EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet de plan national d’action en faveur de l’iguane des petites Antilles (Iguana delicatissima)

Du 27/04/2018 au 21/05/2018 - 2 commentaires

L’Iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima) est un grand lézard herbivore dont la taille atteint 1,30m. Il est endémique des petites Antilles. On pense qu’il occupait tout le nord de ces îles depuis Anguilla jusqu’en Martinique.

Longtemps chassé pour sa chair et naturalisé, l’Iguane des Petites Antilles est par ailleurs en compétition avec l’Iguane commun (ou Iguane vert, Iguana iguana) originaire d’Amérique du sud et d’Amérique centrale, aussi bien pour la nourriture que pour l’espace et les partenaires de reproduction. L’hybridation entre ces deux espèces entraine la dilution du patrimoine génétique de l’Iguane des Petites Antilles. La présence de ce fort compétiteur constitue actuellement la principale menace pour l’Iguane des Petites Antilles. L’Iguane des Petites Antilles se distingue de l’Iguane commun par sa queue non rayée et l’absence d’une grosse écaille blanche sous le tympan.
Le déclin de la population d’Iguane des Petites Antilles est estimé à 70% depuis l’arrivée des Européens dans la région. Son aire de distribution se résume aujourd’hui à un territoire n’excédant pas 3 000 km2 où sa population est sérieusement fragmentée. On le trouve plus particulièrement dans les forêts humides du nord de la Martinique et l’îlet Chancel (Martinique), dans l’île de la Désirade et dans la Réserve Naturelle de Petite Terre (commune de la Désirade en Guadeloupe).

L’espèce n’ayant pas fait l’objet d’inventaires complets, les chiffres suivants sont une estimation. La population des Iles de Petite Terre serait évaluée aujourd’hui à plus de 5 000 individus, celle de l’île de la Désirade comprend également 1 000 à 2 000 spécimens. A l’Ilet Chancel, elle serait de l’ordre du millier. Le reste de la population des Antilles françaises n’excéderait pas quelques centaines de spécimens.

La France a une responsabilité majeure, les Antilles françaises accueillant une partie importante de la population mondiale de l’espèce. L’Iguane des Petites Antilles est protégé en Martinique, en Guadeloupe et à Saint Martin depuis 1989. Il a été reconnu en danger d’extinction EN par l’UICN fin 2009.

La vulnérabilité de cette espèce justifie la mise en œuvre d’actions spécifiques pour restaurer ses populations et ses habitats. Un premier plan national d’actions (PNA) a été mis en œuvre entre 2011 et 2015 pour sauvegarder les populations de cette espèce en Martinique et en Guadeloupe.
Un certain nombre d’actions ont été conduites dans les domaines de l’amélioration des connaissances (génétique, taille des populations, suivi de la reproduction et des juvéniles…), de la préservation de l’espèce (surveillance sanitaire, lutte contre l’Iguane commun, translocations, aménagement de sites de ponte…), de la sensibilisation de la population aux enjeux de conservation (plaquettes, site web dédié http://www.iguanes-antilles.org, maintien du lien entre les îles partenaires) ou encore de la coopération internationale (dans le cadre d’Iguana Specialist Group de l’UICN notamment).

Les actions du PNA ont visé à maintenir les populations d’Iguane des Petites Antilles avec une gestion adaptée des milieux qui abritent les populations viables (les résultats sont positifs sur la préservation des habitats). Il est plus difficile de juguler l’extension des populations d’Iguanes communs et le phénomène d’hybridation, même si l’Iguane commun peut être régulé depuis 2005 en Martinique, depuis 2014 en Guadeloupe.

Un deuxième plan national d’actions est proposé pour la période 2018-2023, visant à continuer d’améliorer l’état de conservation de l’espèce, à faire en sorte que la problématique de la conservation de l’Iguane des petites Antilles soit mieux connue par les habitants des territoires et mieux intégrée par les décideurs, élus et institutionnels dans les politiques publiques, enfin à améliorer la connaissance de l’espèce et des menaces qui pèsent sur elle.

La consultation est ouverte du 27 avril au 21 mai 2018.


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