Plan National d’Actions 2024-2033 en faveur de la flore et des milieux naturels des parois et pieds de parois calcaires liguro-provençales

Consultation du 08/06/2026 au 29/06/2026 - 4 contributions

Dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité, la France consacre un effort particulier à la préservation des espèces les plus menacées présentes sur son territoire.

Pour ces espèces, le ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature met en place des plans nationaux d’actions, qui constituent un outil complémentaire au dispositif législatif et réglementaire les protégeant. Ces plans visent la sauvegarde des espèces végétales et animales les plus vulnérables pour lesquelles la France a une responsabilité patrimoniale.

Le PNA en faveur de la flore et des milieux naturels des parois et pieds de parois calcaires liguro-provençales a pour ambition la conservation de 33 espèces menacées de plantes vasculaires dont la Benoîte à fruits variables Geum heterocarpum en danger critique d’extinction, 8 espèces de bryophytes dont Orthotrichum vitii connue seulement dans quatre stations des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence, et 10 espèces de lichens dont Verrucaria incertula dont l’unique station connue se trouve dans les Alpes maritimes.

Le PNA s’articule autour de trois axes principaux : l’amélioration des connaissances et de la conservation des espèces et des milieux ; l’amélioration de la prise en compte des espèces et des milieux de parois et pieds de parois dans les projets ; et l’information et la sensibilisation du public. Il se décline en 14 actions.

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a donné un avis favorable à ce projet de PNA.

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Commentaires

  •  Pour une meilleure connaissance des vallons., le 23 juin 2026 à 14h43

    Je soutiens les observations formulées par l’ASPONA concernant la nécessité de mieux prendre en compte les falaises littorales de l’est des Alpes-Maritimes et les vallons qui leur sont associés.

    À ce sujet, je souhaiterais attirer l’attention sur la situation particulière des vallons dits « assecs ». Leur qualification mériterait selon moi d’être réexaminée pour plusieurs raisons :

    Tout d’abord, le fait qu’un vallon soit sec une grande partie de l’année ne signifie pas qu’il est dépourvu de rôle écologique ou hydrologique. Ces vallons participent au fonctionnement naturel des versants, à l’écoulement des eaux lors des fortes pluies et à la préservation d’habitats naturels souvent méconnus.

    La qualification de certains vallons comme assecs ou temporaires mériterait une réévaluation au regard des observations de terrain, qui semblent montrer des écoulements présents une grande partie de l’année, voire de façon continue sur certains secteurs. À titre d’exemple, plusieurs vallons de Beausoleil (la Noix, la Rousse), généralement considérés comme temporaires, présentent selon les observations locales des écoulements visibles tout au long de l’année.

    L’exemple du vallon de La Noix à Beausoleil est particulièrement révélateur et illustre l’intérêt d’une meilleure connaissance de ces milieux. Le tracé du cours d’eau figurant sur les cartes IGN ne correspond pas en effet au tracé observable sur le terrain. Plus surprenant encore, certaines portions du tracé cartographique sont incompatibles avec la topographie puisqu’elles suivent une pente ascendante.
    Cette question mérite d’autant plus d’être étudiée que
    le secteur a connu en décembre 2025 un risque majeur de mouvement de terrain, qui a conduit les autorités à évacuer et à déplacer plus d’un millier de personnes.

    Sans préjuger des conclusions qui pourraient être tirées de ce cas particulier, cet exemple montre que certains vallons qualifiés d’assecs sont peut-être insuffisamment étudiés ou compris. Il serait utile que le PNA encourage une meilleure caractérisation de ces milieux et reconnaisse leur rôle dans le fonctionnement global des ensembles de parois calcaires liguro-provençales.

    La protection de ces milieux ne devrait pas se limiter aux falaises elles-mêmes mais prendre également en compte les vallons et ravins qui leur sont directement liés et qui participent à la continuité écologique du territoire.
    Dans un contexte de changement climatique marqué par des épisodes de pluies intenses plus fréquents, une meilleure connaissance et une meilleure protection des vallons associés aux parois calcaires apparaissent indispensables à la préservation de la biodiversité, au maintien des continuités écologiques et à la compréhension des dynamiques naturelles des versants.

  •  Avis très favorable, le 23 juin 2026 à 12h15
    Avis favorable à ce P.N.A essentiel, comme tous les PNA, pour participer au succès des opérations en faveur de la flore et des milieux naturels des parois et pieds de parois calcaires liguro-provençales, qu’il est essentiel de protéger, préserver voire restaurer !
  •  Avis favorable, le 22 juin 2026 à 11h04
    J’émets un avis favorable à ce projet.
  •  Articulation avec le PNA sur la nivéole de Nice et prise en compte de la spécificité des falaises littorales, le 21 juin 2026 à 16h19
    L’ASPONA (association de protection de la nature et des sites de Roquebrune-Cap Martin, Menton et environs www.aspona.org), association environnementale agréée, relève avec satisfaction l’adoption du Plan national d’actions 2024-2033 en faveur de la flore et des milieux naturels des parois et pieds de parois calcaires liguro-provençales. Face aux pressions anthropiques (loisirs, aménagements divers, …) et aux risques induits par le changement climatique, l’enjeu de protection de ces espaces constitue assurément une priorité. Toutefois, en tant que membre des COPIL N2000 FR9301568 et FR9301567, l’ASPONA s’interroge sur le « contour » de ce PNA et les raisons ayant conduit les auteurs à exclure la frange littorale de l’Est des Alpes-Maritimes – aucune explication n’est donnée dans le PNA. Or, toutes les cartes produites dans le PNA et en particulier celles relatives à l’analyse de clustering (2.A et 2.B), aux parois rocheuses calcaires à endémiques liguro-provençales, aux parois rocheuses calcaires humides, aux parois rocheuses calcaires méditerranéennes thermophiles, à la répartition des espèces endémiques à priorité de conservation élevée (figure 23), à la localisation des espèces des Cochlostomes, des Pagodulines, des Marbrées, des Spélerpès et des Phyllodactyles (figures 28, 29, 31, 38 et 39) font apparaître sans équivoque que cette partie du littoral où les Alpes tombent dans la mer relève bien de la problématique liguro-provençale. Si le PNA 2022-2031 en faveur de la nivéole de Nice et des Corniches de la Riviera couvre en partie cette zone littorale, l’articulation entre les deux PNA n’est pas explicitée. Or, compte-tenu des forts enjeux de préservation de la faune et de la flore dans un espace fortement convoité (tourisme, artificialisation en lien avec les pressions immobilières ou les infrastructures de transport), une gouvernance renforcée apparaît essentielle. Par ailleurs, il ne semble pas pertinent de traiter (zones 7 et 8) les vallées de la Roya et de la Bévéra, sans parler des vallées des fleuves côtiers du Mentonnais (Gorbio, Borrigo, Caréï, Fossan et Saint-Louis) ou des vallons assecs dont l’amont est précisément constitué de parois calcaires très similaires sur les communes de Gorbio, Castillon, Sainte-Agnès et Castellar, Roquebrune-Cap Martin et Beausoleil. L’ensemble de ces éléments d’analyse amène l’ASPONA à proposer un ajustement du périmètre du PNA afin d’y inclure les zones littorales lorsqu’il existe une continuité des parois calcaires jusqu’à la mer. Au regard de l’enjeu spécifique des cours d’eau intermittents (assecs), qui sont nettement moins protégés dans les règles d’urbanisme alors qu’ils sont très nombreux dans la zone liguro-provençale, l’ASPONA suggère que le PNA constitue une première étape en vue de la mise en place d’un régime et de mesures de protection forte pour en préserver la fonctionnalité, au même titre que ce qui est fait pour les zones humides. Le SDAGE Rhône-Méditerranée 2028-2033 pourrait reconnaître aussi ces milieux précieux. Enfin, pour ce qui est de la mise en œuvre, comme elle l’a demandé sans que sa requête soit suivie d’effet, l’ASPONA réitère sa demande que pour les actions 2.2 et 2.4 les APNE fassent partie des partenaires potentiels puisqu’elles sont membres des COPIL N2000 et sont sollicitées par les collectivités territoriales pour des actions de sensibilisation. L’ASPONA souhaite être associée au suivi du PNA, au titre des autres partenaires.