EAU ET BIODIVERSITÉ
 

Deux projets d’arrêtés 1) fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus) et 2) fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée chaque année

Du 25/09/2019 au 29/01/2018 - 2059 commentaires

Contexte général

Le loup est une espèce « strictement protégée », inscrite à l’annexe II de la Convention de Berne, mais aussi aux annexes II et IV la Directive 92/43/CEE dite « Habitats, Faune, Flore », où il est classé « prioritaire d’intérêt communautaire ». Toutefois des dérogations à la protection sont prévues par ces textes pour prévenir les dommages importants aux troupeaux domestiques, à condition qu’il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes et que les opérations ne nuisent pas au maintien du bon état de conservation de la population de loups.

L’augmentation importante de la prédation (plus de 11 000 animaux domestiques en 2017), en lien avec l’augmentation de la population lupine et de son aire d’expansion, ont conduit à mettre en place depuis plusieurs années une politique d’intervention pour renforcer la défense des troupeaux lorsque les autres mesures de protection ne suffisent pas à contenir la prédation.

Le cadre actuel d’intervention sur la population de loup est constitué de l’arrêté cadre du 30 juin 2015 qui fixe les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus). Il définit les types de tirs autorisés pour la défense des troupeaux et la lutte contre la prédation. Il prévoit de fixer chaque année, pour une période allant du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante, un seuil maximum de loups pouvant être détruits afin de garantir le maintien de la population de l’espèce dans un état de conservation favorable.

Cet arrêté « cadre » est complété chaque année par un arrêté « plafond » dans lequel le nombre maximum de loups pouvant être détruits est fixé par les services du ministère en se fondant sur les données du suivi hivernal de la population de loup fournies par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Dans le cadre du bilan du plan national d’action qui s’achève fin 2017 et des travaux de la démarche prospective Loup à l’horizon 2025/2030, des propositions de modification du protocole d’intervention sur la population de loup ont été formulées afin d’éviter que le plafond de loups pouvant être détruits soit atteint avant la fin de la période, tout en reconnaissant aux éleveurs le droit de défendre leurs troupeaux en cas d’attaque.

Contenu des textes :

1°) Le projet d’arrêté « cadre » propose les évolutions suivantes :
- possibilité de gérer les tirs de loups sur une période calée sur l’année civile pour éviter l’atteinte du nombre maximum de loups pouvant être abattus au moment de la montée en estive des troupeaux ;
- priorité donnée aux tirs de défense, utilisables toute l’année, et limitation des tirs de prélèvement à la période entre le 1er septembre et le 31 décembre et principalement sur les zones ayant subi de nombreuses attaques ;
- mise en place par le préfet de département d’un suivi des dommages dus au loup sur les troupeaux d’animaux domestiques permettant d’évaluer l’importance et la récurrence des attaques, afin de procéder à un sélection de territoires où les tirs de prélèvements et de prélèvements renforcés de loups peuvent être autorisés ;
- possibilité de réaliser des tirs d’effarouchement (non létaux) sans formalité administrative en l’absence de mise en place de mesures de protection des troupeaux ;
- conditions d’accès aux tirs de défense (simple et renforcée), uniformisées quelle que soit l’ancienneté de la colonisation des territoires ;
- suivi d’une formation de 2 heures pour la réalisation de tirs de défense renforcée ;
- obligation d’envoyer chaque année à la DDT le registre de tirs, nécessaire pour justifier la délivrance d’autorisation de tir de prélèvements ;
- meilleure lisibilité de la section relative aux tirs de prélèvements avec une présentation harmonisée avec celle des tirs de défense ;
- définition d’un régime spécifique d’intervention sur certains fronts de colonisation où la mise en œuvre des mesures de protection présente des difficultés importantes.

2°) Le projet d’arrêté « plafond » définit la modalité de calcul du nombre de loups qui pourront être abattus en se basant sur les résultats de l’étude scientifique collective sur le devenir de la population de loups en France réalisée en 2016.

Pour 2018, ce nombre est fixé à 40 spécimens. Il sera actualisé au printemps de l’année 2018, une fois connu le nouvel effectif moyen de loups fourni par l’ONCFS.

Pour les années suivantes, ce plafond correspondra à 10 % de l’effectif recensé, avec une actualisation annuelle au printemps. L’arrêté « cadre » prévoit des dispositions afin d’éviter que le plafond de destruction ne soit atteint trop précocement en cours d’année ; néanmoins, si ce plafond venait à être atteint, il est prévu la possibilité de mise en œuvre des tirs de défense (simple ou renforcée) dans la limite de 2% de l’effectif moyen de loups.

En cas de situation exceptionnelle, afin d’assurer en permanence la protection des troupeaux domestiques, les tirs de défense simple pourront être autorisés par le préfet au-delà des plafonds de destruction. Si des loups sont détruits en application de cette disposition et si l’évolution de la dynamique de la population de loups le nécessite, il en sera tenu compte l’année suivante.

Le dernier bilan hivernal de l’ONCFS (2016/2017) décrivant l’état de la population de loup fait état 57 zones de présence permanente (dont 44 meutes) pour un effectif total estimé après modélisation à une moyenne de 357 individus (indice entre 265 et 402). Le suivi estival 2017 recense 63 zones de présence permanente (dont 52 meutes), soit une progression de plus de 14 % dans l’année.

La consultation est ouverte du 8 au 29 janvier 2018.

En application du dernier alinéa du II. de l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement, les observations du public pour cette consultation sont rendues accessibles au fur et à mesure de leur réception.
Les échanges font l’objet d’une modération a priori, conformément à la Charte des débats.


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Commentaires
  •  L’Etat abandonne le moyen le plus objectif et mesurable de garantir à terme la viabilité de l’espèce, par Calmels , le 29 janvier 2018 à 00h40

    Sur le projet d’arrêté fixant les conditions et les limites dans lesquelles le loup peut être abattu

    De nombreux points sont inacceptables :
    jusqu’à présent, les tirs du loup étaient suspendus entre le 1er mars et le 30 avril pour ne pas perturber la reproduction de l’espèce. Cette suspension a été retirée, ce qui fait que le loup pourra être abattu en période de reproduction et d’élevage des petits.

    Sur le projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loup dont la destruction pourra être autorisés chaque année

    Après lecture, je constate qu’en cours d’année, le plafond défini à 10 % de l’effectif moyen de loups présent peut être relevé de 2 % pour des tirs de défense simple ou renforcée si le plafond de 10 % est atteint avant la fin de l’année : ceci ne respecte pas les préconisations de l’expertise scientifique diligentée par l’Etat lui-même, qui définit la nécessité de ne pas dépasser ce taux de 10 %.

    Pire encore, en cas de situation « exceptionnelle », les tirs de défense simple peuvent être autorisés au-delà du plafond fixé annuellement. Sans définition de ce qui est entendu par « situation exceptionnelle », sans nombre limitatif de ce dépassement, les tirs de défense simple qui peuvent conduire à la destruction de loup (9 cas sur les 6 derniers mois), cette disposition revient à établir par arrêté qu’il n’y a tout simplement plus de plafond annuel maximal de tir !

    Une citoyenne atterrée

  •  Conservation Respect Cohabitation , par Padioleau , le 29 janvier 2018 à 00h35

    Je suis défavorable à ces projets car 1/ ils ne permettent pas de garantir le bon état de conservation des populations de loups en France, 2/ ils ne respectent pas les obligations réglementaires de la France en matière de protection du Loup ; 3/ ils ne permettent pas d’instaurer une cohabitation durable et apaisée entre les activités humaines et les loups

  •  oui a un texte de loi intelligent pouvant être mis en place et surtout respecté, par guylaine , le 29 janvier 2018 à 00h27

    j’habite une petite commune dans les hautes alpes et le loup est présent même si je ne l’ai jamais vu. mon voisin a des moutons et depuis qu’il les garde lui même et les rentre le soir, il n’a plus eu de problèmes, ni avec les chiens (et oui depuis que le loup est revenu, il n’y a plus d’attaque de chiens... bizarre non?) ni avec les loups. il n’a pas besoin de chien de garde, il reste avec eux comme le faisait nos anciens bergers. le loup est revenu et il pourrait nous aider à limiter la population de sangliers que les chasseurs, malgré leurs tirs toute l’année, de nuit et de jour, n’arrivent pas à réguler. et ils pensent qu’ils vont faire mieux avec le loup? ce sont les scientifiques et la connaissance de cette espèce par la pose de colliers gps, de suivi scientifique et de sensibilisation à la population, de formation et d’éducation pour les éleveurs et bergers qui permettra de réguler naturellement cette espèce soi disant nuisible. de nuisible je ne connais que l’homme sur cette planète !

  •  Avis sur les projets d’arrêtés sur les tirs, par Marie-Claude Ozanne , le 29 janvier 2018 à 00h12

    Le choix systématiquement fait consistant à privilégier l’humain sur son environnement doit cesser. C’est à nous de nous adapter à notre environnement (ou ce qu’il en reste), avec sagesse et conscience (puisqu’il paraît que cela fait partie de nos attributs). Au risque de choquer, j’ajouterai que l’existence d’élevages n’est pas vitale pour notre survie. Alors que la présence du loup dans l’écosystème, elle, l’est !
    Au-delà de ces considérations générales, je trouve critiquable :
    - que le loup puisse être abattu en période de reproduction et d’élevage des petits ;
    - que des tirs de défense simple ou renforcé puissent avoir lieu sans aucune condition d’attaque ou de dommage ;
    - que des tirs de prélèvements renforcés soient autorisés alors que les troupeaux ne sont plus exposés au risque de prédation ;
    - que des tirs de destruction soient autorisés même s’il n’y a pas eu préalablement la mise en place d’un moyen de protection ;
    - que le tir d’effarouchement soit considéré comme une solution annexe alors qu’il peut avoir plus d’efficacité que le tir létal puisqu’il permet d’inculquer au loup un réflexe d’évitement des troupeaux ;
    - la disposition en cas de situation « exceptionnelle » (mais encore ?) qui revient à établir par arrêté qu’il n’y a tout simplement plus de plafond annuel maximal de tirs : l’Etat abandonne là le moyen le plus mesurable de garantir la viabilité de l’espèce ; cette disposition, introduite au dernier moment et jamais évoquée dans les consultations, doit être abandonnée car non conforme aux engagements pris par notre pays.

  •  ¨Projets d’arrêtés fixant les conditions dans lesquelles le loup peut être abattu et fixant le nombre maximum de loups dont la destruction pourra être autorisée annuellement, par ALBESA Louis , le 29 janvier 2018 à 00h09

    1 - Sur le projet d’arrêté fixant les conditions et les limites dans lesquelles le loup peut être abattu, nous dénonçons les points suivants, qui accordent aux anti-loup des droits abusifs, et qui exposent la France à des remontrances de la part de la Commission Européenne pour cause de dépassement des possibilités dérogatoires.
    - ce projet d’arrêté ne reprend plus l’interdiction des tirs entre le 1er mars et le 30 avril. Il est carrément inacceptable que loup ne devienne même plus protégé en France, pendant la période la plus sensible de sa reproduction, quand la présence des adultes est vitale pour les petits.
    - le tir de défense avec une arme létale, deviendrait autorisé sans aucune condition d’attaque ou de dommage, alors qu’il était jusqu’ici conditionnés à l’existence de dommages importants.
    - le tir de défense renforcé, deviendrait autorisé indépendamment de l’existence d’attaque sur le troupeau concerné.
    - les tirs de prélèvement renforcés seraient autorisés alors même que les troupeaux ne sont plus exposés au risque de prédation, par exemple même lorsque les troupeaux sont redescendus des alpages.
    - sur les départements où l’espèce est considérée en voie de colonisation, les préfets pourraient autoriser des tirs de destruction du loup, sans qu’ils soient conditionnées à la mise en place préalable des moyens de protection recommandés pour les activités d’élevage.

    2 - Sur le projet d’arrêté fixant le nombre maximum de loups dont la destruction pourra être autorisée chaque année, nous pointons une disposition jamais évoquée dans les instances consultatives, introduite au dernier moment, qui reviendrait - si elle était retenue - à ne plus avoir de plafond annuel maximal de tir. Nous voulons ici plus précisément dénoncer le fait que le plafond défini à 10% de l’effectif moyen puisse être relevé de 2% pour des tirs de défense simple ou renforcée si le plafond de 10% est atteint avant la fin de l’année… et qu’en plus, en cas de situation « exceptionnelle », les tirs de défense simple pourraient être autorisés au-delà du plafond fixé annuellement !!! Si cette mesure « exceptionnelle » n’était pas retirée du projet, celui-ci serait carrément non conforme aux engagements de la France.

  •  Contre les tirs, pour les loups, par Brigitte , le 29 janvier 2018 à 00h08

    Je suis contre ce projet d’arrêté qui propose les mêmes recettes que les précédents :
    - tuer des loups au lieu de rendre les mesures de protection des troupeaux réellement obligatoires et appliquées,
    - privilégier l’activité de quelques uns au détriment du patrimoine commun et de l’intérêt général,
    - légaliser le massacre d’une espèce protégée au lieu de prioriser la préservation de la biodiversité...
    Il suffirait de faire le contraire !

  •  les deux projets d’arrêtés autorisant les tirs de loups menacent directement la survie de l’espèce. , par Catherine ALTARE viticultrice , le 29 janvier 2018 à 00h07

    Avec une population estimée à 360 individus début 2017 sur toute la France ((Bilan du suivi hivernal de la population de loups / Hiver 2016-2017),la conservation du loup n’est pas assurée.
    Avec 40 abattages autorisés en 2018 et 10% de l’effectif moyen les autres années ; les deux projets d’arrêtés interministériels autorisant les tirs de loups menacent directement la survie de l’espèce.

    Le loup est un réel problème pour l’élevage mais il convient d’y trouver des solutions autres que l’abattage massif. Ces solutions seront d’autant plus facilement acceptables que le prix de vente de la viande ou des animaux vifs dégagera des revenus permettant de les mettre en œuvre et de vivre de son travail.
    Le loup pourrait, en revanche, être une solution à la surpopulation des sangliers dont le coût des dégâts sur les cultures, dépasse les 50 millions d’euros annuels. Sans compter qu’ils sont désormais à l’origine de plus de 60 % des quelques 40.000 accidents de la route impliquant chaque année des animaux sauvages. Au point que, depuis 2009, un « plan national de maîtrise du sanglier » a été mis en place - par Jean-Louis Borloo - pour permettre aux préfets d’organiser des battues administratives et de réguler dans l’urgence les populations. (source figaro du 2/11/2012)

  •  Un risque d’extinction de la population, par SORIANO , le 29 janvier 2018 à 00h06

    Une expertise scientifique collective (Muséum National d’Histoire Naturelle / ONCFS), commandée par le ministère de l’Environnement, vient de rendre ses conclusions :

    A partir d’un taux de mortalité de 34%, « toute population de loups déclinera et, si elle est maintenue sur cette tendance, s’éteindra de manière certaine ».
    L’efficacité des tirs de loups pour la protection des troupeaux n’est pas prouvée. Les chercheurs s’interrogent également sur leurs effets contre-productifs (éclatement de la meute et donc hausse de la prédation) *
    Si le taux de mortalité de la population de loups était en moyenne de 22 % avant 2014, il pourrait très bien atteindre les 34 % depuis que l’Etat français a intensifié sa politique de tirs de loup. Pour les chercheurs, les prélèvements légaux « ne devraient pas […], dépasser 10 % de l’effectif estimé pour que la population présente un bilan numérique au moins stable. » Or, « le pourcentage d’animaux prélevés légalement représente environ 14% des effectifs estimés en 2015 ».

    La France fait donc face à un risque réel d’extinction de sa population de loups à long terme. Pour le président du Panel d’experts, Yvon Le Maho (CNRS), « on est dans la zone critique ». « Si les données de 2017 confirment la stabilité de la population, cela signifierait qu’on ne peut pas tuer davantage de loups sauf à remettre en cause la viabilité de l’espèce », rajoute le chercheur.

    Les scientifiques valident donc les faits : l’Etat français est hors-la-loi. Conformément aux lois européennes (Convention de Berne, Directive Habitats-Faune-Flore), il doit permettre la restauration de l’espèce sur son territoire et non pas la flinguer à tout va pour satisfaire les lobbies.

    Cette expertise a été commandée par le ministère de l’Environnement lui-même pour élaborer une stratégie à l’horizon 2025-2030 (en résumé pour savoir s’il pouvait tuer toujours plus de loups…). L’Etat français la prendra t-elle en compte ou poursuivra t-il sur son credo habituel, méprisant les avis des scientifiques et les opinions de ses concitoyens qui plébiscitent les loups ?

    En complément de notre plainte, nous allons adresser, avec un certain empressement, cette expertise à la commission Européenne.

    * « A partir de travaux récents en écologie de la faune et en sciences sociales, Bergstrom (2017 et articles associés) suggèrent que les méthodes non létales pour réduire les dégâts sur les troupeaux seraient plus efficaces et plus justifiables que les tirs de prédateurs. Nous ne pouvons qu’encourager les approches complémentaires » (Expertise scientifique collective sur le devenir de la population de loups en France, 2017).

  •  Stoppez ce massacre injuste par pitié !, par Raphaël MATHIEU , le 29 janvier 2018 à 00h06

    Abattre des loups est injustifié, les loups ne tuent que pour se nourrir et ne laissent pas des carcasses entières comme on nous le présente à chaque fois dans les médias...
    De plus, tuer des loups ne fait que dérégler encore plus la chaîne alimentaire : il ne faut pas s’étonner ensuite de la prolifération des sangliers, etc
    Les loups ont toute leur place sur cette planète comme n’importe quelle espèce, il est grand temps de cesser ce massacre et de prendre des mesures utiles pour leur préservation.

  •  Non aux tirs du loup !, par GUILLANEUF Marine , le 29 janvier 2018 à 00h04

    L’ensemble des mesures établies par ces deux arrêtés sont une simple aberration. Je vous propose de jouer au jeu des 7 erreurs avec les parallèles ci-dessous :

    Objectif : Protéger les troupeaux et les éleveurs. Mesures prises : Autorisation de tirs de destruction SANS AUCUNE MISE EN PLACE PRÉALABLE DE MOYENS DE PROTECTION et autorisation des tirs de prélèvements renforcés alors que les TROUPEAUX NE SONT PLUS EXPOSÉS AU RISQUE DE PRÉDATION DU LOUP.

    Objectif : Régulation de l’espèce. Mesure prise : Autorisation de tirs pendant la PÉRIODE DE REPRODUCTION et l’ELEVAGE DES PETITS.

    Objectif : Intervenir en réponse aux attaques constatées sur les troupeaux. Mesures prises : Autorisation pour une durée de 5 ans de tirs de défense avec une arme létale SANS AUCUNE CONDITION D’ATTAQUE OU DE DOMMAGE et autorisation de tirs de défense renforcée pour une durée de 3 ans INDÉPENDAMMENT DE L’EXISTENCE D’ATTAQUE SUR LE TROUPEAU CONCERNÉ.

    _Objectif : Fixer le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée chaque année. Mesure prise : en cas de situation exceptionnelle (de quel type ??), les tirs de défense simple pourront être autorisés AU-DELÀ DU PLAFOND ANNUEL MAXIMAL DE TIRS.

    On pourra évidemment constater que les mesures prises sont tout à fait en adéquation avec les problématiques et objectifs de départ ...

    Ces deux arrêtés sont juste un non-sens juridique et législatif. Le loup est une ESPÈCE PROTÉGÉE qui fait, par définition l’objet de mesures de PROTECTION spécifiques et non de destruction ! A part vers l’extinction de l’espèce sur le territoire français, c’est seulement vers ça que tend l’intérêt de ces deux textes.

    Non aux tirs du loup et non aux deux projets d’arrêtés organisant les tirs !

  •  stop au massacre !, par laurent , le 29 janvier 2018 à 00h04

    Le loup est protégé : point barre !
    On ne le chasse pas et c’est tout !
    Obliger les éleveurs à respecter la loi, comme tout le monde !
    Il ont les moyens de changer (aides), mais pas la volonté, et ils forment un lobby puissant qui arrive à autoriser la chasse du loup, espèce protégée !

  •  Opposiiton aux deux projets d’arrêtés, par Isabelle RAMADE , le 28 janvier 2018 à 23h59

    Je suis opposée à ces deux projets d’arrêtés pour les arguments très bien exposés par FNE :
    En cours d’année, le plafond défini à 10 % de l’effectif moyen de loups présent peut être relevé de 2 % pour des tirs de défense simple ou renforcée si le plafond de 10 % est atteint avant la fin de l’année : ceci ne respecte pas les préconisations de l’expertise scientifique diligentée par l’Etat lui-même, qui définit la nécessité de ne pas dépasser ce taux de 10 %.
    Pire encore, en cas de situation « exceptionnelle », les tirs de défense simple peuvent être autorisés au-delà du plafond fixé annuellement. Sans définition de ce qui est entendu par « situation exceptionnelle », sans nombre limitatif de ce dépassement, les tirs de défense simple qui peuvent conduire à la destruction de loup (9 cas sur les 6 derniers mois), cette disposition revient à établir par arrêté qu’il n’y a tout simplement plus de plafond annuel maximal de tir ! L’Etat abandonne le moyen le plus objectif et mesurable de garantir à terme la viabilité de l’espèce. Cette disposition, introduite au dernier moment et jamais évoquée dans les instances consultatives, doit être abandonnée car non conforme aux engagements de notre pays.

  •  Le loup a le droit de vivre., par Hannah K , le 28 janvier 2018 à 23h56

    Trop de loups ? Et que diraient les autres animaux de ces 7 milliards et demi de grands primates dégénérés ?
    Vivre en harmonie avec son environnement et ceux qui le composent. Eduquer les éléveurs. Ou bien sont-ils moins intelligents que leurs camarades d’autres pays qui cohabitent avec le loup sans problème ?

  •  Le loup est une espèce protégée, par Pat , le 28 janvier 2018 à 23h55

    En Europe, le loup est protégé par la Convention de Berne (1979) transcrite dans le droit français en 1989. Il est inscrit dans les annexes II et IV de la directive « Habitats » de l’Union Européenne et fait partie des espèces prioritaires. En France, l’espèce est protégée sur le territoire national par l’arrêté ministériel du 22 juillet 1993 publié à la suite des premières observations attestées du loup en France (mis à jour le 23 avril 2007). Ce statut implique pour les Etats, donc pour la France, de veiller à la conservation de l’espèce et de ses habitats.
    (site Ferus)

    Par conséquent, pas de tir du loup !!!

  •   Le loup, espèce protégée...?, par Daniela Ivanovic , le 28 janvier 2018 à 23h53

    Monsieur le Ministre, JE SUIS CONTRE TOUT ABATTAGE DE LOUPS : je souhaite que PAS UN SEUL LOUP ne soit abattu durant la période 2018-2023...Cela donnerait enfin une cohérence à l’idée que l’on se fait d’une espèce qui nécessite d’être protégée par les humains, clé essentielle d’un fragile équilibre naturel que nous ne savons pas reproduire sans elle. Au lieu de se concentrer sur les moyens d’organiser une cohabitation pacifique et fructueuse avec le loup, nous pensons à court terme, au manque à gagner, à la perte de jouissance immédiate ! Ces moyens existent pourtant et nous avons de quoi nous inspirer avec le modèle italien ou suisse. C’est une question de mentalité, de culture, d’ouverture d’esprit... Je suis persuadée que des méthodes simples peuvent être mise en oeuvre pour protéger les animaux d’élevage, à commencer par le rétablissement du métier de berger accompagné de chiens... L’évolution du pastoralisme est très bien décrite dans "Le sol, la terre et les champs ; pour retrouver une agriculture saine" de Claude et Lydia Bourguignon. Aujourd’hui, peu d’éleveurs s’investissent physiquement au près de leurs animaux. Ils sont de plus en plus amenés à diversifier leurs productions pour rendre leur activité viable. Ils ne sont pas présents et comptent sur les rétributions lucratives de l’Etat. Je comprends, c’est bien plus sûr ! Cependant, cette activité décline et cela n’est pas du au seul loup, mais à la prise de conscience progressive que notre consommation de protéines carnées est déraisonnable par exemple ou encore à la mondialisation...La consommation de protéines carnées du loup n’est quand à elle pas déraisonnable, elle est locale. Le loup est dépendant de la présence de gibier : ainsi on peut dire que le gibier régule le loup ! Si la chasse était abolie pour les humains, si des zones naturelles étaient REELLEMENT sauvegardées pour la faune sauvage, le loup n’aurait aucune raison de s’approcher des humains, de leurs habitations ou de leurs élevages. Mais nous voulons TOUT, des loisirs de destruction massive (la chasse), toutes les terres, tous les chemins, toute l’eau. Les éleveurs se demandent comment ce serait si l’élevage n’existait plus et ils s’insurgent : "Vous verrez disparaître les prairies, la forêt envahira tout !". Les chasseurs se demandent ce qui se passerait si ils cessaient de tuer les chevreuils et sangliers et s’insurgent : "Vous verrez, nous n’aurons plus jamais de grandes et belles forêts d’antan, ces animaux mangent tout !". Ainsi tout le monde légitime son activité sans réaliser les contradictions sous-jacentes...Mais le loup a aussi de nombreux intérêts pour nous, et on dirait que le grand public n’en sait rien comme pour ce qui est de la connaissance et la gestion de la maladie de Lyme par exemple. Et puis, il n’est pas responsable de toutes les destructions qu’on lui impute. Des aigles sont tout-à-fait aptes à enlever un agneau, de nombreux chiens errants sont de puissants attaquant d’animaux d’élevage ; hier encore, un médecin urgentiste me racontait que sa chienne lui avait apporté un veau mort né de l’élevage d’à côté, ainsi qu’un cerf...! Nombreux sont les chiens qui fuguent et se mettent à attaquer tout ce qui court. Vivant à la campagne, j’en vois beaucoup se balader seuls, ils ont pourtant un foyer, des maîtres...La responsabilité des pertes éventuelles est donc dans ce cas de figure humaine, mais il est plus facile de charger un animal sauvage...De grandes campagnes d’informations éthologiques devraient être organisées pour forger une nouvelle image du loup au près du grand public, pour en finir avec ce rôle de bouc-émissaire, de démon qu’on lui assigne toujours ! Alors seulement nous pourrions prendre des décisions raisonnables et utiles pour tous, à court, à moyen et à long terme. Le loup devrait avoir ABSOLUMENT le droit de vivre et de prospérer, et il nous incombe de comprendre comment nous assurer cette protection pacifique fiable simplement en étudiant son comportement, non en finançant ses assassins ou les profiteurs de passage...Il paraît que l’espèce humaine possède une intelligence hors norme comparée aux autres espèces, qu’elle parvient à vivre en orbite en autosuffisance et voilà qu’elle ne serait pas capable de solutionner un problème aussi simple...? Je n’en crois rien ! Il faudrait juste poser les fusils pour réfléchir un peu pour commencer...

  •  contre l’abattage des animaux - des loups, par fleur , le 28 janvier 2018 à 23h44

    Je précise en préambule que je suis chargée de mission développement local en collectivité en zone rurale. J’ai un master en gestion de l’environnement durant lequel j’ai effectué un stage de recherche sur les impacts et les services écosystémiques de l’élevage. L’intérêt porté à la faune et à la flore est ma principale motivation et mon premier critère d’évaluation des politiques publiques lors de mon vote lors des élections.
    Nous sommes dans un contexte financier où les deniers publics ont du mal à permettre le maintien de nombreux services publics. Or, le Projet de plan prévoit des indemnisations aux éleveurs sans que ceux-ci ne soient contraints de garantir la sécurité des animaux qu’ils élèvent et dont ils portent donc la responsabilité. La loi prévoit que les éleveurs placent leurs animaux dans des conditions correspondant à leurs besoins biologiques : par conséquent, leur sécurité. Alors que les élevages font à présent l’affaire de nombreuses controverses, que la nécessité de la production de produits carnés n’est plus une réalité, puisque l’alimentation carnée relève d’un choix gustatif personnel comme le prouvent les nombreuses études actuelles, que le bien-être animal, qu’il s’agisse des animaux dits d’élevage ou sauvages, est une des attentes majeures de notre société, ce plan est en contradiction fondamentale avec les attentes de l’opinion publique. Il faut adapter les priorités et orientations des politiques publiques aux nouveaux enjeux, en accord avec les nouvelles attentes.
    De plus, les mesures de protection à mettre en place par les éleveurs, dont le niveau attendu d’efficacité est évoqué dans le plan, doit être, comme toute action susceptible de recevoir aide ou subvention, soumis à évaluation, et à contrôle. La procédure déclarative des dommages par l’éleveur ne peut être jugée comme suffisante ; les éleveurs, à la vue des nécessités de leur activité, auraient d’ailleurs des difficultés à faire preuve de neutralité.
    Seule une adaptation des pratiques d’élevage sera viable à long terme. Des éleveurs d’autres pays sont capables de garantir cette sécurité ; pourquoi par les français ?

    Par ailleurs, les conclusions de l’expertise ESCO, étude scientifique objective, doivent être pris en compte.
    D’une part celle-ci indique que l’effectif minimal pour assurer la viabilité à long terme de l’espèce est de l’ordre de 2500 à 5000 individus, et non pas 500.
    D’autre part la France doit garantir l’état de conservation favorable, c’est à dire la croissance de la population, et non pas seulement éviter son extinction. Prélever 10 à 12% de la population ne permettra pas de garantir une viabilité à long terme de l’espèce. D’autant plus que ce taux risque fort d’être dépassé par de développement de la brigade loup de l’ONCFS – également coûteux- annoncée dans le Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée chaque année. Pourtant l’article 3 de l’arrêté prévoit que les préfets pourront augmenter au-delà de 12% le nombre de destruction autorisées, en cas de « situation exceptionnelle » : une notion qui n’est pas définie et ne permet donc pas de garantir la juste application de la loi. Et une vraie incohérence en termes de gestion.
    Enfin, les « tirs de défense », sont contraires à la Directive Habitats. Ces tirs ne sont de plus pas viables à long terme pour l’élevage dans des zones qui seront à nouveau colonisées par d’autres loups du fait des capacités importantes de déplacement de l’espèce et reportent à court terme les problématiques sur les zones voisines.

  •  M R E PACA, par E LIONS , le 28 janvier 2018 à 23h38

    Le loup étant une espèce se développant très fortement en France il est indispensable de prendre la mesure du problème , une gestion adaptée et efficace doit être mise place afin de protéger les troupeaux tout au long de l ’année indépendamment des quotas établis chaque année.L’augmentation incessante des attaques sur troupeaux dans les systèmes pastoraux ou en plein air condamne une agriculture qui entretien les territoires et façonne les paysages que vous aimez. Alors faisons le choix de la raison faisons le choix de l’élevage.

  •  Ce n’est toujours pas acceptable, par Delphine , le 28 janvier 2018 à 23h35

    Depuis le temps et toutes les études réalisées, comment pouvez-vous encore justifier ces dérogations et tirs? Surtout, pour vous citer

    afin d’assurer en permanence la protection des troupeaux domestiques

    Des moyens alternatifs existent, sans compter une aide humaine et financière stable aux berger.e.s.

    Nous sommmes au 21e siècle, il serait temps de vous en rendre compte.

  •  Loup et pastoralisme., par Mater Dany , le 28 janvier 2018 à 23h32

    Ce nouveau plan marque une avancée en ce qu’il souligne la nécessité de protéger les troupeaux.
    Néanmoins, de nombreuses incohérences sont à déplorer.
    Il est bien acté que les tirs de loups sont parfaitement inutiles, voire contre productifs puisqu’ils ne font qu’accentuer la prédation contre les troupeaux et accélérer la dispersion des meutes.Et pourtant, on continue d’acheter une paix sociale bien illusoire en accordant l’abattage de 40 loups par an (en sachant que 35 loups viennent d’être abattus pendant les derniers 6 mois de 2017).
    Les prédations lupines ou canines (car bien souvent elles sont imputées à tort aux loups) s’exercent presque exclusivement sur les troupeaux non protégés, et seuls 4% des troupeaux protégés sont victimes d’attaques.Le problème réside bien dans le refus ou l’incapacité de certains éleveurs à mettre en oeuvre les systèmes de protection et d’effarouchement indispensables à une cohabitation correcte. Une partie des éleveurs sont également chasseurs, et ne supportent pas la présence d’un prédateur concurrent.
    Il est indispensable d’étendre la recherche sur les méthodes de protection et d’effarouchement, et sur les lignées de chiens de protection, qui en France ne sont pas toujours efficaces.
    Quant aux tirs d’effarouchement, ils pourraient aller jusqu’à des tirs non létaux à balles de caoutchouc : un loup abattu n’enseigne rien à la meute (lieu d’apprentissage perpétuel), tandis qu’un loup victime d’une balle de caoutchouc dans le postérieur sera transmetteur d’un savoir consistant à éviter les troupeaux.
    Mettre en place des évaluations sur place et accompagner les éleveurs en leur fournissant une aide logistique, multiplier la pédagogie auprès des randonneurs feront partie également des solutions.
    Les problèmes du pastoralisme résident davantage dans les maladies, la foudre, les dérochements, les attaques de chiens errants, la concurrence étrangère et la désaffection croissante pour la viande ovine que dans la présence du loup.
    En réalité, le loup représente un atout majeur.
    Il contribue à la préservation de la biodiversité. En régulant la faune sauvage, il contribue à l’éradication de maladies endémiques (son travail de régulation a par exemple permis l’éradication de la kératite qui décimait les chamois du Mercantour).La présence du loup implique l’accompagnement des troupeaux, ce qui permet d’établir des plans de pâturage cohérents.
    Les éleveurs déplorent moins de pertes d’ovins car ils repèrent désormais les bêtes malades ou blessées lors du passage dans l’enclos de nuit, permettant des soins immédiats.
    Le loup crée également des emplois : aides-bergers, réfection et construction des cabanes d’alpage.
    Le loup attire aussi un tourisme vert important permettant la valorisation de territoires reculés.
    Enfin, l’établissement d’un Label Loup sous forme d’une charte vertueuse signée par les éleveurs offrirait une plus value à cette filière en difficulté.

  •  Contre les tirs, par VALDES , le 28 janvier 2018 à 23h30

    Site developpement durable, Page biodiversité, consultations publiques sur le nombre de loup à abattre. On dirait presqu’une blague.
    Je reprends les arguments d’un autre internaute :
    Je suis défavorable à ces projets car 1/ ils ne permettent pas de garantir le bon état de conservation des populations de loups en France, 2/ ils ne respectent pas les obligations réglementaires de la France en matière de protection du Loup ; 3/ ils ne permettent pas d’instaurer une cohabitation durable et apaisée entre les activités humaines et les loups.