EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet de plan national d’action 2020-2029 en faveur du Balbuzard pêcheur et du Pygargue à queue blanche

Du 23/01/2020 au 01/03/2020 - 433 commentaires

Dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité, la France consacre un effort particulier à la préservation de son patrimoine naturel.
Pour les espèces menacées, le Ministère de la Transition écologique et solidaire met en place des plans d’action opérationnels qui sont un outil complémentaire au dispositif législatif et réglementaire les protégeant. Ces plans visent la sauvegarde des espèces végétales et animales les plus vulnérables pour lesquelles la France a une responsabilité patrimoniale.

C’est le cas du Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) et du Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), deux espèces de rapaces piscivores qui font leur retour sur le territoire national après des périodes de destructions directes qui ont précédé leur protection légale.

Le balbuzard pêcheur avait disparu de France continentale alors que subsistaient encore dans les années soixante-dix quelques couples nicheurs de cette espèce sur la côte occidentale de la Corse. Puis le balbuzard s’est réinstallé spontanément en 1984 en région Centre-Val-de-Loire et depuis ses effectifs sont en progression. Les suivis et mesures de protection mises en place, notamment dans le cadre des plans d’actions successifs depuis 2000, ont permis d’améliorer les connaissances sur l’espèce et d’accompagner le lent processus de recolonisation. Mais avec moins de cent couples actuellement, la population de cette espèce reste encore fragile à l’échelle nationale.

C’est en Corse que le Pygargue à queue blanche a niché pour la dernière fois en France dans les années cinquante. Grâce au dynamisme des populations allemandes de pygargue, son retour en France est constaté en 2011 dans le Grand-Est et actuellement notre pays héberge 3 couples nicheurs. L’enjeu de conservation est important pour concrétiser le retour durable de cette espèce en France.

Ce nouveau plan national d’action élabore une stratégie à mettre en œuvre pour favoriser l’implantation durable de ces deux espèces sur notre territoire et accompagner cette reconquête. Les objectifs de ce plan sont les suivants :

  • acquérir davantage de connaissances sur ces espèces pour améliorer l’efficacité des mesures de conservation ;
  • préserver l’habitat des deux espèces et accompagner l’expansion de leur aire de répartition ;
  • soutenir les dynamiques de population en réduisant les causes de mortalité et d’échecs de la reproduction ;
  • permettre de concilier préservation des espèces et activités humaines ;
  • favoriser la coopération internationale avec les pays concernés ;
  • coordonner le plan, soutenir les réseaux, promouvoir les échanges et sensibiliser.

L’élaboration de ce document a fait l’objet de nombreux échanges entre les acteurs spécialistes de ces espèces, il a été rédigé par la Ligue de protection des oiseaux, sous la coordination de la direction régionale de l’aménagement et du logement (DREAL) Centre-Val de Loire.


Les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

La consultation est ouverte du jeudi 23 janvier au dimanche 1er mars 2020.


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Commentaires
  •  Préservons les emplois piscicoles et les piscicultures extensives, par SYPOVE syndicat de valorisation et de promotion des étangs en Poitou-Charentes Vendée , le 24 janvier 2020 à 17h12

    Mesdames, Messieurs,

    Par l’intermédiaire des étangs piscicoles nous préservons le milieu aquatique et environnemental.

    L’alimentation des élevages extensifs de poissons d’eau douce se fait sans intrant par le développement naturel du phytoplancton et du zooplancton dans un contexte de développement durable.

    la protection du Balbuzard pêcheur et de son "copain" par vos démarches ouvre la porte à un nouvel oiseau piscivore qui va venir compléter la panoplie des prédateurs piscicoles.

    Avec le Grand cormoran, vous décimez la pisciculture extensive pour un oiseau qui n’a pas d’impact dans la chaîne alimentaire puisqu’il n’a pas de prédateur naturel hormis l’Homme et de surcroît retiré de la liste 1 de la directive oiseaux de 2009.

    Aujourd’hui, avec la croissance endémique du grand cormoran les dommages deviennent catastrophiques. Quelle la survie qui est recherchée celle du Balbuzard pécheur ou des hommes qui tirent un revenu de la peche extensive sans nuire au milieu naturel car c’est leur outil de travail reconnu par le code de l’environnement.

    Votre plan demeure complètement déconnecté du développement durable car il est uniquement orienté vers la protection d’une espèce aviaire (ici deux) sans tenir compte de l’impact sur la pisciculture extensive.

    Les enjeux de responsabilité environnementale de l’Etat ouvriront des dommages et intérêts. Avez vous prévu une ligne budgétaire du MTES pour la réparation ?

    La problématique demeure votre reconnaissance de la nature et des obligations de survie de l’Homme.

    Dans le rapport, vous faites notamment état des impacts de lignes électriques THT et des éoliennes pourtant classées en énergies renouvelables et écologiques. Mais,la question subsidiaire et fondamentale est la suivante, doit on revenir à l’ère de la bougie et chauffage exclusivement au bois ? afin de permettre le démontage des lignes et des éoliennes?

    La nature vit et l’homme doit l’accompagner pour la maîtriser pour sa propre survie.

    En conséquence ce plan national n’est pas opportun et reçoit donc un avis très défavorable de la part du SYPOVE

  •  Avis favorable sous reserve, par Guy C , le 24 janvier 2020 à 16h37

    Ces deux espèces ont besoin d’être aidées et soutenues. Il est dommage que ce soient des associations militantes qui bénéficient de finances publiques, sans trop de contrôle, alors que ces mêmes associations attaquent régulièrement les arrêtés et autres textes. À quoi sert d’avoir un OFB si c’est pour donner de l’argent à une association militante qui portera ce genre de projet !?

  •  Erratum, par Cendre , le 24 janvier 2020 à 15h40

    Ne leur pillez pas leur nid.

  •  Favorable au PNA avec un bémol, par Cendre , le 24 janvier 2020 à 15h40

    Cas du SMGMN en Nouvelle Aquitaine : "Le programme de translocation repose sur la technique du taquet, aujourd’hui bien maîtrisée, qui consiste à prélever en milieu naturel des jeunes non volants au nid et de les placer en volière sur leur zone de lâcher. Nourris dans un premier temps depuis les cages en minimisant le contact avec l’homme, les individus sont progressivement lâchés et approvisionnés en poisson frais à l’extérieur du taquet jusqu’à leur départ en migration. Cette méthode a montré toute son efficacité dans tous les programmes de renforcement de population de cette espèce."

    Euh... je ne suis pas favorable à l’idée de retirer des jeunes - sauvages - à leurs parents PLUS APTES que des humains à leur faire atteindre l’âge de l’envol.

    Ok, les naturalistes, on est tous contents de faire de la réintroduction d’animaux (photo, précurseurs, notoriété, privilège de bosser dessus etc.) mais il est où le respect de l’Animal dans tout cela ? Sous couvert de "grand projet scientifique", l’Homme s’octroie le droit de déplacer des animaux sains et saufs à sa convenance.

    Or, réintroduire des individus dans des zones peu voire pas colonisées par l’espèce, ça n’a pas encore vraiment fait ses preuves en France (quid du LifeGypconnect dans les Grands Causses qui lui au moins ne prélève pas d’individus sauvages mais qui n’a pas encore de couple présent.)

    DONC JE SUIS FAVORABLE AU PRINCIPE DU PNA MAIS PAS A CELUI D’ALLER PIOCHER DANS LES NIDS DES COUPLES SAUVAGES. La Nouvelle-Aquitaine peut développer des moyens pour rendre son territoire attractif pour l’espèce plutôt que d’aller se servir dans d’autres régions, sans aucune garantie sur la fiabilité de la méthode du taquet dans des zones non fréquentées par des rapaces adultes.

    Les balbuzards et les pygargues à queue blanche ont un caractère, des émotions et probablement des émotions. -> Ne leur piller pas leur nid. MERCI pour eux en tous cas pour ce projet de PNA.

  •  D autres regions que le Centre Val de Loire pourraient elles aider?, par Françoise Jouve , le 24 janvier 2020 à 15h35

    Bonjour
    J entends bien que la région Centre Val de Loire va communiquer sur ces oiseaux et leur absolue protection. Apprendre aux chasseurs, par exemple, à les reconnaitre ( je ne sais pas si le permis de chasse comporte ce genre d éducation minimale ). Peut on envisager, à terme, que l espèce puisse se répandre dans d autres régions? Peut on envisager, à terme, des réimplantations?

  •  Favorable si il n’y a pas de restriction pour les activités humaines , par Ros , le 24 janvier 2020 à 15h11

    Favorable si il n’y a pas d’impact sur les activités humaines de loisirs et professionnelles.

  •  concilier préservation des espèces et activités humaines, par jl cantrel , le 24 janvier 2020 à 14h38

    Voilà bien le coeur du problème et pas seulement pour ces deux oiseaux. Lorsqu’une espèce régresse ou disparait, il existe deux raisons principales, réduction de l’habitat (activités humaines, nouvelles espèces concurrentes...) et raréfaction de la ressource alimentaire. Mettre ces problèmes sur la table de manière plus globale, profiterait à de nombreuses espèces, des infiniment petites aux plus grandes, y compris à l’avenir de l’espèce humaine

  •  Protégeons les oiseaux, par Danièle Hennebert , le 24 janvier 2020 à 14h36

    Protégeons tous les oiseaux, ils disparaissent, c’est dramatique