DÉVELOPPEMENT DURABLE
 

Consultation du public sur le projet de stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI)

Du 03/07/2018 au 24/07/2018 - 2656 commentaires

Contexte et objectifs

Suite à l’Accord de Paris, le gouvernement français s’est engagé dans l’axe 15 du Plan climati à publier « une stratégie nationale pour mettre fin à l’importation de produits forestiers ou agricoles contribuant à la déforestation – y compris le changement d’affectation des sols indirect – ".

L’élaboration de cette stratégie est concomitante avec la présidence par la France des déclarations d’Amsterdam au premier semestre 2018. Signées par six États membres de l’Union européenne et la Norvège, ces déclarations ont pour objectifs d’éliminer la déforestation des chaînes d’approvisionnement de matières premières agricoles et de soutenir l’approvisionnement en huile de palme durable à l’horizon 2020. Ainsi les travaux menés dans le cadre de ces deux processus se sont nourris mutuellement et la SNDI permettra de répondre aux engagements pris dans le cadre des déclarations d’Amsterdam.

Plus globalement la SNDI a pour objectif d’identifier des leviers et de mettre en œuvre une combinaison d’actions destinées à engager un processus de transformation majeur en matière de lutte contre la déforestation.

Au travers cette stratégie nationale, le gouvernement français vise aussi à encourager les dynamiques européenne et internationale pour lutter contre la déforestation importée. L’Union européenne pourrait notamment jouer un rôle moteur en la matière en publiant un plan d’action européen sur le sujet.

Enjeux

Les données sur la déforestation inquiètent depuis des décennies. Selon la FAO la superficie forestières mondiale a été réduite de 129 millions d’hectares sur la période 1990-2015. La production agricole et l’élevage constituent la première cause de déforestation à l’échelle mondiale et un tiers de cette production est destinée à l’export. L’étude de 2013 de la Commission européenne sur l’impact de la consommation européenne sur la déforestation montre que les pays européens sont responsables de plus du tiers de la déforestation liée au commerce international de produits agricoles. Cette responsabilité importante justifie de prendre des mesures pour réduire l’impact de l’Union européenne (dont la France) sur les forêts tropicales.

La stratégie française va de pair avec une mobilisation accrue des acteurs privés et des organisations internationales. Elle vise à promouvoir une gestion durable des forêts et à réduire les impacts environnementaux et sociaux qui sont liés aux importations de matières premières donnant lieu à la déforestation dans le cadre d’un dialogue constructif et partenarial avec tous les pays producteurs.

Élaboration de la stratégie

Le processus d’élaboration de la SNDI est coordonné par l’Ambassadeur délégué à l’environnement, Xavier Sticker et piloté par plusieurs ministères : le Ministère de la transition écologique et solidaire, le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, le Ministère de l’économie et des finances et le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Les actions formulées dans la stratégie ont été nourries par les recommandations portées par trois groupes de travail issus du Groupe national sur les forêts tropicales (GNFT). Ces recommandations ont été présentées aux membres du GNFT le 16 février 2018 qui ont ensuite pu y apporter des commentaires et faire des propositions complémentaires qui ont également nourri les propositions formulées dans la stratégie.

Le projet de stratégie sera présenté aux membres du Conseil national pour la transition écologique le 12 juillet 2018.

Contenu de la stratégie

Le document fixe 16 objectifs et 26 mesures réparties en cinq grandes orientations :

  • Orientation 1 : développer, partager et valoriser les connaissances.
  • Orientation 2 : développer les actions de lutte contre la déforestation importée dans le cadre de coopérations internationales.
  • Orientation 3 : faire de nos politiques publiques un levier pour favoriser une demande française de produits durables.
  • Orientation 4 : favoriser et coordonner l’engagement des acteurs.
  • Orientation 5 : garantir l’atteinte des objectifs de la SNDI.

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Commentaires
  •  Non à l’huile de Palme, par Dédina , le 24 juillet 2018 à 02h42

    La France doit en finir avec son soutien absurde aux agrocarburants ! Elle ne doit plus subventionner de manière directe ou indirecte les agrocarburants sur son territoire et aller progressivement vers leur interdiction pure et simple ! Cet objectif doit être inscrit clairement dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée.

    • La France doit cesser d’alimenter le marché artificiel des agrocarburants : elle doit inscrire dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée une interdiction des plans d’approvisionnement des raffineries françaises qui incluraient des matières premières alimentaires ou naturelles, comme la raffinerie géante de Total à la Mède.

    • Pour contrer les effets dévastateurs de notre modèle d’élevage sur les forêts, la SNDI doit permettre une réduction des importations de protéines végétales destinées à l’alimentation animale et se donner un objectif de promotion de campagnes de sensibilisation sur la réduction de la consommation de viande et de produits laitiers.

  •  Pour que la SNDI contribue efficacement à la protection des forêts, du climat, et de la biodiversité, par ferran nicolas , le 24 juillet 2018 à 00h52

    • La France doit en finir avec son soutien absurde aux agrocarburants ! Elle ne doit plus subventionner de manière directe ou indirecte les agrocarburants sur son territoire et aller progressivement vers leur interdiction pure et simple ! Cet objectif doit être inscrit clairement dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée.

    • La France doit cesser d’alimenter le marché artificiel des agrocarburants : elle doit inscrire dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée une interdiction des plans d’approvisionnement des raffineries françaises qui incluraient des matières premières alimentaires ou naturelles, comme la raffinerie géante de Total à la Mède.

    • Pour contrer les effets dévastateurs de notre modèle d’élevage sur les forêts, la SNDI doit permettre une réduction des importations de protéines végétales destinées à l’alimentation animale et se donner un objectif de promotion de campagnes de sensibilisation sur la réduction de la consommation de viande et de produits laitiers.

  •  un début mais pourquoi pas plus d’ambition?, par caroline gourdin , le 24 juillet 2018 à 00h23

    On ne peut que soutenir la démarche mais il est dommage que l’ambition se limite à 2030, pourquoi pas avant?

  •  La protéger c’est nous protéger , par FOUASSIER , le 23 juillet 2018 à 23h22

    Il est important de protéger les biotopes (forets, océans), de maîtriser notre impact sur la nature nous entourant , si elle meurt , nous mourrons tous indéniablement ! Je ne suis pas contre la technologie mais contre la manière dont tout cela est utilisé actuellement et de l’impact sur notre planète ….

  •  Défendons et protegeons la nature, par Libia , le 23 juillet 2018 à 23h10

    Non à la déforestation nulle part ! Qu’allons-nous laisser à nous petits enfants, aux êtres humains des générations futures? Il faut préserver les forêts tropicaux et ailleurs dans le monde !

  •  Changeons de modèle économique : la planète et l’humain avant tout, par DENNY Lydia , le 23 juillet 2018 à 22h27

    J’espère que notre société se dirige rapidement vers un changement : mon souhait le plus cher est que la finance, l’économie, les lobbies cessent de dicter leurs lois et de diriger notre société. Si seulement nos dirigeants politiques pouvaient être habités par un réel humanisme et un sens écologique plus poussé, si seulement ils pouvaient se montrer plus fort et plus fermes face aux exigences des industriels et des financiers, et si seulement ils pouvaient écouter leur cœur et se montrer plus sensibles (et non une sensibilité feinte) aux souffrances des peuples, à la détérioration de l’environnement et de la biodiversité, à l’avenir de nos enfants.
    STOP A LA DEFORESTATION, OUI AU DEVELOPPEMENT DURABLE

  •  ONG Feralis, par Benjamin Kabouche (secrétaire) , le 23 juillet 2018 à 21h50

    Madame, Monsieur,

    Cette stratégie nationale ambitionne d’engager la France vers une diminution de ses importations de matières premières ou de produits transformés issus des forêts tropicales. C’est une opportunité pour informer tous les publics sur cette catastrophe écologique sans pareille. Ce phénomène de surexploitation des forêts est en effet continu depuis la période coloniale européenne jusqu’à nos jours.

    Le fonds de dotation Feralis, qui œuvre à Bornéo et à Madagascar auprès des ONG locales, regrette que cette stratégie ne soit pas davantage prescriptible. A ce titre, les acteurs financiers ne seront qu’incités à intégrer la lutte contre la déforestation dans leurs stratégies et leurs politiques d’investissement. C’est symptomatique de l’esprit qui préside cette stratégie nationale, dans laquelle on ne trouve rien qui oblige, ou contraint personne. Il y est question d’« insuffler une dynamique fédératrice des acteurs autour d’un même objectif », ou encore « d’identifier des leviers et de mettre en œuvre une combinaison d’actions cohérentes »…

    Feralis souhaiterai que l’état français devienne exemplaire en matière de protection des espaces tropicaux en interdisant l’importation de ces bois, tout particulièrement les grumes, favorisant ainsi les filières forestières européennes.

  •  Lutte contre la déforestation importée, par marielle Marolleau , le 23 juillet 2018 à 21h45

    La France doit en finir avec son soutien absurde aux agrocarburants ! Elle ne doit plus subventionner de manière directe ou indirecte les agrocarburants sur son territoire et aller progressivement vers leur interdiction pure et simple ! Cet objectif doit être inscrit clairement dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée.

    • La France doit cesser d’alimenter le marché artificiel des agrocarburants : elle doit inscrire dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée une interdiction des plans d’approvisionnement des raffineries françaises qui incluraient des matières premières alimentaires ou naturelles, comme la raffinerie géante de Total à la Mède.

    • Pour contrer les effets dévastateurs de notre modèle d’élevage sur les forêts, la SNDI doit permettre une réduction des importations de protéines végétales destinées à l’alimentation animale et se donner un objectif de promotion de campagnes de sensibilisation sur la réduction de la consommation de viande et de produits laitiers.

  •  Contribution de Mighty Earth et de la National Wildlife Foundation, par Sébastien Mabile , le 23 juillet 2018 à 21h33

    Mighty Earth et la National Wildlife Foundation (NWF) saluent la mise en œuvre de la SNDI et l’importance conférée à ce thème essentiel pour la protection des forêts, de la biodiversité, du climat et de la santé des populations.

    Dans le détail, certains éléments de fond sont positifs tandis que d’autres nécessitent une amélioration. Mighty Earth et NWF :

    • Accueillent favorablement la publication de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée. C’est la première fois que cette thématique est portée à un tel niveau politique ;
    • Reconnaissent l’importance d’avoir intégré cette stratégie au sein du plan climat (axe 15)
    • Encouragent le gouvernement à une mise en œuvre ambitieuse de la SNDI ;
    • Approuvent la définition de la déforestation portant également sur la conversion des espaces naturels ;
    • Approuvent la mobilisation envisagée d’un grand nombre de parties prenantes à différentes échelles (communauté scientifique, acteurs économiques (entreprises, OCDE), UE et Etats membres
    • Approuvent que la SNDI s’attaque à la déforestation et à la dégradation des forêts dans le cadre des accords commerciaux conclus au niveau national, et porte cette même ambition pour les accords commerciaux conclus par l’Union européenne.
    • Reconnaissent que la France est le premier pays à se doter d’une telle stratégie avec la volonté d’adopter une stratégie européenne similaire. L’échelle européenne constitue l’échelle pertinente pour modifier les modes de production dans les pays producteurs de commodités contribuant à la déforestation.
    • Approuvent l’approche retenue par pays, combinant volet institutionnel et volet opérationnel, semble pertinente pour appréhender le problème de la déforestation importée. Ces “stratégies pays” pourraient toutefois être complétées / combinées par des “stratégies commodités” : huile de palme, soja, cacao, café.
    • Prennent note que la SNDI soutient la prise en compte des enjeux de déforestation et de dégradation des forêts dans les obligations liées à la responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises.
    • Approuvent le recours au reportage annuel par pays. Mighty Earth demande à être associée aux travaux des comités conjoints dans les pays dans lesquels elle dispose d’une expertise reconnue.

    Nous déplorons cependant :

    • L’objectif 2030 de la SNDI, trop peu ambitieux. La SNDI devrait retenir l’objectif 2020, en prenant en compte que l’objectif “zéro déforestation” en 2020 a été retenu par la France dans le cadre de la « New York Forest Declaration » et qu’il est partagé par plusieurs grandes entreprises dans le cadre de l’initiative “Act4Nature” : BNP Paribas, Carrefour, Danone, L’Oréal, Nestlé, Société Générale. Il l’est également par de nombreuses autres entreprises françaises dans d’autres cadres. Cet objectif est donc atteignable.

    • Une stratégie de “lutte” qui repose uniquement sur le volontariat, la sensibilisation des acteurs, des mesures incitatives ou des encouragements. Alors que l’axe 15 du plan climat prévoyait des “propositions de nature réglementaires, fiscales, des engagements volontaires, des bonnes pratiques et des modifications de la commande publique”, la SNDI ne contient aucune mesure réellement contraignante, qu’elle soit de nature réglementaire ou fiscale ; enfin, les propositions concernant la commande publique manquent d’ambition.

    • Le manque d’objectifs quantitatifs et qualitatifs précis avec un calendrier de mise en œuvre et de suivi par étapes et une évaluation des moyens nécessaire ; il est nécessaire d’ajouter à cette stratégie un plan concerté de mise en œuvre dans l’année suivant sa publication.

    Qu’il manque un élément essentiel : la modification de nos modèles agro-alimentaires conduisant à une consommation de viande trop importante.

    • L’absence d’une définition claire et précise de la déforestation incluant les critères des « No Deforestation, No Peat, No Exploitation Policy » (NDPE) ainsi que la « High Carbon Stocks Approach » (HSCA). La politique RSPO manque d’ambition et ne couvre que 20% du marché alors que les approches HCSA et NPDE sont beaucoup plus strictes et couvrent près de 90% du marché. La définition des forêts de la RSPO ne doit pas être retenue, pas plus que celle de la FAO.
    • La définition de la « déforestation importée » devrait également couvrir les approvisionnements issus des forêts des territoires ultra-marins.
    • La SNDI ne permet pas distinguer déforestation brute et déforestation nette. La SNDI devrait préciser explicitement que la déforestation devrait s’entendre en déforestation brute.

    Concernant les différents objectifs de la SNDI :

    • Objectif 3 : les ONG devraient être associées ou obligatoirement consultées sur stratégie de coopération en matière de lutte contre la déforestation importée, développée par les opérateurs français (groupe AFD et Expertise France) ainsi que sur les plans d’action, afin de leur conférer à ces outils davantage de légitimité.
    • Objectif 4 : la France devra se montrer ambitieuse et demander l’adoption d’un outil juridique légalement contraignant (directive). La nouvelle PAC pourrait inclure la politique « zéro déforestation » comme critère de conditionnalité d’accès aux aides agricoles.
    • Objectif 5 : nous saluons la volonté de prendre en compte la déforestation dans les accords commerciaux. Les Accords de Libre Echange devraient avoir des critères plus stricts quand il s’agit d’interdire les importations des produits issus de la déforestation illégale, ou ayant contribué à d’autre crimes environnementaux ou violations aux droits humains.
    • Objectif 6 : l’absence de mesures réglementaire ou fiscale contraignante ne permet pas de garantir une mise en œuvre ambitieuse de cet objectif. La France pourrait instaurer des sanctions fiscales aux entreprises contribuant la déforestation. Elle pourrait également prévoir des mesures positives pour favoriser ceux qui adoptent des politiques en faveur de la conservation des forêts.
    • Objectif 7 : la nouvelle directive européenne sur les agrocarburants laisse une plus grande liberté aux Etats pour diminuer leur consommation d’agrocarburants dès 2020. La France devrait donc : arrêter de subventionner de manière directe ou indirecte les agrocarburants (exonération des barrières douanières et de taxes – TGAP, TVA, taxe spéciale sur les huiles alimentaires…) ; réduire et interdire l’usage des agrocarburants de première génération ; interdire de commercialiser des agrocarburants à base de soja et d’huile de palme ; interdire l’approvisionnement des raffineries françaises qui incluraient des matières premières alimentaires ou naturelles ; créer un fonds pour développer les agrocarburants avancés à impact écologique nul : déchets urbains, huiles usagées.
    • Objectif 8, Mesure 8-1 : l’usage des certifications devrait être conditionner aux approvisionnements Zéro Déforestation brute uniquement. En l’état, la SNDI ne permettra pas d’élever le niveau d’exigence de la certification. Elle pourrait préciser les critères suivants : zéro déforestation brute, interdiction de planter dans les tourbières, respect du statut légal des terres et des normes de l’Organisation internationale du travail, promotion de l’agroforesterie (pour limiter les monocultures), interdiction d’importer des produits ayant été traités par des pesticides interdits au sein de l’Union Européenne.
    • Objectif 9 : la SNDI devrait mentionner explicitement l’élevage intensif de volailles et de porcs, principal débouché commercial du soja à risque de déforestation.
    • Objectif 11 : les principales entreprises susceptibles de contribuer à la déforestation devraient faire l’objet d’une évaluation publique, et rassembler, sur la base du volontariat, leurs fonctions stratégiques afin de partager les retours d’expériences et les bonnes pratiques.
    • Objectif 12 : les mesures proposées manquent clairement d’ambition. La France devrait étudier la faisabilité d’une politique d’achats publics qui permettent dès 2020 de bannir du champ de la commande publique toute entreprise, à partir d’un certain seuil, qui ne s’est pas dotée d’une politique interne « zéro déforestation ». Les acheteurs publics devraient être en mesure de solliciter une transparence totale de l’ensemble des chaines d’approvisionnement jusqu’aux régions d’approvisionnement concernées.

    Les omissions de la SNDI :

    • Il n’existe aucune mention des forêts boréales, pourtant exposées aussi à la déforestation importée, notamment à travers l’approvisionnement de biomasse énergétique.
    • Les importations de cuir devraient être considérées de la même manière que les importations de bœuf, contribuant de la même manière à la déforestation de l’Amérique Latine.
    • Le moratoire sur la culture de soja en vigueur pour l’Amazonie brésilienne n’est pas cité alors qu’il s’agit d’un des outils les plus aboutis et les plus efficaces de lutte contre la déforestation, associant autorités publiques, entreprises importatrices et ONG.
    • En ce qui concerne le cacao et le café, la SNDI devrait encourager une politique plus ambitieuse que la « zéro déforestation » en encourageant le recours à l’agroforesterie.

    Plus largement, il convient :

    • D’encourager la prise en compte des questions de déforestation et de dégradation des forêts au sein des législations relatives à la responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE). Le simple « reporting » ne permettra pas d’inverser la tendance. Sur la base de la loi du 27 mars 2017 sur le devoir de vigilance, les dommages environnementaux graves tels que la déforestation, la perte d’écosystèmes et les violations des droits de l’homme associées devraient être identifiés, prévenus, atténués et indemnisés dans le cadre des plans de vigilance. Les investisseurs tels que les banques, qui sont couverts par la loi, devraient également être incités à identifier et prévenir la déforestation dans leurs décisions de financement.

    Nous devons aller plus loin et imposer plus largement une obligation similaire à l’ensemble des entreprises françaises (seulement 200 entrent dans le champ d’application de la loi du 27 mars 2017) ; le gouvernement devrait publier une liste des entreprises concernées par la loi du 27 mars 2017 pour permettre un meilleur suivi de sa mise en œuvre.

    Le gouvernement devrait également encourager les entreprises à publier des informations plus exhaustives sur le fondement de la loi : comment elles priorisent la question de la déforestation dans leurs plans de vigilance ? Quelles parties prenantes impliquent-elles dans les stratégies préventives et correctives ? Quelles est la liste exhaustive et accessible de filiales, fournisseurs et sous-traitants utilisant des produits forestiers à haut risque dans leur chaîne d’approvisionnement ? Quels sont les volumes de marchandises tracées, leur origine ? Le gouvernement devrait également porter cette innovation législative au niveau européen.

    • La SNDI devrait développer des outils d’information auprès des consommateurs, en particulier l’évaluation de l’empreinte des produits de grande consommation et de leurs emballages sur les forêts.

    • La SNDI doit prévoir explicitement des actions de soutien et de mise en capacité des acteurs de la société civile et des petits producteurs ; La France doit se doter des moyens nécessaires pour mettre en œuvre les actions de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation et soutenir la plateforme multi-acteurs, les petits producteurs dans les pays exportateurs et les organisations de la société civile.

  •  Sauvons les forêts !, par Isabelle PUJOL , le 23 juillet 2018 à 21h30

    Pour les sauver, il est indispensable de finir de soutenir les agrocarburants et d’arrêter de les subventionner de façon directe ou indirecte.

    Interdire que les raffineries françaises s’approvisionnent en matières premières alimentaires ou naturelles (comme la raffinerie géante de Total à la Mède) est une mesure qui doit figurer dans le projet SNDI.

    Revoir le mode d’élevage pour réduire l’importation de protéines végétales destinées à l’alimentation animale est indispensable à cause de ses effets dévastateurs sur les forêts. Promouvoir des campagnes de baisse de consommation de produits laitiers et de viandes et valoriser d’autres modes alimentaires participe aussi de la prévention de la déforestation. Ces mesures doivent figurer aussi dans le projet SNDI.

  •  Sauvons nos forêts ! , le 23 juillet 2018 à 21h04

    Le projet de stratégie de lutte contre la déforestation importée contient des mesures intéressantes mais il n’est pas assez ambitieux face à l’urgence de la situation. C’est aujourd’hui qu’il faut préserver les forêts qui, comme cela est rappelé en introduction du projet, ont un rôle important à jouer dans l’atténuation du changement climatique. Il faut arrêter dés maintenant l’importation de produits agricoles qui entraînent de la déforestation que ce soit pour la production des biocarburants ou pour l’alimentation animale. Des alternatives existent. Au lieu de soutenir les agrocarburants, soutenons le développement d’énergies renouvelables plus propres, d’autres moyens de mobilité comme le vélo, la marche, le train… Encourageons la consommation de plus de protéines végétales à la place des protéines animales en allant plus loin qu’une campagne d’information grand public, par exemple en mettant en place immédiatement des menus sans viande dans les restaurants collectifs (écoles, administration, entreprises…).

  •  Le temps est venu d’agir. , par Chloé , le 23 juillet 2018 à 20h54

    Aucune personne sensée ne peut désapprouver les mesures mises en places par la SNDI.
    Il est temps d’agir concrètement et de cesser incessamment de repousser les délais (comme pour le glyphosate) et de prendre des mesures dans le vent.
    La France a l’opportunité de s’ériger en leader mondial de la protection de l’environnement et de tirer profit de nouvelles industries qui peuvent être créées grâce à l’écologie. Puisque le seul obstacle à la protection de l’environnement semble être les lobbys et donc l’argent, profitons de ces nouvelles opportunités !

  •  Agir vite , bientôt il sera trop tard ..., par Vignon , le 23 juillet 2018 à 20h43

    La disparition des grands animaux est spectaculaire . Entre autres celle des orangs-outans liée au scandale de l’importation massive de l’huile de palme . Merci pour l’autorisation gouvernementale accordée à Total qui ne manquera pas d’aggraver ce phénomène .
    Je suis étonné du manque de clairvoyance de l’état à propos de ce dossier , la relation est pourtant évidente .
    Pour paraphraser De Gaule , la politique semble se faire à la Corbeille .
    La diminution dramatique , relayée en vain , du nombre des insectes est encore plus inquiétante , à quand une politique agricole responsable :
    - non à la chimie
    - oui aux circuits courts : moins de transports , moins de besoins en carburants
    - à quand une éducation centrée sur le respect de l’autre (même lointain), sur la prise de conscience de la beauté de la nature
    - à quand la mise en application des mesures qui permettraient de
    sauvegarder notre si belle Terre : il n’y a pas de planète B comme on l’a entendu dans la bouche de notre président .

  •  Sauver La Planète Terre, par lucie vignon , le 23 juillet 2018 à 19h46

    Non à la déforestation entraînant la disparition d’espèces animales, la disparition de poumons verts absorbant la surproduction de CO2 générée par l’homme.
    Non à la pollution des océans par les plastiques et hydrocarbures.
    Non à la surpêche détruisant les fonds marins
    Non à l’agriculture intensive détruisant les sols , les rendant stériles à force d’utilisation de pesticides et engrais
    Tous les Grands Lobbies nous font aller Droit dans le Mur
    Avec la mondialisation on se rend compte que La Terre est petite , que l’on n’est à l’abri nulle part de ces Infâmes Pollueurs
    Thomas Pesquet nous a pourtant bien dit que La Terre est Belle et qu’il faudrait la Protéger

  •  Déforestation et incendies de forêts, par Brigitte Bécavin , le 23 juillet 2018 à 19h41

    Il serait peut-être temps et plus que temps que nos "élus" de la République se mettent enfin au diapason de tous ceux et celles qui, depuis des décennies, alertent sur les catastrophes - certaines désormais irréversibles - engendrées par le système ultralibéral d’hyper consommation et capitalistique corrompu auquel nous sommes, nous gens du peuple, encore aujourd’hui contraints d’obéir puisque nous sommes censés évidemment obéir aux lois...

    Heureusement, beaucoup travaillent, depuis toujours des décennies, sans compter leur temps ni l’argent personnel qu’ils dépensent, pour amortir les casses que ce système entraîne et pour préparer l’avenir en ayant déjà opté pour des comportements totalement différents que ceux que la politique nous encourage à choisir.

    Nous ne pourrons plus admettre qu’aucun véritable changement, soi-disant décidé, ne soit pas mis en œuvre immédiatement.

    Dès qu’il est question de "l’année suivante" ou de 2020, voire de 2025 ou 2030, pour décider la mise en œuvre d’un plan extrêmement urgent, on ne peut plus faire confiance.

  •  Stratégie 0, par Faure , le 23 juillet 2018 à 19h33

    Nul besoin de bois importé, même des territoire d’outre mer pour la métropole.
    Franchement le pays est peuplé de suffisamment d’arbres, sauf à faire de la spéculation financière.
    Alors si nous sommes en démocratie, lâchez l’affaire s’il vous plaît que nos bouquins de sciences nat de 6eme ne deviennent des livres de legendes

  •  Protectio des produit de la Fôret ont utilisant LA REGLE VERTE, par Marco OTAZU ABRILL , le 23 juillet 2018 à 19h26

    Les importations des "Bois" implique son transport et donc pollution, la forme rationnel de ne pas accroitre la pollution et l’exploitation insensé des forêts produisant des déforestations massives et donc misse à mal des poumons de la Planète. L’exploration et la mise à disposition de bois doit se faire avec respect de l’environnement, la règle verte doit guider tout activité humaine à savoir :
    - Pour le transport on doit appliquer une taxation kilométrique croissante,
    - L’exploitation des forêts doit être surveille et réglementé dans le principe âge des arbres utilité positive, remplacement des espèces exploité etc...
    - Respect de la forêt en tan qu’écosystème divers et varlet
    - Lutter pour la sauvegarde des forets comme la foret amazonienne et interdire las activités minières, pétrolières de reforestation accéléré.

  •  arrêt des biocarburants, par Blondelot alain , le 23 juillet 2018 à 19h00

    • La France doit cesser d’alimenter le marché artificiel des agrocarburants : elle doit inscrire dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée une interdiction des plans d’approvisionnement des raffineries françaises qui incluraient des matières premières alimentaires ou naturelles, comme la raffinerie géante de Total à la Mède.

  •  déforestation, par PAUMIER , le 23 juillet 2018 à 18h56

    Consultation du public sur le projet de stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI)

    La France doit en finir avec son soutien absurde aux agrocarburants ! Elle ne doit plus subventionner de manière directe ou indirecte les agrocarburants sur son territoire et aller progressivement vers leur interdiction pure et simple ! Cet objectif doit être inscrit clairement dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée.

    • La France doit cesser d’alimenter le marché artificiel des agrocarburants : elle doit inscrire dans la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée une interdiction des plans d’approvisionnement des raffineries françaises qui incluraient des matières premières alimentaires ou naturelles, comme la raffinerie géante de Total à la Mède.

    • Pour contrer les effets dévastateurs de notre modèle d’élevage sur les forêts, la SNDI doit permettre une réduction des importations de protéines végétales destinées à l’alimentation animale et se donner un objectif de promotion de campagnes de sensibilisation sur la réduction de la consommation de viande et de produits laitiers.

  •  Changeons notre alimentation !, par Bernard Page , le 23 juillet 2018 à 18h50

    Madame, Monsieur,

    La lutte contre la déforestation ne sera efficace qu’à partir du moment où la demande de nourriture pour nos élevages européens va s’engager à la baisse. En effet, ils sont « responsables de plus du tiers de la déforestation liée au commerce international de produits agricoles » !

    De quelle façon réduire cette demande ? Tout bonnement en diminuant l’importance de l’élevage dans l’agriculture européenne !

    Pour cela, il convient de limiter l’impact des lobbies agricoles de la viande et du lait qui ont investi tous les rouages de nos sociétés, jusque les écoles. Le discours entendu par les jeunes élèves est la nécessité de manger de la viande et de boire du lait pour être grand, pour être fort, et je caricature à peine.

    Le modèle productiviste de l’agrIculture européenne doit être recadré pour laisser de la place à un autre type d’alimentation que celui qu’on nous impose depuis plus de 70 ans !!! Moins de protéines animales et plus de végétaux n’empêche pas de grandir et de devenir fort, que je sache !

    Mais, peut-être est-ce déjà trop demander à la filière française de l’agro-alimentaire qu’elle laisse un peu de place à l’expression d’un discours différent du sien auprès de nos enfants ?
    Peut-on imaginer que l’agro-business et la FNSEA prennent en considération le développement durable de la planète ???

    Allez, soyons fous et rêvons un peu...

    Cordialement.

    Bernard Page