Projet d’arrêté encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison cynégétique 2026-2027

Consultation du 30/07/2026 au 19/08/2026 - 8182 contributions

Contexte

Dans le cadre de sa politique de protection de la biodiversité et en application de la directive 2009/147/CE relative à la conservation des oiseaux sauvages, la France poursuit l’adaptation de ses règles de chasse aux exigences de conservation fixées à l’échelle européenne. Ces ajustements répondent aux recommandations formulées par la Commission européenne et les groupes d’expertise associés, notamment le groupe NADEG (Nature Directives Expert Group), chargé du suivi de la mise en œuvre des directives "Oiseaux" et "Habitats".

Le 3 novembre 2024, la Commission européenne a rappelé la nécessité de renforcer les mesures de protection de plusieurs espèces d’oiseaux en mauvais état de conservation, recommandant la suspension ou la forte limitation de leur chasse, notamment dans les États membres, dont la France. En réponse, les autorités françaises ont engagé une révision de leurs dispositifs réglementaires.

Parmi les espèces concernées figure le fuligule milouin (Aythya ferina), dont l’état de conservation demeure préoccupant au niveau européen. Dans ce contexte, les autorités françaises ont décidé de soumettre sa chasse à un encadrement renforcé, fondé sur une approche de gestion adaptative visant à concilier les usages cynégétiques avec les impératifs de conservation de la faune sauvage. Après une première année sous ce statut, la chasse au fuligule milouin est reconduite pour la saison de chasse 2026-2027.

Présentation du contenu de l’arrêté

L’arrêté vise à encadrer, pour la deuxième année consécutive et pour la saison cynégétique 2026-2027, la chasse du fuligule milouin en France métropolitaine. Il s’inscrit dans une démarche de gestion adaptative, combinant encadrement strict des prélèvements, suivi en temps réel et évaluation scientifique des données collectées.

Un quota annuel de 5000 prélèvements est fixé pour le fuligule milouin, sur l’ensemble du territoire métropolitain, afin de limiter l’impact de la chasse sur la dynamique de population de l’espèce. Dans son avis consultatif du 17 juillet 2026, le CEGA (Comité d’experts sur la gestion adaptative) recommande l’importance de préserver les femelles de l’espèce, contribuant principalement à la dynamique démographique et au rétablissement de l’état de conservation du fuligule milouin. L’arrêté prévoit que le prélèvement des mâles doit être privilégié.

Afin d’assurer un suivi rigoureux des prélèvements, l’arrêté dispose l’obligation pour chaque chasseur de déclarer tout individu de fuligule milouin prélevé via l’application mobile « ChassAdapt », développée par la fédération nationale des chasseurs. Cette déclaration en temps réel constitue une condition de légalité du prélèvement. Un système de contrôle, reposant sur l’application « ChassControl » et accessible aux agents assermentés, est également mis en place pour garantir la fiabilité des données transmises. L’arrêté prévoit également un dispositif de suspension automatique de la chasse dès que le quota fixé est atteint. L’Office français de la biodiversité (OFB) en informe immédiatement les autorités concernées et la fédération nationale des chasseurs, qui a la responsabilité d’avertir les chasseurs et de désactiver, via l’application, la possibilité de nouvelles déclarations. Tout prélèvement réalisé après ce signalement est constitutif d’une infraction.

Enfin, l’arrêté encadre l’évaluation de la saison de chasse. Avant le 1er avril 2027, la fédération nationale des chasseurs doit transmettre à l’OFB et au ministère en charge de la chasse un bilan consolidé des prélèvements de fuligules milouins, incluant également une analyse des caractéristiques biologiques des oiseaux (âge, sexe). Ces données feront l’objet d’une évaluation scientifique globale, transmise à la Direction de l’eau et de la biodiversité avant le 1er juin 2027, dans une logique de retour d’expérience et d’ajustement des mesures pour les saisons suivantes.

Consultations obligatoires

Le projet d’arrêté, ayant une incidence directe sur l’exercice de la chasse et sur l’environnement, nécessite un examen par le Conseil national de la chasse et de la faune Sauvage conformément à l’article L. 421-1 A du code de l’environnement.

Le Comité d’experts de la gestion adaptative a rendu un avis concernant la chasse du fuligule milouin le 17 juillet 2026. Cet avis est consultable sur le site de la consultation publique.

Il doit également faire l’objet d’une consultation du public en application de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement sur le site dédié aux consultations publiques.

Pour la bonne prise en compte de votre avis veuillez faire apparaitre le mot « favorable » ou « défavorable » dans le titre de votre contribution.

Partager la page

Commentaires

  •  Avis défavorable du vice-président de la région Centre Val de Loire en charge de la biodiversité, le 16 août 2026 à 23h40

    La faune sauvage va subir de plus en plus de pression liées au bouleversement climatique et ses canicules, sécheresses et inondation et à la réduction et au fractionnement des milieux qu’elle habite. Les incendies historiques de cet été ont encore réduit ces habitats et provoqué un niveau de stress supplémentaire pour la totalité des expressions du vivant.

    La proportion d’individus sauvages dans l’ensemble de la biomasse animale continue à se réduire toujours plus. Lorsque les humains et leurs cheptels resteront seuls nous savons que toute la toile de la biodiversité aura disparu, ce qui mettra en péril à court terme la possibilité même de vie humaine sur Terre.

    C’est pourquoi il est impératif de laisser de déployer les dynamiques démograpĥiques naturelles des espèces fragiles, c’est à dire potentiellement toutes. La chasse ne devrait plus être limitée qu’à la régulation d’espèces devenues invasives (sangliers) ou problématiques dans certains milieux (certains cervidés pour la régénération forestière).

    Ne serait-ce que parce que sa population n’a pas retrouvé ses niveaux d’il y a 20 ans il ne faut plus chasser du tout le fuligule marin.

    La chasse, comme tout autre loisir "de nature" ne doit plus porter atteinte à la biodiversité tant celle-ci est fragilisée et essentielle à l’espérance d’un avenir qui aura surmonté les défis climatiques et environnementaux provoqués par la civilisation industrielle à réformer d’urgence.

    TOUTE DECISION PUBLIQUE DOIT DESORMAIS CONTRIBUER À LA RESTAURATION DE LA NATURE ET NE PLUS JAMAIS L’AFFAIBLIR.

  •  Favorable , le 16 août 2026 à 23h34
    Favorable , le 16 août 2026 à 23h32 Favorable , le 16 août 2026 à 22h57 En t’en que chasseur je suis présent sur le terrain et sais pertinemment de quoi je parle en terme de population
  •  Favorable , le 16 août 2026 à 23h32
    Favorable , le 16 août 2026 à 22h57 En t’en que chasseur je suis présent sur le terrain et sais pertinemment de quoi je parle en terme de population
  •  AVIS TRÈS DÉFAVORABLE, le 16 août 2026 à 23h30

    Je m’oppose à la reprise de la chasse de cette espèce, indiquée en déclin préoccupant dans un monde où la perte de biodiversité est dramatique et accélérée par le dérèglement climatique, les habitats qui se réduisent comme peau de chagrin, les pollutions que nos activités engendrent.
    Un monde sans biodversité est un monde inhabitable à terme pour les humains, quand donc cette évidence scientifique sera-t-elle prise en compte ?

    Il est temps que les chasseurs, dont l’activité est officiellement présentée comme un « loisir », cessent d’imposer leur volonté aux responsables politiques.
    Chassadapt ou pas, cette vision de toute puissance sur les autres espèces, que l’on s’arroge le droit, voire le devoir, de « réguler », doit être combattue.

  •  Défavorable , le 16 août 2026 à 23h25
    Défavorable à la chasse du fuligule milouin .
  •  Favorable , le 16 août 2026 à 23h11
    Je suis favorable à ce projet.
  •  Favorable à la chasse du fuligule milouin , le 16 août 2026 à 23h03
    Je suis favorable à la chasse du fuligule milouin
  •  Favorable , le 16 août 2026 à 22h57
    En t’en que chasseur je suis présent sur le terrain et sais pertinemment de quoi je parle en terme de population
  •  favorable, le 16 août 2026 à 22h57
    je suis favorable à ce projet, c’est la bonne démarche pour une meilleure gestion d’autant plus que l’espèce a une bonne dynamique
  •  avis défavorable sur la reprise de la chasse au canard fuligule milouin, le 16 août 2026 à 22h52
    je manifeste mon avis défavorable sur la reprise de la chasse au fuligule milouin. Cela met en risque sa survie et l’équilibre de biodiversité. D’autant plus que cela profite à une minorité
  •  avis défavorable à la chasse du fuligule milouin, le 16 août 2026 à 22h45
    La chasse du fuligule milouin doit être interdite. C’est un bel oiseau qui ne doit pas disparaître. Les experts scientifiques disent que l’espèce est en danger. Il faut les écouter. La restauration de son habitat n’a pas été menée à bien non plus donc l’espèce ne peut se rétablir dans de bonnes conditions. De plus la canicule et les incendies de cet été ont eu un impact désastreux sur la nature, sur les oiseaux et les animaux, les arbres, les plantes. Donc , non , il ne faut pas qu’il soit chassé, comme les autres animaux d’ailleurs. Si on veut que la nature se rétablisse (et elle souffre tellement) il faut la laisser en paix.
  •  Avis très défavorable , le 16 août 2026 à 22h35
    Je suis contre la chasse du fuligule milouin. Arrêtons de tuer la faune. Protégeons, préservons pour notre futur, et celui des futures générations.
  •  Avis défavorable , le 16 août 2026 à 22h33
    Je suis contre ce projet d’arrêté, avis défavorable.
  •  Contre la chasse au fuligule maloin, le 16 août 2026 à 22h26
    Le fuligule maloin est en danger, je suis défavorable à l’encadrement proposé qui est insuffisant : il faut proteger le fuligule et donc interdire sa chasse. Je remarque que les chasseurs sont beaucoup trop protégés en France. la chasse est une survivance inadaptée à notre époque qui empeche de sauver la biodiversité. Cette pratique archaïque est d’autant plus meurtirière qu’elle utilise des armes modernes qui sont des armes de guerre. Il faut interdire le tir à balles même pour le gros gibier.
  •  Favorable, le 16 août 2026 à 22h19
    Les chasseurs se sont bien approprié l’utilisation de l’application Chassadapt pour assurer un suivi en temps réel des prélèvements et le respect du quota autorisé
  •  Chasse fuligule milouin , le 16 août 2026 à 22h12
    Je donne un avis défavorable
  •  Favorable , le 16 août 2026 à 21h59
    Je suis favorable au quota du fuligule milouin pour la saison 2026-2027
  •  Avis favorable , le 16 août 2026 à 21h59
    Avis favorable pour la gestion du adaptative du milouin
  •  Avis défavorable, le 16 août 2026 à 21h57

    Je suis défavorable à ce projet d’arrêté qui reconduit la chasse du fuligule milouin pour la saison 2026-2027.

    Le contexte de conservation de cette espèce devrait conduire à privilégier sa protection plutôt que la possibilité de prélever jusqu’à 5 000 individus. Lorsqu’une population sauvage connaît un état de conservation préoccupant, on ne devrait pas continuer à autoriser sa chasse tout en affirmant vouloir favoriser son rétablissement.

    La priorité devrait être de permettre aux populations de se reconstituer et de poursuivre leur suivi scientifique sans ajouter une pression supplémentaire (la chasse).

  •  AVIS DEFAVORABLE, le 16 août 2026 à 21h57
    Je m’oppose à ce projet cynégétique qui va à l’encontre des mesures de conservation recommandées par les scientifiques. Je demande au Ministère d’intégrer le fuligule milouin à la liste des oiseaux protégés en France tant que son statut de conservation est toujours considéré comme “préoccupant”. Selon les conditions météo, il peut être particulièrement difficile pour les chasseurs d’identifier les oiseaux sur lesquels ils tirent, surtout que certains arrivent même confondent un sanglier avec un homme. De plus, dépendre d’une application smartphone, gérée par les chasseurs eux-mêmes, pour garantir le respect du quota de 5 000 spécimens est bien illusoire, voir débile, d’autant que et l’Office français de la biodiversité ne dispose clairement pas assez de moyens pour effectuer des contrôles réguliers auprès des chasseurs sur le terrain…