EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Arrêté fixant la liste des amphibiens et des reptiles représentés dans le département de la Guyane protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection

Du 11/09/2020 au 04/10/2020 - 13 commentaires

Le projet d’arrêté vise à protéger intégralement, avec leur habitat, 44 espèces (21 amphibiens, 23 reptiles), et à protéger les spécimens de 13 espèces (3 amphibiens, 10 reptiles).

Dans les départements et collectivités d’Outre-mer, des travaux sont en cours pour actualiser le dispositif réglementaire de protection des espèces animales et végétales.

Le territoire de la Guyane abrite une faune herpétologique terrestre particulièrement diverse. Les progrès taxonomiques et systématiques, ainsi que l’exploration du territoire guyanais ont permis d’améliorer considérablement la connaissance de cette faune et même d’identifier de nouvelles espèces.

Le projet d’arrêté fixant la liste des amphibiens et des reptiles représentés dans le département de la Guyane protégés sur l’ensemble du territoire national et les modalités de leur protection représente une avancée importante par rapport à l’existant (aucune espèce d’amphibien et seulement cinq espèces de reptiles voyaient leurs spécimens protégés mais sans leur habitat ; pour d’autres espèces, le transport et l’utilisation commerciale de ces espèces étaient interdits sur le territoire national excepté sur le territoire de la Guyane).

Le projet d’arrêté vise à protéger intégralement, avec leur habitat, 44 espèces (21 amphibiens, 23 reptiles), et à protéger les spécimens de 13 espèces (3 amphibiens, 10 reptiles). S’ajoutent 94 espèces d’amphibiens et 128 espèces de reptiles dont le prélèvement et la destruction sont autorisés, mais pour lesquelles tout acte commercial et d’exportation hors de la Guyane est interdit. Soit un total de 279 espèces avec un statut de protection.

Le projet d’arrêté a été soumis à une première consultation du public du 22 novembre au 15 décembre 2019, après avoir reçu des avis favorables du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) en date du 5 novembre 2019 et du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) en date du 20 novembre 2019. Il avait recueilli 3 contributions favorables.

Il est ouvert une nouvelle fois à la consultation du public, suite à des modifications du projet pour deux espèces.

Les services locaux ont en effet demandé de garder possible la commercialisation de l’Iguane commun (Iguana iguana), espèce cynégétique, en Guyane uniquement.
Dans la situation actuelle, l’espèce n’est pas concernée par l’application de l’arrêté ministériel du 15 mai 1986 fixant des mesures de protection des reptiles et amphibiens représentés dans le département de la Guyane. Un arrêté préfectoral du 12 avril 2011 précise les quotas d’espèces pouvant être prélevées : en ce qui concerne l’Iguane commun, cet arrêté permet à un chasseur de tirer en période autorisée 3 individus par sortie.

Le statut de l’Iguane commun étant considéré LC (préoccupation mineure) dans la Liste rouge des vertébrés de la Guyane, UICN 2017, l’espèce semble en mesure de supporter un statut de protection moins fort que celui qui était envisagé dans le projet d’arrêté mis en consultation à l’automne 2019.

Dans le projet soumis à la consultation, l’Iguane commun fait l’objet d’un article 5 spécifique, permettant sa détention, son transport et sa commercialisation en Guyane, mais les interdisant sur le reste du territoire national.

La deuxième modification concerne une nouvelle espèce de serpent qui a été décrite récemment, l’Atracte de Tréfaut-Rodrigues (Atractus trefauti). Cette espèce a été ajoutée à l’article 4, ce qui a pour conséquence de la protéger alors qu’elle ne l’était pas dans le projet d’arrêté mis en consultation à l’automne 2019.

Le CSRPN de Guyane a rendu un avis favorable sur le nouvel arrêté en date du 25 février 2020. Le CNPN a également rendu un avis favorable en date du 2 juillet 2020 (joints).

Pour répondre à l’observation émise lors de la première consultation sur Dendrobates azureus, le statut de cette espèce reste débattu (espèce à part entière ou juste une coloration particulière). En tout état de cause, cette "forme" ou cette espèce n’est pas présente en Guyane. En ce qui concerne les collectionneurs et terrariophiles, le 2° de l’article 3 règle le problème de façon explicite : l’interdiction ne concerne que des spécimens prélevés dans le milieu naturel de Guyane.

En application du dernier alinéa du II. de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception. Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.

La consultation est ouverte du 12 septembre au 4 octobre 2020.


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Commentaires
  •  Pourrait mieux faire (et même beaucoup mieux), par jbd , le 3 octobre 2020 à 23h48

    Ce projet présente d’abord un très grave défaut. Il ne fait aucune différence entre la chasse de loisir ou économique et la chasse de subsistance éventuellement encore pratiquée par les populations autochtones. La première n’a aucune réelle utilité alors que la seconde, régulée si nécessaire, peut être indispensable aux Amérindiens.
     
    L’article 4 autorise la chasse de 222 espèces (94 amphibiens et 128 reptiles). Un nombre aussi important est-il bien raisonnable ?
     
    L’article 5 est une pure honte. On lit dans l’avis du CSRPN : "le comité d’experts en charge de l’élaboration d’une proposition de liste avait dès lors proposé d’inclure cette espèce [l’iguane commun] au sein de l’article n° 4, ce qui conduisait à ce que l’espèce soit toujours chassable mais non commercialisable. "
    "Le contexte local actuel de très fortes tensions entre les chasseurs et les agents de l’OFB … a amené à réexaminer cette proposition."
    En clair, le Ministère de la transition écologique et solidaire se couche une fois de plus devant le lobby de la chasse.
     
    Alors, ce projet d’arrêté est certes mieux que rien mais il aurait pu être nettement plus ambitieux, la Guyane représentant une part très importante de la biodiversité française, bien supérieure à celle de la métropole.

  •  nous pays riche !!!, par ouary jm , le 30 septembre 2020 à 10h46

    nous avons la chance de pouvoir agir sur un bout de la plus belle foret du monde , d on il ne se passe pas une journee sans que llon en parles merci d entendre un xxxieme citoyen qui demande a des elus d entendre le souhait de la majoritee du peuple

    pour une protection TOTALE de la guyane merci

  •  avis favorable, par perez caroline , le 22 septembre 2020 à 14h48

    avis favorable a tous types de protection de faune sauvage

  •  avis favorable, par perez caroline , le 22 septembre 2020 à 14h47

    avis favorable a tous types de protection de faune sauvage

  •  Pour ZAD.Guyane, il reste peu de temps..., par le ber , le 15 septembre 2020 à 12h30

    La foret guyanaise, plateau d’amazonie, est en grand danger aussi bien felins, grands singes, oiseaux et tous les animaux étant donné le braconnage depuis 35 ans, la chasse de nuit qui est encore autorisé en Guyane (oui vous avez bien lu de nuit), la destruction des forets pour construire des carbet ou des maisons, pour cela destruction de nombreux hectares, destruction importante de forets et pollution mercure de la part des nombreux et dangereux orpailleurs...
    Bref la faune et la flore sont en grand danger, on ne parle que du Bresil, mais la Guyane suit le même chemin...
    Il reste peu de temps...

  •  ceci est un com, par aLFRED DUVERGE , le 15 septembre 2020 à 09h54

    mon commentaire

  •  Amphibiens, par Dr C DUFOUR , le 14 septembre 2020 à 09h12

    Il faut protéger au maximum les reptiles et les amphibiens !

  •  Faune sauvage, par Dr C DUFOUR , le 14 septembre 2020 à 09h12

    Il faut protéger au maximum les reptiles et les amphibiens !

  •  Avis favorable mais à élargir , par sandrine , le 12 septembre 2020 à 16h39

    La protection des espèces est évidemment une bonne chose mais elle ne devrait pas se faire uniquement lorsqu’elles sont en grand danger mais préalablement afin d’éviter qu’elles ne le deviennent.

  •  Avis favorable.., par Salati Régina , le 12 septembre 2020 à 13h03

    .
    Avis favorable mais qui doit inclure l’iguane commun avant que celui-ci ne devienne une espèce en danger en raison de son exploitation

  •  favorable , par Dupont Sylvie , le 12 septembre 2020 à 09h54

    Ce projet va dans le bon sens mais il faut très vite protéger l’intégralité des espèces végétales et animales. Il ne doit plus y avoir de classification, tout doit être protégé, d’urgence.

  •  Avis favorable sauf article 5, par FAVROT Isabelle , le 11 septembre 2020 à 18h41

    Je donne bien entendu un avis favorable à l’ensemble du texte sauf pour l’article 5 pour lequel je donne un avis totalement défavorable. La préservation d’une espèce ne doit pas se faire uniquement lorsque celle-ci est en danger et sur la liste rouge. Protéger les espèces c’est également d’empêcher qu’elles se retrouvent un jour en danger. Donc je suis contre l’exception de l’article 5 concernant l’iguane commun.

  •  Protection de l’entièreté de la bio-diversité nécessaire, par Camille Audou , le 11 septembre 2020 à 16h16

    Cette arrêté va dans le bon sens, mais ne protège pas assez d’espèce, l’entièreté des espèces (végétales et animales) doivent être protégés.