EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Plan national d’actions 2022-2031 en faveur de la Grande mulette

Du 01/03/2022 au 25/03/2022 - 9 commentaires

La Grande mulette, espèce en danger critique d’extinction sur la Liste rouge des mollusques continentaux de France métropolitaine (2021), nécessite des actions de conservation.

Cette consultation a pour objet de porter à la connaissance du public le projet de Plan national en faveur de la Grande Mulette (2022-2031).

Dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité, la France consacre un effort particulier à la préservation des espèces les plus menacées présentes sur son territoire.

Pour ces espèces, le ministère de la transition écologique met en place des plans d’actions, qui sont complémentaires au dispositif législatif et réglementaire les protégeant. Ces plans visent à coordonner les actions de sauvegarde des espèces végétales et animales les plus vulnérables pour lesquelles la France a une responsabilité patrimoniale.

C’est le cas de la Grande mulette, espèce de mollusque bivalve d’eau douce (dulçaquicole) considérée comme en danger critique d’extinction au niveau mondial.

Autrefois largement répandue dans les cours d’eau d’Europe de l’Ouest, elle a été sur-pêchée notamment pour la qualité de sa nacre. A cette première cause de déclin, se sont ajoutés de nombreux facteurs, qui en se cumulant, ont conduit à sa raréfaction : la raréfaction de ses poissons-hôtes primaires, la dégradation de la qualité des eaux, les modifications physiques des cours d’eau (remaniements des lits, obstacles…). Son aire de répartition a ainsi été réduite de plus de 90% sur les deux derniers siècles. Longtemps considérée comme disparue, elle a été redécouverte en Espagne et en France dans les années 1990-2000.

Actuellement, l’espèce n’est présente que dans ces deux pays. En France, les 6 populations vivantes subsistent au sein de trois régions françaises : le Centre-Val de Loire, la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie. La plus grande population mondiale vivante est présente dans le bassin de la Charente.

Ce mollusque, filtreur passif, vit en partie enfoui dans des sédiments graveleux, stables et bien oxygénés et fréquente des cours d’eau tempérés, calcaires et globalement en bon ou très bon état écologique. Son cycle biologique nécessite la présence d’un poisson-hôte. En effet, ses larves appelées « glochidies », s’enkystent sur les branchies d’un poisson et s’y développent avant de se détacher et de s’enfouir dans le sédiment.

Les menaces pesant actuellement sur la Grande Mulette sont principalement liées au mauvais statut de conservation de ses deux poissons-hôtes primaires connus actuellement, à la détérioration de son habitat et de la qualité de l’eau, au réchauffement climatique et à la présence de certaines espèces exotiques envahissantes.

Compte tenu des actions à poursuivre, à l’issue du premier Plan national d’actions (2012-2017), un second PNA en faveur de la Grande Mulette est proposé pour 10 ans (2022-2031). En proposant une stratégie nationale pour la conservation de l’espèce, ce deuxième PNA s’inscrit dans une vision à long terme et doit permettre de répondre à l’objectif principal de maintien des populations actuelles et de leur habitat dans un bon état de conservation ainsi que le retour de l’espèce.

Ce plan met l’accent sur l’importance des différents suivis (répartition, effectifs, menaces…) et le renforcement de la connaissance sur la biologie et l’écologie de l’espèce. L’enjeu consiste également à mettre en œuvre des mesures de protection, de conservation et de sauvegarde et à assurer la meilleure prise en compte de l’espèce dans les programmes de gestion des cours d’eau l’hébergeant et dans les projets d’aménagements… Enfin, ce plan doit permettre d’améliorer la diffusion de la connaissance de l’espèce et des problématiques liées à sa conservation vers un large public.

17 actions sont proposées autour de trois axes : amélioration de la connaissance, sauvegarde et communication.

La mise en œuvre du PNA sera coordonnée par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) Centre-Val de Loire.

Le Conseil National de la Protection de la nature a donné un avis favorable au projet de PNA en date du 23 septembre 2021. Ses recommandations ont été prises en compte dans le projet de PNA joint.

En application du dernier alinéa du II. de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception. Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

La consultation est ouverte du 1er au 25 mars 2022.


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Commentaires
  •  Favorable au PNA 2022-2031 en faveur de la Grande mulette, par Angéline Sénécal - LOGRAMI , le 25 mars 2022 à 18h32

    La Grande mulette est une espèce classée en danger critique d’extinction au niveau mondial pour laquelle la responsabilité de la France est grande (dernières populations). Le Life et le PNA 2012-2017 ont permis des avancées importantes en termes de connaissance des populations présentes notamment sur la Charente et le bassin Vienne ainsi que sur les poissons-hôtes. De par son cycle biologique faisant intervenir un poisson-hôte ainsi que sa longévité, cette espèce est intégratrice des facteurs environnementaux des cours d’eau où elle vit. Espèce parapluie, sa préservation nécessite la préservation de son milieu de vie et des espèces associées. Ce PNA permettra de poursuivre les efforts de connaissance et de conservation avec l’objectif principal de maintien des populations actuelles et de leur habitat dans un bon état de conservation ainsi que le retour de l’espèce.

  •  AVIS FAVORABLE AU PROJET, par NAUDON David , le 25 mars 2022 à 09h17

    Bonjour,
    Je suis favorable au projet de second PNA qui vise la Grande mulette. Cette espèce est en voie de disparition et elle est, comme d’autres espèces, la garante de la bonne fonctionnalité des cours d’eau dont nous dépendons. Elle symbolise la sauvegarde du bien commun des rivières. A ce titre on ne peut que se féliciter que des actions soient engagées pour tenter de la sauver. Je suis donc favorable à ce second plan sans aucune réserve.

  •  En faveur de la Grande Mulette, par Bob , le 22 mars 2022 à 10h08

    La Grande Mulette est un mollusque essentiel, protégeons la.

  •  Favorable au PNA Grande mulette , par Romain Daniélou , le 21 mars 2022 à 10h08

    Ce PNA permet une avancée en terme de protection de la biodiversité marine et en particulier pour la grande mulette. En protégeant cette espèce, nous protégeons son écosystème qui est en déclin important (90%) ! Présente uniquement en France et en Espagne, le gouvernement a un rôle important à jouer concernant sa conservation, son étude et sa communication.

  •  Veut-on laisser s’éteindre une espèce protégé ?, par Godderis , le 21 mars 2022 à 10h02

    Des espèces communes comme la grande mulette sont des espèces parapluies, en les protégeant, c’est tout un écosystème qu’on protège par la même occasion et efficacement.
    La France peut faire figure d’exemple sur la scène international en protégeant VRAIMEMENT son patrimoine naturel.

  •  Recherche de présence de la grande mulette au-delà des 3 régions cibles, par gentildauphin , le 21 mars 2022 à 09h15

    "Longtemps considérée comme disparue, elle a été redécouverte en Espagne et en France". Il se peut donc qu’elle soit présente dans des cours d’eau au-delà des 3 régions citées.
    Désolé, je n’ai pas le temps de lire plus dans le détail.
    Si ce n’est pas déjà prévu, je préconiserais la recherche de présence de la grande mulette par la technique de l’ADN environnemental pour des cours d’eau présentant au moins l’un des facteurs favorables (qualité de l’eau au moins bonne ou présence de l’un des poissons hôtes primaires).

  •  En faveur, par John Farren , le 7 mars 2022 à 10h28

    Je suis en faveur du plan.

  •  PNA grande mulette, par Catherine Boisneau , le 3 mars 2022 à 11h37

    La Grande mulette, mollusque bivalve d’eau douce est considérée comme en danger critique d’extinction au niveau mondial. En effet, son aire de répartition a été réduite de plus de 90% sur les deux derniers siècles en Europe pour ne subsister qu’en Espagne et en France où elle a été redécouverte dans les années 1990-2000.La plus grande population mondiale vivante est présente dans le bassin de la Charente.
    Les menaces qui pèsent actuellement sur cette espèce sont principalement liées au mauvais état des populations de ses deux poissons-hôtes primaires connus actuellement, à la détérioration de son habitat, au sens large, au impacts du réchauffement climatique et à la présence de certaines espèces exotiques envahissantes.
    Devant l’enjeu de conservation de cette espèce qui, par ailleurs est une espèce parapluie, l’adoption du Plan national (2022-2031) est une nécessité qui permettra à la France de s’inscrire durablement dans une stratégie nationale de conservation de l’espèce afin de répondre à l’objectif principal de maintien des populations actuelles et d’amélioration de leurs habitats.

  •  Programme primordial !, par Palussiere , le 2 mars 2022 à 11h54

    Compte tenu de la responsabilité que l’on a sur cette espèce à l’échelle mondiale, ce projet est nécessaire. Espèce parapluie, les actions entreprises dans le cadre du PNA seront bénéfiques à l’ensemble de la faune et de la flore des secteurs concernés.
    En outre, c’est l’occasion d’évoquer certaines problématiques d’aménagements incohérentes vis à vis de la protection de la biodiversité en lien avec l’agriculture (ex : projets de bassines, remembrement,...) qui impactent directement l’espèce (baisse de nappe, apport de sédiments).
    C’est aussi un exemple dans le cadre de la "réintroduction" d’espèce à biologie complexe.