Projet d’arrêté portant modification de l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection (Grand tétras)

Consultation du 15/07/2026 au 04/08/2026 - 9398 contributions

Introduction :

Le Grand tétras (Tetrao urogallus) est un oiseau sédentaire qui figure parmi les espèces énumérées à la partie B de l’annexe II de la directive du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages et est mentionné dans l’arrêté du 26 juin 1987 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée. En vertu de l’article D. 425-20-1 du code de l’environnement, le Grand tétras est soumis, depuis la saison cynégétique 2021-2022, au régime de la gestion adaptative des espèces. Il devra donc être supprimé du 1° de l’article D. 425-20-1 du code de l’environnement.

En l’espèce, le projet d’arrêté propose de modifier l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection afin d’ajouter cette espèce.

Ce projet d’arrêté va donc plus loin, en termes de protection des espèces concernées, que le moratoire préconisé par le Conseil d’Etat en 2022 pour le grand tétras et qui expirera le 18 septembre 2027.

Contexte :

Par une décision du 1er juin 2022, le Conseil d’Etat a enjoint le ministre chargé de la chasse de prendre un arrêté suspendant la chasse du Grand tétras sur l’ensemble du territoire métropolitain de la France pour une durée de cinq ans. Cette décision a été prise eu égard à la gravité de la situation de cette espèce, en mauvais état de conservation, afin de respecter les obligations qui découlent des objectifs de la directive 2009/147/CE concernant la conservation des oiseaux sauvages.

Pour la saison de chasse 2021-2022, la chasse du grand tétras n’a été autorisée dans aucun des six départements concernés. En effet, les arrêtés préfectoraux correspondants avaient fixé à zéro le quota des prélèvements autorisés. Cependant, le Conseil d’Etat a estimé que les mesures prises localement par les préfets dans le cadre de la gestion adaptative pour la saison cynégétique 2021-2022 n’avaient « par leur portée et leur durée, pas le même effet que la mesure de suspension susceptible d’être prise par le ministre chargé de la chasse sur le fondement de l’article R.424-14 du code de l’environnement ».

Le Conseil d’Etat avait indiqué que : « compte tenu de la situation de l’espèce et dans l’attente d’éventuelles données nouvelles sur l’évolution de son état de conservation, il s’avère que la chasse du Grand tétras n’est pas compatible avec le maintien de l’espèce et qu’il est nécessaire de la suspendre sur l’ensemble du territoire métropolitain de la France pendant une durée suffisante pour permettre la reconstitution de l’espèce dans les différents sites de son aire de distribution ».

Le Conseil d’État avait précisé toutefois que : « Une telle mesure pourra, le cas échéant, être abrogée avant son terme si de nouvelles données rendent compte d’une évolution suffisamment favorable de l’état de conservation du Grand tétras. ».

Il avait été donc proposé, en application de l’article R. 424-14 du code de l’environnement, de suspendre par arrêté ministériel la chasse du Grand tétras sur l’ensemble du territoire métropolitain pour une durée de cinq ans à compter de son entrée en vigueur. L’arrêté du 1er septembre 2022 suspendant la chasse du Grand tétras en France métropolitaine pour une durée de cinq ans avait tiré les conséquences de cette décision (cet arrêté était entré en vigueur le 18 septembre 2022).

Il est à préciser également que le Grand tétras est déjà protégé dans l’Est de la France (anciennes régions Alsace, Franche-Comté, Lorraine et Rhône-Alpes). Cette protection ne s’étend toutefois à l’ensemble du territoire.
L’espèce bénéficie également d’une stratégie nationale de conservation, déclinée dans les Pyrénées par l’Observatoire des Galliformes de Montagne (OGM), associant l’ensemble des parties prenantes (État, Office national des forêts, Office français de la biodiversité, collectivités, acteurs pastoraux, stations de ski, fédérations de chasse, associations, etc.). Une nouvelle stratégie est actuellement en cours de rédaction.

Contenu du texte :

L’article 1er du projet d’arrêté modifie l’article 3 de l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Dorénavant, l’article 3 comportera, à côté du lagopède alpin, l’espèce suivante :
« Phasianidés (Galliformes)
«  Grand tétras (Tetrao urogallus).

En outre, l’article 2 du projet d’arrêté précise, par coordination, que l’article 2 de l’arrêté du 29 octobre 2009 relatif à la protection et à la commercialisation de certaines espèces d’oiseaux sur le territoire national est abrogé.

Cet article 2 de l’arrêté du 29 octobre 2009 relatif à la protection et à la commercialisation de certaines espèces d’oiseaux sur le territoire national prévoyait une protection spéciale du Grand tétras sur le territoire des régions Alsace, Franche-Comté, Lorraine et Rhône-Alpes.

L’article 3 procède au retrait du Grand tétras de la liste espèces chassables.

L’article 4 abroge l’arrêté du 1er septembre 2022 suspendant la chasse du Grand tétras en France métropolitaine pour une durée de cinq ans.

Consultations obligatoires :

Le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage, lors de sa séance dématérialisée du 18 avril 2026, a émis un avis majoritairement défavorable (58,62 %) sur les projets de texte du Gouvernement et notamment sur le retrait du Grand tétras de la liste des espèces dont la chasse est autorisée.

Le projet d’arrêté nécessite également un examen par le Conseil national de protection de la nature, qui a rendu le 8 juillet 2026 un avis favorable à l’unanimité. L’avis sera joint à la consultation du public lorsqu’il sera disponible.

Le texte présente également un d’impact sur l’environnement et nécessite donc à ce titre une consultation du public conformément aux dispositions de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement.

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Commentaires

  •  Grand tétras, le 29 juillet 2026 à 17h23
    Entièrement favorable à la protection de cet oiseau qui risque de disparaître si son continue à détruire son habitat.
  •  Preservation du grand tétra, le 29 juillet 2026 à 17h17
    Je suis d’accord pour que l’on protège cet oiseau
  •  Avis favorable - Préservons notre patrimoine, protégeons le grand tétra , le 29 juillet 2026 à 17h16
    Le Grand tétra disparait petit à petit de nos massifs forestiers. Il faut tout mettre en œuvre pour le protéger et chaque individu compte. Dans les Vosges et le Jura il n,’en reste presque plus. Dans les Pyrennés, ils sont plus nombreux mais la population décroit rapidement et il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.
  •  Avis favorable, le 29 juillet 2026 à 17h03
    Je suis favorable au projet d’arrêté visant à inscrire le Grand Tétras parmi les espèces protégées. Il est triste de constater qu’en 2026 il faut qu’un animal disparaisse pour qu’on se préoccupe de son sort !
  •  avis favorable, le 29 juillet 2026 à 16h49
    Le grand tétras doit être inscrit sur la liste des espèces protégés et les zones où il vit encore doivent bénéficier de mesures efficaces pour assurer sa survie et sa tranquillité. Sa chasse doit bien sur être définitivement interdite, çà devrait être évident pour tout le monde !
  •  Le grand Tetras, le 29 juillet 2026 à 16h47
    Le Grand Tétras présente un état de conservation particulièrement préoccupant, qui justifie pleinement son inscription parmi les espèces protégées.
  •  Avis favorable, le 29 juillet 2026 à 16h43
    C’est une espèce qui devrait être protégée depuis longtemps au vu de l’état de ses populations. La dégradation et la fragmentation de son habitat ont déjà un rôle important dans leur réduction drastique, faisons en sorte que la chasse n’en ait plus un.
  •  Avis défavorable., le 29 juillet 2026 à 16h43
    Manque réel de connaissance de la faune.
  •  Avis favorable au classement du grand tetras sur la liste des espèces menacées et donc interdit à la chasse, le 29 juillet 2026 à 16h39
    Comme il est déplorable de devoir attendre qu’une espèce soit en grand danger pour prendre la décision d’enfin la protèger ! Quel gachis !
  •  Avis favorable, le 29 juillet 2026 à 16h34
    Avis très favorable à l’inscription du Grand Tétras sur la liste des oiseaux protégés. L’état des populations en France qui ne fait que se dégrader justifie totalement ce classement. L’avenir de l’espèce est très sombre dans les Vosges et le Jura. Il est essentiel de tout mettre en oeuvre pour essayer ce déclin.
  •  Favorable, le 29 juillet 2026 à 16h29
    Il est indispensable d’inscrire le Grand Tétras sur la liste des espèces protégées et d’en interdire la chasse. Il faut de plus respecter son territoire de nidification c ar c’est un oiseaux très sensible aux perturbations environnementales
  •  Avis défavorable pour retirer définitivement cette espèce de la liste des espèces de gibier afin de la classer parmi les espèces protégées., le 29 juillet 2026 à 16h27
    On n’en peut plus de ces protecteurs de la nature qui ne viennent en montagne que 8 jours /an … et encore !!!! Ils feraient bien d’être plus actif quand les incendies font rages !!
  •  Avis favorable, le 29 juillet 2026 à 16h25
    Le Grand Tétras est un oiseau particulièrement sensible aux dérangements, en particulier à l’impact des activités humaines dans les territoires qu’il occupe et donc à la chasse. Il a quasiment disparu des Vosges où j’habite. L’inscrire sur la liste des espèces protégées est indispensable pour le maintien des populations actuelles.
  •  AVIS FAVORABLE POUR LA PROTECTION DEFINITIVE DU GRAND TETRAS, le 29 juillet 2026 à 16h24
    Michel Munier, père du grand photographe animalier Vincent Munier est un fervent défenseur des vieilles forêts des Vosges. Dès les années 1970, il a arpenté le massif par tous les temps et fait la rencontre déterminante d’un oiseau rare, le Grand Tétras, aux mœurs discrètes et mystérieuses. Huit cents nuits d’affût pour vivre des instants de grâce et de beauté… "Si toutes les bêtes de ce monde ont enchanté mon existence, l’une d’entre elles en particulier m’a conduit sur un chemin d’éveil à l’intelligence de la forêt : le Grand Tétras." Michel Munier
  •  Avis défavorable, le 29 juillet 2026 à 16h12
    Il faut chercher les vrais responsables de la baisse du grand tetras.
  •  Protection des grands Tétras , le 29 juillet 2026 à 16h06
    Je joins à l’ avis favorable à la protection des grands Tétras et à leur sortie définitive des espèces chassable en France métropolitaine. Il est indispensable que ses écosystèmes soient également protègés afin de leur permettre de vivre et prospèrer comme tout être vivant. J’ espère que l’ ambition protectrice de l’ environnement de l’ Etat ne faibliera pas.
  •  Avis très favorable au retrait du Grand Tétras de la liste des espèces chassables , le 29 juillet 2026 à 16h05
    Cette espèce fait partie de notre histoire et patrimoine. Elle est devenue trop fragile pour laisser la possibilité de la chasser aujourd’hui ou demain. Sa préservation va devenir de plus en plus dur avec le dérèglement climatique. Aucune pression supplémentaire sur sa population française n’est justifiable. La chasser accélèrerait sa disparition et empêcherait à terme TOUS les humains et TOUTE la nature de profiter du Grand Tétras.
  •  motion , le 29 juillet 2026 à 15h55
    Je suis opposé au projet de loi mettant fin à la chasse de ce gibier dont les causes du manque d’effectif n’est pas lié principalement à la chasse.
  •  Avis défavorable, le 29 juillet 2026 à 15h53
    Cet oiseau a besoin de reconstituer ses forces, de se "réarmer" comme dirait quelqu’un.
  •  Avis défavorable, le 29 juillet 2026 à 15h51

    1. Le Gouvernement va bien au-delà de ce qu’exige la protection de l’espèce et méconnaît le principe de gestion adaptative :

    Aujourd’hui, le grand tétras n’est déjà plus chassé sur l’ensemble du territoire national en raison du moratoire instauré en 2022.

    Dans sa décision du 1er juin 2022 (CE, 1er juin 2022, n° 453232), le Conseil d’État n’a jamais demandé le retrait du grand tétras de la liste des espèces de gibier, ni son classement parmi les espèces protégées.

    Au contraire, le même jour, dans une autre décision (CE, 1er juin 2022, n° 445616), le Conseil d’État a expressément validé le principe de la gestion adaptative, instauré par la loi du 24 juillet 2019.

    Ce dispositif repose sur une idée simple : les modalités de gestion d’une espèce doivent évoluer en fonction de son état de conservation et des connaissances scientifiques disponibles.

    Il ressort de cette jurisprudence que, lorsqu’un doute subsiste sur l’état de conservation d’une espèce, la réponse appropriée consiste à suspendre temporairement les prélèvements afin de poursuivre l’acquisition de nouvelles connaissances scientifiques, et non à retirer définitivement l’espèce de la liste des espèces de gibier ou à lui conférer un statut de protection intégrale.

    Le moratoire instauré en 2022 pourrait ainsi parfaitement être reconduit pour une nouvelle période, le temps de compléter les suivis scientifiques et de réévaluer la situation du grand tétras, conformément à la logique de gestion adaptative voulue par le législateur et validée par le Conseil d’État.

    Une espèce inscrite sur la liste des espèces de gibier n’est pas nécessairement chassée.

    2. La chasse n’est pas responsable du déclin du grand tétras :

    Les principales causes identifiées de diminution des populations de grand tétras sont notamment :
    - la modification, la fragmentation et la dégradation des habitats ;
    - la fermeture progressive des milieux forestiers ;
    - les dérangements liés aux activités humaines (tourisme, loisirs de montagne, fréquentation des espaces naturels) ;
    - les collisions avec les infrastructures (câbles de remontées mécaniques, lignes électriques, clôtures…).
    - la chasse n’est pas identifiée comme la cause du déclin.

    D’ailleurs, dans plusieurs massifs où toute chasse est interdite depuis de nombreuses années, notamment dans les Vosges ou le Jura, les populations ne se portent pas mieux voire elles ont quasiment disparue.

    Plus personne ne s’en occupent dans ces massifs !

    Supprimer définitivement la possibilité de chasser cette espèce ne répond donc à aucune des causes réelles de son déclin.

    Ce projet n’apportera aucun bénéfice concret à la conservation du grand tétras bien au contraire.

    3. Les chasseurs sont des acteurs majeurs de la conservation du grand tétras :

    Contrairement à une idée souvent véhiculée, les chasseurs ne se limitent pas aux prélèvements. Depuis plusieurs décennies, les fédérations départementales des chasseurs participent activement et à leurs frais :

    aux comptages des populations ;
    · aux suivis scientifiques ;
    · à l’acquisition de connaissances ;
    · aux opérations d’amélioration des habitats ;
    · à la réouverture des milieux ;
    · aux actions de lutte contre les causes de mortalité (collisions, dérangement…) ;
    · à la réintroduction d’espèces associées ;
    · à des programmes scientifiques.