EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet d’arrêté ministériel fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection

Du 31/10/2019 au 01/12/2019 - 2264 commentaires

Les objectifs de la révision de l’arrêté ministériel du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection sont multiples.

Il s’agit :

  • d’adapter le statut de protection des espèces à leur état de conservation et à la responsabilité patrimoniale de la France pour ces espèces (l’actualisation de la liste rouge des espèces menacées reptiles et amphibiens de France métropolitaine a été publiée en 2015) ;
  • de prendre en compte l’évolution de la connaissance scientifique, notamment en termes de taxonomie et de nomenclature des espèces (la liste des espèces d’amphibiens et de reptiles de France métropolitaine a été actualisée et validée le 31 janvier 2018 par le Comité de validation Muséum national d’Histoire naturelle/Société Herpétologique de France),
  • de protéger les habitats pour certaines espèces ;
  • de corriger des erreurs en soustrayant les espèces non indigènes, voire absentes.

Le projet prend également en compte l’évolution de la réglementation (CITES, faune sauvage captive).

Neuf espèces voient leur protection renforcée :
Pour une protection intégrale

  • Pelodytes punctatus (Daudin, 1803) : Pélodyte ponctué
  • Rana pyrenaica (Serra-Cobo, 1993) : Grenouille des Pyrénées
  • Pelophylax perezi (Seoane, 1885) : Grenouille de Pérez
  • Pelophylax kl. grafi (Crochet, Dubois, Ohler & Tunner, 1995) : Grenouille de Graf
  • Timon lepidus (Daudin, 1802) : Lézard ocellé
  • Natrix astreptophora (Seoane, 1884) : Couleuvre astreptophore
  • Natrix maura (Linnaeus, 1758) : Couleuvre vipérine

Pour la protection des habitats. La destruction des spécimens reste possible pour des raisons de sécurité.

  • Vipera aspis (Linnaeus, 1758) : Vipère aspic
  • Vipera berus (Linnaeus, 1758) : Vipère péliade

Huit espèces sont supprimées de l’arrêté, étant introduites ou non présentes en France, ou parce qu’il s’agit d’une sous-espèce d’une espèce déjà protégée :

  • Triturus carnifex (Laurenti, 1768) : Triton crêté italien
  • Speleomantes [Hydromantes] ambrosii (Lanza, 1955) : Spélerpès brun
  • Discoglossus pictus (Otth, 1837) : Discoglosse peint
  • Rana iberica (Boulenger, 1879 : Grenouille ibérique
  • Testudo graeca (Linnaeus, 1758) : Tortue grecque
  • Podarcis sicula (Rafinesque, 1810) : Lézard sicilien
  • Chalcides chalcides (Linnaeus, 1758) : Seps tridactyle
  • Pelophylax lessonae bergeri (Günther in Engelmann, Fritzsche et Obst, 1986) : Grenouille de Berger. Sous-espèce de Grenouille de Lessona qui reste protégée à l’article 2 du projet d’arrêté.

On peut souligner enfin des évolutions pour les espèces suivantes :

  • Hyla molleri Bedriaga 1889 : Rainette ibérique. C’est un nouveau taxon récemment élevé au rang d’espèce.
  • Iberolacerta aranica (Arribas, 1993) : Lézard du Val d’Aran, Iberolacerta aurelioi (Arribas, 1994) : Lézard d’Aurelio, Iberolacerta bonnali (Lantz, 1927) : Lézard de Bonna. Ces 3 espèces étaient confondues antérieurement dans l’espèce Lézard montagnard pyrénéen A. monticola.
  • Bufo spinosus Daudin 1803 : Crapaud épineux. C’est une sous-espèce du Crapaud commun Bufo bufo élevée au rang d’espèce.
  • Chalcides striatus (Cuvier, 1829) : Seps strié. C’est une sous-espèce du taxon Chalcides chalcides élevée au rang d’espèce qu’il est important de protéger (Chalcides chalcides est retiré du nouvel arrêté, n’étant pas dans son aire de répartition naturelle).
  • Anguis veronensis Pollini, 1818 : Orvet de Vérone. C’est un nouveau taxon récemment génétiquement identifié en France, anciennement pris en compte sous le nom de Anguis fragilis.

La consultation est ouverte du jeudi 31 octobre 2019 au dimanche 1er décembre 2019.

En application du dernier alinéa du II de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.


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Commentaires
  •  Vos enfants ne connaîtront jamais la vipère péliade , par Chagneau , le 30 novembre 2019 à 21h53

    Biologiste et Ecologue de métier et non « ecolo politique », je trouve ce projet déplorable. La vipère péliade est largement en déclin.
    Cdt
    Guillaume Chagneau

  •  Non à la possibilité de détruire deux espèces de vipères pour de mauvaises raisons, par Thierry de Noblens , le 30 novembre 2019 à 21h42

    En fait, si l’on ne lisait pas la note de présentation ci-dessus et que l’on se contente de regarder le projet d’arrêté, c’est à dire le seul document qui sera consultable dans les mois et les années à venir, on peut constater que l’article 4, en plus d’être un non sens écologique est parfaitement hypocrite. C’est en creux seulement que l’on peut comprendre qu’il est permis de détruire des vipères aspic et péliade. L’écrire clairement serait-il gênant pour la future signature ministérielle ? Il y a également un léger parfum d’absurde dans cet article 4. Exemple : la mutilation des vipères est interdite, mais comme leur destruction est autorisée, a-t-on le droit de les mutiler une fois détruites ?

    Revenons à l’argument sécuritaire mis en avant, non pas dans l’arrêté d’ailleurs mais dans la note de présentation.

    La raison de sécurité invoquée est illogique et même contre-productive. En effet, elle favorise la prise de risque et la destruction d’autres espèces protégées. Je relève ici cinq points qui s’opposent totalement à cet argument :

    Le niveau de danger d’une espèce n’est aucunement un critère pour définir son statut de protection à l’échelle internationale ou nationale, sinon il faudrait autoriser entre autre la destruction des abeilles domestique qui n’ont vraiment pas besoin de ce genre de prise de position incongrue

    La destruction des vipères constitue précisément une prise de risque et une source d’exposition à l’envenimation. La meilleure attitude face à une vipère est de lui laisser prendre la fuite.
    Acculer ou menacer des animaux quels qu’ils soient nous expose à un réflexe bien normal de défense de la part de cet animal.

    Le statut actuel de protection partielle est associé à des comportements de destruction aveugle de nombreuses espèces de reptiles (couleuvres, orvets) pourtant intégralement protégées.La peur du serpent en général, sans pouvoir en reconnaitre l’espèce précise autorise chez certains bien des dérives

    Les experts en toxicologie et le réseau des centres antipoison et de toxicovigilance indiquent que le nombre de morsure de vipères en France est faible (environ 300/ an). Rien à voir avec le nombre de morsures du fait de chiens domestiques qui est très important par contre. De plus la France dispose d’un médicament anti-venin permettant de traiter efficacement les cas d‘envenimations (Viperfav®). En pratique, plus aucun cas de décès n’est recensé sur le territoire métropolitain (sauf cas très exceptionnels, moins d’un cas tous les 10 ans du généralement à des captures ou des manipulations intempestives). Il faut précisément améliorer la connaissance des espèces pour réduire l’exposition au risque qui est déjà très faible.

    D’un point de vue comportemental, les vipères sont des animaux craintifs et pacifiques qui prendront la fuite si la possibilité leur en est donnée. Ils ne constituent donc pas une menace justifiant leur destruction notamment dans leur milieu naturel

    La biodiversité en déclin
    L’anthropocène est associé à un déclin massif de la biodiversité (oiseaux, insectes, amphibiens) qui concerne aussi les reptiles. Les vipères en France ont subi de nombreux épisodes de destructions ciblées par le passé. Légitimer dans un texte la destruction d’espèce en déclin est anachronique. Ce type de position d’un autre âge était encore envisageable au XXème siècle mais plus en 2019 par le Ministère de la Transition écologique et solidaire. L’impact pédagogique sur les jeunes générations est dévastateur. L’argument sous-jacent est ”il est possible de détruire ce que l’on ne connait pas, ce qui fait peur”.

    C’est la démarche inverse qui est désormais attendue et déjà lancée dans de nombreuses structures. Ainsi la pédagogie à l’environnement et la mobilisation des réseaux associatifs (“un serpent dans mon jardin”) permet d’apporter les connaissances requises pour appréhender la biodiversité qui nous entoure.

    En conclusion :
    - Le statut proposé pour les Vipères aspic et péliade dans ce nouvel arrêté est à la fois hypocrite (l’autorisation de destruction n’est pas écrite) illogique (déclin des espèces), anachronique (destruction d’espèces sur fond de méconnaissance) et injustifié (critère fallacieux de la sécurité).

    - Je demande l’inclusion de la Vipère aspic Vipera aspis et de la Vipère péliade Vipera berus à l’article 2 du présent projet d’ arrêté.

    - Un groupe d’experts se tient à disposition pour avancer sur cette problématique déjà soulevée et signalée en 2007 après la publication de la première version de l’arrêté.

  •  Projet d’arrêté fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur le territoire métropolitain, par Edith FICHEUX-LEFORT , le 30 novembre 2019 à 21h41

    Je suis radicalement contre ce projet la vipère aspic est en déclin en France.
    Et en ce qui concerne les grenouilles il peut y avoir confusion entre les espèces. Entre La grenouille rousse et la grenouille agile.
    Et interdiction de manger les cuisses de grenouilles

  •  Non à cet arrêté, par Geffroy , le 30 novembre 2019 à 21h37

    Qui prévoit la possibilité de destruction de la vipère aspic et de la vipère péliade.

  •  Respectons la biodiversité, par Vastra B , le 30 novembre 2019 à 21h33

    Chaque espèce a sa place et son rôle dans son biotope.Il faut relever le défi de la chute de la biodiversité.
    La Vipère aspic, la Vipère péliade et la Grenouille verte doivent être intégralement protégées au même titre que les autres vipères et grenouilles car il est très difficile de faire la distinction entre des espèces voisines protégées.

  •  Observations sur le projet d’arrêté amphibiens-reptiles, par Troquereau , le 30 novembre 2019 à 21h31

    Actuellement, 40% des Reptiles et 60% des Amphibiens en France sont en déclin et 20% d’entre eux risquent de disparaître à court terme (UICN France, MNHN & SHF, 2015). À ce titre, il est nécessaire que l’ensemble des espèces d’amphibiens et de reptiles autochtones puisse être protégé intégralement. Si l’on s’intéresse à la situation des vipères, il est reconnu que l’état de conservation de leurs populations est très préoccupant d’après plusieurs listes rouges UICN. Pour autant, ce projet d’arrêté ne permet ni à la Vipère péliade, ni à la Vipère aspic de bénéficier d’une protection intégrale.

  •  Respectons la biodiversité, par Vastra B , le 30 novembre 2019 à 21h24

    Chaque espèce a sa place et son rôle dans son biotope. Il faut relever le défi de la chute de la biodiversité.
    La Vipère aspic,la Vipère péliade et la Grenouille verte doivent être intégralement protégées au même titre que les autres vipères et grenouilles car il est très difficile de faire la distinction entre des espèces voisines protégées !

  •  Vipères et grenouilles à protéger, par Christophe Ancelet , le 30 novembre 2019 à 21h15

    Les vipère péliade et aspic ont des effectifs en diminution qui justifient un statut de protection. Leur destruction est incompatible avec une volonté de sauvegarde affichée des espèce alors que le danger qu’elle représente au regard des population humaine est très faible. L’information du public sur les précautions à prendre dans les milieux occupés doit palier à la destruction.

    La pêche des grenouilles n’est quand à elle pas sélective et n’est plus justifiable au regard de la diminution de ces espèces et de leurs habitats.

  •  Pour une protection intégrale des vipères et des grenouilles, par Chris , le 30 novembre 2019 à 21h12

    La biodiversité s’effondre. C’est une sixième extinction de masse qui a commencé d’après les scientifiques. La pollution, le réchauffement climatique, la réduction de l’habitat... Tout y concourt. Il est donc grand temps de protéger et sauver ce qui peut encore l’être, en tout cas, tout faire pour.
    Et malgré les avancées intéressantes qui sont présentées, ce n’est pas encore tout à fait le cas, puisque vipères aspic et péliade pourront être tuées, alors même qu’elles sont en déclin !!! Puisqu’elles sont protégées dans les pays voisins, comment se fait-il qu’en France, on ne puisse pas faire de même ? ! Il est en France possible de détenir des espèces de serpents exotiques, d’autant plus dangereuses, par contre, nos propres serpents dans la nature peuvent être éliminés sous prétexte de leurs morsures venimeuses (qui sont toutefois rares et très bien prises en charges par les services médicaux). De plus, le risque de confusion avec des espèce protégées, mette celles-ci en danger.
    Risque de confusion que l’on retrouve aussi chez les grenouilles, puisque la grenouille de Lessona et la grenouille rieuse sont protégées, et que la distinction avec la grenouille verte est particulièrement difficile. Difficile également de faire la distinction entre la grenouille agile, qui est protégée, et la rousse... Le risque est donc trop grand de tuer des espèces protégées.
    Manger des grenouilles n’est pas une nécessité, pas plus que de tuer des vipères... De nos jours, la biodiversité a plus que besoin d’être protégée, alors non à la capture et la destruction des amphibiens et non à la destruction des reptiles !

  •  Protégeons mieux les serpents et les grenouilles , par Bertin , le 30 novembre 2019 à 20h59

    Alors que la biodiversité subit un déclin sans précédent, ce nouvel arrêté ne protège pas assez les reptiles notamment serpents et grenouilles dont les effectifs sont pourtant partout en recul. Les arguments de la dangerosité ou de la gastronomie ne sont pas recevables !

  •  Continuons dans la lancée !, par Ecologistes de l'Euziere , le 30 novembre 2019 à 20h50

    Positivons d’abord pour cette démarche de volonté de mise à jour et d’amélioration de l’arrêté. Ce document est perçu comme « un premier jet » maladroit qui mérite d’être amélioré. Coconstruisons le grâce à nos expériences et à nos connaissances !


    1) Protégeons les habitats des espèces (protection intégrale)

    Les moyens actuels (humains, financiers) pour la protection des espèces étant limités, des priorités d’actions de conservation doivent être menées sur les espèces les plus vulnérables et les espèces « parapluie ». Ces dernières (a minima) doivent alors disposer d’une protection intégrale (habitat + individus) !

    Notre association propose l’ajout des espèces suivantes à l’article 2 du présent arrêté :

    AMPHIBIENS

    Urodèles

    Salamandridés :

    Salamandre de Corse (Salamandra corsica) (Savi, 1838).

    Salamandre tachetée (Salamandra salamandra) (Linné, 1758).

    Triton alpestre (Triturus alpestris) (Laurenti, 1768).

    Triton de Blasius (Triturus blasii) (de l’Isle, 1862).

    Triton palmé (Lissotriton helveticus) (Razoumowski, 1789).

    Triton ponctué ( Lissotriton vulgaris) (Linné, 1758).

    Anoures

    Bufonidés :

    Crapaud commun (Bufo bufo) (Linné, 1758).

    Crapaud épineux (Bufo spinosus) (Daudin 1803)

    Ranidés :

    Grenouille de Berger (Pelophylax bergeri) (Günther, 1985).

    Grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus) (Pallas, 1771) en raison des confusions possibles avec les autres espèces du genre pelophylax.

    REPTILES

    Lacertiliens

    Geckonidés :

    Hémidactyle verruqueux (Hemidactylus turcicus) (Linné, 1758).(hors introductions dans le milieu bâti)

    Scincidés :

    Seps strié (Chalcides striatus) (Linné, 1758).

    Lacertidés :

    Lézard vivipare (Lacerta vivipara) (Jacquin, 1787).

    Psammodrome algire (Psammodromus algirus) (Linné, 1758).

    Psammodrome d’Edwards (Psammodromus edwarsianus) (Fitzinger, 1826).

    Ophidiens

    Vipéridés :
    Vipère aspic (Vipera aspis) (Linné, 1758).
    Vipère péliade (Vipera berus) (Linné, 1758).

    Colubridés :

    Couleuvre à échelons (Zamenis scalaris) (Schinz, 1822).

    Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus) (Hernann, 1804).

    2) Donnons l’exemple avec le cas des vipères

    Les vipères sont connues de tous car elles suscitent des émotions telles que la peur et la curiosité. L’argument de la sécurité pour sa destruction est inadéquat lorsque l’on s’intéresse à l’écologie et au comportement de ces animaux craintifs. La protection intégrale de ces espèces serait un très bon moyen de sensibilisation des citoyens dans un contexte de volonté d’une meilleure prise en compte de la nature dans nos sociétés.

    Notre association demande l’ajout de ces espèces à l’article 2 (voir plus haut).


    3) La pêche de la Grenouille verte et de la Grenouille rousse doit être cadrée
    car la confusion entre des espèces communes et des espèces plus rares peut localement poser des problèmes de conservation (ex : confusion Grenouille rieuse / Grenouille de Graf).

    Merci pour la prise en compte de cet avis

    Nous sommes disponibles pour des précisions

  •  Contre, contre, contre ce projet !, par goarnisson , le 30 novembre 2019 à 20h43

    La biodiversité disparaît de la planète. Chaque espèce animale et végétale est UTILE. Il n’existe aucun animal nuisible à part le bipède appelé homme ! Arrêtons de détruire, reconstruisons ! Pour beaucoup d’espèces il est déjà trop tard. C’est vraiment désespérant. STOP aux massacres !

  •  Oui à la vie Oui aux vipères Oui aux grenouilles, par Davet , le 30 novembre 2019 à 20h33

    Les espèces de vipères sont en régression va-t-on continuer à décimer tout sur notre passage? Le risque de morsure est un argument fallacieux. Aseptiser un territoire n’est pas une solution saine, ça en devient surréaliste. L’hybridation des grenouilles ne permet pas de pouvoir déterminer l’espèce, c’est condamner toutes les grenouilles (et pas que) que de permettre la capture de l’une d’entre elles.

  •  Contre l’autorisation de nuire à des espèces naturelles , par MAILLOT Elise , le 30 novembre 2019 à 19h47

    Quels sont les chiffres qui justifient du risque que representent la Vipère aspic et la vipère péliade ?
    De quel droit autoriser une potentielle extinction ?
    Ne pouvons nous pas vivre en harmonie avec notre écosystème sans vouloir toujours le contrôler et le modifier? En modifiant un équilibre, nous créons un nouveau dysfonctionnement.
    La nature est bien faite, arrêtons de vouloir intervenir.

  •  PROTEGEONS LES REPTILES ET AMPHIBIENS, par LE BOT , le 30 novembre 2019 à 19h41

    Nous voyons de moins en moins de reptiles dans nos campagnes,malgré le statut de protection de reptiles telle la Vipère péliade est classée « Vulnérable » et son déclin a tendance à se poursuivre. Partout en Europe de l’Ouest, cette espèce est strictement protégée. Le statut de conservation de la Vipère aspic est également très préoccupant avec des régressions dans l’Ouest de la France du fait de la dégradation du bocage et de l’intensification des pratiques agricoles. La France a donc une grande responsabilité pour la conservation de ces espèces. Il est indispensable de protéger ces espèces fragiles et menacées de disparition.

  •  L’arrêté doit être amélioré en faveur de certaines espèces, par GDEAM-62 , le 30 novembre 2019 à 19h38

    Association GDEAM-62
    1, rue de l’église
    62170 Attin (Pas-de-Calais)

    A) SUR LES AMPHIBIENS
    Notre association se réjouit de l’élargissement de la liste des espèces protégées à l’article 2 (habitats compris), ce qui apportera un outil supplémentaire pour protéger des sites non inclus dans des espaces protégés, notamment des micro-sites.
    En revanche, nous ne comprenons moins pas que toutes les espèces d’amphibiens et leurs habitats ne soient pas intégralement protégés. Sur ce point, nous demandons que soient pris en considération les points suivants :

    1_Les difficultés d’identification entre espèces rendent impossible l’application de la réglementation au public non spécialisé.
    -  La Grenouille verte (Pelophylax kl. Esculenta) est un hybride entre la Grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae) et la Grenouille rieuse (Plophylax ridibundus), qui sont, quant à elles, protégées. La distinction entre les trois est affaire d’expert.
    -  Il est aussi particulièrement difficile de distinguer la Grenouille rousse (Rana temporaria) et la Grenouille agile (Rana dalmatica). Cette dernière est aussi intégralement protégée.
    Dans les faits, autoriser la capture de la Grenouille rousse et de la Grenouille verte revient donc à admettre la capture des autres espèces qui sont protégées.
    Nous ne voyons pas d’autres solutions que l’interdiction de capture de toutes les espèces afin d’éviter une réglementation inapplicable dans les faits. Ces espèces devraient être à l’article 2.

    2_La capture à des fins commerciales de la Grenouille rousse (Rana temporaria) est autorisée dans le projet d’arrêté (article 6). Nous ne comprenons pas que cette activité commerciale de prédation soit permise alors que les populations sont en déclin.

    3_Les habitats des espèces relevant de l’article 3 ne sont pas protégés. Il est étonnant qu’on attende l’effondrement des populations pour se décider à protéger les habitats. Les populations de Salamandre tachetée (Salamandre salamandra) et de trois espèces de Tritons sont notamment concernées, le Triton ponctué (Lissotriton vulgaris), le le Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) et le Triton palmé (Lissotriton helveticus).

    Or ces quatre espèces ont des effectifs en déclin sensible.
    La note explicative accompagnant la liste rouge des amphibiens de France nous indique :
    « Outre les espèces menacées, quatre espèces de reptiles et douze d’amphibiens se classent aujourd’hui dans la catégorie “Quasi menacée”. Parmi ces espèces, la moitié était en catégorie “Préoccupation mineure” lors de la précédente évaluation et leur situation s’est donc détériorée. Bien qu’encore relativement répandues en France, ces espèces subissent une dégradation marquée et continue de leurs habitats, à l’image du Triton ponctué et du Lézard des souches. Le nombre d’espèces menacées pourrait donc augmenter significativement dans les années à venir si aucune action n’était entreprise pour améliorer leur situation. »

    Sur le Triton ponctué tout particulièrement, il est indiqué également :

    « Le Triton ponctué est une espèce de plaine qui occupe la moitié nord du territoire métropolitain, où il affectionne une grande diversité de milieux humides. S’il privilégie pour sa reproduction les petits plans d’eau et les fossés peu profonds, généralement ensoleillés et bien végétalisés, il est également présent dans les mares forestières ou dunaires.
    Cette espèce est encore relativement commune dans son aire de répartition, mais la dégradation de la qualité de l’eau et la disparition quasi-continue des zones humides depuis plus de 50 ans ont entraîné un déclin et un morcellement de ses populations, qui se poursuivent encore aujourd’hui. Le drainage des milieux humides contribue par exemple à la raréfaction de ses habitats aquatiques et constitue un facteur notable de menace. L’espèce a ainsi déjà disparu de nombreuses localités »

    On ne peut pas être plus explicite sur les causes de régression des populations de ces espèces, ce que nous vérifions régulièrement sur notre territoire d’intervention en particulier. Ces quatre espèces doivent donc impérativement être basculées à l’article 2 (protection intégrale). Il en va de la crédibilité de l’arrêté.

    3_Notre association œuvre à la connaissance et la protection de la nature dans le Pas-de-Calais. La défense de la faune est une des missions statutaires. Elle organise parfois des opérations de sauvetage des amphibiens. Le dernier en date a été effectué à la lisière d’un bois qui jouxte une route départementale qui les sépare de leurs prairies humides préférées où se reproduire. Les automobilistes ont le mauvais goût d’y faire une hécatombe tous les ans. Planter la barrière, les seaux, les relever tous les matins pendant des semaines, c’est un exercice qui demande beaucoup d’investissement humain et matériel ! Il est néanmoins gratifiant quand on a la sensation de faire œuvre utile. Toutefois, pendant que les uns s’attellent à sauver les amphibiens, d’autres n’aspirent qu’à les manger, du moins pour certaines grenouilles. Nous préférons ne pas penser que nos efforts pourraient être détournés de leur objet par des indélicats qui viendraient siphonner les seaux en douce.
    Néanmoins, pour parer à cette éventualité, par respect de nos efforts et l’effort de tous ceux qui accomplissent les mêmes, par respect de notre dévouement à tous à la cause des amphibiens et à l’intérêt général, nous demandons à ce que la loi contienne une mesure d’interdiction de prélèvement des espèces autorisés à la capture dans le but de ne pas nuire aux opérations de comptage, de sauvetage ou d’études scientifiques. L’interdiction devrait, au minimum, porter sur toute la la période de reproduction des espèces concernées.

    5_SUR LES REPTILES
    La destruction de la Vipère péliade (Vipera berus) et de la Vipère aspic (Vipera aspis) reste autorisée dans ce projet d’arrêté, ce qui n’est pas compréhensible.
    1_Ces espèces sont en déclin partout en France. La liste rouge des espèces menacées en France indique que la Vipère péliade est classée « Vulnérable ». La vipère aspic l’est désormais dans certaines régions méridionales (Aquitaine, Midi-Pyrénées).

    Les populations de Vipère aspic régressent sensiblement dans les autres régions où elle est présente. La Vipère péliade régresse aussi sensiblement, notamment dans l’ouest de la France du fait de la régression préoccupante du bocage et de l’intensification de l’agriculture qui réduisent ses milieux de vie. Dans le Nord, elle est déjà raréfiée.

    2_La protection de ces espèces en déclin est une nécessité pour qu’elles puissent être mieux prises en compte dans les travaux d’aménagement (séquence « Éviter/Réduire/Compenser »).

    3_La dangerosité de ces espèces est à relativiser sérieusement. Le centre hospitalier régional et universitaire de Lille a publié une analyse « des chiffres du centre antipoison de Lille sur les morsures de serpents dans le nord de la France de 1997 à 2001 ». Le centre n’a eu à traité en 5 ans que 39 cas situés dans une grande « Région » constituée de 16 départements de la région parisienne, la Picardie, le Nord-Pas-de-Calais et de la Haute-Normandie. Il s’agissait donc de 7,8 par an en moyenne. La Vipère aspic n’existe pas sur son territoire d’intervention, c’est donc la Vipère péliade qui a été logiquement en cause dans la majorité des cas (30) auxquels s’ajoutaient 5 cas de morsures par des serpents exotiques (manipulation des serpents en terrarium) et 5 morsures de serpents d’espèces inconnues. La majeure partie des cas étaient dans les 5 départements normands, soit 15 (38,5% des cas). Les 5 départements de Picardie et du Nord/Pas-de-Calais n’ont connu que 11 cas dont au moins 3 dus à des serpents exotiques, soit 28% des cas. Dans 79% des cas (31), les conséquences de la morsure n’ont causé qu’un gonflement localisé et une rougeur (grade 0 ou 1). Dans 13% des cas (5), le gonflement a atteint le bras ou la jambe, selon si la morsure a atteint le pied ou la main, et provoqué divers désagréments (grade 2). Dans 8% des cas (3), la morsure a provoqué un état de choc du fait d’allergie (grade 3). 7 cas seulement ont nécessité un antidote spécifique (18%), les autres patients ne recevant « qu’un traitement symptomatique ». L’article conclut : « dans tous les cas la guérison est survenue sans séquelle ».
    Si cette analyse n’a porté que sur cinq ans, elle n’en reste pas moins très instructive. Il en résulte :
    -  La Vipère péliade –seule des deux vipères à l’état sauvage dans ces 18 départements- provoque bien peu de morsures : le centre antipoison de Lille n’a eu à connaitre de morsures imputées à la Vipère péliade que dans moins de 2 cas en moyenne par an dans 15 départements (Paris mis à part) et en 5 ans.
    -  Des départements entiers n’ont connu aucun cas (Aisne notamment) ou seulement un ou deux (Pas-de-Calais, Somme, Eure, Orne).
    -  Les rares cas d’envenimation sont très bien pris en charge par les services médicaux.
    -  La destruction des vipères indigènes au nom d’une prétendue dangerosité est d’autant plus dénuée de sens qu’il est autorisé de détenir des espèces de serpents exotiques, dangereux ou pas, à domicile.
    -  Les morsures de Vipère péliade dans le Nord de la France semblent être finalement un problème de santé public assez insignifiant.
    http://cap.chru-lille.fr/GP/magazines/93593.html
    Plus généralement, il ne semble pas y avoir de cas de mortalité par morsure de vipères en France. En comparaison, les morsures de chiens sont monnaie courante et parfois mortelle. Il n’est pas pour autant autorisé de détruire les chiens préventivement pour autant.

    4_Si la crainte de morsures de vipères est compréhensible, la destruction n’est pas la solution. Donner la faculté à n’importe quel quidam de détruire les vipères revient à encourager tout acte inconsidéré susceptible d’entrainer la morsure.
    De plus, autoriser la destruction est inévitablement un encouragement à la destruction quand des solutions alternatives existeraient.

    La méconnaissance des espèces est grande dans le public. Ainsi, d’autres espèces de serpents (couleuvre, couleuvre vipérine, etc.) font les frais des actes destruction.

    Nous proposons donc d’assortir l’interdiction de destruction :
    -  de la possibilité de recourir au déplacement de l’animal en cas de nécessité pour des considérations de sécurité ou de santé publique
    ou
    -  d’autoriser la destruction uniquement en cas d’intrusion dans les domiciles et jardins et en l’absence de toute autre solution immédiate.

    5_L’acceptabilité par nos concitoyens de la protection des vipères ne va pas toujours de soi, tant l’image des ces serpents est dégradée dans l’opinion. Comme toujours la protection des espèces et de leurs habitats a besoin d’une vulgarisation scientifique et culturelle afin de permettre à tout un chacun de comprendre les considérations écologiques et biologiques. Faire évoluer la réglementation doit s’accompagner d’une stratégie éducative et de moyens sérieux alloués aux organismes sur le terrain qui œuvrent, d’une part, à faire évoluer les mentalités et les représentations imaginaires et, d’autre part, à faire entrer l’écologie et le droit de l’environnement dans les mœurs.

    Le 30/11/2019,
    pour le GDEAM-62 et le groupe de réflexion,
    Marc Everard
    son directeur

  •  Une protection à améliorer pour certaines espèces, par GDEAM-62 , le 30 novembre 2019 à 19h35

    Association GDEAM-62
    1, rue de l’église
    62170 Attin (Pas-de-Calais)

    A) SUR LES AMPHIBIENS
    Notre association se réjouit de l’élargissement de la liste des espèces protégées à l’article 2 (habitats compris), ce qui apportera un outil supplémentaire pour protéger des sites non inclus dans des espaces protégés, notamment des micro-sites.
    En revanche, nous ne comprenons moins pas que toutes les espèces d’amphibiens et leurs habitats ne soient pas intégralement protégés. Sur ce point, nous demandons que soient pris en considération les points suivants :

    1_Les difficultés d’identification entre espèces rendent impossible l’application de la réglementation au public non spécialisé.
    -  La Grenouille verte (Pelophylax kl. Esculenta) est un hybride entre la Grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae) et la Grenouille rieuse (Plophylax ridibundus), qui sont, quant à elles, protégées. La distinction entre les trois est affaire d’expert.
    -  Il est aussi particulièrement difficile de distinguer la Grenouille rousse (Rana temporaria) et la Grenouille agile (Rana dalmatica). Cette dernière est aussi intégralement protégée.
    Dans les faits, autoriser la capture de la Grenouille rousse et de la Grenouille verte revient donc à admettre la capture des autres espèces qui sont protégées.
    Nous ne voyons pas d’autres solutions que l’interdiction de capture de toutes les espèces afin d’éviter une réglementation inapplicable dans les faits. Ces espèces devraient être à l’article 2.

    2_La capture à des fins commerciales de la Grenouille rousse (Rana temporaria) est autorisée dans le projet d’arrêté (article 6). Nous ne comprenons pas que cette activité commerciale de prédation soit permise alors que les populations sont en déclin.

    3_Les habitats des espèces relevant de l’article 3 ne sont pas protégés. Il est étonnant qu’on attende l’effondrement des populations pour se décider à protéger les habitats. Les populations de Salamandre tachetée (Salamandre salamandra) et de trois espèces de Tritons sont notamment concernées, le Triton ponctué (Lissotriton vulgaris), le le Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris) et le Triton palmé (Lissotriton helveticus).

    Or ces quatre espèces ont des effectifs en déclin sensible.
    La note explicative accompagnant la liste rouge des amphibiens de France nous indique :
    « Outre les espèces menacées, quatre espèces de reptiles et douze d’amphibiens se classent aujourd’hui dans la catégorie “Quasi menacée”. Parmi ces espèces, la moitié était en catégorie “Préoccupation mineure” lors de la précédente évaluation et leur situation s’est donc détériorée. Bien qu’encore relativement répandues en France, ces espèces subissent une dégradation marquée et continue de leurs habitats, à l’image du Triton ponctué et du Lézard des souches. Le nombre d’espèces menacées pourrait donc augmenter significativement dans les années à venir si aucune action n’était entreprise pour améliorer leur situation. »

    Sur le Triton ponctué tout particulièrement, il est indiqué également :

    « Le Triton ponctué est une espèce de plaine qui occupe la moitié nord du territoire métropolitain, où il affectionne une grande diversité de milieux humides. S’il privilégie pour sa reproduction les petits plans d’eau et les fossés peu profonds, généralement ensoleillés et bien végétalisés, il est également présent dans les mares forestières ou dunaires.
    Cette espèce est encore relativement commune dans son aire de répartition, mais la dégradation de la qualité de l’eau et la disparition quasi-continue des zones humides depuis plus de 50 ans ont entraîné un déclin et un morcellement de ses populations, qui se poursuivent encore aujourd’hui. Le drainage des milieux humides contribue par exemple à la raréfaction de ses habitats aquatiques et constitue un facteur notable de menace. L’espèce a ainsi déjà disparu de nombreuses localités »

    On ne peut pas être plus explicite sur les causes de régression des populations de ces espèces, ce que nous vérifions régulièrement sur notre territoire d’intervention en particulier. Ces quatre espèces doivent donc impérativement être basculées à l’article 2 (protection intégrale). Il en va de la crédibilité de l’arrêté.

    3_Notre association œuvre à la connaissance et la protection de la nature dans le Pas-de-Calais. La défense de la faune est une des missions statutaires. Elle organise parfois des opérations de sauvetage des amphibiens. Le dernier en date a été effectué à la lisière d’un bois qui jouxte une route départementale qui les sépare de leurs prairies humides préférées où se reproduire. Les automobilistes ont le mauvais goût d’y faire une hécatombe tous les ans. Planter la barrière, les seaux, les relever tous les matins pendant des semaines, c’est un exercice qui demande beaucoup d’investissement humain et matériel ! Il est néanmoins gratifiant quand on a la sensation de faire œuvre utile. Toutefois, pendant que les uns s’attellent à sauver les amphibiens, d’autres n’aspirent qu’à les manger, du moins pour certaines grenouilles. Nous préférons ne pas penser que nos efforts pourraient être détournés de leur objet par des indélicats qui viendraient siphonner les seaux en douce.
    Néanmoins, pour parer à cette éventualité, par respect de nos efforts et l’effort de tous ceux qui accomplissent les mêmes, par respect de notre dévouement à tous à la cause des amphibiens et à l’intérêt général, nous demandons à ce que la loi contienne une mesure d’interdiction de prélèvement des espèces autorisés à la capture dans le but de ne pas nuire aux opérations de comptage, de sauvetage ou d’études scientifiques. L’interdiction devrait, au minimum, porter sur toute la la période de reproduction des espèces concernées.

    5_UR LES REPTILES
    La destruction de la Vipère péliade (Vipera berus) et de la Vipère aspic (Vipera aspis) reste autorisée dans ce projet d’arrêté, ce qui n’est pas compréhensible.
    1_Ces espèces sont en déclin partout en France. La liste rouge des espèces menacées en France indique que la Vipère péliade est classée « Vulnérable ». La vipère aspic l’est désormais dans certaines régions méridionales (Aquitaine, Midi-Pyrénées).

    Les populations de Vipère aspic régressent sensiblement dans les autres régions où elle est présente. La Vipère péliade régresse aussi sensiblement, notamment dans l’ouest de la France du fait de la régression préoccupante du bocage et de l’intensification de l’agriculture qui réduisent ses milieux de vie. Dans le Nord, elle est déjà raréfiée.

    2_La protection de ces espèces en déclin est une nécessité pour qu’elles puissent être mieux prises en compte dans les travaux d’aménagement (séquence « Éviter/Réduire/Compenser »).

    3_La dangerosité de ces espèces est à relativiser sérieusement. Le centre hospitalier régional et universitaire de Lille a publié une analyse « des chiffres du centre antipoison de Lille sur les morsures de serpents dans le nord de la France de 1997 à 2001 ». Le centre n’a eu à traité en 5 ans que 39 cas situés dans une grande « Région » constituée de 16 départements de la région parisienne, la Picardie, le Nord-Pas-de-Calais et de la Haute-Normandie. Il s’agissait donc de 7,8 par an en moyenne. La Vipère aspic n’existe pas sur son territoire d’intervention, c’est donc la Vipère péliade qui a été logiquement en cause dans la majorité des cas (30) auxquels s’ajoutaient 5 cas de morsures par des serpents exotiques (manipulation des serpents en terrarium) et 5 morsures de serpents d’espèces inconnues. La majeure partie des cas étaient dans les 5 départements normands, soit 15 (38,5% des cas). Les 5 départements de Picardie et du Nord/Pas-de-Calais n’ont connu que 11 cas dont au moins 3 dus à des serpents exotiques, soit 28% des cas. Dans 79% des cas (31), les conséquences de la morsure n’ont causé qu’un gonflement localisé et une rougeur (grade 0 ou 1). Dans 13% des cas (5), le gonflement a atteint le bras ou la jambe, selon si la morsure a atteint le pied ou la main, et provoqué divers désagréments (grade 2). Dans 8% des cas (3), la morsure a provoqué un état de choc du fait d’allergie (grade 3). 7 cas seulement ont nécessité un antidote spécifique (18%), les autres patients ne recevant « qu’un traitement symptomatique ». L’article conclut : « dans tous les cas la guérison est survenue sans séquelle ».
    Si cette analyse n’a porté que sur cinq ans, elle n’en reste pas moins très instructive. Il en résulte :
    -  La Vipère péliade –seule des deux vipères à l’état sauvage dans ces 18 départements- provoque bien peu de morsures : le centre antipoison de Lille n’a eu à connaitre de morsures imputées à la Vipère péliade que dans moins de 2 cas en moyenne par an dans 15 départements (Paris mis à part) et en 5 ans.
    -  Des départements entiers n’ont connu aucun cas (Aisne notamment) ou seulement un ou deux (Pas-de-Calais, Somme, Eure, Orne).
    -  Les rares cas d’envenimation sont très bien pris en charge par les services médicaux.
    -  La destruction des vipères indigènes au nom d’une prétendue dangerosité est d’autant plus dénuée de sens qu’il est autorisé de détenir des espèces de serpents exotiques, dangereux ou pas, à domicile.
    -  Les morsures de Vipère péliade dans le Nord de la France semblent être finalement un problème de santé public assez insignifiant.
    http://cap.chru-lille.fr/GP/magazines/93593.html
    Plus généralement, il ne semble pas y avoir de cas de mortalité par morsure de vipères en France. En comparaison, les morsures de chiens sont monnaie courante et parfois mortelle. Il n’est pas pour autant autorisé de détruire les chiens préventivement pour autant.

    4_Si la crainte de morsures de vipères est compréhensible, la destruction n’est pas la solution. Donner la faculté à n’importe quel quidam de détruire les vipères revient à encourager tout acte inconsidéré susceptible d’entrainer la morsure.
    De plus, autoriser la destruction est inévitablement un encouragement à la destruction quand des solutions alternatives existeraient.

    La méconnaissance des espèces est grande dans le public. Ainsi, d’autres espèces de serpents (couleuvre, couleuvre vipérine, etc.) font les frais des actes destruction.

    Nous proposons donc d’assortir l’interdiction de destruction :
    -  de la possibilité de recourir au déplacement de l’animal en cas de nécessité pour des considérations de sécurité ou de santé publique
    ou
    -  d’autoriser la destruction uniquement en cas d’intrusion dans les domiciles et jardins et en l’absence de toute autre solution immédiate.

    5_L’acceptabilité par nos concitoyens de la protection des vipères ne va pas toujours de soi, tant l’image des ces serpents est dégradée dans l’opinion. Comme toujours la protection des espèces et de leurs habitats a besoin d’une vulgarisation scientifique et culturelle afin de permettre à tout un chacun de comprendre les considérations écologiques et biologiques. Faire évoluer la réglementation doit s’accompagner d’une stratégie éducative et de moyens sérieux alloués aux organismes sur le terrain qui œuvrent, d’une part, à faire évoluer les mentalités et les représentations imaginaires et, d’autre part, à faire entrer l’écologie et le droit de l’environnement dans les mœurs.

    Le 30/11/2019,
    pour le GDEAM-62 et le groupe de réflexion,
    Marc Everard
    son directeur

  •  Laissez nous pêcher chez nous, par Lionel , le 30 novembre 2019 à 19h33

    Je pêche les grenouilles rousses en franche comté depuis 20ans La pêche des grenouilles est très encadré (arrêté préfectoral tous les 3 ans avec quotas de prise maximum ) La biodiversité est très présente sur nos plans d’eau grâce à l’activité des Ranaculteur
    Donc oui pour une pêche des grenouilles raisonnée afin de perpétuer nos activitées traditionnelle propre à nos région

  •  Laissez nous pêcher chez nous, par Lionel , le 30 novembre 2019 à 19h32

    Je pêche les grenouilles rousses en franche comté depuis 20ans La pêche des grenouilles est très encadré (arrêté préfectoral tous les 3 ans avec quotas de prise maximum ) La biodiversité est très présente sur nos plans d’eau grâce à l’activité des Ranaculteur
    Donc oui pour une pêche des grenouilles raisonnée afin de perpétuer nos activitées traditionnelle propre à nos région

  •  Pour une protection intégrales des espèces de reptiles et d’amphibiens, par Lucie Dufay , le 30 novembre 2019 à 19h31

    Il est toujours très surprenant qu’on continue d’invoquer des raisons de sécurité pour justifier de pouvoir détruire les vipères.
    Combien de cas de morsures ? Combien de cas de morsures envenimées ? (Au regard du nombre de morsure de chiens par exemple !)
    Cette disposition est incroyablement disproportionnée comparé au risque réel pour l’Homme.
    Et quand on met en regard l’état des populations de ces espèces aujourd’hui, du fait de la perte et de la dégradation de leurs habitats, il est temps de prendre la mesure de l’impact de ce genre de décision, et son message totalement à contre-temps !
    Ces deux espèces de vipères ont des statuts de conservation très inquiétants, et la France doit tenir compte de ses engagements dans la préservation des espèces menacées.
    En 2019, il est plus que temps de les protéger entièrement.