EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet d’arrêté relatif à l’encadrement de la pêche de l’anguille de moins de 12 centimètres par les pêcheurs professionnels en eau douce pour la campagne 2018-2019

Du 19/09/2018 au 11/10/2018 - 44 commentaires

Gestion de l’anguille
L’anguille vit alternativement en eau douce et en eau de mer et doit traverser l’océan Atlantique pour se reproduire en mer des Sargasses. Les larves prennent ensuite le chemin inverse.


Le cycle de vie de l’anguille est composé de trois stades :

  • la civelle (ou anguille de moins de 12 cm), stade juvénile de l’anguille,
  • l’anguille jaune, anguille colonisant le domaine continental et sédentaire pendant 10 à 15 ans,
  • l’anguille argentée, stade reproducteur retournant en mer des Sargasses.

Depuis les années 1980, on assiste à un déclin inquiétant du stock d’anguilles européennes. Les principaux responsables de la diminution de la population d’anguilles sont :

  • la circulation entravée des anguilles par les barrages hydroélectriques ou les seuils non pourvus de passe à poissons ;
  • la dégradation de leurs habitats dans les zones humides, à la pollution des eaux et des sédiments ;
  • la pêche ;
  • le braconnage ; et aussi, le parasitisme.

Le règlement (CE) n°1100/2007 du 18 septembre 2007 (dit règlement « anguille ») institue des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes afin de favoriser le retour des géniteurs vers leur lieu de reproduction. Il prévoit pour les États membres, sur le volet pêche :

  • de mettre en œuvre des mesures de réduction de la mortalité par pêche ;
  • de mettre en place un système de déclarations des captures d’anguille ;
  • d’assurer la provenance légale des captures exportées et importées sur leur territoire ;
  • de réserver 60 %, des civelles pour des opérations de repeuplement dans le territoire de l’Union.

Ainsi les autorités françaises se sont engagées sur le long terme à stopper l’effondrement du stock via des actions ambitieuses et progressives. Un plan national de gestion de l’anguille a été élaboré par la direction de l’eau et de la biodiversité du MTES et la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture du MAA et approuvé par la Commission européenne le 15 février 2010.

Le plan fixe comme objectif une réduction de la mortalité par pêche de civelles de 60 % à partir de 2015. Il prévoit l’instauration de quotas de pêche et la limitation de la période de pêche à 5 mois.

Quota de pêche pour la civelle pour la saison 2018-2019
La civelle est pêchée par les pêcheurs professionnels sur le domaine fluvial et sur le domaine maritime.
Le quota de pêche de la civelle est déterminé par le ministre chargé des pêches maritimes et le ministre chargé de la pêche en eau douce, au regard :

  • de l’avis d’un comité scientifique qui établit ses préconisations au regard de l’état du stock d’anguilles et des objectifs prévus par le plan de gestion de l’anguille,
  • de l’avis d’un comité socio-économique auquel participent les pêcheurs professionnels et qui se prononce sur les conséquences sociales et économiques des mesures de gestion envisagées.

Le quota de pêche est réparti entre les pêcheurs professionnels maritimes à hauteur de 83 % du quota total et les pêcheurs professionnels en eau douce pour les 13 % restant. Le détail de la répartition et de ses modalités de gestion est prévu par deux arrêtés ministériels : l’un est relatif au quota de pêche attribué aux pêcheurs maritimes, l’autre est relatif au quota de pêche attribué aux pêcheurs professionnels en eau douce.

Pour la saison de pêche 2018-2019, il est envisagé de fixer le quota de pêche de civelles destinées à la consommation à 26 tonnes, soit le même quota que celui fixé la campagne passée. Cette stabilité prend en compte les préconisations du comité scientifique et du comité socio-économique qui a demandé la reconduction des quotas.

Le quota de pêche de civelles destinées au repeuplement est fixé à 39 tonnes de manière à ce qu’il représente 60 % du quota total, conformément aux dispositions du règlement « anguille ».

Le présent projet d’arrêté fixe également les modalités de suivi des captures et prévoit la fermeture de la pêche lorsque les captures recensées dépassent 80 % des quotas.

Hormis les valeurs des quotas, le présent projet d’arrêté est semblable à l’arrêté pris pour la saison de pêche précédente, en l’occurrence l’arrêté du 20 octobre 2017 relatif à l’encadrement de la pêche de l’anguille de moins de 12 centimètres par les pêcheurs professionnels en eau douce pour la campagne 2017-2018. Il ajoute une précision sur le transfert de quotas entre secteurs.

Dans le cadre de la participation du public, les deux projets d’arrêtés, celui relatif aux pêcheurs professionnels maritimes et celui relatif aux pêcheurs professionnels en eau douce, font l’objet d’une mise en ligne par les services de chaque autorité ministérielle compétente.

La consultation du public a lieu du 20 septembre 2018 au 11 octobre 2018 inclus.

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Commentaires
  •  L’incohérence au service de l’argent, par Franck Larré , le 11 octobre 2018 à 23h48

    Ceux qui sont au plus proche du sujet le savent parce qu’ils le vivent, la pêche de loisir à l’anguille est devenue un plaisir presque interdit ! Pourquoi donc ? La raison est simple : la raréfaction de l’espèce. Et bien quoi de plus logique alors que de diminuer les quotas de prélèvement ? Chose faite, mais uniquement pour la pêche de loisir, pêche où seul le poisson décide. A côté de ça les autorisations de prélèvement s’élargissent à l’avantage des pêcheurs pro qui utilisent des méthodes de pêche industrielles... Un scandale

  •  Incompréhensible !, par Chanardie Stéphane , le 11 octobre 2018 à 20h25

    Que l’on autorise la pêche d’alevins d’une espèce en déclin c’est tout à fait incompréhensible. Des quotas sont mis en place, et comme si cela ne suffisait pas on invente des sous-quotas dit de repeuplement......c’est vrais que ça doit être plus efficace de déplacer des civelles plutôt que de les laisser remonter le plus naturellement possible....
    Franchement, autant subventionner l’arrêt de la pêche professionnelle pour que les alevins restent dans leurs milieux.

  •  Corruption et vandalisme , par Antoine Domenech , le 11 octobre 2018 à 19h14

    Le braconnage des civelles rapporte des millions d’euros à une mafia internationale.La seule biodiversité est celle des prédateurs. Cet arrêté est une fiction de gestion avec un déni de la réalité d’un cynisme sidérant.

  •  non à la pêche à la civelle, par Bayle 64 , le 11 octobre 2018 à 18h58

    il est anormal de pécher des bébés anguilles
    stop à cette pêche industrielle
    si nous continuons comme çà il ne restera plus rien dans
    nos océans et nos rivières

  •  Philippe labache, par Labache philippe , le 11 octobre 2018 à 06h42

    Concernant la civelle les sentimens qui prédominent sont la colère et l’incompréhension.
    colère pour nous tous pêcheurs de loisirs qui n’acceptons les nombreuses restrictions réglementaires que nous subissons au détriment de la pêche professionnelle qui pille l’espèce sans commune mesure .
    incomprehension quant aux quotas attribués aux pêcheurs pro face a une espèce en voie de disparition.
    il me semblerai opportun de prendre conscience de la situation pour éviter que les intérêts financiers prennent le pas sur la sauvegarde d’une espèce menacée.
    les décisions politiques actuelles ne vont elles pas dans ce sens ?(protection des espèces)

    Gageons qu’il en soit ainsi pour la civelle

  •  Pauvre anguille, par pecheur passionné , le 10 octobre 2018 à 23h09

    Cela fait des années que la population de civelles,anguilles est sur le déclin,et ça ne fait pas en s’améliorant, bien au contraire,la ressource est en chute libre vitesse grand V. Et personne ne fait rien ,aucune instance compétente n’ose bouger pour arrêter ce trafic,POURQUOI... ils y ont des intérêts ou quoi...
    Le problème est identique pour le saumon,alose.
    Bientôt nous pêcherons des cailloux pendant que d’autre s’engraisse au détriment de la préservation de la ressource.
    Pour rappel la pêche d’alevin est INTERDITE.
    Faut arrêter tous ça.
    Merci pour eux en les laissant tranquille

  •  Aberrant , par LACAZE René , le 10 octobre 2018 à 22h10

    L’anguille est une espèce en grand danger d’extinction selon l’UICN.
    Sa pêche au stade d’alevin (civelle ou pibale) est simplement le résultat d’une dérogation aberrante contre laquelle tous les citoyens et les pêcheurs responsables sont désormais farouchement mobilisés.
    On ne peut plus tolérer dans ce pays les petits arrangements politico-électoralistes qui conditionnent quantité de décisions de l’acabit de celle qui est mise à la consultation.
    Continuer sur cette voie nous conduit à une impasse mais surtout à des désastres environnementaux et à la mise en péril de la biodiversité que nous nous devrions pourtant de transmettre à nos jeunes en les éduquant en plus à son respect pour qu’à leur tour ils la transmettent intacte aux générations futures.
    Il faut plus de courage pour dire non à des pratiques désormais d’un autre âge et contre nature, dont les profits immédiats ou à court terme réalisés par une minorité feront le déshonneur de ceux qui permettent ou permettront qu’elles perdurent.
    Ils devront tous rendre des comptes devant la Nation.
    Une page se tourne, comprenez-le enfin !
    La révolte gronde dans ce pays où certains immobilismes sont devenus insupportables et à combattre !

  •  pauvres alevins !, par gJINI Jacques président de l'aappma du gave d'Oloron! , le 10 octobre 2018 à 21h05

    La pêche à la pibale est une aberration, surtout dans le contexte actuel où l’espèce anguille est en danger de disparition.
    C’’est surtout une course à l’argent" au détriment de a biodiversité !

  •  Un quota pour une espèce en déclin ..., par Un pêcheur amateur excédé , le 10 octobre 2018 à 17h25

    A priori cela semble une bonne piste de solution pour sa protection MAIS seulement si les stocks actuels permettent le rétablissement de sa population ! Or
    - les indicateurs sont au plus bas et il n’y a pas de signes notables d’amélioration par les mesures de protections passées. le déclin continue malgré tout !
    - Le cycle de l’anguille n’est toujours pas garanti du stade civelle au stade anguille argentée (Pêche de la civelle, mortalité de l’anguille argentée, difficultés migratoires) Les individus présents sont toujours inférieurs au seuil de renouvellement des générations, que ce soit des géniteurs (anguille argentée) que des alevins (civelle).
    - les quotas de pêche sont toujours pris dans les valeurs maximum, alors que les stocks d’individus baissent régulièrement.
    - le plan anguille actuel ne respecte déjà pas ses objectifs et la France est loin des ses engagements pris auprès de l’Europe en matière de préservation de l’anguille.
    - Des efforts ont été demandés à tous les pratiquants de la pêche de l’anguille. Les pêcheurs à la ligne y compris (fermeture de la pêche à la vermée, interdiction de la pêche de la civelle, période de fermeture de la pêche de l’anguille jaune) qui s’y sont pliés malgré tout. Comment peut-on maintenir ces restrictions et convaincre ces pêcheurs amateurs de poursuivre leurs efforts quand ils voient tous les ans les quantités prélevées par les professionnels et pire des captures pour remises à l’eau en amont ensuite ?
    Désormais les mesures prises doivent être efficaces car sinon beaucoup vont conclure à l’inutilité de celles-ci et renoncer à les respecter.
    les quotas civelles 2018-2019 doivent tenir compte de l’aggravation de la raréfaction de l’anguille et devenir drastiques pour être efficaces. L’ avis du Comité scientifique doit être pris en compte et ce quota total suggéré de moins de 20 tonnes doit être réparti dans les différentes unités de gestion et les catégories de pêcheurs (Mer, eau douce)

  •  Escroquerie, par Naudeau Julien , le 10 octobre 2018 à 17h22

    Le repeuplement est uniquement de la poudre aux yeux pour justifier le maintien de cette pêche.
    les déplacées mécaniquement est un non sens et cela permet de cacher les problèmes de continuité et pour un bon développement des individus il est nécessaire que les civelles passent progressivement d’un milieu marin à un milieu doux.
    Si la continuité est respectées elles se débrouillent mieux sans nous.

  •  Fédération de la Charente-Maritime pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques, par FDAAPPMA17 , le 10 octobre 2018 à 16h59

    Situation biologique de l’espèce
    - Anguille argentée : en baisse Le rapportage 2018 de la France à la commission européenne montre clairement que l’évolution des quantités d’anguilles argentées, objectif du règlement, est sur une tendance nettement baissière malgré 9 ans de mise en œuvre du plan.
    - Recrutement des anguilles jaunes : faible Selon les travaux du WGEEL 2017, l’indice de recrutement en anguille jaune se situe, en 2017, à 20% des valeurs de référence (1960-79).
    - Recrutement des civelles : faible et stagnant. Malgré un léger sursaut de 2012 à 2014, le suivi des pêcheries civellières montre que le recrutement s’est affaissé depuis 2015 et reste à des valeurs très faibles (largement en dessous d’un facteur 10 par rapport aux années 1980).
    Les effectifs d’anguilles argentées continuent globalement de diminuer parallèlement à l’augmentation de l’âge des individus. Cette situation montre un vieillissement et une réduction des populations d’anguilles sur la plupart des cours d’eau. Pour rappel, la cible du règlement européen est exprimée en termes d’échappement d’anguilles argentées. Avec des recrutements en civelles et anguilles jaunes faibles, les chances d’inverser la tendance de l’anguille argentée semblent faibles sans mesures adéquates fortes et immédiates.

    Position de la Fédération de Charente-Maritime pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques
    Sur la base des observations et avis convergents, la FDAAPPMA 17 considère que la situation globale du stock demeure très préoccupante. Ce stock, selon l’avis récurent du CIEM doit être considéré à un niveau qui ne permet toujours pas un niveau de recrutement suffisant pour atteindre les objectifs fixés par le règlement européen. Par ailleurs, la FDAAPPMA 17 considère le repeuplement comme un facteur de mortalité supplémentaire et inefficace qui doit donc être intégré aux captures et au taux d’exploitation.
    Compte tenu de ses éléments, la Fédération Charente-Maritime pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique forte de ses 20000 adhérents émet un avis défavorable au Projet d’arrêté relatif à l’encadrement de la pêche de l’anguille de moins de 12 centimètres par les pêcheurs professionnels en eau douce pour la campagne 2018-2019

    N’oublions pas :
    - le déclin constaté depuis les années 1980,
    - l’état actuel des stocks de l’anguille européenne,
    - son statut d’espèce en danger critique d’extinction,
    - la pression de pêche intensive exercée sur le stade juvénile (civelle). L’estimation des captures est de l’ordre de 75% à 85% des civelles entrant dans les estuaires.

    Considérant que seule une mesure à la hauteur de l’urgence permettra de reconstituer le stock de cette population, la FDAAPPMA 17 demande un moratoire sur la pêche de l’anguille européenne de moins de 12 centimètres.

    Le Président de la FDAAPPMA 17

  •  quota civelles campagne 2018-2019, par jean françois gaillard , le 10 octobre 2018 à 11h22

    Les nouveaux quotas de civelles vont sonner le glas de la disparition des anguilles dans un contexte international où les anguilles ont déjà presque disparu dans la plupart des pays d’Europe expliquant la raison pour laquelle Espagnols ,Anglais,Japonais ,Chinois etc... viennent se fournir chez nous .
    Je me demande aussi pourquoi les pêcheurs d’anguilles riverains des Gaves ne sont plus autorisés à pratiquer leur passe temps qui est une tradition depuis des générations..
    Avec leurs minuscules prises sont ils réellement responsables de la disparition annoncée des anguilles ?

  •  Projet d’arrêté relatif à l’encadrement de la pêche de l’anguille de moins de 12 centimètres par les pêcheurs professionnels en eau douce pour la campagne 2018-2019, par Lahitte , le 10 octobre 2018 à 11h02

    L’article L.431-5 du code de l’environnement pose le principe de première reproduction des poissons avant leur capture.
    Ben voilà , tout est dit pourtant .... sauf que l’anguille y échappe et pourtant elle est soumise à un plan de restauration, tellement son espèce est en déclin et menacée.
    Le bon sens humain voudrait alors que l’on protège l’espèce en interdisant la pêche des alevins d’anguille ça serait logique et efficace.
    Or , tout est fait en France pour que l’exploitation de cette filière civelle perdure . Il y a même du trafic mafieux sur cette espèce ... cherchez l’erreur : le bon sens naturel ou la cupidité !!!
    Comment nos gestionnaires et décisionnaires peuvent t ils encore favoriser cette pratique ? N’y aurait il pas anguille sous roche ???

  •  lien de braconnage de civelles, faites un copier et coller dans votre moteur de recherche, par BERGES PIERRE , le 10 octobre 2018 à 10h32

    https://www.sudouest.fr/2017/01/17/landes-saisie-record-de-civelles-braconnees-valeur-estimee-a-600-000-euros-3113408-3452.php

    Une honte !!! mais ou sont les quotas???

  •  Projet d arrête civelle, par LAURENT patrick , le 10 octobre 2018 à 10h19

    Inadmissible que la pêche d’alevins soit autorisée et de plus de nuit.
    par ailleurs nous savons tous que cette pêche lucrative permet de dérober au fisc des sommes colossales et de ce fait occasionne des actes de braconnage cautionnés par certains. Ce pillage de la ressource par les pêcheurs professionnels, un de plus, montre à quel point le respect de la biodiversité n’est pas prise en compte.

  •  commentaires quota civelles campagne 2018-2019, par Chavanette , le 10 octobre 2018 à 09h09

    Bonjour
    étant technicien en eau douce la proportion quota mer/eau douce (56.6/8.5 t) me laisse perplexe et la totalité de 65 t m’alarme beaucoup compte tenu que les études au sujet du stock d’anguilles dans les cours d’eau ne se font pas echo d’amélioration en général.
    Demander un abaissement du quota ne ferait que favoriser l’essor du commerce parallèle illicite et autres actes de braconnage. Par contre une meilleure organisation au sujet de la traçabilité et des exportations me semble plus adapté mais je maîtrise mal ce sujet

    Henri Chavanette
    Chargé de missions Fédération de Pêche de l’Aude

  •  Projet d’arrêté de la pêche de la civelle, par BALESTA Patrick , le 9 octobre 2018 à 23h41

    Dans les années 80 on nous annonce le déclin de la population anguilles,mais l’extermination de la civelle n’a cessé
    Dans le projet d’arrêté 2018.2019 pêcheurs pros maritime 83 % du quota, 13 % pêcheurs pros en eau douce .....83 + 13 = 96 ??????
    Pour la consommation " d’une espèce en déclin" 26 tonnes soit en gros 30.000.000 d’individus je trouve ça inadmissible et insupportable.Si l’on rajoute le braconnage à grande échelle qui se répète tous les ans,avec un marché plus lucratif que la drogue,avec beaucoup moins de risques,qui alimente le Maroc et la Chine que l’on ne parle plus de biodiversité et de respect des espèces.
    Ces alevins ne devraient pas sortir des limites Européennes, alors pour quoi et pour qui un tel trafic ????? Une fois de plus on va taper sur les retraités et leurs envies de prendre quelques anguilles adultes, les vilains braconniers, 20 ou 30 anguilles par an pour une bouffe en famille !!!!!!!!
    Mais on va nous faire croire que la qualité de l’eau et les seuils mal équipés sont les causes du déclin de l’anguille, pauvres gens.
    Laissons remonter les civelles dans les rivières qui leur plaisent et faisons un bilan dans 10 ans ........

  •  Association de Défense des Ressources Marines, , par Philippe GARCIA , le 9 octobre 2018 à 23h40

    La plupart des personnes sans intérêt financier dans le commerce de la civelle comprennent intuitivement qu’il est amoral de pêcher des juvéniles, a fortiori d’une espèce menacée d’extinction et à une époque où nos sociétés se précipitent sciemment vers l’anéantissement de la biodiversité.

    Des histoires similaires devraient nous éclairer, à propos de quantités d’espèces, par exemple l’esturgeon et ses œufs, ou le merlu du golfe de Gascogne. Pour l’esturgeon, nous avons réagi trop tard, mais pour le merlu, cas plus récent, l’UE a bien réagi et les pêcheurs sont maintenant satisfaits de pouvoir pêcher des merlus matures.

    Reste l’avis des personnes qui sont intéressées dans ce commerce lucratif devenu honteux : les pêcheurs professionnels et les trafiquants.

    Pour les premiers, l’UE a trouvé cette réponse choquante qui consiste à rémunérer les pêcheurs professionnels avec de l’argent public en leur achetant leurs captures pour les relâcher, officiellement dans un but d’alevinage, officieusement parce que l’UE ne sait pas traiter autrement le problème social posé par ces personnes qui ne sauraient rien faire d’autre que pêcher.

    C’est une gabegie puisque depuis des millénaires les civelles se débrouillent parfaitement bien toutes seules pour « aleviner » elles-mêmes les territoires qu’elles investissent, sauf, il est vrai pour certains barrages infranchissables pour elles . Finalement, la société (vous, moi) paye pour un service que la Nature exécute gratuitement : ridicule...

    Les civelles se raréfiant, les papilles n’ayant manifestement aucune conscience, les prix s’envolent et donc les trafiquants s’en mêlent. La Guardia Civil communique sur une prise de 350 kg en avril 2018 alors que 100 tonnes seraient trafiquées vers l’Asie chaque année.

    Je propose de casser ce cercle vicieux en retournant à notre avantage la cupidité des uns et des autres : l’argent public donné aux professionnels en échange de leur quota d’alevinage (39 tonnes) doit financer non plus un service gratuit de la Nature, mais une très sensible augmentation de la lutte contre le braconnage qui , si nous ne réagissons pas, passera au stade du crime organisé et exterminera l’anguille exactement comme il a quasiment réussi à exterminer les éléphants et autres rhinocéros. Il nous faut changer d’échelle dans cette lutte contre le trafic qui comme l’établit Sustainable Eel Group devient la menace n°1 qui pèse sur l’anguille.

    Parce que cet argent doit revenir dans la poche des professionnels pour traiter le problème social qu’ils posent, il faut rémunérer ces professionnels non plus pour pêcher inutilement leurs quotas d’alevinage mais pour surveiller leur rivière.

    Une fois le quota commercial atteint (26 tonnes, presque 100 000 000 d’individus !), ces mêmes professionnels devraient reprendre leurs navires, mais cette fois sans tamis embarqués pour réaliser la nécessaire surveillance nocturne des estuaires et des rives de nos fleuves et rivières. On objectera que certains seront tentés de capter deux revenus : celui de la surveillance, et celui du braconnage. Oui, bien sûr, ce sont ceux-là même qui animent le trafic actuel . Cela veut dire que les modalités ne seront pas faciles à déterminer mais cette idée a du sens, bien plus à mon avis que ce que nous propose l’UE et/ou l’État français.

    Laissons les 39 tonnes dans l’eau et occupons-nous de la vraie menace du trafic que la Nature ne peut esquiver.

    Dans le même temps, il est urgent de mettre en place une extinction programmée des licences dans le respect des professionnels en place, par des modalités diverses, incitation à la reconversion, mais aussi verrouillage du nombre de ces licences qui doit s’éteindre au profit d’une nouvelle profession de gardien des fleuves dont la civelle ne sera pas le seul sujet de préoccupation.

    Car finalement, il faut retenir que les tailleurs de pierre ont disparu, sans plan social, mais que les pierres existent toujours..

    Nous avons l’obligation d’inventer de nouveaux métiers et de nouveaux intérêts.

    Pêcheurs professionnels : vous l’aimez la Nature ? Vous voulez en vivre ? Montrez-nous le : pour l’anguille, c’est le moment ou jamais !

    Philippe GARCIA
    secrétaire de l’ADRM

  •  pauvre civelle, par BERGES PIERRE , le 9 octobre 2018 à 21h06

    J’ai oublié de signaler qu’il existe un rapport de SEG sur le trafic de la civelle en France. La communauté Européenne interdit la vente de celle ci en dehors de l’union. Comment se fait-il que l’on retrouve des civelles européenne en Asie qui sont vendus à 6000 euros le kg. Ce rapport parle de 100 tonnes qui sont détournées au niveau national 100 tonnes x 6000 euros = 6 milliards d’euros NET D’IMPOTS
    A l’heure ou notre gouvernement racle les fonds de tiroirs, il serait bien inspiré d’aller chercher l’argent frauduleux quand il sait ou il se trouve.

  •  arrêtons immédiatement cette pêche , par paul van Gerdinge , le 9 octobre 2018 à 19h41

    La pêche des alevins est interdite .
    La civelle est un alevin
    Dans ce genre de situations, l’Etat accorde habituellement des dérogations. Il faut bien faire plaisir...
    Depuis des années les scientifiques annoncent la disparition de l’anguille. La Commission des Communautés Européennes dans le but de mettre en place les mesures adaptées à une reconstitution des stocks d’anguilles demande à chaque Etat membre un plan
    Le plan français, très compliqué, est loin de l’objectif. les quotas du début n’ont pas résisté longtemps,et sont passés à 90 tonnes par an .1000 civelles par Kilo si l’on compte bien 90000 KG x 1000= 9 millions.
    60 % des civelles sont censés être destiné à la reproduction et confiés à des marayeurs. Le problème : 45% des 60% d’ alevins disparaissent . On évoque les mortalités,les évasions allez savoir . Le marché de la civelle ressemble beaucoup à une entreprise mafieuse. l’argent passe de main en main.des sommes énormes( entre 600 et 1000 le kilo) .On est donc maintenant à 9 milliards Quelques trafiquants, moins malins que les autres se sont fait attrapés. les petits Les gros sont au soleil .
    Pour faciliter les captures, et grâce à une étude de l’IfREMER sur la migration, la pêche estuarienne (qui selon la loi ne peut se faire qu’avec des filets dérivants , et pour les civelles à l’aide d’un tamis tenu à la main)est devenue braconnage pendant plusieurs années avant d’être régularisée par un texte officiel . Alors que faire de plus pour supprimer les anguilles, je vous le demande. Quand il n’y aura plus une seule civelle vous nous expliquerez comment de l’alevinage dans la mer de Sargasses.
    Mais je suis sûr que vos pôles d’intérêt sont ailleurs.
    Comment avoir un sursaut de confiance dans un monde où tout le monde ment ,tout le monde triche, tout le monde vole. Vous ferez comme toujours selon vos intérêts immédiats, surtout pas pour ce que vous allez laisser aux générations futures
    Paul van Gerdinge
    Ancien Président de l’Association Saumon des Gaves et des Nives aujourd’hui disparue

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