EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Projet d’arrêté fixant la liste des insectes représentés dans le département de la Guadeloupe protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection

Du 09/10/2019 au 03/11/2019 - 6 commentaires

Dans les départements et collectivités d’outre-mer, des travaux sont en cours pour actualiser le dispositif de protection des espèces animales et végétales.

D’un point de vue scientifique, l’amélioration des connaissances a permis de mieux préciser l’état de conservation de la faune de ces écosystèmes insulaires, et même dans certains cas d’identifier de nouvelles espèces sur ces territoires. C’est le cas notamment de l’entomofaune, qui présente une diversité particulièrement marquée en Guadeloupe, avec 3036 espèces connues à ce jour, et un potentiel in fine estimé entre 4500 à 4800 espèces.

L’arrêté ministériel fixant la liste des insectes protégés en Guadeloupe date de 2007. Cet arrêté, déjà ancien, ne protège qu’une seule espèce d’une part, et ne prend pas en compte les aspects plus récents de protection des habitats d’autre part.

L’arrêté mis en consultation vise à renforcer la protection de l’espèce déjà protégée depuis 2007, le Dynaste hercule (Dynastes hercules), en intégrant la protection des habitats de ce coléoptère endémique des Petites Antilles.

L’arrêté intègre par ailleurs la mise en protection de deux nouvelles espèces, particulièrement menacées :

  • la Protoneure de Romane (Protoneura romanae), une espèce de libellule endémique de Guadeloupe ;
  • la Mélipone de Guadeloupe (Melipona variegatipes), une espèce d’abeille endémique de Guadeloupe et de Dominique.

La France, au travers de la Guadeloupe, possède une responsabilité importante en matière de conservation de ces espèces, à l’aire de répartition mondiale très restreinte.

Les mesures proposées permettent à l’article 2 une protection stricte des spécimens ainsi qu’une protection des sites de reproduction et des aires de repos. La perturbation intentionnelle des animaux est interdite.

L’arrêté a été soumis pour avis au Conseil national de la protection de la nature du 24 septembre 2019 (avis favorable).

En application du dernier alinéa du II de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception. Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

La consultation est ouverte du mercredi 9 octobre au dimanche 3 novembre 2019.


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Commentaires
  •  Une nécessité de protection pour la mélipone, par François Meurgey , le 14 octobre 2019 à 16h28

    Il n’existe effectivement qu’une étude, c’est vrai incomplète mais dont l’incomplétude est due à la difficulté d’accéder aux colonies dites « domestiques ». Pour le moment, il n’existe d’ailleurs pas de colonies domestiques ; seulement des colonies prélevées dans la nature, sans étude sur les exigences écologiques avec un très faible taux de survie (prédation, envol des abeilles…). Le succès au niveau du maintien de ces colonies est faible, de l’ordre de quelques mois dans le cas d’une colonie exploitée. Nous sommes très loin de pouvoir considérer que des colonies domestiquées existent pour cette espèce en Guadeloupe.

    L’étude révèle quelques points importants, que sont l’éloignement des colonies les unes des autres, à cause de l’anthropisation, de la destruction des forêts sèches et sempervirentes saisonnières, du prélèvement systématique dont font l’objet ces abeilles. Les colonies, peut nombreuses, sont systématiquement retirées des arbres qui les portent pour une hypothétique production de miel…

    Au sujet des connaissances qu’il est nécessaire de compléter sur cette espèce, c’est avant tout dans la nature et par des naturalistes que cela peut se faire. L’étude citée comprenait un volet ayant pour objectif de travailler avec les possesseurs de colonies, mais malheureusement celles-ci sont jalousement gardées et cette partie n’a pas pu être développée. Il n’a pas été possible de fédérer ces méliponiculteurs pour développer les connaissances qui sont ici réclamées….

    Autre aspect, l’essaimage, qui n’existent pas chez les mélipones comme chez l’abeille domestique. Chez les Melipona, des reines vierges quittent la colonie pour en fonder une nouvelle et emportemnt des matériaux de construction et quelques ouvrières. Ce manège peut durer un mois, mais en aucune manière il n’existe d’essaimage important comme on en voit chez les Apis (ceci a été abondamment publié d’ailleurs…). Les essaimages observés par les apiculteurs sont plutôt à mettre sur le compte de colonies dérangées, par prédation, ou bien après l’abattage des arbres pour construire des voies d’accès. L’argument de l’essaimage pour favoriser les populations sauvages ne tient donc pas.

    Pour terminer, si des propriétés médicinales sont reconnues dans le miel chez certaines espèces d’abeilles de la tribu Meliponini (et pas forcément des mélipones d’ailleurs), il n’existe aucune étude qui montre de telles vertus chez l’espèce de Guadeloupe. D’ailleurs, la plupart des colonies étant disposées près des voies de communication, en général chez l’exploitant, la qualité du miel est certainement moindre que celle des colonies sauvages.

  •  Protection de la nature, par abenzoard , le 13 octobre 2019 à 06h03

    Toute action favorable à la protection de notre ’environnement est bienvenue car en protégeant la nature on protège la vie.
    On peut dire que c’est une action noble tant la vie est devenue fragile et instable à cause du climat.

  •  Suivi scientifique plus approfondi sur Melipone de Guadeloupe, par jean-charles , le 11 octobre 2019 à 02h20

    Dans le cadre du projet d’arrêté pour mettre cette espece sur la liste des abeilles protégées, il conviendrait de ne pas se baser que sur une seule étude faite et qui est incomplète sur la connaissance de ses modes de reproduction, et d’alimentation et ADN pour origine génétique.
    Il conviendrait aussi de permettre aux apiculteurs ayant des colonies domestiques de pouvoir continuer à travailler pour une meilleure connaissance de cette abeille endemique qui fait partie des pollinisateurs jouant un rôle actif sur certaines especes florales, fruitières ou maraîchères.
    L’objectif , dans un cadre dérogatoire fixé , étant de favoriser l’accroissement et multiplications des populations domestiques et par conséquent sauvages grace a l’essaimage que l’on a du mal comprendre et à estimer , compte tenu du peu de connaissances à ce jour.
    Les propriétés medicinales du miel produit par cette abeille devraient toujours dans un cadre dérogatoire fixé , être étudiées par nos laboratoires locaux et nationaux.Nous avons
    lexemple du virapic issu de la recherche pharmaceutique en Guadeloupe.

  •  Suivi scientifique plus approfondi sur Melipone de Guadeloupe, par jean-charles , le 11 octobre 2019 à 02h18

    Dans le cadre du projet d’arrêté pour mettre cette espece sur la liste des abeilles protégées, il conviendrait de ne pas se baser que sur une seule étude faite et qui est incomplète sur la connaissance de ses modes de reproduction, et d’alimentation et ADN pour origine génétique.
    Il conviendrait aussi de permettre aux apiculteurs ayant des colonies domestiques de pouvoir continuer à travailler pour une meilleure connaissance de cette abeille endemique qui fait partie des pollinisateurs jouant un rôle actif sur certaines especes florales, fruitières ou maraîchères.
    L’objectif , dans un cadre dérogatoire fixé , étant de favoriser l’accroissement et multiplications des populations domestiques et par conséquent sauvages grace a l’essaimage que l’on a du mal comprendre et à estimer , compte tenu du peu de connaissances à ce jour.
    Les propriétés medicinales du miel produit par cette abeille devraient toujours dans un cadre dérogatoire fixé , être étudiées par nos laboratoires locaux et nationaux.Nous avons
    lexemple du virapic issu de la recherche pharmaceutique en Guadeloupe.

  •  Pour la protection de la biodiversite, par Millot , le 9 octobre 2019 à 15h11

    Bonjour.

    La protection de la biodiversite est un enjeux majeur, vital. Je suis pour ce projet. Meme s’il est insuffisant. Il faudrait au moins creer une reserve de "protection integrale", comme on le fait pour certaines reserves marines, afin que la biodiversite puisse "souffler" un peu, dans son ensemble. Pour les reserves marines, les resultats de repeuplement sont spectaculaires.

    https://www.parcmarincotebleue.fr/Page%20etudes/Etudes.html

    Bien a vous.