EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projets d’arrêté relatifs aux chasses traditionnelles dans le département des Ardennes

Du 07/06/2021 au 28/06/2021 - 3349 commentaires

Les deux projets d’arrêté définissent les prélèvements maximums autorisés pour la saison 2021-2022 à l’aide de tenderies et filets, moyens de chasse traditionnelle, dans le département des Ardennes.

Les projets d’arrêtés soumis à consultation fixent les prélèvements maximums autorisés pour le Merle noir (Turdus merula) et différentes espèces de Grives : Grives draine (Turdus viscivorus), Grive litorne (Turdus pilaris), Grive mauvis (Turdus iliacus), Grive musicienne (Turdus philomelos) ainsi que les Vanneaux huppés (Vanellus vanellus) et les Pluviers dorés (Pluvialis apricaria) dans le département des Ardennes au titre des chasses traditionnelles.

L’article L. 424-4 du code de l’environnement, reprenant les dispositions de l’article 9 de la directive "Oiseaux" (2009/147/CE), prévoit que, pour permettre, dans des conditions strictement contrôlées et de manière sélective, la chasse de certains oiseaux de passage en petites quantités, le Ministre chargé de la chasse autorise dans des conditions qu’il détermine l’utilisation des modes et moyens de chasse consacrés par les usages traditionnels, dérogatoires aux moyens généralement autorisés.

Les chasses traditionnelles dans le département des Ardennes sont encadrées par deux arrêtés du 17 août 1989 relatifs d’une part à la tenderie aux Grives ou aux Merles noirs et d’autre part à la tenderie des Vanneaux huppés et Pluviers dorés. Ces textes renvoient la détermination des plafonds départementaux de prélèvement à des arrêtés ministériels annuels.

La présente consultation porte sur ces deux arrêtés pour la saison 2021-2022, lesquels prévoient la reconduction des plafonds de l’année passée répartis comme suit :

La tenderie aux Grives et aux Merles noirs consiste à accrocher à un arbre un piège à lac (lacet à nœud coulissant) sur lequel sont disposées des baies pour attirer l’oiseau.

S’agissant de cette tenderie, la sélectivité est assurée par la technicité de la pratique ainsi que par les caractéristiques des lacs employés.

La tenderie aux Vanneaux huppés et Pluviers dorés consiste pour sa part à piéger vivants les oiseaux à l’aide de filets rabattants qui sont actionnés sur commande des chasseurs. Des appelants placés à côté servent à les attirer.
S’agissant de cette tenderie, la sélectivité est assurée par la spécificité de cette chasse et la présence du chasseur sur les lieux qui actionne le filet.

Le nombre maximal de prélèvements autorisés est en deçà de 1 % de la population totale de chaque espèce, correspondant à la mortalité naturelle annuelle.

En effet, les grives sont des espèces migratrices, il y a donc lieu de tenir compte des données des couples nicheurs ci-dessous pour la France. En population en France, en fin de reproduction, on estime 2 jeunes par couples en moyenne, ce qui permet de calculer les populations issues de couples nicheurs de :

Ces techniques sont donc considérées comme sélectives et respectant le critère des petites quantités en application de l’article 9 de la directive « Oiseaux ».

Une procédure contentieuse à l’encontre des précédents arrêtés est actuellement en cours et doit faire l’objet d’une décision du Conseil d’Etat prochainement. Le Ministère de la transition écologique pourrait être amené à modifier les arrêtés pendant la période de consultation ou à l’issue de celle-ci afin de prendre en considération la décision de la haute juridiction administrative.

Les prélèvements des trois dernières campagnes sont repris dans le tableau ci-dessous :

Les projets d’arrêtés ont fait l’objet d’un avis défavorable du Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage du 5 mai 2021.

Les projets d’arrêtés présentent un impact sur l’environnement et nécessitent à ce titre une consultation du public en application des dispositions de l’article L.123-19-1 du code de l’environnement.


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Commentaires
  •  stop à la pratique de tenderies aux vanneaux, pluviers, grives et merles, par Tassin-Peyrache , le 28 juin 2021 à 12h30

    Au 21ème siècle en France, la chasse n’est plus indispensable à la survie humaine. Elle est uniquement le passe-temps de certains qui pourraient tout aussi bien satisfaire leur envie de viser et de tirer en utilisant des pigeons d’argile ou en allant sur des stands de tirs.
    Je suis contre ces pratiques de chasse cruelles pour ces oiseaux. La nature doit être respectée d’autant que la biodiversité est en déclin.
    Stop à cette pratique de tenderies aux vanneaux, pluviers, grives et merles.

  •  Chasses traditionnelles des Ardennes, par Quentel , le 28 juin 2021 à 12h11

    Je suis contre ces 2 projets de chasses dites traditionnelles qui datent d’une autre époque. Ces méthodes ne font qu’accroître le déclin des espèces.
    Il est temps de respecter la Nature et non-pas faire croire que les chasseurs sont des régulateurs des espèces.

  •  Chasses traditionnelles dans le département des Ardennes, par BERNE , le 28 juin 2021 à 12h09

    NON à la pratique des tenderies aux vanneaux, pluviers, grives et merles dans les Ardennes.
    La sélectivité de ces pièges est impossible. Rien ne garantit en effet que d’autres espèces non ciblées, attirées par les baies, ne se retrouvent pas également prises au piège et la nature même du piège empêche tout relâcher d’une espèce non ciblée et potentiellement protégée, puisque la technique consiste à étrangler l’oiseau. La tenderie au brancher est donc non sélective.
    Où est la logique de ce projet d’arrêté?? En France, pays qui abrite environ 70% des hivernants d’Europe, la tendance des populations nicheuses (-33% sur 1989-2015) et hivernantes (-48% sur 2000-2017) est alarmante. Ce projet d’arrêté est donc en totale contradiction avec la protection de la biodiversité réclamé par les français et repris par le gouvernement.
    STOP au plaisir malsain et toxique d’une minorité qui n’ont que faire de la sauvegarde des espèces et du bien être animal.
    Ces chasses sont cruelles (spécialement les lacets) et s’ajoutent aux autres facteurs de fragilisation des populations d’oiseaux.
    Les oiseaux sont notamment menacés par les pesticides, un espace de vie amoindrie, un manque de nourriture... La chasse est un poids
    supplémentaire qui pèse sur leur survie, sans nécessité.
    Alors que la biodiversité s’effondre, il serait plus que temps de
    protéger ce qui peut encore l’être !
    STOP à ces chasses dites traditionnelles à reléguer au passé.
    Nous ne sommes plus au moyen âge. Les pratiques doivent évoluées
    conformément à la demande de l’immense majorité des français exaspérés de voir disparaitre année après année un patrimoine naturel qui est AUSSI LE LEUR.
    Il n’est pas concevable de maintenir ces chasses dites traditionnelles pour l’agrément toxique de quelques uns (quel plaisir à voir agoniser un oiseau par étranglement !!!), surtout pour des populations en déclin comme les vanneaux.
    De plus ce projet est contraire au droit européen.
    Stop à la pratique des tenderies aux vanneaux, pluviers, grives et merles.

  •  Avis très défavorable , par Alice Béteille , le 28 juin 2021 à 12h04

    Non à cette pratique cruelle et non sélective, la rendant contraire au droit européen.
    Rien ne garantit que d’autres espèces non ciblées, attirées par les baies, ne se retrouvent pas également prises au piège et la nature même du piège empêche tout relâcher d’une espèce non ciblée et potentiellement protégée, puisque la technique consiste à étrangler l’oiseau.

    De plus l’évolution de ces populations est plus qu’alarmante en vue de leur déclin (-33% de nicheurs sur 1989-2015 et -48% d’hivernants sur 2000-2017), alors que la France abrite 70% des hivernants d’Europe.

  •  Avis très défavorable à la chasse par tenderie dans les Ardennes, par M Valladon , le 28 juin 2021 à 11h59

    Je dis non au piégeage au filet rabattant de 1200 vanneaux et de 30 pluviers dorés car cette population d’oiseaux en déclin doit être protégée.
    Je dis non au piégeage de 5 800 grives et merles aux tenderies qui est une pratique barbare consistant à étrangler l’oiseau et non sélective puisque d’autres espèces d’oiseaux sont pris à ce piège.
    L’État doit protéger la biodiversité et ne plus mettre sa politique publique au service des seuls chasseurs.

  •  chasses traditionnelles, par PELIN jean michel , le 28 juin 2021 à 11h58

    Il faut conserver les chasses traditionnelles, la ruralité n’est pas la ville, les prises de décisions doivent écouter les ruraux utilisateurs de la nature qui sont les premiers observateurs de la faune et de la flore, les espèces citées dans le projet d’arrêté se portent bien, il faut débloquer les quotas.

  •  eau et biodiversité chasses traditionnelles, par Arlette Delobel , le 28 juin 2021 à 11h54

    les grives et merles se raréfient considérablement d’année en année dans mon jardin : qui donc sont les "malins" voulant leur extermination ? les oiseaux font partie de l’écosystème - comme nous - à quand la régulation des "idées malignes" ? je ne puis qu’etre contre ces chasses qui se cachent derrière le soi-disant traditionnel, et qui ressemblent plutot à de la violence gratuite

    c’est de tolérance pour le vivant et de controle de ses instincts dont l’humain a besoin, et non pas de défoulement aveugle, et là il se sentira bien dans sa peau

  •  je suis favovable a la continuité des chasses traditionnelle, par patrick , le 28 juin 2021 à 11h09

    pour et decidé a soutenir tous les modes de chasse

  •  Je suis pour la pratique de nos chasses traditionnelles, par Jc Vert , le 28 juin 2021 à 11h02

    Ce type de chasse fait partie du patrimoine cynégétique et culturel des départements concernés et ne donne lieu qu’à de très faibles prélèvements qui n’ont aucune incidence sur l’état de conservation des populations concernées compte tenu de la modestie des quotas, de plus, les chasseurs renseignent leurs prélèvements quotidiennement et la traçabilité des opérations est assurée par la tenue d’un carnet individuel qui est rendu aux Fédérations des chasseurs et dont les services de l’État assurent le suivi.

  •  Avis défavorable, par Christophe , le 28 juin 2021 à 10h40

    Ces pratiques sont d’un autre temps, je suis défavorable à ce projet d’arrêté.

  •  Contre les deux projets d’arrêtés, par Shâhpour-Geoffroy KIA , le 28 juin 2021 à 10h01

    Je suis défavorable aux deux projets d’arrêté relatifs aux quotas de prélèvement par chasse traditionnelle dans le département des Ardennes.
    En effet,malgré la mise en demeure adressée à la France par la Commission européenne pour manquement à ses obligations de protection des espèces menacées, visant entre autres leur piégeage indifférencié sous prétexte de traditions, le ministère de l’écologie a choisi de reconduire ces arrêtés. Ce choix fait encourir de lourdes sanctions financières à la France.
    Le ministère invoque un article du code de l’environnement reprenant des dispositions la directive « Oiseaux », encadrant la chasse de certains oiseaux de passage et devant être strictement contrôlée et pratiquée de manière sélective. Or,ces pratiques ne sont absolument pas sélectives et de nombreux oiseaux dont la chasse n’est pas autorisée subiront les conséquences de ces procédés.

  •  la chasse dans les arddennes, par Thomas daniel , le 28 juin 2021 à 09h58

    laissez les chasseurs ardennais tranquilles ce sont des protecteurs de la nature qui la connaisse mieux que ceux qui veulent nous la dictée

  •  avis favorable aux projets mais les quotas sont insuffisants, par pierre , le 28 juin 2021 à 09h37

    Les chasses traditionnelles font partie du patrimoine cynégétique et culturel des départements concernés,

    Elles nécessitent beaucoup de temps et d’habiletés techniques de la part de chasseurs passionnés,

    Ce sont des chasses qui ne donnent lieu qu’à de très faibles prélèvements et qui n’ont aucune incidence sur l’état de conservation des populations concernées compte tenu de la modestie des quotas,

    Ce sont des chasses sélectives pour lesquelles les prises accessoires sont minimes, soit parce que les chasseurs activent manuellement les pièges, soit parce que les règles de l’art (taille des mailles du filet, hauteur et disposition des pièges) permettent de cibler les espèces chassées,

    Dans le cadre de la tenderie aux vanneaux huppés et aux pluviers dorés dans les Ardennes et de la capture des alouettes des champs à l’aide de filets dans le Sud-Ouest, les éventuelles prises accessoires ne subissent aucun dégât, les quelques incidents recensés ne dépassant pas ceux observés dans le cadre des opérations de bagages réalisées par le Muséum national d’histoire naturelle,

    Les lieux où sont pratiquées les chasses traditionnelles sont tout à fait connus et contrôlables pour les agents chargés de la police de la chasse,

    Les chasseurs renseignent leurs prélèvements quotidiennement et la traçabilité des opérations est assurée par la tenue d’un carnet individuel qui est rendu aux Fédérations des chasseurs et dont les services de l’Etat assurent le suivi,

    La réglementation est très stricte et les arrêtés d’ouverture très détaillés dans les règles qui s’imposent aux chasseurs,

    Le Guide de la Commission sur la chasse réalisé en 2008 reconnaît la conformité de ces chasses à la directive Oiseaux.

    Laissez les ruraux respirer !

  •  chasses traditionnelles des Ardennes, par Jean Pol Gambier , le 28 juin 2021 à 09h36

    A garder et faire découvrir

  •  chasses traditionnelles des Ardennes, par Jean Pol Gambier , le 28 juin 2021 à 09h34

    Les chasses traditionnelles ardennaises représentent le patrimoine
    ardennais
    A garder et faire découvrir

  •  chasses traditionnelles des Ardennes, par Jean Pol Gambier , le 28 juin 2021 à 09h28

    Je suis favorable à la continuité des chasses traditionnelles
    ardennaises .En effet ,elles représentent le patrimoine Ardennais.
    A garder et à faire découvvrir.

  •  AVIS DEFAVORABLE - Du vivant pour nos enfants ! fin aux chasses traditionnelles, par carré , le 28 juin 2021 à 09h22

    Ces chasses ne sont plus justifiées aujourd’hui, où les ressources alimentaires ne manquent plus.
    Ces chasses ne sont pas sélectives : les cages et les filets capturent indistinctement des espèces protégées, comme des petits passereaux
    Il est très difficile de contrôler réellement les captures, de vérifier que les espèces protégées sont effectivement relâchées et de s’assurer que les chasseurs respectent les quotas.
    Protégeons le patrimoine vivant de notre France qui a bien plus de valeur (économique) vivant que dans l’assiette ...

  •  Chasses traditionnelles, par GONZALEZ Joël , le 28 juin 2021 à 09h15

    Je soutiens toutes les chasses traditionnelles.

  •  Le seul plafond acceptable est 0, par Peltier , le 28 juin 2021 à 09h10

    Pitié pour les oiseaux qui comme le reste de la biodiversité sont en grand danger. Ces chasses traditionnelles n’ont plus aucune raison d’être. Il est incompréhensible que l’on puisse sacrifier ces magnifiques oiseaux au plaisir égoïste d’un tout petit nombre.

  •  eau et biodiversité, par LICHTFOUSE , le 28 juin 2021 à 09h09

    La chasse ne devrait être confiée qu’à des spécialistes de la faune qui ne serviraient pas de prédateurs mais de régulateurs puisque nous n’avons plus ou n’acceptons plus les prédateurs naturels.