Projet d’arrêté modifiant l’arrêté modifié du 17 janvier 2019 relatif au régime national de gestion pour la pêche professionnelle de bar européen (Dicentrarchus labrax) dans le golfe de Gascogne (divisions CIEM VIII a, b) modifié

Consultation du 05/06/2026 au 25/06/2026 - 2 contributions

Le bar du golfe de Gascogne est un stock d’importance majeure pour les flottilles françaises.
Son état est évalué annuellement par le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), dont les avis font référence en la matière.
Les derniers avis scientifiques publiés attestent du bon rétablissement de ce stock, considéré en bon état par le CIEM. Les possibilités de pêche ont donc connu des hausses successives ces dernières années. Le dernier avis publié en 2025 indique que :
« de l’application du plan pluriannuel (PPA) de l’UE pour les eaux occidentales et adjacentes, les prélèvements totaux en 2026 correspondant aux fourchettes F du plan se situent entre 6 423 tonnes et 7 618 tonnes. Ce chiffre s’applique à la somme des captures commerciales et récréatives (en tenant compte de la survie des poissons relâchés). Une partie des captures du stock de bar du golfe de Gascogne est prélevée dans les divisions 4.b–c et 7.a.d–h, où elle se mélange au stock local. »
L’avis publié en 2025 pour 2026 par le CIEM conclut à une potentielle forte hausse de l’avis au regard de la croissance significative de la biomasse féconde. Une hausse du plafond de captures de +144 % était envisageable sur la base de cet avis. Toutefois, les avis scientifiques soulignent également une légère baisse du recrutement au cours des dernières années, ce qui a invité à la prudence dans la fixation du plafond annuel dont la hausse n’a été retenu qu’à hauteur de 35 % pour la pêche professionnelle.
Ces avis ont vocation à guider l’établissement des possibilités de pêche au niveau européen. En effet, si le bar sud est soumis à une gestion nationale et non à un encadrement européen traditionnel, il fait néanmoins l’objet de discussions dans le cadre du Conseil des ministres européens qui se tient chaque année au mois de décembre.
Les conclusions de ces négociations sont ensuite inscrites dans le droit français.
Objectifs de l’arrêté
L’arrêté du 17 janvier 2019 modifié susmentionné crée un régime national de gestion pour la pêcherie de bar dans le golfe de Gascogne (zones CIEM VIII a et b).
Cet arrêté prévoit les mesures de gestion suivantes :
• La taille minimale de capture du bar sud, fixée à 40cm,
• La limitation annuelle de débarquement pour l’ensemble des navires de pêche professionnelle battant pavillon français et pêchant du bar dans les divisions CIEM VIIIa et VIIIb, pour chaque année civile de gestion, ainsi que les dispositions de son suivi par l’administration.
Pour l’année 2026, cette limitation nationale de débarquement est fixée à 2 780 tonnes.
Dès lors, l’arrêté soumis à la consultation du public adapte l’article 2 de l’arrêté du 17 janvier 2019, afin de refléter ce volume dans le droit français.

Consultation en application de l’article L. 914-3 du code rural et de la pêche maritime

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Commentaires

  •  Defavorable, le 23 juin 2026 à 09h28

    Je suis défavorable à cette augmentation du quota de capture du bar dans le golfe de Gascogne. Bien que le stock soit actuellement considéré en bon état, les avis scientifiques soulignent une baisse du recrutement ces dernières années, ce qui montre que sa situation reste fragile. Augmenter les captures de 35 % paraît prématuré alors que les effets du changement climatique sur les écosystèmes marins sont encore difficiles à anticiper.

    Le bon état actuel du stock est le résultat d’années d’efforts de gestion et de limitation de la pêche. Il serait regrettable de compromettre ces progrès en augmentant trop rapidement la pression de pêche. Le principe de précaution devrait prévaloir afin de garantir le renouvellement naturel de la population de bars et de préserver cette ressource pour les générations futures.

    Je demande donc le maintien d’un encadrement plus strict des captures et une réévaluation de la situation dans les prochaines années à la lumière des nouvelles données scientifiques.

  •  Association des ligneurs de la pointe de Bretagne - Réponse à la consultation du public sur le projet d’arrêté modifiant l’arrêté modifié du 17 janvier 2019 relatif au régime national de gestion pour la pêche professionnelle de bar européen (Dicentrarchus labrax) dans le golfe de Gascogne (divisions CIEM VIII a, b) modifié, le 16 juin 2026 à 15h32

    Le 15 juin 2025

    L’association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne œuvre depuis plus de 30 ans pour soutenir l’activité de ses membres, pêcheurs professionnels pratiquant les métiers de la ligne et de la palangre. Cela passe par la défense de notre métier et par l’organisation et le déploiement d’un système d’étiquetage des poissons au moyen de différentes étiquettes « Poisson de Ligne de la Pointe de Bretagne », selon les espèces comme le bar, le lieu jaune, les dorades etc.

    Les ligneurs représentent un des piliers de l’identité maritime de la Bretagne, avec les ligneurs de Guérande, d’Ouessant, des Glénan ou de la rade de Brest, par exemple. Pratiquant des techniques de pêche ultra-sélectives et respectueuses de l’environnement marin, ils perpétuent un ensemble de techniques traditionnelles et sont une pièce maîtresse de la filière pêche française grâce à leurs nombreux atouts : respect de l’environnement, qualité du produit, modèle socio-économique vertueux.
    Nos adhérents se sont battus avec acharnement pendant de nombreuses années pour que la pêche du bar soit gérée de façon durable, autant sur le plan écologique que sur le plan socio-économique. Cela veut dire faire en sorte que la ressource de bar soit gérée durablement et profite en priorité à une pêche artisanale, respectueuse du milieu et de la ressource. Malheureusement notre combat a été vain et en 2016 l’effondrement du stock de bar dans la zone Nord du fait de la grave surpêche réalisée par les chalutiers pélagiques sur les frayères de la Manche a eu des conséquences écologiques et socio-économiques dramatiques.

    Le bar du golfe de Gascogne quant à lui n’a pas été la cible de la même surpêche que dans la Manche, et son niveau d’exploitation est resté « relativement stable » au cours des 25 dernières années, oscillant entre 1769 tonnes (2022) et 2814 tonnes (2005) pour la production issue de la pêche professionnelle française.

    Suite à la crise du bar en zone nord, et aux mesures drastiques prises par l’Union Européenne, la France a mis en place un régime de gestion du bar dans le golfe de Gascogne à partir de 2017, fixant notamment un plafond annuel de captures de bar par la pêche professionnelle et des limites quotidiennes de bar par la plaisance.
    Malgré cette relative stabilité, et contrairement à ce qu’affirme le texte de la consultation publique (« Les possibilités de pêche ont donc connu des hausses successives ces dernières années. »), les avis scientifiques du CIEM sur le bar du golfe de Gascogne et le plafond annuel pour la pêche professionnelle française ont fortement varié depuis 2017, avec notamment une baisse significative en 2024 et 2025.

    L’avis scientifique de 2025 pour le bar a fait l’effet d’une bombe parmi les pêcheurs. En effet, le CIEM recommandait d’augmenter massivement les plafonds de captures de bar en 2026 à 7 618 tonnes dans le golfe de Gascogne ! Dans le golfe de Gascogne, cela représente 5 000 tonnes de plus qu’en 2025 (avis CIEM 2025 : 2631 tonnes), soit un avis qui passe du simple au triple en un an !

    Un tel écart dans les résultats de l’évaluation scientifique nous laisse perplexe : d’après les scientifiques, la biomasse de géniteurs serait passée « d’un coup » de 15 kT en 2025 à 30 kT en 2026 … !
    JAMAIS depuis le début des statistiques de pêche, bien avant toute forme de gestion du bar, un tel niveau de prélèvement n’a été atteint !
    ◦ Entre 1985 et 2025, c’est une moyenne de 3 000 tonnes capturées.
    ◦ Entre 2010 et 2016, incluant les estimations des captures de la plaisance, c’est une moyenne de 3 882 tonnes capturées
    ◦ Entre 2017 et 2024, début des mesures de gestion du bar, c’est une moyenne de 3 300 tonnes capturées incluant les estimations des captures de la plaisance
    Les deux plus grosses années, 2011 et 2014, culminent respectivement à 4 287 et 4118 tonnes, soit plus de 3 000 tonnes en deçà de l’avis scientifique pour 2026 !

    Encore plus dramatique, entre 2017 et 2024, les captures professionnelles sont restées inférieures au plafond de capture autorisé 5 années sur 8. En 2023, les professionnels français ont capturé 1 919 tonnes pour un plafond autorisé de 2 634 tonnes soit 27 % de moins ! Rien que l’an dernier, en 2025, les pêcheurs français ont débarqué 1828 tonnes de bar, pour un plafond fixé à 1938 tonnes, le plus bas jamais fixé depuis 2017… soit 6 % en dessous de cette limite.

    Ces éléments ajoutés à une perception des ligneurs (seuls pêcheurs qui ciblent toute l’année cette espèce et en ont une connaissance très approfondie) plutôt moyenne sur l’état du stock nous font craindre une véritable catastrophe dans les prochaines années si cet avis devait être suivi.

    Le plafond proposé dans l’arrêté soumis à consultation est heureusement largement inférieur aux « préconisations » du CIEM, lesquelles n’auraient de toute façon jamais pu être réalisée… Nous redoutons cependant qu’une telle augmentation du plafond et donc de l’effort de pêche n’entraîne des conséquences à long terme… A la pêche, il est très facile de pêcher plus… Il est par contre très difficile de revenir en arrière. Merlu, cabillaud, anchois, bar, lieu jaune… le souvenir de près de 50 ans de politique commune des pêches, de surpêche et de plans de sortie de flotte semble s’évanouir à la première « embellie ».

    Compte tenu de ce contexte, une augmentation du plafond à 2780 tonnes soit +43 % semble largement déraisonnable. La Commission Européenne applique systématiquement une baisse de quota « de précaution » de 20 % dans ses propositions de quotas pour les stocks à données limitées, une augmentation du plafond suivant le même principe aurait été plus cohérent.