ENERGIES ET CLIMAT
 

Consultation du public sur le projet révisé de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) - CONSULTATION PROLONGEE JUSQU’AU 20/02/2020

Du 20/01/2020 au 20/02/2020 - 6034 commentaires

En raison de difficultés signalées par certains internautes pour déposer les commentaires le matin du 19 février, la consultation est prolongée jusqu’au 20 février 23h59.

Le Ministère de la Transition écologique et solidaire met aujourd’hui à disposition du public l’intégralité du projet révisé de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) portant sur la période 2019-2028 afin de recueillir ses observations.


Cette PPE trace l’avenir énergétique de la France pour les dix prochaines années. Elle porte le projet de mener à bien la transition vers un système énergétique plus efficace et plus sobre, plus diversifié et donc plus résilient. Elle présente le chemin d’une transition juste et sans rupture, en donnant une trajectoire claire, argumentée, allant irréversiblement dans le sens du respect de l’environnement et du climat.

La PPE fixe les priorités d’actions des pouvoirs publics dans le domaine de l’énergie afin d’atteindre les objectifs fixés par la loi :

  • réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 ;
  • réduire fortement la consommation finale d’énergie (-20 % en 2030) et en particulier la consommation d’énergies fossiles (-40 % en 2030) ;
  • porter la part des énergies renouvelables à 33 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030 ;
  • réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2035.

La PPE inscrit la France dans une trajectoire qui permettra d’atteindre la neutralité carbone en 2050, et fixe ainsi le cap pour toutes les filières énergétiques qui pourront constituer, de manière complémentaire, le mix énergétique français de demain.

Le projet de PPE révisé, mis en ligne aujourd’hui, est issu d’un processus d’élaboration et de consultation initié en juin 2017. Après la publication d’un premier projet en janvier 2019, cette version révisée prendre en compte les commentaires et avis recueillis au cours d’une large consultation conduite en 2019.

La PPE couvre deux périodes successives de cinq ans : 2019-2023 et 2023-2028.

Une fois adoptée, elle fixera le cadre réglementaire définissant :

  • les objectifs quantitatifs des appels d’offres pour des installations de production d’électricité (à partir d’énergie renouvelable en particulier), pour des capacités d’effacement de consommation électrique, ou pour des investissements permettant l’injection de biométhane dans les réseaux de gaz ;
  • les orientations avec lesquelles l’autorisation d’exploiter des nouvelles installations de production électrique, ainsi que le plan stratégique d’EDF prévu dans l’article L311-5-7 du code de l’énergie, devront être compatibles ;
  • le niveau de sécurité d’approvisionnement du système énergétique français, via la fixation du « critère de défaillance » utilisé pour apprécier l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité, ou encore le critère pour la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel et les stockages devant être maintenus en fonctionnement.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie regroupe les documents suivants, qui sont mis à consultation du public :

  • le projet de décret relatif à la Programmation pluriannuelle de l’énergie ;
  • une synthèse de la Programmation pluriannuelle de l’énergie ;
  • le document de Programmation pluriannuelle de l’énergie.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie ayant fait l’objet d’une évaluation environnementale, l’avis de l’autorité environnementale est également mis à disposition du public, de même que les avis du :

  • Conseil national de la transition écologique ;
  • Conseil supérieur de l’énergie ;
  • Comité de gestion de la CSPE ;
  • Comité du système de distribution publique d’électricité ;
  • Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique.

Enfin, est également mis à disposition du public un document résumant les principales modifications apportées au projet de PPE par rapport à la version publiée en janvier 2019 et indiquant comment les avis recueillis ont été pris en compte.

Un bilan de cette consultation sera établi et rendu public par le ministère de la transition écologique et solidaire.


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Commentaires
  •  NON aux Éoliennes en Dordogne, par GIRARD N. , le 19 février 2020 à 16h20

    Il est de notoriété publique qu’il y a très peu de vent en Dordogne, et pourtant dans un village de 380 habitants on apprend plusieurs mois après, qu’une délibération du Conseil municipal a avalisé un projet d’éoliennes ! Aucune concertation avec la population, ni même d’approche par les élus de leurs administrés, ce, six mois avant la fin de mandature. Le Maire a même omis d’en parler lors de ses voeux en janvier 2020 -probablement pour ne pas effrayer ses Administrés et les protéger. Il ne se représente pas ni son conseil, alors pourquoi avoir pris une telle décision dont les conséquences sont majeures et tout à fait discutables ce, sur plusieurs générations et pour notre joli village ?
    Comme il n’y a pas assez de vent, les machines envisagées sont de plus de 200 mètres de haut et seront implantées au milieu de forêts magnifiques qui seront amputées de 2000 m2 autour de chaque éolienne ; lorsque les promoteurs auront disparu dans 20 ans nous aurons un cimetière de tubes rouillés de la hauteur de la Tour Montparnasse- quelle chance !!!
    Toute la faune et la flore locale sera impactée négativement et les Humains aussi.
    Alors pourquoi céder en toute hâte et en catimini au lobby éolien ?
    La Dordogne mérite mieux que ça !
    Les habitants croisés sont étonnés et ne veulent pas de ce désastre environnemental !
    NON aux éoliennes qui ne font pas leurs preuves car le vent est une source aléatoire sur notre territoire.
    Pourquoi ne pas réfléchir sereinement à d’autres solutions plus adaptées et moins désastreuses ?

  •  Inutilité des éoliennes vouées à l’obsolescence avant une quelconque rentabilité., par FEUQUIERES , le 19 février 2020 à 16h19

    Le développement immodéré de pylônes gigantesques surmontés d’ usines électriques aériennes fonctionnant à temps partiel dont la durée de vie est limitée apporte une destruction inacceptable des sites naturels de la France. Le coût de l’électricité s’en trouve modifié à la hausse. Lorsque ces équipements arriveront en fin de vie, qui assurera leur démantèlement complet avec traitement des déchets toxiques et le retrait des socles en béton armé? et qui paiera? Certains pays européens ont commencé à tourner le dos à cette énergie inadaptée pour la France.

  •  Non aux éoliennes, par Roy Wyand , le 19 février 2020 à 16h19

    Non aux éoliennes à Ceaux en Loudun

  •  continuité dans l’entetement destructeur, par Patrick GUERIN , le 19 février 2020 à 16h17

    ce projet de PPE révisée trace un avenir très sombre de pénurie organisée avec une perte définitive d’indépendance de la nation française dans le domaine de l’énergie électrique. quelles peuvent etre les motivations à décider un tel sabotage à grande échelle ?
    surement pas l’écologie ! surement pas la fiabilité technique !
    en tous cas, merçi pour le saccage de la nature dans les hauts de france, et surtout dans notre thiérache, grace à l’éolien terrestre germano-mafieux, bien aidé par des élus sans scrupules et bien faciles à convaincre, par quels arguments d’ailleurs ? les vingt prochaines années vont etre très sombres pour nous .....

  •  Contre l’éolien, par Lorotte , le 19 février 2020 à 16h17

    Développer l’éolien ne fera qu’enrichir certains, rendre malades d’autres, abimer nos paysages, favoriser les centrales à charbon et à gaz, augmenter la Contribution au Service Public de l’Electricité.
    Il y a d’autres moyens de produire une électricité décarbonnée et la France est un exemple à ce suhet

  •  FIOUL et BIOFIOUL, par RAYNIER , le 19 février 2020 à 16h15

    Non à la suppression des chaudières à fioul qui sont de plus en plus performantes et de moins en moins énergivores. Sachant que le fioul domestique actuel comprend de 7% à 10% de biofioul et que les objectifs sont de passer à plus de 50% de biofioul d’ici 2024. Notre filière FIOUL est très compétitive pour l’écologie largement plus que le gaz ou l’électricité fourni par les centrales nucléaires. Cette loi engendrerait plusieurs dizaines de millier de chômeur avec la fermeture des revendeurs de fioul ainsi que les installateurs.

  •  Manque d’ambition face aux enjeux, par Florian RYS , le 19 février 2020 à 16h15

    Objectifs globaux insuffisants :

    D’un point de vue global, sur les objectifs globaux de la PPE, on constate un net écart entre les objectifs énoncés et les enseignements du GIEC, notamment en termes d’émissions de GES.

    En effet, dans son rapport de 2018, le GIEC indiquait que pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, il fallait réduire de 40 à 60% nos émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 2010. Or la PPE n’indique qu’un objectif de 30% de réduction en 2028 par rapport à 2016.

    En cause essentiellement : le manque d’ambition en termes de sobriété énergétique. En effet la réduction de consommation finale d’énergie n’est que de 16,5% en 2028 (par rapport à 2012) là où l’efficacité ET la sobriété énergétique doivent représenter 2/3 de l’effort à fournir dans la plupart des scénarios (GIEC, AIE, ADEME…)

    La sobriété est d’ailleurs totalement absente de cette programmation.

    Bâtiments performants et rénovés :

    Plus précisément, sur la question des bâtiments performants et rénovés, vue le rythme de rénovation affiché à 0,5 Million de bâtiment d’efficacité énergétique inférieur à E, il restera en 2028, 3 à 4 millions de « passoires thermique ».

    De plus, les démarches visent essentiellement les bâtiments inférieurs à E, mais peut-on considérer qu’un bâtiment de classe E est efficace ? alors que des rénovations effectuées dans de bonnes conditions permettent déjà d’atteindre des classes C voire B ?

    Par ailleurs, si les locations sont citées, on note qu’aucun mécanisme particulier ne semble être prévu pour ce type de logement. Or, il s’agit d’un cas important à traiter puisque ceux qui supportent les charges élevées de chauffage et l’inconfort du logement ne sont pas ceux qui sont en charge de réaliser les travaux. Par ailleurs, il s’agit pour l’essentiel des locataires de ce type de logement, d’étudiants ou de foyers modestes, contrairement aux propriétaires qui font partis de classes plus aisées. Aussi, une interdiction de louer des logements de note inférieur à E dés 2022, avec une évolution progressive vers la classe D ou C en 2028 est tout à fait envisageable, socialement souhaitable et sans impact sur le budget de l’Etat.

    Enfin, une grande partie des mesures se basent sur le diagnostic énergétique du bâtiment, or celui-ci est très incomplet et ne reflète pas la réalité de l’efficacité du logement. Une révision des méthodes, mesures et contrôles (tel que la mesure de la courbe de déperdition thermique comparé au ∆T) est donc indispensable pour le succès de la PPE.

    Mobilité :

    Sur la question de la mobilité, on note l’absence totale de mesure sur les transports en commun. La plupart des mesures concernent la voiture individuelle. Or il est important de casser notre dépendance à l’automobile. C’est un enjeu a la fois économique, sociale et environnemental, intimement lié avec l’aménagement du territoire. Face à la réduction du nombre de lignes et l’augmentation des tarifs sur le réseau national et local (et un désengagement politique sous couvert de libéralisation) la PPE doit s’emparer du sujet afin de permettre un transfert de la mobilité individuelle vers la mobilité collective et réduire ainsi fortement notre consommation énergétique.
    A cet effet, les enjeux sont trop importants pour être confiés au diktat de la loi du marché, et justifient au contraire un encadrement strict des tarifs et des investissements par l’Etat.

    Energies renouvelables, l’hydrolien :

    L’Hydrolien est le grand perdant de la PPE. En effet, ni tarif de rachat ni appel d’offre ne sont prévus. Or la filière a gagné en maturité ces dernières années et la France possède le savoir faire pour développer ces technologies pour la France et le Monde.
    Si les conditions pour lancer un appel à projet ne sont pas réunies aujourd’hui, il y a fort à parier qu’elles le seront bien avant 2028. D’ailleurs, un tarif, même ambitieux témoignerait d’un soutien à la filière lui permettant de se développer. Qu’est-ce qui empêche de créer un appel d’offre aligné sur les premiers tarifs de l’éolien flottant ? ou la création d’une enveloppe au titre de la recherche pour financer les démonstrateurs ? Sans financement, les entreprises du secteur seront incapables d’investir et risquent de mourir. Il sera trop tard en 2028 pour ressortir les projets des cartons.

    Le Gaz :

    Sur la question du gaz, on note une réduction de la consommation de gaz seulement 10% (voir commentaire sur l’efficacité énergétique). Il est par ailleurs fait mention d’une augmentation de la part de GNL, dont l’impact environnemental est bien plus important que le gaz naturel classique (part non négligeable de non conventionnel, consommation énergétique pour la liquéfaction et le transport) des études ACV portent l’augmentation des émissions de GES à près de 50% pour ce type de process. La baisse de consommation devrait donc en priorité être orienté vers une baisse des importations de GNL.

    Le Gaz renouvelable :

    Concernant le gaz renouvelable, l’objectif 2028 est de 14 à 22 TWh injecté. C’est moins que celui fixé par l’article L. 100-4 du code de l’énergie, et c’est plus de 10 fois moins que l’objectif de biocarburants liquides (348 TWh), alors que, là ou les biocarburants liquides nécessitent des cultures dédiées (éventuellement associées avec de l’alimentation animale), le biométhane peut se contenter de déchets. De plus, l’énergie produite pour 1 ha de culture est 3 à 4 fois plus importante dans la filière biogaz que dans la filière biocarburants.

    On note également la volonté de fonctionner à enveloppe fixée, via les termes « si ce prix moyen n’est pas atteint, les volumes alloués seront réduits afin de ne pas dépasser le niveau de dépense publique visé ». Or si le prix moyen n’est pas atteint, c’est que la filière n’est pas parvenue à abaisser les couts de production permettant d’atteindre l’objectif tarifaire de la PPE. Réduire par la suite les volumes conduirait à une fragilisation croissante de la filière et empêcherait également d’atteindre les objectifs de production, déjà peu ambitieux.

    Il est important de rappeler que la filière biométhane est très dépendante de l’accès aux gisements (qui va être de plus en plus difficile) des capacités d’épandage du digestat (déjà très difficile dans la moitié sud de la France) et de couts de VRD et génie civile qui ne peuvent être que difficilement réduits. C’est une situation très différente que ce qu’à pu connaitre le solaire avec d’importantes économies d’échelle réalisée sur les panneaux et les cellules depuis 2013.

    Afin de soutenir la filière et tenir compte des externalités positives de la méthanisation, un nouveau calcul des primes d’intrant pourrait venir soutenir la filière en compensant une partie de la baisse du tarif du gaz, tout en orientant la méthanisation vers des formes vertueuses (valorisation des déchets, démarche 0 phyto…) et en pénalisant des démarches contestables, telles que l’emploi à outrance de CIVE ou des distances d’approvisionnement dépassant les 50km.

    Fiscalité

    La composante carbone sensée à l’origine tendre vers 100€/t CO2 à été figée 44,6 €/tCO2. Si un commentaire précise qu’il ne s’agit que d’un élément de simulation, on peut cependant s’étonner que la PPE ne propose pas de solution socialement acceptable pour retrouver la progressivité de cette taxe qui est un excellent moyen d’inclure les externalités négatives dans le prix des énergies fossiles d’une part, et de financer les mécanismes d’adaptation et d’atténuation qui en découle (frais de santé, transports en commun, développement des ENR…).
    De même le prix de l’ETS est pris comme une fatalité alors que la France en tant qu’acteur européen important dispose de leviers pour revoir ce prix à la hausse.

    Croissance du PIB

    Le rapport de la SNBC indique une hausse du PIB plus importante grâce à la PPE. Si on peut s’en féliciter, il faut toutefois se garder de faire de la croissance du PIB un objectif de la PPE. Le seul objectif soutenable étant la réduction massive de nos émissions (si pas de notre emprunte) carbone, suivant la trajectoire préconisée par le GIEC dans son rapport de 2018.
    Ainsi, si des démarches de sobriété ou d’efficacité énergétique peuvent risquer de réduire cette croissance de PIB, elles ne doivent pas pour autant être écartées, bien au contraire.

  •  Non à l’éolien, par Callies , le 19 février 2020 à 16h13

    Il détruit le paysage français qui composait notre patrimoine, il détruit la faune (un nombre considérable de cadavres d’oiseaux retrouvés au pied des éoliennes), il n’est pas rentable (déjà prouvé par les pays scandinaves qui abandonnent ce type d’énergie). Il pour les sols qui ne pourront plus être utilisés pour l’agriculture lorsque les éoliennes seront démontées au bout de 20 ans de mise en service.

  •  oui au BIOFIOUL, par Laetitia Rocheblave , le 19 février 2020 à 16h13

    Nous devons laisser aux français le choix de leur mode de chauffage, Pourquoi incriminer le fioul?
    Aujourd’hui encore, c’est le moyen de chauffage de beaucoup de foyers et principalement dans nos territoires ruraux !!!
    Vous ne pouvez pas leurs demander de changer leurs installations après avoir mené des campagnes les poussants à remplacer leur chaudière par des chaudières plus performantes. D’une part, ils n’aurons, pour un grand nombre d’entre eux, pas les moyens financiers et d’autres part ils sont satisfaits par leur chauffage au fioul et ne souhaitent pas en changer !!!
    La solution aujourd’hui c’est la commercialisation du Bioufioul ( fioul à base d’huile de Colza)
    Cela permettrait :
    - de maintenir les emplois de plus de 1500 entreprises en France
    - de créer des emplois dans la filière agricole de notre pays
    - de nous engager également dans une énergie dite plus propre
    - de permettre aux français de conserver leur chaudière (un simple réglage sur le brûleur serait nécessaire)
    Laisser une chance au Biofioul !!!!

  •  Manque d’ambition face aux enjeux, par Florian RYS , le 19 février 2020 à 16h13

    Objectifs globaux insuffisants :

    D’un point de vue global, sur les objectifs globaux de la PPE, on constate un net écart entre les objectifs énoncés et les enseignements du GIEC, notamment en termes d’émissions de GES.

    En effet, dans son rapport de 2018, le GIEC indiquait que pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, il fallait réduire de 40 à 60% nos émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 2010. Or la PPE n’indique qu’un objectif de 30% de réduction en 2028 par rapport à 2016.

    En cause essentiellement : le manque d’ambition en termes de sobriété énergétique. En effet la réduction de consommation finale d’énergie n’est que de 16,5% en 2028 (par rapport à 2012) là où l’efficacité ET la sobriété énergétique doivent représenter 2/3 de l’effort à fournir dans la plupart des scénarios (GIEC, AIE, ADEME…)

    La sobriété est d’ailleurs totalement absente de cette programmation.

    Bâtiments performants et rénovés :

    Plus précisément, sur la question des bâtiments performants et rénovés, vue le rythme de rénovation affiché à 0,5 Million de bâtiment d’efficacité énergétique inférieur à E, il restera en 2028, 3 à 4 millions de « passoires thermique ».

    De plus, les démarches visent essentiellement les bâtiments inférieurs à E, mais peut-on considérer qu’un bâtiment de classe E est efficace ? alors que des rénovations effectuées dans de bonnes conditions permettent déjà d’atteindre des classes C voire B ?

    Par ailleurs, si les locations sont citées, on note qu’aucun mécanisme particulier ne semble être prévu pour ce type de logement. Or, il s’agit d’un cas important à traiter puisque ceux qui supportent les charges élevées de chauffage et l’inconfort du logement ne sont pas ceux qui sont en charge de réaliser les travaux. Par ailleurs, il s’agit pour l’essentiel des locataires de ce type de logement, d’étudiants ou de foyers modestes, contrairement aux propriétaires qui font partis de classes plus aisées. Aussi, une interdiction de louer des logements de note inférieur à E dés 2022, avec une évolution progressive vers la classe D ou C en 2028 est tout à fait envisageable, socialement souhaitable et sans impact sur le budget de l’Etat.

    Enfin, une grande partie des mesures se basent sur le diagnostic énergétique du bâtiment, or celui-ci est très incomplet et ne reflète pas la réalité de l’efficacité du logement. Une révision des méthodes, mesures et contrôles (tel que la mesure de la courbe de déperdition thermique comparé au ∆T) est donc indispensable pour le succès de la PPE.

    Mobilité :

    Sur la question de la mobilité, on note l’absence totale de mesure sur les transports en commun. La plupart des mesures concernent la voiture individuelle. Or il est important de casser notre dépendance à l’automobile. C’est un enjeu a la fois économique, sociale et environnemental, intimement lié avec l’aménagement du territoire. Face à la réduction du nombre de lignes et l’augmentation des tarifs sur le réseau national et local (et un désengagement politique sous couvert de libéralisation) la PPE doit s’emparer du sujet afin de permettre un transfert de la mobilité individuelle vers la mobilité collective et réduire ainsi fortement notre consommation énergétique.
    A cet effet, les enjeux sont trop importants pour être confiés au diktat de la loi du marché, et justifient au contraire un encadrement strict des tarifs et des investissements par l’Etat.

    Energies renouvelables, l’hydrolien :

    L’Hydrolien est le grand perdant de la PPE. En effet, ni tarif de rachat ni appel d’offre ne sont prévus. Or la filière a gagné en maturité ces dernières années et la France possède le savoir faire pour développer ces technologies pour la France et le Monde.
    Si les conditions pour lancer un appel à projet ne sont pas réunies aujourd’hui, il y a fort à parier qu’elles le seront bien avant 2028. D’ailleurs, un tarif, même ambitieux témoignerait d’un soutien à la filière lui permettant de se développer. Qu’est-ce qui empêche de créer un appel d’offre aligné sur les premiers tarifs de l’éolien flottant ? ou la création d’une enveloppe au titre de la recherche pour financer les démonstrateurs ? Sans financement, les entreprises du secteur seront incapables d’investir et risquent de mourir. Il sera trop tard en 2028 pour ressortir les projets des cartons.

    Le Gaz :

    Sur la question du gaz, on note une réduction de la consommation de gaz seulement 10% (voir commentaire sur l’efficacité énergétique). Il est par ailleurs fait mention d’une augmentation de la part de GNL, dont l’impact environnemental est bien plus important que le gaz naturel classique (part non négligeable de non conventionnel, consommation énergétique pour la liquéfaction et le transport) des études ACV portent l’augmentation des émissions de GES à près de 50% pour ce type de process. La baisse de consommation devrait donc en priorité être orienté vers une baisse des importations de GNL.

    Le Gaz renouvelable :

    Concernant le gaz renouvelable, l’objectif 2028 est de 14 à 22 TWh injecté. C’est moins que celui fixé par l’article L. 100-4 du code de l’énergie, et c’est plus de 10 fois moins que l’objectif de biocarburants liquides (348 TWh), alors que, là ou les biocarburants liquides nécessitent des cultures dédiées (éventuellement associées avec de l’alimentation animale), le biométhane peut se contenter de déchets. De plus, l’énergie produite pour 1 ha de culture est 3 à 4 fois plus importante dans la filière biogaz que dans la filière biocarburants.

    On note également la volonté de fonctionner à enveloppe fixée, via les termes « si ce prix moyen n’est pas atteint, les volumes alloués seront réduits afin de ne pas dépasser le niveau de dépense publique visé ». Or si le prix moyen n’est pas atteint, c’est que la filière n’est pas parvenue à abaisser les couts de production permettant d’atteindre l’objectif tarifaire de la PPE. Réduire par la suite les volumes conduirait à une fragilisation croissante de la filière et empêcherait également d’atteindre les objectifs de production, déjà peu ambitieux.

    Il est important de rappeler que la filière biométhane est très dépendante de l’accès aux gisements (qui va être de plus en plus difficile) des capacités d’épandage du digestat (déjà très difficile dans la moitié sud de la France) et de couts de VRD et génie civile qui ne peuvent être que difficilement réduits. C’est une situation très différente que ce qu’à pu connaitre le solaire avec d’importantes économies d’échelle réalisée sur les panneaux et les cellules depuis 2013.

    Afin de soutenir la filière et tenir compte des externalités positives de la méthanisation, un nouveau calcul des primes d’intrant pourrait venir soutenir la filière en compensant une partie de la baisse du tarif du gaz, tout en orientant la méthanisation vers des formes vertueuses (valorisation des déchets, démarche 0 phyto…) et en pénalisant des démarches contestables, telles que l’emploi à outrance de CIVE ou des distances d’approvisionnement dépassant les 50km.

    Fiscalité

    La composante carbone sensée à l’origine tendre vers 100€/t CO2 à été figée 44,6 €/tCO2. Si un commentaire précise qu’il ne s’agit que d’un élément de simulation, on peut cependant s’étonner que la PPE ne propose pas de solution socialement acceptable pour retrouver la progressivité de cette taxe qui est un excellent moyen d’inclure les externalités négatives dans le prix des énergies fossiles d’une part, et de financer les mécanismes d’adaptation et d’atténuation qui en découle (frais de santé, transports en commun, développement des ENR…).
    De même le prix de l’ETS est pris comme une fatalité alors que la France en tant qu’acteur européen important dispose de leviers pour revoir ce prix à la hausse.

    Croissance du PIB

    Le rapport de la SNBC indique une hausse du PIB plus importante grâce à la PPE. Si on peut s’en féliciter, il faut toutefois se garder de faire de la croissance du PIB un objectif de la PPE. Le seul objectif soutenable étant la réduction massive de nos émissions (si pas de notre emprunte) carbone, suivant la trajectoire préconisée par le GIEC dans son rapport de 2018.
    Ainsi, si des démarches de sobriété ou d’efficacité énergétique peuvent risquer de réduire cette croissance de PIB, elles ne doivent pas pour autant être écartées, bien au contraire.

  •  les éoliennes, par monteil , le 19 février 2020 à 16h12

    les éoliennes çà suffit

  •  Mix énergétique, par NPe , le 19 février 2020 à 16h12

    La réduction de la part du nucléaire doit se poursuivre. Les déchets sont trop dangereux pour les générations futures. Ainsi aucun nouveau projet (EPR) ne peut décemment voir le jour.
    Des efforts sur le solaire THERMIQUE et l’hydrogène (extrait par une méthode non polluante) doivent être mis en oeuvre car ces sources d’énergie sont illimitées. De même le développement du petit éolien chez les particuliers serait une solution intéressante.

  •  La Solution le Biofioul, par Pierre BOURCHEIX , le 19 février 2020 à 16h11

    Je suis en accord parfait avec le texte de notre federation qui preconise l’incorporation progressive du "biofioul"
    Ne serait-ce pas la mondialisation la première cause de pollution avec nos importations ?

    "Cette solution, c’est le biofioul : une base de fioul domestique qui contient une part croissante
    d’énergie renouvelable permettant de transformer l’énergie fioul en combustible durable. Le biofioul,
    c’est un biocombustible liquide de chauffage incorporable immédiatement au fioul d’origine fossile,
    compatible avec la plupart des matériels existants, sans nécessité de changer sa chaudière et de
    neutraliser sa cuve.
    Autorisé actuellement au taux maximal de 7% d’incorporation, le biofioul est prévu à un taux de 30%
    courant 2021. Compte tenu des actions d’efficacité énergétiques, isolation prioritairement et
    modernisation de l’équipement thermique d’autre part, la capacité d’incorporation disponible
    permettra de franchir le seuil de 50 % avant 2030.
    En cela, le biofioul est une solution de transition. Permettre aux consommateurs de garder l’essentiel
    de son installation performante de chauffage tout en utilisant une énergie stockable en partie d’origine
    renouvelable, qui procure un chauffage efficace et agréable, c’est une solution pertinente, socialement
    plus acceptable que la substitution par des modes de chauffage moins adaptés, mais aussi en accord
    avec la période de transition énergétique et durable.
    À contrario de la plupart des solutions proposées pour encourager la part d’énergie renouvelable dans
    les énergies de chauffage, le biofioul ne requiert aucune subvention publique directe. La substitution
    du fioul domestique 100 % fossile sur des équipements existants ou adaptables est donc à intégrer
    dans la trajectoire de développent des EnR. La perception de la fiscalité pétrolière devra diminuer au
    rythme de l’incorporation de bio-fioul, comme c’est le cas pour le biogaz injecté dans le réseau.
    Enfin cette solution est en accord avec les attentes des Français dont 94 % sont favorables au
    développement des ENR en France et 86 % jugeraient souhaitable la production locale d’ENR même si
    elle coûtait un peu plus cher"

  •  Mieux vivre à Vèze en Cézallier, par Anna Bobillo-Aubert , le 19 février 2020 à 16h11

    Nous ne voulons plus d’éoliennes. Nous subissons déjà les 8 éoliennes du Parc d’Allanche (Cantal), leur vue et leur bruit (par vent du sud). Elles ont détruit le paysage emblématique de ce coin du Cézallier : nous avons acheté notre maison juste avant leur installation, nous n’avions rien contre, au départ, mais à présent, il en va tout autrement. C’est hideux, ça nous casse les oreilles, ça n’est pas rentable et ça augmente notre facture EDF.

  •  Avis de la Société Française de Physique sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, par SFP , le 19 février 2020 à 16h09

    Alors que la prise de conscience d’une nécessité d’agir face à la menace des conséquences du réchauffement climatique croît dans l’opinion publique et conduit la commission européenne et des responsables politiques en Europe et en France à surenchérir dans les ambitions des stratégies bas carbone, en affichant notamment un objectif de neutralité carbone pour 2050, cette révision de la PPE ne propose aucune rupture par rapport à la précédente et persiste à vouloir poursuivre la mise en œuvre de la Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 (LTECV) sans aucune remise en question de ses incohérences eu égard à cet objectif.

    En effet, si la priorité absolue doit être donnée aux mesures destinées à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre (GES), pourquoi consacrer l’essentiel du financement public à la modification du seul mix électrique … qui est déjà à 90% décarboné !, en amplifiant le déploiement des énergies renouvelables électrogènes, (solaire photovoltaïque et éolien), en vue d’espérer compenser la réduction à 50% de la part du nucléaire dans ce mix ?

    Est-ce raisonnable et cela va-t-il nous mettre sur la bonne trajectoire pour atteindre l’objectif de neutralité carbone ? N’oublions pas qu’en France les combustibles fossiles (Gaz naturel et produits pétroliers) comptent pour plus de 65% dans l’énergie finale, et qu’ils couvrent à plus de 90% les besoins dans les transports, très majoritairement dans la production de chaleur pour le résidentiel/tertiaire et l’industrie. Alors compter en premier lieu sur une baisse globale de la consommation d’énergie finale pour réduire en même temps la consommation de ressources fossiles (cf ; synthèse page 6) n’est certainement pas le moyen le plus efficace pour réduire les émissions de CO2, d’autant que la diminution observée durant les dernières années (1,4% par an) est plus probablement due au transfert vers des pays comme la Chine des dépenses énergétiques associées à la production de biens manufacturés. Il vaudrait bien mieux financer des mesures permettant directement de réduire l’usage des ressources fossiles émettrices de GES.

    La partie 3.4 du document de synthèse consacrée au mix électrique donne l’impression que l’on veut encore croire à la pertinence du choix (inscrit dans la LTECV) de réduction de la part du nucléaire et de développement du solaire photovoltaïque et de l’éolien, et de la compatibilité de ce choix avec l’objectif de neutralité carbone en 2050. En fait une éventuelle décision de remise en cause de ce choix est courageusement reportée à plus tard. Les arguments avancés pour justifier ce report de décision montrent qu’il n’a été tenu aucun compte ni des mises en garde, (notamment de la Cour des Comptes), ni des travaux d’instances indépendantes ou contributions des académies des sciences et des technologies et de sociétés savantes (Société Française de Physique et Société Chimique de France) au débat public sur la PPE sous la formes de cahiers d’acteurs. En effet le principal argument avancé est celui de la forte baisse (de fait avérée) des coûts de production des énergies renouvelables électriques ... obtenue grâce en particulier à la politique de l’Union européenne ! Comme si ce coût suffisait seul à garantir la compétitivité de ces sources. On mesure là combien les utopies à la Jeremy Rifkin (the green new deal), y compris celle du 100% renouvelable, ont pu trouver un accueil favorable dans les milieux politiques.

    C’est oublier totalement les besoins en ressources minérales induits par ces sources à faible intensité énergétique, (ce qui en passant conduit à douter sérieusement de l’affirmation sur la réduction de notre dépendance aux importations), mais surtout cela démontre combien les conséquences de l’intermittence des énergies renouvelables électrogènes sont encore sous-estimées ! Si le problème du stockage est toutefois évoqué dans le document, c’est seulement pour indiquer qu’il ne se posera pas à court terme, avec la mise en avant des bénéfices (illusoires) attendus du foisonnement, c’est-à-dire des échanges avec les pays voisins grâce aux interconnexions européennes. Or des évaluations fiables tablent sur un besoin en stockage de l’ordre de 15 TWh pour 35% de renouvelables dans le mix, ce qui est deux ordres de grandeur au-dessus des capacités françaises actuelles en stockage inter-saisonnier !

    Le paragraphe du document de synthèse (cf. page 16) consacré à l’autoconsommation et à la production locale d’énergie, avec le développement massif du solaire photovoltaïque est assez surréaliste. Là-aussi, les besoins en stockage absolument nécessaires pour une véritable autoconsommation sont totalement sous-estimés. Si l’auto-consommateur doit rester connecté au réseau, la conséquence sera encore une génération de surplus, que même un réseau intelligent ne saura pas gérer, et dont l’impact négatif sur le marché de l’électricité ne doit surtout pas être sous-estimé.

    L’argument avancé pour justifier la réduction de la part du nucléaire est pour le moins surprenant. La véritable raison, mais relevant du non-dit, est sans doute de donner satisfaction à ceux qui jugent le nucléaire trop dangereux. Mais dans ce cas s’arrêter à 50% est à cet égard sans intérêt, il faut, comme sont en train de le faire les allemands, totalement sortir du nucléaire, avec le résultat garanti qu’il faudra alors mettre en service des centrales thermiques au gaz ou au charbon pour assurer l’approvisionnement en énergie électrique. Il est vraiment difficile de comprendre pourquoi les leçons de l’exemple allemand, maintenant parfaitement documenté et avec un recul suffisant, ne sont pas tirées. Comme l’a dit Confucius : « L’homme sage apprend de ses erreurs, l’homme plus sage encore apprend des erreurs des autres », mais malheureusement les œillères idéologiques empêchent de voir que le déploiement massif des EnRs électrogènes ne nous permettra pas de sortir à la fois des ressources fossiles et du nucléaire. Le report de décision sur l’avenir du nucléaire et la maigreur du programme de R&D pour ce dernier, sont l’illustration d’un refus de trancher dans un débat dominé par des positions dogmatiques.

    Bien sûr, le projet de PPE reconnaît à juste titre la nécessité essentielle de réduire la consommation d’énergie, actuellement principalement basée sur les ressources fossiles, dans le résidentiel et le tertiaire, et les mobilités, mais comment le faire à un rythme suffisant si l’essentiel des financements publics est fléché vers le solaire photovoltaïque et l’éolien ? A cet égard la fig. 5 du document est éloquente, qui montre clairement que de durant la décennie 2018 à 2028 de 5 à 7 milliards d’euros d’argent public seront consacrés annuellement au financement de l’éolien et du solaire photovoltaïque. Un point surprenant de ce projet de PPE est en outre l’hypothèse d’une consommation d’électricité quasiment constante, en dépit des nécessaires transferts vers des solutions électriques consécutifs à la réduction de l’utilisation de ressources fossiles, en particulier dans les transports.

    L’objectif de la PPE est de doubler la capacité installée des EnRs électriques (solaire PV et éolien) en 2028 par rapport à 2017, avec une centaine de GW de puissance installée et une production annuelle d’une centaine de TWh, mais sans même être sûr que cette énergie pourra bien être consommée. La conséquence, systématiquement observée dans les pays européens où la part des renouvelables électrogènes a été notablement augmentée, sera sans doute une augmentation du coût de l’électricité pour les particuliers, en dépit de la forte affirmation énoncée dans le préambule du document de synthèse que l’évolution entraînée par cette PPE se fera en garantissant le niveau de sécurité d’approvisionnement et à un coût maîtrisé.

    En France où l’électricité est déjà décarbonée à 90%, la véritable priorité, si l’on vise vraiment l’objectif de la neutralité carbone en 2050, devrait être la décarbonisation dans les transports et le résidentiel/tertiaire. Cette révision de la PPE, qui se refuse encore à reconnaître et remettre en cause l’incohérence des objectifs de la lois LTECV de 2015 et persiste à flécher l’essentiel des investissements publics vers le solaire photovoltaïque et l’éolien, est une occasion manquée de se placer sur la bonne trajectoire.

  •  Avis de la FNCCR concernant la Programmation Pluri-Annuelle de l’Energie et la Stratégie Nationale Bas Carbone - Guillaume Perrin - Lionel Guy, par GUY , le 19 février 2020 à 16h07

    La France, pour viser la neutralité carbone en 2050, se doit de réduire durablement ses consommations énergétiques et de développer massivement des énergies renouvelables dans son mix énergétique.
    Dans le cadre de La loi de transition énergétique pour une croissance verte (LTECV) de 2015, la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et la Programmation Pluri Annuelle de l’Energie (PPE) mettent en place les outils stratégiques et opérationnels de la politique française pour répondre à l’urgence du changement climatique.La FNCCR salue l’approche sous l’axe de la compétitivité et la bonne vision intégrative de la dynamique des emploiscréés et développés sur les territoires grâce à la Transition énergétique, réel vecteur de différenciation des entreprises et de développement d’une activité pérenne.Dans ce contexte la dernière consultation de la SNBC et de la PPE qui se termine le 19 février vient clôturer une consultation de plus d’un an qui aura permisà l’ensemble des parties prenantesde s’exprimer.

    La FNCCR qui fédère aujourd’hui plus de 850 acteurs publics(autorité organisatrice de l’énergie, commune, EPCI, syndicat d’énergie, Métropole...)tient à rappeler son engagement pour unetransition énergétique réussie, partagée et coconstruire avec les territoires.

    Remarques de la FNCCR concernant la PPE

    La priorité à la baisse de la consommation énergétique

    Premier pilier d’une action efficace de Transition énergétique, l’objectif raffermi de baisse des consommations énergétiques est porté avec ambition dans cette PPE. La mise en avant de la maîtrise de la pointe électrique, qui doit se concevoir en hiver mais également en été avec l’augmentation des canicules, est l’un des éléments qui feront la réussite de l’atteinte des différents objectifs. Ainsi, la FNCCR sefélicite des objectifs ambitieux mais nécessaires mis en place concernant la consommation énergétique. Cette approche concernant la consommation des bâtiments s’est accompagnée d’une décision concernant le coefficient de conversion entre énergie primaire et énergie finale, ainsi que la teneur en carbone de l’électricité. Ce choix, décalé par rapport à la réalité observée et fondée sur une évolution théorique du mix électrique, n’est pas adapté à une réflexion holistique sur les consommations. La FNCCR regrette ainsi ce choix opéré sans concertation et en marge des instances d’échanges.

    Une bonne dynamique concernant l’éolien et le photovoltaïque
    La PPE prévoit que la part des énergies renouvelables atteignent 27% en 2023 et 32% en 2028. Concernant les capacités de production d’électricité renouvelables installées, les objectifs sont d’atteindre 73,5GW en 2023, soit +50% par rapport à 2017et 101à 113GW en2028soitdoublement par rapport à 2017. Les efforts seront principalement portés par le photovoltaïque et l’éolien. La FNCCR se réjouit de ces objectifs qui permettront de générer une croissance soutenue et durable sur les territoires permettant le développement et le maintien d’emplois directs et indirects autour de l’ensemble de la chaine de valeur des projets. La croissance du photovoltaïque devrait se réaliser par le développement de grandes structures et le maillage local de petites,directement raccordées sur le réseau basse tension. Les nouveaux projets associeront de nouveaux services (flexibilité,secours autour des réseaux) et de nouvelles manières de consommer la production (autoconsommation individuelle ou collective). Pour l’éolien, les marges de développement pour atteindre les objectifs spécifiques se trouveront principalement par le renouvellement et l’augmentation des puissances des parcs existants.

    La nécessité d’intégrer ces nouvelles capacités au réseau électrique
    Cette forte croissance des EnR électriques s’accompagne de trois enjeux majeurs qu’il convient d’anticiper dès aujourd’hui. La capacité des réseaux de transport et de distribution à accueillir ces nouvelles productions dans un contexte d’évolution massif des consommations d’électricité en volume et temporalité(mobilité électrique, numérique, rafraichissement et climatisation accru à venir...). Dans ce cadre-là, une programmation régionalisée des productions devrait être envisagée de manière à travailler en parallèle avec les gestionnaires des réseaux de transport et de distribution ainsi que l’ensemble des Autorités organisatrices de la Distribution d’Energie pour planifier les injections et les investissements à des échelles suffisamment fines et pertinentes. Le deuxième défi porte sur l’acceptabilité liée au développement de ces projets et pour se faire dans un contexte de décentralisation, le rôle et les possibilités d’actions des collectivités doit être réaffirmées dans ses possibilités de financement, de développement de projet et de médiation territoriale. Le dernier défi concerne le financement, si les grands projets devraient pouvoir à terme réduire leur besoin de financement public, le contexte incertain des marchés de l’électricité, les nouveaux besoins des réseaux (flexibilité, stockage...) et la nécessité de promouvoir d’autres projets moins industriels (projets citoyens par exemple) doivent être soutenus.

    Renforcer la place du biogaz et soutenir financièrement son développement
    Concernant la production de biogaz, les objectifs de la PPE s’inscrivent dans la perspective de production à hauteur de7 % de la consommation de gaz en 2030 si les baisses de coût visées dans la trajectoire de référence sont bien réalisées et jusqu’à 10 % en cas de baisse de coûts supérieure.Il est important de rappeler que la production de biométhane par le biais de la méthanisation principalement ou dans le cadre plus large des gaz de synthèses (Power to gaz, méthanation, pyrogazéification...) constitue un maillon essentiel de la transition énergétique. Le maillage territorial des réseaux et leur capacité de stockage (notamment sur le réseau de transport), la flexibilité apportée par le gaz en lien avec les réseaux électriques et de chaleur ou de froid, l’utilisation quotidienne dans le bâtiment, la mobilité et les futures innovations constituent des atouts non négligeables pour notre système énergétique.Il convient de préserver et d’accompagner dans sa mutation vers l’objectif de neutralité carbone de 2050. Plus précisément pour la partie production et injection de biométhane, la FNCCR salue l’augmentation de l’enveloppe de soutien public à 9,7 milliards d’euros pour la période 2019-2028 contre 7,9 milliards précédemment qui est un signal positif faisant suite à la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la filière. Il est aussi important de rappeler que la production de biométhane est produite par des acteurs locaux (agriculteurs et collectivités notamment), apporte des compléments de rémunération, s’intègre dans les objectifs de réduction et de valorisation des déchets organiques de la loi TEPCV et amène des services environnementaux non négligeables.Toutefois, la FNCCR regrette la cible de production de biogaz retenue à l’horizon 2023, restant de 6 TWh injectés contre 8 TWh inscrits dans la précédente PPE adoptée en 2016. Cette réduction vaainsi à contre-courant de l’accélération du développement de la filière constatée en 2019.Par ailleurs, la FNCCR regrette le manque d’ambition concernant l’objectif de gaz renouvelable dans la consommation de gaz en 2030, fixée à seulement 7 %, loin des ambitions premières de 10%.
    La PPE conditionne la mise en œuvre de cette politique à la réduction des coûts de production du biogaz. Les projets retenus dans les appels d’offres pour les projets de biométhane injecté devront atteindre des objectifs de prix en 2023 et 2028. Néanmoins, il apparait nécessaire de soutenir la filière dans sa phase d’industrialisation,préalable à l’atteinte des objectifs de réduction des coûts ainsi que dans la diversité des installations. Il parait nécessaire de limiter les appels d’offres à des productions élevées (supérieure à 30 GWh annuel) et de sanctuariser des volumes de production en guichet ouvert pour faciliter l’industrialisation et la baisse des coûts. Dans le même temps, il parait indispensable de mettre en place des outils pour faciliter le développement des projets (analyse des gisements au niveau départemental, aide à la faisabilité,aides spécifiques pour le gaz porté...) ainsi qu’un comité de suivi national autour de la filière (technologies, coûts par filière, intrants, analyse des méthanisations agricoles, territoriales, issues des boues de STEP, ISDND, IAA...), représentatif de l’ensemble des acteurs de la filières (agriculteurs, collectivités, industries agro-alimentaires). L’accompagnement autour des innovations réseaux doit également se poursuivre au cours des prochaines PPE (rebours, droit à l’injection...).

    L’importance de l’hydrogène
    Vecteur de mobilité et de liens entre les réseaux, l’hydrogène se trouve conforté dans sa dynamique, et la FNCCR salue la création d’un soutien annuel de 50 M€ pour les projets d’hydrogène décarboné.L’hydrogène est un vecteur essentiel de la décarbonation des transports, aux côtés du véhicule électrique et du (bio)GNV. Les mobilités des territoires présentent des aspects spécifiques dans leur composition territorial (rural/urbain)et nécessitent un panachage des différentes solutions pour viser la neutralité carbone à horizon moyen terme.

    Remarques de la FNCCR concernant la SNBC

    Une crainte concernant la trajectoire carbone

    La visibilité d’une trajectoire carbone cohérente avec les enjeux de la Transition énergétique est l’un des éléments de réussite de cette transition. Ce n’est qu’au prix d’une trajectoire assumée et continue que les investissements industriels et les installations sur les territoires des collectivités seront faits, permettant de rassurer la pérennité d’investissements à forts CAPEX. Ainsi, la FNCCR s’inquiète du retard affiché dans la trajectoire carbone, qui se trouve relevée sur la période 2019-2023, concentrant tous les efforts sur 2024-2028 ce qui est peu réaliste au vu du temps de l’urgence des différents indicateurs. Par ailleurs, la FNCCR regrette le gel de la croissance de la composante carbone dans la taxation de l’énergie, pourtant revenu à plusieurs reprises dans les discussions autour de la PPE et de la SNBC, qui apporterait pourtant une visibilité financière efficace pour l’ensemble des acteurs de la filière.

    La nécessité de porter une approche multi-réseaux
    Les liens entre les réseaux d’énergie sont efficients et tendent à se multiplier, avec la dynamique du power-to-X, tendant à estomper la frontière de raisonnement concernant la spécificité de chaque réseau. Méthanisation, cogénération, méthanation, vehicle-to-grid...les liens sont déjà mis en place et compris dans des dynamiques transverses, portées notamment par la FNCCR au travers des contrats de concession et de nombreuses publications allant en ce sens, reflet du dynamisme des collectivités, acteurs locaux et grands groupes sur ce sujet. Ainsi, la FNCCR regrette que l’approche de la SNBC soit encore trop développée dans une logique de « réseaux par réseaux », plutôt que mettre en place une approche holistique qui serait transverse aux différents réseaux, cohérente à la fois avec les objectifs de la Transition énergétique et à la réalité du terrain

    La FNCCR territoire d’énergie rassemble plus de 850 collectivités de toutes les échelles (communes, intercommunalités, métropoles, communautés urbaines, syndicats d’énergie, régions...) dans les domaines des réseaux d’énergie (électricité, gaz, chaleur et froid), du numérique, de l’eau et l’assainissement.

    Contacts : Guillaume PERRIN (01 40 62 16 30 / g.perrin[a]fnccr.asso.fr) / Lionel GUY (01 40 62 16 40 / l.guy[a]fnccr.asso.fr)

  •  OUI AU BIOFIOUL, par ROCHEBLAVE Laetitia , le 19 février 2020 à 16h07

    Nous devons laisser aux français le choix de leur mode de chauffage, Pourquoi incriminer le fioul?
    Aujourd’hui encore, c’est le moyen de chauffage de beaucoup de foyers et principalement dans nos territoires ruraux !!!
    Vous ne pouvez pas leurs demander de changer leurs installations après avoir mené des campagnes les poussants à remplacer leur chaudière par des chaudières plus performantes. D’une part, ils n’aurons, pour un grand nombre d’entre eux, pas les moyens financiers et d’autres part ils sont satisfaits par leur chauffage au fioul et ne souhaitent pas en changer !!!
    La solution aujourd’hui c’est la commercialisation du Bioufioul ( fioul à base d’huile de Colza)
    Cela permettrait :
    - de maintenir les emplois de plus de 1500 entreprises en France
    - de créer des emplois dans la filière agricole de notre pays
    - de nous engager également dans une énergie dite plus propre
    - de permettre aux français de conserver leur chaudière (un simple réglage sur le brûleur serait nécessaire)
    Laisser une chance au Biofioul !!!!

  •  Quelle écoute, quel débat, ici et à l’Assemblée ?, par Brigitte BEUNEU , le 19 février 2020 à 16h04

    L’absence totale de réponse de Mme la Ministre à la séance questions au gouvernement d’hier concernant la fermeture de Fessenheim est affligeante pour la démocratie, et très mauvais signe pour ce débat.

    Toutes les mises en garde faites ici serviront-elles à quelque chose ?

    Votre projet de PPE va créer des émissions supplémentaires de CO2 avec la fermetures de centrales nucléaires sans solution de remplacement fiable et non émettrice (la combustion du gaz émet du CO2 !!).

    Vous le savez forcément, puisque vous le mesurez à Fessenheim avec le maintien de la centrale au charbon de Cordemais jusqu’en 2024-2026 (ce qui ne respecte d’ailleurs pas la PPE, prévoyant l’arrêt du charbon en 2021).

    La (non) réponse de Mme la Ministre :
    * "la fermeture de Fessenheim incarne l’écologie de responsabilité".
    On apprend donc que votre politique "climatique" consiste à fermer le nucléaire qui n’émet pas de CO2, même si des décennies de désinformation ont convaincu plus de 70% des français du contraire (et votre dossier ne risque pas de les en informer, vous participez à cette désinformation par omission).

    * "nous respectons nos engagements" toujours pas celui d’arrêter le charbon, pourtant très nocif pour le climat et pour la santé (poussières). C’est un choix, pas celui du climat...

    * "c’est pour atteindre les 50% de nucléaire" Or la seule justification de ces 50% est la diversification du mix électrique. Chez vous pour cette même diversification, vous avez sans doute des pièces éclairées au gaz, au pétrole, et à la bougie, pour qu’elles ne soient pas toutes à l’électricité ?

    Où est la préoccupation du climat là-dedans ?

  •  NON aux éoliennes !, par Mireille CHARRIER , le 19 février 2020 à 16h03

    Inutiles, nuisibles, ces aérogénérateurs géants détruisent tout : les paysages, les monuments, la santé, la biodiversité... et, en plus, ils contribuent à augmenter nos émissions de CO2 ! comment peut-on continuer à prôner une énergie aussi mortifère ?

  •  OUI AU BIOFIOUL, par ROCHEBLAVE Laetitia , le 19 février 2020 à 16h02

    Nous devons laisser aux français le choix de leur mode de chauffage, Pourquoi incriminer le fioul?
    Aujourd’hui encore, c’est le moyen de chauffage de beaucoup de foyers et principalement dans nos territoires ruraux !!!
    Vous ne pouvez pas leurs demander de changer leurs installations après avoir mené des campagnes les poussants à remplacer leur chaudière par des chaudières plus performantes. D’une part, ils n’aurons, pour un grand nombre d’entre eux, pas les moyens financiers et d’autres part ils sont satisfaits par leur chauffage au fioul et ne souhaitent pas en changer !!!
    La solution aujourd’hui c’est la commercialisation du Bioufioul ( fioul à base d’huile de Colza)
    Cela permettrait :
    - de maintenir les emplois de plus de 1500 entreprises en France
    - de créer des emplois dans la filière agricole de notre pays
    - de nous engager également dans une énergie dite plus propre
    - de permettre aux français de conserver leur chaudière (un simple réglage sur le brûleur serait nécessaire)
    Laisser une chance au Biofioul !!!!