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EAU ET BIODIVERSITÉ
 

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Projet de Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes

Du 19/12/2016 au 10/01/2017 - 35 commentaires

Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues par la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) comme la troisième cause de l’appauvrissement de la biodiversité mondiale. Elles sont favorisées par les perturbations et les pressions anthropiques (dégradation environnementale, commerce international, changement climatique…)
Par leurs multiples impacts, elles menacent les espèces indigènes, les habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine.

En déclinaison des dispositions de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, à la demande de la secrétaire d’État chargée de la Biodiversité Barbara Pompili, un groupe de travail présidé par Serge Muller, Professeur du Muséum national d’histoire naturelle, a produit un projet de stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes, définissant les principales actions qu’il conviendra de mettre en œuvre au cours des prochaines années tant au niveau de la connaissance, la sensibilisation du public, la réglementation, la gouvernance, la prévention, les interventions urgentes et la gestion des animaux et plantes envahissantes établies ainsi que la restauration des milieux après invasion.
Une telle Stratégie est également nécessaire pour la bonne mise en œuvre en droit français du règlement (UE) n° 1143/2014 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Une première version du projet a été soumise à différentes parties prenantes à l’occasion d’un Séminaire de travail organisé le 30 septembre 2016 au Ministère de l’environnement.
Des enrichissements ont été apportés au projet pour tenir compte des observations formulées par les participants suite à ce séminaire.

Le projet soumis à la participation du public comprend 5 axes de travail, et se décline en 12 propositions de mesures. De manière délibérée, la Stratégie ne comporte pas de calendrier prévisionnel de mise en œuvre, ni de programmation budgétaire : elle a en effet vocation à constituer un document « intemporel ». Ce sont ses documents d’application qui viendront préciser ces aspects, par région ou par thème suivant les espèces et les contextes. La Stratégie a vocation à être complétée par un plan d’actions définissant les actions prioritaires à mettre en œuvre et le « qui fait quoi ».

La consultation est ouverte du 19 décembre 2016 au 10 janvier 2017.

Conformément au cinquième alinéa du II. de l’article L. 120-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

Crédits photos, de gauche à droite : Acridotheres tristis (ph. Jean-Ph. Siblet) ; Eichhornia crassipes (ph. César Delnatte) ; Trachemys scripta (ph. MEEM) ; Bambusa vulgaris (ph. C. Delnatte) ; Oncorhynchus mykiss (ph. Dominique Martiré) ; Ludwigia sp. (ph. Philippe Gourdain) ; Iguana iguana (ph. Audrey Savouré-Soubelet)


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Commentaires
  •   et si l ’ on agissait , par balxha , le 11 janvier 2017 à 00h39

    Dommage que les principaux gestionnaires : agriculteurs et forestiers soient oubliés .
    Beaucoup de blabla de comité divers mais pour quelle efficacité c ’ est de l ’ action qu ’il faut , déjà beaucoup de moyens existent mais encore faut il les mettre en œuvre

  •  Remarques diverses, par Anonyme , le 10 janvier 2017 à 18h00

    Merci pour cette proposition intéressante.
    Quelques remarques :
    - il faudrait préciser que les « espèces exotiques envahissantes » sont également appelées « espèces invasives », même si c’est bien que ce soit le terme « EEE » qui soit constamment utilisé, avec une limitation de l’utilisation du terme « EI », mais cette mention doit être notifiée car fréquemment employée par les citoyens et les médias ;
    - il faudrait faire référence à l’ensemble des fondements (législations, règlementations, conventions, etc.) sur lesquels repose la SN-EEE si elle se veut multisectorielle et interministérielle : règlement européen EEE 1143/2014 et loi française BIODIVERSITE 2016-1087 pour le Ministère de l’Environnement, loi française SANTE 2016-41 pour le Ministère de la Santé, convention internationale CIPV et règlement européen NUISIBLES 2016/2031 pour le Ministère de l’Agriculture, etc. ;
    - il faudrait axer davantage la gestion sur le préventif que sur le curatif (il est regrettable qu’il y ait un axe entier dédié à la gestion des populations déjà installées mais aucun axe dédié à la prévention de l’établissement des populations) :
    *éviter l’introduction des espèces (services douaniers, contrôles frontaliers, inspections vétérinaires et phytosanitaires, biosécurité, ballasts, interdiction de ventes, mondialisation, etc.),
    *éviter la dispersion des espèces (remblais contaminés et machines infestées, valorisation des déchets et des résidus, lutter contre le changement climatique, etc.),
    *éviter l’implantation des espèces (limiter les perturbations anthropiques, diminuer les sols dénudés, augmenter les aménagements végétalisés, réduire l’eutrophisation et l’artificialisation des terres, utiliser des espèces indigènes locales, restaurer les écosystèmes, etc.).
    Ces points sont évoqués dans la stratégie, mais la gestion préventive aurait mérité autant d’importance que la gestion curative.
    Enfin, les EEE sont davantage la conséquence (et non la cause) de problèmes environnementaux plus graves et plus sérieux, comme la fragmentation et la dégradation des habitats ! Les moyens humains et financiers sont à privilégier sur ces problèmes, ce qui permettrait également de « lutter » contre les EEE.

  •  Avis favorable avec des points de vigilance, par France Nature Environnement , le 10 janvier 2017 à 12h49

    • l’établissement des listes des espèces exotiques envahissantes (EEE) sera déterminant : Comme le montre la liste européenne qui est essentiellement axée sur les espèces des milieux aquatiques, il conviendra de bien prendre en compte dans l’établissement des listes tous les milieux qui peuvent être concernés par le phénomène des invasions. Il ne faudra pas oublier le milieu marin, même s’il s’agit d’un milieu où il sera peut être difficile d’intervenir (contention) sachant que l’arrêté sur les eaux de ballast ne constitue qu’un premier jalon. Il faudra également ne pas oublier de prendre en compte les territoires ultramarins, nos associations de Saint-Pierre-et-Miquelon, seul territoire français abritant la forêt boréale, sont fortement en attente sur la question des EEE. Il s’agira également de tenir compte des effets de ce phénomène dans les territoires éloignés, peu ou non habités, ou uniquement fréquentés par des militaires et des scientifiques, qui s’avèrent également concernés et où l’introduction involontaire pourrait avoir des conséquences néfastes.

    Concernant l’établissement des listes, nous tenons à rappeler que la stratégie n’aura aucune portée si le robinet permettant le commerce d’EEE n’est pas fermé. C’est donc sur ce point que nous attendons de la fermeté de la part de l’État. Pour rappel, lors des travaux préparatoires à l’établissement de la liste des espèces de vertébrés dont l’introduction est interdite dans le milieu naturel (AM 30 juillet 2010), il était prévu l’interdiction de la commercialisation du Tamia de Sibérie (Tamias sibiricus). Cette espèce exotique est toujours en vente dans les animaleries et entre particuliers en tant qu’animal de compagnie. Or en plus d’entrer en concurrence avec l’Écureuil roux (Sciurus vulgaris), cette espèce est le réservoir des bactéries de la maladie de Lyme. Il semble que beaucoup de temps a été perdu faute d’avoir pu trouver un consensus. L’efficacité de la stratégie se mesurera aussi à la résistance de l’État face aux intérêts économiques particuliers.

    Nous comprenons bien qu’il soit nécessaire pour l’État d’être dans le consensus, mais il ne faut absolument pas perdre de vue que la gestion de la propagation et de la lutte contre les EEE relève d’un intérêt public majeur et que le manque à gagner économique de quelques-uns doit être mis en rapport avec les bénéfices concernant la société dans son entier.

    La réglementation devra se construire selon plusieurs gradations : espèces interdites à la vente, espèces soumises à des restrictions, espèces autorisées à la vente mais soumises à un étiquetage obligatoire. Il faudra voir s’il ne serait pas profitable d’établir des listes positives, notamment dans les territoires ultramarins.

    - le champ géographique d’application de la réglementation relative aux EEE : Nous souhaiterions nous faire préciser pourquoi les collectivités de Wallis-et-Futuna, la Polynésie française et Tahiti ne sont pas concernées par les dispositions réglementaires. Est-ce en raison de leur statut ? Ces collectivités étaient représentées lors des assises nationales sur les EEE organisées par l’UICN du 23 au 25 septembre 2014 à Orléans. À cette occasion, ces territoires ont pu présenter les EEE qui posaient problèmes et les difficultés rencontrées dans la gestion de leur propagation.

    - le financement des opérations de lutte : il va falloir être particulièrement inventif pour trouver les ressources financières. Le principe du pollueur-payeur retenu dans la stratégie est intéressant, mais il s’agira d’identifier le responsable de l’introduction, ce qui ne sera pas toujours évident. Est-il possible d’envisager une taxe symbolique pour tous les containers et avions en transit et entrant dans les ports français ? Faut-il envisager une telle taxe au niveau européen pour des raisons de concurrence ?

    - le développement de démarches participatives auprès des citoyens : Sans conteste, il est nécessaire d’impliquer le citoyen sur le sujet des EEE. Toutefois, il n’est pas certain qu’il faille le faire intervenir via l’exercice de la science participative en ce qui concerne la détection ou la veille. Au regard de notre expérience avec le grand public lors d’animations, et ce même avec un guide en mains, le taux d’erreur ne serait-ce que sur l’identification de l’espèce risque d’être bien trop élevé et s’avèrerait contre-productif face au flux d’informations à traiter.

  •  Quels moyens?, par Anne , le 10 janvier 2017 à 09h35

    Les objectifs de cette stratégie sont bien définis, mais il serait intéressant d’en savoir plus sur les moyens qui vont permettre de les atteindre : moyens techniques, financiers, humains...

  •  Proposition de stratégie très complète et nécessaire pour rationaliser la lutte contre les EEE, par N.S. pour le CONAPPED , le 9 janvier 2017 à 19h24

    Cette proposition de stratégie nous semble très complète, et nécessaire pour rationaliser la lutte contre les EEE. Nous attirons toutefois votre attention sur le fait qu’elle devrait laisser la possibilité de valorisation commerciale des EEE déjà implantées, dans le cadre de mesures de gestion, comme le prévoit l’article 19 du règlement européen, dès lors que cette activité répond à des critères et à un cahier des charges validés (avec le cas échéant intégration et labellisation de la démarche par un PNL...). Aussi, il nous semble important d’étudier l’ensemble des mécanismes qui permettraient l’autofinancement de la lutte contre les EEE, incluant la valorisation monétaire de ses produits ou sous-produits morts ou vivants.

    Ainsi, une valorisation en conditions « labellisées » par des acteurs professionnels habilités, permettrait d’une part de contribuer à la rémunération des opérations de terrain. D’autre part, cela permettrait la formation d’opérateurs qualifiés en collaboration avec leurs organisations professionnelles (tels que les pêcheurs professionnels en eau douce et leurs structures représentatives), constituant un atout important pour l’efficacité et la durabilité de la lutte.
    Ces opérateurs pourraient en effet, dans le cadre de leur activité ou de prestations de services, contribuer à la surveillance, aux actions de recherches pour l’amélioration des connaissances, à l’optimisation des moyens de lutte (piégeage...) ou au suivi de l’évolution des populations.
    Ils pourraient aussi s’engager dans des démarches de bonnes pratiques intégrant des volets formation, communication ou transmission de savoirs, comme cela est proposé dans la stratégie, avec mise en œuvre, le cas échéant d’une traçabilité de la filière commerciale entre la capture et la vente.

    Nous suggérons par ailleurs que les réglementations de mise en application de la stratégie, et en particulier les restrictions concernant la détention, le transport et la commercialisation (cf. Article 3.1), devraient s’appuyer sur un principe de prévention distinct des précautions d’usage à prendre pour toute forme de gestion des EEE, incluant leur possible transport à l’état vivant, à des fins par exemple d’études scientifiques ou de valorisation commerciale dans le cadre d’un cahier des charges défini et d’un strict contrôle des conditions de ce transport.

    Remarque concernant l’action 6.3. : ne concerne que la végétation, il est important d’intégrer aussi les espèces animales, et en particulier de poissons dans le cadre des rempoissonnements réalisés suite à des assecs de plans d’eau par exemple. L’origine et la qualité génétique des individus introduits devraient aussi être contrôlées.

    Restant à votre disposition, bien cordialement,
    N.S. pour le CONAPPED

  •  Moyens pour les Outre-Mer, approche transversale et priorité à la prévention, par Rémi , le 9 janvier 2017 à 19h03

    1/ Les Outre-Mer devraient disposer de l’essentiel des moyens mobilisés pour décliner le règlement européen sur les EEE en France. En effet, chaque collectivité d’Outre-Mer présente une biodiversité et une problématique relative aux EEE au moins aussi complexe que celle de l’hexagone. Le travail a réalisé est même plus importants car il n’existe pas de liste de EEE communautaires pour servir de base à ce travail de déclinaison.

    Pourtant, force est de constater que les moyens mis en œuvre sont bien insuffisants et que la majorité de la biodiversité française est délibérément négligée. Ainsi, les milieux et les espèces d’Outre-Mer passent systématiquement au second plan lorsqu’il s’agit d’arbitrer l’utilisation des deniers publiques.

    2/ La prise en compte et la gestion des invasions biologiques souffre de l’approche sectorielle de l’administration et du législateur français. Ne pourrait-on pas être plus efficace, simplifier la règlementation et optimiser l’utilisation des moyens en fusionnant les dispositifs actuellement juxtaposés de surveillance, de prévention et de gestion des :
    > Dangers Sanitaires concernant les animaux, les végétaux et les aliments (ministère de l’agriculture)
    > Espèces Exotiques Envahissantes (ministère de l’écologie)
    > Espèces animales et végétales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine (ministère de la santé)

    3/ Enfin, bien que les espèces envahissantes qui prolifèrent déjà dans nos territoires constituent un problème majeur et immédiat, il me semble souhaitable de se forcer à mobiliser au moins la moité des moyens alloués aux EEE au niveau national pour la prévention, la surveillance et la gestion rapide des prochaines EEE qui risquent d’être introduites dans les mois et les années à venir. En santé environnementale comme en santé humaine, la mise en œuvre d’actions préventives est toujours plus efficace et moins chère que les actions curatives.

  •  Stratégie et Planification, par Vincent HAMONET , le 9 janvier 2017 à 17h56

    La complétude de ce document de planification reflète bien la complexité du sujet EEE, mais l’ensemble des problématiques est abordé, et l’organisation proposée est réfléchie avec un potentiel de résultats effectifs sur le terrain en bout de chaine.
    Le sujet a déjà pris beaucoup de retard et il est important que cette stratégie soit rapidement adoptée et mise en œuvre sur le terrain, en particulier pour les points les plus simples : interdiction de vente, stérilisation de NAC, campagnes d’information et actions emblématiques localisées.
    Le volet financier et l’acceptation sociétale du dispositif serait également à auditer.
    A quand le premier PNL ?

  •  pour limiter les espèces invasives, par LE TOUMELIN , le 9 janvier 2017 à 07h39

    Pour la gestion des espèces invasive je propose :
    - interdiction à la vente d’individus vivants, graines, ou jeune sujet succeptible de survivre dans le milieu naturel. Prévoir des amendes pour les vendeurs qui enfreindrai la loi.
    - Plan de gestion afin de réguler l’espèce, voir de l’éradiquer si possible, grâce a des subventions public émanant de la municipalité, des conseils régionaux ou autre. Pour les animaux envahissants, élaborer un plan de gestion avec les associations de chasses communales. Pour les plantes, impliquer les associations locales d’insertion par le travail, les entreprises agricoles et les entreprises d’espaces verts de la région concernée.
    - Interdire l’élevage ou la culture de l’espèce envahissante, mais favoriser l’élaboration et la vente de produits dérivés utile pour l’homme afin de stimuler la chasse ou les récoltes sauvages.
    - Elaborer des campagnes de sensibilisations grâce a un support visuel (prospectus, plaquette, feuillet,etc.), et grâce a des petites conférences dans les institutions public et auprès des acteurs économiques concernés plus ou moins directement par l’espèce en question.

  •  une synthèse ? une planification ? des coûts ? des priorités ?, par MBoy , le 8 janvier 2017 à 16h26

    Au niveau pratique, la stratégie serait plus accessible si elle avait présentée de manière synthétique dans un schéma global faisant apparaitre les grands axes avec les objectifs et les actions correspondantes. Ensuite, on aurait cliqué sur un objectif pour voir le détail. Cela explique peut être le faible nombre de réactions sur un document de 30 pages, qui ressemble de ce fait à un catalogue.

    Le principal défaut de la stratégie actuelle est de ne pas hiérarchiser les actions,ni planifier leur réalisation, ni estimer leur coûts . Ce n’est pas la même chose de définir une méthode ou réaliser un guide, de lancer un plan d’action de maîtrise des introductions ou d’interdire à la vente certains animaux ou plantes. Il aurait été utile d’établir un tableau de synthèse de toutes les actions selon leur type, leurs montants, leur priorité et leur échéance de réalisation pour donner un avis sur la stratégie. Depuis les assises de 2014, qui ont été riches d’enseignements, il était possible d’établir une stratégie plus aboutie et d’expliquer aussi plus clairement la situation actuelle au niveau des actions contre les EEE, des principales difficultés et des besoins essentiels.

    On peut donc regretter que tout cela n’aille pas plus vite, que de temps perdu alors que la bataille contre les invasions biologiques est une aussi une affaire de rapidité, car le retard pris coute cher à tous.

    La stratégie ne parle pas des enjeux économiques et financiers liés à la maitrise de populations invasives et notamment du profit qui pourra être tiré de brevets sur des procédés innovants. Qu’en penser ? Comment s’assurer que les collectivités publiques paient le juste prix l’application de ces procédés et ne se voit pas contraintes de payer des prix exorbitants du fait de monopoles et de brevets ? Comment s’assurer aussi que la promotion commerciale de ces procédés par les organismes qui les auront développés ne l’emporte sur leur efficacité réelle ?

    Autres remarques ou questions sur le contenu détaillé du document :

    Les listes scientifiques de référence s’imposeront elles pour toutes les politiques publiques et à toute échelle de territoire ? Quel lien entre les listes scientifiques de référence et les listes réglementaires ? A quoi répond le besoin de définir des secteurs prioritaires à l’échelle nationale pour les EEE largement répandues ? Les actions sur les autres secteurs vont elles en pâtir ?

    Le terme cours d’eau ou rivière n’apparait nul part alors qu’on connait les enjeux majeurs sur ce type de milieux très vulnérables aux invasions et leur rôle par ailleurs essentiels dans les déplacements des espèces.

    Il n’est pas certain que la gestion des déchets verts nécessitent des filières spécialisées. Il faudrait déjà étudier les risques liés à leur introduction dans les filières classiques. Et déplorer que la gestion de ces produits coute chère justement parce qu’il est devenu obligatoire de les valoriser du fait de notre réglementation et proposer de réduire ces coûts en trouvant des débouchés commerciaux me semble un contre sens. Créer une filière de valorisation des plantes invasives n’est pas une solution. C’est oublier que la plupart des plantes invasives sont déjà issues d’une valorisation commerciale et qu’aucune filière n’ira récolter des plantes si faciles à reproduire, dans des milieux naturels difficiles d’accès et où la mécanisation est impossible. Il n’y a pas de synergie possible entre la lutte contre les invasions et la valorisation financière des plantes au travers de filières économiques spécifiques.
    Il serait par contre utile de rajouter la nécessité de filières spécifiques de traitement des terres infestées dans les secteurs urbanisés, car les mouvements de terres expliquent un grand nombre d’introductions. Il est regrettable que ces terres partent en décharge de classe 2 voir 3 (!), alors qu’elles sont souvent réutilisables après élimination des propagules ou graines d’invasives.

    Pour finir, je félicite le groupe de travail qui a réalisé ce travail en seulement quelques mois et regrette que des moyens plus importants n’aient pas été affectés plus tôt à l’élaboration de ce projet ambitieux !

  •  Lutte dommageable, par Bassin d'Arcachon Ecologie , le 8 janvier 2017 à 01h19

    Madame la Ministre,

    Notre association agréée de protection de l’Environnement participe régulièrement à des consultations publiques relatives aux projets de destruction (tir, piégeage...) d’"espèces exotiques envahissantes".
    Nos interventions dénoncent tout aussi régulièrement le fait que ces plans de lutte affectent nombre d’espèces non-cibles et concourent à la perturbation et à la dégradation des écosystèmes.
    Nous réitérons ici, de plus fort, cette remarque.

    En revanche, le projet de stratégie constate que les écosystèmes peu ou pas perturbés par l’Homme sont plus résistants et résilients quand des espèces exotiques les investissent.
    C’est dans ce sens qu’il nous semble crucial de faire porter les principaux efforts.
    Pourtant, cet aspect n’apparaît que tardivement (objectif 6) dans le projet de stratégie.
    La priorisation nécessite d’être revue.

    De plus, nous voulons souligner que des espèces dites "exotiques envahissantes" sont en fait, de longue date, devenues des éléments des écosystèmes que le milieu intègre.
    Citons par exemple le Baccharis halimifolia qui, s’il concurrence certaines espèces locales, participe à la lutte contre l’érosion et se révèle très apprécié par le Gorgebleue à miroir.
    Le "jardinage", le contrôle du Baccharis peuvent être judicieux. La volonté de l’éradiquer serait néfaste.

    Si nous regardons l’origine des plantes de France, innombrables sont celles qui sont en fait des "exotiques envahissantes" parfaitement intégrées à l’écosystème.

    Dans plusieurs cas, il en va de même pour la faune.

    Citons à ce sujet l’exemple de Vespa velutina. Cette espèce a motivé une lutte acharnée à base de pièges prétendument "sélectifs", dont la conséquence est un piégeage massif d’espèces non-cibles (mouches, Vespa crabo, papillons, etc.).
    La lutte contre l’espèce "exotique envahissante" cause finalement des dommages qui s’ajoutent à la perturbation occasionnée par l’arrivée de cette espèce nouvelle.

    L’Homme est une (si ce n’est LA)cause majeure de perturbation des milieux. Des écosystèmes peu ou pas perturbés ni dégradés, reliés entre eux par une Trame Verte et Bleue forte et efficace sont un élément majeur de résistance-résilience face aux espèces dites "exotiques envahissantes".
    Au contraire, la prétendue gestion de ces espèces est souvent une cause supplémentaire d’altération des écosystèmes.

  •   Limiter aussi l’exportation de nos espèces autochtone vers d’autres contrées où elles pourront devenir des EEE. Plus autres suggestions, par Patrice NOTTEGHEM (CEN Bourgogne) , le 7 janvier 2017 à 20h26

    Nous cherchons à prévenir l’introduction d’espèces exotiques (potentiellement et effectivement) envahissantes, mais si on veut espérer une contribution des pays "exportateurs" de ces espèces en direction de notre pays, il serait utile de chercher également à limiter nos propres exportations.
    On a souvent tendance à ne considérer le problème qu’à travers les perturbations que subit "notre" biodiversité et les dommages économiques ou sanitaires induits qui nous touchent, comme si le phénomène était à sens unique. On sait que bien des espèces végétales ou animales issues de notre pays sont considérées comme des EEE très problématiques dans d’autres pays.

    Dans la perspective d’actions internationales concertées, il conviendrait, si l’on veut espérer un contrôle de l’exportation d’EEE vers notre pays, de la part de pays pourvoyeurs, que notre pays s’efforce, de son côté, de limiter ses exportations d’espèces autochtones vers des pays tiers, où elles pourront devenir des EEE.

    La symétrie des bonnes pratiques s’imposeraient, même s’il est sans doute plus complexe de contrôler les sorties que les entrées.

    Action n°2.1 : Concevoir et mettre en oeuvre un système national de surveillance des EEE
    Le Contenu précise : ...en coopération avec les pays voisins (c’est à dire ceux dans la même situation de receveurs que nous). Il conviendrait de formuler le pendant de cette action en matière d’exportation de nos espèces.

    Action n°2.2 : Elaborer un plan d’action relatif aux voies d’introduction et de propagation
    Symétriquement, il serait important de prévoir une action : Elaborer un plan d’action relatif aux voie d’exportation et de diffusion de nos espèces indigènes.

    Action 3.2 : Contrôler les voies d’introduction aux frontières
    Symétriquement, il serait important de prévoir une action : Contrôler les voies d’exportation (de nos espèces autochtones à nos frontières.

    Par ailleurs, concernant l’objectif 7 : Renforcer et poursuivre l’acquisition de connaissances
    Il serait sans doute intéressant d’engager des travaux d’écologie historique destinés à mieux comprendre certains phénomènes anciens, comme l’évolution "positive" d’espèces introduites depuis longtemps, devenues un temps très envahissantes (problématiques pour les milieux et l’économie), puis qui ont fortement régressé au point d’être peu courantes aujourd’hui (par exemple le cas classique de l’Elodée du Canada abondante au point de gêner la navigation dans les canaux, au XIXe siècle, et généralement plutôt discrète aujourd’hui).

    Concernant l’objectif 8 : Développer les méthodes et outils de gestion
    Il serait sans doute souhaitable d’inscrire dans la durée le suivi des "sites pilotes" et des "sites de surveillance", avec une continuité des méthodes, en s’appuyant sur des structures pérennes dont la vocation et la gestion conservatoire des milieux (y compris la restauration). On peut penser en particulier aux Conservatoires d’espaces naturels et aux Réserves Naturelles Nationales (organisés en réseaux au sein de leurs fédérations) intégrant souvent la lutte contre les EEE dans les plans de gestion qu’ils mettent en oeuvre.
    Par ailleurs les CEN et les gestionnaires des RNN développent souvent des démarches participatives, notamment dans ce domaine (évoquées dans l’Action 10.2).

  •  Etat d’urgence environnementale, par Bayle Marcel , le 7 janvier 2017 à 14h03

    * Je propose de reprendre les idées de ce projet stratégique sous l’intitulé plus accessible au grand public : "Etat d’urgence environnementale". L’Etat d’urgence en matière de sécurité est ou a été très médiatisé ; mais l’état d’urgence environnementale est plus important encore, car il concerne le long terme et la soutenabilité de la vie humaine.
    * Par ailleurs, j’appuie ce que dit Sebastien VERSANNE JANODET sur deux mesures 1) interdire purement et simplement la vente de toutes les EEE dans les jardineries, animaleries et autres commerces, 2) interdire la DETENTION d’EEE (outre l’introduction en milieu non confiné).
    * J’ajoute le problème posé par l’explosion du nombre de chats dans les campagnes, à proximité des villages et hameaux. Je parle non seulement des chats harets mais bien des chats domestiques rattachés à une habitation : les dégâts causés à la petite faune sont incommensurables et déterminants dans la raréfaction de la biodiversité animale. Cette prolifération est celle d’une espèce venue d’Egypte et de Chypre via la Grèce voici certes très longtemps. Tout en dérogeant à l’interdiction d’en posséder, je propose d’assimiler le chat domestique (et le chat haret) à une EEE, non pas pour persécuter les chats mais pour dissuader les propriétaires de félins d’en posséder trop et d’en nourrir trop. Une taxe sur la nourriture des chats (TVA majorée) pourrait être instituée. Une déclaration obligatoire de possession de chats aussi, avec taxation à partir du deuxième félin. Ces taxations pourraient être douces dans un premier temps puis plus dissuasives.
    Marcel Bayle
    Professeur des universités (Limoges-droit)

  •  Une consultation importante... en catimini, par Poitou-Charentes Nature , le 6 janvier 2017 à 19h21

    La période de consultation choisie, juste pendant les vacances de noël, n’a pas favorisé l’information sur cette consultation, dont nous venons juste d’être informés, bien dommage.

    Certes, mieux vaut prévenir que guérir, mais globalement, cette stratégie met beaucoup de moyens sur :
    - le développement de connaissances (obj 1), alors que dans toutes les régions (ou presque ?) il y a déjà une connaissance relativement fine avec listes hiérarchisées des EEE végétales (via les CBN) ; et en ex-Poitou-Charentes (via l’Observatoire Régional des plantes exotiques ENVahissantes des écosystèmes Aquatiques Poitou-Charentes (ORENVA)) un niveau de connaissance fine de la répartition de certaines espèces ainsi qu’un recueil d’expériences ;
    - la recherche (obj 7 et 8), la communication (obj 9 et 10), la formation (obj 11)

    et peut-être trop peu sur les actions de terrain (obj 4, 5, 6). Les objectifs 4 et 5 semblent plutôt porter sur du "pilotage" d’actions (schéma décisionnel, liste d’experts), de la synthèse (bilan des interventions, doc opérationnels), etc. ; des fonds pourraient-ils être mobilisés via ce plan pour des actions de terrain ? (action 5 : "Recenser et soutenir les interventions existantes ainsi que leur coordination à différentes échelles géographiques.")

    Obj 2 (surveiller les EEE et leurs voies d’introduction) : il serait intéressant de se baser sur ce que fait l’ORENVA, qui correspond bien à cet objectif.

    Obj 3 (mettre en œuvre la réglementation) : cela semble primordial et urgent à appliquer pour d’autres espèces que les Jussies.

    Une hiérarchisation des objectifs et actions serait intéressante (pour mettre la priorité sur la mise en œuvre de la réglementation et les actions de terrain).

    Par ailleurs nous souhaitons ardemment que soit proposé d’ajouter l’Ambroisie à feuilles d’armoisie Ambroisia artemisiifolia dans les EEE, cette plante étant très allergène, et sa présence qui prend de l’extension en Poitou-Charentes pouvant aussi avoir un impact sur la biodiversité.

    La limitation à la vente, donc l’inscription en "niveau 2 d’interdiction" de plus d’espèces envahissantes qu’il n’y en a d’interdites à ce jour est indispensable, c’est le meilleur moyen de prévention.

    Bruno FILLON
    Coordinateur associatif
    Poitou-Charentes Nature,
    représentante de France Nature Environnement

  •  FN des Chasseurs & Fondation pour la protection des habitats : Avis Favorable, par Laetitia A. , le 6 janvier 2017 à 11h32

    La Fédération nationale des chasseurs (FNC) est favorable à ce projet de stratégie nationale en tant qu’elle vise à prévenir la disparition d’espèces indigènes, la dégradation d’habitats naturels et la détérioration des services rendus par les écosystèmes impactés.

    La FNC est d’ores et déjà partie prenante de cette politique ainsi que les fédérations régionales et départementales des chasseurs, à plusieurs titres :
    -  respect et mise en œuvre du code de conduite européen sur la chasse et les EEE adopté par la FACE et ses membres en décembre 2013 au nom de la convention de Bern (Action 10.3) ;
    -  participation aux opérations de suivi de certaines espèces exotiques ;
    -  contribution au contrôle de populations d’espèces exotiques envahissantes ;

    Afin de renforcer la mobilisation du réseau des fédérations des chasseurs dans la lutte contre les EEE, la FNC s’est récemment engagée au titre de sa contribution à la stratégie nationale pour la biodiversité à réaliser les actions suivantes :
    - capitaliser et valoriser les actions d’ores et déjà entreprises dans Cyn’Actions Biodiv’ ;
    - organiser pour les FDC et FRC une journée nationale de porter à connaissances, de sensibilisation et de partage d’expériences ;
    - rédiger un guide des bonnes pratiques avec rappel de la réglementation (règlement UE, plans français, code de conduite FACE, etc.) et contenant des exemples d’actions des fédérations déjà engagées
    - diffuser des articles relatifs à la lutte contre les EEE dans des revues fédérales et revues d’associations spécialisées de chasse et sur Chasseurs de France TV

    La FNC prend note de la concertation envisagée avec les parties prenantes lors de l’établissement de listes thématiques (cf. action 1.1). Lors de la définition des listes d’espèces exotiques envahissantes (en particulier en Outre-Mer), il conviendra de mettre en évidence le plus clairement possible les liens de cause à effet (au-delà de simples corrélations) entre les espèces exotiques identifiées et leur(s) impact(s) potentiels et/ou avérés sur les enjeux à protéger.

    La FNC manifeste son intérêt à ce que les fédérations des chasseurs ou la fondation pour la protection des habitats et de la faune sauvage soient associées à la surveillance des secteurs géographiques prioritaires identifiés, notamment lorsqu’ils sont chassés ou en réserves de chasse ou encore lorsque ces structures en sont gestionnaires et/ou y réalisent des aménagements naturels (bandes enherbées, haies, etc.) (Action 1.2).

    Selon l’espèce/le groupe d’espèce ciblé par un Plan National de Lutte (Action 1.3 et 5.3), certaines fédérations des chasseurs pourraient être coordinatrices et/ou opérateurs des PNL ou des déclinaisons régionales.

    Dans le cadre de l’action 3.1 la FNC souhaite, être consultée lors de la rédaction des arrêtés complémentaires définissant les listes d’EEE en Outre –Mer et les interdictions/obligations associées en particulier si ces dispositions pouvaient potentiellement avoir une incidence directe ou indirecte sur la pratique de la chasse sur ces territoires.

    Par ailleurs, les fédérations des chasseurs et/ou associations de chasse gestionnaires de milieux humides sont en mesure d’apporter une expertise terrain aux communautés des communes en vue de la surveillance et de la lutte contre les EEE se propageant dans les milieux humides (ex : ACGELB), de promouvoir des bonnes pratiques de gestion des habitats naturels et espèces indigènes en vue de leur restauration et de leur préservation à long terme (Actions 6.2, 6.3). Les fédérations des chasseurs disposent de professionnels susceptibles d’intégrer les groupes d’experts et de dispenser des formations aux acteurs de terrain tels que les chasseurs et les piégeurs (action 11.3) pour démultiplier de façon efficace les interventions de régulation et de confinement des EEE (Action 5.1).

  •  remarque du Groupement des Pêcheurs Professionnels d’Ecrevisses Invasives et d’Espèces Abondantes., par Paul-Henri Pradeaux Chargé de missions au GPPEIEA , le 6 janvier 2017 à 10h28

    Le texte aborde l’ensemble des problématiques, il faudra veiller à ce que le système national de surveillance des EEE soit effectif, et que les données déjà acquises ou en cours d’acquisition sur les EEE déjà présentes soient centralisées.
    Il est en effet impératif qu’avant toute action de confinement ou de régulation des EEE,des études scientifiques soient menées préalablement sur ces espèces.
    Concernant les solutions de régulation des EEE déjà largement répandues, il faut être novateur en proposant la possibilité de valorisation commerciale (sous contrôle des services de l’état), de certaines d’entre elles notamment les écrevisses exotiques qui occasionnent les plus grands préjudices en matière de perte de biodiversité en France alors que dans le même temps nous en importons quelques 5000 à 6000T pour la consommation chaque année. Mettre au point des systèmes d’analyses de coûts et de bénéfices sur des opérations de régulation durables. veiller également à la mise en conformité des textes et à leur simplification notamment sur les notions de transport et d’utilisation commerciale des EEE (article 19 du règlement Européen UE N° 1143/2014).
    Chapitre 8.2 "Concevoir des systèmes de suivi et d’évaluation écologique, économique et sociale de l’efficacité des mesures de maitrise des populations et de restauration écologique". Je pense qu’il faut mobiliser l’ensemble des acteurs concerné par la problématique EEE à l’échelle des Régions en trouvant des solutions pragmatiques durables et les moins couteuses, de régulation de certaines EEE et leur valorisation commerciale après transformation peut faire partie de ces solutions et permettre l’autofinancement de la régulation. Concevoir un modèle économique de gestion environnemental.

  •  S’appuyer sur les démarches et initiatives existantes, par Sandrine , le 5 janvier 2017 à 12h10

    Il est heureux de voir enfin cette charte mais qui ne sera valable que lorsque les actions pourront démarrer.
    Pendant ce temps, les EEE progressent tant en nombre qu’en densité. Ne perdons pas encore 10 ans.
    Pour gagner en temps et en crédibilité, il me semble impératif de reprendre et s’appuyer sur ce qui a été fait aux différents échelons locaux.
    De nombreux exemples tant en termes de recensement, communication, sensibilisation, recherches et actions existent.
    De nombreux acteurs de terrains sont prêts, ils n’attendent plus qu’un renforcement du dispositif qui permettrait :
    - une obligation d’action pour les élus souvent difficilement mobilisables sur le sujet tant que l’espèces n’a pas atteint le stade de "gêne publique ou économique". Le curatif "pompier" est aujourd’hui plus simple à mettre en place (quoique !) que le préventif.
    - une obligation de prise en compte et d’intervention pour les acteurs économiques(travaux publics par exemple) qu’ils soient mandatés par le secteur privé ou tout du moins public. L’exemplarité publique me semble de mise.

  •  Responsabilités , par Responsabilité , le 5 janvier 2017 à 11h52

    Je m’étonne de constater que ces espèces de faune et de flore sont en vente dans les jardineries accessibles aux particuliers. Cela devrait être interdit et la réparation des dégâts et les éliminations à la charge des entreprises vendeuses responsables des dégâts.
    Par ailleurs certaines espèces pourraient être régulées sans que cela coûte un cent à la collectivité par le biais de la chasse et de la pêche de ces espèces.

  •  Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) dans l’ Outre-mer, par Morgane , le 4 janvier 2017 à 22h48

    Plusieurs points de projet sont à préciser.

    La réglementation des Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) dans l’Outre-mer doit être beaucoup plus stricte.

    Les écosystèmes insulaires sont beaucoup plus vulnérables à l’introduction de nouveaux prédateurs type "NAC"(ex : furets et reptiles). Ces NAC sont régulièrement perdus ou relâchés par les particuliers qui ne veulent plus s’en occuper. Ces espèces deviennent alors très rapidement envahissantes.

    De nombreuses espèces d’oiseaux et de lézards endémiques sont menacés a cause d’une réglementation sur les NAC pour l’instant trop laxiste.

  •  Une bonne base pour définir un cadre national..., par SOL Stéphane (CD 12) , le 4 janvier 2017 à 11h32

    Bonjour,
    Ce document est effectivement une bonne base de travail pour (essayer) d’enrayer le développent des Espèces Exotiques Envahissantes (EEE). Les différents axes et objectifs balaient bien la thématique et les différentes stratégies d’actions à mener (Prévention, Mutualisation, Interventions et Communication/sensibilisation).
    De plus, elle mobilise et encourage la participation de tous les acteurs concernés...

    En tant que collectivité locale et gestionnaire, le Département de l’Aveyron a défini depuis 2011, une stratégie de gestion et de sensibilisation sur les Renouées Asiatiques (Fallopia Sp) et les espèces végétales exotiques envahissantes en général…
    Cependant, dans le contexte actuel (contraintes budgétaires, nouvelles organisations territoriales et répartitions des compétences...), ce document semble très généraliste et beaucoup de paramètres mériteraient d’être plus clairs et explicites.

    En effet :
    - Comment vont se répartir et se coordonner les différents acteurs concernés par les EEE ?
    - qui pilote et coordonne les actions en fonction des échelles spatiales et territoriales (nationale, régionale, départementale...) ?
    - quels sont les leviers et aides financières mobilisables ? Avec quels moyens humains ?
    - "la Stratégie a vocation à être complétée par un plan d’actions et des documents d’applications", visant à définir les actions prioritaires et plus concrètes... Quand ces rapports seront-ils opérationnels ? Et comment seront-ils mis en œuvre (échelle opérationnelle, espèces, moyens...).
    Les gestionnaires, comme notre collectivité, seront-ils sollicités et intégrés pour co-écrire ces ouvrages de planification et mettre en œuvre les préconisations ?

    Restant à votre disposition pour travailler sur cette thématique

    Cordialement

  •  territoires biogéographiques , par laetitia , le 3 janvier 2017 à 11h51

    Une reconnaissance explicite des systèmes insulaires et de leur fragilité (petites iles ou grandes iles) est demandé.

  •  cibler les lieux de ventes mais aussi d’échanges, par Chantal , le 3 janvier 2017 à 11h17

    informer les différentes associations liées au jardin qui donnent des plantes et les échangent.
    même quand elles sont informées (conservatoire botanique de Brest), elles sont découragées en voyant les plantes signalées invasives en jardinerie.

  •  Assez général, par Sebastien VERSANNE JANODET , le 2 janvier 2017 à 21h05

    Je rejoins plusieurs commentaires sur le fait que cette stratégie reste assez générale, en donnant des principes, qui semblent pertinents pour la plupart, mais parfois difficiles à appliquer dans les milieux naturels. Pour l’expérience que j’en ai sur les espèces animales aquatiques, la présence d’EEE est souvent associée à des taux de colonisation très forts, qui sont difficilement mis à mal par des moyens de lutte (même assez "poussés"(cf exp du PNR Morvan avec les écrevisses )) ou des mesures de confinement...
    Quant à la constitution d’un système d’information, je suis septique : ces systèmes poussent comme des champignons. Et s’ils sont parfois utiles ou pertinents, j’ai le sentiment de constater de plus en plus qu’ils finissent par n’être plus que des bases qu’on remplit de manière chronophage en finissant par oublier leur raison d’être parce que leur renseignement n’amène pas toujours à des actions concrètes. Autant de temps qui n’est plus passé sur le terrain à faire de VRAIS diagnostics et réfléchir à la mise en place d’actions concrètes.
    Enfin, il me semble que deux mesures simples permettraient déjà de régler une partie des problèmes : 1) interdire purement et simplemeent la vente de toutes les EEE dans les jardineries et animaleries (et autres). 2) interdire non l’introduction, mais la DETENTION d’EEE. COLAS & al (2010) ont bien montré que la réglementation n’interdisant que l’introduction, il est très difficile de contraindre un propriétaire d’un milieu abritant des EEE de faire quelque chose... puisque ce qui est interdit, ce n’est pas la possession, mais l’introduction. Quant à prouver qui a introduit quoi, où et quand, c’est très difficile, et on se borne souvent sur le terrain à constater les dégats sans pouvoir agir efficacement.
    Cordialement

  •  Et concrètement ?, par Matthieu , le 2 janvier 2017 à 10h14

    Ce type d’initiative est louable mais c’est un peu tard pour se réveiller et se dire "Oh l’UE demande ça alors le national va le faire". La plupart des objectifs sont déjà fait ou en cours au niveau local (région, bassin versant).

    En dehors de quelques sujets où seul le niveau national peut avoir une influence (protection aux frontières pour l’introduction de nouvelles espèces, etc.), tout le reste c’est une énumération de grands principes qui ne sera applicable que sur la base de la bonne volonté financière des structures privées et publiques locales.

  •  Vous avez dit envahissant ..., par DEGUI , le 26 décembre 2016 à 22h03

    Une liste des espèces décrétées "envahissantes" aurait puissamment aidé à la comprehension de ce texte et à une éventuelle capacité à donner un avis.
    Quant à la notion d’envahissement elle est fluctuante selon les individus, leurs intérêts, leurs sensibilités etc... alors bon courage pour faire consensus !

  •  Entrtien des plages familiales, par Dominique Bordes Sue , le 24 décembre 2016 à 15h56

    Bonjour,
    Les plages des communes littorales atlantiques sont colonisées par la spartine, plante phanérogame faisant partie des 100 plantes invasives les plus performantes.
    la gestion des plages a pour objectif d’offrir aux utilisateur des plages propres, saines sécurisées.
    La propreté concerne l’enlèvement des déchets par des moyens de ramassage mécaniques ou manuels, des dépôts d’algues se décomposant, des espèces invasives par des moyens de contrôle mécanique ou autre....

    Le critère général est de présenter une plage propre non envasée.
    Pour y parvenir, la plage est soumise à de nombreuses actions dont les permis devraient se donner au coup par coût, ce qui en fait une zone littorale très particulière et qui devrait être soumis à un statut particulier.
    En ce qui concerne les techniques de contrôle des spartines, les procédés préconisés ont toujours une action négatives sur l’environnement, ne répondent pas à toutes les situations pour les appliquer et ne sont jamais totalement efficaces.
    La plage par sa position haute est relativement pauvre et soumise à une action anthropique forte, pollution, piétinement, creusement.
    Cependant, elle a la capacité de se régénérer par une colonisa-tion par les larves des espèces locales véhiculées, durant le période d’Avril à Septembre.

    Questions :

    La plage peut elle avoir un statut particulier de gestion?

    Est-ce que la plage peut être considérée comme un espace où l’on pourrait mettre tout à zéro pour atteindre les critères de propreté , de sécurité et d’état sanitaire ? ....tout en sachant qu’elle a la possibilité de se recoloniser naturellement. (Principe agricole)

    La réponse devra tenir compte de critères environnementaux mais aussi de simplicité de gestion administrative, de facilité d’application des process, de coût et d’efficacité, ce que demandent les communes littorales
    Une réponse sur ces questions de fond est souhaitée, même si elles sont en contradiction avec les tendances environnementales actuelles
    Cordialement ?

  •  Contribution perso, par Pierre SIGALA , le 22 décembre 2016 à 11h41

    Contribution personnelle à la Stratégie Nationale relative aux espèces exotiques envahissantes.

    Remarque : Ne maitrisant vraiment bien que le problème à l’Ile de La Réunion, mes remarques ne concernent que ce type de milieu.

    Axe I : Prévention de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes
    A mon sens cet axe ne doit pas être très développé, en effet l’expérience réunionnaise prouve qu’avec plus de 5 vols de 250 personnes en moyenne, soit plus de 1000 personnes arrivant par jour (tous les jours de l’année) venant de France métropolitaine, sans compter les vols régionaux l’introduction et l’acclimatation d’espèces exotiques est inéluctable, c’est un fait.

    Objectif 1 : Identifier et hiérarchiser les espèces exotiques envahissantes en vue de planifier les actions

    Un soin particulier doit être apporté à l’établissement de listes hiérarchisées partagées par tous. Il faut que l’ensemble de la population, les acteurs économiques soient clairement associés à toutes les étapes de l’établissement de cette liste, et que ce travail ne se fasse pas uniquement dans un réseau d’experts naturalistes convaincus.
    En effet les conflits d’intérêt, problème épineux de la gestion des EEE, doivent être connus, débattus avant toute décision d’inscription sur une liste, l’acclimatation du cèdre et du châtaigner dans le sud de la France, avec un bénéfice pour la biodiversité, doit nous engager à rester très prudent en matière d’arbitrage (Ces espèces auraient pu être classées EEE)
    Sur l’ile de La Réunion, l’Acacia mearnsii qui, à la suite d’incendies répétés colonise des zones naturelles dans l’ouest de l’île, peut sauver dans certains cas extrêmes certains écosystèmes en fournissant du bois de feu et ainsi diminuer la pression anthropique sur des formations primaires très fragiles.
    Axe II : Interventions de gestion des espèces et restauration des écosystèmes
    Objectif 4 : Intervenir rapidement sur les espèces exotiques envahissantes nouvellement détectées sur un territoire

    Concernant les espèces végétales, si intellectuellement la détection précoce parait répondre à la situation, l’expérience pratique montre que lorsque la détection d’une nouvelle espèce se fait et est établie, il apparait a posteriori que cette espèce est déjà très présente, forte de plusieurs centaines d’individus dans le milieu naturel cible. Son éradication physique est souvent alors impossible, du fait de sa nature même d’être une espèce envahissante, et donc extrêmement prolifique et résistante.

    Objectif 5 : Maîtriser les espèces exotiques envahissantes largement répandues
    Il est triste qu’une stratégie Nationale passe sous silence la lutte biologique pour la maitrise des EEE végétales.
    En effet, l’invasion par une EEE végétale dans le contexte, comme l’ile de La Réunion est la rencontre de l’histoire avec un phénomène naturel inéluctable : destruction de milieux et déséquilibres liés à la colonisation avec introduction massive de nouvelles espèces.
    Les techniques de lutte classiquement employées ont montré leurs limites : onéreuses, dangereuses chimiquement et limitées dans le temps et l’espace.
    La lutte biologique, bien organisée et contrôlée, en s’appuyant sur un rééquilibrage des écosystèmes, dans un contexte global de limitation de l’usage de produits phytopharmaceutiques pourrait être plus encouragée, voire même devenir une priorité.

  •  espèces exotiques, par JOYEUX Francoise , le 22 décembre 2016 à 09h27

    Article trop "flou" !Qui va décider?seuls d éminents spécialistes pourront statuer j espère !Pour protéger la biodiversité nous nous préoccupons d espèces invasives et l homme qui piége déterre tue par loisir nos espèces ,que fait on pour qu il cesse ces actes de cruauté et son loisir de mort, indigne d une société dite "civilisée" ! D ailleurs les espèces invasives ont été introduite par l homme !L attaque est toujours envers les animaux !Ne pourrait on réglementer l humain et ses activités malsaines ? Cet humain est une espèce animale au meme titre que ceux qui ne parlent pas !

  •  Difffusion sur les REX et graines des EEE, par Fred GECO , le 21 décembre 2016 à 19h20

    Ce projet devrait intégrer un guide des retours d’expériences ainsi que les principales innovations et projets de recherche dans la gestion des EEE en Europe.
    Ne pas négliger la capacité de dissémination par les graines, rarement prises en compte dans les plans de gestion (ambroisies dans les tournesols des grainetiers, jussies en flottaison sur les cours d’eau, renouées dans les composts, ...).

  •  Stop aux ’’ usines à gaz ’’ , par GESETI , le 21 décembre 2016 à 18h32

    Pragmatisme = Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique.

    STOP aux ’’usines à gaz’’ INNAPPLICABLE sur le terrain et qui de surcroît coûte très cher à la collectivité.
    SINON on obtient les mêmes résultats que dans le cadre de la lutte obligatoire du charançon rouge du palmier en région PACA
    = Un désastre écologique !

  •  Beaucoup trop général., par Hélène. , le 20 décembre 2016 à 20h09

    Texte encore très général et donc vague. Le principe en paraît bon, mais impossible pour l’instant de se faire une opinion précise : c’est quand il y aura du concret qu’il faudra faire une consultation du public !

  •  interdire la vente de certaines plantes en jardinerie , par Ariane BERLAND , le 20 décembre 2016 à 19h45

    Il faudrait interdire la vente de certaines plantes en jardinerie (ou pépinières). Les clients ne savent souvent pas qu’une plante peut se révéler envahissante ; le plus simple est qu’ils ne la trouvent plus à la vente.
    De même pour des animaux vendus en animalerie dont on sait qu’ils vont beaucoup grandir et être parfois relâchés dans la nature par leur propriétaire. Lorsqu’on sait qu’ils pourraient s’acclimater sur notre territoire et entrer en concurrence avec des espèces indigènes, autant ne jamais les proposer à la vente.

  •  Que du bon sens pour commencer avant tous ces bla blas ..., par Denis Bittner , le 20 décembre 2016 à 19h07

    Interdire toute détention d’espèces exotiques partout même chez les bobo écolos ...
    Pou toutes les espèces pouvant l’être, mettre dans la liste des espèces chassables, et sans conditions ni Bla blas.

  •  renouée du japon, par patchque , le 20 décembre 2016 à 18h57

    Bonjour,
    la Savoie n’est pas exempte des espèces envahissantes.
    Lors d’une enquête publique, j’avais fait remarquer au commissaire enquêteur (et il avait pris en compte mon avis) que :
    1) pour l’entretien des berges, il existe une procédure départementale de la Savoie quant à la manière d’éradiquer les plantes envahissantes (Ex renouée du japon)
    2) il existe une formation dispensée au niveau de la Savoie
    3) dans les appels d’offre aucune référence à la procédure, formation ou même résultat n’est exigée, voire même un encouragement à favoriser les sociétés qui auraient suivi cette formation, est complètement absent du cahier des charges
    Alors, une seule remarque :
    Appliquons et faisons appliquer les procédures existantes en local et on pourra avancer pas à pas ... et cessons de nous "cacher" derrière des Stratégies
    Cordialement

  •  Le document proposé reste dans le flou , par Association du Besland , le 20 décembre 2016 à 17h02

    La réflexion proposée est intéressante et une surveillance est certes nécessaire.
    Néanmoins il est impossible de se prononcer sur ce projet qui n’indique pas :
    - qui pilote les actions,
    - qui coordonne,
    - dans quel cadre,
    - dans quelle enveloppe budgétaire.
    Il faut s’appuyer sur l’existant et ne pas créer de nouveaux comités ou organismes qui compliqueraient les systèmes déjà extrêmement lourds et imbriqués, avec en corollaire un éloignement du terrain.

  •  faune sauvage, par christine dufour , le 20 décembre 2016 à 10h55

    IL FAUT PROTEGER LES ESPECES SAUVAGES !

 
 
 

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