EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet de plan d’action pour prévenir l’introduction et la propagation d’espèces exotiques envahissantes

Du 13/01/2022 au 04/02/2022 - 32 commentaires

Contexte

Les espèces exotiques envahissantes sont des espèces végétales ou animales, transportées par l’Homme hors de leur aire de répartition naturelle et introduites volontairement ou involontairement sur le territoire national.

Une petite partie seulement des espèces exotiques sont considérées comme envahissantes, lorsque non seulement elles parviennent à survivre et à se reproduire dans ce nouveau milieu, mais elles prolifèrent et perturbent l’écosystème au détriment des espèces naturellement présentes.

Les perturbations peuvent être très diverses : prédation (ex : rats qui dévorent les œufs d’oiseaux) ; concurrence pour la nourriture ou les lieux de reproduction pour les animaux, l’espace et l’accès au soleil pour les végétaux ; propagation de maladies auxquelles les espèces locales sont sensibles ; jusqu’à la modification du milieu (ex : dégradation des rives par les ragondins).

D’autres problèmes peuvent s’y ajouter : effets sur la santé humaine, effets sur les animaux d’élevage ou les végétaux de culture (ex : les frelons asiatiques s’attaquent aux abeilles domestiques) ou nuisance aux activités (ex : proliférations de plantes aquatiques qui perturbent la pêche ou la navigation sur les cours d’eau).

Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’un des principaux facteurs d’appauvrissement de la biodiversité mondiale [1] et ce problème s’aggrave car l’introduction d’espèces est favorisée par l’accroissement des transports et le réchauffement planétaire, ce qui peut faciliter l’installation ou la prolifération de certaines espèces.

La France est particulièrement vulnérable aux invasions biologiques. D’une part, les territoires ultra-marins abritent une très grande biodiversité, avec un endémisme important lié à leur insularité. D’autre part, le territoire métropolitain est au carrefour de 4 régions biogéographiques, présente 3 façades maritimes et accueille des transports internationaux importants.

Compte tenu de leurs impacts sur la santé environnementale, humaine et animale, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes est un défi qui s’inscrit parfaitement dans le concept « One Health, Une seule santé », et qui donc nécessite des mesures globales et coordonnées pour être relevé.

Objectifs

Dès lors qu’une espèce exotique envahissante est répandue, sa gestion s’avère complexe et coûteuse. Il est très difficile d’arriver à l’éradiquer et la contenir nécessite un effort important dans la durée. Prévenir l’introduction de nouvelles espèces ou leur propagation sur le territoire national constitue ainsi un volet essentiel de l’action entreprise par l’Etat.

C’est pourquoi le présent plan d’action développe et renforce le volet relatif à la prévention de la Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes [2] adoptée en mars 2017.

Il répond par ailleurs à l’exigence du règlement (UE) n° 1143/2014 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 sur la prévention et la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes [3].

Il pose les bases d’une action collective plus efficace pour prévenir le plus en amont possible l’invasion biologique, en s’attaquant à l’introduction et à la propagation des espèces les plus préoccupantes au niveau européen ou national et en renforçant l’alerte et l’action précoce sur de nouvelles menaces.

Ce plan d’action s’appuie sur les réglementations existantes, qu’il complète, par des mesures volontaires d’information du public, de vigilance collective et d’engagement volontaire des acteurs professionnels.

Le plan d’action est constitué :
-  D’un socle de mesures pour structurer la mobilisation collective et assurer une large sensibilisation ;
-  D’un volet transversal à toutes les voies et espèces, visant à renforcer la vigilance dans des secteurs-clés (contrôle aux frontières, commerce en ligne, Outre-mer…) ;
-  D’un volet relatif aux espèces végétales dans le cadre des « usages ornementaux et horticoles » ;
-  D’un volet relatif aux espèces animales dans le cadre des « élevages, repeuplements et détentions domestiques » ;
-  D’un volet propre aux « corridors et transports ».

Le plan d’action couvre les milieux terrestre, dulçaquicole et marin, sur l’ensemble du territoire national, métropole et collectivités ultra-marines. Ces dernières font l’objet d’une attention particulière, tant dans le domaine réglementaire que pour les actions volontaristes, du fait de leur richesse particulière en matière de biodiversité et du fort taux d’endémisme dû à leur caractère insulaire.

Procédure

Suite à la concertation avec les différentes administrations concernées et les représentants des principales filières socio-professionnelles, le projet de plan d’action a été examiné le 26 octobre 2021 par le Conseil National de la Conservation de la Nature, qui a rendu un avis favorable, assorti de recommandations [4].

Il fait actuellement l’objet d’un examen par le Conseil National de la Biodiversité.

[1] https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/11/IPBES-Depliant-Rapport-2019.pdf
[2] https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/17039_Strategie-nationale-especes-exotiques-invahissantes.pdf
[3] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32014R1143
[4] http://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2021_24_avis_cnpn__projet_plan_d_action_eee.pdf

Plus d’informations
www.ipbes.int
www.ecologie.gouv.fr/especes-exotiques-envahissantes
http://especes-exotiques-envahissantes.fr/


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Commentaires
  •  Avis très défavorable pour ce projet de plan d’action, par Philippe LISADOR , le 27 janvier 2022 à 19h58

    Ce projet de plan d’actions est désolant car il envisage d’étendre à la France métropolitaine ce qui a été (très mal) mise en œuvre dans les territoires ultra-marins.

    Étant nous-même de l’île de La Réunion, si la finalité est d’adopter la même approche idéologique et la même méthodologique que dans les outre-mer, ce plan d’action ne sera que très peu efficace pour lutter contre les espèces invasives (cf. « Consolidation du cadre règlementaire », page 33 du plan d’action).

    Nous souhaitons faire part à tous du fruit de notre expérience sur la méthode du « tout sauf… » pour définir la liste des familles et genres taxonomiques potentiellement envahissant avec un caractère préoccupant (changement de paradigme).

    Les critiques que nous formulons et ce qu’il faut absolument éviter de reproduire :

    * Il n’y a pas eu de vraie concertation avec la population locale, les passionnés d’animaux exotiques et les professionnels de la filière animalerie. Nous avons assisté à un vrai simulacre de concertation lors des ateliers de travail pour l’élaboration de l’arrêté du 28 juin 2021 « relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces animales exotiques envahissantes sur le territoire de La Réunion–interdiction de toutes activités portant sur des spécimens vivants ».
    En effet, tous les principaux acteurs du secteur d’activité n’ont pas été invités (?), quasiment aucune des propositions des personnes présentent n’ont été retenues et il y a eu très peu d’écoute après la consultation publique puisque tout était déjà ficelé. Plus encore, durant les ateliers de travail antérieurs à la signature de l’arrêté, les études scientifiques commandées n’ont pas été suivi (ces études ne recommandaient pas de quasiment tout interdire, loin de là. Pourtant, c’est l’option qui a été retenu, en dehors de toute justification scientifique).

    *Une règle aberrante de départ a alors été imposée : à savoir que pour chaque famille, tout devait être interdit sauf deux espèces par famille (le fameux « tout sauf » encensé par ce projet de plan d’action). Vous parlez d’une concertation !!! Pourquoi cette règle ? D’où vient-elle ? Nul ne le sait. Après de très lourdes pressions, cette règle à légèrement évoluée, mais à la marge (cf. arrêté du 28 juin 2021).

    *Le principe du tout interdire, sauf... a aboutit à prohiber des milliers d’espèces, voir des millions si on intègre les insectes, dont certaines sont effectivement invasives, mais dont la très grande majorité ne l’est pas ! On ne raisonne plus au niveau de l’espèce, mais de la famille ou du genre. C’est un problème. Exemple : la famille des Characidae est interdite dans son ensemble, sauf quelques genres obtenus au forceps après d’âpres négociations (mais rien de bien satisfaisant). Il s’agit pourtant de petits poissons d’Amérique du Sud qui ne peuvent absolument pas se reproduire à l’île de La Réunion (paramètres de l’eau incompatibles, cours d’eau temporaires et à courant très violent lors des cyclones, remontées fréquentes d’eau salée dans les étangs, prédations des Tilapias introduits dans nos cours d’eau par le service des Eaux et Forêts dans les années 50/60, etc.).

    *A l’inverse, refus d’inscrire dans cet arrêté des espèces qui peuvent effectivement être invasives. Des propositions avaient pourtant été faites dans ce sens. Exemple : les espèces de l’ex-genre Cichlasoma (poissons) éclaté maintenant en une multitude de genres. Pourtant, il est avéré que Amatitlania nigofasciata et Parachromis managuensis (inscris dans l’arrêté du 28 juin 2021 / rares espèces inscrites en tant que telle) sont présentent et se reproduisent dans les cours d’eau réunionnais (ces espèces peuvent s’adapter à des paramètres d’eau très large : PH de 6 à 8) avec un impact négatif sur la faune aquatique locale (prédation). Toutes les espèces proches et sympatriques des deux espèces ci-dessus auraient dû être étudiées et certainement interdites. Bref, cet arrêté est passé à côté !

    *Aucune mesure concrète dans l’arrêté réunionnais et dans ce projet de plan d’action pour lutter contre les espèces invasives qui arrivent par les ports et aéroports. A La Réunion, l’agame de colon (Agama agama / un lézard) est arrivé par le Port marchand de l’île et s’est répandu dans tout l’ouest de l’île. La même chose pour les Phelsumas malgaches (lézards verts non endémiques). Là aussi, on est passé à côté car l’Etat n’est peut-être pas prêt à mettre les moyens humains nécessaires pour effectuer les contrôles.

    *L’approche « tout interdire, sauf... » par son caractère arbitraire et injustifié provoque un rejet de la population locale pour tout ce qui vient de l’Etat sur les questions écologiques, ce qui est dramatique. Il s’agit là des conséquences désastreuses du manque de concertation et d’écoute. C’est pourtant un principe de base mis en œuvre dans beaucoup de pays : les actions de préservation ne sont possibles qu’avec l’adhésion de la population.

    * Une volonté de tout interdire pour masquer une relative méconnaissance du sujet. A plusieurs reprises, il nous a été dit : « je suis fonctionnaire, je ne suis pas un technicien ». Nous n’avons pas pu rentrer dans le détail de l’écologie des différentes espèces car nos interlocuteurs n’avaient pas les connaissances suffisantes. D’où l’importance et la nécessité, pour ces personnes, de s’appuyer sur les études scientifiques et les études d’impact commandées spécifiquement pour ça...

    Nous pourrions continuer longtemps comme ça, mais nous allons nous arrêter là car il y aurait beaucoup trop à dire.

    Pour couronner le tout, un recours auprès du Conseil d’Etat a été déposé pour casser l’arrêté avec la demande expresse de relancer cette fois-ci une vraie concertation pour rédiger un nouvel arrêté qui intègrerais réellement les espèces exotiques envahissantes avec un impact sur la faune et la flore de notre île. En effet, toutes les espèces « invasives », n’ont pas d’impact sur notre écosystème. Je prendrais l’exemple du caméléon panthère de Madagascar (Furcifer pardalis / « endormi » en créole réunionnais) qui est présent depuis le XVIIe siècle sur notre île sans aucun impact sur la faune et la flore.

    Il s’agit donc d’un sujet pointu qui doit être traité directement (fonctionnaires avec les connaissances minimums) et/ou indirectement par des experts (recours à des scientifiques attitrés / expertises). Aussi bien dans les outre-mer qu’en France métropolitaine.

    En plus, je vois que l’action 8 concernant les outre-mer, à la page 47 de ce plan d’action, dit : « La réglementation, déjà plus restrictive qu’en métropole, pourrait être encore plus protectrice ». Comme si le travail réalisé avait été satisfaisant en termes de concertation, de justification scientifique et, surtout, d’efficacité réelle pour lutter contre les espèces invasives. Selon moi, ce n’est malheureusement pas le cas.

    Après avoir exposé toutes ces anomalies constatées dans les outre-mer, j’exprime de sérieuses craintes pour ce plan d’action qui voudrait s’inspirer de la méthodologie adoptée chez nous (tout interdire, sauf…). Pour ces raisons, je donne un avis très défavorable à ce projet. Il faut revoir la copie en profondeur. La méthode du « tout sauf... » n’est pas la bonne. Une liste d’espèce négative est beaucoup plus claire et fonctionnelle. La liste positive est une erreur car arbitraire, peu rigoureuse, beaucoup trop large et incompréhensible pour les citoyens.

  •  Ni pour ni contre, par Giroud , le 26 janvier 2022 à 10h31

    Tant que le libéralisme ne sera pas remis en question, le traitement de cette problématique est pour le moins voué à l’échec... Mais c’est déjà bien de s’interroger à ce sujet. Enfin, dans un contexte continental dont les structures des peuplements faunistiques et floristiques découlent des multiples invasions biologiques au cours du temps, on peut s’interroger sur la pertinence de telles actions. Le contexte insulaire est tout autre et la pertinence nettement plus forte considérant la vulnérabilité intrinsèque des peuplements faunistiques et floristiques associés... Cf UICN...

  •  TAAF, par Alexandre , le 21 janvier 2022 à 03h08

    Bonjour,
    Attention à ne pas oublier les Terres Australes et Antarctiques Françaises.

  •  Un plan utile mais à compléter, par laurent chabrol , le 20 janvier 2022 à 14h19

    L’action 2 "développer les coopérations interministérielles" est cruciale, on ne luttera pas efficacement contre les Ambroisies par ex. tant que 3 plateformes nationales d’Etat (environnement, agriculture et santé) coexisteront sans interconnexions.
    Si la "détection précoce" est envisagée dans le plan, il n’est rien mentionné sur l’"intervention rapide", le cas de la détection précoce du Frelon oriental à Marseille en 2021 n’a pas été suivi d’intervention rapide, faut-il attendre que la situation soit ingérable comme pour le Frelon asiatique pour envisager une intervention ? Plus on attend, plus le coût de l’intervention est élevé et moins l’intervention sera efficace.

  •  Contrôle de population et gestion, par PRIETZ , le 20 janvier 2022 à 11h55

    Bonjour,
    Il faut absolument informer le public que ces deux termes impliquent une mise à mort des animaux et parfois en masse. Le règlement européen insiste sur la nécessité "de leur épargner toute douleur, détresse ou souffrance évitable" (Article 17 du règlement UE N°1143/2014). Lorsqu’il s’agit de moules, peu de gens réagiront mais lorsqu’il s’agit d’un petit mammifère c’est une autre histoire... Qui sera chargé de ces éradications?

  •  Favorable à ce plan d’action, par Gaudin Franck , le 19 janvier 2022 à 12h47

    Je suis favorable à ce plan d’action et je pense que ces espèces devraient être interdites de vente, ce qui n’ai pas toujours le cas malheureusement.
    Les filières de l’horticulture, des jardineries et animaleries, du paysage, de l’agriculture et du bâtiment devraient être en synergie pour lutter contre ces EEE.

  •  Un projet utile mais qui laisse beaucoup de trous dans la raquette, par Mario Lepage , le 19 janvier 2022 à 10h28

    Les EEE sont un problème connu pour causer la perte de biodiversité. Plusieurs actions présentées dans le plan sont justes et pourront apporter de l’information mais n’auront que peu d’effets sur le problème. La liste des espèces exotiques est très incomplète du moins en ce qui concerne le milieu marin que je connais. Un sujet semble ne pas avoir été abordé concernant la propagation. C’est celui des études scientifiques qui nécessite de faire de nombreuses actions d’échantillonnage sur les plans d’eau et cours d’eau différents et pour lesquelles les bottes et les engins d’échantillonnage ne sont jamais désinfectés quand on passe d’un site à un autre. La probabilité de transférer des oeufs, des larves, des propagules, voire des organismes adultes n’est pas négligeable. De même le traitement des eaux de ballaste des navires pour détruire les potentielles sources d’EEE sont rarement réalisés malgré une loi de 2017 qui oblige à le faire, mais il n’y a pratiquement jamais aucun contrôle. C’est comme cela que nous retrouvons depuis quelques années du Neogobius melanostomus en estuaire de Seine, des copépodes parasites Caligus pagetti ou pas Acacia tonsa, des Pachygrapsus marmoratus et Hemigrapsus tokanoi en estuaire de Gironde, des mollusques Crepidula fornicata dans les Pertuis Charentais, etc. Il y a une forte suspicion que l’introduction du crabe chinois Eriocheir sinensis dans l’estuaire du Mersey en Angleterre provienne de l’estuaire de la Gironde et ait été transporté par le navire de transport des pièces de Airbus.

  •  Favorable avec réserves , par Vallon , le 18 janvier 2022 à 16h37

    D’autres espèces doivent figurer sur la liste : Aethina tumida ( petit coléoptère de la ruche), Vespa orientalis (frelon oriental ) , tous 2 dangereux pour les abeilles.

  •  Et le chat dans tout ça ??, par Ced , le 18 janvier 2022 à 16h28

    Le chat est la principale espèce exotique envahissante, c’est un super prédateur, il est responsable de milliers d’animaux morts chaque année oiseaux, lézards, serpents… un seul chat tue 113 proies par an.

    je ne vois pas le chat dans la liste 🤔

  •  Projet pour prévenir l’introduction et la propagation d’especes exotiques envahissantes, par FAGGIO , le 18 janvier 2022 à 16h19

    Bonjour,

    je suis pour ce projet, il y a matière à intervenir à présent.

  •  Point sur la fréquentation des rivières et cours d’eau par les ragondins, par LETELLIER Daniel, Président GIC du Châtillonnais , le 18 janvier 2022 à 11h55

    Il est nécessaire d’informer la population sur les dangers des baignades dans les rivières et cours d’eau fréquentés par les ragondins dont les déjections sont susceptibles de provoquer la leptospirose ainsi que de consommer des plantes de bordures tels que cresson et pissenlits, etc...
    Les éleveurs de bovins ont remarqué de nombreux avortements dus aux déjections des ragondins sur les herbages fréquentés par ces animaux.

  •  Favorable, par Philippe Le Coq , le 17 janvier 2022 à 18h08

    Bonjour ,

    Pour quelles raisons importées des espèces extérieures à notre biodiversité , surement dans des buts lucratifs

    Nous avons déjà assez de difficultés de garder un équilibre viable de nos espèces indigènes .

    Je suis pour la prise en amont de mesures a limiter et interdire les introductions d’E.E.E , au cas ou certaines passeraient a travers les mailles , la regulation , le piégeage restera le seul remède .

    Cordialement

  •  Implication du public et observatoires participatifs, par François Sichel , le 17 janvier 2022 à 18h01

    L’implication du public au travers des programmes d’observatoires participatifs me semble primordial, pour l’aspect éducatif et pour le recueil en nombre de données d’occurrence. Ces programmes qui sont diversifiés (voir le portail OPEN : https://www.open-sciences-participatives.org/home/) devraient faire l’objet d’un soutien plus marqué de la puissance publique.

  •  Remarques sur le projet de plan de prévention EEE, par Antoine Rouillé , le 17 janvier 2022 à 06h24

    Bonjour,
    Voici mes remarques sur le projet de plan proposé :

    P.6 – « Prévention de l’introduction et de la propagation involontaires des EEE » -> « Objet principal du présent plan d’action. »
    P.6 - Extension bienvenue du champ d’action « aux espèces d’EEE pour lesquelles un risque important d’introduction sur le territoire national pourrait être identifié ». Nécessité impérieuse d’anticipation des futures invasions pour être d’avantage efficace. Renvoi à la liste du centre de ressources EEE ??? incohérence.
    P.7 – Temporalité du plan d’action : pas d’indication de durée. Calqué sur la stratégie EEE de mars 2017 ? Pas d’échéance d’évaluation de la mise en œuvre du plan.
    P.10 – Focus outre-mer bienvenu. Prise en compte particularisme outre-mer dans l’ensemble du document.
    P.11 – « Outil d’application » ! = définir des actions, des échéances, des porteurs, des objectifs chiffrés, des moyens alloués.
    P.11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22 – « Cadre stratégique et réglementaire » redondant avec l’état des lieux faire par la stratégie nationale et non opérationnel.
    P.23 – « l’intentionnalité n’est volontairement pas considérée dans l’analyse des voies et dans les actions du plan ». Si dans l’analyse et de l’identification des voies d’introduction réalisées par l’OFB l’intentionnalité importe peu, dans le plan d’action au contraire elle doit être prise en compte pour adapter les mesures. La sensibilisation est par exemple inopérante sur une infraction intentionnelle.
    Stratégie de prévention : De manière prioritaire, la suppression, lorsque celle-ci est acceptable par tous, de voies d’introduction est la mesure la plus efficace en termes de biosécurité. La réglementation peut permettre de supprimer certaines voies d’introduction (Lutte contre l’érosion/ stabilisation des dunes, production de fourrure, plantations publiques ornementales, transport de terres, …). Ensuite s’attacher à solutionner techniquement les voies restantes (solutions plus onéreuses à mettre en œuvre). Pour le moment, aucune action en ce sens ne figure au plan d’action.
    En accord avec les recommandations du CNPN, recourir à l’analyse de risque pour prioriser l’action. Mais non pas en ciblant les espèces (travail titanesque compte tenu de la diversité du vivant sur terre et de la difficulté d’évaluation des probabilités d’invasion biologique inféodées à chacune d’elles) mais en évaluant les niveaux de risques représentés par les voies d’introduction identifiées (cf. travaux OFB).
    P.31 – Coordonnateur du plan d’action – En accord avec l’avis du CNPN, nécessité de création d’un organe de gouvernance inter-ministériel.
    P.32-33 – Axes du plan d’action. 4 axes (à numéroter pour plus de clarté) :
    • Communication, sensibilisation, formation
    Actions non-coercitives. Non prioritaire.
    • Elaboration de guides de bonnes pratiques et codes de conduite
    Idem axe 1
    • Consolidation du cadre réglementaire
    « mieux articuler les réglementations existantes » - pas suffisant. Interdictions d’importation ou de vente, pénalisation des fraudes, etc …
    • Contrôle et surveillance
    Mobilisation de moyens administratifs et judiciaires (lesquels, combien ?)
    Aucun axe du plan d’action dédié au renforcement des capacités techniques et humaines (matériel et équipes de détéction/décontamination/nettoyage/piégeage en zones aéroportuaires).
    Aucun axe du plan d’action concernant l’accompagnement des filières économiques de substitution (végétaux locaux, élevages d’espèces indigènes,…).
    Aucun axe du plan d’action sur la suppression de voies d’introduction.
    P.38 et suivantes. ACTIONS
    Remarques générales :
    Identifier plus précisément les pilotes des actions (quel service du MTE/OFB ?), nécessité de responsabilisé les pilotes sur la mise en œuvre et d’organiser le rapportage.
    Remarques spécifiques :
    Action 1 – Viser le grand public que les acteurs.
    Action 2 – Créer les conditions d’une gestion interministérielle de la thématique EEE. Pilotage niveau ministre.
    Action 3 – Nécessité de doter les outre-mer de dispositifs de décontamination du fret (fumigation) et d’interdire l’introduction d’espèces végétales et animales sauf autorisation services compétents.
    Action 4 – Renforcer les contrôles et accompagner les fermetures d’établissements.
    Action 11 – Introduction par le transport international de passagers. Sur le sujet la règle légale doit être simplifiée pour devenir d’avantage applicable. Interdiction d’introduction de matériel vivant par les particuliers (sur le modèle anglo-saxon). Suppression réglementaire d’une voie d’introduction. Pilote : MTE/MTE/MAA/Douanes ??? qui ?,
    Action 12 – Prendre en compte les EEE dans la construction et l’exploitation des infrastructures linéaires. Inclure dans les études d’impact de tous les projets un volet EEE. Pourquoi limiter ça aux infrastructures linéaires ? + réglementer l’entretien (guide de bonnes pratique ici inopérant).
    Action 14 – Sensibiliser les professionnels du végétal. Bonne idée mais la stimulation de filières de substitution est plus incitatrice pour les professionnels (marchés publics d’aménagement urbain ou péri-urbain exclusif en végétal local, compensation environnementale obligatoire en replantation d’espèces locales, génie végétal en local etc…).
    Création d’un dispositif de biosécurité (mutualisation des moyens interministériel autour d’un organe de gouvernance transversal dédié au pilotage du plan d’action) + Fiches actions avec pilote, objet, indicateur de rapportage et moyens mis à disposition pour solutionner chacune des voies d’introductions identifiées comme prioritaire (cf. résultat de l’analyse de risque à réaliser).
    Spots télévisés ! Communication intensive, participation des programmes scolaires, etc…

  •  espèces indésirables, par mercier patrick , le 14 janvier 2022 à 19h32

    N’étant pas spécialiste , je me garderai de donner des indications techniques , d’autant que certains commentaires dévoilent une certaine connaissance de ces nuisances.
    Etant par contre confronté à la jussie et à l’ailante , je constate que c’est une vraie catastrophe pour nos plans d’eau et nos espaces.
    Je rejoins parfaitement les propositions d’interdictions des espèces envahissantes , et pour ceux qui possèdent des animaux ’’indésirables’’ la nécessité de leur stérilisation pour éviter toute progéniture et donc toute diffusion... Même si j’ai peur qu’il soit déjà trop tard quand on voit l’implantation du frelon asiatique et les dégâts dont il est responsable sur nos ruches.

  •  NAC et vétérinaires, par JEFFROY Annick , le 14 janvier 2022 à 16h41

    Je n’ai pas vu de devoir d’alertes par les vétérinaires spécialisés en NAC, ceux-ci observant des espèces qui, génétiquement, peuvent être néfastes à certains écosystémes (comme la tortue de Florde, etc.)... dommage.

  •  Consultations publiques, par Reva , le 14 janvier 2022 à 16h13

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  •  liste complète des espèces envahissantes ?, par Bernadet Pierre-Marie , le 14 janvier 2022 à 15h48

    Toutes les espèces ne figurent pas sur le document. Exemples pour la flore : Senecio inaequidens, Cortaderie selloana, Buddleia davidii (les 2 dernières commercialisées)... Où sont-elles citées dans le projet .

  •  Espèces envahissantes, par COLLANGES Michel , le 14 janvier 2022 à 15h47

    Il faut commencer par sanctionner les gens qui ont favorisé l’introduction de certaines espèces et surtout ceux qui s’opposent à leur régulation (ragondins, rats musqués, bernache du canada, étourneaux sansonnet, pigeon, choucas des tours, les loups et bientôt les ours etc ;..)

  •  Remarques générales sur le document - suite, par Cyril Cottaz, Référent « espèces exotiques envahissantes » au sein du Conservatoire botanique national méditerranéen, Chargé de projet « mise en œuvre de la stratégie régionale PACA sur les espèces végétales exotiques envahissantes » , le 14 janvier 2022 à 14h11

    p.50 : action 10 – idem, de nombreux guides et synthèses existent et sont publiées ou mises sur internet par espèce (ex : www.invmed.fr (http://www.invmed.fr)) et du temps d’assistance aux problématiques végétales est alloué aux gestionnaires sur les territoires des déclinaisons stratégiques. Renforcer cette action au niveau régional (ajout de moyens, etc.) permettrait d’en assurer la pérennité pour les régions disposant de stratégies (ex : PACA, Corse, Occitanie, etc.). p.55 : action 14 – courage, nous avons testé la sensibilisation de l’interprofession horticole par des guides de bonnes pratiques (ex guides ALIEM réalisés en 2018), les résutats ne sont pas concluants sur notre territoire. p.56 : action 15 – il faudrait surtout impliquer les ARBE dans l’animation d’actions de sensibilisation sur les traitements de déchets verts d’EEE à l’attention des collectivités et structures de traitement de déchets, en lien avec les coordinations régionales EEE et en s’appuyant sur Val’hor. Cordilament