Projet d’arrêté fixant la typologie de haies utilisée pour l’application du régime unique de la haie
Cet arrêté est pris en application du 2° de l’article L. 412-27 du code de l’environnement, issu de l’article 37 de la loi n°2025-268 du 24 mars 2025 d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture.
Consultation du 16/01/2026 au 06/02/2026 - 2056 contributions
Commentaires
Classifier un éco-complexe qui est la haie en 3 classes arbitraires et en mettant en place des compensations sous évaluer sur les milieux spécifiques.
l’analyse et la lecture doit se faire pour faire les points de vigilance sur les haies basses.
Typologie trop simpliste, et ne correspond pas au besoin de terrain notamment en matiere de police.
Avec une typologie comment prendre en compte dans une haie basse de 100 mètres le seul arbre séculaire du linéaire.
Outil qui manque de rigueur technique et va contribuer à favoriser les arrachages notamment avec la PAC et les autorisation de déplacement de haie.
Avis défavorable :
La typologie des haies (buissonnantes, arbustives, arborées) apparaît insuffisante pour en évaluer la valeur écologique. La notice accompagnant l’arrêté semble pourtant indiquer qu’elle serait utilisée seule pour associer les haies à des cortèges d’espèces protégées et déterminer des éléments majeurs de l’instruction des dossiers : type de Dérogation Espèces Protégées (DEP) et coefficient de compensation en cas de destruction.
Une approche fondée uniquement sur cette typologie comporte des risques importants : sous-évaluation de haies basses abritant des espèces protégées menacées, non-prise en compte de haies caractéristiques de milieux spécifiques (littoral, zones sèches ou humides), et négligence d’éléments associés (talus, mares, murets), souvent déterminants pour certains taxons. Et enfin, la définition de la ripisylve est également à compléter.
L’utilité des haies, y compris pour les cultures agricoles, n’est plus à prouver.
Quelles sont les intentions de l’Etat quant à la prise en compte des nombreuses remarques et réserves adressées dans le cadre de la consultation de décembre dernier sur le projet de décret relatif à la destruction des haies? Quels sont les motifs de la décision pour vérifier l’adéquation de ce projet d’arrêté avec les dispositions du décret?
L’avis du Conseil national de protection de la nature sur ce projet d’arrêté est un avis défavorable à la majorité au projet de décret. Or, l’avis de l’instance n’est pas joint à la consultation.
La note de présentation du projet d’arrêté fait référence à des travaux non publiés de l’Office français de la biodiversité (OFB) et d’une étude naturaliste réalisée par un bureau d’étude spécialisé. Pourquoi?
La diversité du vivant ne se laisse pas facilement enfermer dans des cases à cocher et dans un tableau.
Les haies situées en bordure d’hydrosystèmes peuvent avoir des fonctions particulièrement importantes dans le cycle de l’eau et protéger des inondations.
Ce projet d’arrêté crée une insécurité juridique et un risque pénal à l’égard du titulaire de l’autorisation de la destruction de haies en cas d’omission d’espèces protégées. Ne pas soumettre ces autorisations de destruction de haies à un inventaire faune / flore / fonctionnalités écologiques en bonne et due forme conduira forcément à des altérations et destructions d’habitats et de spécimens d’espèces protégées, mais également à des compensations des destructions de haies sous-estimées. L’objectif énoncé dans la note de présentation du décret de « renforcer la préservation des haies » et de « mettre un coup d’arrêt » à la tendance de la perte de linéaire de haie sera totalement raté.
Les vraies intentions de l’exécutif sont-elles de sacrifier un environnement sain et une biodiversité fonctionnelle pour tout.e.s pour servir les revendications de catégories professionnelles aux visions de court-terme?
Ce projet d’arrêté ne prend que très insuffisamment en compte la capacité de renouvellement des haies, notamment dans un contexte de bouleversement climatique qui le rend très difficile, ni la continuité de zones-refuges pour la faune sur les secteurs concernés par les exploitations.
Stop à la destruction de notre territoire et de son équilibre !