EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet d’arrêté ministériel fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection

Du 31/10/2019 au 01/12/2019 - 2264 commentaires

Les objectifs de la révision de l’arrêté ministériel du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection sont multiples.

Il s’agit :

  • d’adapter le statut de protection des espèces à leur état de conservation et à la responsabilité patrimoniale de la France pour ces espèces (l’actualisation de la liste rouge des espèces menacées reptiles et amphibiens de France métropolitaine a été publiée en 2015) ;
  • de prendre en compte l’évolution de la connaissance scientifique, notamment en termes de taxonomie et de nomenclature des espèces (la liste des espèces d’amphibiens et de reptiles de France métropolitaine a été actualisée et validée le 31 janvier 2018 par le Comité de validation Muséum national d’Histoire naturelle/Société Herpétologique de France),
  • de protéger les habitats pour certaines espèces ;
  • de corriger des erreurs en soustrayant les espèces non indigènes, voire absentes.

Le projet prend également en compte l’évolution de la réglementation (CITES, faune sauvage captive).

Neuf espèces voient leur protection renforcée :
Pour une protection intégrale

  • Pelodytes punctatus (Daudin, 1803) : Pélodyte ponctué
  • Rana pyrenaica (Serra-Cobo, 1993) : Grenouille des Pyrénées
  • Pelophylax perezi (Seoane, 1885) : Grenouille de Pérez
  • Pelophylax kl. grafi (Crochet, Dubois, Ohler & Tunner, 1995) : Grenouille de Graf
  • Timon lepidus (Daudin, 1802) : Lézard ocellé
  • Natrix astreptophora (Seoane, 1884) : Couleuvre astreptophore
  • Natrix maura (Linnaeus, 1758) : Couleuvre vipérine

Pour la protection des habitats. La destruction des spécimens reste possible pour des raisons de sécurité.

  • Vipera aspis (Linnaeus, 1758) : Vipère aspic
  • Vipera berus (Linnaeus, 1758) : Vipère péliade

Huit espèces sont supprimées de l’arrêté, étant introduites ou non présentes en France, ou parce qu’il s’agit d’une sous-espèce d’une espèce déjà protégée :

  • Triturus carnifex (Laurenti, 1768) : Triton crêté italien
  • Speleomantes [Hydromantes] ambrosii (Lanza, 1955) : Spélerpès brun
  • Discoglossus pictus (Otth, 1837) : Discoglosse peint
  • Rana iberica (Boulenger, 1879 : Grenouille ibérique
  • Testudo graeca (Linnaeus, 1758) : Tortue grecque
  • Podarcis sicula (Rafinesque, 1810) : Lézard sicilien
  • Chalcides chalcides (Linnaeus, 1758) : Seps tridactyle
  • Pelophylax lessonae bergeri (Günther in Engelmann, Fritzsche et Obst, 1986) : Grenouille de Berger. Sous-espèce de Grenouille de Lessona qui reste protégée à l’article 2 du projet d’arrêté.

On peut souligner enfin des évolutions pour les espèces suivantes :

  • Hyla molleri Bedriaga 1889 : Rainette ibérique. C’est un nouveau taxon récemment élevé au rang d’espèce.
  • Iberolacerta aranica (Arribas, 1993) : Lézard du Val d’Aran, Iberolacerta aurelioi (Arribas, 1994) : Lézard d’Aurelio, Iberolacerta bonnali (Lantz, 1927) : Lézard de Bonna. Ces 3 espèces étaient confondues antérieurement dans l’espèce Lézard montagnard pyrénéen A. monticola.
  • Bufo spinosus Daudin 1803 : Crapaud épineux. C’est une sous-espèce du Crapaud commun Bufo bufo élevée au rang d’espèce.
  • Chalcides striatus (Cuvier, 1829) : Seps strié. C’est une sous-espèce du taxon Chalcides chalcides élevée au rang d’espèce qu’il est important de protéger (Chalcides chalcides est retiré du nouvel arrêté, n’étant pas dans son aire de répartition naturelle).
  • Anguis veronensis Pollini, 1818 : Orvet de Vérone. C’est un nouveau taxon récemment génétiquement identifié en France, anciennement pris en compte sous le nom de Anguis fragilis.

La consultation est ouverte du jeudi 31 octobre 2019 au dimanche 1er décembre 2019.

En application du dernier alinéa du II de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.


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Commentaires
  •  citoyen en colère, par Ferrié , le 29 novembre 2019 à 13h37

    Les vipères ne sont toujours pas protégées :espèces de moins en moins fréquentes. Combien de morts par morsure ? Bien moins dangereuse qu’un chasseur ...

  •  Pour la biodiversité , par Blanchard Denise , le 29 novembre 2019 à 13h16

    Stop aux actions irraisonnée la nature a besoin de tous pour vivre et survivre.
    Je trouve perso écoeurant de traquer des grenouilles pour leur piquer leurs jolies gambettes c est écoeurant, bestial et cruel

  •  On attend quoi?, par CORNIC , le 29 novembre 2019 à 13h08

    La France DOIT adopter cet arrêté avec des directive qui soit contraignantes sans quoi il sera bientôt trop tard...

  •  Ranaculture, par COUTURIER Michel , le 29 novembre 2019 à 12h45

    La présence de la grenouille rousse est liée à l’existence de plans d’eau, ces derniers permettant l’élevage des têtards jusqu’à la phase grenouillette. Beaucoup de ces plans d’eau ont été créés pour la ranaculture. Au printemps les pontes s’effectuent dans des eaux peu profondes, la gestion du niveau d’eau par la ranaculteur améliore considérablement le taux de réussite. Après l’éclosion, on favorise le développement des têtards : absence de prédateurs, voire poissons...
    Il n’est pas souhaitable de faire disparaitre ces plans d’eau.
    Concrètement, ces autorisations de capture ne concernent qu’une partie infime du territoire national et je suis persuadé que les populations de batraciens y sont plus élevées qu’ailleurs.
    Michel COUTURIER pisciculteur

  •  Avis du réseau CPIE Auvergne-Rhône-Alpes / Observatoire des Amphibiens, par Union Régionale des CPIE d'Auvergne-Rhône-Alpes , le 29 novembre 2019 à 12h40

    Les CPIE d’Auvergne – Rhône Alpes sont engagés de longue date dans le suivi scientifique et la conservation de la batrachofaune. Ils coordonnent l’observatoire des amphibiens d’Auvergne et celui du Pilat, et agissent pour la conservation des milieux aquatiques. A travers ces programmes, les CPIE collectent des données, étudient des espèces et des sites, surveillent les tendances évolutives, animent des réseaux d’acteurs publics et associatifs sur ce thème, rapports et ouvrages de référence. A la lumière de ces travaux, les CPIE d’Auvergne-Rhône Alpes portent le souhait que le nouveau texte évolue, pour mieux préserver certaines espèces (grenouilles rousses, grenouilles vertes et vipères) dont le déclin généralisé nous alarme.

    La Grenouille rousse, espèce en déclin alarmant

    Nous observons en Auvergne-Rhône Alpes un déclin rapide et récent, particulièrement marqué pour la Grenouille rousse, notamment à travers nos suivis par protocole PopAmphibien (échantillon de 350 points d’eau représentatifs des habitats humides d’Auvergne). Ainsi, en Haute-Loire, l’espèce a disparu de 43% des mares où elle était suivie avec ce protocole entre 2011 et 2017. En parallèle, de nombreux habitats humides indispensables à cette espèce –habitats actuellement non protégés- sont dégradés ou disparaissent. Ces tendances sont malheureusement partagées dans les autres régions de France.
    Les prélèvements de pêche domestique, encore souvent pratiqués dans nos territoires de montagne, ajoutent une cause de déclin à de nombreux autres facteurs environnementaux délétères. Le statut de conservation actuel de la Grenouille rousse n’est clairement plus compatible avec la pêche domestique de cette espèce.
    Nous demandons le classement de la Grenouille rousse en article 2 du présent arrêté. Les individus, à tous stades de développement, doivent être épargnés de tout prélèvement de pêche domestique, protégés intégralement, en toute saison, dans l’eau comme sur la terre ferme, ainsi que leurs habitats. L’espèce pourrait ainsi intégrer la séquence ERC (éviter-réduire-compenser) pour être mieux prise en compte dans les projets d’aménagement.

    Le risque de confusion entre Grenouille rousse et Grenouille agile rend l’arrêté actuel très difficile à appliquer sur le terrain

    Le risque de confusion avec la Grenouille agile, espèce protégée, est une réalité. De plus, en Auvergne Rhône Alpes, les deux espèces cohabitent fréquemment dans des habitats aquatiques semblables et à la même période. La grande ressemblance d’une espèce pêchable avec un taxon protégé comme la Grenouille agile, rend difficile et aléatoire le bon respect de la loi sur le terrain. Le classement de la Grenouille rousse en article 2 du prochain arrêté permettrait donc, en outre, d’éviter l’inévitable destruction de Grenouilles agiles par confusion de capture.

    Cas spécifique des prélèvements commerciaux de Grenouille rousse

    Le cas de l’exploitation commerciale de la Grenouille rousse en tant qu’espèce d’élevage (ranaculture), est plus complexe, et diffère du cas général des animaux libres et sauvages. Il fait intervenir des enjeux économiques et écologiques locaux, qui doivent être analysés spécifiquement dans certaines régions.

    L’arrêté autorise la pêche de la Grenouille verte commune (Pelophylax kl. esculentus), or sur le terrain, ce taxon est impossible à différencier d’autres espèces, qui elles, sont protégées voire quasi menacée de disparition comme la Grenouille de Lessona.

    La grande ressemblance d’une espèce pêchable avec des taxons protégés, rend ici impossible le bon respect de la loi sur le terrain. La reconnaissance fiable de la Grenouille verte commune est strictement impossible sur le terrain. Par ailleurs, la pêche des grenouilles vertes dans le cadre légal est une pratique peu fréquente, et dont l’interdiction ne porterait aucun préjudice économique à quiconque. Le classement de la Grenouille verte commune en article 2 du présent arrêté est nécessaire et urgent pour ne pas précipiter la Grenouille de Lessona dans un état de conservation critique.

    L’arrêté autorise encore la destruction de la Vipère aspic et de la Vipère péliade, espèces en danger

    Le déclin de ces espèces nécessite une protection totale des individus et de leurs habitats. En outre, notre région a une responsabilité particulière dans la conservation de la Vipère péliade, dont le déclin est par ailleurs accentué par les conséquences du changement climatique. Enfin, l’arrêté actuel invite les citoyens à aller au contact avec l’animal, en autorisant une destruction domestique, ce qui représente une prise de risque plus forte que d’autres gestes épargnant l’animal. Le classement de la Vipère aspic et de la Vipère péliade en article 2 du présent arrêté, est indispensable à la préservation sur le long terme de ces espèces en France, et permettra de diminuer le risque de morsures en évitant le contact avec ces animaux.

    Les CPIE, animateurs de nombreuses démarches nationales et locales sur la biodiversité de proximité, se tiennent prêts à imaginer des outils de sensibilisation adaptés pour décoder ces nouveaux enjeux auprès du public, et accompagner auprès des citoyens et des acteurs locaux, ces changements de cadre légal que nous appelons de nos vœux.

    Bernard BARON,
    Yvon BEC,
    co-présidents de l’Union Régionale des CPIE d’Auvergne Rhône Alpes

  •  Avis sur le projet d’arrêté fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national, par Madline RUBIN - Directrice ASPAS , le 29 novembre 2019 à 12h39

    Madame, Monsieur,

    Si l’ASPAS reconnaît que ce projet prévoit des avancées, nous déplorons qu’il permette la destruction de reptiles en déclin en France. En effet, la Vipère aspic et la Vipère péliade sont intégralement protégées dans les pays voisins, et ce depuis longtemps. La sécurité ne saurait justifier ces destructions, puisque les cas de morsures restent rares, et, a fortiori, les cas de morsures mortelles. Au lieu de diaboliser une espèce, il s’agit au contraire d’améliorer la connaissance du monde sauvage pour réduire l’exposition au risque qui est déjà très faible, en rappelant, par exemple, que d’un point de vue comportemental, les vipères sont des animaux craintifs qui prendront la fuite si la possibilité leur en est donnée.

    Ne pas interdire la destruction de ces deux espèces pour cette raison va à contre-courant du déclin massif de la biodiversité, qui concerne également les reptiles.

    L’ASPAS demande donc à ce que l’ensemble des espèces indigènes de reptiles et d’amphibiens soient protégées en France.

    Dans l’attente d’une réelle prise en compte de nos remarques, nous
    vous prions de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de notre
    considération distinguée.

  •  Non à cet arrêté en l’état, par jeudi de Grissac , le 29 novembre 2019 à 12h31

    Un principe premier : toutes les espèces de reptiles et de batraciens de France métropolitaine doivent être intégralement protégées.
    Si l’arrêté montre des avancées pour 7 espèces, il est inadmissible qu’il soit encore possible de détruire la vipère aspic (vipera aspis) et la vipère péliade (vipera berus) pour des raisons (prétextes !) de sécurité ! Ces espèces sont dans un très mauvais état de conservation à l’instar de l’ensemble de la biodiversité. Pour les amphibiens, autoriser la destruction des grenouilles vertes et rousses (Pelophylax kl.esculentus et Rana temporaria), dont les populatiuons s’effondrent sous les effets des drainages et des pesticides, est inadmissible d’autant que des risques de confusion avec d’autres espèces sont énorme puisque la grenouille verte n’est autre qu’un hybride entre la grenouille de Lessona et la grenouille rieuse qui sont protégées ! Procrire la pêche à la grenouille !

  •  concernant les vipères, par Poirier , le 29 novembre 2019 à 12h16

    Je ne peux être d’accord avec un texte qui envisage la destruction de certains de nos serpents. Naturalistes de terrain depuis plus de 30 ans, je n’ai croisé le chemin d’une vipère aspic qu’une seule fois. Et je n’en suis pas mort !!!
    Cessons donc de craindre nos espèces. Les dangers pour notre santé viennent d’ailleurs. (pesticides, particules fines, perturbateurs endocriniens …)

  •  Extension de la protection, par ALEGRE ELSA , le 29 novembre 2019 à 12h06

    Selon la liste rouge des espèces menacées de France, la Vipère péliade est classée « Vulnérable » et son déclin a tendance à se poursuivre. Partout en Europe de l’Ouest, cette espèce est strictement protégée. Le statut de conservation de la Vipère aspic est également très préoccupant avec des régressions dans l’Ouest de la France du fait de la dégradation du bocage et de l’intensification des pratiques agricoles. La France a donc une grande responsabilité pour la conservation de ces espèces. Ces deux espèces doivent donc être strictement protégées.
    Autoriser la destruction des vipères aspic et péliade au motif du risque de morsure est fallacieux. Les rares cas d’envenimation sont très bien pris en charge par les services médicaux et l’acte de tuer une vipère expose justement au risque de morsure. Comment accepter que les espèces sauvages soient détruites, alors que par ailleurs, il est possible de détenir des espèces de serpents exotiques bien plus dangereuses et pour lesquelles les anti-venins ne sont pas toujours disponibles ? Les deux espèces de vipères doivent être strictement protégées.
    Au regard du risque de confusion, continuer à autoriser la destruction des vipères aspic et péliade représente un risque pour les autres espèces de serpent qui sont quant à elles protégées.
    À l’heure où le déclin des amphibiens est documenté et que la population française mange à sa faim, continuer à autoriser la pêche des grenouilles est aberrant. Des milliers de bénévoles s’investissent chaque année pour aider les grenouilles à traverser les routes. Avec ce texte, un amateur de cuisses de grenouilles pourra les prendre directement dans les seaux disposés le long des routes pour les consommer. La destruction et la capture des grenouilles doivent être interdites.
    La Grenouille verte est un hybride entre la Grenouille de Lessona et la Grenouille rieuse, toutes deux protégées et ne peuvent donc être ni capturées, ni détruites. Or, il est impossible de faire la distinction entre les trois espèces. De même, il est très difficile de faire la distinction entre la Grenouille rousse et la Grenouille agile (Rana dalmatina), qui elle est intégralement protégée. Le risque est donc grand de pêcher finalement une espèce protégée. La destruction et la capture des grenouilles doivent être interdites.

  •  Pour une protection intégrale de toutes les espèces de reptiles et d’amphibiens, par Mirandola , le 29 novembre 2019 à 12h03

    Les chercheurs du monde entier nous mettent en garde contre la disparition accélérée des espèces, des lois se créent pour la préservation de la biodiversité et le Ministère de la transition écologique ne trouve pas mieux à faire que de projeter la destruction de la Vipère aspic et de la Vipère péliade tout en faisant l’impasse sur la protection de la Grenouille rousse et de la Grenouille verte.
    Je demande une protection intégrale de toutes les espèces de reptiles et d’amphibiens de France métropolitaine !

  •  Avis du réseau herpétologique de Picardie Nature sur le projet de modification de l’arrêté relatif au statut de protection des Reptiles et Amphibiens de France métropolitaine., par Picardie Nature , le 29 novembre 2019 à 11h42

    Suite à la consultation du projet d’arrêté ministériel fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection, nous avons été interpellés par plusieurs points concernant les statuts attribués à plusieurs espèces. Nous recommandons ainsi d’apporter plusieurs modifications à cet arrêté :

    • un classement à l’article 2 de la Vipère aspic (Vipera aspis) et de la Vipère péliade (Vipera berus), en remplacement de l’article 4 autorisant la destruction de ces deux espèces.

    Pour ces deux espèces, la possibilité de destruction partielle pour des raisons de sécurité ne nous semble pas du tout adaptée. En effet, l’une de ces espèces, la Vipère péliade est gravement menacée en Picardie (Picardie Nature Coord., 2016.) et en France (UICN France, MNHN & SHF, 2015), avec un classement « Vulnérable » d’après les derniers travaux de listes rouges menés à l’échelle de ces 2 territoires. L’action de destruction directe des individus est l’une des causes qui pourrait contribuer à faire disparaître localement cette espèce. Quant à la Vipère aspic, bien que non présente sur le territoire picard, les suivis dans des territoires accueillant l’espèce, montrent également une régression de ses populations. De ce fait nous pensons en toute logique, que ces 2 espèces de vipères mériteraient de bénéficier d’une protection intégrale en rejoignant les espèces inscrites à l’article 2 de l’arrêté.

    En plus de la menace qui pèse sur ces deux vipères, d’autres arguments nous semblent importants à signaler :
    - la France est actuellement le seul pays européen avec une protection partielle pour ces deux espèces ;
    - la destruction des vipères constitue précisément une prise de risque et une source d’exposition à l’envenimation ;
    - de nombreuses autres espèces de reptiles intégralement protégées risques d’être impactées par ce statut de protection partielle, en raison des risques de confusion avec les vipères (ex. : coronelle, couleuvres, orvets) ;
    - le nombre de morsures de vipère en France est faible (environ 300/an), sachant qu’une morsure ne conduit pas forcément à l’envenimation et qu’il existe un traitement efficace (Viperfav ® ) ;
    - moins d’un cas de décès lié à une morsure de vipères est signalé tous les 10 ans dû généralement à des captures ou des manipulations intempestives ;
    - les vipères sont des animaux craintifs qui prennent la fuite si la possibilité leur en est donnée. Ils ne
    constituent donc pas une menace justifiant leur destruction.

    • un classement à l’article 2 de la Grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus) et de la Grenouille rousse (Rana temporaria), afin d’interdire la capture et la destruction prévues dans l’article 3 de l’arrêté

    L’autorisation actuelle de capture et de destruction des Grenouille rousse (Rana temporaria) et Grenouille verte (Pelophylax kl. Esculentus), présente un fort risque de destruction d’espèces protégées en raison d’importants risques de confusion lors des prélèvements dans le milieu naturel. En effet, la détermination directe à vue des grenouilles est généralement difficile sur le terrain voir impossible, parfois même pour des personnes spécialistes. C’est par exemple le cas de la Grenouille agile très proche de la Grenouille rousse ou encore des Grenouilles de lesson et rieuse proches de la Grenouille verte.

    Ces deux espèces sont également concernées par la perte et la dégradation de leurs habitats qui constituent le premier facteur de déclin des amphibiens. La Grenouille rousse, autrefois considérée comme « commune » montre notamment d’importants signes de régression, comme cela a pu être constaté en Autriche avec une diminution de 83 % des populations de cette espèce (Kiek et al. 2017). La situation semble similaire en France, comme le montre une étude menée en Normandie, où un déclin de 24 % des populations suivies a été constaté durant ces dix dernières années (Astruc et al. soumis).

    L’importante régression de ces espèces justifie leur classement à l’article 2 de l’arrêté pour interdire leur destruction et permettre une protection intégrale de leurs habitats.

    • un classement à l’article 2 de l’ensemble des espèces actuellement citées dans l’article 3, afin d’assurer la protection des habitats de l’ensemble des amphibiens et reptiles du territoire métropolitain

    Les recherches scientifiques montrent unanimement une régression des amphibiens et reptiles sur le territoire métropolitain, avec en premier plan la destruction, la modification et la fragmentation de leurs habitats, auxquelles s’ajoutent d’autres causes comme la pollution de l’atmosphère, des sols et des eaux, la concurrence avec des espèces introduites, le dérèglement du climat, les maladies et pathogènes, ou encore la mortalité sur les routes et le braconnage.

    A titre d’exemple les travaux de listes rouges réalisés en 2016 par Picardie Nature montrent que plus d’un tiers des espèces d’amphibiens du territoire picard sont menacées de disparition à plus ou moins long terme si aucune mesure de conservation n’est prise. D’après la Liste rouge des espèces menacées en France, neuf espèces de reptiles sur 38 et huit espèces d’amphibiens sur 35 sont menacées de disparition sur le territoire métropolitain.

    Un classement en article 2 des espèces actuellement présentes à l’article 3, en assurant la protection des habitats, est l’une des possibilités majeurs de conserver et d’améliorer, à long terme l’état des populations d’Amphibiens et de Reptiles.

    Astruc, G., Miaud, C., Besnard, A., Barrioz, M. (soumis). Déclin alarmant des Amphibiens de France :
    l’exemple étayé de la Normandie. Bulletin de la Société Herpétologique de France.

    Kyek, M., Kaufmann, P. H., & Lindner, R. (2017). Differing long term trends for two common amphibian species (Bufo bufo and Rana temporaria) in alpine landscapes of Salzburg, Austria. PloS one, 12(11), e0187148.

    Picardie Nature (Coord.), 2016. Listes rouges régionales de la faune menacée de Picardie. les Chiroptères, les Mammifères terrestres, les Mammifères marins, les Amphibiens/Reptiles, les Araignées "orbitèles", les Coccinelles, les Orthoptères, les Odonates, les Rhopalocères et Zygènes.

    UICN France, MNHN & SHF (2015). La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Reptiles et Amphibiens de France métropolitaine. Paris, France.

  •  Avis, par Catil J.-M. , le 29 novembre 2019 à 11h33

    La destruction des vipères n’a pas lieu d’être dans cet arrêté et peut être préjudiciable à l’ensemble des serpents par confusions. Les pays voisins ayant pris des dispositions de protection n’ont pas constaté de hausses d’envenimations. Le risque reste très minime.Par ailleurs, ces espèces constituent des indicateurs précieux de l’état de santé des milieux naturels. Il est temps d’agir concrètement pour la conservation de la biodiversité. Dans 100 ans, ce sera trop tard...

  •  Ah dans quel beau pays (d’abrutis) nous vivons !, par laroche , le 29 novembre 2019 à 11h29

    La France, si beau pays qui part doucement en déliquescence......
    Chômage, délinquance, terrorisme, immigration et bien d’autres fléaux et problèmes qui nous gangrène passent au second plan. Eh oui, un ou plusieurs technocrates ignorants nous alertent sur la dangerosité de la Vipère Aspic au nom de la protection des habitats et raisons de sécurité . Prenez garde citoyens ! Regardez ou vous mettez les pieds et soulevez votre oreiller le soir avant de vous glisser dans un lit qui pourrait devenir celui de votre mort !!!
    Messieurs les technocrates, cessez de harceler la biodiversité qui n’en a vraiment pas besoin et occupez vous de sujets bien plus graves pour sortir notre pays du pétrin dans lequel il s’enfonce. Merci.

  •  Pour une protection renforcée des amphibiens et reptiles., par Renaud Trangosi , le 29 novembre 2019 à 11h24

    Le renforcement de la protection des espèces citées dans ce projet d’arrêté ministériel est un point très positif qu’il est important de conserver. Par ailleurs, l’actualisation de la liste des espèces autochtones de reptiles et d’amphibiens permet également une meilleure connaissance de celles-ci.

    Cependant, il serait infiniment plus simple de décréter une protection totale de tous les amphibiens et reptiles autochtones. Cela aurait le mérite de la clarté pour tout le monde, et simplifierait grandement l’application de ces mesures sur le terrain.

    Au regard du risque de confusion, continuer à autoriser la destruction des Vipères aspic et péliade représente un risque pour les autres espèces de serpent qui sont quant à elles protégées. L’autorisation dérogatoire de leur destruction "pour des raisons de sécurité" est très préjudiciables à ces deux espèces. Cette mesure est par ailleurs très impactante par rapport à d’autres espèces de reptiles considérées à tord pour des vipères et systématiquement détruit par mesure de précaution et surtout sans autorisation. Trop de gens ont une peur irrationnelle des serpents, il ne faut pas leur laisser l’excuse de la « mise en danger » car il vont la saisir pour tuer tout serpent plus ou moins à proximité de leur habitation (c’est déjà ce que font beaucoup à coups de pelle !!!). Il serait donc plus opportun des les protéger intégralement. Il est certainement possible de faire déplacer ces animaux par du personnel compétent et autorisé comme cela se fait dans d’autres pays.

    La Grenouille verte est un hybride entre la Grenouille de Lessona et la Grenouille rieuse, toutes deux protégées et ne peuvent donc être ni capturées, ni détruites. Or, il est impossible de faire la distinction entre les trois espèces. De même, il est très difficile de faire la distinction entre la Grenouille rousse et la Grenouille agile (Rana dalmatina), qui elle est intégralement protégée. Le risque est donc grand de pêcher finalement une espèce protégée. La destruction et la capture des grenouilles doivent être strictement interdites dans leur milieu naturel. Par contre qu’il y est un article dérogatoire pour l’élevage de ces grenouilles dans un milieu fermé (ranaculture) et leur commercialisation, n’est pas incohérent.

    Étant donné les menaces pesant sur la biodiversité ordinaire, le projet d’arrêté doit être à la hauteur des enjeux identifiés ce qui sous-entend le classement à l’article 2 de de toutes les espèces autochtones d’amphibiens et de reptiles, y compris la Vipère péliade et la Vipère aspic.

  •  protégeons la vie, par Rogier-Ressayre , le 29 novembre 2019 à 11h19

    mais qu’allons-nous laisser à nos enfants ,petits-enfants ???

  •  Du bohneur pour tous.., par Petit , le 29 novembre 2019 à 10h49

    Je suis une fane de photos, mon album faune et flore contient des centaines de prises de vues qui vont du rampant au volant en passant par les mammifères ; bref tout ce que la nature nous offre de merveilleux à contempler. Ayons la sagesse de permettre à nos enfants d’en profiter encore

  •  DESTRUCTION POUR DES RAISONS DE SECURITE ???, par GOUJON , le 29 novembre 2019 à 10h37

    merci pour les commentaires précédents concernant les vipères et leur prétendue dangerosité
    on parle de préserver la biodiversité et en même temps on trouve toujours une bonne raison de s’en éloigner...

  •  Protection des vipères et toute autre espèce identique, par LEFEVRE , le 29 novembre 2019 à 10h30

    Selon la liste rouge des espèces menacées de France, la Vipère péliade est classée « Vulnérable » et son déclin a tendance à se poursuivre. Partout en Europe de l’Ouest, cette espèce est strictement protégée. Le statut de conservation de la Vipère aspic est également très préoccupant avec des régressions dans l’Ouest de la France du fait de la dégradation du bocage et de l’intensification des pratiques agricoles. La France a donc une grande responsabilité pour la conservation de ces espèces. Ces deux espèces doivent donc être strictement protégées.

  •  Pour la vie, tout simplement, par Benoit VANHEE , le 29 novembre 2019 à 10h28

    Retirer la vie et sélectionner qui a le droit de vivre et qui doit mourir rappelle les heures les plus sombres de l’humanité.
    Les espèces présentes en France, introduites ou non, y sont installées et ne disparaitront jamais. Si il est décidé de gaspiller de l’argent public à les "contrôler", c’est un choix politique.
    Les populations de taxons sauvages deviennent si rares que l’augmentation de la population humaine qui les consomme risque de les faire disparaitre.
    Que toutes les espèces sauvages soient protégées, pour le plaisir de les admirer. Merci

  •   Protection reptiles et amphibiens, par Pierre M. , le 29 novembre 2019 à 10h24

    De nombreux reptiles et amphibiens sont en déclin en France. La France se doit de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer leur conservation.

    La Vipère aspic et la Vipère péliade doivent être ajoutées à l’article 2. Ces espèces ne doivent pas pouvoir être détruites. La dangerosité évoquée est largement surestimée (il y a nettement plus de morts par la chasse). De plus, cela nécessite de savoir identifier ces espèces et de ne pas les confondre avec des couleuvres. Cela entretien la peur de ces espèces pourtant très craintives. C
    es deux espèces sont en déclin et vulnérables.

    La Grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus)doit également être classée à l’article 2. Cette espèce appartenant au complexe lessonae-esculentus, est très difficile à distinguer des deux espèces parentes (G. Rieuse, G. de Lessona). Les erreurs de détermination vont donc impacter les autres espèces du complexe et cela sera préjudiciable pour les populations de Grenouilles de Lessona déjà fragiles. De plus, autoriser la pêche de ce taxon, en ayant connaissance des difficultés d’identification, rend inapplicable les contrôles de la police de l’environnement.

    La Grenouille rousse devrait aussi être classée à l’article 2 car en fort déclin. Ajoutons à cela la confusion morphologique entre la Grenouille rousse et la Grenouille agile très fréquente chez les non spécialistes.

    Il est primordial de protéger l’ensemble des habitats des amphibiens et des reptiles afin de maintenir et rétablir à terme des populations d’amphibiens et de reptiles.

    Bien cordialement
    P. M.