EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet de Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes

Du 19/12/2016 au 10/01/2017 - 35 commentaires

Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues par la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) comme la troisième cause de l’appauvrissement de la biodiversité mondiale. Elles sont favorisées par les perturbations et les pressions anthropiques (dégradation environnementale, commerce international, changement climatique…)
Par leurs multiples impacts, elles menacent les espèces indigènes, les habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine.

En déclinaison des dispositions de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, à la demande de la secrétaire d’État chargée de la Biodiversité Barbara Pompili, un groupe de travail présidé par Serge Muller, Professeur du Muséum national d’histoire naturelle, a produit un projet de stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes, définissant les principales actions qu’il conviendra de mettre en œuvre au cours des prochaines années tant au niveau de la connaissance, la sensibilisation du public, la réglementation, la gouvernance, la prévention, les interventions urgentes et la gestion des animaux et plantes envahissantes établies ainsi que la restauration des milieux après invasion.
Une telle Stratégie est également nécessaire pour la bonne mise en œuvre en droit français du règlement (UE) n° 1143/2014 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Une première version du projet a été soumise à différentes parties prenantes à l’occasion d’un Séminaire de travail organisé le 30 septembre 2016 au Ministère de l’environnement.
Des enrichissements ont été apportés au projet pour tenir compte des observations formulées par les participants suite à ce séminaire.

Le projet soumis à la participation du public comprend 5 axes de travail, et se décline en 12 propositions de mesures. De manière délibérée, la Stratégie ne comporte pas de calendrier prévisionnel de mise en œuvre, ni de programmation budgétaire : elle a en effet vocation à constituer un document « intemporel ». Ce sont ses documents d’application qui viendront préciser ces aspects, par région ou par thème suivant les espèces et les contextes. La Stratégie a vocation à être complétée par un plan d’actions définissant les actions prioritaires à mettre en œuvre et le « qui fait quoi ».

La consultation est ouverte du 19 décembre 2016 au 10 janvier 2017.

Conformément au cinquième alinéa du II. de l’article L. 120-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

Crédits photos, de gauche à droite : Acridotheres tristis (ph. Jean-Ph. Siblet) ; Eichhornia crassipes (ph. César Delnatte) ; Trachemys scripta (ph. MEEM) ; Bambusa vulgaris (ph. C. Delnatte) ; Oncorhynchus mykiss (ph. Dominique Martiré) ; Ludwigia sp. (ph. Philippe Gourdain) ; Iguana iguana (ph. Audrey Savouré-Soubelet)


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Commentaires
  •  cibler les lieux de ventes mais aussi d’échanges, par Chantal , le 3 janvier 2017 à 11h17

    informer les différentes associations liées au jardin qui donnent des plantes et les échangent.
    même quand elles sont informées (conservatoire botanique de Brest), elles sont découragées en voyant les plantes signalées invasives en jardinerie.

  •  Assez général, par Sebastien VERSANNE JANODET , le 2 janvier 2017 à 21h05

    Je rejoins plusieurs commentaires sur le fait que cette stratégie reste assez générale, en donnant des principes, qui semblent pertinents pour la plupart, mais parfois difficiles à appliquer dans les milieux naturels. Pour l’expérience que j’en ai sur les espèces animales aquatiques, la présence d’EEE est souvent associée à des taux de colonisation très forts, qui sont difficilement mis à mal par des moyens de lutte (même assez "poussés"(cf exp du PNR Morvan avec les écrevisses )) ou des mesures de confinement...
    Quant à la constitution d’un système d’information, je suis septique : ces systèmes poussent comme des champignons. Et s’ils sont parfois utiles ou pertinents, j’ai le sentiment de constater de plus en plus qu’ils finissent par n’être plus que des bases qu’on remplit de manière chronophage en finissant par oublier leur raison d’être parce que leur renseignement n’amène pas toujours à des actions concrètes. Autant de temps qui n’est plus passé sur le terrain à faire de VRAIS diagnostics et réfléchir à la mise en place d’actions concrètes.
    Enfin, il me semble que deux mesures simples permettraient déjà de régler une partie des problèmes : 1) interdire purement et simplemeent la vente de toutes les EEE dans les jardineries et animaleries (et autres). 2) interdire non l’introduction, mais la DETENTION d’EEE. COLAS & al (2010) ont bien montré que la réglementation n’interdisant que l’introduction, il est très difficile de contraindre un propriétaire d’un milieu abritant des EEE de faire quelque chose... puisque ce qui est interdit, ce n’est pas la possession, mais l’introduction. Quant à prouver qui a introduit quoi, où et quand, c’est très difficile, et on se borne souvent sur le terrain à constater les dégats sans pouvoir agir efficacement.
    Cordialement

  •  Et concrètement ?, par Matthieu , le 2 janvier 2017 à 10h14

    Ce type d’initiative est louable mais c’est un peu tard pour se réveiller et se dire "Oh l’UE demande ça alors le national va le faire". La plupart des objectifs sont déjà fait ou en cours au niveau local (région, bassin versant).

    En dehors de quelques sujets où seul le niveau national peut avoir une influence (protection aux frontières pour l’introduction de nouvelles espèces, etc.), tout le reste c’est une énumération de grands principes qui ne sera applicable que sur la base de la bonne volonté financière des structures privées et publiques locales.

  •  Vous avez dit envahissant ..., par DEGUI , le 26 décembre 2016 à 22h03

    Une liste des espèces décrétées "envahissantes" aurait puissamment aidé à la comprehension de ce texte et à une éventuelle capacité à donner un avis.
    Quant à la notion d’envahissement elle est fluctuante selon les individus, leurs intérêts, leurs sensibilités etc... alors bon courage pour faire consensus !

  •  Entrtien des plages familiales, par Dominique Bordes Sue , le 24 décembre 2016 à 15h56

    Bonjour,
    Les plages des communes littorales atlantiques sont colonisées par la spartine, plante phanérogame faisant partie des 100 plantes invasives les plus performantes.
    la gestion des plages a pour objectif d’offrir aux utilisateur des plages propres, saines sécurisées.
    La propreté concerne l’enlèvement des déchets par des moyens de ramassage mécaniques ou manuels, des dépôts d’algues se décomposant, des espèces invasives par des moyens de contrôle mécanique ou autre....

    Le critère général est de présenter une plage propre non envasée.
    Pour y parvenir, la plage est soumise à de nombreuses actions dont les permis devraient se donner au coup par coût, ce qui en fait une zone littorale très particulière et qui devrait être soumis à un statut particulier.
    En ce qui concerne les techniques de contrôle des spartines, les procédés préconisés ont toujours une action négatives sur l’environnement, ne répondent pas à toutes les situations pour les appliquer et ne sont jamais totalement efficaces.
    La plage par sa position haute est relativement pauvre et soumise à une action anthropique forte, pollution, piétinement, creusement.
    Cependant, elle a la capacité de se régénérer par une colonisa-tion par les larves des espèces locales véhiculées, durant le période d’Avril à Septembre.

    Questions :

    La plage peut elle avoir un statut particulier de gestion?

    Est-ce que la plage peut être considérée comme un espace où l’on pourrait mettre tout à zéro pour atteindre les critères de propreté , de sécurité et d’état sanitaire ? ....tout en sachant qu’elle a la possibilité de se recoloniser naturellement. (Principe agricole)

    La réponse devra tenir compte de critères environnementaux mais aussi de simplicité de gestion administrative, de facilité d’application des process, de coût et d’efficacité, ce que demandent les communes littorales
    Une réponse sur ces questions de fond est souhaitée, même si elles sont en contradiction avec les tendances environnementales actuelles
    Cordialement ?

  •  Contribution perso, par Pierre SIGALA , le 22 décembre 2016 à 11h41

    Contribution personnelle à la Stratégie Nationale relative aux espèces exotiques envahissantes.

    Remarque : Ne maitrisant vraiment bien que le problème à l’Ile de La Réunion, mes remarques ne concernent que ce type de milieu.

    Axe I : Prévention de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes
    A mon sens cet axe ne doit pas être très développé, en effet l’expérience réunionnaise prouve qu’avec plus de 5 vols de 250 personnes en moyenne, soit plus de 1000 personnes arrivant par jour (tous les jours de l’année) venant de France métropolitaine, sans compter les vols régionaux l’introduction et l’acclimatation d’espèces exotiques est inéluctable, c’est un fait.

    Objectif 1 : Identifier et hiérarchiser les espèces exotiques envahissantes en vue de planifier les actions

    Un soin particulier doit être apporté à l’établissement de listes hiérarchisées partagées par tous. Il faut que l’ensemble de la population, les acteurs économiques soient clairement associés à toutes les étapes de l’établissement de cette liste, et que ce travail ne se fasse pas uniquement dans un réseau d’experts naturalistes convaincus.
    En effet les conflits d’intérêt, problème épineux de la gestion des EEE, doivent être connus, débattus avant toute décision d’inscription sur une liste, l’acclimatation du cèdre et du châtaigner dans le sud de la France, avec un bénéfice pour la biodiversité, doit nous engager à rester très prudent en matière d’arbitrage (Ces espèces auraient pu être classées EEE)
    Sur l’ile de La Réunion, l’Acacia mearnsii qui, à la suite d’incendies répétés colonise des zones naturelles dans l’ouest de l’île, peut sauver dans certains cas extrêmes certains écosystèmes en fournissant du bois de feu et ainsi diminuer la pression anthropique sur des formations primaires très fragiles.
    Axe II : Interventions de gestion des espèces et restauration des écosystèmes
    Objectif 4 : Intervenir rapidement sur les espèces exotiques envahissantes nouvellement détectées sur un territoire

    Concernant les espèces végétales, si intellectuellement la détection précoce parait répondre à la situation, l’expérience pratique montre que lorsque la détection d’une nouvelle espèce se fait et est établie, il apparait a posteriori que cette espèce est déjà très présente, forte de plusieurs centaines d’individus dans le milieu naturel cible. Son éradication physique est souvent alors impossible, du fait de sa nature même d’être une espèce envahissante, et donc extrêmement prolifique et résistante.

    Objectif 5 : Maîtriser les espèces exotiques envahissantes largement répandues
    Il est triste qu’une stratégie Nationale passe sous silence la lutte biologique pour la maitrise des EEE végétales.
    En effet, l’invasion par une EEE végétale dans le contexte, comme l’ile de La Réunion est la rencontre de l’histoire avec un phénomène naturel inéluctable : destruction de milieux et déséquilibres liés à la colonisation avec introduction massive de nouvelles espèces.
    Les techniques de lutte classiquement employées ont montré leurs limites : onéreuses, dangereuses chimiquement et limitées dans le temps et l’espace.
    La lutte biologique, bien organisée et contrôlée, en s’appuyant sur un rééquilibrage des écosystèmes, dans un contexte global de limitation de l’usage de produits phytopharmaceutiques pourrait être plus encouragée, voire même devenir une priorité.

  •  espèces exotiques, par JOYEUX Francoise , le 22 décembre 2016 à 09h27

    Article trop "flou" !Qui va décider?seuls d éminents spécialistes pourront statuer j espère !Pour protéger la biodiversité nous nous préoccupons d espèces invasives et l homme qui piége déterre tue par loisir nos espèces ,que fait on pour qu il cesse ces actes de cruauté et son loisir de mort, indigne d une société dite "civilisée" ! D ailleurs les espèces invasives ont été introduite par l homme !L attaque est toujours envers les animaux !Ne pourrait on réglementer l humain et ses activités malsaines ? Cet humain est une espèce animale au meme titre que ceux qui ne parlent pas !

  •  Difffusion sur les REX et graines des EEE, par Fred GECO , le 21 décembre 2016 à 19h20

    Ce projet devrait intégrer un guide des retours d’expériences ainsi que les principales innovations et projets de recherche dans la gestion des EEE en Europe.
    Ne pas négliger la capacité de dissémination par les graines, rarement prises en compte dans les plans de gestion (ambroisies dans les tournesols des grainetiers, jussies en flottaison sur les cours d’eau, renouées dans les composts, ...).

  •  Stop aux ’’ usines à gaz ’’ , par GESETI , le 21 décembre 2016 à 18h32

    Pragmatisme = Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique.

    STOP aux ’’usines à gaz’’ INNAPPLICABLE sur le terrain et qui de surcroît coûte très cher à la collectivité.
    SINON on obtient les mêmes résultats que dans le cadre de la lutte obligatoire du charançon rouge du palmier en région PACA
    = Un désastre écologique !

  •  Beaucoup trop général., par Hélène. , le 20 décembre 2016 à 20h09

    Texte encore très général et donc vague. Le principe en paraît bon, mais impossible pour l’instant de se faire une opinion précise : c’est quand il y aura du concret qu’il faudra faire une consultation du public !

  •  interdire la vente de certaines plantes en jardinerie , par Ariane BERLAND , le 20 décembre 2016 à 19h45

    Il faudrait interdire la vente de certaines plantes en jardinerie (ou pépinières). Les clients ne savent souvent pas qu’une plante peut se révéler envahissante ; le plus simple est qu’ils ne la trouvent plus à la vente.
    De même pour des animaux vendus en animalerie dont on sait qu’ils vont beaucoup grandir et être parfois relâchés dans la nature par leur propriétaire. Lorsqu’on sait qu’ils pourraient s’acclimater sur notre territoire et entrer en concurrence avec des espèces indigènes, autant ne jamais les proposer à la vente.

  •  Que du bon sens pour commencer avant tous ces bla blas ..., par Denis Bittner , le 20 décembre 2016 à 19h07

    Interdire toute détention d’espèces exotiques partout même chez les bobo écolos ...
    Pou toutes les espèces pouvant l’être, mettre dans la liste des espèces chassables, et sans conditions ni Bla blas.

  •  renouée du japon, par patchque , le 20 décembre 2016 à 18h57

    Bonjour,
    la Savoie n’est pas exempte des espèces envahissantes.
    Lors d’une enquête publique, j’avais fait remarquer au commissaire enquêteur (et il avait pris en compte mon avis) que :
    1) pour l’entretien des berges, il existe une procédure départementale de la Savoie quant à la manière d’éradiquer les plantes envahissantes (Ex renouée du japon)
    2) il existe une formation dispensée au niveau de la Savoie
    3) dans les appels d’offre aucune référence à la procédure, formation ou même résultat n’est exigée, voire même un encouragement à favoriser les sociétés qui auraient suivi cette formation, est complètement absent du cahier des charges
    Alors, une seule remarque :
    Appliquons et faisons appliquer les procédures existantes en local et on pourra avancer pas à pas ... et cessons de nous "cacher" derrière des Stratégies
    Cordialement

  •  Le document proposé reste dans le flou , par Association du Besland , le 20 décembre 2016 à 17h02

    La réflexion proposée est intéressante et une surveillance est certes nécessaire.
    Néanmoins il est impossible de se prononcer sur ce projet qui n’indique pas :
    - qui pilote les actions,
    - qui coordonne,
    - dans quel cadre,
    - dans quelle enveloppe budgétaire.
    Il faut s’appuyer sur l’existant et ne pas créer de nouveaux comités ou organismes qui compliqueraient les systèmes déjà extrêmement lourds et imbriqués, avec en corollaire un éloignement du terrain.

  •  faune sauvage, par christine dufour , le 20 décembre 2016 à 10h55

    IL FAUT PROTEGER LES ESPECES SAUVAGES !