvelable, le plan qui vous est présenté est structuré en 3 axes majeurs :
1. Recherche et communication
2. Organisation de la lutte
3. Gouvernance
Ces axes regroupent 8 actions, notamment :
• la coordination des acteurs (action 7)
• des mesures de gestion (destruction des populations de frelons et protection des ruches) adaptées aux situations locales (action 5)
• le soutien et le développement de la recherche fondamentale et appliquée (actions 1 et 2)
• une classification des départements en fonction du niveau de présence du frelon et la réalisation des plans départementaux (actions 4 et 8)
• des actions de communication auprès de différents acteurs (action 3)
Ce plan sera décliné au niveau départemental dans les 6 mois après son adoption afin d’apporter des solutions au plus près des enjeux de chacun des territoires.
Le projet de plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes repose sur un financement structuré et partagé (action 6) entre l’État, les collectivités territoriales et les acteurs socio-économiques et sanitaires concernés, afin de garantir une réponse coordonnée répondant aux besoins des territoires.
3. Étapes de consultation
L’élaboration du plan a été réalisée en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés : ministère de l’agriculture, acteurs apicoles, organismes à vocation sanitaire, unités de recherche, …
Le plan est soumis, au regard des dispositions prévues dans le décret d’application de la loi du 14 mars 2025, à un avis simple du Conseil National de la Protection de la Nature (ministère en charge de la transition écologique) et du Conseil National d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale (ministère en charge de l’agriculture). La présente consultation du public est réalisée en parallèle.
Le plan sera adopté, ensuite, par publication au Journal Officiel, d’un arrêté interministériel, portant approbation du plan.
Commentaires
1/ Ce plan est insuffisant au niveau de son budget lorsque l’on divise le montant par le nombre de départements la somme est ridicule.
2/ Il ne contient aucune proposition concernant l’aide aux apiculteurs pour la protection des ruchers.
3/ Il sera sans effet.
M. Aletru
Pour faire suite à votre demande.
Il faudrait que les GDS prennent à leur compte la sensibilisation au phénomène du frelon asiatique (réunions publiques, débats, etc) ainsi que le piégeage de printemps.
Concernant la lutte, des syndicats ont sollicité les agglos pour se faire payer le matériel et desinsectisent à moindre coût (60 à 110 euros). Ça doit pouvoir être applicable à tous les départements.
Il est utopique de croire que les collectivités publiques vont financer la destruction des nids. C’est pourtant la tendance (les Gds sollicitent les agglos en ce sens) et ca ne va pas dans la bonne direction car il y a aussi les chenilles processionnaires, la renouée du Japon, l’écrevisse américaine….et la liste est longue.
A mon sens il est urgent déjà de plafonner les interventions des désinsectiseurs privés et des apiculteurs qui possèdent le certibiocide. Ce serait un premier pas si vous y arrivez au plan national.
Ensuite c’est aux mairies ou aux agglos de financer une partie de la destruction dans la mesure de leurs capacités (ça se pratique déjà).
Pour résumer :
- Plafonner les coûts au niveau national pour tous les désinsectiseurs vu la menace.
Gds prend en charge le piégeage et la communication
Éventuellement faire un forfait annuel avec les agglos ou les mairies pour X nids détruits, et non plus payer à l’unité.
Prise en charge des consommables par chaque municipalité (à développer).
Si vous souhaitez développer par téléphone je reste disponible 0630612571. Je vous avais déjà fait remonter le problème des cotisants solidaires avec la Msa. Bien cordialement Richard Faure
.
1/ le niveau du budget alloué à ce plan est insuffisant.
Lorsque l’on divise le montant par le nombre de départements la somme est ridicule.
2/ Il ne contient aucune proposition concernant l’aide aux apiculteurs pour la protection des ruchers, ce qui est primordial .
3/ Il sera sans effet .
Ce plan d’action a le mérite d’exister, c’est sa seule qualité. Le développement de moyens de lutte efficaces va couter beaucoup plus (études sur les phéromones, élimination séléctive,…). Ces sujets sont des sujets de recherche pointus qui impliquent des laboratoires et des chercheurs, couteux. Se limiter à sponsoriser partiellement le piègeage c’est vider la mer avec une petite cuillère.
L’absence de contrôle des matériaux qui rentrent dans notre pays va multiplier ces menaces pour notre bio diversité. Il faut un plan d’action transposable à tous ces risques biologiques émérgeants (cf. politique australienne).
Ras le bol des traitements symptomatiques sans s’occuper des réelles causes.
Sans plans ambitieux, on n’ira nulle part. Faire a minima pour dire qu’on fait quelque chose c’est hypocrite et inéfficace.
Tant qu’il n’y aura pas d’atteinte directe à la population, rien de sérieux ne sera fait…Et là, il sera trop tard, le FA se sera adapté…
C’est consternant ce manque de vision stratégique.
CM.
Trois lacunes majeures qui limitent sérieusement la portée !
1) Le budget est sans rapport avec l’enjeu. Le frelon coûte déjà près de 12 millions d’euros par an à la filière apicole selon les estimations du plan lui-même. Ramené à 101 départements, tout financement inférieur à cette réalité est structurellement insuffisant. Renvoyer la question à une future cartographie des financements n’est pas une réponse.
2) Le plan ne prévoit aucune aide concrète aux apiculteurs pour protéger leurs exploitations (pièges, dispositifs physiques, accompagnement technique) !
L’indemnisation prévue par la loi intervient après la perte, pourquoi ne pas agir avant?
3) Les plans départementaux risquent de rester des documents sans effet si aucun plancher financier, ni exigence minimale ne leur est imposé au niveau national.
Tel qu’il est rédigé, ce plan ne sera pas à la hauteur de la problématique !
Un renforcement des moyens avant adoption est à prévoir