EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet de plan national d’action pour l’esturgeon 2020-2029

Du 20/12/2019 au 10/01/2020 - 10 commentaires

En 2007, le comité permanent de la convention de Berne a adopté un plan d’action pour la conservation et la restauration de l’Esturgeon européen, impliquant les pays signataires couvrant l’essentiel de l’aire de répartition historique et actuelle de l’espèce. Un premier plan national d’actions en faveur de l’esturgeon européen a mis en œuvre de 2011 à 2015. La loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août 2016 complète le dispositif relatif aux plans nationaux d’actions : elle prévoit que l’État établisse, d’ici le 1er janvier 2020, des plans nationaux d’actions en faveur des espèces endémiques de faune ou de flore sauvage particulièrement menacées, identifiées comme étant « en danger critique » ou « en danger ».

Le second plan national d’actions en faveur de l’esturgeon européen est proposé pour les 10 prochaines années (2020-2029). Il constitue une contribution nationale aux orientations internationales et européennes. Il s’oriente autour de 4 axes :

  1. la conservation de l’esturgeon européen dans son milieu naturel ;
  2. la protection des habitats estuariens et fluviaux et la libre circulation de l’espèce ;
  3. la conservation du stock captif et le lâcher de juvéniles dans le milieu naturel issus de reproductions assistées ;
  4. la poursuite des efforts de recherche et la coopération internationale.

Historiquement, les contraintes et les pressions rencontrées étaient nombreuses (accessibilité aux zones de reproduction, extraction de granulats, pêcheries commerciales, compétition avec des espèces introduites…). Elle sont aujourd’hui traitées en grande partie, mais les efforts doivent être poursuivis. Compte tenu de la longueur du cycle de vie, avec une maturation sexuelle des mâles vers 10 ans et des femelles vers 15 ans, et de sa complexité avec une alternance entre l’eau douce et l’océan, et un éloignement entre zone de naissance, de croissance et de reproduction, la gestion de l’esturgeon européen doit se faire de manière globale à l’échelle européenne et en associant tous les partenaires impliqués.

La démarche de sensibilisation du monde de la pêche, engagée lors du premier plan national d’actions, permet de suivre la présence des esturgeons européens en fleuve, en estuaire et en mer, grâce aux déclarations de captures accidentelles et aux observations. Ces informations mettent en évidence une répartition des esturgeons issus des repeuplements réalisés de 2007 à 2014 sur la façade atlantique. Depuis ces dernières années ils semblent revenir vers leur zone de naissance pour se reproduire. Le stock en captivité sur le site de St Seurin sur l’Isle est constitué initialement d’individus sauvages, puis d’individus issus des reproductions assistées. Il a soutenu des reproductions assistées et des lâchers de plus de 1,7 millions de larves et juvéniles à différents stades. La protection des habitats fluviaux et estuariens est un des éléments essentiels à la restauration de l’espèce afin d’optimiser la réussite du cycle aux différents stades de l’espèce. La prévention sur les risques d’introduction dans le milieu naturel d’espèces d’esturgeons allochtones est cruciale afin d’éviter les compétitions alimentaires, d’habitats, les risques d’hybridations… Ces points seront largement traités dans le nouveau plan national d’actions. Des travaux de recherche seront encore nécessaires pour optimiser les lâchers, les suivis en milieu naturel. Les partenariats internationaux seront développées afin de garantir le succès du programme à l’échelle européenne.


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Commentaires
  •  plan d’actions et contribution des associations de protection de l’environnement, par Raymond LEOST , le 10 janvier 2020 à 21h00

    la situation d’Acipenser Sturio est bien exposé.
    Le plan d’actions doit être soutenu.
    Le rôle des associations de protection de la nature apparaît sous-estimé. Présentes dans de nombreux comités, elles peuvent contribuer à intégrer la préservation des habitats naturels de l’esturgeon dans les documents de planification. Outre ceux cités, on peut ajouter les schémas de façade et les documents d’urbanisme qui peuvent directement obstacle à des activités ou aménagements nuisibles impliquant les acteurs locaux.
    Au besoin, les associations sont disponibles pour engager les actions utiles contre des activités dangereuses pour l’esturgeon.
    Une action complète de recensements des élevages d’esturgeons autres qu’Acipenser Sturio - et leur situation administrative - est nécessaire sur la plan national en raison des productions à des fins de loisirs et non pas seulement sur les bassins de la Dordogne et de la Garonne. La question d’une interdiction totale de ces productions est posée.

  •  plan d’actions et contribution des associations de protection de l’environnement, par Raymond LEOST France Nature Environnement , le 10 janvier 2020 à 20h59

    la situation d’Acipenser Sturio est bien exposé.
    Le plan d’action doit être soutenu.
    Le rôle des associations de protection de la nature apparaît sous-estimé. Présentes dans de nombreux comités, elles peuvent contribuer à intégrer la préservation des habitats naturels de l’esturgeon dans les documents de planification. Outre ceux cités, on peut ajouter les schémas de façade et les documents d’urbanisme qui peuvent directement obstacle à des activités ou aménagements nuisibles impliquant les acteurs locaux.
    Au besoin, les associations sont disponibles pour engager les actions utiles contre des activités dangereuses pour l’esturgeon.
    Une action complète de recensements des élevages d’esturgeons autres qu’Acipenser Sturio - et leur situation administrative - est nécessaire sur la plan national en raison des productions à des fins de loisirs et non pas seulement sur les bassins de la Dordogne et de la Garonne. La question d’une interdiction totale de ces productions est posée.

  •  PNA esturgeon 2020-2029, par Association Caviar d'Aquitaine , le 10 janvier 2020 à 08h28

    1 – Concertation avec la filière :
    Aucun pisciculteur d’esturgeons n’a été consulté pour la rédaction de ce projet.
    Il est nécessaire que les éleveurs d’esturgeons soient représentés notamment quand nous sommes cités comme participant !

    2 – Actions
    Le marquage externe est une mauvaise solution. 30 ans d’expérience nous permettent d’affirmer que les différentes techniques de marquages externes tiennent mal, plus de 10% des animaux les perdent chaque année. D’autre part, les cas de blessures et d’infections sont fréquents.
    Nous disposons de l’empreinte génétique de nos géniteurs et une analyse génétique des poissons échappés nous permettrait de reconnaître les poissons issus de nos élevages.
    Nos stocks d’esturgeons sont connus des services de l’état et déclarés chaque année.

    Le risque d’échappement existe mais l’impact de ces échappements est sur estimé. Les échappements précédents montrent que l’espérance de « survie » des esturgeons d’élevage dans les rivières et surtout dans l’estuaire est très faible.
    Nous pouvons préciser que le Baeri ne survit pas en eau dont la concentration saline correspond à l’embouchure de l’estuaire ou pire à celle de l’Océan atlantique.
    Idem pour le Guelden.

    3 – Soutien au programme de sauvegarde de l’Acipenser sturio
    L’Ecloserie de Guyenne, appartenant au groupe KAVIAR, membre actif de l’ACA, participe depuis plus de 10 ans au programme de sauvegarde notamment dans le cadre de contrats passés avec IRSTEA puis MIGADO pour des prestations d’élevage des alevins de sturio.

    Les membres de l’IGP sont volontaires pour monter un programme de sauvegarde du Sturio et repeuplement avec IRSTEA, MIGADO et les autres parties prenantes du projet.
    Nous disposons de
    • Personnel compétant à la pointe des techniques d’élevage des esturgeons,
    • Structures d’élevage variées et adaptées à l’élevage des esturgeons,

    Nous sommes disponibles pour mettre des moyens techniques et humains au service de la sauvegarde du Sturio

    4 – L’IGP Caviar d’Aquitaine a été mise en place pour l’esturgeon Acipenser baeri mais la raison principale du développement de nos élevages en Aquitaine est la présence historique du sturio et la production de son caviar dans notre région.
    Les producteurs sont très intéressés par le développement de la production de caviar issu de sturio. Comme c’est le cas dans les autres pays producteurs de caviar qui élèvent les espèces endémiques en voie de disparition : Dauricus et Schrenki en Chine, Beluga en Iran, Naccari en Italie, Osciètre en Russie, Brevirostrum et Oxyrinchus au Canada, Transmontanus aux USA…etc

  •  Avis favorable, à prolonger, par CLA , le 30 décembre 2019 à 19h18

    Bonjour,
    Je suis favorable au projet de plan national d’action pour l’esturgeon 2020-2029.
    Je proposerais même d’aller plus loin en augmentant les lâchers de juvéniles, issus de reproductions assistés, dans le milieu naturel. A l’avenir, il serait souhaitable qu’une grande campagne de réintroduction et de protection de ce poisson soit menée dans tous les cours d’eau de son aire de répartition d’origine.
    Cordialement

  •  Commentaires de la CNPMEM sur le PNA Esturgeon 2020-2029, par Marie LECOMTE , le 27 décembre 2019 à 15h24

    CHAPITRE II
    Page 29 : Partie b) Frayères

    Nous proposons de rajouter dans ce paragraphe le risque de contamination des frayères (selon ce qui a été évoqué dans la thèse de Nicolas Delage) ainsi que le risque de prédation par les silures.

    Page 32 : Tableau récapitulatif de l’évaluation de l’état et des tendances d’évolution de la population d ’Acipenser sturio pour différents critères de population ou de pression.

    Dans les critères de pression, nous proposons de rajouter la ligne suivante :
    Prédation et risque de compétition avec des espèces introduites ?  Au début du PNA 2011-2015, seule une espèce d’esturgeon était déclarée présente dans les élevages. Toutes les espèces d’Acipenseridae sont actuellement autorisées dans les piscicultures, dont 6 sont actuellement présentes dans le bassin Gironde Garonne Dordogne à des fins d’élevages. L’échappement d’esturgeons exotiques représente pour l’espèce endémique des risques de compétition trophique, compétition d’habitats, transmission de maladies ou hybridation.
    Par ailleurs, le silure représente un risque potentiel sur la mortalité des jeunes esturgeons notamment sur les lieux de lâchers et de reproduction

    CHAPITRE IV
    Page 69 : Tableau pour l’action N°8 : Suivre l’évolution de la population soutenue d’esturgeon européen.

    Nous suggérons de rajouter le paragraphe suivant dans la description de l’action :
    Au niveau prédation, identifier les espèces susceptibles d’être un prédateur pour l’espère au stade larves et juvéniles. Faire un état des lieux des espèces présentes dans le milieu au niveau des différentes zones de vie. En fonction des connaissances acquises, prévoir des actions à mettre en œuvre pour limiter la prédation sur l’espèce.

  •  Commentaires de la CNPMEM sur le PNA Esturgeon 2020-2029, par Marie LECOMTE , le 27 décembre 2019 à 14h41

    CHAPITRE II
    Page 29 : Partie b) Frayères

    Nous proposons de rajouter dans ce paragraphe le risque de contamination des frayères (selon ce qui a été évoqué dans la thèse de Nicolas Delage) ainsi que le risque de prédation par les silures.

    Page 32 : Tableau récapitulatif de l’évaluation de l’état et des tendances d’évolution de la population d ’Acipenser sturio pour différents critères de population ou de pression.

    Dans les critères de pression, nous proposons de rajouter la ligne suivante :
    Prédation et risque de compétition avec des espèces introduites ?  Au début du PNA 2011-2015, seule une espèce d’esturgeon était déclarée présente dans les élevages. Toutes les espèces d’Acipenseridae sont actuellement autorisées dans les piscicultures, dont 6 sont actuellement présentes dans le bassin Gironde Garonne Dordogne à des fins d’élevages. L’échappement d’esturgeons exotiques représente pour l’espèce endémique des risques de compétition trophique, compétition d’habitats, transmission de maladies ou hybridation.
    Par ailleurs, le silure représente un risque potentiel sur la mortalité des jeunes esturgeons notamment sur les lieux de lâchers et de reproduction

    CHAPITRE IV
    Page 69 : Tableau pour l’action N°8 : Suivre l’évolution de la population soutenue d’esturgeon européen.

    Nous suggérons de rajouter le paragraphe suivant dans la description de l’action :
    Au niveau prédation, identifier les espèces susceptibles d’être un prédateur pour l’espère au stade larves et juvéniles. Faire un état des lieux des espèces présentes dans le milieu au niveau des différentes zones de vie. En fonction des connaissances acquises, prévoir des actions à mettre en œuvre pour limiter la prédation sur l’espèce.

  •  L’avis d’un pisciculteur d’esturgeons, par DEVERLANGES , le 26 décembre 2019 à 15h04

    En tant que pisciculteur d’Esturgeons, installé sur l’Isle, et même si je ne suis pas familier des programmes publics de recherche, je suis très surpris en lisant ce plan d’action à plusieurs titres :

    1 – Concertation avec la filière :
    Ni moi, ni aucun de mes confrères pisciculteur d’esturgeons, n’avons été consultés, de près ou de loin pour la rédaction de ce projet. Nous sommes pourtant 6 entreprises implantées en Aquitaine et nous élevons plusieurs milliers de tonnes d’esturgeons de plusieurs espèces.

    2 – Actions démagogiques et inefficaces :
    Le projet semble vouloir imposer un marquage individuel des poissons. Cette méthode est traumatisante pour le poisson, très couteuse et inefficace. Par ailleurs on peut s’interroger sur l’intérêt de ce marquage des poissons d’élevage pour la sauvegarde de l’esturgeon Européen ?
    Pour ce qui est de répertorier les piscicultures et leurs stocks d’esturgeons, tout cela est déjà fait puisque nous sommes tous soumis à ICPE et déclarons annuellement nos stocks, nos entrées et sorties en préfecture.

    3 - Désinformation
    Le programme parle d’échappement des piscicultures comme étant un risque de concurrence ou d’hybridation pour l’esturgeon de l’atlantique. N’importe quel chercheur sérieux vous dira que ce genre d’affirmation est de la désinformation pour créer des peurs et justifier des actions inutiles.
    -  L’esturgeon de l’atlantique a une concurrence alimentaire bien plus dangereuse que d’hypothétiques esturgeons allochtones.
    -  Les esturgeons allochtones ont une très faible espérance de vie dans notre bassin. Par ailleurs les quelques esturgeons sibériens d’élevage échappés dans le passé ne se retrouvent pas dans les pêches du programme Sturio.
    -  Il n’a jamais été constaté, nulle part, aucune hybridation naturelle entre les espèces d’esturgeons.
    Les gestionnaires de ce programme le savent bien puisqu’il y a eu dans le passé les échappements sans aucune conséquence d’occupation de la niche écologique ou d’hybridation (et les rédacteurs du plan savent pourtant le mesurer grâce à l’Esturial en particulier).
    -  Les mesures de protection déjà demandées à la pisciculture moderne préservent globalement de ce risque d’échappement,
    -  En revanche, aucune mesure n’est demandée à l’encontre des jardineries ou de l’aquariophilie qui permet librement d’acheter une multitude d’espèces que nous retrouvons régulièrement dans la nature. Ces esturgeons ne sont répertoriés nulle part et ils sont élevés hors de tout contrôle.

    4 – Danger
    La reconduction d’une gestion des stocks géniteurs par l’Association MIGADO est très surprenante. Ce document laisse apparaitre un bilan catastrophique du dernier plan et de la reprise du stock par MIGADO :
    -  Résultat ZERO repeuplement (on parle d’un « épuisement des géniteurs » ( ? !) dans le document)
    -  Mort de la plus grande partie du stock de géniteurs
    -  Pas de solutions proposées sauf à attendre la maturité des juvéniles
    -  Sans parler du bilan économique avec la construction d’un nouveau circuit fermé à grand renfort d’argent public dans lequel ils ont été incapables de conserver des poissons vivants.
    Sur la lancée actuelle, Migado précipitera très rapidement la disparition de l’esturgeon de l’atlantique. Cela sera à la fois une très grande perte pour notre patrimoine génétique, mais aussi une perte pour la filière économique qui pourrait se construire autour de notre esturgeon local, comme c’est le cas dans les autres pays producteurs de caviar qui élèvent les espèces locales en voie de disparition : Dauricus en Chine, Beluga en Iran, Naccari en Espagne, Osciètre en Russie, Transmontanus aux USA…etc...

    Pourtant des solutions Public/Privé existent et nous serions les premiers volontaires pour monter un programme de sauvegarde et repeuplement avec IRSTEA et les autres parties prenantes du projet.

  •  Protéger les esturgeons, par Patrick BOURQUE , le 23 décembre 2019 à 11h19

    Il faut protéger les esturgeons qui risquent de disparaître comme la quasi totalité des espèces sur notre planète.
    Nous sommes dans l’aire de l’anthropocène.

  •  Avis favorable, par Daniel Doublet , le 20 décembre 2019 à 20h14

    Je souhaite qu’à l’issue de cette période de 10 ans, il y aura de nouveau, des esturgeons dans la Dordogne et le Garonne.