EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet de décret portant désignation et fixant les attributions du préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup

Du 10/07/2018 au 01/08/2018 - 141 commentaires

Le plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage prévoit de renforcer les missions du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui en coordonne et anime la mise en œuvre depuis 2004. L’objectif vise à une nouvelle organisation de l’État sur le sujet pour mieux concilier protection de l’espèce et préservation des activités d’élevage confrontées à la prédation du loup.

Ce plan est complété par deux arrêtés datés du 19 février 2018, pris en application du 2° de l’article R. 411-13 du code de l’environnement. Un premier arrêté fixe les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup et un second fixe le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée chaque année.

Désignant le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes en tant que préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup et en complément du renforcement de certaines missions conduites d’ores et déjà par ce préfet en application du plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage (établissement de bilans, diffusion de consignes techniques aux préfets de département, opération de communication, etc.), le décret le dote de compétences lui permettant d’assurer la maîtrise des tirs sur les loups autorisés en application des deux arrêtés du 19 février 2018 précités, afin que, dans le cadre de la réglementation de protection de l’espèce, ces opérations répondent avec la plus grande efficacité possible à l’objectif de prévention des dommages importants aux troupeaux.

Le préfet coordonnateur pourra ainsi procéder aux opérations suivantes :
- sélection des territoires où les tirs de prélèvements simples et renforcés de loups peuvent être autorisés par les préfets de départements. Cette sélection s’opère sur le fondement des suivis organisés par les préfets de département et le préfet coordonnateur . Dans le respect du nombre maximal de loups pouvant être détruits par année civile, fixé pour garantir le maintien de la population de l’espèce dans un état de conservation favorable, elle a pour objectif de s’assurer de la plus grande pertinence possible des prélèvements simples et renforcés de loups pour prévenir les dommages importants aux troupeaux d’animaux domestiques.

- possibilité de suspension sur certains territoires des décisions des préfets de département relatives à la mise en œuvre des tirs de prélèvements simples et renforcés et des tirs de défense renforcée, à compter du premier septembre, pour une période pouvant aller jusqu’au 31 décembre. Dans le respect du nombre maximal de loups pouvant être détruits par année civile, fixé pour garantir le maintien de la population de l’espèce dans un état de conservation favorable, cette disposition vise à s’assurer que la mise en œuvre de tirs de prélèvements simples et renforcés et de tirs de défense renforcée sera réservée aux territoires où la prévention ou la diminution de dommages importants aux troupeaux domestiques est prioritaire.

- désignation, au sein des fronts de colonisation du loup, des zones dans lesquelles, du fait des modes de conduite des troupeaux d’animaux domestiques, la mise en œuvre des mesures de protection de ceux-ci contre la prédation du loup présente des difficultés importantes, en vue d’y mettre en œuvre des modalités particulières d’intervention sur la population de loups justifiées par une sensibilité particulière des élevages à la prédation du loup.

- lorsqu’est atteint, avant la fin de l’année civile, le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction est autorisée par arrêté des ministres chargés de l’environnement et de l’agriculture, possibilité d’augmenter ce nombre, dans la limite de 2% de l’effectif moyen de loups estimé annuellement, uniquement pour la mise en œuvre des tirs de défense (simple ou renforcée) autorisés par les préfets de département. Le préfet coordonnateur pourra également décider, par arrêté, que la mise en œuvre des tirs de défense simple, autorisés par les préfets de département, puisse se poursuivre au-delà de tout plafond de destruction de loups afin d’assurer en permanence la protection des troupeaux domestiques. Cette nouvelle compétence du préfet coordonnateur lui permettra de prolonger, dans des conditions précises, la mise en œuvre de l’arrêté des ministres fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction est autorisée lorsque cela est nécessaire, dans le respect de la protection de l’espèce, pour assurer en permanence la protection des troupeaux.

Enfin le préfet coordonnateur aura la charge d’arbitrer l’affectation des moyens mobiles de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage pour la mise en œuvre du protocole d’intervention sur la population de loups. L’établissement dispose en particulier d’une brigade mobile d’intervention sur le loup qui est très sollicitée par les préfets de département. Cette situation justifie un arbitrage du préfet coordonnateur afin que les interventions de la brigade s’effectuent prioritairement dans les zones de forte prédation.

Les décisions du préfet coordonnateur résultant du décret seront publiées au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

La consultation est ouverte du 10 juillet au mercredi 1er août 2018 à midi.

En application du dernier alinéa du II. de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.


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Commentaires
  •  Question, par Bruno , le 1er août 2018 à 13h15

    Ou est le.vivre ensemble ? Et également pourquoi consulter vous avez déjà décidé d’actions violente et voulez que l’on cautionne cela n’est pas le cas vous ne ferez avancé ni les éleveurs ni le loup avec ça et quand vius voudrez vraiment que les choses s’arrange faites appliqué des mesure sérieuse de protection des troupeau et obligé a mettre des berger plutôt que d’envoyer des type avec des fusil chercher le loup obligé les éleveurs a envoyer des type avec bâton et chien surveiller 24/24les troupeau comme jadis ça sera moins coûteux pour l’état et plus efficace. Quand ça sera fais on pourra voir s’il y a nécessité de tir mais c’est déjà acté que celà ne sera pas le.cas.

  •  Contre ce projet qui permet un dépassement du plafond de tirs., par Cédric Lacoste , le 1er août 2018 à 11h24

    Des « solutions » par les armes toujours préconisées dans notre « beau » pays en ce XXIème siècle, on n’aurait donc toujours rien appris ?...
    Des tirs et des moyens financiers publics mis dans la destruction de la Vie à l’heure de l’extinction de masse des espèces, alors qu’on pourrait consacrer ces deniers à la recherche de nouvelles technologiques qui permettraient une protection efficace des troupeaux et l’effarouchement dissuasif du loup !
    Dans un pays civilisé on aurait mis des brigades de bergers à la disposition des éleveurs, à la place d’une brigade de tueurs.
    Il n’y a toujours pas de contrôles de la mise en œuvre des moyens de protection des troupeaux, si bien que nous contactons lors de nos promenades que des troupeaux sont encore laissés de jour comme de nuit à la mercie des canidés (chiens comme loups...).
    Les zones dans lesquelles la mise en œuvre des mesures de protection présentent des difficultés, ne doivent tout simplement pas être utilisées pour l’élevage qui prendra ainsi la mesure des limites imposées par la nature et laissera des zones dédiées au développement de la flore et de la faune sauvages.
    La richesse de la biodiversité de notre pays est un enjeu économique capital de nos jours, à contrario de l’élevage à l’origine de déforestations, production de gaz à effet de serre, pollution des nappes phréatiques, érosion, souffrance animale, perte de la biodiversité, etc.
    Il est impensable que le préfet coordonnateur puisse autoriser la mise en œuvre de tirs de défense simple au-delà de tout plafond, le quota de tirs déjà beaucoup trop élevé ne doit absolument pas être dépassé dans aucun cas !
    L’espèce loup subit déjà un braconnage très important encouragé par le système.
    Le gouvernement envoie à la population le signal qu’une espèce dite protégée peut être chassée « légalement » de jour, de nuit, en toute saison, sans distinction de sexe ni d’âge, quand il crée une brigade de tueurs dans ce but et rétablit la louveterie mettant à leur disposition les moyens technologiques les plus sophistiqués avec les deniers publics, il ne faut pas s’étonner que le braconnage se raconte ouvertement sur les réseaux sociaux...
    En plus du braconnage impuni, l’espèce est confrontée aux accidents liés aux activités humaines, les maladies, la rudesse du climat, sa pérennité dépend du maintien d’une certaine diversité génétique.
    Sur l’unique portée de l’année moins de la moitié des louveteaux va arriver à l’âge adulte par la sélection naturelle déjà.
    Tout ceci nous amène à nous interroger sur l’éventualité qu’une nouvelle éradication du loup serait souhaitée par les pouvoirs publics.
    Il y a également des moyens à investir dans les améliorations à apporter en matière d’éducation des chiens de protection. Ces chiens font actuellement des prédations sur les espèces sauvages notamment sur les marmottes et sur les moutons qu’ils sont sensés protéger, ils attaquent souvent les randonneurs. Il faudrait former ces chiens à la protection avant de les mettre entre les mains des éleveurs.

  •  les Espagnols arrivent à gérer la présence du loup, pourquoi pas les Français ?, par Geg , le 1er août 2018 à 11h12

    Tout est dit dans le titre. Les Espagnols ont mis en place un programme, la France ferait bien de s’en inspirer car la protection des loups et des animaux de ferme sont assurés. Les loups étaient là avant les fermiers sur ces territoires, mais, c’est eux qui gênent..... Évidemment, pas l’humain !

  •  Espèce à protéger, par Gauthier Catherine , le 1er août 2018 à 11h05

    Visiblement, le but du ministère du Développement durable est d’éradiquer le loup, espèce protégée par ailleurs, utile, aimée de la majorité des français.
    Ce n’est pas en désorganisant des meutes que le problème des attaques de troupeaux sera résolu, bien au contraire.
    Des moyens de protection existent et le loup peut aussi apprendre ...
    De simples tirs d’effarouchement, nous passons à une traque avec matériel de pointe, quitte à tuer aussi des louvetaux sans pitié.
    De plus, les bergers sont largement indemnisés de leurs pertes pour des ovins qui de toute façon sont élevés pour leur viande et pour finir à l’abattoir.
    Tout cela est indigne d’un pays dit évolué.
    Cordialement

  •  un projet qui ne vise rien d’autre que l’éradication du loup !, par Grandjean N. , le 1er août 2018 à 11h04

    Ce projet d’arrêté ne porte que sur les tirs ! Où sont les mesures de protection des loups???

    « Désignation, au sein des fronts de colonisation du loup, des zones dans lesquelles, du fait des modes de conduite des troupeaux d’animaux domestiques, la mise en œuvre des mesures de protection de ceux-ci contre la prédation du loup présente des difficultés importantes, en vue d’y mettre en œuvre des modalités particulières d’intervention sur la population de loups justifiées par une sensibilité particulière des élevages à la prédation du loup. » Aucune explication n’est donnée sur les moyens de protection spécifiques à ces troupeaux. Qui va décider si des mesures de protection sont possibles ou non ?

    « lorsqu’est atteint, avant la fin de l’année civile, le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction est autorisée par arrêté des ministres chargés de l’environnement et de l’agriculture, possibilité d’augmenter ce nombre, dans la limite de 2% de l’effectif moyen de loups estimé annuellement, uniquement pour la mise en œuvre des tirs de défense (simple ou renforcée) autorisés par les préfets de département." Il me semble que cela signifie que l’on peut désormais tirer sur des loups en toutes circonstances !

    Bref un projet qui ne vise rien d’autre que l’éradication de cette espèce protégée et en aucun cas ne donne des moyens pour soutenir la cohabitation, améliorer la protection, notamment en finançant la recherche sur les moyens de protection des troupeaux !

  •  Non à ce scandaleux projet de decret, par Javelle Morgane , le 1er août 2018 à 10h35

    Bonjour,

    "make our planet great again"... elle semble loin cette promesse de campagne. Stop au tir sur les loups. Le rôle du gouvernement est de protéger notre biodiversité et le loup en fait partie. Le gouvernement fait le contraire, ce sont des criminels et l histoire les jugera comme tel. Les élus doivent représenter les citoyens or la majorité sont contre les tirs contre les loups. Prenez des décrets dans l intérêt des personnes qui vous ont élu et non dans l intérêt des lobby ou de quelqu uns. Nous ne sommes pas une républiques bananière.

  •  Consultation loup, par Madline Reynaud - Directrice ASPAS , le 1er août 2018 à 10h11

    Monsieur le Ministre,

     
    L’ASPAS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages est opposée au projet de décret portant désignation et fixant les attributions du préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup.

    Nous avons déjà exprimé, lors des consultations concernant les arrêtés du 19 février 2018 fixant le protocole de tir et le plafond d’abattage, notre désaccord total quant à cette politique de gestion par les tirs, et plus particulièrement quant à la définition de ce qui s’apparente à des zones d’exclusion des loups ou à la possibilité de hausse du plafond, voire de suppression du plafond s’agissant des « tirs de défense ».
     

    Le loup est une espèce strictement protégée. La France s’est engagée auprès de ses partenaires européens à garantir sur son territoire la viabilité de cette espèce encore fragile. Le désengagement du ministère dans ce dossier complexe, et localement conflictuel, est inconcevable.

     
    L’aire de répartition du loup excédant le territoire d’un département, seul un arrêté conjoint des ministres chargés de la protection de la nature et de l’agriculture est réglementairement à même de fixer les conditions et limites dans lesquelles les dérogations à sa stricte protection sont accordées (R.411-13 CE).

    Le préfet de Région ne saurait alors être compétent pour déterminer ou autoriser le dépassement du plafond de loups pouvant être abattus, plafond qui est une des limites censées garantir que la dérogation ne nuira pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle.

    Le préfet de Région n’est pas mieux compétent pour définir des zones de leur aire de répartition naturelle dans lesquelles la colonisation des loups devrait être empêchée.

    En espérant que vous modifierez cet arrêté en conséquence, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

    Pour l’ASPAS,
    Madline REYNAUD, Directrice

  •  Contre le tir aux loups., par Ducati , le 1er août 2018 à 09h39

    Je suis contre le tir aux loups ! Trouvons d’autres solutions comme la protection des élevages avec des patous et des clôtures plutôt que de donner des subventions aux éleveurs qui ont des bêtes tués par soi disant des loups !

  •  Contre le tir des loups tout simplement , le 1er août 2018 à 09h33

    J’ai participé à toutes les consultations depuis leur mise en place quant au "prélèvement" de loups, doux euphémisme pour un génocide programmé !
    Chaque année, je constate que les avis sont très majoritairement en faveur du loup mais que les décisions politiques, elles, vont toujours à l’inverse du résultat de vos consultations...
    Mais quel est donc ce semblant de démocratie participative ?
    C’est honteux !
    Je ne me décourage pas pour autant et je vous fais part de ma farouche opposition aux tirs de loups pour la enième fois.
    Notre espèce prend tellement de place, il est temps de rendre des terres préservées à la Nature, aux autres espèces et à la vie tout simplement.
    Notre survie en dépend également.
    Les loups ont toute leur place dans notre écosystème, en revanche les éleveurs qui saccagent l’environnement avec leurs pesticides, engrais chimiques et leur production de viande polluante, eux, n’ont qu’à revoir l’ensemble de leurs méthodes ou se reconvertir. Ils sont indemnisés sur l’argent public en plus !
    Marre de les voir pleurer sur leurs bêtes comme des parents sur leurs enfants quand le loup est suspecté alors que cela ne les empêche pas de dormir d’envoyer ces mêmes bêtes à l’abattoir, y compris les bébés...
    Enfin et en total mépris des études scientifiques réalisées en la matière, vos tirs ne font que désorganiser les meutes et encourager les loups à choisir des proies plus faciles puisqu’eux mêmes se retrouvent fragilisés.
    La nature n’est pas la propriété privée d’une poignée d’éleveurs et des chasseurs. La Nature est notre patrimoine à tous et à ce titre, merci d’entendre enfin la voix du peuple.

  •  Stop, par Denis chavalarias , le 1er août 2018 à 09h05

    Stop aux tir sur les loups. N’oublions pas que c’est un espèce protégé. Ou le loup est un danger pour l’homme ou autre. .. toutes ces croyances sur lui préviennent du folklore de nos campagnes dans les temps où l’homme vivait dans la peur. .. on peut donc constater que l’homme n’a pas évolué beaucoup. ..

  •  Non et non !!, par marigot , le 1er août 2018 à 08h06

    Non à cette monstruosité !! Qui va décider si oui ou non le troupeau est dans une zone protégeable ?? De toute façon pourquoi ne pas maintenir les troupeaux dans les zones protégées au lieu de vouloir tout envahir au mépris de la faune sauvage ??? Pourquoi donner aux éleveurs tous ces pouvoirs sur la nature qui ne leur appartient pas ??

  •  STOP au massacre des loups , par Nervo Viviane , le 1er août 2018 à 07h50

    Non à ce projet, qui donne au préfet coordonnateur de nouvelles possibilités de décisions, et qui ressemble fort à un plan d’extermination de cette espèce pourtant protégée !!

    Les loups ont une place importante dans les équilibres écologiques : à l’heure où les vertébrés sauvages ne représentent plus que 2 à 3 % du total de la planète, veut-on en finir avec toute vie sauvage ???

    Au contraire, si nous ne voulons pas d’une planète complètement aseptisée et bétonnée qui sera invivable, il nous faut redonner d’urgence de l’espace et de la vie à la faune sauvage dont le loup fait partie.

    C’est urgentissime !!!

  •  Non aux tirs des loups, par Christophe C , le 1er août 2018 à 07h45

    Mesure inefficace qui ne sert qu’à contenter le lobby de l’élevage ovin. Que les moyens soient mis sur les mesures de protection ! Pour rappel, 1/3 des élevages ovins de l’arc Alpin Français ne sont toujours pas protégés, dixit le Cerpam ! Et quant à ceux qui sont soi-disant protégés, dans quelles mesures le sont-ils vraiment ?? Dernièrement, dans le 06 prés du col de la Bonnette, un troupeau a été filmé sans la protection de chiens et sans berger … Après on s’étonnera qu’il y a des attaques ??

  •  Comment préserver une espèce en tuant ses individus., par Delamare , le 1er août 2018 à 07h18

    Je suis contre ce texte de loi. Pourquoi avoir reintroduit les loups pour les exterminer à nouveau ? Car c’est ce qui arrivera. Les loups ont leur place. Laissez-les tranquilles.

  •  Tirs des loups, par Catherine Bry , le 1er août 2018 à 00h19

    Je ne développerai pas de longs arguments opposés aux tirs sur les loups puisqu’il est bien évident qu’ils ne seront pas lus, du moins pas entendus et que décision est prise de détruire une espèce protégée.
    j’ai mal à mon humanité et à ma démocratie.<br class="manualbr" />Messieurs les politiques, merci d’avoir autant de bon sens.
    La lecture de ce projet est franchement nauséabonde !!!

  •  Non aux tirs aux loups, par Melanie , le 1er août 2018 à 00h15

    Je m’oppose fermement aux tirs aux loups. Les mesures de protection de troupeaux existent.
    Le tir au loup n’en est pas une. Il s’agit d’un hobby permettant à des psychopathes d’assouvir leur soif de mort.

  •  Absence de démonstration des conditions nécessaires à la mise en place de dérogations - Défaut de proporionnalité, par Desvallon Marie-Bénédicte - Avocat au Barreau de Paris et Membre du groupe de travail d'avocats dédié à l'élaboration d'un Code autonome des droits de l' animal , le 31 juillet 2018 à 22h52

    Un rappel du droit communautaire semble s’imposer :

    Selon l’article 12 de la Directive Habitat, les États membres ont l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour instaurer un système de protection stricte des espèces animales figurant à l’annexe IV point a), dans leur aire de répartition naturelle, interdisant :
    a) Toute forme de capture ou de mise à mort intentionnelle de spécimens de ces espèces dans la nature ;
    b) La perturbation intentionnelle de ces espèces notamment durant la période de reproduction, de dépendance, d’hibernation et de migration (…).

    En vertu des articles 16 paragraphe 1 et 6 paragraphe 4 de la Directive Habitat, incombe aux autorités nationales de démontrer l’existence des conditions nécessaires à la mise en place des dérogations en observant le principe de proportionnalité reconnu comme principe général du droit communautaire.
    Pour autant la notice introductive donne le ton en soulignant que le Préfet coordonnateur disposera des "moyens suffisants pour s’assurer que les interventions sur la population des loups (...) répondent le plus efficacement possible aux impératifs de protection des activités d’élevage d’animaux domestiques.

    Le projet de Décret prend le soin de ne pas citer l’Article R411-8 du Code de l’environnement aux termes duquel : "Lorsqu’elles concernent des animaux appartenant à une espèce de vertébrés protégée au titre de l’article L. 411-1, menacée d’extinction en France en raison de la faiblesse, observée ou prévisible, de ses effectifs et dont l’aire de répartition excède le territoire d’un département, les dérogations définies au 4° de l’article L. 411-2 sont délivrées par le ministre chargé de la protection de la nature, pour les opérations suivantes : enlèvement, capture, destruction, transport en vue d’une réintroduction dans le milieu naturel, destruction, altération ou dégradation du milieu particulier de l’espèce.
    Sommes nous devant un nouvel affaiblissement du pouvoir du Ministère en charge de la protection de la nature?

    Les mesures prises en vertu de la Directive Habitat doivent assurer le maintien ou le rétablissement dans un « état de conservation favorable [1] » des espèces d’intérêt communautaire.
    Pour rappel L’état de conservation sera considéré comme « favorable », lorsque : — les données relatives à la dynamique de la population de l’espèce en question indiquent que cette espèce continue et est susceptible de continuer à long terme à constituer un élément viable des habitats naturels auxquels elle appartient et — l’aire de répartition naturelle de l’espèce ne diminue ni ne risque de diminuer dans un avenir prévisible et — il existe et il continuera probablement d’exister un habitat suffisamment étendu pour que ses populations se maintiennent à long terme (Article 1er i) de la Directive Habitat).

    La Directive a été transposée dans le Code de l’environnement. L’Art. L.411-2 al 4 prévoit la délivrance de dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l’Art. L.411-1, aux conditions cumulatives : (i) qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l’autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et (ii) que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle :
    a) Dans l’intérêt de la protection de la faune (…) sauvage et de la conservation des habitats naturels ;
    b) Pour prévenir des dommages importants notamment à l’élevage (…) et à d’autres formes de propriété (…).

    L’article 1er prévoit "les directeurs régionaux (...) assistent le préfet coordonnateur dans l’exercice de ses missions" - assistent ou "exécutent" les directives du Préfet coordonnateur? Le texte ne précise pas les modalités de cette coopération.

    L’article 2 autorise les tirs de prélèvements dans les territoires où la prévention est prioritaire? Mais le texte n’envisage aucune solution autre que l’extermination des loups.
    L’article 3 évoque les loups "retrouvés morts dans d’autres circonstances" sans se risquer à rappeler les textes relatifs aux braconnage ni aux lacunes des méthodes de comptabilisation du "plan loup".
    La "faculté" de suspendre devrait être une "obligation" d’interrompre les tirs au regard du nombre de loups déjà abattus... mais aussi de ceux " retrouvés morts dans d’autres circonstance".

    L’article 4 relatif à la détermination des "zones" ne vise en rien les moyens humains mis en oeuvre pour protéger les troupeaux (présence du berger, chien Patou...)
    L’article 4 encore parle de "modalités particulières d’intervention". On ne peut que s’inquiéter de la nature et la forme de ces interventions eu égard au comportement hostile et irrationnel qui caractérise les opposants au loup.

    L’article 5 ne comptabilise pas les loups "morts dans d’autres circonstances" et s’empresse d’autoriser le déplafonnement du nombres de loup à "détruire".
    La délégation de ces pouvoirs au Préfet Coordonnateur s’inscrit dans une déresponsabilisation de l’Etat et l’on se dirige vers un manque de transparence de la protection d’une espèce protégée, rendant également plus difficiles les recours des associations contre de tels arrêtés.

    Une fois encore la France se distingue de ses voisins italiens ou espagnols entre autres où la cohabitation avec les loups fait l’objet de réflexions constructives autour du tourisme en cohérence avec la notion de développement durable et le principe de non régression, pourtant rappelé par le Projet de Pacte Mondial pour l’environnement porté par la France.
    Récemment appliqué par le Conseil d’Etat (14 décembre 2017), le principe de non régression est codifié à l’article L.110-1 al 9 du Code de l’environnement comme suit : « Le principe de non-régression, selon lequel la protection de l’environnement, assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’environnement, ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment".

    Est-ce ainsi que l’Etat s’engage à "agir" pour la biodiversité?

    En complément de l’article Co-rédigé avec ma consoeur Cerise Ducos en mars 2018 : En savoir plus sur https://www.village-justice.com/articles/ouverture-chasse-une-espece-protegee-presumee-responsable,27855.html#2mp0dBwEAcjlCWxo.99

  •  éradication programmée d’une espèces protégée, par Sylvie Cardona - aves france , le 31 juillet 2018 à 22h44

    Monsieur le Ministre,
    la biodiversité s’effondre, tous les signaux sont au rouge, et pourtant, vous persistez dans une ligne de conduite qui consiste à programmer à plus ou moins long terme l’éradication d’une espèce protégée en France, pays où le retour du loup est problématique depuis l’origine. Aucun gouvernement ou ministre, vous compris, n’a eu le courage de proposer de véritables plans de protection face au lobby des éleveurs depuis tant d’années.
    Nous aurions pu rédiger une contribution en bonne et due forme, avec des arguments fondés, mais nous savons bien que les dés sont déjà jetés et que nous serions même 5000 à donner un avis positif, le sort du loup est déjà réglé et vous n’avez nullement l’intention de le défendre.
    Vos discours sur la sauvegarde de la biodiversité peuvent faire illusion chez les moins attentifs et les plus crédules, mais vos belles paroles ne sont que poudre aux yeux. La vérité c’est que vous vous inclinez face aux chasseurs et aux éleveurs et que vous allez sacrifier notre faune sauvage au nom d’intérêts économiques. Cette consultation publique est une sinistre mascarade, c’est un arrêt de mort envers une espèce où tout se règle à coups de fusils, gestion et "prélèvements". Vous donnez d’une main et reprenez de l’autre, des réintroductions d’ours contre des oiseaux piégés, des bouquetins abattus pour un fromage, et je ne parle même pas de vos prises de positions ou silences sur des dossiers brûlants, la mine en Guyane, l’huile de palme... Vous aurez donc la satisfaction d’avoir participé à l’éradication programmée d’une espèce...

  •  Tirs contre loups et nous, pour le pire, vie à bout, par Mme Nadia Vilchenon , le 31 juillet 2018 à 22h31

    Le coordonnateur du plan loup devrait favoriser la cohabitation sauvage-pastoralisme et mettre en place les mesures nécessaires de protection des troupeaux et d’effarouchements des loups. Le recours aux tirs est trop souvent autorisé alors même qu’ils sont contreproductifs et trop souvent injustes. Les grands prédateurs sont utiles pour la santé des écosystèmes et la richesse de la biodiversité. Il est vain de s’indigner face à la tragédie d’une sixième extinction des espèces d’origine anthropique et de se lamenter sur les conséquences du réchauffement climatique si nos politiques continuent à encourager les dérégulations de nos modes de vie, en particulier alimentaires, avec un carnisme complètement aberrant et des chasses déprédatrices qui saignent la vie qui s’anémie, perd de ses forces, de sa beauté, s’effondre déjà. Apprendre à connaître, respecter et protéger nos prétendus ennemis, pourrait amener à renoncer à une violence qui finalement se retourne contre nous.

  •  à quand la cohabitation intelligente ?, par Sauvagère , le 31 juillet 2018 à 22h21

    Nous sommes supposés être une espèce intelligente et évoluée, et pourtant, nous ne savons toujours pas cohabiter avec les autres espèces. Pour aller au plus facile nous nous contentons d’éliminer purement et simplement les êtres que certains considèrent comme nuisibles, sans se remettre en question et se demander si au final l’espèce la plus nuisible ne serait pas l’espèce humaine.
    Si l’on tient à se prétendre supérieurs aux autres animaux, il serait peut-être temps d’élargir notre système de réflexion, de se souvenir que nous ne pouvons survivre à long termes que dans un écosystème équilibré, et de porter plus d’intérêt aux service écosystémiques apportés par chaque être.