EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Plan national d’actions en faveur de la Cistude d’Europe

Du 11/03/2020 au 06/04/2020 - 22 commentaires

A l’issue du premier Plan national d’actions (PNA) (2011-2015), cete petite tortue doit faire l’objet d’un deuxième PNA pour 10 ans (2020-2029), dont l’objectif est le bon état de conservation des populations de l’espèce en appliquant une stratégie de conservation de l’espèce cohérente et fonctionnelle à l’échelle nationale.
Il vise à augmenter ses effectifs et à étendre son aire de répartition.

La Cistude d’Europe (Emys orbicularis) est une tortue de petite taille : une vingtaine de centimètres au plus, présentant une carapace lisse et légèrement aplatie de couleur sombre, marquée de ponctuations ou de lignes jaunes tout comme les pattes, la tête et la queue. La coloration des individus est très variable.

L’espèce fréquente plusieurs types de milieux humides de plaine : étangs, rivières, milieux alluviaux, marais d’eau douce à légèrement saumâtre, mares permanentes et même temporaires, canaux, tourbières, embouchures de fleuve, petits torrents à débit temporaire. Lors de la ponte, les femelles quittent le milieu aquatique à la recherche de milieux ouverts et non inondables de nature sableuse, argilo-limoneuse, ou présentant un mélange de terre et de sable.
En France, l’espèce est présente dans huit régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire, Corse, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Grand-Est.

L’espèce est considérée comme vulnérable, c’est-à-dire « en forte régression du fait de facteurs extérieurs défavorables ».
Inscrite à l’annexe II de la Convention de Berne du 19 septembre 1979, aux annexes II et IV de la Directive européenne « Habitat, Faune et Flore » du 21 mai 1992, la Cistude d’Europe est une espèce totalement protégée en France métropolitaine depuis l’arrêté ministériel du 24 avril 1979.
Bien que soumise depuis plusieurs décennies à de multiples atteintes d’origine anthropique, la Cistude d’Europe a réussi à se maintenir sur une aire de répartition suffisamment vaste pour permettre son maintien à long terme si des mesures de conservation spécifiques sont prises en sa faveur.

Les enjeux de conservation identifiés pour l’espèce sont les suivants :
• La conservation de mosaïques de zones humides et de prairies sèches de bonne qualité écologique ;
• Une gestion adaptée des différents milieux de vie de l’espèce ;
• Le maintien de corridors de déplacement au sein du paysage ;
• La prise en compte des problématiques liées aux nombreuses espèces exotiques fréquentant la même niche écologique.

Compte tenu des efforts à poursuivre à l’issue du premier Plan national d’actions (PNA) (2011-2015), la Cistude d’Europe fait l’objet d’un deuxième PNA pour 10 ans (2020-2029), dont l’objectif est le bon état de conservation des populations de l’espèce. Il s’agit notamment :
• D’appliquer une stratégie de conservation de l’espèce cohérente et fonctionnelle à l’échelle nationale ;
• De maîtriser les facteurs permettant d’assurer la conservation de l’espèce à long terme ;
• D’augmenter les effectifs et d’étendre l’aire de répartition actuelle de l’espèce.

Neuf actions sont proposées autour de trois axes : étude, conservation et sensibilisation.
La mise en œuvre du PNA est coordonnée par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Auvergne-Rhône-Alpes et l’animation est confiée à la Société Herpétologique de France (SHF).

Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a donné un avis favorable le 28 février 2020 sur ce deuxième PNA (2020-2029).

Le projet de plan national d’action accompagné de l’avis du CNPN sont téléchargeables en pièce jointes.

En application du dernier alinéa du II de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.


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Commentaires
  •  PNA Cistude : nécessaire, beau document, qqs commentaires, par SOPTOM , le 1er avril 2020 à 10h01

    Bonjour,

    Super document et bien sur qu’il faut reconduire ce PNA pour les 10 années à venir.

    Quelques remarques diverses :
    Il n’existe aucune action concernant les Centre de Soins Faune Sauvage dédiés aux Chéloniens comme celui de la SOPTOM dans le Var... Est-il possible de traiter du sujet à l’instar de l’Action 6.5 du PNA Tortue d’Hermann (2018-2027) "Assurer les soins aux tortues sauvages blessées et développer les centres de sauvegarde de la faune sauvage" ? Vu qu’un centre spécialisé CSFS existe, ce serait intéressant de le mentionner dans ce PNA. Si ce n’est pas possible, quelle en est la raison ?

    Sinon, à l’instar du PNA TH (2018-2027) et de l’action 4.2 (Améliorer la prise en compte de la conservation de l’espèce et de ses habitats dans les projets et leur gestion appuyer sur la réalisation d’un guide), mais aussi du PNA LO et de son action 15 (Mettre à jour et diffuser le guide ERC), c’est très bien d’élaborer un guide technique dans le cadre de la séquence ERC (axe de travail n°6).
    Est-il possible de préciser dans le document qui sera rédigé qu’au-delà des actions à mettre en œuvre (ERC), des méthodologies de suivis et d’évaluation des mesures (sur des bases scientifiques) doivent être mises en places afin que le retour d’expérience soit réel ? Cela permettrait via une analyse de rendre compte de l’efficacité des mesures réglementaires (évitement, réduction et compensation) déjà mises en œuvre et de mieux orienter les mesures à venir. Un groupe de travail pourrait être mis en œuvre pour étudier de nouvelles formes de compensation.

    Il semble nécessaire de construire des outils transversaux à destination des gestionnaires afin de favoriser la mise en place d’itinéraire de gestion des zones humides et de leurs abords (jusqu’a 2 km idéalement mais au moins les 500 premiers mètres) favorables à la fois aux espèces historiquement cibles (oiseaux), mais aussi Cistude (problème des modalités de gestion des roselières avec un entretien hivernal, connexion zones humides / sites de ponte par exemple).

    Est-il possible de préciser l’importance de la trame bleue (de proximité) hyper stratégique pour le retour des jeunes cistudes dans les plans d’eau où elles grandiront ?

    Il semblerait opportun d’évoquer clairement une politique ambitieuse de réintroduction et de renforcement de populations au niveau national. Egalement insister sur la nécessité de mener des suivis scientifiques post-lâcher à court et moyen termes (> 2 ans) sur les individus, et à long terme sur les populations réintroduites et renforcées.

    Enfin, le financement et la gouvernance des PNA sont primordiaux. Il faut un vrai financement engagé par l’État : un animateur certes, mais aussi plusieurs bénéficiaires, proportionnellement à la capacité de chacun à mener certaines des actions prévues collectivement.

    Merci pour votre écoute.

    Bien cordialement,

  •  Favorable, par Thibaut Pilatte , le 30 mars 2020 à 19h12

    Très favorable à ce texte. Une meilleure protection des zones humides pourraient améliorer la situation d’autres espèces tels que le vison. Il faut également intensifier la lutte contre les espèces invasives comme le ragondin et la tortue de Floride

  •  Avis très favorable, par jbd , le 30 mars 2020 à 16h53

    Pour une fois qu’une consultation concerne un projet favorable à la biodiversité et à la conservation des espèces, on ne peut qu’être d’accord.

  •  Favorable, par Milady , le 26 mars 2020 à 20h16

    Oui à l’aide apportée aux cistudes.

  •  Cistude d’Europe, par Geneviève Delvoye , le 23 mars 2020 à 10h20

    Avis très favorable à ce Plan National d’Actions

  •  Oui , par MAEL RANNOU , le 18 mars 2020 à 11h40

    Bonjour,

    Il convient de suite l’avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN), en n’hésitant pas à aller plus loin que les neuf actions, tout ce qui peut être fait pour protéger le biodiversité est bon.

    La Cistude d’Europe étant une espèce vulnérable seule une action volontaire peut permettre de la protéger, l’élaboration d’une stratégie nationale paraît un premier pas impératif. Elle doit se faire en lien avec les scientifiques, parcs naturels et associations afin de ne pas bouleverser plus encore les écosystème

    Mon avis pour cette consultation est donc très favorable.

  •  avis favorable pour la cistude, par chalten , le 16 mars 2020 à 20h59

    Ce texte est très bien mais il doit être renforcé par une protection du milieu (zones humides sans produits chimiques, connexion des zones où l’on troue les cistudes, pas de chasse ni de chiens errants pour éviter que les jeunes cistudes ne soient mangées par les chiens). Enfin ne faudrait il pas faire des protections systémiques ? Faciliter la mise en place d’une agriculture bio et/ou extensive, Voter pour une nouvelle PAC seraient des moyens efficaces de préserver la cistude.

  •  FAVORABLE, par Gauthier WATELLE , le 16 mars 2020 à 16h22

    PNA essentiel pour poursuivre une dynamique visant la protection de la Cistude d’Europe. Point majeur à anticiper : la reconnexion des populations entre elles.

  •  Favorable au PNA , par Céline L , le 13 mars 2020 à 12h42

    Favorable au PNA Cistude indispensable suite à la présence d’espèces compétitrices invasives comme les Tortues de Floride.

  •  Favorable au PNA , par Céline L , le 13 mars 2020 à 12h41

    Je suis favorable au PNA Cistude indispensable suite à la présence d’espèces compétitrices invasives comme les Tortues de Floride.

  •  Favorable , par Lagarde , le 13 mars 2020 à 08h28

    Bonjour favorable pour la préservation des milieux naturel et la préservation des espèces sensible

  •  Favorable , par Lagarde , le 13 mars 2020 à 08h26

    Bonjour favorable pour la préservation des milieux naturel

  •  Favorable, par Torres , le 12 mars 2020 à 18h14

    Tout à fait favorable au renouvellement du PNA en faveur de la Cistude ! Il y a tellement peu d’espèces qui bénéficient d’un tel programme, encourageons cela !

  •  indispensable, par matthieu bellier , le 12 mars 2020 à 18h10

    protection impérative compte tenu des prédations existantes ; une limitation de vitesse sur toutes les routes où ces animaux traversent seraient aussi la bienvenue

  •  cistude, par andre schont , le 12 mars 2020 à 17h31

    il manque un élément important, le massacre des jeunes cistudes par les chiens de chasse, en effet elles restent longtemps au soleil sur la terre ferme
    il faudrait donc interdire la chasse dans les zones de reproductions ou les jeunes cistudes sont très vulnérables a terre

  •  Pour le maintient de sa protection, par Fabienne PLANTEROSE , le 12 mars 2020 à 17h21

    Je suis favorable à ce plan tant que toute la biodiversité entourant la Cistude d’Europe est aussi protégée.

  •  Favorable, par Elsa , le 12 mars 2020 à 16h09

    Favorable au projet. Prenons bien en compte les prérogatives du CNPN.

  •  protéger les zones humides aussi et interdire les produits chimiques, par joel , le 12 mars 2020 à 15h50

    Bonjour, Je suis favorable à ce plan. Mais comment protéger une espèce sans protéger les zones humides et les ruisseaux qui les alimentent ? Il faut élargir la zone d’interdiction épandages des produits chimiques utilisé notamment par les agriculteurs "conventionnels" et des particuliers. Ceci reste certainement difficile à mettre en œuvre sans interdiction générale, perspective à moyen terme....
    Cordialement,

  •  Avis mitigé, par Ribaud pascal , le 12 mars 2020 à 11h35

    Bonjour,

    Loin d’être défavorable au plan , je don ne un avis mitigé plus pour incohérence des plans de sauvegarde vis à vis d’autres démarches ou communication.
    En tant qu’agriculteur, je possède des prairies humides servant soit en pâturage extensif soit pour le fourrage . Contrairement au séminaire RAMSAR 2016 indiquant clairement l’enjeu global sur ces zones humides et l’importance de l’élevage dans leur maintien, personne n’évoque cela et tire à boulet rouge sur les éleveurs .Pourquoi aucune communication forte dans ce sens (ONG , Etat...? Comment ferez vous quand les éleveurs seront absents ...
    Par ailleurs, je loue aussi un étang qui est exploité de manière extensive et très riche en biodiversité . La loi sur l’ eau remet en cause ce type d’exploitation au nom de la continuité écoloqique (poissons) notamment sans vraiment se poser la question pour d’autres espèces .
    A quand un approche ecosystémique d’une milieu ? A quand l’arrêt de ces projets descendants qui ne s’intéressent qu’à un espèce (exemple idem Blabuzard, Pygarde) ? Que feriez vous de la cistude sans la Brennes des étangs crées par l’homme ?
    J’aimerai donc une protection oui donc un avis favorable mais enfin une écoloqie d’approche systémique et non par thème, un peu comme fonctionne notre administration . Pourquoi par un projet Prairies , Etangs abordants la protection d’une manière plus transversale

  •  Avis favorable, par CLA , le 12 mars 2020 à 00h02

    Bonjour,

    Au nom de la protection de la biodiversité, je suis favorable à ce plan, à la condition que les conseils du CNPN soient rigoureusement suivis.

    Cordialement